DES
GITES DE MINERAI,
E T
DES BOUCHES A FEU
DE LA FRANCE.
TOME S E C O N I).
SECONDE TOURNÉE

^ Equidem ità sentio , peculiarem in studiis causam eorum esse, ^ qui , dtfficultatibu$ victis, utilitatem juvandi praetuler^unt gratiae ^ placendi. ^
Pline, lib. i.

D E S C R I P T I O N
^                              DES
GITES DE MINÉRAI,
FORGES, SALINES, VERRERIES,TRÉFILERIES, FABRIQUE$ DE FER-BLANC, PORCELAINE, FAÏENCE, etc.
DE LA HAUTE ET BASSE-ALSACE.
Par M. le Baron DE DIETRICH, Secrétaire général des Suisses et Grisons, Membre de l'Académie Royale des Sc^iences, de li Société Royale de Gœttingue et de celle des Curieux de la Nature de Berlin, Commissaire du Roi à la visite des Mines, des Bouches à feu, et des Forêts du Roya^ume.
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A PARIS,
C^ ^ Didot, le jeune, Libraire-I^mprimeur, quai des Augustins.
^ Didot^, fils aîné, rue Dauphine ; Cuchet, rue et hôtel Serpente
A STRASBOURG, Chez T R e u t T F L , Libraire.
E L'IMPRIMERIE DE M O N S I E U R. M. ]) C C. I, XXXI X.
AVEC APPROBATION, LT PRIVILÈGE DU ROI.

^
PRÉFACE.
L£ volume que j'offre au public, est le second^ de ^na Description des gites de mînérai et des bou-ches à feu duRoyaume : il contient le rapport de ma tournée en Alsace. Je traiterai de la Lorraine dans le troisième volume, qui est actuellemenl sous presse.
Avant la création des assemblées provinciales, il rTexistoît en Alsace aucune division qui pût fournir un ordre méthodique à ma description ; et celle des s'*x districts, dans lesquels elle vient xTèire partagée, n'est pas encore assez invariable­ment établie pourque j'aie cru devoir l'adopter. Les élections, les sénéchaussées et les bailliages rovaux y sont inconnus ; et les justices seigneuriales s* v trou­vent en trop grand nombre fet sont d'une- étendue trop inégale,pour former des sections convenables. D'ailleurs il en est beaucoup, sur-tout du côté de la plaine, qui ne contiennent rien de relatif à cet ouvrage. L'ordre géographique seul me restoït, et je l'ai simi,
Ce second volume formera les troisième et qua­trième parties de cet ouvrage; je décrirai la Haute-Alsace dans Tune, et la Basse-Alsace dans l'autre. Les us ines et les bouches à feu de la Haute-Alsace étant presque toutes situées dans les Vosges , il m'a été facile de suivre Tordre de leur division naturelle en vallées. Ainsi après avoir donné dans la troisième partie une idée générale des Vosges,

^^
et quelques détails sur le comté de Férëtte, les environs d'Altkirch et de Belfort, et sur quelques procédés propres à améliorer la fabrication du fîl-de-fer, je parcourrai la vallée de Giromagny, d'où je passerai successivement dans celles de Masevaux, d^Saint-Amaria, de Thann, de Sultzmatt, de Munster, de Ribeauviller et de la Petite-Lièvre. Cest dans cette dernière que se voient les fameux travaux de Sainte-Marie-aux-Mines. Leur histoire très-détaiilée termine cette partie de l'ouvrage.
Cet ordre ne pouvoit être suivi dans la descrip­tion des usines et des mines de la basse-Alsace ; et j'ai été contraint de me borner à en rendre compte suivant leur situation du sud au nord, parce que , le plus grand nombre d'entre elles ne se trouve pas dans les Vosges même, mais dans les collines qui sont en avant de cette chaîne de montagnes. Cette quatrième partie de mon travail offre des notices sur Fancienne manufacture d'acier d'Al­sace qui existoit à Darabach ; on y lira aussi la description des usines, houillères et fabriques du val de Ville, de celui d'Orbéis, du comté du ban de la Roche , de la vallée de Schiruieck et du Klinccenthal. J'y parlerai des batteries de cuivre des environs de Strasbourg, des manufactures de porcelaine de Haguenau , ues nombreuses mines de fer en grains, des mines de plomb, et des forges, salines , vitriolières , fabriques de pé­trole , et verreries situées dans la partie septen­trionale de la basse-Alsace; enfin je terminerai ce volume par des observations sur la cueillette de

l'or que cliarie le Rhin ; et pap-fluelques réflexions sur la jurisprudence des mineft en Alsace, et sur rinfluènee que l'administration doit avoir sur leur exploitation.                                             ■ ,
J'ai déterminé la direction et les distances res­pectives ôes lieux , par la quantité de toises qui les sépare, d'après les échelles des1 cartes de*YAca­démie , et j'ai eu soin de nommer toujours ,1a paroisse où sont situées les usines (1).
Le nombre eV l'importance des diverses exploi­tations que j'ai vues en Alsace, me semble devoir rendre ces parties de mon- ouvrage plus variées et pïûTlnféressantes que celles qui ont déjà paru. On y trouvera les plans des importans travaux de Phenrringthurn à Giromagny, et de Surlatte au val de Lièvre,levés par MM. Duhamel et Mallet, ingénieurs de l'école royale des mines, dont je m'empresse de louer iei le zèle et les talens.
On trouvera dans cet ouvrage les arrêts en vertu desquels les mines ont été concédées, ou les établissemens formés, et j'ai cru devoir y Joindre les titres qui ont accordé à leurs proprié* taires des privilèges et des faveurs. J'ai pensé qu'en réunissant ces pièces éparses, je rendois un égal service à l'administration,aux propriétaires et aux jurisconsultes.
(i) J'ai fait placer en marge des notes qui indiquent les cartes de l'Académie, sur lesquelles se trouvent les lieux décrits ; ceux à côté desquels \ï^ n'y a point de marginale, appartiennent à la carte pré* eédemment marquée: je regrette de n'avoir pas songea ces additions 3 en publiant ma description des Gîtes de minerai des Pyrénées.

En m'abstenant de parler des contestations par­ticulières , je me suis attaché à rendre compte de celles qui intéressent le droit public du royaume ou de la province .d'Alsace. J'ai rapporté impar­tialement les moyens des parties opposées, sans donner mon avis sur l'objet de leurs discussions.
J'ai fait connoître les motifs des jugemens qui ont été rendus, et je n'ai rapporté de;s différente* transactions, que celles qui ont. été passées entre les propriétaires relativement an droit d'exploi­tation.
Les consommations en matières premières , sur­tout en charbons, sont par-tout indiquées; j'ai dit quels sont les moyens d'approvisionnement en bois de chaque usine; à quels droits elle est assujettie; le-nombre des ouvriers qu'elle emploie, et le mon­tant de sa vente annuelle; j'ai présenté les résumes de ces détails dans trois tableaux : les deux premiers offrent l'état général dv^ mines de la province, et le troisième, celui de ses usines.
Elirait des registres rie l'Académie des Sciences.
3
MM. LavoLier et d'Arcef , qui avoient été nommés commissaires pour examiner la Description des gîtes de minerai-, forges, salines , \cirerics , tréflleries , fabriques de fer-blanc, porcelaine, faïence, etc. de la Haute et feasse - Alsace, par IVI. Je Baron de Diefr-ieh , i-uemUre <Ie l'Académie, en ayant (ait leur rapport, l'Académie a jugé que cet ouvrage méritoit d'être imprime sous son privilège, et avec son approbation ; en foi de quoi j'ai signé le présent certificat. A. Paris, le i5 novembre 178c!..
Signé, le marquis de Condorcet , Sccr. Pçrp. de l'Académie.
DESCRIPTION

DESGRIPTjOfn
DES MINES
E T DE S fr^^C^H E S À FEU DE LA HAUTE-ALSACE. ,,
T R 01 S^ E M E PART I E.
Après avoir fait connoîtreles mines que renieraient ■ '. -.■;'■■ ; .= les Pyrénées, dont l'histoire naturelle a été l'objet des Intr0(luction' recherches de MM. Darcet (i), de la Peyrouse (2) et Palasso (3), je vais nfoccuper* de montagnes moins considérables et tout-à-fait différentes.
On sait aujourd'hui qu'il existe une très-grande ana­logie entre les Alpes du Dauphiné, de la Savoie, de la Suisse et4es Pyrénées. Elles se ressemblent par leur fbrme, leurs roches, les plantes qui y croissent et les
(1)  M. Darcet, discours en forme dé dissertation sur Fétat actuel
des Pyrénées et sur les causes de leur dégradation. Paris, 1776.                          v
(2)  Notice de quelques'minéraux des Pyrénées; Journ. de physique, tom. 26, pag. 427, et traité sur les mines de Ter et forges du comté de Foix.                                       ■-.-»'
(3)  Essai sur la minéralogie dçs. monts Pjrénées, suivi d'un cata-jpgue'de plantes observées dansées montagnes. Paiis^iySi.
Partie 111.                                          A

/ f, bh. )
~ animaux qui les habitent; il y a même quelque rapport dans leur élévation et le séjour permanent des glaces. Sans prétendre qu'il y ait dans les Pyrénées des sommilcs égales en hauteur au mont-Blanc, au Schreckhorn, au Grimsel, puisque les observations les plus récentes (1) ont constaté que les plus hautes Pyrénées .ne. s'élèvent pas au-dessus de dix-huit cents toises, des observa­teurs éclairés croient cependant pouvoir avancer, que la masse générale des Pyrénées est aussi haute que celle des Alpes. II y a dans les premières un plus grand nombre de montagnes plus* facilement accessibles à de grandes hauteurs que-dans les autres (2), parce que les glaces n'ont point eu, pour s'y étendre, des points d'appui tels que les hautes cimes que nous venons de
, citer, et que les glaciers s'y trouvant moins vastes, les neiges n'y descendent pas si bas. Aussi n'y a-1-il de glaces permanentes dans les Pyrénées qu'auprès des plus hauts sommets.
L'état de destruction qu'offrent les points les plus élevés des Alpes et des Pyrénées , n'a échappé à aucun observateur, et s'il en est qui ont cru remarquer que
(1 M. Béboul de Pézénas , dans un voyage qu'il a fait à Paris cet le année, a lu à l'Académie royale des Sciences deux mémoires relatifs à l'élévation des plus hautes sommités des Pyrénées, particulièrement de celles des environs de Barrèges.
(2) M. Ramond de Carbonnières, si connu par la manière dont il a voyagé en Suisse, a parcouru à pied la plus grande partie des Pyré­nées. Cet observateur, aussi éclairé qu'infatigable, auquel aucune science n'est étrangère, est occupé de la rédaction d'un ouvrage, dans lequel il espère prouver d'une" manière incontestable l'analogie des Pyrénées avec Jes Alpes.

plusieurs des substances dont elle font comp? siv.s . ==—■■==■---■
affectent par-tout une direclion et une inclinaison se m- !l'-'Miti! li !J
blables (t) , Ions du moins s'accordent à assurer avec
moi que-Tordre dans lequel ces substances "se succèdent
depuis la plaine jusqu'au centre de ces montagnes, n'a
aucun rapport a\ec celui que MM. Pallas et Kerbtr
ont observé dans d'autres montagnes dé 1 Europe e? dr
. En donnant la description des bouches à feu et ilis f-*'- v> -' mines de l'Alsace et de la Lorraine, nous parcourront-en tout sens ies Vosges (2), qui, du sud-au nord, sépa­rent ces deux provinces. Nous-ne retrouverons pas ici les mêmes rapports qu'entre les Alpes et les Pyrénées; car quoique les Vosges, ainsi que Jes montagnes de la Forêt-noire qui leur sont parallèles, aient, éié consi-           '
dérées comme des branches prolongées de l'extrémité septentrionale des Alpes de la Suisse , plusieurs ca­ractères principaux doivent les faire regarder .comme -une classe de montagnes distincte!» de celles qui forment leur souche apparente.
Plusieurs savans ont parlé dc^ Vosges:" les uns se. sont bornés à en faire connoîlré la topographie (3). les autres se sont principalement attachés à décrire leurs eaux minérales (4). Quelques ouvrages nous ont donné
(1)  Dans une des séances partjculioies do l'Académie royale des Sciences de cette année; M. l'abbé Palasso a lu un Mémoire, dans lequel il s'attache à prouver cette assertion.
(2)  Vaûges ,.\ osges ou Vôges , en latin fvçcsus mens, J'ossgus çjltus , Erernus.                                               a                                   -
(3)   La MartiniÈre, Dicùonnaire géoprapbi<ji,ie, etc.
(4)  Rœslin, de la^situation dee Vosges, des minéraux, des eaux
/*■-;■ ^ Aij'

( 2 Us.)
= une idée générale de leurs productions (1). Il en est qui l>$- contiennent des fragmens concernant leur lithologie (2).
Les minéraux qu'elles renferment (3) ont été, de même - que l'exploitation de leurs forêts (4), l'objet de quelques
observations éparses ; enfin , un de nos savans les a
considérées dans leur ensemble, sans s'occuper des
«Jetails qiiellëiT.nous offrent.
Nous venons de dire que la hauteur des Vosges différait de celle des Alpes et des Pyrénées : en effet elle n'excède nulle part six cents toises, communément
minérales, et des denrées qu'on y trouve5 particulièrement de la source minérale de Niederbronn. Cet ouvrage a été imprimé en allemand , à Strasbourg , en 109.5, in 8°. " GcÉRlN , dissertatio chemico-niciica., de fgntlhus medicaris Alsatm.
Nous ne nommons pa* ici les auteurs qui ont écrit séparément sur des fontaines minérales particulières de la province. Nous omet­tons également ceux qui n'ont traité que* d'un objet de minéralogie détaché, parce que nous les citerons à mesure que nous aurons à parler des lieux que concernent leurs remarques,
(t) SCUŒPFLIN, Alsatïj. illustrata, tora. 1 , p. 1—3i.
Busching , Géugraphie universelle ,edit. franc, de 1770, tom. 4, pag 426 et suivantes.
(2)  Gcettard, p. xxvj de la préface du premier volume de ses Mémoires sur différentes parties des sciences et arts ,*tlécHt les pierres de sable, mo asss ou mouillasse, qui forment la majeure partie des Vosges : il fait mention au rafrae lieu des galets roulés que cette pierre renferme souvent ; de spath fusible, de stéatite, etc.
(3)  Monnet. Voyez son Atlas minéralogique et son Exposition des ruines.
De Sivry , Observations minéralogiques sur les Vosges et sur l'Alsace.
(4} Guettard, Mémoire sur la mauvaise exploitation des bois dans les Vosges , t. 2 , pag. xxs de l'ouvrage cité.
(.5) M. l'abbé Chappe d'Auteroche. V^vage en Sibérie, tom. 1, piéf. pag. v.

.( 3 )
e\k n'est que de trois à quatre cents, souvent de deux cents; et à mesure qu'on se rapproche de la plaine, Les elle diminue jusqu'à soixante. La végétation se main­tient par conséquent à toutes les hauteurs dans ces montagnes, et Ton n'y rencontre point, comme dans les Alpes , des régions où elfe cesse ; seulement elle perd quelquefois de sa vigueur sur les sommets les plus élevés, où les chênes et les sapins restent toujours nains et rabougris.                                           $
La haute Alsace compte au nombre de ses pins hautes montagnes, le ballon de Murbach , qu'il ne faut pas confondre avec le ballon de Giromagny ; le Hoheneck, d'où l'on aperçoit les sources de la Mo­selle et de la Fecht ; et le Bonhomme au couchant de Kaysersberg. La basse Alsace range dans cette classe la * Sainte-Odille, le Champ du-fèu et le Pigeonnier près de Weissembourg.C'est à la Sainte-Odille, placée près d'Ober-Enheim, qu'affluent principalement les curieux qui désirent prendre une idée des Vosges et du coup-d'œil dont on y jouit : les prétendus miracles de la Sainte qui lui donne son nom, rattachement que lui portent les habitans de Strasbourg, accoutumés à consulter de chez eux l'état du ciel à son sommet, parce qu'elle est située au S. O. de leur ville ; quelques traces d'antiquités romaines, la proximité de la plaine * les belles routes et le beau pays qui y conduisent de toutes parts, lui attirent cette préférence.
Le champ-du-Feu, dans le ban de la Roche, s'élève à l'opposite du Donnon, montagne du pays.pie Sàîm., principauté d'Empire enclavée dans les Vosges ; la hau-
A iij

( 3 lis.)
===== leur de ces deux montagnes paroît absolument la même.
Les Vosges. \ es géographes appellent le Donnon , moul-dv-Vcr ou F m mont ; les uns font dériver ce nom des mines de fer qu'on y trouve, et les antres des restes d'un monument placé au haut de cette montagne, et qu'une tratliliôn fabuleuse fait passer pour être le tombeau de Phara-mond. M. l'abbé Chappe a déjà observé que les Vosges sont, en généra!, plus escarpées du côté de l'Alsace que du coté delà Lorraine: leurs vallées principales > celles qui, partant du centre de la chaîne, ont leur ouverture immédiate dans la plaine» suivent-quelquefois leur di­rection, ou la traversent obliquement; d'autrefois elles prennent leurs cours perpendiculairement à cette direc­tion . sans en affecter aucune.
flLes plantes, dont les Vosges sont couvertes de toutes parts, établissent entre elles, les Aipes et les Pyrénées, cette différence remarquable, qu'on n'y aperçoit aucune de ces cimes en ruine, dont celles-ci sont couronnées. Si Ton y remarque quelques traces de désordre, ce n'est que dans le voisinage des torrens, ou bien sur quelques pentes rapides exposées au nord, où la végétation n*a jamais pu être assez prompte pour s'opposer à l'action des eaux qui déplacent fréquemment les roches , dont la surface de ces pentes est jonchée. Les sommités des Vosges se terminent presque toutes en plateaux arron­dis: vucs.de la plaine, elles ofirent un rideau couronné de festons, et non ces pics hérisses qui frappent l'œil, lorsque de loin on considère des chaînes plus élevées. La largeur des Vosges est proportionnée à leur hau­teur; six, huit à dix "heures suffisent pour la franchir,

(4)
tandis qu'il n'en faut pas moins de vingt-quatre, trente --=?■=.— ou quarante pour traverser {es Pyrénées ou les Alpes. Li* ^ Dans celles-ci la pierre de sable rouge est peu commune; elle constitue au contraire la majeure partie des Vosges: on peut même en plusieurs endroits les parcourir dans toute leur largeur, sans y rerrp^nher d'autre espèce de pierre (î). Les bancs en sont poî^Tordmaire stratifiés horizontalement depuis la base jusqu'au sommet, dans un ordre plus régulier qu'on ne l'observe des autres* roches qui forment les grandes chaînes,fcet les* galets roulés que renferme cette pierre, se retrouvent jusqu'aux cimes les plus élevées. On voit rarement des monta­gnes calcaires dans l'intérieur des Vosges; et quoique des masses de marbre qui contiennent des corps marins, se trouvent quelquefois dans des montagnes schisteuses situées vers leur centre, il n'en est pas moins vrai que la pierre à chaux, souvent criblée de coquillages, est presque toujours réunie dans les collines placées au-devant et sur toute la longueur de la chaîne des Vosges. Au contraire, la pierre à chaux se rencontre fréquem­ment, et forme des montagnes entières dans plusieurs points de la largeur des Alpes et des Pyrénées, et jusque dans leurs parties les plus hautes.
Le schiste, le granit, et les roches composées de quartz, de mica, d'argile, de fèld-spath, ne se trouvent pas généralement dans les Vosges, On les rencontre en certains cantons seulement, et presque toujours vers leur centre (2}. ,
(1)  Voyez dans la table les mots Pierre de s.ibli et Carrière.
(2)  M. le comte de Buffon , dans ïe cinquième volume du sup­plément à son Histoire naturelle, pag. 279, a rapporté une note qui

(4
= Les gîtes de minerai s'y montrent moins riches, moins Les Vosges, abondans à la surface des .terrains que dans, les Pyré­nées et les Alpes; mais ils s'y soutiennent plus en lon­gueur et en profondeur : on arrache du sein des Vosges des mines de vitriol, de pétrole, de charbon, d'ucre : l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, l'arsenic, le co­balt et le zinc s'y montrent minéralisés sous une mul­titude de formes.
L'habitant des Vosges travaille par goût aux mines; il porte le vêtement du mineur allemand. Comme cet habillement est inconnu dans le reste du royaume, et qu'il seroit utile qu'il y fût adopté, je ne crains pas d'être trop minutieux en parlant de ses avantages. Ce qui tient à la conservation des hommes est toujours im­portant, et le devient encore plus lorsqu'il s'agit d'un ^wail qui les expose à des dangers continuels. Sujet
lui a été communiquée par M. l'abbé Bexon , le i5 mars 1777, con­cernant les Vosges. Elles y sont définies comme étant » des montagnes >• primitives, toutes composées de matières vitrifiabîes et cristallisées, » granits, porphyres, jaspes et quartz, jetés par blocs et par groupes » et non par lits et par couches. Dans toute cette chaîne (y est-il dit) " on ne trouve pas le moindre vestige de productions marines et les » collines qui en dérivent sont du sable vitrifiable. «
En comparant cette note avec les observations que je l'apporte ci-dessus, il est facile de voir en quoi les faits qu'elle renferme, s'éloignent de ce qui existe réellement. Considérer les montagnes de pierre de sable des Vosges, comme des collines qui dérivent de cette chaîne, c'est prendre la partie principale pour l'accessoire; et c'est aller trop loin que de dire qu'on n'y yoit point de vestiges de pétri­fications. On Terra à la page 260 de ce volume qu'il s'y en trouve.
Il me paroit démontré queMes montagnes de pierre de sable et de granit des Vosges sont du même âge. Si on lit les preuves que j'allègue au soutien de cette opinion, pag. 209 jusqu'à :n,on sera peut être porté à l'adopter avec moi.

(S)                                    .
à se heurter avec violence contre les traverses d'e tan- =£= ronnage ou contre les rochers saiilans des voûles sur- iv baissées , le mineur des Vosges porte un bonne t de feutre épais, rond et élevé, qui préserve sa tel e. Contraint d'appuyer son dos eonire les parois r routes souterraines qu'il se fraye, i\ se garantit de l'humidité continuelle du rocher, par. un fort" tabliei 7 de cuir qui pend suf-sës-fëns. Obligé--de se glisses par des passages étroits, un chapeau et un habit long lui seroient à charge; il porte une Jaquette légère, serrée sur les hanches par la courroie Ju tablier. En (in occupé des moyens d'avoir ses mains libres pour monter et descendre sans cesse des échelles, il substitue à la chandelle une lampe à tige mobile, garnie d'un cro­chet que le pouce seul soutient, et qui clans les travaux peut s'accrocher par-tout aux moindres inégalités du rocher. Si , travaillant dans des Fosses où les eaux sont abondantes, ces "précautions" deviennent Insuffisantes; s'il est aflècté de douleurs rhumatismales ; si quelque partie de son corps perd le mouvement,- il est promp-tement rétabli par l'usage des sources salutaires qui sourdent de toute part des Vosges. Les établissemens de bains dans ces montagnes sont aussi célèbres -que «ombreux.
Les Vosges ne présentent pas d'aussi grandes masses que les Alpes et les Pyrénées : on n'y retrouve point ces aspects affreux qui retracent, l'idée du cahos (î) ,
(î) Les Vosges n'ont point au-devant d'e'les , ni dans leur sein, de traces d'anciens incendies souterrains , quoique, dans les icnip.î les plus reculés, il y ait eu des volcans enjbrasés au pied tles «uni-

■ ( 5 In, )
mais elles ont assez de majesté pour faire éprouver cet Oagt:" enthousiasme qu'excitent tous les grands objets de la nature. Elles réunissent aux beautés des colosses que nous leur opposons, des charmes qui leur sont.propres, et l'état de stabilité dans lequel la végétation les main­tient, présente l'image du repos. Soit que des crêtes de leur lisière, l'œil parcoure les richesses de la plaine; soit que des points les plus élevés de leur centre il contemple les sommités qui l'environnent, ou qu'il plonge dans les vallées sur lesquelles il domine, il em­brasse de toutes jferts des objets magnifiques, et d'un accord si parfait, qiîe l'ensemble de leurs tableaux rians. ^              ou sauvages n'inspire jamais qu'une douce admiration.
En effet, voit-on des sommets de quelque autre chaîne de montagnes , une chaîne parallèle et un grand fleuve roulant à ses pieds, terminer ensemble une vallée longue de quarante lieues, large de neuf, qui, par la multi­tude de ses clochers, annonce" son étonnante popula­tion , et dont les cultures variées et la fertilité prodi­gieuse ne le cèdent à aucun pays "de l'Europe ?
Au faîte des Alpes, et des Pyrénées l'immensité est à vos pieds. L'homme, aussi peu fait pour la mesurer de ses regards que pour l'embrasser de sa pensée, se sent moins ému de plaisir que frappé d'éionnemeiit : et si fatigué du spectacle vague des plaines saîîS limites , il se tourne vers le dédale des entassemens gigantesques
tasnes de la "Forêt-noire, et par conséquent très-près des Vosges. Voyez mon mémoire sur les volcans du Brisgavv dans ie dixième voîunie1*1îes'vSava!is étrangers.
1

{(>)■
qui l'environnent, sansdotite il découvre de grands efiels, niais des pans de rochers suspendus, des blocs éno- nies Lcs y!Siits-détachés, des étangs placés, des marais, des tourbes, le froid !e plus piquant, des brumes qui s'accumulent et menacent de l'envelopper, dos torrens fjiii se préci­pitent , le plus profond silence, la nature morte enfin.; tout lui imprime ia tristesse et l'efiroi : isolé dans ["uni­vers, il se hâte -de-foiï-4es—Fées--sourcilleux qu'il n'a gravis qu'au péril lie sa vie(i), il oublie ses faillies et court retrouver des hommes.
Quand des sommités les plus élevées des Vosges, nous apercevons la foule de leurs croupes entées les unes sur les autres, un spectacle moins vaste s'offre' à nos regards, mais il est grand encore; et loin que ses beautés fassent naître la terreur, on regrette de ne pou­voir prolonger le jour pour les admirer plus long-temps. Aux pieds du spectateur, les trois règnes et les arts s'ac­cordent pour animer l'espace qu'il contemple, et si les * montagnes dérobent quelques objets à sa vue, les bruits lointains et variés lui en décèlent l'existence. Au chant . du coq. à la voix des cliiens, aux mugissemens des troupeaux et aux sons harmonieux des instrumens cham­pêtres qui les rassemblent, il ■recoimoît des fermes et . des hameaux. L'intensité et la".fréquence plus ou moins grande des coups frappés par les marteaux des grosses et des petites forges, lui indiquent la direction et Féîoi-
(i) Je ne parle ici qu^8e ces pics qui ne sont confins que de quelques bergers, des clfasseurs de chamois tt des naturalistes les plus intïë{mk% , de ces pi/s, dont on n'atteint le sommet qu'en armant ses pieds de crampons, ou en les chaussant de sandales de sparierie.

'                                  (6 bis.)                          ■- .
           = gnement du lieu d'oii ils partent, et le genre de travail
Les "S oegrs. c]0IIj. on sy occupe. II distingue le moment où ces pesans marteaux pétrissent des loupes, pièces ou globes en­flammés , de fer encore impur, d'où ruisselle de toute part le laitier embrasé. Il reconnoît l'instant où le for­geron coupe la pièce en lopins, où il étire des barres, où il consolide des soudures ; enfin celui où le marti-
neur façonne les fers en carrilio
os
, en verges rondes
ou crénelées.
Chacun des sommets sur lesquels il plane , ne lui présente qu'une immense touffe isoléeV variée à Fin fini dans sa verdure; par-tout le sol est couvert de chênes, de charmes, de hêtres et d'innombrables tiges presque contigues de sapins et de pins, dont l'élévation le dis­pute à ceux qui peuplent les forêts du nord. Si le bûche­ron fait retentir' les vallées de la chute de ces futaies une verdure plus fraîche remplace bientôt la verdure qu'il a détruite. Les fougères, le genièvre,;Ies houx, les genêts , les trembles, les érables et les bouleaux qui s'élèvent rapidement protègent les nouveaux germes. Lorsque les jeunes pousses de chêne et de hêtre sont à une certaine hauteur, on nettoie les forêts de tous ces bois blancs et de tous les arbustes qui pourraient les empêcher de prendre leur essor, et alors ces arbres tutéiaires tombent sans rien diminuer de la beauté du coup-d'œil. Telle est la manière d'exploiter les bois dans la plus grande partie des Vosges de l'Alsace, à l'excep­tion des cantons peuplés de sapins que l'on préfère de couper en jardinant. Ce n'est jusqu'à présent que dans quelques parties des Vosges de la Lorraine, que l'on
a

; ■ : '                                                              (?)
a introduit les coupes en taillis à de couries révolutions.
Dans les cantons où les pins abondent, on voit s'é­lever la fumée de's fabriques de térébenthine et de gou­dron, et par-tout on aperçoit celle des fours où Ton cuit le charbon.
La manière dont le charbonnier des^osges amène ses bois sur les emplacemens où il établit ses fours, offre tin spectacle peu connu dans tout le reste de la France. Pour faire descendre les bois des pentes escarpées siir lesquelles il se trouvent répandus, il emploie des traî­neaux : c'est un moyen économique et prompt, mais . dangereux. Celui qui les conduit rie peut être qu'un homme très-fort ; on le nomme schliltetir. Il trace un chemin étroit, le garnit de rondins peu distans run.de l'autre, les enduit de-graisse, charge un traîneau d'une * demi-corde, ou de plus d'une voie de bois, se place dans les brancards, descend rapidement sur les rondins gîissans , et n*a qu'a peine le pouvoir de s'opposer à l'accélération de la vitesse avec laquelle le traîneau le poursuit. Il est curieux de voir un schlitteur descendre une côte rapide, mais on ne peut le suivre des yeux sans effroi ; s'il néglige un instant d'user de ses forces, il est vaincu par la charge qui le pousse, sa chute est néces­saire, le traîneau se "précipite par-dessus lui, le brise, et sa mort est presque certaine.
Au centre des forêts, se voient de notibreux châteaux forts, dispersés dans toute l'étendue des Vosges ; déplo­rables monumens des guerres féodales, ils servent au moins à rendre plus pittoresques les sites qu'on décou­vre du haut de ces montagnes. Quelques-uns de ces
Partie III.                                        B

( 7 bis,)
===== châteaux plus vastes, conservés pour la défense des Les Vosges, frontières; sont entretenus par le roi, occupés par des garnisons nombreuses ou seulement gardés par quelques invalides. Ces enceintes, ces fossés, ces ponts-Ievis, forment au tableau que je trace une ombre d'autant plus forte, que ces tristes demeures renferment des prison­niers d'état, et, qu'on ne peut écarter de soi cette idée douloureuse, que l'homme seul porte des chaînes jus­qu'au faî(e des montagnes, ce dernier asyle de la liberté.-La hache ci-t-elle détruit dans un canton jusqu'au germe des bois, de gras pâturages recouvrent bientôt la terre, de nombreux troupeaux y paissent au milieu d'une fouie de plantes (1); des fermes et des chalets, où tout respire la propreté, leur assurent un' asyle: des guérets fertiies et des moissons dorées décorent des lieux inaccessibles (2) à la charrue, et l'industrie des plus intelligens cultivateurs , les anabaptistes et les moines (3), féconde la terre jusqu'aux plus grandes élé­vations,
Les résidences de plusieurs princes souverains de l'Empire, celles de M. l'évêque de Strasbourg (4),enfin
(i) On en compte plus de quinze cent cinquante variétés.
(2} Sur toutes les grandes élévations et les pentes escarpées de ces montagnes , où il y a des cultures, la terre est labourée à la bêche. Dans plusieurs cantons , les montagnatds brûlent les gazons et les arbustes, et défrichent péniblement une portion de terrain pour jouir d'une ou deux récolter, et le laisser reposer ensuite neuf années. t              Cette espèce de culture a particulièrement lien au Ban de la Roche., 4
où ces terres, ain^i"cultivées , portent le nom de tripoux.
(3) Ils y cultivent du bîé noir, du seigle, de l'prge, du maïs, deô pomme.-; de terre et du trèfle                            1
(4} Sur une des Vo-gts df la haute-Alsace, pçjp de la ville de Ribcauvviller est située l'antique et pittoresque résidence de la maison

(8)                         ■ '
pins de soixante-dix chapitres et monastères sont dis- ^----------
perses dans l'es Vosges ; leurs vastes bâtimens avania- l-c* v° -geusement situés , forment (1rs masses saillantes sur les côtes qui dominent la plaine, comme siir celles qui régnent le long des vallées. Les chapitres des Vosges sont célèbres dans l'Europe. Le désir.de soutenir l'éclat des familles, y rapproche du montagnard, le plus simple, mais aussi le plus ignoré des hommes, ceux que les actions de leurs aucêtres, le temps et l'opinion ont le plus illustrés. '" ' ' .." "*
Les monastères ne sont pas les seules ressources que les Vosges offrent aux personnes religieuses; plusieurs de leurs chapelles y attirent en pèlerinage ceux qui ont des fautes à expier, ou des vœux à former.
Du sommet de ces montagnes on aperçoit moins
des Deux-Ponts. À l'entrée de ta vallée de la Brû'sch , ou de Schirmeck en basse-Alsace,'se trouve le château de Moufzig, maison de chasse de M. l'évêque de Strasbourg-; non loin est un grand parc iiioniucux , peuplé d^ cerfs et de sangliers. Peu au-dessous de Moufzig, une-partie cîes eaux de la Briisch, qui arrose la vallée de Schirmeck, forme-un canal, par lequel on conduit à Strasbourg des bois, di>s pierres de taille et d'autres matériaux. Plus au nord , et au pied de nos montagnes est le célèbre palais de Saverne, dont M. le car­dinal de Rohan fait reconstruire la superbe façade, plus magnifique qu'elle n'étoit avant d'avoir été incendiée. Le parc de Saverne, moins grand que celui,de Moutzig, est aussi moins monlueux : il renferme un haïras, une faisanderie, des roules bien percées, une foule de. daims , diverses pièces d'eau , mais sur-tout un canal ", long d'une lieuè, orné de cascades et d'un kiosque élégant construit] dans une île, et terminé par un riche village qui offre un point de vue q.i'on regrette au canal de Versailles.
Enfin, plus au nord et peu au-devant de la chaîne, est le château de Bouswiller, ancienne demeure de la maison de Hesse-Darmstadt.

( 8 bis.)
===== de torrens impétueux que de nombreux ruisseaux et Les Vosges, rivières qui, paraissant dans les vallées autant de ru­bans déployés au loin avec grâce, concourent à enri-?                 chir le délicieux pays qu'elles arrosent
Si la nuit, plus tardive, sur les hauteurs , investit tout-à-coup celui qui se fîôit encore, sur son élorgne-ment, si elle le surprend errant dans quelques gorges, lorsqu'il veut descendre dans ces charmantes vallées, des feux variés qui de loin se découvrent, déterminent ses pas incertains. Un œil exercé distingue aisément à la fixité de la lumière, à la couleur, à l'élévation des flam­mes et des ^étincelles, les fours à cuire de la brique et de la chaux) les verreries, les fourneaux et fonderies, et les fèu^4l'affineries si nombreux dans les Vosges. Plus d'une fois ces fanaux des vallées m'ont, dans une nuit obscure, préservé des précipices qui m'environ-noient, et m'ont indiqué Fasyle que je clierchois.
On voit dans les Vosges plusieurs lacs : du côté de l'Alsace les principaux sont îe lac de Baeîchen ou du ballon de Murbach, au pied de la montagne du même nom; les lacs noirs et blancs du val d'Urbeis et le lac de Diren dans le va! de Munster (1). Le lac de Baeîchen ou du ballon de Murbach, a cinquante-quatre'pieds de profondeur au milieu, et quatre-vingts à sa tête (2), Du côté de la Lorraine on remarque les lacs de
(i)La ville de Coimar a obtenu,en 1748,1e droit deconduireles eaux de ce lac dans la Fecht et dans le ruisseau du Moulin ^Muhlbach, lorsque ces rivières tarissent.
(2) Des vents yïolens firent* déborder ses eaux, en 1740 j la ville de Giiebwiller et le village d'Iseqheiin furent en danger.

Retournenier, de Longemer et de Gerardmer. Je ne nomme pas les étangs nombreux qui se trouvent dans les Vosges; plusieurs d'entre eux seroient assez vastes pour être considérés comme des lacs, si leurs digues étoient naturelles.
/.escarpes, les perches et les brochets que ces éta-ligs renferment, sont portés dans les réservoirs .du Rhin, et de plie, où on les fait dégorger, et au bout d'un mois., ces poissons ont si bien perdu leur goût bour­beux , qu'on les vend comme provenant des eaux vives de ces fleuves.
Les ruisseaux et les rivières des Vosges fournissent aussi des truites et des ombres ou umbles délicieuses, et des écrevisscs superbes. Je ne parle point des-pois­sons blancs qui *f abondent.           x
fè'ours, l'aigle (1) et le vautour ne désolent point le berger des Vosges ; leurs oiseaux de proie sont Fépervfer,'différentes espèces de faucons, la chouette et le hibou. Les loups ne s'y voient point en si grand nombre que dans les Pyrénées; la chasse y est moins pénible; le chevreuil s'y plaît ; sa ,peau est d'une utilité presque égale à celle'du chamois; mais la chair du che­vreuil est infiniment plus estimée.
Le cerf y est rare; l'ardeur'des chasseurs à Ié pour­suivre, en a presque détruit l'espèce.              /
* Le sanglier n'y est pas assez multiplié pour causer
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(i) 11 n'est cependant pas sans exemple qu'on en ait vu qui ar>pa-renmient s'étoient égarés.

( 9 -bis. )
de grands dégâts; la peau du renard, celle de la loutre , Les Vosges. <ju cha+ sauvage, de la martre, des furets et des be­lettes, que rassemblent nos montagnards, leur fournis­sent un objet de commerce cie quelque importance. Le lièvre, rare dans les hautes Pyrénées et les Alpes, abonde dans les Vosges. Les ramiers de celles - ci sont les palombes des premières. Les bécasses leur sont com­munes. La perdrix blanche qui n'abandonne point les neiges, n'est pas plus belle qu'un coq de bruyères ; et les personnes accoutumées au gibier fin /préfèrent aux bartavelles des Alpes, les gelinottes de l'Alsace et de la Lorraine. -
Enfin, l'habitant des Alpes ne boit que les vins dé­licieux récoltés au pied de la pente extérieure des Vosges, où des ceps d'une hauteur extraordinaire don­nent au vignoble l'apparence d'un épais taillis.
Ne comparons pas l'habitant des Vosges au mon­tagnard des Pyrénées ; c'est au paysan des Alpes qu'il ressemble ; il a le même attachement pour le sol qui l'a vu naître; il est, ainsi que lui, grand et vigoureux, soigneux et propre, simple dans ses mœurs , confiant et hospitalier , intelligent et laborieux. Comme dans les x^ipes, il élève des bestiaux, recueille leur lait et leur crème, en fait du beurre et des fromages; distille le-fruit du merisier (i) ; file du coton et en fabrique des toiles. Comme dans les AIpes%, il porte chaque année, au haut des pentes, les terres que les
(i) Le produit de cette distillation est la Kirchenwasser.

( «>)
eaux ont entraînées au bas de ses champs : par-tout              . =
on admire le soin avec lequel il entretient des coin- Lts Vosges, munications; elles sont telles, que le charroi est géné­ralement établi d'un endroit à l'autre. Survient-il quel-, que orage qui dégrade les chemins, bientôt les dégâts sont réparés, ; et luttant ainsi constamment contre les irruptions des eaux, leur ennemi le'.plus redoutable, nos montagnards, savent les détourner avec une intelli­gence étonnante, pour féconder leurs prairies et les faire servir de moteurs aux différeras tournans des usines, si nombreuses dans les Vosges, quegj#<pïupaf t de leurs vallées n'offrent plus une seule chute d'eau qui soit libre. Quelque spéculation utile* détennine-t-elle à for­mer sur un courant un établissement nouveau ? On ne peut en exécuter le projet, qu'en s'emparant de la place d'un établissement plus ancien.
Jetons un-coup d'œii rapide sur les ateliers qui doivent leur activité aux rivières des Vosges, en passant sous silence ceux dont nous avons déjà fait présumer, l'existence. Ici de fortes scies débitent en flaches, en madriers, en planches et en lattes des pièces de bois énormes. Ailleurs des lames réunies dans un seul châssis, scient en autant de tables le marbre, le por­phyre et le granit. Plus bas la faîne, la noix, les graines de pavot et de navette ou çoisat , d'abord écrasées entre deux rouleaux, puis broyées sous des meules, pressées enfin par des coins qu'enfoncent des pilons, laissent couler ces huiles diverses, qu'on sert sur nos tables, ou qu'on brûle dans nos lampes et dont la pein­ture retire tant d'avantages.

( io Lis. )
^=^r~r=r-^= Telle est la rareté des chu les d'eau encore libres, que Los Vosges, souvent le même courant sert à moudre la farine et que la mouture de ht garance suspend la fabrication des huiles.
La racine des garances est séchée dans des étuves chauffées par des fours construits en berceau et en spi­rale, et /ormes par l'assemblage de quelques milliers de ■ petites caisses de terre cuite. On étend la racine sur plu­sieurs étages de planchers, formés seulement de lattes peu espacées. Lorsque les racines de l'étage inférieur, îe pius,près des fourneaux, ont perdu toute leur flexibilité, qu'elles craquent et cassent dans la main qui les ma­nie, ou les sort de Fétuve r ?t celles qui éloient éten­dues au-dessus viennent les remplacer. Le fléau brise et réduit en brins les racines séchées,. et quand l'ouvrier a fini de les battre, il en sépare par le crible et le triage à îa main, tout ce qui leur est étranger. Ainsi préparées, un cylindre de fer hérissé d'aspérités, et qui tourne rapi­dement sur son axe, enlève à ces racines leur épidémie qui fournit au commerce ie son de garance. Cette opération faite, on étend ces brins dépouillés, sur une toile qui recouvre un four construit en dos d'âne, où le itu est vivement poussé; parfaitement séchés ces brins passent une première fois sous les meules, qui écrasent la partie e^érieure et charnue, qu'on enlève et qu'on met à part sous le nom de garance robbëe. Alors il ne reste plus que la partie ligneuse du centre, et celle-ci, pulvérisée à son tour, donne la fleur de
garance.
Dans d'autres vallées les maillets et les couteaux de

(11 )
papeterie, triturent et affinent des drapeaux ou chif­fons.
Près de-là, une multitude d'énormes tenailles et de tourniquets forcent le fer à traverser des filières pour le convertir en fil de tout calibre.
Plus loin, l'eau fait mouvoir tes marteaux de fabriques de fer-blanc.
Ailleurs encore, les boccaids et les lavoirs préparent à la fonte les minerais divers, et trois marteaux d'une forme différente, levés parle même arbre, convertissent le cuivre rosette en feuilles minces et. unies et en coupes dont on façonne, dans les villes, des chaudières et d'autres ustensiles.
Enfin dans une de ces vallées, une foule de meules est employée à fabriquer, pour le Roi, des armes blan­ches , et difFérens outils qui servent à la guerre.
Tous ces objets réunis, des routes superbes (i), qui suivent le pied des Vosges, d'autres qui les traversent par des coudes et repiis formant des rampes douces qui dominent Tune sur l'autre, des ressources de toute es­pèce, de bons gîtes, des chevaux qu'on peut se procu­rer presque par-tout ; ne devroienl-ils pas engager les citoyens, et inviter les étrangers même à y diriger leurs courses et leurs voyages. Lçs uns apprendroïent à ne pas regarder comme des beautés particulières à la Suisse y
(i) On compte dans les Vosges treize grandes routes : savoir, celles de Giromagny , de S«iint-Aniarin , du Val d'Orbe, du Val de Munster, de Sainte-Marie-aux-Mines, du Val de Ville , de celui deSchirmeck, de Dabo, de Saverne , de Rorbach , enfin celles de Niederbionu et tic YVcissembourg h Bitche.

( il bis. )
celles qui sont si universellement répandues dans les Lt-3 Vosges. Vosges: les autres y tronveroient une instruction né­cessaire : ils y prendraient une idée de toutes les branches d'industrie qui peuvent fleurir par les soins des montagnards.. La culture , plus rare dans les montagnes que dans la plaine, laisse des bras libres qu'on peut employer avec avantage: en hiver sur-tout, il n'y a point de travail pour leurs liabitans. L'argent y étant moins commun, le prix des journées y est aussi plus bas. Je me bornerai à citer quelques exemples frappans de l'étendue qu'on peut donner dans les montagnes aux fabriques qui exigent beaucoup de main - d'œuvre. A l'une des extrémités des Vosges (i) , est une vallée en­tière qui ne tire sa subsistance que de la fabrication de carrés de clefs de montres. L'aptitude de ses habi­tants pour ce genre de travail, est telle , qu'ils mettent dans le commerce ce petit meuble à un prix dix-huit fois inférieur à celui auquel nous l'achetons en détail, quelque modique qu'il soit (2).
Le travail, en petit, de l'acier et du laiton , leur est si familier, que plusieurs d'entre eux en font, comme à la Chaudauve , toutes les pièces d'une pendule , qu'ils savent même les assembler, . et fournissent de cette espèce d'horloges , le pays d'alentour. Un seul regard favorable de l'administration, fèroit bientôt partager
(1} Cette vallée est celle de Planchez-les-mines qui forme du côté de la Franche-Comté, le versant opposé aux montagnes d'Auxelle-haut près Giromaguy.
fi) Ils vendent 55 sous la grosse de douze douzaines de carrés de clefs, tandis qu'avant eux on l'achetait 8 à 9 livres de l'étranger.

/ " /          ( 12 )
a/cette vallée le commerce d'horlogerie de la princï- - ■ -------
pauté de Neufchâtel, vu elle a puisé le^ éléinens de Les Vosges.
/-■ cet art.
' Par une singularité remarquable, les verreries pla­cées à l'extrémité opposée des Vosges , fournissent le royaume de verres de montre, qui, polis et taillés, ne se vendent que 21 à 22 livres le mille , ce qui ne fait pas six deniers la pièce (1).
Les SuiS5es,\nianqnaTTt"dcr^)ras, ont établi dans les Vosges la filature- du coton : dans plusieurs de leurs vallées , c'est la Wuleoccupation des femmes- et "des enfans pendant l'hiyer ; chaque individu gagne depuis cinq jusqu'à dix sou\ par jour* suivant le degré de per­fection qu'il atteint ;çm en fait dans différens endroits des toiles superbes et^e la mousseline, et il s'en faut bien que nos montagnards puissent suffire à la consom­mation des belles fabriques d'indiennes de l'Alsace , à l'établissement desquelles tes progrès de la filature ont donné lieu. Sans cloute les assemblées provinciales éta­blies en Lorraine et en Alsace , vont fixer leurs regards sur ces objets divers ; sans doute elles s'empresseront de répandre dans les Vosges ces métiers , qui augmen­tent si considérablement Je produit de la filature; sans doute leur œil vigilant va s'étendre sur tous les genres de cultures et sur toutes les parties des arts utiles.
Dans la description que je vais donner des gîtes de minerai et des bouches à feu de l'Alsace, je suivrai
(?) "Voyez ci-dessous,pag. ?>6(i el ,'x5y , à l'article de la vprre-ue de Wingen , et dans la cinquième partie ceux des verreries de Mey sent bal et de Gœtzcnbruck en Lorraine.

(12 bis. )
--------;—=: ces montagnes du sud au nord ; je les quitterai peu , et
Los Vosges. sj j'en sors quelquefois , ce ne sera que pour m'arrêler dans les collines calcaires qui sont au-devant, ou pour faire vers la plaine des excursions, qui m'y ramèneront toujours.
Forge de Vab- C'est au-dehors des Vosges, dans le Sundgaw (1), fort deLucelle. avant tjans ja piajiie, qu'e toit placée la forge de Luceîle, de 1 ,-ica- je prenijer objet dont je doive faire mention , d'après
e -, V TG.
l'ordre que je me suis prescrit. Cet établissement, qui
n'existe plus, étoit auprès de l'abbaye de ce nom qui se trouve à l'extrémité la plus méridionale de l'Alsace, à 11800 toises sud de la ville d'Altkirch et à sept à huit lieues sud-ouest de Hunïngue. Cette abbaye avoit obtenu , au mois de février 1681 (2), des lettres-patentes registrées au Conseil souverain d'Alsace le 24 mai suivant , portant permission d'établir des usines à fer dans ses dépendances. Elle n'a pas joui long­temps de cette faveur : soit que ses bois n'aient pas suffi à leur aliment , soit qu'elle ait trouvé, pour eux des débouchés plus favorables, il y a long-temps qu'elle en a fait cesser le travail.
Martinet de Lucelîe dépendoit autrefois du comté de Ferrette , Redersdorff. cjans lequel nous passons, pour parler d'un martinet établi au village de Redersdorff, distant de Ferrette de 1000 toises , et de Lucelie de 0400 toises N. E. Cet atelier peu important, renferme deux feux, et ap­partient à trois ou quatre paysans de l'endroit, asso-
(1) Le Sundgaw comprend principalement les bailliages de Ferrette, Thann , Altkirch et Landser.
(2)  Voyez le recueil des Ordonnances d'Alsace, loin, i , pag. 100.
cîés

ciés pour ce travail: ils y refondent eux-mêmes de '—.....----------
vieux fers, dont ils font des outils de charrue, et des Martinet de
,                                          i                     -v,              1-1                ■Redorsdoiff.
bandes en paquets pour les roues. Nous n évaluerons pas en détail le produit d'objets aussi peu considéra­bles ; nous les porterons seulement en masse dans le tableau que nous joignons à cette description.
L'usine la plus voisine de ce martinet est la forge Foige de 6e'-de Sépois-le-haut, éloignée de RedersdorfF de 7700 p<>^-le-l».<ut. toises O. N. O. paroisse de Sépois-le-bas, seigneurie de Dattemïed ou de Dell , bailliage de Belfort. EHe appartient à la veuve de Philippe Regard , du même endroit. Elle est affermée pour trois cents livres à Lau­rent Giro et consors. De ses deux feux , l'un qui. sert de renardière et nouvellement construit sans lettres-pa­tentes, travaille de la ferraille qu'on achète à six livres le cent ; l'autre , destiné au martinet, convertit en petit fer, le fer en barres qui provient de l'affinage de la ferraille , et celui qu'on prend à la forge de Sépois-le--bas. La toise de bois de quatre pieds de taille sur six de long et six de haut , y coûte dix livres. Le charbonnier en emploie deux pour la banne, dont on lui paye trois livres de façon , sans compter la voi­ture qui'revient au même prix.
A cinq cents toises N. 0. seulement de la forge Forge de Sé-de Sépois-le-haut., est celle de Sépois-le-bas, paroisse Pols"l<?-bas. du même nom , subdélégation de Dell. Elle appartient à M. Surteau , associé en commandite de M. le baron de Landeberg, seigneur de ce lieu. Cette forge, qui étoit établie avant la réunion de. l'Alsace à la couronne, n'a par conséquent pas eu'besoin d'être autorisée-par lettres-patentes. Elle est composée d'une aflïnerie et

( >4 )
============= d'un feu de martinet : sa fabrication monte à cent
Forge de Se- quatre-vingt milliers à-peu-près. Ses fontes , qu'elle tire
v°la" e" as* du fourneau des Travaux en Franche-Comté, lui revien­nent , rendues sur les lieux, à quatre-vingt-trois livres. Il s'en consomme environ deux cent cinquante milliers. On compte à cette usine treize cent cinquante livres de fonte au mille de fer, et quatorze cuveaux de charbon, dont l'approvisionnement total peut aller à deux cent quarante bannes. La banne, de cent pieds cubes et de douze cuveaux, revient à vingt-quatre livres. Les seigneurs de Marimont et les particuliers voisins fournissent les bois dont on cuit ces charbons ,' pour lesquels on ne brûle que-des fagots xie hêtre et des re-manens de sapins.
Cette forge occupe trois affinenrs forgerons, deux martineurs, deux goujats et un charpentier. Les gros fers se vendoient en 1780 (1), seize livres-le quintal ; les fers martinets ordinaires dix-neuf livres; et la verge crénelée vingt-une livres. En prenant dix-huit livres dix sous pour le tenue moyen des diflerens prix , on trouve que les cent quatre-vingt-cinq milliers de fers fabriqués à cette usine, produisent trente-trois mille liv. à-peu-près. Son débit a lieu principalement dans le Tirol , à Constance, et le propriétaire se propose de l'étendre jusqu'à Cologne : d'ailleurs une partie de ces fers est convertie en outils de charrue. Le maître, qui est sur les lieux, dirige lui-même les travaux. Les bois dans cette partie renchérissent considérablement
(1) Tous les prix que nous établissons dans cet ouvrage, sont ceux de 1785, époque de notre tournée en Alsace.

par leur exportation en Suisse. MM. Chardouilïet et = compagnie , négocians de Belfort, y vendent, dit-on, For^ de Se"
i " i             «i-i           j            'J             . pois-le-ba*.
tant en planches qu'en bois de corde, pr-es de quatre mille toises par an.
Avant d'entrer dans les Vosges, et de suivre cette chaîne de montagnes vers le nord, je parlerai encore de différens objets de minéralogie, qui se trouvent dans les collines calcaires de ce canton, près des usines dont je viens de rendre compte.
^^ quinze mille toises au sud de la ville d'Altkirch , Mine depcnoU» dans le territoire du village de Hirtzbach, qui appar- dc Hlrul)atl» tient a M. le baron de Reinach, on rencontre des sources où surnage abondamment du pétrole noir. Ce village est à quatre mille toises N. N. E. de-Sépois-le-bas ; ces sources bitumineuses se trouvent aune petite distance au sud de Hirtzbach, sur les deux .rivesdu ruisseau nomméOehlbach (1), 11 y a trois ans que Hartmann, habitant d'Altkirch, commença à faire tirer par un puits des pierres de sable à côté de l'une de ces sources, qui est située sur la rive droite du ruisseau. On m'a assuré que ce puits, actuellement rempli d'eau, avoit environ trente pieds de profondeur ; que la pierre de sable que ce particulier en avoit extraite étoit noirâtre, et qu'au moyen de fébullition dans l'eau, on^n avoit retiré du pétrole. L'homme qui avoit commencé cette entreprise, mourut trois ans après.
Les pierres de sable que j'ai vues auprès de ces fon­taines, à la surface du terrain , sont grises , et sentent le pétrole. Je ne doute pas que si Ton fbuilloit, on ne
(i) Ruisseau à huile.

(16)                                                                         ■ -^
===== trouvât des couches de sable ou de pierre de sable* MinedeHiriz- pius mo]jes, assez chargées de pétrole pour y établir
bach.                                     ...              .                        %          .
une exploitation qui pourroit devenir aussi avanta­geuse que celle de Bechelbrunn en basse Alsace, dont je rendrai compte dans la suite de cet ouvrage. Il n'est pas inutile de remarquer qu'en certains temps, l'huile surnage en plus grande abondance sur l'eau de la fontaine. Les gens de Hirtzbach la recueillent alors, et la conservent pour remployer.à guérir les plaies.
Altkirch..         Le bailliage d'Altkirch, qui appartient à M. le duc
de Vaientinois, renferme plusieurs substances bitumi­neuses (1). Nous avons déjà indiqué la distance de la ville-de ce nom au lieu que nous venons de quitter.
Mine de char- Le juif Leysler avoit fait une fouille de trente a qua-bon duRocken- rante toises sur une petite veine de charbon, d'environ
erg près A - ^çux pOlIces d'épaisseur, située à la montagne de Roc-kenberg au Closterwald ou forêt de Saint-Morand, près la fontaine de Waldbruder, à un quart de lieue au sud de la ville d'Altkirch. Cette veine est couverte d'une couche de schiste argileux, sur lequel repose du grès calcaire. Ce travail étoit comblé: n'ayant rien pu'y voir, je me borne à l'indiquer.
M. Lorentz , receveur d'Altkirch , avoit aussi fait effleurer le terrain du côté opposé de la ravine, dans
(i) Ou trouve près d'Allkirch , dans le vallon de Hunf zbach, auprès d'Aschbaeh, une source qui exhale une forte odeur de soufre, ou plutôt fétide. Elle coule sans inîermission , prend son nom du village auprès duquel elle est située, et ses eaux sont réputées salutaires pour les maladies. On en voit «ne semblable à Biotzheim , village qui n'est guère qu'à 5 à 600 toises E. de Huntzbach, et près de Baie. Guerin , de Fontïbus nuilcaùs Alsatia, p. 3 et q.
laquelle

( >7 )
laquelle se trouve la fouille précédente. On en a extrait de la marne noire bitumineuse, dont il s'est ser\i pour
engrais.
Au nord d'Altkirch , et à dix-neuf cents toises, de cette ville, est le village de Luemschwiller, dont M. de Reinach est seigneur? Caspar, l'un des habitans de ce' village, assure avoir trouvé une veine de charbon au- Mit;rd<> J..n-dcssous'de sa maison, auprès de la montagne cTHefujih. hon <{ !^luiî!i-Je n'ai été instruit décote pré.tendue'décou verte qu'après Ct"t{^' <--CJ-mon départ d'Ilefurth (1). Je rn'étois rendu à ce village, Jo]['"'^ ■situé à deux mille quatre cents toi ses au nord d'Alikirch, et dépendant de ce bailliage, pour voir remplacement de fouilles faites aussi sur- du charbon de terre. Elles sont au bas de la montagne de Lételle dans le" ravin nommé hamm ou chemin creux. Les travaux consis­tent en une galerie qui étoit comblée : on m'assura qu'elle avoit près de trente toises, que-l'épaisseur de la veine de charbon n'excédoit pas trois pouces, et qu'elle se trouvoït sous une couche de schiste argileux, épaisse d'un pouce seulement, et recouverte d'un banc degrés calcaire. On a poussé cette galerie sur une heure et demie septentrion. Le charbon étoit,dit-on, d'une bonne qualité, et la puissance du filon n'a jamais varié. On a toujours suivi la même veine, sans sonder la profondeur;
Ici la position des lieux m'oblige de rétrograder un peu, et de me porter à douze mille cinq cents toises au sud-ouest d'Uefurth ,, pour faire connoître
(t) Dans une prairie, près de Rixîieim qui fait partie de la terre de Landser, il y st une fontaine dont l'eau est légèrement salée. Rixheim est distant d'à-peu-près 4a oooo toises vers le N. E, d'Uefurib. Guérin , ouvrage cité , pag. 6.
Partie 111.                                         G

====== plusieurs établissemens considérables, qui sont situés
Forge de au-devant des Vosges. Telle est la forge de Grandvil-
Gvandvillàrs. i         /•- ,.                       »                            .                 -n
Jars. Cette usine, quon rencontre a sept mille trois a. esaet ca- cen(s tojses 5^ £ Je Bel fort, est située sur l'Alain,
demie, nc. 140,
tbi.. 49.             et dans la terre de Grandvillars, appartenant à M. le
marquis de Peseux. Elle est affermée pour là somme de mille deux cent dix-huit livres, et une redevance annuelle de deux quintaux de fer et de cinquante livres de clou à M. Laurent,, de Moyoncourt en Franche-Comté. Celui-ci s'est associé MM. Bouchotte et Stéhélin, avec lesquels il est en grande contestation. Ateliers,             Cette forge consiste en deux affinages, un martinet,
et une tréfilerie de vingt-cinq tenailles établie depuis deux ans sans lettres-patentes. M. krtnarqiïis de Peseux s'éloit obligé envers le fermier de solliciter la permis­sion d'établir celte tréfilerie, qui étoit déjà bâtie. Il s'étoit aussi engagé à faire tous ses efforts pour obtenir des privilèges à cet établissement. On emploie à cette on'e#           usine environ deux cents* milliers de fonte , dont le
fermier prétendoit ne consommer que mille deux cent cinquante à mille trois cents livres au mille de fer. Ses ateliers sont disposés de manière qu'on pourrait y affînercnviron six cent mille livres de fonte. Les gueuses se tirent de Eranche-Comlé , et leur prix d'achat a été, jusqu'en 176a, de 60 livres le mille, auquel il faut ajouter au moins 20 livres (1) pour le transport et les
(t) Suivant une lettre que m'écrit M Noblat, en date du 10 avril 1788,le prix des fontes, tirées de Franche-Comté, a augmenté progres­sivement au point qu'il est aujourd'hui de 90 à 100 livres le millier. Cette observation peut s'appliquera tous les établissemens qui tirent leur fonte de cette province.

( '9 )
droits de sortie de Franche-Comté, d'entrée en Lorraine, = de marque de fer, et encore d'entrée en Alsace. Il t*n résulte sensiblement que la fabrication du gros fer de­vient impossible, parce que la fonte revient trop cher. En conséquence, on est forcé de faire du fil de icv. Pour y parvenir, on commence par affilier la fonte et par étirer le fer en barreaux. Les extrémités de ces bar­reaux ne peuvent élre/ilés: on coupe les deux boiyK. qui font à-peu-près le tiers du- barreau. C'est a\ec ces) *bouts seulement qu'on fabrique , non du gros fer, mais des fers martinets du prix de iqo livres le mille. Les milieux des barres son^onvertis en fil de fer de toutes les proportions, jusqu'aux dix-plomb (i»J. On compte I dix-huit cuveaux de charbon au mille de fer forgé. Le ^cuveau est de trente-neuf pouces'de longueur, de vingt-un pouces et demi de largeur, et de dix-huit pouces trois quarts de profondeur. M. le marquis de Peseux fournit au fermier mille deux cents cordes par au, au prix de oo sous chacune. La mesure de ces cendes est de huit pieds de couche, quatre pieds de haut, sur trois pieds et demi cfe longueur: on en compte quatre à la banne de charbon ; il en coûte 2tf sous pour couper et dresser une corde, et 3 livres de charbonnage par banne. La fabrication actuelle ne consomme guère que six cenls cordes.
Il y amaintenantà.la forge quatre forgerons et quatre
martineurs. La tirerieoccupe environ dix-huit ouvriers :
elle en pourrait employer'quarante. Les forgerons sont
. payés à raison de huit livres du mille pesant onze cents.
(i) Ce nom se donne aux fils de fer de l'un des plus petits calibres.

—----------- La fabrication actuelle en fil de fer à cette usine,
o.ge <e          jt moi,ier £ sept mîHe bottes, de dix livres Tune,
Grandviliars. r                                r                            '                                     7
lesquelles, au prix moyen de quatre livres douze sous, donnent environ 3o,ooo livres de vente annuelle,
. .Contestations , M. le .marquis de Peseux a sollicité la permission ■de faire construire dans ses usines de Grandvillars, la tirede de fil de fer dont nous venons de rendre compte, en -remplacement de c^lle qu'il dit y avoir été ancien* nement établie par M. de l'a Bazinière, aïeul de la dame son épouse, et transportée ensuite à Morviïlars. II a demandé aussi, pour.l'exploitation de cette usine, les prérogatives, exemptions , immunités et autres droits, * '-            dont jouit la fabrique de Morviïlars,et particulièrement
            qu'elfe demeurât exempte des droits qui se perçoivent
sur les fils de fer, provenans de la fabrique, à leur entrée dans le royaume, et à leur exportation. M. le marquis de Peseux a observé que son usine étoit de la plus grande utilité, puisque les fàbricans du royaume ne fournissoient pas à beaucoup près la quantité de (il de fer nécessaire, et qu'on étoit obligé d'en tirer d'Alle-é magne, de Suède, de la Russie, de la Prusse et de la Suisse. La seule ville de Lyon fait venir chaque année au moins quarante milliers de de fer de la Suisse. Il a ajouté à toutes ces demandes celle de la démolition des nouvelles forges de M. Noblat. Le fermier retient même entre ses mains plusieurs canons, pour obliger
____________le Seigneur et ses héritiers à suivre ces différentes con­testations. M. Noblat, seigneur de Morviïlars, assure de son côté qu'il n'a jamais existé à Grandviliars une usine en fil de fer; que la tirerie, les renardières et martinets de Morviïlars ont été établis au commencement de ce

t                            ( 21}
siècle par M. de la Bazinière ; que le premier bail de ■■ .la tirerie, passé en 1712, qui justifie de cet établis- ForS*' de sèment, constate en même tems qu'il y avoit à Grand- Grandvillars-villars de? forges et martinets, et point de tirerie à y fil de fer; qu'en 1718 et 1729, on y plaça quelques tenailles ; que ce ne fut qu'en 1732 , que M. de la Bazi­nière eut recours au gouvernement, et obtint des lettres-patentes , dont la teneur prouve que la tirerie étoit établie à Morvillars,etne le "ruTjâmais à Grandvillars-; que, par un partage du 27. janvier 17S9, il échut à M. le comte de Vidampierre la terre de Morvillars, ainsi que la tirerie dépendante de cette terre, avec les privilèges, franchises et exemptions accordées par les lettres-patentes de i?32 ; queTextrait de lacté prouve ce fait ; que le contrat de la vente faite à M. Noblat, le 3 avril 1709, porte nommément celle de la tirerie à fil de fer, avec les privilèges et exemptions accoudés à cette usine, qui passeront au profit de l'acquéreur; que cette partie est un des objets les plus considérables de la vente, puisque la tire ri e est entrée dans le prix pour 66400 livres , qu'enfin M. de Peseux a accédé lui-même au contrat, et la garanti dans son étendue, ainsi qujl est aisé.de s'en convaincre par l'extrait de cet acte. KÎTNobJat prétend aussi que les usines ù iil de fer, établies dans les différentes provinces du royaume, sont plus que suffisantes pour le besoin de l'intérieur, et que si nos négocians en tirent encore de l'étranger, c'est pour leur faire passer les. mers ; que, par conséquent, il ny a plus lieu d'accorder de nouvelles exemptions, puisque celles dont jouissent les usines de M. Noblat, ne leur ont été octroyées que parce quelles étoient le

Forge de Grandvûtlars.
premier établissement de ce genre dans le royaume. Eu conséquence de ces dilférens moyens, M. Noblat a formé opposition à la demande de M. te marquis de Peseux, et Taifeire est liée au conseil.
A la distance de deux mille cinq cents toises N. O. de l'établissement dont je viens de rendre compte, et à cinq mille trois cents toises S, E. de Belfort, sont situées les forges de Morvillars, paroisse du même nom, subdélégation de Belfçrt. Elles appartiennent à M. Noblat, qui les a acquises, comme nous venons de le dire, par contrat du 3 avril 1759. Cette usine a été originairement établie sans autorisation positive du gouvernement: son premier titre est un arrêt du conseil, du 3 juin 1732, revêtu de-4#ttr£Srpatentes du 4 août suivant, dont le dispositif suit: » A ces causes, de » l'avis de notre conseil, qui a vu ledit arrêt du 3 juin » dernier, dont l'extrait est ci-attaché sous le contre-» scei de notre chancellerie , nous avons, confbrmé-» ment à icelui , ordonné, et ordonnons par ces pré-» sentes, signés de notre main,qu'à l'avenir, les fils de » fer de la manufacture de l'exposant, établie à Morvil-» îars, seront et demeureront exempts de tous péages » à nous appartenais, en Alsace. Franche-Comté et » Trois-Évêchés, ensemble de tous droits dépendans de « nos fermes, à condition que lesdits fils de fer, des-» tinés pour entrer dans le royaume , ne pourront y » entrer que par les bureaux de Sainte-Menehould, « Saint-Dizier, Nettancourt, Faybilbt, Bourbonne , » Pontaillé et Auxonne ; qu'ils seront mis dans des fu-« tailles , marquées d'une marque à feu de l'exposant, » dont il sera par lui déposé une empreinte dans chacun
Forge de Morvillârs.
Titres.

( . «3 )
» desdits bureaux; et. encore à condition que Iesdites ■ ■■ . — » futailles seront accompagnées de certificats de l'ex- For^i- de
3                , ,           .                   . . - , Morvillars.
» posant, ou de ses préposes, qui seront vises par le » commis du bureau des péages établi audit lieu de »' Morvillars, portant que les quantités de fil de fer » contenues dans les futailles ainsi marquées , provien-» hent de ladite manufacture, lesquels certificats seront « remis dans les bureaux ci-dessus désignés, pour, » iceux rapportés, être du montant desdits droits tenu » compte à l'adjudicataire de nos fermes, sur le prix » de son bail; et encore à la charge par l'exposant, » d'entretenir trente ouvriers travaillant dans ladite ma-» nu facture. Enjoignons aux sieurs intendans et com-« missaires départis pour l'exécution de nos ordres » clans la province d'Alsace, de tenir la main à IVxé-» cution dudit Arrêt et des Présentes. Si vous mandons, » etc. Donné à-Versailles, le quatrième jour du mois >5 d'août, Tan de-grâce mil sept cent trente-deux..«
» Registre es registres du conseil souverain d'Alsace, » suivant l'arrêt rendu en icelui, le 3o août 1732.. Colla-» lionne, signé le Febvre. « Au bas de l'arrêt se trouve l'ordonnance de M. l'intendant d'Alsace, pour l'exécu­tion dans" cette province dudit arrêt et des lettres-patentes, selon leur forme et teneur.
Un second arrêt du 27 janvier î?33, rendu sur requête, a ajouté aux bureaux désignés par l'arrêt clu 3 juin 1~32, ceux de Cuiseau et de Longe-pierre, par lesquels les fils de fer de la manufacture de Morvillars pourront passer en exemption de droits, de même que par les bureaux désignés, en observant, par le proprié­taire de cette manufacture, les mêmes formalités, et aux

Forges des Morviliars.
(H)
mêmes charges, clauses et conditions que celles portées audit arrêt du 3 juin iyo2. Cet arrêt a été revêtu de let­tres-patentes, le 9 mars 1733. Les fils de fer de ladite manufacture passent également en franchise des droits, à la sortie du royaume pour l'étranger, par décision du conseil du 10 février 1761. Enfin un dernier arrêt sur requête, en date du 23 juin 1772, » permet au sieur » Noblat d'établir dans sa terre de Morviliars en Alsace, » des forges , fourneaux, usines, et de former tous » autres établissemens propres à la fabrication Vies .» aciers, pour employer les bouts de barreaux quc^n » ne peut mettre en verge, et les bouts de verges qu'on » ne peut pousser en tirerie, sans que ledit sieur Noblat » puisse être assujetti à aucun droit, pour raison des » aciers provenant desdits établissemens. Voulant Sa » Majesté, que les lettres-patentes des 4 août 1732, et » 9 mars ij?j'*U portant que les fils de fer des manufàc-» tures du sieur Grandvilfars, seront et demeureront » exempts de son péage et autres droits à elle apparte-» nans, soient exécutées selon leur forme et teneur pour » les aciers qui proviendront des usines du sieurNoblat, » aux charges et conditions y exprimées. «
II y a en tout à cette usine vingt-deux tournans. Elle est composée de deux feux d'affinerie, destinés à fabriquer quatre cents milliers de fer en barreaux, pour alimenter la tirerie et d'un feu de martinet servant à réduire les barreaux en verge de tirerie. Comme les bouts des barreaux ne sont pas propres à faire du fil de fer, ils emportent un quart de diminution sur la totalité; reste trois cents milliers, dont il faut encore soustraire le tiers pour le déchet; ainsi le produit en fil de fer
assorti,
Ateliers.

( =■■; ) . . ■
IL
assorti, n'est annuellement (pie il: deux conis milliers. --■.-___-........;.^
On voit à cette manufacture deux grands bâumens , For,u<> <ir dans lesquels sont renfermées les lireri.es, qui coniieu- ' on\ nent cinquante tenailles, l! va aussi une clouterie vt mie chaînerie, composées de dix ateliers; usines destinées à consommer les bouts et rebuts d'un martinet, qui devoit fabriquer les outils de toute espèce . que Ton lire de l'étranger; niais il ne rouloit point encore en i?<>.>, et l'on n'a fait aucune des dispositions nécessaires pour le mettre en activité. Un autre martinet devoit aussi fabriquer des aciers de cémentation, d'après l'enga­gement que M. Noblat en avoit pris par la requête, sur l'exposé de laquelle il obtint l'arrêt ci-dessus rap­porté. M. Noblat s'étoit aussi proposé de monter une fabrique de limes ; et d'après des états par \\ii remis à M. l'intendant, elle devoit être composée d'une roue propre à faire agir cinquante marteaux ensemble et autant de rabots, disposes de façon à-fabriquer par jour '■         ^ .
cinq cents limes de différentes qualités, I/artisîe. qui devoît entreprendre cette machine, avoit, disoit-on, acquis ses connoissances en Angleterre , où il avoït travaillé vingt ans. On devoit construire aussi des fours à réverbère pour le service de ces nouvelles usines, qui n'existent pas encore.
Après avoir parlé des titres de cette usine, détail- Droits qu'elle Ions maintenant les objets de sa fabrication. Les fonte? ac(lulllc: se tirent de Franche-Comté. On en consomme par <u\ environ cinq cent soixanlemillc livres pesant. Elles paient les droits suivans; savoir au bureau de Ronchamp , en-sortant de la Comté, par quintal, la somme deJ sous 6 den. Les dix sous pour livre, 1 sou 9 den. L'entrée
D

=•--—---== d'Alsace par quintal, S sols. Ensemble 10 sols 3 de-l-or»e de niers (i). On paie en outre au bureau de Ronchamp,
Mot-1, iilat'5.                                |             i '/- î •                   i                     , i. .
un acquit de 7 sols 6 deniers par chaque expédition. M.Noblal sollicitoit la suppression des droits de sortie de Comté et d'entrée en Alsace, sur les fontes qu'il tire de la première de ces provinces.
Boisetcliarbun, La consommation en charbon de ces forges va à quatre cents bannes. Celle en bois monte à seize cents cordes. La corde est de huit à neuf pieds de couche* quatre pieds de haut, sur trois pieds et demi de longueur ; .mais si Ton parle de-cordes char­bonnières, il n'en entre que deux et demi, ou.tout au plus trois-cordes dans la banne, composée de douze eu veaux. Cette banne revient environ à 10 écus.
(1) Voici un étal di's droits que paie aujourd'hui M. Noblat , et qu'il m'a envoyé par sa lettre,1 que j'ai citée plus haut. "Voyez ci-dessus ? pag. 18.
Péages et Droits,
Que sz/pportr Vusint de 'Monilutrs pour ses
approvisionemois et j abri cations.
Savoir:
liv. sous.
Sur les charbons , entrée d'Alsace par voiture , le
double que ci-devant , ci......................... r
Sur les fontes, sortant de Coaité, par                       \
millier, ci....................-••- 3                  C 5 10
Entrée d'Alsace, ci.............. 2 10           >
Les fils de fer , tous destinés pour Paris et Lyon, en
rentrant , paient pour marque de fer , ci............ 12 io
Autres droits , ci.........,................... s6
Ils paieat de plus , pour droits de Parisy ci, ...... 28
II en4|j|ulteque les charbons, et les fontes converties en fils , paient un double droit.

La fabrication du lil de 1er est de (kux. cents milliers ou de vingt mille bottes ; ainsi en prenant 4 livres 12 sons pour prix moyen, il s'ensuiuoit que Morviliars vend par an pour 0.2,000 Ii\rcs de (il de îèr (.1).
Les difierens ateliers emploient cent vin^t ouvriers, Ouvrirr» et avec les femmes et les cnfàns, ce nombre s'élève %à deux cent trente-quatre. Ici , comme à Grandviilars, les forgerons sont payés à raison de o l:\res le mille de fer de onze cent*-pesant.
La rivière'-d'Alain, qui traverse les seigneuries de Grandviilars et de Morvïllars , fait rouler les usines dont nous venons de parler. Les habitais de Grandvil-lars ont fait sur cette rivière des entreprises , qui gênent le cours des eaux, et qui font un tort considérable aux usines. Les seigneurs ont fait des réclamations , et la cause est liée au conseil souverain d'Alsace.
(1) Je crois uîile de placer Ici une copie du larif,  imprimé'des dif­fère n s prix des fils de fer, pris au magasin de Mon il Jars. La boîte de dix livit» pesant :
Siv. so.us,.la botre.
N'\ 1 et 2...........................     6
3 et 4...........................     5 1-
5 et 6...........................     5 5
7 et 8.......................,. . .     5
9 et 10......... . ..,......-. .......     4 j5
11 et 12................ ...........    4 j
i3 et 14...........................    4              ;
iS et 16........................T. .     3 10
17 et 18____.........'....,■.........     3 5
Ï9 et 20.......... ,___..,...,.,.,,     3
21 et 22.....................___, ..     i ï5
Passe-perle )
ii cinq-plomb ?■..................,...........     (y t0
au plus fin. *

( 28 )
—" M. Nobîat est obligé d'avoir recours à la Franche-orge de Comté, pour une quantité de deux ceaLs voitures*de
Morvillars.                          l                    l                                    ?         '
charbon par an. Suivant le tarif et le jugement con-•Co:itc«taiîons. tradicloire de M. Dangeviliers, du 19 février 1718, il a payé jusqu'à présent pour le droit de péage, qui se perçoit à l'entrée de l'Alsace, par la-ferme générale eu régie pour le compte du Roi, douze creulzer par voiture, prix.qui fut alors proposé par le fermier au lieu de cinq pour cent de la valeur des marchandises, ce qu'on a constaiimient suivi depuis.
Le directeur des fermes de l'Alsace, pour faire augmenter ce droit, a argumenté du même jugement, portant que , conformément a l'article sixième du titre premier de l'ordonnance de 1687 sur le fait des cinq gros­ses fermes, les droits du Roi sur les Çgharbdris venant de Comté en Alsace , seraient payés â^Paison de cinq pour cent de la valeur, suivant l'estimation qui seroit faite de gré à gré par les commis du fermier et les mar­chands ou voituriers intéressés, et, en cas de contes­tation , par gens à ce connoissans dont les parties con­viendraient, sinon, qui seroient nommés-d'office par un des magistrats ou gens de justice . notaire ou autre personne publique du lieu le plus prochain; si mieux rfaimoient lesdils marchands ou voifuriers, suivant les offres iluclit fermier, payer les droits sur les charbons sur le pied de douze creulzer par charrette réglé pour les échaias. par le tarif de la ferme. Fn interprétant ce jugement, la ferme générale, évaluant la banne de charbon à quatre cordes de bois, exigea pour chaque voiture le quadruple des droits qu'on avoit payés jus­qu'alors, et même depuis l'ordonnance de M. Dangeviliers

jusqu'au moment actuel, les commis uvoient ordre, lorsqu'on ifaccédôk pas à leurs demandes, de faire des évaluations, auxquelles il étoit difficile qu'ils enten­dissent quelque chose, et ils se fuisoient payer cinq pour cent d'une valeur qui varioit à leur gré. Cette méthode ne pouvoit subsister, parce que les voitures n'ont pas toujours les douze cuveaux qui forment la banne , et que les voituriers n'étant munis d'aucune lettre de voiture , ce n'est qu'à l'usine même et par le mesurage qui s'y fait, qu'ils savent la quantité de char­bon qu'ils ont chargée. La banne avoit jusqu'à présent toujours été confondue avec le chariot, et n'avoit jamais payé au-delà. M. Noblat demandoit à être maintenu dans cet usage. Il représentoit encore que l'augmenta­tion ne tomberait que sur lui : que les forges de M. le duc de Valentinois étoient exemptes de tout droit, quoiqu'elles tirassent de Comté plus de deux-mille ban­nes de charbon. En 1786, M. le Contrôleur-général décida en confirmant le jugement de M. Dangevillers, que le droit d'entrée seroit porté à i3 sous, 4 deniers, en attendant que la mesure des bannes fût imperturba­blement fixée.
Outre l'affaire pendante au conseil, entre M. Noblat et M. le Marquis de Peseux , dont nous avons rendu compte à l'article de Grandvillars , le propriétaire de Morvillars, en a encore une à soutenir contre M.Dubon, fermier des domaines, forges et fourneaux du comté de Belfort et autres terres et seigneuries, appartenantes en Alsace à M. le duc de Valentinois et ci - devant à madame la duchesse de Mazarin. Ce fermier attaqua M, Noblat sur les nouveaux établissemens ajouiés à

(3o )                         ,                    '■ . . '
t-----------.■== sa tirerie de Morvillare , parce qu'ils portoient, disoit-
ïorge de jj ^ |e plus>ranJ préjudice aux forges et fourneaux de madame de Mazami..tant pour les bois dont ilsaugmen-toient le prix, que p.r la concurrence qui écrasoit les forges du comté dé Belfort. M. Nohlaî, pour éviter toute espèce de difficulté » signa le 3i juin 1767 , avec madame la duchesse de Mazarin , dont M. le duc de Valentinois tient ses droits, une transaction qui anéantit toute contestation , et par laquelle il s'engagea, tant envers madame de Mazarin, qu'envers son fermier, à ne vendre ni faire vendre aucun fer marchand, pro­venant de ses usines, à peine de tous dépens, dom­mages et intérêts. M. Duhon attaque aujourd'hui cette transaction, et la soutient nulle, comme avant été faite sans sa participation, et pour des objets qui l'intéressent personnellement tant que durera son bail. Il avance de nouveau que M. Noblat n'a pas eu le droit de former ses différens établissemens , qu'ils sont contraires au vœu de l'arrêt du Conseil, du 9 août 1723: >■> Qui fait » de très-expresses défenses à toutes personnes , de » telle qualité et conditions qu'elles soient, d'établir » aucuns fourneaux , forges , martinets , et de faire une » augmentation quelconque de feux et martinets, si-» non en vertu de Lettres-Patentes dûment enregïs-» trées, à peine de démolition desdites usines, augmen-» tation de feux et martinets, de oooo liv. d'amende, » et de confiscation de tous les charbons et approvi-» sionemens destinés à leur exploitation. « II reproche encore à M. Noblat de#n'avoir point rempli les enga-gemens qu'il avoit pris par sa transaction ; il prétend que, loin de débiter le fer en moindre quantité, M. Noblat

(3, )
l'a donné à 17a livres le millier pour discréditer les forges voisines qui le vendoient 190 livres. En couse- iorpr <!t'
. , TA ,                                                                     ,                ,                       Moi viiiar».
quence, M. Dubon est intervenu par re<]uete en la cause pendante au Conseil entre M. NoMat et M. le marquis dePeseux.. requérant la nullité de la transaction, signée Je 31 juin 1767, par madame Li duchesse de Mazarin et M. Nohlal « e! demandant que ce dernier fût condamné à démolir tous ses nouveaux établissemens, et a 00,000
_______-__________________               s
livres de dommages et intérêts.
M. Noblàt oppose que le fermier de madame de Mazarin et de ses ayant cause rTa point de qualité par * . rapport à lui, et que, s'il & croit lésé, il a son recours contre M. le duc de ■ VaJentinois , actuellement aux droits de madame de Mazarin.
A la suite de îa description de plusieurs établisse- Fabrication du mens, où l'on fabrique "le fil de fer, j'ai cru devoir faire fil (i('{l'' Frkt:-rnention de quelques améliorations introduites dans ce genre de travarrr-amélionitTons dont le détail n'est pas encore compris daiîs fart de réduire le fer en fil, connu sous le nom de fil d'archal, décrit par M. Duhamel du Monceau et qui fait partie de la collection des arîs et métiers, publiés par l'Académie.
Le succès des tireries de fil de fer établies à Mor-villars a réveillé l'industrie de tous Ïqs artistes. Sept tireries actuellement en pleine aefinté dans le comté de Bourgogne ont toutes été modelées sur celle de Morvillars. On doit rendre justice à FintelIiiTence, avec laquelle M. Fleur, Tun de ces artistes, a dirigé ces divers, établissemens: c'est à lui que nous devons les observa- • lions suivan les.
Dans certaines usines., au lieu de fabriquer la verge ;

====== au martinet, on passe les barreaux à la fenderie. Cette
Fabrication méthocje est nuisible en ce qu'elle coupe et détruit le er* nerf du fer. Ainsi fendu, il devient cassant, et ne peut soutenir l'effort de la tenaille sans faire beaucoup de bouts, ce qui cause un déchet considérable (1). Il n'est pas possible de fabriquer au martinet, en si petite verge, des barreaux mal travaillés et mal soudés à la forge ; et l'on n'en trouve que trop de cette espèce, quelqu'attention que l'on apporte au choix. Ceux qui, dans le nombre, se rencontrent les mieux soudés et les mieux travaillés, ne peuvent être forgés en si petite verge dans toute leur longueur ; il en faut couper un à deux pieds de bouts écrus : ces morceaux deviennent fer de rebut, et diminuent beaucoup de valeur. D'ail­leurs , en réduisant le fer à un si petit calibré, il en résulte une--grande quantité de verges écrasées? qui ne peuvent servir aux tireries. On ne peut en repasser qu'une partie au martinet ; le reste se vend à vil prix aux cloutiers.
Un millier pesant de barreaux ne peut donner tout au plus que six-cents livres de cette verge propre aux tirerie^nçncore faut-il qu'elle soit forgée bien juste et bien égale, ce qui est fort rare, parce que les soubre­sauts y mettent obstacle, et sur-tout parce que les ouvriers négligens ou inattentifs n'ont pas soin de tenir leur ordon en état : d'ailleurs, il faut recuire trois fois
(i) Sans doute il vaut mieux fabriquer, les verges au martinet; cependant ces verges crénelées , forgées, pour ainsi dire, en octogone de quatre lignes, donnent ^mssi beaucoup de déchet. Je ne sais trop ce qui empécheroit de fabriquer de la verge ronde , estampée au mar­tinet, "au lieu de la verge octogone, dont la forme -.doit nécessaire­ment, dans la méthode ordinaire, endommager les filières.
cette

(33)                                 ■••
cette verge et la passer six fois par la filière avant qu'elle soit réduite au n°. vingt-quatre, c'est-à-dire, à quatre
.. ■             4 ,. ,                .                   7 r <                          *             • -i du hl ue 1er.
lignes de diamètre; encore Je fer a ce numéro nest-il pas bien rond, et souffre-t-il du déchet à chaque recuit. Pour obvier à cet inconvénient, M. Fleur fait forger sa verge crénelée à six lignes de diamètre. A cette grosseur, le fer s'écarte beaucoup moins; on forge dans toute ' leur longueur les barreaux dont on n'est-plus obligé de retrancher les bouts; il y a une moindre consomma­tion de charbon , et il en coûte moins pour* la main-d'œuvre, l'entretien et les outils. Pour fabriquer le fil de fer avec cette verge, M. Fleur a un procédé quiVest employé dans aucune tirerie connue: il a imaginé une machine qui accélère la fabrication , adoucit la matière et diminue les déchets, les bouts, la consommation du suif et le nombre des recuits. Une verge épaisse de six lignes, longue de ^quinze pieds, s'alonge jusqu'à trente sans qu'on soit obligé de la recuire. Pour amener au même point une verge de quatre lignes par la filière et la tenaille, il auroit fallu six opérations; ici Pou n'en fait qu'une seule qui épargne bien des frais. Elle donne au fer une force égale dans toute sou étendue, et il en résulte que celui-ci passe par la filière sans faire de soubresauts. A tant d'avantages , elle unit celui d'é­pargner la rupture fréquente de la tenaille. Six ouvriers aidés de quelques enfans, alongent en vingt-quatre heures six milliers de fers de six lignes dé diamètre , tandis que quatre hommes, occupés à la tenaille, tirent tout au plus, dans le même espace de temps, cinq cents livres de verge de quatre lignes de diamètre. M. Fleur, d'après l'ordonnance du Roi. du 28 décembre 1777. iPartie 1JL                                           E

34
== qui ofFroit tant d'eocourageniens à l'industrie nationale, ion . se crut obligé dé communiquer son procédé à l'adïni-
du fil de fer.            , ' .          , r . . . ,, ., , ,               , . , ;,
mstration. V oici le détail de la .machine dont n se sert pour l'exécuter.
Cette machine comprend quatre cages de fer, dans chacune""disquettes sont établis7 deux~7^7lîn3resJT~clïà77 cune de ces cages produit alternativement des effets con­traires; dans la première, le fer, en verge de six lignes, bien chauffé , est passé entre deux cylindres unis , qui Falongent et l'aplatissent. Il acquiert par ce "moyen sept lignes de largeur, sur trois seulement d'épaisseur. On le retire de là pour le faire entrer dans la seconde cage, entre deux cylindres à entailles, où il devient rond et3reprend un diamètre d'environ six lignes. Aussitôt on le passe dans la troisième , entre deux cylindres 'unis, "qui de nouveau l'aplatissent. Alors il acquiert cinq lignes de largeur sur deux d'épaisseur. Enfin on le fait entrer toujours de la même chaude dans la qua­trième cage : on l'y dispose, de sorte que le côté plat soit en haut. Les deux cylindres à entailles l'arrondis­sent parfaitement, il prend quatre lignes de diamètre, et donne un fil de fer au numéro vingt-quatre. Il acquiert une fois autant de longueur que lorsqu'il étoit en verge, et se façonne avec les avantages détaillés ci-d< Cette machine est , comme on le voit , très - peu compliquée ; elle entraîne peu de dépenses ; il faut seulement recharger les cylindres , qui sont faits de fer trempé en paquet ; encore cette opération n'est-elle pas fréquemment nécessaire. On peut, avant de la répéter, passer une centaine de milliers de ces verges de six lignes. Depuis plus de quinze ans M. Fleur fait

(35)
usage de cette machine. Sans avoir eu besoin d'aug- = inenter le nombre de ses tenailles, sa fabrication s'est accrue de près de moitié. Les bouts et les rebuts ont diminué des trois quarts : en On la consommation du suif a été réduite dans la même proportion.
M. Fleur propose encore plusieurs autres moyens de perfectionner la fabrication du fil de fer. Il voudrait qu'au lieu de se servir de tenailles, ou d'un marteau de bois pour épailler le fil de fer, on_put employer les tourni­quets. Les tenailles à épailler se dérangent journelle­ment ; elles sont d'un grand entretien, et corrompent le fer en le mordant trop. Le marteau de bois le cor­rompt encore davantage. Il le détruit et l'estropie. De­là le volume des bouts et la quantité de déchets, sur­tout lorsqu'on tire le fer jusque dans les fins numéros; les tourniquets n'ont aucuns de ces inconvéiiiens.
Neuf lignes de fer et trois lignes, d'acier superposé, composent les filières qui ont par .conséquent une épais­seur d'un pouce, et que dans l'usage actuel on fait rou­gir plusieurs fois pour les percer. Pendant qu'elles sont > sur l'enclume, un ouvrier tient un gros poinçon, qu'un autre ouvrier, souvent aidé d'un second , enfonce à grands coups de masse. Cette opération se répète douze à dix-huit fois; à chaque fois il faut rapporter la filière au feu. Ces chaudes multipliées l'altèrent, la décompo­sent ^ et l'acier perd sa qualité. La filière ne vaut rien ou dure peu , parce qu'elle n'a pas assez de force pour résister au frottement. Pour remédier à ces inconvé-niens, M. Fleur a imaginé une autre machine. Un tour à eau fera mouvoir plusieurs poinçons, qui joueront tous ensemble. Ces poinçons perceront le fer de la

( 36 ) ■
=r=^==r==r filière à froid, jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'acier; alors F-ihrïc^oit comme il n'y aura plus à trouer que l'épaisseur de trois lignes, un ouvrier pourra, à l'aide de quelques petites chaudes, achever l'opération. D'une main, il frappera à petits coups, en tenant le poinçon de l'autre.. L'acier nl'aura rien;~përdïf cfe sa qualft^îa ÏÏÏÏèi e né sera pôîn'F" fatiguée; ses trous résisteront au frottement du fil de fer, qui se trouvera de grosseur égale dans toute sa longueur. Ce tour pourra s adapter à quel qu'autre, qui fera mouvoir d'autres machines. Par-là on épargnera encore du char­bon, et cette considération est de quelque poids.
Les fontes, pour le fer que Ton destine à être con­verti en fil, ne doivent être ni blanches ni trop noires, mais d'un gros grain, gris, clair et mêlé. Il faut que le fer qui en provient soit doux, nerveux, ductile et compacte. Pour .qu'il ait toutes ces qualités , il ne suffit pas que la matière première soit bonne ; il faut aussi qu'on l'ait préparée avec tous les soins conve­nables , c'est-à-dire, que le fer soit beaucoup mieux affiné que celui qu'on destine au commerce. On n'ob­tient pas d'une forge étrangère l'attention suivie qu'e­xige une fabrication aussi parfaite du fer; et c'est pour cela qu'il est de la plus grande importance pour tout propriétaire de tréfilerie, d'avoir une forge attachée à son usine.
M. Fleur a fait construire aussi une fenderie mue par une seule roue à eau. Je me souviens d'avoir vu , dans l'atelier du maître fendeur des forges des Ardentes, près Châteauroux en Berry, un modèle parfaitement bien fait, d'une fenderie mue également par une seule roue. . Toute la cage devoit être en fer de fonte. La roue de la

(37)
'machine de M. Fleur sert également pour les rouleaux......■ ■ a=
aplanissari's et tes trousses des taillans; elle est montée FahHt.Mi.m sur un arbrefqui, n'ayant que huit pieds de long, ne ol> ' C:' tll- -pénètre pas fort ayant dans l'intérieur du bâtiment ; à l'extrémité de cet arbre, sont placées deux cages de fer,
fixées sur mie pièce de bois , longue de six pieds, large ._ . :___
de deux et demi. épaisse d'environ un pied à l'un de ses bouts, et d'un pied et demi à l'autre. Ces cages sont un peu plus grosses que celles des cylindres à iil de fer, dont nous avons parié, mais leur construction est la même. Les taillans sont dans Tune de ces cages, et les rouleaux dans l'autre : tout se meut par la seule force de la roue. Lorsque la bande de fer est aplatie, l'ouvrier, qui reçoit le bout sortant, le porte sur le champ entre les trousses des taillans. Il nVst pas obligé ■ de passer de l'autre côté des cages, et n'a à faire qu'un pas.en.arrière. Quant au reste du procédé. il<«fet abso­lument conforme à ce qui se pratique ordinairement. On peut, quand on le désire, ne faire que des cercles. Il suffit pour cela de substituer aux taillans des rou­leaux plats. Jusqu'à présent il y avoit eu, dans toutes les fènderies, deux roues, et par conséquent deux courans d'eau. La machine de M. Fleur n'en demande qu'un. Nous invitons tous les propriétaires à adopter cette machine. Celui des deux courans d'eau qu'elle leur épargnera, leur servira très-utilement à l'établissement d'une se­conde usine.
Après cette digression, nous allons faire l'histoire des Fourneau de usines et des minés du comté-de Belfort. L'établissement c de cette terre le plus voisin des forges et tréfileries de Moryillars, est le fourneau de Chatenois, qui ne

( 38 ) = s'en trouve éloigné que de deux mille cinq cents toises
Fourneau de £ l'ouest. La paroisse de Chatenois dans laquelle il est situé, dépend du comté de Rosemond , et ce village est à quatre mille sept cents toises S. de Belfort. Il dépend des -domaines de M. le duc de Valent!nois, dont iVÎ7~DuKôTT esr fermier. Son "produit"ibuTTritrerr partie à l'aliment des) forges situées à Belfort même, dont nous parlerons yaut-à-flieure. Les eaux qui meuvent les soufflets de œïnburneaux, sont celles de la Savou­reuse ou rivière d'Oye (i), qui passe auparavant aux forges de Belfort. Mine de fer Ce fourneau tire sa mine du propre finage de Chate-
-deChatenois. nojs ? mais elle y devient tous les jours plus rare; le minéral y esUiispersé en grains arrondis et assez menus', dans de l'argile qu'on en sépare au moyen du lavage ; on en fouille une petite quantité par des puits, mais la majeure partie se tire en superficie , car la mine s'y irouve presque toujours immédiatement sous la terre végétale ; elle est moins riche et moins chaude que celle dont on se sert à Belfort, et par conséquent*' plus difficile à fondre. Cette mine se paie à raison de quatre livres dix sous le cuveau de cinq cents livres pesant, de vingt-un pouces de largeur moyenne, sur dix-huit pouces de hauteur; on compte dix cuveaux au mille de fonte, de manière que le fourneau en consoiïîme annuellement à-peu-près 9000 à 9900. Pour sup­pléer à'la rareté des mines de Chatenois, on a corn-Mine de fer de mencé des travaux à Fesch-lVglise, village de la sei-
Fesch-l'eghse. gneurie de Dell ou de Dattenrieth , situé à 5i.5o toises
(1) On lui donne ce nom dans le pays, parce qu'avant d'arriver à Belfort, elle traverse le Vaï-d'Oye.

au sud-est deChalenois; la mine y est d'aussi bonne
Fourneau
qualité qu'à Rope, dont nous parlons ci-dessous(i). et s'y trouve à la même profondeur; comme à Rope, les eaux y nuisent beaucoup à l'extraction.
Chaque année le fourneau consomme environ douze cents bannes de charbon. La banne est composée de-douze eu veaux ; le eu veau est long de trente-sept pouces, large de vingt* et il 2u aussi vingt pouces de profondeur. On en brûle quatorze ou quinze par mille de fonte. Pour former une banne on compte quatre cordes de bois de quartier, de huit pieds de couche , sur quatre de hauteur, la huche de trois pouces et demi de long; il en faut-cinq lorsque le bois est tout eji rondins.                         ...                                    ....
Ce fourneau roule ordinairement dix à onze mois lorsqu'il n'y a pas d'accidens. II coule communément deux gueuses par vingt-quatre heures , ce qui produit quatre-vingt-dix milliers cte fonte par mois, et neuf cents à neuf cent quatre-vingt-dix milliers par an. On compte à ce fourneau , outre le commis chargé de sa direction',. cinq ouvriers, savoir, un fondeur, un sous-fondeur, deux chargeurs et un livreur de charbon , indépen­damment du maître mineur, et des voituriers pour les crasses. Les ouvriers sont à gages fixes : le fondeur Ouvriers. a trente - six livres ; le sous- fondeur vingt- une livres ; les deux chargeurs ont chacun vingt-sept livres ? et le livreur vingt-une livres. Les opérations du fourneau de Chatenois sont intimement liées à celles de la forge de Belfort, dont il est une dépendance, et que nous allons décrire.
(i) Voyez la table , au mot 'Rope.

(40)
--           = Celle-ci n'est éloignée de ce fourneau que de 4800
Forges trt four- toises au nord, et seulement d'un quart de lieue de
la ville cie Belrort, même paroisse. Elle est adossée a
l'étang le plus étendu de la province; M. le duc de
Titres.         Valentinoïs en est propriétaire, en vertu des lettres du
don, fait originairement par le roi, à M. le cardinal de
Mazarin , en î65o., de tous les fourneaux et forges
situés dans l'étendue des comtés de Ferrette , terres
et seigneuries de Beîfort, Dell, Thann , Altkirch,
Isenheim, etc. ,_, ■
Un arrêt du conseil de 1668, accorde différens pri­vilèges à la forge de Belfort. Les charbons qu'elle tire de la Franche-Comté, sont exempts de tous droits de péage, et les fers qu'elle fabrique, jouissent.du même privilège.
Fabrication du Le fourneau de Beîfort est situé près des fortifications fourneau. ^ ja vjjje> 5a fabrication et sa consommation sont égales à celles du fourneau de Chatenois, c'est-à-dire, qu'il rend neuf cents à neufcent quatre-vingt-dix milliers de fonte par an , pour lesquels il consomme de même environ deux cents bannes de charbon. Il tire sa mine Mines.         des territoires de PfaH'ans, Rope, Egueningue, Chè-
vremont, d'Anjouîin, Veselois , Pérouse et Leupe. Tous ces villages ne sont situés qu'à une lieue ou une lieue et demie de la forge. La mine de Rope etd'Egueningue, est très-riche et de la première qualité ; on la paie à raison de quatre livres quinze sous le cuveau de cinq cents livres pesant.Nous parlerons plus au long de ces mines lorsque nous aurons achevé de donner le détail de la fabrication des forges de Beîfort.
Il faut dix cuveaux de mine pour produire un millier
de

)
de fonte; ainsi le fourneau de Bel fort convertit en Ion te -
à-peu-près neuf mille à neuf mille neuf cents cuveaux
t four­neau de Bdfort,
de mine par an. Il y a autant d'employés et d'ouvriers qu'à celui de Chatehois, et ils y sont payés de même. . Le fourneau de Belfort éprouve un accident qui nuit beaucoup à son roulement, et diminue son produit. Le lit de la rivière de Savoureuse est si engorgé dans cet endroit, que la moindre crue d"eau occasionne des débordemens, qui non-seulement suspendent le travail de ce fourneau , mais endommagent aussi les fonds de terre qui se trouvent sur ses rives.
On voit à la forge de Belfort quatre feux et deux mar- Atelier?, teaux. La grosse forge est composée d'une chaufferie et de deux affîneries qui sont servies par le gros marteau. Chacun de ces feux va toute la semaine sans interrup­tion. Cette grosse forge fabrique par mois quatre-vingts Fabrication à quatre-vingt-cinq milliers de fer , et environ un million de livres pesant par an : le millier de fer, du poids de onze cents livres est le résultat d'une consommation de quinze cents livres de fonte poids de marc, et de quatorze cuveaux de charbon. La piquerie ou tvnnjeuer con­somme à-peu-près la même quantité de fonte et'ferraille par millier, et dix-huit cuveaux de charbon. Sa fabrica­tion monte de vingt-sept à vingt-huit milliers par mois, et de trois cent vingt à trois cent trente milliers par an.
Il y a encore à la suite de la forge, deux "'martinets, Martini
l'Offonont
situés sur le canal qui fournit les eaux à l'étang de forge. L'un porte le nom d'Offèmont, l'autre celui des tIes Prés; le plus éloigné n'est qu'à un quart de lieue de la forge: chaque martinet, qui occupe deux ouvriers, peut fabriquer quinze milliers par mois, en défalquant III.                                F

----------= cinq pour cent de déchet; la consommation en charbpn
forcest-tiour- es( fe cjn(. euveaux par millier; Lorsque l'on emploie quatre nommes a chaque martinet, ils roulent jour et nuit, et leur fabrication, c|iii monte alors à vingt-neuf ou trente milliers, pourrait être portée à trois cent soi­xante milliers par an. Au moyen d\m marteau à étam-per, aussi uni que s'il eût été poli à la lime, on fabrique a ces martinets des fers ronds, parfaitement lisses, de toute grosseur, depuis cinq lignes de diamètre. En ajoutant le montant de la fabrication du feu de la piquerie à celui de la forge .on trouve qu'il se fait à Belfort au-delà de treize cents milliers de fer par an. Nous axons déjà vu que le fourneau de Chatenois con­court avec celui de Bel fort à alimenter cette forge.
Fourneau de Outre ces fourneaux il y en a un, situé à Bettonvilliers, lliers. c^ deux lieues de Belfort, près de ia route de Colmar; depuis'dix-huit à vingt ans, la disette des mines l'a
Ou-mrs. empêché de rouler. Tous les ouvriers des grandes et petites forges sont payés au millier de fer fabriqué ; ceux cle^a^grosse forge, à raison de 6 livres 16 sous 0 deniers pao millier, et toutes les espèces de fers inar-tîneis se païeYit 5 livVes le millier:.. Les établissemens de Belfort emploWrt^poiir leur manutention, un directeur, deux commis de bureau, deux commis pour les four­neaux . deux pour l'exploitation des bois, deux pour celle des mines, un magasinier pour la forge ; pour le service des fourneaux , les ouvriers que nous avons déjà indiqués pour la grosse forge, et particulièrement à la chaufferie un maître marteieur , trois chauffeurs et deux goujats ; pour raffinerie , trois maîtres affi-neurs et neuf valets ; enfin pour l'entretien et le service

-t3
courant de l'usine, un charpentier, deux livreurs ou —-—.--........—
placiers, un meneur de charbons et un voiîurier. Les ï* «»■£«■» '•"' (l)lîr-martinets occupent deux maîtres martmeurs et quai!e valets. Si l'on ajoute a. ces employés et ouvriers un Tendeur, on aura le nombre de cinquante-cinq per­sonnes pour le service de l'usine. La consommation totale en mine des deiix^fburneaux qui alimentent la forge, peut monter à dix-neuf mille huit cents eu veaux ; on consômmerfans tous les -ateliers trois mille huit, cents IV ...-■< ( luiit,-» bannes de charbon, ou seize mille cordes de bois, sans r compter les trois cent soixante - quatre destinées au chauffage des employés et ouvriers; la moitié à peu-près se tire des forêts de M. le duc de Valenliuois: le surplus provient des différentes acquisitions que fou fait des seigneurs voisins, et dvs ventes des quarts de réserve des communautés, qui ont lieu tous les ans dans les maîtrises de-Vesoul et de- Baume en-Franche-Comté. Ces établissemens tirent du charbon de celte province, jusqu'au-delà de l'Ile sur le Doux, à sept lieues de Belfbrt. Chaque année M. riuicmlant de Fran­che-Comté accorde une permission, qui autorise à sortir de cette province le charbon que cette forge y fait fabriquer; et-nous avons dit que M. le duc de *Valeutinois étoit exempt du droit de péage pour !Vn-trée et la sortie de ces charbons, en vertu «je l'anût * au conseil de mil six cent soixante-huit.
Les fers de cette forge ont deux prix : le gros fer se '* --i* vendoit, en 170,5, 177 livres le • millier pesant on/.e cents livres, et le fer martinet 204 livres. La \vn\c totale peut monter annuellement à la .somme de liiJ.ouo li\. _La_qualité du fer de Belfbrt est excellente : ses ibra;es ■■■*■-                                                            V \jr^~

(.44).
sont d'ailleurs très-bien situées pour le débit; elles avoi-Forges et four- sinent les grandes routes. Leurs fers se vendent princi-
neaudeBelfort. itC-              m                       "                 j it
paiement en Suisse; il en passe aussi dans le Lyonnois. Contestations. L'arrêt du conseil d'état de 1668, en confirmant la donation faite en 1659 à la maison de Mazarin, du comté de JBelfort, fait défenses aux fermiers-généraux, et à tous autres, de troubler le duc de Mazarin dans la jouissance des droits de forge, sous prétexte de dixme et de quart, marque de fer. Il y a depuis long-temps contestation, pendante au conseil d'état, entre M. le duc de Valentinois et MM. les fermiers-généraux. Ces derniers, partant du principe que l'Alsace est province étrangère, font percevoir sur les fers de Belfort,.-à leur entrée dans les autres provinces, les mêmes droits que sur ceux des forges non privilégiées, et les assujettis­sent au droit de marque ; ce que la maison de Mazarin soutient être contraire aux privilèges accordés et consi­gnés dans les lettres de don dé 1609 ; mais la ferme générale prétend que ce privilège ne porte que sur la marque de fer à percevoir sur les lieux, et non sur celle que l'on exigera l'entrée des provinces assujetties à ce droiïr
Le minerai des divers endroits que nous avons cités, en commençant à décrire le fourneau de Bel-fort (1), se trouve tout en grains comme celui de Cha-tenois ; mais il est plus ou moins riche, et d'une qualité plus ou moins bonne (2).
(1)  Voyez ci-dessus, pag. 40.
(2)  M. Schœpflin s'explique ainsi sur les mines de fer, dont je vais rendre compte: Gleba Bdfonms'is agri mediocrherfirtilis est; at dives minera

( 45 )                            ^
-11 n'y a point de différence remarquable entre les =======
mines de Rope, de Pfatfans et d'Egueningue. Leur AlliU's <]v minerai, très-pur, et parfaitement rond comme de la (,;Vo J( grenaille, est fort riche, et d'une excellente qualité : c^!'l,ïv'' mai\ son extraction coûte beaucoup, parce qu'il faut Je tirer à une profondeur de deux cent vingt-cinq pieds. Les bancs de mine de Rope paraissent être dirigés sur trois heures, et sont bornés par de la pierre à chaux. Les fouilles se trouvent à côté de la route de Bel fort à Colmar. Il paroît que la mine ne s'étend que fort peu au couchant de la chaussée : mais du côté du levant on la trouve jusqu'à la distance d'une demi-lieue : il y a un grand nombre de puits dans ce cant&fi. Les fer­miers actuels de la forge de Bçlfort ont entrepris et achevé une galerie d'écoulement de deux cent cinquante toi.ses de longueur, au travers d'un rocher calcaire d'un grain fin* et dont la cassure est pareille à celle du silex. Cette galerie a été faite pour mettre à sec le . sol d'une fouille en carrière, creusée à la profondeur de vingt-cinq pieds, dans laquelle il y a plus de quinze pieds de terre à mine à découvert. On s'est assuré, par la sonde, qu'il y a de la mine à vingt pieds au-dessous -, de ce sol, et l'on ne sait pas encore à quelle profondeur on n'en trouvera plus. Au moyen de cette galerie on. remettra à sec tous les anciens puits supérieurs à cette ouverture en carrière, et il sera très-facile de puiser à bras d'homme les eaux de ceux de ces puits dont'le
ferrï, unie in suburbano ferri fod'inct nugno numéro et officime ferraria sunt, ex quibus prœstarùssimum firrumaspentate carcns in remous quoque regiones transfertur. Alsatia illustrata, tom. 2, pag. 46.

( 46 )
sol est inférieur à celui de la galerie, car la plupart s deSope. des eaux viennent des couches supérieures.
Lors de ma visite , les fermiers'deH&(fa$evaux faisoient
                 former deux puits sur la gauche, ou au couchant de la
chaussée; ils en creusoieiit deux parallèles, et seulement à deux toises l'un de l'autre, pour se procurer de l'air; chacun de ces premiers puits avoit cinquante pieds de profondeur. A ce point ils commûniquoient entre eux par une traverse ; c'est au sol de ces puits supérieurs que se ramassoient toutes les eaux qu'on épuisoit à bras d'homme. Au-dessous de ces premiers puits, il y en a deux autres aussi parallèles, qui ont encore chacun cinquante pieds de profondeur, de manière que cette recherche étoit déjà à cent pieds; et cependant, à Ta ' fin de 1780, on n'avoit encore rencontré que la pierre
#■          , à chaux dont j'ai parlé. Comme il paroît que du côté
du couchant cette pierre à chaux sert d'e limite au banc de mine , ces puits semblent avoir été faits hors de l'étendue de ce banc , et je doute qu'en y ait pu ren­contrer de la mine. Les mêmes fermiers de Masevaux "- faisoient relaver à la main, avec la râpe et au tamis, d'anciennes terres à mine de Rope , provenant des rebuts d'un premier lavage, qu'ils payoient 6 livres, le cuveau, rendu au fourneau de Masevaux ; savoir, 10 sois dé transport, et 5 liv. cinq sols pour le mineur.
Patrouiller. Les fermiers de Belfort ont rétabli, près des mines de Rope, un étang, au moyen duquel ils lavent leur terre à mine avec un patrouillet mu par une roue à augets, et dont l'arbre est armé dans toute sa circon­férence, et sur une partie de sa longueur, de barres de fer .saillantes .d'environ dix-huit à vingt pouces. Une

(47)                                                      -
rk>oikde bois, assez forte, introduit l'eau dans un caisson, ==s= au milieu duquel l'arbre tourne. Cet arbre entre dans Winc* a(> fë caisson par une entaille, qui laisse en même temps une issue à l'eau. Celle-ci , chargée de la terre que détache le patrouillet, tombe dans un conduit de bois, qui la dirige vers un petit canal fait en terre, d'où elle va se rendre dans une ancienne fouille en carrière, pour /déposer son limon ; de cette manière elle ne souille pas les prés, et ce dépôt comble successivement les . vieux travaux. Lorsque le patrouillet a suffisamment détaché la terre, on débouche un trou fait au bas et au-devant du caisson. La mine, qui y subi l'action du patrouille!, tombe par ce trou dans une caisse infé­rieure, où elle reçoit un nouveau lavage ; et de là élit* est portée dans les tamis, où elle ebt lavée pour la dernière fois. L'eau du caisson inférieur est également conduite par un fossé dans le même ancien travail , d'où ces eaux ne sortent que lorsqu'elles débordent: mais alors elles sont limpides et ont déposé tout, leur limon martial, de manière qu'elles ne peuvent plus nuire aux terrains.                           a.
On ne peut contester à M. le duc de Valentinois, le droit d'extraire de la mine de fer dans l'étendue de ses terres d'Alsace. 11 lui est concédé par les lettres de do» de 1659, qui attribuent au cardinal de Mazarin les droits qui appartiennent à Sa Majesté sur toutes les mines d'or, d'argent, cuivre, plomb, forges et fourneaux à fer, étant dans l'étendue du comté de-Bel fort et des seigneuries de Dell, Thann et Altkirch. Les fermiers de M, le duc de Valentinois jouissent pour lui de ce droit ; mais ils doivent, comme il serait tenu de le

(48)
faire , indemniser les propriétaires des terrains qu'ils de Rcph fouillent. Ces propriétaires peuvent souffrir deux sortes de dommages: la non-jouissance de leurs terrains., "et leur détérioration.
Contestations. Le 29 janvier 1753, sur une première contestation élevée^au conseil souverain d'Alsace, entre les fermiers
.                de madame de Mazarin et les habitans de Chèyremont,
intervint arrêt, qui , entre autres choses , ordonna
qui! ne pomroit être procédé au fou il le ment desdites
mines (pi au préalable, il ri eût été constaté de Tétat
des fonds, de leur qualité et valeur actuelle, dont
il set oit dressé procès-verbal estimatif , aux jrais du
fermier, par experts, etc.; en outre j ait défenses aux
fermiers de faire lacer les mines sur ciucuns terrains,
sans le consentement des propriétaires et des voisins
qui en pourraient souffrir du dommage, et défend
encore de fouiller la mine autrement que par chocs
ou puits , lorsque la situation de la mine le per-
meitrq (l).
1) Les ordonnances des mines', le droit commun du royaume, et celui de i'Europe entière autorisent tous ceux qui fouillent des raines à ouvrir des fosses, entasser des déblais, pratiquer de.* chemins et établir des lavoirs pour les minerais sur tous les terrains, dont ils peuvent avoir besoin , les seuls enclos exceptés. Ces mêmes lois et usages permettent aussi à l'extracteur de se servir des eaux pour faire mouvoir des tournans , et laver les minerais, sous ia réserve de ne pas nuire aux usines et moulins déjà subsistons , et à la charge d'in­demniser tous ceux pour qui il"pourrait en résulter quelqueMoit.
IS,ous n'examinerons pas ici, si ces lois, fondées sur le principe que lecitoven doit sacrifier son intérêt au bien général, sont une atteinte au droit de propriété. Elles sont toutes une conséquence de îa loi quia fait, du droit des mines, un droit régalien. En un mot, elles existent , et elles ont pourvu à ce que le propriétaire fut dédommagé
Cet
tmpADBD-2.jpg

.                      (49 )
Cet arrêt a été scrupuleusement exécuté par les fer­miers de madame de Mazarin , qui ont toujours fait évaluer les indemnités dues aux propriétaires des fer--rains qu'ils occupoi'ent, ou dans lesquels ils fôuilioient; mais en 1774» messieursJiobiixLi>t compagnie, alors fermiers., ont eu avec les habitans de Çhèvremont, une contestatioi] nouvelle, au sujet de l'évaluât ion des fonds. Des experts ont été nommés de part et d'autre; et par acte du 23 août 1770, les fècrmers ont offert de paver les dommages et intérêts résultans de la détérioration des fonds, sur le prix de 590 livres la fauchée, et de dédommager de la non-jouissance, à raison dé 35 liv. aussi par fauchée et par année. Les habitans de Çhèvremont acceptèrent ces offres. Il n'y eut que MM. Huguenot.et Meunier, qui par acte du 3o du même mois mirent à leur acceptation cette condition expresse; que les fermiers 11c fèroient laver leurs mines sur aucuns de leurs héritages. Au b décembre 1777 , ces
de sa non-jouissance, de manière qu'elles ne le privent, réellement que de la faculté d'user de son terrait) à son gré.
11 paroit , d'après cet exposé , qu'on m* peut avec justice mettre d'obstacle à l'exercice des droits accordé» à ceux qui fouillent les mines, que dans le cas où il seroit certain qu'ils ne pourroient garantir aux propriétaires des terrains Je paiement ordonne par la loi. Mais ee n'éîoit pas là le cas , lorsque le conseil Mouverain d'Alsace ." faîf défense, par son arrêt du 20. juin i;-33, d'établir des ia\oirs naiis le consentement de chaque individu dont les terrains scrvirolent au passage des eaux. Cet article de l'arrêt est cm 11 ira ire à la K-iu-ur de> ordonnances, en mémo temps qu'il attaque le droit régalien. LecunM'iJ souverain etoil-M juge compétent dans cette ]>arjie? A-l-ii pu sans l.'i participation du Roi établir en Alsace une jurisprudence particulière, qui. n'est pas moins contraire au droit des mines, dont jouisse))! , même sur celles de fer, les .seigneurs d'Alsace qui ont la supériorité territoriale , qu'aux lois et aux usages du -royaume?-
Pttti.ie 111.                            \         G

(5o)
~-—:——— particuliers présentèrent leur requête au juge du lieu.
i ,mes te tope, (^e|u;,ci ordonna la visite. Les fermiers assurent qu'il fut .                 constaté, par le rapport des experts, que sur un espace
de deux cents arpens où les eaux des lavoirs passoient, huit totses carrées à-peu-près avoient souffert quelque' dégradation. Cependant MM. Huguenot et Meunier obtinrent au conseil souverain d'Alsace, le i5 juillet î 778, un arrêt qui leur permit d'assigner les fermiers en destruction de leurs lavoirs, et par provision, défendit à ceux-ci de sj?n servir jusqu'en fin de cause. Les fer­miers , depuis cette époque , se sont vus obligés de suspendre leur travail. Madame de Mazarin a présenté sa requête d'intervention , et ses fermiers ont formé depuis une demande incidente , et ont conclu en 20,000 liv. de dommages et intérêts. Le 14 janvier 1779, un arrêt du conseil a ordonné la mise en cause de la communauté de Chèvremont. Il s'agit aujourd'hui de statuer définitivement sur les demandes respectives. Les fermiers remarquent que le conseil, par son arrêt du 29 janvier 1753. ayant admis les droits de madame la duchesse de Mazarin pour la traite des raines, n'a pu en séparer celui de les laver , et le subordonner au consentement des propriétaires : qu'il n'a pu également ôter à madame de Mazarin la faculté d'établir des lavoirs dans les lieux les plus convenables, à la charge par elle d'indemniser les propriétaires, d'après l'estimation faite par des experts choisis de gré à gré ou nommés d'office, ce qu'ils disent avoir toujours fait. M. le duc de Va-lentinois, aux droits de madame la duchesse , observe que les lavoirs dont on se sert aujourd'hui, n'étant point du tout construits comme ceux qu'on einployoit

:;                             - (5i)
autrefois, ne peuvent porter aucun préjudice ni aux —■—-^ y ~~ héritages sur lesquels ils sont établis, ni à ceux vers les- *-ines l< LlO*K" quels sont dirigées les eaux qui sVn écoulent. Il observe . que soumettre l'établissement des lavoirs à la volonté des propriétaires, ce seroit le rendre impossible ; que l'eau qui sort des lavoirs traverse quelquefois dans sou cours les extrémités des héritages de plus de trente par­ticuliers ; que si vingt-tt€u£-de-ees-particuliers se mon­trent traitables, il suffira pour rendre leur bonne volonté infructueuse, que le trentième-reste inflexible. Il sou­tient que les droits des seigneurs ne peuvent être ainsi subordonnés aux caprices de la multitude de leurs vassaux. H ajoute que d'après l'arrêt de 1708, les sei­gneurs ne pourroient plus , sans des préliminaires gênans, jouir du droit régalien, qui les autorise à fouiller la mine ; que même, pour savoir si un terrain contient de la mine ou non , ils ne pourroient le vérifier sans le procès-verbal d'estimation ; qu'il semble d'ail­leurs que l'intérêt particulier doit céder à l'intérêt public, les richesses que recèlent les entrailles de la terre étant le bien de l'état
De quelque manière qu'on tire la mine, elle n'est jamais pure ; il faut qu'elle soit lavée pour être en état d'être fondue. Les fermiers de M. le duc de Valeutinois insistent donc et représentent encore que la défense portée en l'arrêt du conseil de Colmar de 17=)3 , de laver la mine sur aucun terrain, sans le consentement des .               S
propriétaires, est d'une telle conséquence, que ce der­nier, tn ne donnant point son consentement, est le maître de suspendre le roulement des usines ; ce qui répugne à toute espèce de droit. Autrefois l'estimation
G il
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( 32 )
: des terrains ne ee faisoit qu'après qu'ils avoient été ■ fouillés. L'ouvrier pouvoit d'abord faire usage de la sonde; il faisoit Ûqs ouvertures , soit dans la superficie , soit dans la profondeur des terrains qui. paroissqient ■promettre des mines ; deux jours de travail, tout au plus, suffi soient pour qu'on pût reconnoitre s'il y avoit de la raine ou non. Dans le dernier cas, le mineur abandonnoit le terrain après l'avoir remis dans le meil­leur état possible. Dans 1^ premier cas au contraire, l'entrepreneur ou son mineur traitoi.entà l'amiable avec le propriétaire, et s'ils ne s'accordoien! pas, un arbitre lînissoit le différend. Il jugeoît du dommage par la surface des terres fouillées quancj: les mines avoient été tirées en superficie, ou par la mesure du terrain qu'on avoit occupé lorsqu'on avoit tiré la mine en profondeur. De même, continuent les fermiers de M. le duc de \7alen-tinois, on avoit la liberté de prendre les terrains pour former des retenues d'eaux et pour établir des lavoirs. Dans ce cas on aclietoit les fonds à l'amiable ou à dire d'experts, ou bien la propriété en demeurait toujours au possesseur, et alors on l'indemnisoit de la non-jouis­sance et de la moins value. Ils se plaignent que l'arrêt de 1753 renverse cet ordre, et détruit ces facilités.
Dans tout le royaume , il est permis de fouiller la mine de (bravée un entière liberté, particulièrement en vertu de l'article neuvième de l'ordonnance de 1680, Elle donne le droit d'extraire la mine dans tous les terrains qu'on jugera pouvoir en contenir, soit par des puits, soit superficiellement, suivant la position de la mine, enfin de la laver, et de choisir pour cet efïèt, les terrains qui y seront les plus propres,

/•ni' Su
( Û0 )
le tout aux conditions y portées, et à la charge de faire ——-estimer après la traite les dommages à l'amiable, ou Mines à dire d'experts.
Le 12 janvier .1688 (1), les seigneurs de Rope ven­dirent au duc de la Milleray, seigneur de Belfbrt, le droit de faite bâtir et construire , s il cn'isoit hon être ,
(1) Par-devant le notaire royal souscrit général des pays de la haute-Alsace , en résidence à Beltort,lurent païens noble sieur Aibti { l'Allemand écuyer, seigneur de Rope , en partie , La-Chapelle et de* 1/ibenUviller, en son nom pour tnr tiers ; et noble s-irur François Conrard de Rope , seigneur du dit lieu, en partie, tant eu son nom qu'en celui de noble sieur Melehior de Rope, son fiere , tiers détaliev, colonel du régiment d'Alsace, absent , se faisant Tort d'icelui, et pro­mettant faire ratifier aux deux pour un autre tiers : et encore ledit sieur François Conrard de Rope.,.au nom et, comme ayant charge de noble sieur Beat d'Aiguelin d'Animer t.? wil 1er , en qualité de père-çrarul et iuîeur des enfans délaissés par feu noble sieur Conrard de Rooe, pour un autre tiers, sous promesse de ratification d'icelut: lesquels et chacun d'eux pour eux, leurs hoirs, successeurs et ayant t^atise , ont reconnu-et confessé avoir vendu , cédé, quitté, délaisse et transporté, à haut puissant seigneur monseigneur Jules Paul de la Porte, duc de la Milleray , comte de Belfort, a-utrer. terres et seigneu­ries, absent le sieur MeUhior Noblat , prévôt dudit Bel-fort et ville, co-fermier de ladite seigneurie ,comme ayant charge du sieur Claude Aube , agent de inondit seigneur duc en Alsace, et sous la râtiHcation tl'ieelui, ci présent stipulant et achetant to.is les tlioits , noms. nmi<".s qu'ils ont et peuvent obtenir du roi , pour faire bàtii et (onstmiie forges et fourneaux, s'ils avisent bon être. s> faire Ja\oirs et iii<.it v de tirer des mines de fer qui se trouveront dans l'étendue de U".i\ » seigneurie de Rope et autres terres voisines à eu\ appaitenantes •■.. et dépendantes de ladite seigneurie de Rope-. au piejudiee de tous ■ autres , pour en jouir et disposer par ledit -eigiuus duc de la Mil-• leray , ses hoirs, successeurs et ayant cause, tomme tho-e; à <u\ • appartenantes ,« au moyen du présent (.ontset , ii cb.ai^t ioiitoio's audit seigneur duc et les siens, d'indemni. n kx'its sim ,s -- ii'ieurs et autres des dégâts <ju'i!s feroot ou peunonî ftiiit « n îir-:i ' '\e la mine, tant dans les champs, prés, qu'aines licu\ , vns m-' i.'sfitfs sieurs vendeurs en puissent être recherche j ar k-s psnicuikis : et

(H)
forges et fourneauxi, faire lavoirs , et droit de tirer tes nés de fer, qui se trouveront dans Vétendue de leurs . Seigneuries de flopr et autres terres voisines . à eux "*"" appartenantes et dépendantes de ladite seigneurie de Rope , au préjudice de tous autres, pour en jouir et. disposer par ledit seigneur duc de la JMil/eray, ses
pour l'effet de tout ce que devant, lesdits sieurs Albert l'Allemand , François Conrard de Rope, tant en son nom que dudit sieur sou iiis , mais encore au nom dudit sieur Beat d'Aiguelin, comme grand-pere et tuteur des enfans de feu sieur Conrard de Rope, ont donné pouvoir et procuration spéciale, séparée des actes passés par-devant le notaire royal souscrit, pour obtenir de Sa Majesté don et toutes lettres à ce nécessaires ; et quoiqu'elles soient obtenues au nom desdits sieurs de Rope, elles seront et vaudront audit sieur due, ses héritiers et ayant cause , connue si lui-même les avoit obtenues en son propre nom, sans qu'il soit besoin d'autres actes que les présentes. La présente vente, cession et transport desdits droits faits, moyennant le prix et somme de trois mille six cents livres tournois , payable par ledit seigneur duc de la Milleray , ès-dits seigneurs de Rope, en deux paieinens égaux ; savoir, la moitié, qui e.st de dix-huit, cents livres, au jour et date que les lettres de don du roi seront obtenues , ou un oiois après , et les autres dix-huit ceuts livres dans les six mois suivans pn pires, et, en cas que ledit sieur d'Aiguelin ne voulût ratifier ou avouer le présent contrat pour le tiers des enfans délaissés par feu noble sieur Courard de Roj tj , il demeurera néanmoins bon et valable envers lesdils sieurs l'Allemand et de Pi ope, en diminuant toutefois le tiers de la somme princ pale, lesquels ont par ce moyen et par ces présentes transporte tous droits <](* propriété, nom, raisons et actions qu'ils avoiétft ,-pouvoicnt avoir et prétendre, sur tous les droits qu'ils oiJt vendus audit sieur duc par le présent contenu, dont ils • se sont -dessaisis , démis et dévêtus , pour et au profit dudit seigneur acquéreur, voulant et, consentant et accordant que ledit -eigneur duc en soit et demeure .saisi, vciu , mis et reste en bonne et suffisante possession et saisine, par qui , et ainsi qu'il appartiendra en vertu ries présentes, don et lettres à ce obtenues tle Sa Majesté; constituant pour cet eiTct leur procureur spécial et généra! le porteur d'icelles ; lui en donnant tout pouvoir. C:tr ainsi a été arrêté et convenu entre les parties , et pour i'éxéeutkm du présent traité , lesditea parties ont élu

( $5)                            , .
■hoir.'■'♦ successeurs et ayant cauxe, comme e ha ses à e ter ......-■■ -~
appartenante*. Des lettres-patentes de î686. qui per- Ml"e* iH' ■mettent à M. le comte de Rolhembourg, seigneur de Masevaux, de rétablir les usines qui existoient dans la vallée de ce nom dès Tannée 1078, lui accordent aussi la faculté de fouiller la mine dans toute l'étendue de sa
leurs domiciles irrévorables-,-Simm^4eïH*-stetfr duc Je la MiHeray eu stfn hôtel .à-Paris, et les dits sieurs l'Allemand, de U ope et tî'Aigueiin dans leur maison de Rope, ès-queîs ils veulent et consentent que toutes sommations, significations et autres actes de justice qui y seront faits contre eux, soient de tel eifet , foi te et vertu, que s'ils étoient faits, parlant à leurs personnes, promet i an > les diîes parties» avoir pour agréable respectivement tout le contenu au pré*ent enn-trat, obligeant à cet effet tous leurs biens présens et à *enir, lenou-çaut à toutes choses aux présentes contraires. Fait et paase à Bel foi t,, le douzième janvier mil six cent quatre-vnrgi-huit , pié.^ens le siei.i François Passavant de Bel fort , et le sieur François Démoulé cîe Giromagnv, témoins requis ; et ont-signé à l'original le* parties et témoins avec le notaire royal souscrit, l'ayant reçu, coUaiionsH'. Signé , Nougenot , notaire royal.
Par-devaur le'greffier-tabellion du comté de Bel fort, souscrit et en piéscnce des témoins en bas nommés , est comparu haut et !?ui-s;int seigneur monseigneur Jules Paul de la Porte, duc de'!a: Miîjeray, comte de Bel fort, autres terres et seigneuries, lequel a approuvé, ratifié et homologué tout le contenu au traité ci-dessus, en tous ses points , clauses et conditions , de même que s'il avoit été présent lors de la passation d'icelui, promettant etc., obligeant etc., renonçant à foutes exceptions aux présentes contraires. Fait et passé à Bel fort,, le premier décembre mil six cent quatre-vingt-huit ," en présence de messieurs Melçjjior Nobîat , prévôt de Belfort , et de François Pas­savant, grand-maire de l'accise, témoins à ce requis. Signé à l'ori­ginal , le duc de la Milleray, Mc. jSoblat, François Passavant et Demougé , avec paraphe , l'ayant reçu.                      »
Collationnépar moi tabellion-général des ville et comté de Belfort, sur l'expédition du présent acte, au bas duquel est Ja ratification eu original qui mra été représenté, et que j'ai à l'instant rendu. A Belfon t le quatorze janvier mil sept cent soixante-dix. S5<;aé, Boussef.

■ -. ■ . . (S6)
            seigneurie, et à trois lieues à la ronde. 11 est essentiel
de Rope. fe remarquer ici que, dans cet espace de trois lieues, se trouvent comprises les mines exploitées par les sei­gneurs de Belfort, tant dans leurs propres terres que dans celles de Rope, en vertu de la cession de 1688 ; ainsi les seigneurs de Belfort, en vertu des lettres-patentes de 1686, prétendirent le droit de concourîr avec ceux de Masevaux pour la fouille des mines de Rope, Pfafans, etc., tandis que ces derniers se croioient autorisés à extraire de- la mine dans les parties de la seigneurie de Belfort qui se trouvoient dans leur arron­dissement. II eu résulta entre eux une contestation , dans laquelle intervint d'abord un arrêt du conseil d'état du roi, rendu sur requête le 19 novembre 1686, qui fit défense au seigneur de Masevaux, alors M. de Rothembourg, de chercher et creuser la mine dans les terrains dépendans de la seigneurie de Belfort.
M. de Rothembourg y forma opposition , et par autre arrêt du 21 octobre 1607 , il fut dit que M. le duc de la Milleray fèroit tirer seul de la mine de fer dans l'étendue de son comté de Belfort, et le comte de Rothembourg, dans celle de la seigneurie de Masevaux, sans préjudice a eux du droit d'en extraire dans les autres lieux, en dédommageant les propriétaires. L'effet de cet arrêt fut d'empêcher M. de Rothembourg de fbuille^dans les finages de Chèvremont et de Pérouse, dépendans de Bd-fbrt ; mais il continua d'en tirer de ceux de Bessoncourt, Ropeftautres lieux dépendans de la paroisse de Pfàfàns, ce que les"seigneurs de Belfort, et MM. de Reynach , seigneurs de Rope, voulurent encore lui interdire. Il y eut de longues contestations, liées-d'abord au conseil
de

de CoJmar, portées ensuite au conseil d'état, et enfin renvoyées au même conseil de Cohuar, qui les a ter­minées par deux arrêts définitifs, l'un du 16 mars 1746 rendu contre M. de Revnach, et l'autre du 21 février 1748, contre les seigneurs de Belfbrl ; ce dernier or­donne que les seigneurs de Masevaux continueront avec les seigneurs de Belfbrt à tirer concurremment de la mine du territoire des villages xïe Rope et de Pfàfàns.
A l'époque de ces arrêts, ou ne eonnoissoit encore dans les terres de la maison de Mazarin, que les mines de fer du comté deBeîforr. En 1761, M. d'Anthez, qui exploitoi't les forges du Val de St. Amarin , fil ouvrir des mines de fer dans les bans de Rodereu et de RauiersmatJv dépendans du comté de Thami. Madame la duchesse de Mazarin lui en avoit accordé lu permission, moyen­nant un canon annuel. Après M. d'Anthez, les nouveaux fermiers des forges de Masevaux s'en emparèrent en 1776 , et Madame la marquise de Rosen , ayant pris fait et cause pour eux, lorsqu'on lui dénonça le procès-ver­bal qui fut dressé à ce sujet, Madame la duchesse de Mazarin leva commission en ijj'S , en demandant l'exécution des lettres de don de 165o, et concluant à ce qu'il fût défendu àMadame la marquise de Rosen, de tirer des mines Je toute l'étendue des terres comprises, dans les lettres de don. Madame de Rosen opposa à cette demande la réserve de-l'arrêt du 21 octobre 1687. La cause est instruite au conseil souverain d'Alsace.
Le i3 avril 171a, les fermiers de Belfort, et ceux de Masevaux /firent un traité par lequel ils réglèrent entre eux la traite des mines, dans les parties où les seigneurs
Farde III.                                      H

(58)
• '          = propriétaires de ces forges, sont fondés à user de ce droit
Mine? de Ropo. concurremment.
« Ils convinrent que lorsqu'un ouvrier de l'un « des seigneurs, travaillant à la peile et à la décou-" Verte, au roi t trouvé quelque veine de mine , les • ouvriers de l'autre seigneur ne pourvoient. l'appro-« cher plus près que de sept toises de roi , à la ■■• charge toutefois que les ouvriers qui auront trouvé la »- mine , seront tenus d'y travailler sans discontinuer à « moins qu'ils n'en soient empêchés par cause légitime ; « parce que, faute de ce faire , ïi sera loisible à qui bon « semblera, de prendre possession de l'ordon, sans « que pour cela il soit obligé à aucun dédominage-« ment, etc.
« Que les mineurs ' qui travailleraient dans des « Siuck* (1) ou par le sous-terre, ne pourraient faire ' « aucuns Schochcs (2) plus près l'un de l'autre que de « quatorze toises. lesquels stocks seraient réputés aban-« donnés trois mois après la cessation du travail, à « moins qu'on n'en fût empêché par les eaux.
« Que les dommages qui se feraient en lavant la mine, « soit pour les chemins dont on se servirait en commun , '< soit pour les frais, afin de relever les rigoles, seraient * payés à proportion des mines que rhacun aurait fait « faire dans les endroits où se trouveraient les dom-« mages , etc. Que chaque partie paierait les domma-« ges de ses lavoirs , de même que les dommages causés '< par l'extraction, etc.
( ' ) Le sens , dans îeqnel on emploie ici ce mot , n'est |>oint du tout conforme à sa signification propre. Stock-ert^} Stock-w..r;k , veulent dire banc de mine, mine en masse.
(2) Schocke , par corruption de Schacht, puits.

f " \ ■■■■                                      ' ' *
Au mois de septembre 178.4 , les fermiers passèrent entre eux un nom eau traité conforme à celui de 171 'X ^
Or, il faut se rappeler ici ce que j'ai dit ci-devant delà galerie d'écoulement de deux cent cinquante toises de longueur, que les fermiers des forges de Belfbrt ont construite à Rope (1). Ceux de Masevaux ont \oulu nouvellement profiter de cette galerie d'écoulement : immédiatement à 'cote" du travail en carrière au sol duquel elle aboutit, ils o:t ouvert une .tranchée ^ur un banc de mine.
Contestation est survenue; le bailli delà seigneurie de Rope s'est nanti <Jè .l'affaire: mais un arrêt du 10 août 17.0.$, a reçu les maîtres de forge de Bel fort, appelans de la sentence rendue par le bailli de la seigneurie de Rope , le 24 juin précédent ,-en faveur de M. Bouchot, maître de fbVge à Oberbruck, et consors, et par pro­vision a'-fait dijfcn.se s audit sienr Bouchot et co/wont , d*établir ou de continuer aucunes fouilles ou trqyau.b dans les lieux de Venceinte,-indiqués par les chocs , embases ou canaux d?écoulement, et autres marques tracées par les supplions , à moins de distance que de quatorze toises des parois des travaux des suppliant , conformément à la convention de 1710-
Messieurs Bouchot et consors formèrent à cet arrêt sur requête, une opposition dont ils furent déboutés par un arrêt contradictoire du 24 septembre suivant.
Dans le courant de la même année, il -y eut encore entre les fermiers de.'Belfort et de Masevaux, une autre contestation                            —-
M. d'An thez^, qui ci-devant avoit réuni le bail des
(t) Voyez ci-dcssîhj-^pag. 45.
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r*
~ forges de Belfort, à celui d'Oherbruck et de Masçvaux/ Mines «îe Rope. avoft forme,'au ban d'Egueningue, une retenue clans laquelle étoient reçues les eaux supérieureTs'/Ge. réservoir servoit à fournir les eaux aux lavoirs, et à arroser les prés inférieurs en cas de surabondance.^Dans* l'opinion *que M. d'Anthez ne pouvoit disposer des eaux au sortir de cette retenue qu'autant qu'il exerçoit les droits des seigneurs , et que comme simple particulier il n'avoit pour cela ni pouvoir ni qualité, les fermiers, de Belfort pratiquèrent une seconde retenue au-dessous et à côté de celle-ci. Au rao}ren d'un empellement placé à l'angle ' .         du fossé de décharge de îa retenue de M. d'Anthez,
ils remplissoient leur nouveau réservoir avec les eaux superflues qui s'écouloient les jours chômés et pendant la nuit. Les fermiers de Masevaux pratiquèrent dans la longueur d'un pré joignant l'étang d^Anthez et appar­tenant aux fermiers de Belfort, des canaux souterains, au moyen desquels ils rendirent inutiles le canal ancien de décharge et le nouveau réservoir ; le cours des eaux ainsi changé, elles s'écoulèrent en pure perte.
Par acte du 22 mars 1785, les fermiers de Belfort se plaignirent de cette innovation , ils menacèrent de se pourvoir, et en attendant ils ouvrirent un autre canal avec un empellement pour ramener les eaux dans leur réservoir. Les fermiers de Masevaux intentèrent une action contre les fermiers de Belfort ; ils demandèrent que ceux-ci fussent contraints de démolir l'empellement nouveau:; ils firent plus, ils bouchèrent l'entrée du canal qui ramenoit les eaux.
M. le duc de Vaîentinois intervint pour ses fermiers, et déclina la jurisdiction du bailli de Rope. Celui-ci,

au lieu d'ordonner le renvoi, rendit des sentences dans  ===:=^~—~
cette cause, comme s'il eût été juge compétent des  Mw* HMMpe droits de M. le duc de Valentinois , et de Madame la comtesse de Rosen, sur les eaux du.ban d'Eguenïngue.
•-■' En cet état de cause, inteniul le 10 août 178J , au conseil souverain d'Alsace, arrêt, qui, par provision, défend au sieur Bouc/rot et cornons,'de se servir des wanaux souterrains el autres nouvelIciuen! pratiques * pour de ton n ferles eaux du déchargeoirde l" étang d\4n-lliez, leur enjoint de leur rendre , dans trois jours de la signification, le cours libre par les anciens canaux y à la charge par les fermiers de Bcljorl , suivant leurs offres, de ne faire entrer dans leur réservai e y a ne les eaux superflues, et celles qui s'écoulent pendant, les jours chômés ou pendant les nuits, et (jui seraient inu­tiles ou perdues ; sinon, et à faute de ce faire , auto­rise les fermiers de Bel fort ± à le faire faire à leurs frais y ce (jui siéra exécuté.
Après avoir parlé des importantes mines de fer du Mines de comté de Rosemont, nous allons faire connoître celles Glloul«g"y-de leur voisinage, plus précieuses par la nature du métal ,
, ., ~           01         1                     i                       ^                       demie, n°, 144,
qu elles fournissent, mais dont l'exploitation a été sujette ^ 55-à de fréquentes révolutions. Je veux parler des fameuses mines de Giromagny, si florissantes autrefois. Le bourg du même nom, qui en est le centre, est^eigfoéde'Rppe de 55oo toises N. O. et de 6200 toises N. de Belfprt. M. le comte d'Hérouville en donna une notice en 1741 {1) } , et M. de Gensànne-enTra à leur sujet dans de plus grands
(1) Anciens minéralogistes, tom. a, pag. 727,

r62) ; ■'•■;,
*== détails-'. eâ_ 1756 (1) ; enfin'M. Monnet en a fait un petit de article dans son Exposition des mines (2).
On a déposé aux archives de "Bel fort,"des comptes *. par lesquels on voit que ces mines ont rendu, pendant un certain temps, cinquante pour cent de bénéfice*
„ Louis XIV, par un acte de 16.5*9 » donna à la maison ^-r de .Mazarin le comté-de Rosemoht, et par conséquent-'.__' le bourg de Gironiagny (3), -aux environs duquel sont situées les rames d'argent ef autres métaux/ Dans ce 'don furent compris Beîfôrt, Tharfn , Ferette, là -baronie d'Altkirch , la .seigneurie 5e Dell et cîlsenheim.
L'exploitation aes mines de Giromagny, fort an-, cienne (4), fut suspendue en î716 , parce que M. \^ cardinal de Mazarin les avoit concédées pour neuf ans à une compagnie qui les conduisit mal.-Ce furent, si je ne me trompe, des Anglois qui les reprirentjen ïj'33, M. de Gensanne en devint concessionnaire après eux. Le traité qu'il avoit passé avec M. le duc de Mazarin " pour avoir la faculté de les exploiter, expira en 1744: ■ II fut remplacé par une compagnie de Paris , à la tête de laquelle éloit M. Millin du Ferreux ; elle devoit eil jouir -cinquante années ; mais cette société ayant consommé la plus grande partie de ses~fbnds dans r l'établissement d'un moulin à polir le porphyre et le
(1)  Mémoires des ■Savans étrangers , tom. 4 ,pag. 166.
(2)   Pag 217 a 222.
(#) Gi.wp-i/j;e, vit.:s insi_nis ùmpUtujinis, q/i sua m ulL fydinis in.rtmtnta -rr.axxnii débet, etc. Schcepfliti , Alsalîa illui'trafa , .icuif. 2, pa^;. 48.
0 (4) In Rosâm>n!a?2Jv,zL'e,{juiZ Le'fjrtcasisprxf.aum est, cira G'r mantum et 'Auxsllam supenortm, uberrïma q'wqSe argenti foa'tnx ji? art'ujtfls jcin temps-
__ abus ianotuerunt, etc. SciiœpHin , Àlsatia ilfustrata, t. 1 , p. 12 et ï3.

'prah'îî . fut obligée d'abandonner des travaux qne .M.-------
'Brocimann, pour lors directeur, avoit remis en bon %;!:1 "nain :"on.f5oiirsuivoil à-l:i-fôis neufgaleriç1?» pour mettre
les anciens'hâCaux à «sec.. Cet abandon., 'ait «l'msje v.
moment. où ■ -les mines (lp:tmVV:;t "le "phis d'espoir.' * .
■  pcrmit.'.V \1-, le dur <je \ alentinois . aujourd'hui aux- "■* droiis^de la maison de iJa/arin , de se..uifUt^\ji p^-_
■  Sc'ss'on/de tous lesbâtimefis construits r.ar cette conipa- ^.^ i:;nie: une des" c1au^s-rde la concession-avant exu*,^-se'inenl porte'1 (jifc \vs IVitimcns rtioifnu'roient au. s* i— <;nenrVd.ui« le cas »iVles"ct)ncessioiiriaires abandonne- " -soient ftxpjokation..                  " -
e. ■ ' Les urines dont"7 nous, allons donner la description.' Av:ny.
.tll'iii'i tic
"réunissent 'inrgratid nojnbre d'avantages 'ij. En eïfet nùintagnes eje ce canton"- cjuoicjue fort élevées, nevl,p
'■sor^t pa's 'assez pour que les glaces et les neiges-de. {"niut nécessitent l'aliantlou det± travaux dans cette saison1.. De nombreux vallons coupent ces montagnes /■ facilitent Pexploitation des filons renfermés dans leurs pentes, et fournissent les eaux nécessaires aij\\maehines,'~ aux lavoirs et aux fonderies. MM. de Reinacli possèdent, aux environs de Giroi-nagny, des bois affectés aux mines pour les constructions , les charbons pour les fonderies et le bois de ehauliaue nécessaire à leurs ouvriers. On
(i) M. de Pesay, dans sa dix-liuitifiiu* Soirée I-Jelveticniu1 , park dt*» intiu-s de (iiioniagnv ; » .La nature, ôit-il, apte-s avoir enrichi re.* >» nnoc,s de;; j)"hi.s ncht's filons, a dlspost- à IViKoiii des fx>is iinni<jn■■{•.-. " en grande partie afirt tes aux i'omkiies. J)ts étangs et couians d'eav; f> tuurnissent , sans relàt he , im luotctn aux machines, et toules ie:-n facilites déshahles pour les les>ive.s du niineiai. «i Qvnmmr tel oujrage ne puisse faite iuUoiite painit le.s' n*ijKr^1ogiî.ît'>s, je Je ci.li-parce que sou auteur n'est rejjcoutrë ici avwf la verife^
              ' / . . -

(.64 tv v ■■;■■. v
= ni a dit que ces bois alïoient'à plus de sept mille arpens.
Mmes de Les.fermiers des forges «Je^Belfort étoient obligés de 1J* fournir le fër aux mines- à un quart au-dessous du prix courant, et cette forge n'est éloignée des mines que de ç- , "deux lieues. Le pays est très:beau , on* y parle les deux langues* les denrées y sont bonnes et peu coûteuses , et J les mineurs jouissent des exemptions de droits seigneu­riaux , de corvéeg^TTrtiutres charges royales. Daiileurs les paysans y sont accoutumés aux travaux des mines. Tant d'avantageXrjéunis* engagent le mineur à se fixer dans ce canton , et à s'y contenter d'un salaire bien inférieur à celui qu'il recevroit ailleurs, II est commun de trouver à Giromagny,* des ouvriers à vingt livres par moisf, tandis qu'en d'autres-'exploitations on a peine à ! les retenir en leur donnant dix écus de salaire pour le même temps.                                               t
Nature des Enfin les gîtes de minerais y sont multipliés et gîtes de minerai, s'y soutiennent en longueur comme en profondeur. Leur direction est constante et bien -réglée : ils sont d'une puissance moyenne, de manière que les subs­tances métallique^ y sont-rapprochées; on y a trouvé des mines d'argent de la plus riche espèce, les meilleures mines de cuivre, des galènes riches en plomb et tenant suffisamment .d'argent pour mériter l'opération de la coupelle (i), quelque peu de mine de plomb blanche et verte , des mines d'antimoine et d'arsenic , etc.
(i) On trouve à la pagf* 3o3 du premier volume de î'fclnryclopt'die , édition de Paris, 1701 , ir l'article AL a:e, uni' noie tre-i-infonm- des produits dcM «unes.de (itromagny dans le^i mois de mari ejL d'avril 1744. Celte note est incornpre.heusiMe, même pour les personnes qui eomîohjsent la manière dont on calcule aux exploitations 1« produit
: :'■■-..■ - .- . :-Je

Je ne doute point, d'après ce que j'ai \u, qu'en em­ploya})! dans l'espace de trois à quatre années 200.000 L M|IIM (it al exploitation de ces mines, on ne put mettre quelques-unes d'entre elles eiî pleine valeur; le bénéfice seroît employé successivement aux autres travaux qu'il con­viendrait d'entreprendre, et bientôt on auroit une ex­ploitation aussi brillante que lucrative. La description que je vais faire de ces mines, justifiera, je crois, l'opi­nion que je viens d'en donner. 1! sera bon , en la lisant,
des •minerais : mais, comme clic peut donner quelques lumières sifr le contenu de toutes les matines qu'on ibndoit alors à Giiomagiu , jtj crois qu'il sera utile d'en anaUsTr ici les résultais , en obtenant aupa­ravant que les contenus en arjrut et en cuivie , indiqués dans les» colonnes, ne sont pas d'accord a^ec les totaux , dans IcMjtJe!:-. i! hVm pas même lait mention c'u plomb ; on auiuit du cgalement indiquera la colonne de la livraison dvA mineiais, que Us quantité» qui \ sont portées", étoienl des livres; il lailoiC ctionu i que le.-» chilTic:* ,°|x!.'( cr. sous la colonne des lotlis ,:.ignifi')ieni ie nc-m'ue de.s l-)!!"* <>.ï cit mi-oticcî» 'd'argent , contenus dans < haque quintal c!e minci ru : il e n^wi'oii au «.si de dire que les chiffres des colonnes ducimtcH «h ['ioinH iiwiiquuieiit la quantité de livres de ce;, métaux, unfi-tnuc tir luêmo f'v^ vn quintal de minérjn. Enfin i] p.tiuif (jue les cinfîics ch- (c< <o]<Hîiies i.e sont pas poses'vis-à-vis des S')!un)e.'> <_!(■■■. li\»\ii-sor^ auxcjuelî»1? ijsto»-resporulent ; car si Fou c.ilcul'1 en f<»'Mi|i*o«u de î'oixiu- (î.ui-. li'qiu'î \\i sont placés, on trou\e (|ue les 40,10, \\\. de iii.\t'reie.-. Jf^utiiii5 à J^ l'on cl cri e , en mars , coulenoient J.'J mau ^. ô 11: < 1 s , 6 î:tu . e^-.ii^ent > «04 liv. , 4011c. de cuivre, et -,o .-> li-.. de [lowr1, ,:i. !ici: <:t t > «-.u!-, 3 !ives( sans doute on a ^ouiu iiuMm' .ï î- i'm- '. et ï.'.-^. '\\. '•'' « ;.!. i< , à quoi l'article de l'Encu-loprdie j mit- le- pr«-!aii lui;'.!. •■ 1- .r\i-n-xleja dit que celui en piomS) n'ft.îit jj- t ,uI;:l- L!n>ui\aM t:.v>i . t.i.'.'l, le (jutnfal des matières louinie> à !<.i londiiiv' >mi m<!i> truln-t ; fti<c. 1 denier et ïï grains d'.ngent , 2 fiv . 4 «M'u-h (.!<■ t ui » w ; î<, !'•. it.>, 10 onces de plomb ; celui-ci tenant 5 mu e? . '> gu>B. <; uuii:«.- u'.n^ci'.» au quintal.
Lès méiiics eneursoni lieu dans IVtat de- \\\ uû>t>ui du mois (i'.n il : elles, montent à 44,050 liv., t"l me.-, caienî.- pt rient lair uuiU-iiii à liv^tle plo«tbj5o maris , 1 oiut< t J gio* d'aigent, et 3tc i î v,
/V^/V* ///.                                          I

Mines de Giromagijy»
( 66 )
de consulter outre les cartes de l'Académie, la quatre-vingt-neuvième feuille des cartes minérulogiques de M. Monnet (i). M. Duhamel, ingénieur des mines, (ils de l'académicien,et M. Mailet,élèves de l'école, ont remis a rachninihtratîon de très-bons mémoires sur l'état ac-fuel des mines de Giroinagny. C'est parce que j'ai été témoin de leur zèle et de l'exactitude de leurs observa­tions", que j'ai fait a\ec conliance usa>.re de leur travail
c**cuhu*; au lieu de o> niaics- ! • 'u.(cji plate de Jolti-) 'l'argent tt dt koS- fî\. de cui\ te , q.u tciuie-iî le ic-înîuit fie cet aitii le dans î'E:u \clopedk- : (Vêpres i.it-s optiati^ns, < Imu.!»- quintal de matières fournies tnavul , tient - gios et 10 "\-a\iu ù'ai^eut ; i'li\., ,'A onceà > o ^îo-. , 1 denier il îv> g;<.iiri- ckj cui. ic , el 21 !•'.. , 4 onc. de plomb ;
et
!uq;if fjuin;al de plomb te Uimu1 îenli ^.out.^ 2 ^ros et 21 graius
Si au ccHitTiûre on "prend pour base les totaux de 1' m supposant, cpmine-ci-dî'^us, qu'il i eUnent reyîs , et que la diffe-rente ne pruvuiî i|iH'_du dépiac^iieiit des eliîfiVes dans les colonnes de» états , nous aurons pour"les li\ ïa'fdon-s cle ti?ars , au quintal de minerai, 1 os e e,, 1 j;ro.i, t tienier ei G giains (.l'argent ; 2 liv., 10 onee-s à e cui\te:et pour k-s livKiisons d'avril , 1 once j-3 grains d'argent T et'- liv., - onces",>f ^ra> tîe ctdvre. _
11 fau! obser\ er que k> conlenu ties minerais est plus considéraiile
en rêaiiu'*-, que ne .Se donnent ces vésuilat>, puiscm'ilqin tiennent jusqu'à 4 et <5 -lolh^ .cl'argetH au fjnintal
y a des pari, ies :ss de
■ cuivre ,rei.plu» cie 5o livres de plomb. Mais ieâ matières e ies livraisons tlemars et d'avril 3744 , ne sont pas uniquement du m\~ néraî ; îî y a parmi, beaucoup de laitier et de triages de déblais, et .si-l'on jet te les Veux sur ces états ., ottï'ie "doutera --plus tjuc le»» som­mes de.> colonnes ne répondent pas^ cornnse- elles le'deyroient, à celles des matières fournies, car iî est rtdieuîeiJly voir que des crasses tienneut plus de oc liv. de plomb , etc. ileureusement nous n'avons pas\à craindre des/articles, aussi t*a-û t i fs fans îa partie des travaux des mine> de"i*Erreyelopédie HK^tliodique. M. Duliamel ,.qiji est chargé de sa rédaction , n'aurpit.pas puijHe;des états si■-rncGrû-cts.
v s } Cette feuille a pour titre: Carte jtuinéralogiçjLae d'une partie de la Franchf-ConiU' eî de l'Alsace-.,.oh si* tréuvent Lu«, Bvlfort et Montbelliard. ■ ...                                 '"'■■':■'" ""'-"-■",_.;-..■*._

pour différens.détails , dont je n'ai pas eu !e loisir d<»• ~~™-.-—.-r=.-nrïnstruire sur les lieux. Les principales mines de Ciiro- M""*" '--màgny sont en partie situées au nord de cette ville, du              "
côté de Saint-Pierre, et en partie au couchant dans la paroisse cfAuxelle, au revers du vallon de Planchez-les-mines en Franche-Comté, dans lequel on aci-de\ant fait un grand nombre d'exploitations.
Je commence la description de ces mines par celles' Tmiî'.m qui sont au nord , dans Te Ban même de (iiroma^uv*. <|: ('lf;"1!'.~; ; et particulièrement par celle de bamt-rierre . comme tuJ ,,,' §ll „,,, Ta fait M. Je comte d'Hérouville; elle nV.st qu'à une dioaint-i'itiic. ^"ès-petite distance de Giromagnv, dans la monfaqne de Mort-Jean. M. de Gensannë la re^ardoit comme la plus profonde et la plus vaste des minières tïu can­ton : il y comptoitJusqu'à treize puiis fi). rLpiacoil le sol du dernier à la profondeur de ou in/** cents pieds."' Le puits supérieur se trouvoit à rpiaranle toises de l'entrée de la galerie: celle-ci se pro!onw>it de cin-quante-cinq toises au-delà. Il panoit plusieurs galeries de ces divers j)iiits. El y avoit encore un puits au jour, dislaïit delà galerie d'environ rent ciiK^Hante toises. Il avoit été creusé sur la, direction du lilon ; . ■ les gens du pays disent que sa profondeur est.au plus.-' de cent pieds. Vingt-deux pompes aspirantes,-mues par une roue de trente-deux pieds de diamètre* que faisaient tourner les eaux d'un canal extérieur long d'un quart de lieue, épuisaient les eaux de ces fosses. Ce filon étoit, dit-on, incliné de quarante-cinq degrés, ;-de .manière qu'on ignore si les quinze cents pieds de
Al. le couuc dTlérouville uVternmu* hi profondeur tit" chacun i- t es puUs. AncieiJii mincralugislcs , tonn. ï, pag. 728. --

(68)
:rT"~ profondeur, indiqués parM.de Gensanne, sont obliques -te T)ii perpendiculaires (j). Les matières qu'on tiroït de ce fîioiu couime-nous l'om fait voir les tas de déblais , con-sistoiYnt en mine de cuivre urii:e et jaune, et en gajène. Du temps de M. d'iiérouviNe elle îenoit depuis trois jusqu'à huit loths- d'argent au quintal. M. ( >: r^i-sanne porte de quatre à huit lotbs- sa richesse en ary,< ni. Le ternie moyen de ces données est à-neu-pres le même. Au"neuvième puits. Je filon avoit deux à trois pouces de mine pure. Il ne s'en trouvoit guère qu'un demi-pouce dans la profondeur, où le iifon se rétrécissoifc beaucoup. M. Broehnann avoit eu l'intention de relever la galerie principale, pour en poursuivre l'entaille dans le champ frais , sans doute, parce qu'il rf avoit pas jugé vraisemblable qu'on eût poussé ces travaux à une si grande profondeur, s'ils n'eussent pas été productifs; mais fa compagnie dont il dépendoil cessa ses travaux avant qu'on ïiit parvenu à la tête de la galerie. Les mi-neui'sdu pavs,qui ont reconnu au-dessus de\ escemont, village situé à 1 embouchure d'un vallon parallèle à celui de Giroinagny, un filon dirigé et incliné comme celui de Saint-Pierre, contenant les mêmes espèces de minerai , sont persuadés que cet évent de Vescemont est la continuation du filon de saint-Pierre; cette asser­tion vague doit être mise au nombre de celles doni j'ai fait mention clans mes notes aux Lettres deTrébra (2), II v a sur le même filon , selon M. de Gensanne (3),
(1) M. Broehnann , aujourd'hui diieew*i <»<'>- mines uv Poullaouen [■h bas:;e-Bretagne , mu dit que ce sont Jyioo pieds perpendiculaires-,,X) Page 246, (6) Memoiîfs deê Savam étrangers, tara, IV , pag. ï6y>

un autre ouvrage, appelé Saint-Louis , qui joignoït par ------.......-
'une'galerie les travaux de Saint-Pierre. M. d'Héron- ,.. J ville (i) fait aboutir les ouvrages de Saint-Louis clans une des galeries des fosses de Phenniu^-thurn : on r.e peut raconter de tous ces travaux que <e que ces écrivains et la tradition nous en apprennent.
En face de Saint-Pierre-les-mines. et toujours dans Mino&de-cuiw le territoire de Giromagiry ,-sont les travaux dé Saint- plomM ai^ Daniel. Ils consistaient, en 1741 ,eu une galerie de trente toises, sur la longueur de laquelle il yavoi'tcinq puits('i). Du sol des trois premiers partait une galerie de quarante-deux toises. M. de Gensanne (3) ne donne à ces travaux que deux cents pieds de profondeur ; ce filon produi-soit outre le plomb, de la mine de cuivre grise et jaune* qui rendoit quinze à dix-huit livres de cuivre au quintal, et six, hui t et jusqu'à douze onces d'argent. La gâlènedon-noitquarante-cinq livres deplomb au ([uintal; pour l'ordi­naire ce Ç\um ne fournissent que de la mine à boccard, il avoil six pouces d'épaisseur commune (4). Les travaux que je viens de décrire, sont connus sous le nom de la mine de l'ancien Saint-Daniel. Il en existe de plus mo­dernes, placés à cent toises environ des anciens : ils consistent en plusieurs puits, dont l'un pris au.jour, tomboit sur l'entaille de la sralerie: il v en avoit deux autres dessous, qui, réunis au premier, donnoient
(ï) Anciens minéralogistes , loui. ï* pag. -3t.
(2) Leur profondeur est indiquée h la page "3e. <oQî.-i de» Ancien? minéralogistes.
(.i; Mfnioirt's des Savans é(iaiigers} tom. 4. pag. j67 ; et Ancieiis ntmeralogistes , ibid.
(4) Anciens mineralogisles , ibid.

., , /, '. ag. au sot du troisième puits cent cinquante pieds de pro-
Mïncs de fondeur. Ces travaux ne sauraient être tenus à see que
iromagn>. ^af une galerie d'écoulement ; celle de Phenning-thurn,
dont nous aurons occasion de parler, les délivrera de
leurs eaux (i).
Mine de cuivre A soixante toises environ au levant de Saint-Daniel, de St. Nicolas. SORt jes ancjens travaux de Saint-Nicolas, Ils ont peu d'étendue ; en 1741 on jugeoit qu'il étoit nécessaire d'exploiter cette mine pour l'utilité de celle de Saint-Daniel (2). A la même époque, la longueur totale de la galerie anciennement pratiquée sur le filon, n'excé-doit pas vingt-six toises. Les mineurs actuels, qui savent l'état où étoient ces travaux au moment où on les abandonna , prétendent que cette galerie a été poussée à la longueur de soixante toises ; elle étoit dirigée du sud au nord. Trois puits (3) pjrfcéê les uns sous les autres, portoient la profondeur H#-tes travaux à cent vingt pieds au-dessous de cette galerie, à la tête de laquelle il y avoit deux pouces de mine désenivre jaune et grise. On assure qu il avoit été pratiqué a son extré­mité une galerie de traverse, qui servoit à l'écoulement des eaux et au transport des matières de la mine de Saint-Daniel. C'est à cause de cela, sans doute, qu'on croyoit utile'de maintenir en bon état les fosses de Saint-Nicolas. La direction du filon de Saint-Nicolas est sur douze heures et incline au levant.
(1)  M. Broeiruann croit se rappeler, que les nouveaux travaux de Saint-Daniel sont pris à 60 pieds au-dessous de la galerie de Phen­ning-thurn.
(2)  Anciens minéralogistes, toni. 2 , pag. 73i.
(3)  Voyez la profondeur de chacun de ces puits ; Àncieus rninéra-lugistes, ibid.

( 7» )
Les travaux de Phenning-thurn (1) seXvoient à peu =
de distance au nord des mines de Saint-Daniel. Ils
Gir-
passënt pour les plus considérables du canton; le filon M
imi de (.mue
qu'on y a exploité autrefois étoit dirigé du sud au ndfd, rt argent. a.-
presque perpendiculaire vers le jour, mais incliné au Pbeniiï.i»-ii
levant au-delà de la moitié de la.profondeur des travaux,
II donnoit de la mine de cuivre jaune et grise, contenant
dix à douze livres decuivra -et deux marcs d'argent au
quintal (2) : les ouvrages consistaient en une galerie de
quinze cents toises, et douze puits percés lesinis nom
les autres et approfondis chacun de cent pieds; ainsi
la profondeur totale de ces travaux étoit de douze cents
pieds. En 1741 , M. d'Hérouville vit dans le septième
puits, de la mine d'argent,disperséeau-dedans du filon:
dans une foncée que Ton creusoit à l'extrémité d'une
extension de 3o toises, qui partoil du neuvième puits,
il trouva un pouce de mine; et trois pouces dans le
douzième'du côté du nord.
Au sol le plus bas des travaux, où aboutissoient les corps de pompes d'une machine hydraulique qui y avoit été construite, il y avoit d'une part trois pouces, et de l'autre six pouces de mine massive sans mélange de rocher. La description que M. d'Hérouviiïe nous lait (3) de ces travaux est confuse.
Le canal dont les eaux fàisoienl mouvoir la machine hydraulique dont je viens de parler, les recevait de la rivière deGiromagny, à trois quarts de lieue des travaux.
(r) Tour aux phennings , tour aux. deniers , tour où est déposé le trésor public des villes , etc.
{%) Anciens niiiH'raiuuisies, tom. 2 , pag. ~3i.                       " "' ..
(3) Ibidem, pag. ;3a,

Mines Giromagiiy*
près d'une lieue et demie, à cause de ses sinuosités. Pour fournir de l'eau à ce canal, lorsque la rivière n'y suffisoit pas, on avoit construit les étangs delà Buzînière, des Belles-filles, d'Etang-neuf, et un quatrième, situé entre le ban du Puix et celui de Giro-magny, dont on ne m'a pas dit le nom. Ces détails ne présentent rien qui puisse engager à proposer la reprise de ces anciens travaux. Elle seroit infiniment trop dis­pendieuse. La compagnie de M. de Gensannè ne parvint à vider ces ouvrages que jusqu'au septième puits.
Aujourd'hui on a pris le.très-bon parti de com­mencer une galerie précisément en face du château de .Phenning-thurn, au pied de la montagne qu'elle doit ouvrir. Elle coupera à angles droits la direction ordi­naire de tous les filons qui peuvent s'y trouver, et en même-temps ceux des travaux de Saint-Daniel, ëe Saint-Nicolas et de Saint-Louis. Ce percement, Cjui lors de ma visite avoit cent quarante-quatre toises de longueur, étoit dirigé de Test à l'ouest.
Des ouvriers ignorans le poussoient à raison de Jo livres pour huit toises; mais outre qu'il manquoit d'air, parce qu'il étoit tortueux, il avoit encore le défaut de s'écarter très-sensiblement delà direction dix heures quatre huitièmes, qu'on devoit suivre pour arriver au puits de Saint-Daniel. MM. Duhamel et Mallet le redres­sèrent : ils en levèrent le plan, en y remarquant tous les objets qu'on a rencontrés. Je joins ici ce plan et la description qu'ils en donnèrent.
« A A A. Sinuosités que fait ce percement. « B B B. Opérations que nous avons été obligés de « faire à l'extérieur en dessus de la montagne jusqu'au
« puits
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Percement de

JPaae "2 .
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PLAN ET COUPK DU PERCEMENT DK PFKNINGTIIUIïN; '/*?/>m £>(//• Mfs DuliAiiicl -et 3
Nivrell cm en t e ( Pr o fil cl e la ?
>c^rations extérieures.

* puits de Saint-Daniel, où l'on veut aboutir dans la ■ - ■"■ » profondeur par le percement/                                              Mjm*s
» C. Piquet placé en dessus de la montagne, où Ton » présume qu'est le puits Saint-Daniel.
» D C. Direction sur dix heures quatre huitièmes , » qu'on doit suivre pour parvenir au fond du puits » Saint-Daniel ». ■                     .
Après avoir calculé toutes les horizontales des opéra­tions .comme cela est indispensable, et rapporté le plan, nous avons trouvé i°. oiie les travaux alloient beau­coup trop à droite, et qu'il y avoit au moins une diffé­rence de quatre heures, 2°. Qu'il y avoit encore qua­rante-huit toises à percer jusqu'à la ligne verticale, qui séroit abaissée du point C, où est le piquet, sur le per­cement. 3° Que le puits.où l'on vouloit aboutir, étant incliné du côté du percement à l'orient de quarante-cinq degrés, suivant la pente réelle du filon ,^il n'y au-roit tout au plus que vingt-cinq à vingt - huit toises pour rencontrer le puits.
E E. Galerie des anciens, à trois toises du jour, sur la direction du filon de Phenning-thum, et dont on ne sait pas la longueur.
E F. Puits sur la direction du filon du midi au nord, sur douze heures ; en cet endroit il est vertical, mais plus bas il incline au couchant, si Ton en croit la tradition.
G G. Direction d'un filon de quartz sauvage du midi au nord, sur douze heures , inclinant au couchant à vingt-quatre toises du jour : il ira point été suivi.
H H'. Galerie de huit toises sur la direction d'un filon de cuivre, plomb e.targent ; il s'est appauvri au bout de ta galerie, où l'on a foncé un puits de huit toises. Le
Partie III.                                          * K

( 74 )
—=.---— filon y étoitun peu plus riche, et donnoit trois pouces dl de minéral. Sa direction esl'du midi au nord, sur une heure septentrion; il incline au couchant.
Kl. Galerie de six toises de longueur, sur la direct tion d'un filon d'argent gris , courant du nord au rrn/fr, sur trois heures méridien ; il incline en sens contraire du filon H H, et s'y réunit au poiigpK.
L L. Galerie de quatre toises, à cinquante toises du jour , sur un. filon de cuivre, plomb et argent; sa direc­tion est du nord au midi sur deux heures.
M'. M Galerie des anciens sur le filon que Ton. a ren­contré en M*, où il change de direction, et prend celle de dix heures septentrion. " -                     \
N N\ Galerie de quelques toises, faite par les mo­dernes, qui ont rencontré-de vieux travaux en N'.
N O. Une partie de ces vieux travaux-, dont on ne connoît pas la longueur; le filon a dix-huit pouces de largeur, mais ce sont des grains de minéral répandus dans la gangue qui est quartzeuse.
P\ P Galerie de treize pieds, dont neuf sur la gauche du côté du midi : à son extrémité, Ton a trouvé du plomb et du cuivre , le filon ayant trois pouces d'épaisseur de minéral » A droite du percement, vers le midi, au »> point marqué P , la galerie n'a que quatre pieds ; le » filon s'est appàftvri, et il paroît que c'est-là sa tête. La » direction générale de ce filon est sur deux heures ** du midi au nord , et son inclinaison au couchant. «
Q Q'. Direction d'un filon d'argent, cuivre et plomb, de dix pouces d'épaisseur;» elle est du nord au midi, >> sur une heure quatre huitièmes, et son inclinaison au » levant. Il n'a pas encore été travaillé ;oa attend pour

» cela qu'on ait fini les percemens ; ce filon a été pré-» cisément pris par la tête, il ne se trouve plus dû côté » du nord sur la droite du percement. L'on présume » que c'est fe même que celui de Saint-Nicolas. Il donne ». les espérances les plus flatteuses , et est à cent vingt-» une toises de feutrée du percement, et à vingt-une » de son extrémité actuelle; si la galerie qui traverse » depuis la mine de Saint-Nicolas jusqu'à celle de Saint-» Daniel, est longue de cinquante toises, et que le » filon QQ soit vraiment celui de Saint-Nicolas, il » resteroit encore à faire vingt-neuf toises, ce qui cadre •» -assez .bien avec nos opérations. «
II en résulte qu'on a déjà atteint le premier but qu'on s'étoit proposé en entreprenant ce percement, celui de découvrir de nouveaux filons en ouvrant la montagne.                                                                  ^-s*.
Si l'on va au nord un peu nord-ouest des travaux / que je viens de décrire, on trouve en remontant la / Savoureuse, le village du Puix, dans le territoire du- ( quel ont été exploitées les mines dont je vais donner \ le détail.                                            v                               V
Celle de Teutsch-gruhd est placée par M. de Gen- Ban du saune (i) entre le filon de Phenning-thurn et celui de Saint-Daniel. M. Broelmann m'a dit avoir reconnu que cl <î>al"ftcllt ce
t n i m         t                                          TeuUch-grund.
la direction du falon .deTeutsch-grund étoit la même que celle de Saint-Pierre, et qu'il regardoit le premier comme la partie correspondante tiu second, en alle­mand le Gt'gen-tnunm.
Il paroît que cette mine de cuivre et d'argent a été                  -
(ï) Mémoires des Savons étrangers, toni. 4,pag. 168.
Kii

— ci-devant productive. Les0 anciens avoient fàk-sur ce
Aimes de fï|on deux galcrit\s<Tune (|ii'on estime avoir étf poussée
(liioniii^nv.          ».           ...              , p .                -           <■                        . -i
*- ' a sept cents toises , et I autre environ a onze cents. La
compagnie fit ouvrir la. première de ces paieries, dans
la longueur de cent toises; mais nonobstant la grande
'                        quantité de bois- qu'on y employa pour étanconner.
les éboulemens furent si fréquens qu'il fallut y renoncer.
M. Broelmann , ayant observé que le iilon de S^int-
Pterre et celui de saint-Daniel, dévoient se joindre en-
r                      vîron à cent trente toises au-de-là de la première de
ces galeries, c'est-à-dire à huit cent trente:toises du
jour, désiroft les exploiter dans leur point de réunion.
Pour y parvenir, il se mit en devoir de relever cette
même galerie: il l'entreprit d'autant plus volontiers,
.qu'elle n'avoit pas le défaut de monter comme celle de
Phenning-tburn , et que son sol étoit de cinq toises
plus bas que celui de cette dernière;mais les travaux
furent cessés en même temps et par les mêmes motifs
que tous les">*jires.
Mine Je plomb A un quart de heue au nord du village-du Puix, à et argent de St. ]a galiche de la grande route du Ballon de Giroma-
Fraucois.                ' ' . ,             ,                    , _, . ,,          .          . r
gny (îj, sont les travaux de oamt-rrançois, qui turent
(i) I.e Ballon est une ïnonfagne très-haute, sur laquelle on a pra­tiqué xmv chaussée supeibe, servant de communication de Belfort à îvancy , à Rêmireiuont , etc. 1 y a deux mille pieds à monter: cepen­dant la peute de la chaussée a été ménagée avec tant d'art, ses coudes et ses replis sont tellement multipliés qu'ils foi ment des rampes , dominant les unes sur les autres, dont la montée e*t si douce qu elle n'est que d'un pouce par toi>e, et qu'il faut trois heures pour at­teindre la partie la plus élevée de la rouie, et pvesqu'autant pour en descendre. Pour la construire , en a fait sauter les rochers ; le côté du précipice, et.quelquefois même celui de la montagne sont revêtus d'une rampe à l'autre par une maçonnerie sèche , autant pour soutenir

?
abandonnés en 174.3 (1) par la compagnie de M. de Gensanne , après qu'on eut dressé prncè.s:verbal en pré­sence de tous les mineurs, qui reconnurent qu'e cette mine ne valoit rien. Elle fournissait trois à quatre pouces de galène, donnant quarante pour cent de plomb et une once et demie d'argent; mais elle ctoit souvent mélan­gée de rocher de quartz. Les travaux consisloient'en une galerie de quinze toises, dirigée sur neuf heures sep­tentrion et en deux puits. Le sol du second étoit à quinze pieds de profondeur: on en a voit commencé un troi­sième, au fond duquel le minerai disparut totalement; il ne s'y trouva plus qu'une roche noire sauvage,
M. d'Hérquville nous parle (2) d'une autre mine *située Travaux de dans le ban du Puix, qui étoit appelée Saint-Jacques : on ^aim-J ne l'exploitoit point en 1741, parce qu'il auroit fallu y établir des pompes, et que pour les faire agir on auroit consommé une partie des eaux, dont on ne vouloit pas priver la machine de Phenning-thurn.
'le terrain, que pour empêcher que les pierres et les terres qui s'en dfuulient , ne vannent s'amasser sur la chaussée. Aux endroits où ■t*yfr'-'ci se trouvoit coupée par des ra\ines,on a .pratiqué plusieurs ponfs de pierre voûtés , parmi lesquels jl s'en trame de fort élevés.
A une petite lieue du'sommet se voif un monument, érigé* en 1768 par feu M. de Lueé, intendant en Alsace. Jl consiste en unv fontaine en forme de pyramide ; l'eai*, fjui sort "d'un masque de bronze ., tombe dan> une coqurlle.de marbre, et s'tcoule dans un bassin i^rolescmc-ment taillé. Sur la pyramide est l'inscription suivante r' -
- Imperat hic Lodoix, nec s-.y y a ijorre«ce , nec uhdas; suspice, dant rupe? poc^la, monsque >"iam.
a n n. m. d c c l y i i t.
Au liant du Ballon se ^souvent plusieurs métairies: son sommet fixe dans ce canton les limites de la Lorraine et de l'Alsace.
(1)  Mémoires des Savans étrangers, totu. 4, gag. 169.
(2)  Anciens minéralogistes , tom. 2, pag. 733.

(78)
1             == - Les mines de saint-Michel sont indiqués sur la carte
Mines de ae ]'académie, à feuit cents toises environ à l'ouest nord-
iiio.i.agii>. ouest du viUage du Puix. Le filon de cette mine est
j\Inie de plomb ,. . , ,              v               ,          .,.,.,              _.             .
fUiSt. MicU-l. dnW du nord au sud. et incline a 1 ouest. Son rocher latéral est calcaire; sa gangue, du spath de la même nature; son minéral, de la galène. * ***
En 1741 les travaux, selon M. d'Hérouyiïle, consis-
toient en une galerie de traverse de 8 toises, et un puits
de 5 toises. En 1767011 a fait au-'dessous de îa galerie
des anciens, une nouvelle traverse par laquelle on a
jpdatteint le filon à vingt toises du jour. Plus bas a été
prise une troisième galerie, qui a trente toises, et la
j               pente de la montagne est si escarpée dans cette partie ,
qu'il seroit facile d'ouvrir une galeriéircinquante toises
au-dessous , sans que sa longueur fut considérable : les
travaux sont pleins d'eau.
Mine de plomb Plus près du.Puix, dans la partie de la montagne de de Ste. Mane. Saint-Michel qui porte le nom de Sainte-Barbe, est un filon parallèle à celui de Saint-Michel ; connue lui, il fournit de la galène, mais sa gangue est quartzeuse ; il se pourroit néanmoins quece ne fût que le même Hion. Ces travaux peu importans ne consistent qu'en deux tra­verses, dont l'une n'est inférieure à l'autre que.de quel­ques toises. Le filon qui ne don n'oit que de la mine à boccard fort maigre, fut bientôt abandonné : aussi les haldes y sont-elles peu considérables.
Mine de cuivre * M. d'Hérouville fait'mention de la mine de la Seligue, de la Seligue. ou du Schlich (1), située dans le même ban. Il n'y av-eit
(1) Tous les minéralogistes savent que ce mot allemand signifie le minerai en poudre, tel qu'il sort des lavoirs.

' (79)
qu'une galerie de vingt toises sur le filon qui donnoit------------^~-
de la mine de cuivre pure.                                            Mûies de
Giromagnv.
De-là', M. dTIérouville passe à la mine de .Saint- ... , ' .
*            ri                         - ■jMinodecuivre
Nicolas-des-bois , ouverte à une forte lieue au nord rl j,, pUimb do du village du Puix. Elle donnoit de la mine de cuivre et ^i4'nt -Nicolas-de plomb ; ses travaux sont situés à une centaine de ^~iiUi>-toises au-dessus du pied de la montagne. Ils consistent en deux traverses. Celle cjni est supérieure à l'autre", doit avoir eu environ vingt toises de longueur, et on s'est contenté de faire de droite et de gauche des exten­sions de quefques toises seulement, sur le filon dirigé du sud au nord, et incliné à l'ouest, dans une gangue quartzeuse. Une foncée de trente-cinq pieds a été ouverte dans l'une de ces traverses qui sont remplies d'eau , etc. Les tas de déhhiis qu'on remarque, indiquent qu'il a été fait sur ce filon un grand nombre de trous d'a-rileu-remerrs^fr) sur la même "direction.On croit clans le pays qu'anciennement ils ont fourni assez de minéral pour alimenter une fonderie située à la Goutte-Thierry-, à 25oo toises au nord desGiromagny ; il n'en existe plus d'autres vestiges que des scories. Mais il est pro­bable que les mines de Saint-André , Sainte-Barbe, Saint-Paul, aussi dépendantes du Puix, et dont nous allons parler , fournissaient en même temps à cette fonderie.
Les mines de Sainte-Barbe, sont environ à quinze Mine do plomb cents toises au nord de Giromagny, derrièn^ne maison de Ste< Barbe-isolée, qui se trouve à la droite de la grande route du Ballon , où il y a un percement comblé, que les mineurs
__{x)_Schurff des Allemands.

(80)
=== disent avoir trente-quatre à trente-cinq toises. M. de de Gensanne(i) croît que les travaux de ce nom ont été &n'>- faits sur le même filon que ceux de Saint-André. Les haldes des fouilles de Sainte-Barbe , sont sur une heure quatre huitièmes; on y trouve de la galène. Si Fou en juge par le rocher qui constitue l'extérieur de la montagne , la roche'latérale de ce.filon, est du granit. Sept à huit toises au-dessous du percement précédent, - on en prit un second de dix toises, à la tête duquel on creusa une foncée qui communiqua'dans de vieux tra­vaux éboulés. La mine fut abandonnée. *
Mine de plomb- Lesmjnes de Saint-André sont à cinq cents toises-—-de Saint-André. au nord des travaux de Sainte-Barbe, on les distingue en vieux Saint-André, et nouveau Saint-André. Us sont faits sur une veine-, dont la direction est parallèle à celle dû filon de Sainte-Barbe. Peut-être même n'est-ce qu'un seul et même filon , comme Insoupçonné M. de Gensanne, puisqu'il est vrai qu'une galerie, d'environ deux cents toises,-communique du nouveau au vieux Saint-André. Les trous rapprochés qu'oa observe à la surface du terrain au- nouveau Saint - André , donnent lieu de croire qu'on a extrait beaucoup 'de minéral des affleufemens de ce* filon immédiatement sous la terre végétale. C'est à une galerie de quatre cents toises , pratiquée au vieux Saint-André, que se joint celle de deux cents toises dont nous venons déparier, il existe - encore dans le vieux Saint-André, une galerie d'écou- * lement, et une traverse supérieure à celle-ci d'environ vingt - cinq toises. Cette traverse a trente à quarante
(î) Mémoires des Savans étrangers, tom.4, pag. 169.,
toises

toises de longueur. Il y a eu cje plus deux percemens =■=*■•........---■
pris jusqu'au niveau de la rivière , à quatre-vingts toises Min™ d environ au - dessous des travaux dont nous venons de tllolUilKny-parler; nais on ne les a guère poussés que de trente, toises. Ces travaux,qui pourroient devenir utiles, furent interrompus lors du départ de M. Broelmann.
A six cents pieds environ du vieux Saint-Paul. on a Mines d fait une galerie de cent toises, sur un filon qui paroit être Sunf-Plu! le même que le précédentauquef il est parallèle. Le filon étoit très-maigre dans la galerie,-ainsi que dans un petit puits pris à son extrémité.
M. d'HérouviIle (1) nomme encore dans le ban du Puix, les mines de la montagne Collin, de la montagne Schelogue, des trois Rois, de Saint-Guillaume, de Buzencère; et M. de Gensanne (2) nous parle d'une mine d'argent vers la montagne de Saint- Au toi ne, et d'une mine de cuivre jaune et verte, trouvée près du sommet. Il croit cjue ce dernier filon est le même que celui qu'il a rencontré dans un percement fait pour par­venir aux grands filons de la vieille halde.
Nous terminerons la notice des mines du ban du Puix, par celle de la mine de Saint-George, située dans le mort Jean, montagne où nous avons vu qu'étoient pla­cés les travaux de Saint-Pierre. Les anciens avoient exploité à Quinze ou seize toises au - dessus de la rivière, par de petits travaux encore au jour , un filon dirigé sur six heures, tenant de la mine d'argent grise dans du quartz et du schiste. M. Broelmann fît pour­suivre sur cet ancien travail une galerie de vingt toises,
(1) Anciens minéralogistes, tom. 2, pag. 733. ; (a) Mémoires des Savans étrangers, tom, 4 , pag. 169. Partie III                                    h

          = et creuser une foncée dé dix toises. La mine d'argent
M*        A
unes de g-risas'v étant soutenue, il prit une galerie d'écoulement
tiiromagny: T i i               .1
le plus bas possible, presque au niveau delà rivière, et qui devoit aboutir à la foncée ; mais cette galerie avoit à peine été poussée à cinquante toises, que Ja compagnie cessa ses travaux.
M. d'Hérouvilîe cite une mine d'argent du ban d'Is-tueffont, à une lieue et demie au levant de Giromagny, ' '■■              qui de mémoire d'homme n'a pas été exploitée.
Ban d'Auselle- Passonsmaintenantaux mines d'Aûxelle-haut ( 1 ), vil-haut-                lage situé à deux mille toises au couchant de Giroma-
gny. Ces mines sont au revers de la vallée de Planchez-les mines, que je décrirai lorsque je publierai ma tour­née en Franche-Comté. La première mine qu'on trouve en Alsace, dans le ban d'Auxelle, en venant de Franche-Comté , est celle de Saint-Jeaij d'Auxelle, située au mont Menard ou Bomare.
Mines de M. de Gensanne compte trois filons dans ces tra-plomb , cuivre vaux (2) ; l'un dirigé sur douze heures, l'autre sur onze, et argent de St. çt je -jroîsïèïlie sur dix. Peut-être n'est-ce qu'un seul et
Jean-ci Aux elle.                              . ,                    , , ,         J              '
a mem-e • hlon qui a des veines iaterares, partantes ou joignantes. La gangue est pour la plus grande partie du quartz blanc mêlé de spath calcaire. Son minéral étoit de la galène qui donnoit, suivant le même auteur , soixante-quinze livres de plomb , et deux loths d'argent au quintal. Il s'y trouvoit quelque peu de mine de cuivre
(1) » Orip.nctn hulc vïco metalli fodiruz quoque dederurj, seculo XVI. Quart » directori earum Heydemburçio in fcudum obtigil, sed taminncuTn infimâ juris* n dictione. a Schœpflin , Àlsatia illustrata , tom. 2 , pag. 48.
(a) Mémoires des Savans étrangers , tom. 4, pag. 166.

. (83)                                     _____
jaune. Le filon contenoit assez constamment dix-huit •--------~.....-
pouces de minéral massif, jamais il n'en avoit donné moins de neuf; les travaux faits sur ce filon ont eV fort considérables. M. d'Hérouville( j ) et M. de Gcnsanne (2), en donnent des dimensions qui ne s'accordent pas entre elles. Je ne puis en parler que sur les'rapports de ces auteurs et la tradition des ouvriers, parce que les travaux sont noyés, les machines n'ayant plus sufli pour les tenir à sec. La dernière compagnie fît commencer une galerie d'écoulement,, dans une prairie auprès du ruisseau des Maux., C'étoit le point le plus bas qu'il fût possible de choisir. Cette galerie qui devoit avoir cinq cents toises de longueur, et qu'on abandonna lorsqu'il en reslo.it encore trois cents toises à faire , auroil donné l'écoulement aux eaux jusques environ soixante.toises au-dessous des travaux les plus bas. Si tous ces faits sont vrais, c'est-à-dire, si la richesse et la constance du filon dans ces derniers travaux, ne sont point exagérées, et que les distances énoncées soient exactes, il est certain-qu'il seroit à désirer que ce percement fût délivré et con­tinué. M. Broelmatin pense qu'on peut facilement' faire venir la rivière de Planchez-les-mines, pour faire mou­voir une machine qui épuiseroit les eaux des fosses de Saint-Jeàn-d'Auxelle.Les autres mines du ban d'Auxel.Ie, sont celles de Saint-Urbain, de Saint-Martin, de Sainte-Barbe , de Saint-Jacques, de la Bagralle, de Saint-Philippe , de l'Homme-sauvage, de la Schelmuth ou Scherchemite, de Saint George et de la Geseliseharft.
(1)  Anciens mînérafogistes, toro.C, pag. 734.
(2)  Mémoires des Savans étrangers, tora. 4, pag. 166.

( 84 )                        . -
------—— Celles de Saint-Urbain furent découvertes en 1734
* * "mes c ou 1735, dans la montagne du-même nom; leur filon,
Gtroniasiny.           i. .
M- j" j | dirigésur quatre heures quatre huitièmes,donnoitdepuis cuivre ci arvicni s*x pouces jusqu'à un pied de galène argentifère et de ïH-Si. Uibair.. mine de cuivre jaune. Les travaux cessèrent en 1744» quoique le filon se fût bien soutenu : ils consistoient *- ,                 en deux galeries pratiquées sur ce filon , distantes l'une
de l'autre cfenviron soixante toises, et longues chacune de soixante-dix loises. On avoit creusé dans la galerie inférieure quelques puits, dont la profondeur n'a pas excédé quatre toises. La galWie supérieure étoit en même temps destinée à mettre à sec les travaux de Saint - Martin , auxquels elle devoit bientôt commu­niquer.                                   *»■
Minedeplomb, Ces derniers travaux sont, comme il est facile de le t-uivre eta^ent penser d'après ce que je viens de dire, plus élevés que ceux de la mine de Saint-Urbain. On y trouve le même minerai que dans celle-ci : il paroît que depuis la relation de M. d'Hérouville (1), ces travaux ont été passable­ment poussés. Au rapport des mineurs qui y ont tra­vaillé., la galerie étoit longue d'environ soixante toises, et il y avoit deux puits, distans l'un de l'autre de qua­rante toises, et profonds de quatre-vingts pieds, au sol desquels devoit communiquer la galerie supérieure de Saint-Urbain, dite le percement de Saint-Martin. Lors de ° la visite de M. le comte d'Hérouville, le filon n'avoit que quatre à cinq pouces d'épaisseur; mais les mineurs soutiennent que sa puissance s'est élevée jusqu'à trois pieds, et qu'aux points où il étoit le plus foible, il avoit
(1) Loc. citât., pag. 734.

au moins neuf pouces. D'après M. Broelmann, ce ne ======
sont que des veines éparses sans être encaissées, qui Mine* de
.            * , ,. j            .                 ,          l Giroma^nv.
ne promettent rien, et le dire des mineurs n est pas exact.
Le filon de Sainte-Barbe donnoit de Ja galène MincdeplomK argentifère , mêlée de beaucoup de bleinde et de cuivre, zinc et mine de cuivre jaune. Les anciens favoient attaqué *l*°!n par un'grand nombre de puits, sans jamais s étendre sur sa direction. Les travaux sur ce filon ne cousis-            U
toient, du temps de M. d'Hérouviile , qu'en une galerie de deux toises, à l'extrémité de laquelle étoit un puits de quatre-vingt-dix pieds ; mais au revers de la montagne, à soixante toises d*un ruisseau , il existe une galerie de cent toistes, et on y a approfondi un puits de cinq toises; à vingt-une toises de cette galerie on en voit une autre plus ancienne dont on ne connoît pas la longueur ; on s'est étendu de quatre à cinq toises de droite et de gauche par la galerie inférieure qui coupoit le filon.
Peu au-dessous et au midi des travaux supérieurs de Minedecuhie Saint-Urbain , est l'ancienne minière de Saint-Philippe et de fer de St. qui fournissait de la mine de cuivre jaune dans du fer pl»hppe. spathique. Suivant le rapport des gens du pays, on y avoit pratiqué une galerie de trente toises ; et à quinze toises du jour on avoit approfondi un puits de douze toises.
La même pente de montagne renfermoit aussi les Minedeplomb vieux travaux de Schelmuth ou Scherchemite , dont ll les haldes même ont disparu. Cette mine, dit M. d'Hé­rouviile, est de plomb, et son filon étoit, à ce que

Ç 86 ) _
             =a3 disoient lés ouvriers, d'un demi-pied d'épaisseur. On
. mes e prétend qu'il avojt sa direction sur six heures, que les
Giromagny. * .             l                                                  ^                      *
travaux traversent la montagne et qu ils communiquent dans le puits de la mine Saint-Martin.
Mine de Ter La dernière compagnie qui a exploité cef? mines, et de cuivre de tïf-<^>it delà montagne de Bagralle de l'hématite, qu'elle
° rt "          livrait à Bèifort, au haut fourneau à fondre le fer : le
filon étoit dirigé sur deux heures, et incliné à l'ouest; il n'a pas donné long-temps de la mine de fer pure. A peine les travaux avoient-ils été poussés de quelques toises, que l'hématite se trouva mélangée de mine de. fer spathique, et celle-ci renfermoit.de la mine de cuivre jaune : on y tronvoit aussi de la galène. Ce filon a été fort peu suivi ; et si l'on continuoit les travaux, proba­blement on verroit que la mine de fer se perd à mesure qu'elle's'éloigne du jour.'
Mme de Saint- M. d'Hérouvilie cite encore la "mine de Saint-Jacques.
Jacques.           }] asslire qU'i{ y avoit des ouvrages capables d'occuper
cinquante- mineurs coupant mine dans une foncée de
soixante pieds, prise dans une petite galerie qui partoit
d'un puits du jour profond de vingt-quatre pieds.
Minedeplomb M. d'Hérouvilie parle aussi de très-petits travaux de l'Homme- fajts £_ découvert à la mine de l'Homme-sauvage, sur saunage.           un ^{on je mjne ae plomb de deux pouces d'épaisseur
seulement.
Mine de cuivre Enfin il indique la mine de cuivre de Saint-George, de St. George. sur laquelle il ny a d'autres travaux qu'un puits de dix-huit pieds de profondeur.
Aucune de toutes les minières du ban d'Auxelle, dont je viens de faire mention, n'est exploitée aujourd'hui.

(' «7 ) ' II n'existe maintenant d'autre travail dans ce finage —
que la galerie neuve de Saint-Philippe. -                  ^^fTes dr
1           °                                                       J l                                     Giroiuagny*
Cette galerie est à trente et quelques toises au- Mine de-cuivre, dessus du village d'Auxelle. Destinée' à couper et l)lom'Jet arKeru
..                ■ ,          1 ,                                          j i ,             de la ixalmo
mettre a sec tous les travaux que je viens de décrire, neiJV(. rf'e Sain(_ excepté ceux du grand Saint-Jean , elle a été poussée Philippe, en ligne droite, sans jamais sortir de sa direction de dix heures. Elle est élevée de plus de huit pieds, et lors de ma visite sa longueur étoit de près de cent toises. Les anciens avoien.t fait differens ouvrages à six toises de l'entrée de cette galerie, et on a supposé que c'étoit sur le -filon de Bagralle.
Parvenu à soixante-dix toises du jour, on a coupé un filon de mine de plomb très - important ,. qu'on assure n'avoir jamais été travaillé en d'autres points ; il est dirigé sur dix heures, incliné à l'est, épais de plus de deux pieds : une veine mince d'argile le sépare du rocher.
Dix toises plus loin on a rencontré du côté du midi un filon de cuivre mêlé d'un peu de plomb; ses            '
apparences sont aussi brillantes que celles du filon précédent; il est dirigé sur six heures, il incline au ' • sud ; sa puissance est d'un pied à dix-huit pouces.
II est intéressant de joindre ici une note faite en 1767, de ce qu'il en coûtoît par toise de percement dans le roc vif aux mines de Giromagny: sans doute tout a augmenté de prix depuis , mais proportionnel­lement ; et si l'on compare cette note à celle des frais du même genre d'ouvrage aux autres exploitations du royaume dans la même année , on verra facilement
■<&

.                                                   (88)
===== que les prix de Giromagny sont bien inférieurs à ceux Mines de des autres lieux ( i ).
Comme tout le travail actuel consiste a pousser les deux galeries de Pfçnning-thurn et de Saint-Philippe, et qu'on n'arrache nulle part du minerai, les élablisse-meiis destinés à le préparer pour la fonte, ainsi que les fourneaux, sont en mauvais état. On voit à Giromagny un boccard à cinq pilons , treize tables à laver, des labyrinthes, deux fourneaux à manche, privés de leurs
(i) Observation sur les mines de Giromagny, faite en Panuée 1767.
Deux mineurs peuvent faire, dans un mois de temps, deux toises . et demie de longueur de galerie, lorsque le roc est le plus vif-j et trois toises, lorsqu'il est moins dur.
Détail de. ce qu'il en coûte.
liv, sous.
Les gages de deux mineurs, à 9 liv. par mois pour un , font pour les deux................*........ 18
Un mineur peut user dans les douze heures de travail soixante aiguilles; l'aiguille pèse trois livres.
Il faut pour apointer cent vingt aiguilles pour les deux mineurs ,à 6 deniers l'une, pour vingt- , quatre heures 3 liv., et pour trente jours....... 90
Une aiguille peut être apointée dix fois , ensuite elle demande à être réaciérée. Il en coûte pour réaciérer une aiguille, % sous 6 deniers.
Le réaciérage de ' ent quatre-vingts aiguilles , à. z sous 6 deniers , monte à..................... 22 10
Trois bourroires à 24 souà l'un , font.......... 3 12
^rois épinglettes à 10 sous l'une, font........ 1 10
Une aiguille ne peut être réaciérée que trois fois , après quoi elle est hors de service.
Cent vingt aiguilles pour les deux mineurs, pesant
i35 12
-                 soufflets

(89>
soufflets (1); enfin, une forge et des magasins-qu'on
a établis dans les anciens atel.'?rs, à scier et polir * llK'a °
G i romain v
le granit et* le'porphyre.
La cour de ces ateliers ressemble aujourd'hui à l'em­placement d'une fouille faite pourdéterrerdes antiquités. On y voit des fragmens de jaspe, de serpentine, de por­phyre et de granit, des débris de vases, de colonnes , etc.
J'avois envoyé ci-devant à M. de Boni des échan­tillons de minerais et de gangues de Giroinagny; lorsqu'il m'en accusa la réception, il me témoigna vivement sa surprise de ce que de pareilles matières
îiv. sous.
Ci- contre.......... 13 J 12
trois livres l'une, font 36o Iiv. à 6 sous la livre ,
ci........................................... 108
•Vingt-quatre stuff-ei&en à i5 sous l'un , font.. . iH
Six pics à têie à 40 sous l'un , font........... 12
Trente coÎqs à 10 sous îTun , Font............. 10
II faut trois pinces, une grande de quarante livres, une moyenne de trente, et une petite de vingt livres, qui pèsent ensemble quatre-vingt-dix livres, et qui, à raison de 6 sous l'une, font27 liv%, lesquelles oa estime pouvoir servir trois mois , dont le tiers pour un mois fait...........,......,.........,,..,. 9
Total....__. 297 12
Ce qui fait par toise courante................     ny
II en coûte en outre dix-huit livres de poudre, à
2.0 sous.......................................       18
Plus trois livres d'huile, à iS sous............          2
Deux curroirs à 10 sous l'un , font.............          1
Total de ce qu'il en coûte pour une toise courante de percement,................................ 140 S
(1) La halle qui renferme ces fourneaux , est vaste j on pourroif y en construire plusieurs autres s'il le falloihs Partie I1L                           X        M

( 9o )
== n'engageoietît pas ï'administratron à faire plus cfat-rie tention aux mines d'Alsace, et à encourager tleur exploitation.. On. a extrait dans les Anciens miné­ralogistes ( tom. i, p. 590) une lettre que ce savant écr.ivoit en mars 1770, qui est conforme à ce qu'il m'avoit marqué au sujet des. mines d'Alsace. Il seroit bien à désirer que les travaux utiles entrepris par M. le dut. de Valentinois, "engageassent une compagnie opulente à •lui faire des% offres qui pussent lui con­venir. Ces -..mines sont peut-être de tout le royaume, celles dont il y ' auroït le plus de produit à espérer ?■ si elles étaient bien conduites.
lôllie. - - Depuis mon départ de Giroraagny, on m'a assuré
le-Kduli
ouie- . qu'on trouvoil des -événtsde houille dans le terri toice de Rougegoute , village situé à quinze cents toises sud est de Giromagny; je ne saurois prononcer sur le mérite de cette indication.
Ancienne forge MM. de Reinach avoient obtenu au mois d'octobre deRougemont. 2 636, }a permission de faire construire dans- leur terre de Rougemont une forge à 1er et un fourneau , et de faire fouiller la mine de fer à deux Heues à la ronde de ladite terre, qui est à quatre mille deux cent toises E. de Rougegoute. MM. de Reinach ayant négligé de faire enregistrer cet arrêt, obtinrent le 01 mars 1608, des lettres de surannation , au moyen desquelles le Conseil souverain d'Alsace l'enregistra le 17 mai suivant; j'ignore si cette forge a jamais été construite, niais elle n'existe pas.
Vallée de Dès l'année iofo, il y avoit, dans la vallée de Mase-Mase.aux. vaux.dcs usines,pour l'usage desquelles le Souverain
fourneau de                                          *                      %              » J»» *-*
Masevaux. accorda, par lettres-patetïtes de la mema^nnée, le droit

< 9i )\ ■ de la traite des mines. Ces usines tombèrent en ruine ----------■
pendant les guerre des Suédois. M. le comte de RothVm- ^ aîi'v
bourg, ayant acquis la ville et seigneurie de Mase\au\,
se proposa de rétablir ces usines, et obtint, à cet effet, /r';^ n.
au mois de juin 1606 des lettres-patentes, portant ft,i. ;,.-,.
permission au dît seigneur, d'établir une forge à fer. Tihc-.
et un fourneau dans la seigneurie de Masmlin.ster ou
Masevaux, et d*y faire chercher et creuser la.mine,
même à trois lieues aux environs , en dédommageant
les particuliers, etc. (1). Le fourneau construit en cou- Auliois.
séquence de ces lettres , est situé dans la paroi.-.se de
Masevaux, à neuf mille toises N. E. de Beifbri, et
deux mille cent toises mêire direction de Rougemonî.
Il ne manque jamais dVau; on y a construit une halle
à charbons, suffisant à l'approvisionnement d'une année
(1) Voici le dispositif de ces lettres: » Nous avons audit sieur de « Bot hem bourg permis ef accordé ,'perni "errons et accordons , par ces » présentes signées de notre main , de faire construire dans ladite » terre et seigtieurie de Masmiinster une forge à fer et. un fourneau , » et d'y faire chercher et creuser de la mine de 1er dans ions les » endroits d'icelle où il y en pourra avoir, même à trois lieues aux » environs de laditeterre, en dédommageant toutefois les particuliers, » à qui appartiendront les.héritages j dans lesquels il s'en trouvera, » pour desdits forge et fourneau jouir et user par ledit Suppliant-, » ses héritiers, successeurs et ayant cause, seigneurs de ladite sei-» gneurie de Mas-munster, pleinement, paisiblement et perpetueflc-» ment, sans qu'ils y puissent être troublés ni inquiétés pour quelque » cause, et sous quelque prélexle que ce soit ; à condition que ladite » forge ne causera aucun dominante, ni préjudice au public , ni aux » particuliers, et que, sous prétexte d'icelle, il ne yera dégradé aucuns " bois ;à la charge aussi par ledit sieur do Roihembourget par sesdits » héritiers, successeurs et ayant eau.-e « seigneurs de ladite «erre vt •» seigneurie de Masmiinsfer , de payer annuellement à noire domaine, » pour raisoft de la présente permission , une redevance de deux écus « d'or. Si donnons , etc. «
-------                                                     Mi)

-VaHée tle ■*
entière ; des logemens pour un commis et six à sept
ouvriers ; un boccard pour la castine, et un lavoir à roue pour nettoyer'lamine. Le fourneau de Masevaux, «                  ainsi que tous les établissements qui en dépendent,
appartient à madame la marquise^de Rosen , qui l'a afiènnë à M. Laurent, à raison de 18,000 livres sans bois , pour neuf années à compter de 1782. Le four­neau de Masevaux ne trouve d'aliment en charbon, que pour six mois de Tannée, de manière que l'on peut cal-^ ,                 cuïfr son produit à six cents milliers de fonte environ,
quoique ses ateliers soient disposés pour en fabriquer »                   un
Fabrication. Il s%€oule , dans l'espace de vingt-quatre heures deux gueuses, pesant chacune dix-huit à vingt quin­taux. On consomme par gueuse tfeize à quatorze eu-veaux de mine. La consommation pour l'année peut 3 aller à quatre mille cuveauxde mine, sept cent cinquante bannes de charbon, qui usent à-peu-près trois mille coites de bois, et au-delà de six cents cuveaux de cas-Mines.-         tine. Le fourneau de Masevaux tire environ cent-trente cuveaux de mine en grains de Rope, d'Egueningue et '" Bezoncourt. Il s'approvisionne aussi dans la forêt de Steînbie,.paroisse de Thann, au minier de Steinbach, à la minière de Houppach, au minier du BuchBurg, dans la forêt de l'Abbaye, en allant à Burbach-le-bas, enfin au Kohlerberg, paroisse de Burbach-le-bas. Tous ces endroits sont situés à une lieue environ à la ronde de Masevaux. Le cuveau de ces différentes mines revient à cinquante sols rendu au fourneau; nous en parlerons en détail en leur lieu. Bois et charbon. Le fourneau n'a point de bois qui lui soient affectés,

'■                               ( 93 )
II faut qu'on achète tous les charbons nécessairesà lacon- ======»
sommation. On compte pour la banne deux et un quart % rAh'v de
.                           ,                          !             , ... . , Mascvaux.
de cordes montagnardes; cette corde est de, dix pieds
de couche, cinq pieds de haut, et trois pieds et demi
de taille. Le bois qu'on achète des forêts de l'Abbaye,
et du coté de la plaine, se paie à la toise de six pieds
de haut sur six pieds de couche et trois pieds et demi
de long: savoir, le sapin 4 livres 10 sols et 5 livres;
le hêtre 6 livres à 6 livres 10 sols; le chêne 5 livres à
5 livres 10 sois. Indépendamment des mineurs il y a Ouvriers.
au fourneau un fondeur, un sous-fondeur, un releveur
de charbons, un releveur de mine , deux chargeurs ,
trois manœuvres occupés à mon ter la mine au gueulard;
en tout neuf ouvriers.
Nous allons décrire de suite tous les établissement de cette vallée; nous parlerons après des mines qu'elle . renferme. Le premier qui se présente en remontant la vallée, est la taillanderie «de Langenfeld.
Cette taillanderie est siiuée suc le ban du village de Taillanderie Langenfekl, terre de madame la marquise -de Rosen , Langeuield. à cj^x-sept cents toises N. O. de Masevaux : elle appar-             /
tient à Pierre Eckard, et a été établie sans lettres-pa­tentes. Sa fabrication consiste en haches, pioches, pelles et autres ustensiles de labourage: elle tire ses fêrs-de la renardière de M. d'Anthez, établie à Oberbruck, et dont nousTendrons compte. Le propriétaire travaille lui-même avec uni ouvrier.
Le martinet de Kirchberg qui vient après, n'est pas Martinet <u à cinq cents toises de la taillanderie de Langcnfèld , i<vîiciiîj paroisse de Séven. Il appartient à George Ro.senbluhe, et a été établi sans lettres-patentés. On y fabrique du fer

(94) =-martinet de toutes les espèces. Les fers se tirent aussi
Viilléç de de ia renardière de M. d'Anthez.
La forge d'Oberbruck est à trois milleJoises N. O. de
"For^c d'Obei-
Masevaux, paroisse de Séven : elle fait partie des pos-sesions connues squs îe nom de terre de Masevaux, que madame la marquise, de Rosenti offertes en fief au Ateliers. roi,'en 1721 , et qui avant cette époque étoïent allô-diales. Les ateliers de cette usine, sont une grande forge à trois ferx, avec ses halles à charbon , un magasin et -' autres bàtimens relatifs à la fabrication du fer; deux martinets, une roaréchallene et un boccard pour piler les crasses; des logemens pour quinze ouvriers, une grande maison pour les directeurs et commis, avec granges, écuries , pjiés , etc.
I! existoit au-dessus de la forge, une renardière qui a "été..'supprimée pour les causes que l'on expliquera ci-Consommatiou après. Cette forge consomme errviren cent milliers de matu-ics. rognures , provenans des retailles de la tôle de la manu-Fabricatïon. facture de Wegfcheid ; elle employé aussi les rebuts de ces martinets, et à-peu-près quatre cent cinquante milliers de fonte, lesquels produisent ensemble jusqu'à quatre cent cinquante milliers de fers forgés. C'est tout ce que les eaux des affineras permettent de faire, parce qu'on n'a pas entretenu les anciens étangs et butardeaux pratiqués par M. d'Anthez , lors de rétablissement. On ne compte que 1400 livres de fonte et de rognures, Ouvriers. pour 1 îoo Ii\*t*es de fer forgé, et seize cuveaux de char­bon. Un commis et quatorze ouvriers sont occupés à cette forge; savoir, six forgerons pavés à raison de sept livres par mille seulement, parce que les rognures dont
ils font usage sont faciles à travailler; un livreur, un
' ■ ■ .' V • .                  • .                      ' .

( 9? )
charpentier, deux maîtres martîneurs, deux chauffeurs, ««-=« deux valets occupés à plier à bras les languettes, parce x"Jk'« de qu'il n'y a point ici les machines établies-à Bains (i) pour cet usage.
Outre les ateliers dont nous venons de parler, il y avoit" encore au-dessus de la forge, une renar­dière à deux feux; mais M. dWnthez, qui avoit éîabli la renardière d'Obcrbmck, pendant qu'il étoit fermier, observa que deux renardières qui inarchoient ensemble étoient de trop , et la suppression- de l'une de ces re­nardières ayant été consentie paries seigneurs,M. d'An-thez détruisit la renardière seigneuriale.
En 1721, ce particulier acquit d'un habitant d*O-bc-rbruck. un petit bâtiment -consistant en une taillan- d< derie et une petite forge de maréchal ferrant, placées               :
sur le même ruisseau dont fe eaux serverît au rou- . lement des forges et de la manufàclure-de Masevaux. I! convertit cette petite usine sans autorisation du Conseil, en une forge qui prit le nom de renardière eTOberbmck. Elle est située au village d'Oberbruck en face de la forge, et affermée à M. Borneck. Elle consiste en une affiherie et un marteau à drôme. Cette usine ne manque jamais d'eau,
Le fermier tire ses fontes de la Franche-Comté. Fabrication Sa consommation monte à 200 milliers environ par an. Il ne compte au mille de fer, de poids réel, que I25o à i3oo livres au plus, et 16 à 17 cvjfteaùx de charbon, qui ne lui reviennent sur les lieux, qu'à
(1) Voyez la description des gîtes de iuinéraùet des usines de la Lorraine, qui suit celle-ci.             * •

Vallée de Maseva'ux.
(96)
: 16 livres la banne, par les entreprises qu'il fait en bois. Il fabrique du charbon par spéculation dans les forêts des particuliers, les emmagasine et les revend aux maréchaux et forgerons de la plaine et dans la ville de Muhlhausen. Les propriétaires des établissemens de la ' vallée se plaignent de ces opérations. Le fermier occupe trois forgerons qui sont payés à raison de 8 livres du mille de fer, deux goujats et un releveur de charbons.
Les seigneurs deMasevaux croyoient que cette renar-dière étoit la leur. Ils n'ont appris qu'elle ne leur appar-tenoit pas, et que M. d'Anthez la réclamoit, que par le procès-verbal qui fut dressé, lorsqu'à la fin de ^762* M. Vallet dé Bains, voulant prendre possession des usines, fit procéder à leur visite: alors seulement M. d'Anthez déclara que la renardière existante lui appârtenoit. Le seigbeur de Masevaux fit sur le champ ses protestations qu'on inséra dans le même procès-verbalv Madame de Rosen se pourvut au Conseil d'état du Roi. Elle y demanda la destruction de la renardière, de M. d'Anthez à Oberbruek, et le rétablissement des deux feux de la renardière seigneuriale que ce fermier avoit fait démolir.                             *
II y a encore à Oberbruck un martinet appartenant à un nommé Weis. Cet atelier a été de même établi sajis lettres-patentes. Les fers se tirent de la renardière de M. d'Anthez.
Les fers de la forge seigneuriale d'Oberbruck sont employés pour la plus grande partie à la manufacture de. fer-blanc de Wegseheid, située à deux mille cinq cents toises N. O. de Masevaux , paroisse de SéVen..
Cette manufacture a été bâtie en 1718, et appartient
à
Ouvriers.
Contestation*
Martinet de Weis.
Manufacture de fer-blanc de Wegseheid.
Titres.

: ( 97 )
à madame la marquise de Rosen ; elle est la première             ■■
qui ait été construite en France^ A cette considération, Vallée «
l n • i .                    t,                      / \ î            • «i '                • Masnraux.
le Hoi Jui a accorde en 1720 ( 1 ) des privilèges qui affranchissent /ses fers des droits d'entrée dans les cinq grosses fermes* et lui accordent différentes immunités; 9 les lettres-patentes, obtenues à ce sujet, furent enregis­trées en la Cour des aides de Paris le \5 juillet 1722 , en conséquence .des-lettres d'insinuation du 22 avril précédent. Le 28 novembre 1739, il fut expédié d'autres lettres-patentes, registrées au Conseil souverain d'Al­sace le i3 février 1740, qui prorogeoienl l'effet des premières pour vingt années, à commencer du 15 juillet 1742. Le 11 novembre 1758, madame la marquise de Rosen obtint de nouvelles lettres-patentes registrées au. Coiïseil souverain d'Alsace le 24 avril 176*9, qui lui
(1) Le dispositif de ces lettres est conçu en ces ternies: « A ces » causes, etc.,.nous avons approuvé et approuvons par 'ce» présentes, » signées de notre main, rétablissement de ladite Tria nu facture de » fer-blanc au dit lieu T près de Masevaux dans la haute-Alsace, cl de » notre grâce spéciale,pleine puissance et autorité royale, avons per-» rais et accordé , permettons et accordons à l'exposant, par ces dites » présentes la continuation de ladite manufacture pendant l'espace m de vingt années consécutives , à compter du iour de l'enregistrement » des présentes, par tel nombre d'ouvriers qu'il jugera à propos, la » mettant sous notre protection et sauve-garde. Voulons que sur la » principale porte soit mise cette inscription: Manufacture » royale DE fers-blancs; et qu'il y pui'sse mettre garde » de nos livrées. Faisons défenses à toutes personnes, de quelque qua-V lité.et condition qu'elles soient T de contrefaire ni établir d'autre
/ '« pareille manufacture de fers-blancs dans l'étendue de notre province *. d'Alsace pendant lesdites vingt années, à peine de 10,000 d'amende, » applicable, un fters à nous, un tiers aux hôpitaux de» lieux, et » » l'autre tiers à l'exposant, et de confiscation des outils , métaux et ^ » marchandises. Déclarons les ouvriers qui travailleront à ladite ma-* t*- nufacture, qui n'auront aucuns biens dans la communauté où » elle est établie, et qui ne se trouveront auparavant employés dans
___Earile 1IL                                     N

Vallée de Masevaux.
( 98 )
= accordent encore une prorogation de vingt ans; et par lettres ministérielles du 29-octobre 1702, lesdits privi­lèges furent continués jusqu'au premier avril 1783, et ensuite prorogés par arrêt du Conseil d'état du 18 mars 1 joS, jusqu'au premier octobre 1796.
La manufacture de Wegscheid consiste en une forge, un four à réverbère, une suerie ou étuve, une étamerie, et autres ateliers nécessaires à la décapure et à l'étamage
Àieîiers.
Fab
l'icatiotu
du fer-blanc. La fabrication monte à douze ou treize cents barriques de fer blanc par an ; elle pourroitêtre portéeàdeux mille barriques. Les cisailles avec lesquelles on retaille les fens, vont à bras d'hommes, ainsi'que les remplieurs de languettes, comme nousFavorisdit. On fait venir Tétain par la Hollande et Strasbourg. On pré­tend qu'on n'en- consomme que dix-huit livres et demie
»• aucun rôle, exempts de toutes tailles, subsides, impositions et » chirges publiques dans ladite communauté pendant lesdites vingt v années. Déclarons pareillement les fers-blancs qui seront fabriques « dan» ladite manufacture , francs et exempts, pendant ledit temps, » de tous péages à nous appartenans, et droits de sortie dependans, » tant de la ferme de no.; domaines d'Alsace, Franche-Comté et « Trois-Evêchés , que de ceux d'entrée, appartenans à notre ferme h générale de France; et en conséquence les dits fers, destines pour » entrer dans le royaume , seront marqués et contrôlés par le commis s» de. nos fermes, établi dans le lieu le plus prochain, et sur les » certificats dudit commis, et ceux de l'exposant ou clés préposés, » pourront être transportes dans toute l'étendue de notre royaume en » franchise, et sans payer aucuns droits aux adjudicataires de nos » fevmes : le tout à condition que l'exposant donnera ses marcha n--» dises pour le même prix que telles qui venoient auparavant des » pays étrangers, et qu'il ne pourra en vendre, ni débiter d'autres que » celles qui auront été faites et façonnées dans ladite manufacture. t> Permettons à l'exposant d'avoir des magasins à Besançon , ou autres » lieux de Franc*he-Comté pour entreposer les marchandises de sa » fabrique et les faire, voiturer dans le temps le plus conveaable. Si » vous mandons, eLe. Donné à. Paris r le 14 septembre l'jao. «

( 99 )
par barrique, au lieu de vingt livres qu'on emploie à Bains. En prenant douzecent cinquante barriques de fer- Y .-.lire < blanc pour terme moyen de la fabrication totale, on trouve qu'on.emploie à Wegscheid vingt-cinq milliers d'étain, en le comptant sur le même pied qu'à Bains. Chaque quintal revient à cent vingt livres. La livre de suif coûte douze sous; on en consomme quatre mille cinquante livres. Les six boisseaux de seigle pesant cent quatre-vingts livres , se vendent dix livres dix sous ; la consommation se porte à cent quatre-vingt réseaux par an. On brûle environ deux cents cordes montagnardes Bois et chai de bois, pour le fourneau de réverbère, les étuves et le chauffage des ouvriers. On n'y fait point usage du charbon de pierre. La consommation eu charbon pour l'élargerie et l'étamerie, monte de -cent cinquante à deux cents bannes. Il se tire des forêts voisines, toutes appartenantes à des particuliers; la banne revient à dix-neuf livres.
Cette usine occupe un maître étameur, quatre Ouvriers compagnons , quatre écureurs , deux plalineurs, deux élargisseurs, un chauffeur, un goujat, un trempeur, un livreur, un maréchal, un valet, un voiliirier, en tout vingt ouvriers et un commis. En prenant pour base les calculs que nous avons adoptés pour la manufacture de Bains, nous compterons le prix moyen delà barrique à cent huit livres, de manière que la vente annuelle Vente a doit monter environ à cent trente-cinq mille livres. Ce n'est qu'en France qu'on peut vendre ces fers-blancs; en Alsace on s'en procure de l'étranger à bas prix (i).
(i) Ceux de Landelsdorf près de Wund-siedel coûtent, rendus à Strasbourg, 77 îrv. 8 sous la barrique de trois cent Feuilles du poids
N ij

( 1OO )
===== II y a eu entre les co-fermiers de Masevaux, Ober-Vallée ue nmciK cj WWsçheid de longues contestations , décidées
Masevaux.                                ^ °                        n               .                         T         .
par un arrêt du Conseil souverain d Alsace du 16 septembre 1780, et portées depuis au Conseil d'état. Elles ne concernent que leurs intérêts particuliers.
Le fourneau de Masevaux, la manufacture de Weg-scheîd , et la forge d'Oberbruck pourraient augmenter leur fabrication d'un tiers, et même de près de moitié; mais la rareté des bois, qui chaque jour se fait sentir davantage , les - nouvelles usines qui .se. multiplient dans la vallée de Masevaux, et l'exportation qu'on fait sans cesse des charbons, si nécessaires au roulement de ces usines, nuisent beaucoup à leurs travaux. A l'époque de rétablissement des usines seigneuriales de Masevaux, il n'y avoit dans toute la vallée qu'une taillanderie à Oberbruck, et une autre à Love,distante de la première de sept quarts de lieue ; maintenant il existe à l'endroit où étoit la taillanderie d'Oberbruck une forge en règle , appartenante à M. d'Anthèz, dont nous avons parlé ; un martinet nouveau construit au village d'Oberbruck ; les taillanderies de Kirchberg et de Langenfeld ci-dessus décrites ; et dans remplacement de la taillanderie de Love , on vient d'établir une renardière. Tous ces établissemens ont été montés sans ohtention de lettres y patentes. De toutes ces usines, la plus importante, après celles de madame
de cent cinquante livres. Ceu^ de Geîslautern , près Saarbriïck , reviennent aux prix suivans: savoir, la barrique du poids de cent vingt-cinq livres, rendue à Strasbourg,.de 74 liv. 10 sous à 76 liv. '7 la barrique du poids de cent cinquante livres , 80 liv. Celle de cent soixante-quinze livres, 87 liy. j et celle de trois quintaux, 160 liv.

C »°i )
de Rosen , est celle de M. d'Anthez, dont nous venons =
de dire que les fermiers actuels de la maison de Rosen
Vallée -Masevaus..
demandent la destruction ainsi que de tous les nouveaux établissemens de la vallée de Masevaux; prétendant que les bois de la seigneurie suffisent à peine pour faire rou­ler les usines seigneuriales avec l'activité dont elles sont succeptibles; ils demandent aussi qu'il soit défendu à toutes personnes de faire le commerce des charbons, de les sortir de la vallée et sur-tout de les conduire à l'étranger.
Après avoir rendu compte de toutes les usines de Mines de fer
cette vallée, nous allons nous occuper des mines qu'elle
hi-montait: de la Peroune.
renferme. Les premières se trouvent dans la montagne de la Péronne qui-fait partie de la forêt seigneuriale de Rosen ; elles dépendent de la paroisse de Masevaux. On y voit un filon de mine de fer d'un à deux pieds d'épaisseur; il a deux lisières argileuses; il est dirigé sur une heure quatre huitièmes , et incliné, au levant. On en tire de l'hématite noirâtre; ce filon s'exploite par trois galeries ouvertes à cinq ou six toises l'une au-dessus de l'autre , de manière que-l'inférieure est envi­ron à douze toises de la supérieure ; elles ont chacune douze à quinze toises de longeur; le filon s'y soutient bien. Dans la galerie supérieure, on a fait sur l'inclinai­son du filon une foncée qui peut avoir vingt pieds de profondeur; à son sol le filon a près clé trois pieds d'épaisseur, son mur est revêtu de spath calcaire, et une petite veine d'argile le sépare de son toit. Le maître mineur a reconnu ce filon » par des trous d'affleurement, sur une longueur d'environ cent toises. J'ai trouvé quatre mineurs'Employés à ces travaux;

= ils sont payés à raison de cinquante sous le eu veau. Vallée de j| y a dans ]a paroisse de Houppach des minières qui fournissent de l'hématite noire; ce village n'est '
Mtne de fer ' „                           .                               -                     ^
de Hou'joach. clu a onze cents toises au nord nord-est de Masevaux, et fait partie de cette seigneurie, tes minières n'étant pas en exploitation lors de ma visite, je n'ai pu les voir.
Mine de fer lien fut de même des travaux de Buehburg : ceux-
deBuchburg. c[ étoient plein d'eau ; j'y passai inutilement en
allant à Niederburbach. Ils sont situés dans la forêt de
l'abbaye de Masevaux, à une petite lieue de la ville de
ce nom.
Mine de fer J'ai déjà dit que la montagne de Kohlerberg ren­de KMîerberg. fèrmoit aussi des mines de fer. Cette montagne dé-CamsieVAca- pend de la paroisse de Niederburbach, lieu situé à fôi"V-"n"" * 4' ^€ux mille toises au nord-est de Masevaux; il appar­tient aussi à la maison de Rosen : on y trouve de la mine de fer en roche. Le filon, qu'on poursuivoit à l'époque dé ma tournée , étoit dirigé sur trois heures septentrion ; ses parois étoient un grès gris et jaunâtre , assez dur à une certaine distance du filon ; il devenoit plus tendre et plus blanc à mesure qu'il s'en approehoit; dans cet état, il sert,même de gangue au filon f et de temps en temps il en occupe toute l'épaisseur, qui est communément de deux à trois pieds. Ce filon n'est pas bien réglé , et il a été mal exploité dans la galerie supérieure. Il se partage en deux dans les deux galeries inférieures à celle-ci ; et se jette alternativement dans le toit et dans le mur. J'ai vu le minerai de ces fosses ; il étoit fort mêlé K                 de grès friable, et en majeure partie décomposé,

( io3 )
ou r powr me servir de l'expression familière des mi­neurs, traité ou brûlé. Quatre ouvriers travailloient "Vanré1 de a ce minier.
En face du travail de Kohlerberg, on a commencé Mtm-dcftide­dans la montagne de Georgenwald , une galerie sur '* mimlJi<-!:c <!t'
/M         1 ,. i                               *"                            i<                     i           Gcorjromvald.
un iilon^ont la puissance, au jour, esta environ deux pieds. Elle n'avoit cjue quatre toises lorsque je la vis, de manière que je ne puis prononcer sur l'importance de cette initie, Ja dernière dont j'aie à parler dans la Vallée de Masevaux, que je quitte pour passer à celle de Thann,'et de Saint-Amarin.
La ville de Thann est à l'entrée de la vallée de Vallâ- de Saint-Amarin: on compte de Masevaux à cette ville, Tlmuu n do quatre mille cent toises dans là direction de l'est Salnl Ama1111' nord-est. Cette vallée est au nord-est de eelîe de ,flîf'" '*L ''"'"" Masevaux et au revers des montagnes dont celle-ci ,f,4,f. 55ct—. est bordée du côté du septentrion. M. Schœpflin (1) met la vallée de Saint- - Afttarm-■-au nombre des cantons de l'Alsace , dans lesquels on trouve des mines d'ar­gent. Ce savant rapporte (2) qu'Achatius, abbé de Mnrbach, fît le premier ouvrir, en 1470, les mines de jer et d"airain de la vallée de Saint-Amarin : l'abbé de Murbach est seigneur de la partie supérieure de cette vallée; M. le duc de Valeutinois l'est de la partie inférieure, c'est-à-dire du bailliage de Thann. Cette dernière portion de la vallée porte le nom de cette ville.
En vertu de lettres de don, que j'ai rapportées en ren­dant compte des mines de Giromagny , le droit des
(1 Alsat a Ulustrata, to,m. i , pag. 12. (2) Ibid. totîi. 2, pag. 99.

^
====== mines dans le bailliage de Thann appartient à M. le
Vallée de Quc de Valentinois aussi incontestablement que dans
Saint-Amarin. i        -'in         *.
le comte de Rosemont.
ti des mines. Le Conseil d'état accorda en 1752 à M. de Gensanne la permission d'exploiter pour quinze années les mines de cuivre, dans la partie du va! de Saint-Amarin qui dépend du chapitre de Murbaçh, et (1) depuis, une nouvelle compagnie, dont M. de Gensanne étoit aussi membre, obliut du roi le 8 août 1768, la faculté d'ex­ploiter pendant vingt ans, les mines d'or du val de Saint-Amarin sauf, après quatre années franches, à remettre à Sa Majesté le cinquième de for en nature au titre de dix-huit karats. M. Hellot avoit extrait de for, du minerai que la compagnie lui avoit apporté comme provenant de cette vallée. On avoit estimé qu'on en lireroit quatre onces par quintal.
Sa Majesté n'a accordé ces diverses concessions sans la participation du chapitre de Murbach, que parce que celui-ci n'avoit point encore obtenu de lettres-patentes confirmatives de ses droits. Ces lettres lui ont été expé­diées au mois de juillet 1780, et enregistrées au Conseil souverain d'Alsace, le 20 septembre suivant. L'article 7 porte positivement » que les abbés, prince et chapitre » de Murbach, jouiront du droit d'extraire, dans l'éten-» due de leurs terres et seigneuries, les mines d'or, d'ar-« gent, d'acier, de fer, et de tous autres métaux, rai-» nièreset minéraux, etc. « L'article 8 s'explique au sujet des usines, comme il suit: «Pourront en conséquence v lesdits abbés, prince et chapitre établir dans leurs
(1) Anciens minéralogistes , tom. 2, pag. 778,
,                                                   » terres

> terres et seigneuries , les forges, fourneaux, fonde- ================
» ries et martinets nécessaires pour le travail des iné- v allée <w*
Sainl-Amaiin.
>» taux. «
A l'exception des mines de fer, je n'ai trouvé aucun travail en activité dans la vallée de Saint-Amarin. Depuis M. de Gensanne , les mines de cuivre, de-plomb et d'argent n'y ont plus été exploitées.
M. de Gensanne ne eonrrorssoit que deux filons de Minedrenlu­mine d'argent dans la vallée de Saint-Amarin (i); mais et &fllL 'l>. ll il y comptoit plus de vingt-cinq ruons de mine de cuivre. Xmarm. II met au rang des premiers le filon de Werscholls, et celui de Saint-Antoine, qui est auprès de la fonderie d'Orbe ; il nomme parmi les seconds les filons de Saint-Joseph, de Storckenson, de Sainte-Barbe, de Steingra-hen ; cet ancien concessionnaire observe (2) qu'en gé­néral , dans la vallée de Saint-Amarin , tous les filons qui tiennent du cuivre, vont de l'E. à l'O, et ceux qui tiennent du J/n du N. au S.
A deux mille toises au-dessus de Saint-Amarin, la vallée se divise en deux branches; l'une monte vers le point de partage des eaux versantes des Vosges, en se dirigeant au N., et en passant par Odern et Wiîden-stein ; l'autre s'élève vers le couchant par Orbe. C'est Vallon d'Orbe, dans cette dernière que se trouvent la plupart des mines de "cuivre et d'argent. Celles de fer sont plus près de la plaine. Je commence par la notice des mines de la partie supérieure de cette vallée, et particulièrement par celles, de Steingraben.
(1)   Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag. 170et 171.
(2)  Loc. citât, pag. 173. ■„'-'■
___Partie III.                                        O

\
( 106 )
= '          = La montagne de ce nom , escarpée et très-haute, est
\allée de à une ]jeiIe au-dessus d'Orbe. M. de Gensanne rap-
Saint-Amarin.           t • \ *                   -, u           ' j r                   J            ..L
porte (1) ({lion y avoit trouve des fragmens de spath j blanc, avec des feuilles d'or vierge, maïs qu'on a fait d'i-de nutiles recherches pour découvrir la veine d'où ces mor-'• eeaux avoient été détachés (2). On débite à Oibé les mêmes fables que l'on répète presque darus tous les can­tons 011 il reste quelques vestiges d'exploitations faites sur des mines de métaux parfaits : des étrangers vien­nent, dit-on, remplir furtivement des sacs entiers de matières minérales ; de grosses flammes sortent' fré­quemment de ces mines pendant la nuit, etc.
Mine deeuîvre Les travaux les plus élevés, qui se trouvent à la mon-du haut et bas taSrne ae Steingraben , sont ceux du bas et du haut
bain l-IS kolas. _ *". XT, , 5\ , „                  ,.           , r,           ,
Saint-Nicoias. M. de Gensanne dit que le mon quon y exploitoit étoît puissant, et qu'il avoit sa direction du N. E. au S. O. Sa gangue étoit une espèce de quartz verdâtre fort dur; cependant le filon étoit tendre, il fournissoit du bleu de montagne, de la mine de cuivre jaune et de la mine de cuivre couleur de poix. Du temps de M. de Gensanne, les travaux avoient cent cinquante piêtis de profondeur ; si on l'en (3) croit, le minerai ne s'y trouvoit que par bouillons, et la manière dont il s'y ren-controit fèroit presque imaginer que les travaux qu'on
(1) Mémoires des Sa%-ans étrangers, tom. 4, pag. 174.
{2) C'est vraisemblablement sur quelqu'un des échantillons indiqués ici » que Hellof a opère Voyez ci-dessus pag. 104) ; mais il me paroît très-probable qu'ils provenoient de quelque minière étrangère, car on n'aurok pas si facvienient perdu de vue un filon qui donnoit autant d'espérances.
(3) Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag. 173.

( io7 )
faisoit poursuivre étoient dans le i ici! homme (i). '........--j=a
M. de Gensanne parle aussi d'un petit filon croiseur . Xalîv{' <îe qui prodinsoit.de la malaciiite , de la mine de cuivre jaune., avec une effloresecuce rosé et lilas . ce (jui feroît présumer que ce minerai tcnoii du cobalt ; il assure t qu'il en avoit retiré quelque"peu d'or. Les ouvrages du \bas Saint-Nicolas consistoient en une galerie prise sur Iè\fîlon, longue d'ertvimrt deux cents toises.1 Près de son\ntrée étoit une foncée de quatre toises ; et à la télé de la galerie on avoit pfâîîqûeTTïrre seconde foncée de vingt-quatre toises , du sol de-laquelle on sVst étendu sur Je filon ,\et dans cette extension., on a creusé encore d'une toise eh profondeur, ce qui donne les cent cin­quante pieds qùe^ j'ai indiqués ci-dessus On ne connoît pas positivementvfe(èndue-de la galerie du haut Saint-Nicolas, supérieure\la précédente de cent pieds: seu­lement on sait que cèktravaux secommuniquoient. Au rapport des ouvriers qui c^nt travaillé dans ces mines, le filon s'étoit très-bien soutenu : et on n'avoit jamais ct?ssé d'y trouver de la mine à hoèçard : si Ton en juge par quelques restes de déblais, sa gangue étoit schisteuse.
M. de Gensanne (2) a fait travailler en deux endroits MinecWuivic sur des filons de mine de cuivre, au revers de la mon- doi^' Anlmmj» tagne de Steingraben, dans la vallée de Bruchbach, par­ticulièrement à la mine de Saint-Antoine. Le minerai y étoit de bonne qualité, mais peu abondant; les anciens
(i)'En allemand der alte mann. On entend par cette expression les déblais dont on a comblé les anciens travaux: souvent les pihrs, qui filtrent au travers de ces décombres, font l'office d'un ciment et ies unissent en masse.
(2) Mémoires des .Savans étrangers, tom. 4,pag. 174.

; assurent cependant qu'il y avoit communément Vallée de depuis trois pouces jusqu'à six de minerai massif. Les haldes de ces travaux étant couvertes de gazon,■■ n faut s'en rapporter aux ouvriers dé ce temps-là sur la nature de ces ouvrages. M. de Gerisanrie y avôit placé un seul mineur, qui en trois années de travail n'a fait, dit-on , qu'une galerie de six toises. Elle étoit jointe à son extrémité par un puits de deux toises, qu'on a creusé seulement de quelques pieds au-dessous du sol delà galerie. Le filon est dirigé sur trois heures. M. de Gen-sanne dit avoir trouvé aux environs de cette mine une espèce de grenats en très-petits grains, et d'une très-' *            belle couleur : il rapporte aussi qu'il yja. dans la vallée
de Saint-Amarin des cristaux de roche d'une fort belle *' eau. Sans doute ces derniers se trouvoient dans les fosses où il faisoit travailler.
Minedecuirre En descendant-de la mine de Saint-Antoine d'en-
d'Unterwasen. viron huit cents toises, on trouve vers le midi et du
coté de la chaussée, qui conduit d'Orbe à Bussang,
les anciens travaux d'i^nterwasen. Les cordeliers de
Thann ont entre leurs mains des notices qui constatent
que cette mine n'a été abandonnée autrefois qu'à cause
des guerres, et qu'on y a déposé en un même endroit les
outils, placés en croix les uns sur les autres. Il y a trente
ans que M. de Gensanne y a fait travailler pendant
quatre mois, et on prétend qu'il n'a ce^sé cet ouvrage
que sur de faux rapports de son directeur, qui vouloit
le poursuivre pour son propre compte. Ce filon dirigé
sur trois heures donnoit, à ce qu'on assure, depuis six
pouces jusqu'à un pied de minéral massif; les eaux
étoient fort abondantes dans les ouvrages^ S'il s'agissoit

V                 l           ( 109 )
de travailler cette mine de nouveau, on ne pourrait éviter les frais journaliers de l'épuisement des eaux, ^slie<> d? ■quen prenant dans les près, auprès de la grande route, une galerie d'écoulement qui auroit cinq ou .six cents toises de longueur. Les gens du pays prétendent qu'il y a dans ces fosses une masse de cuivre pur, renflée au milieu, et terminée en pointe des deux côtés, repré­sentant à-peu-prës deuxièmes joints par leur base. 11 est difficile d'imaginer à quel usage les anciens pou-voient l'employer, si toutefois il est vrai qu'elle existe.
En suivant la montagne de Steingraben et toujours Buhbm; ou au nord d'Orbe, on trouve celle qui porte le nom de n»»»i^»f ^ Rithberg ou montagne du Repos. Elle renferme les tra- "'T"*-vaux de Sainte-Barbe, que M. de Gensanne fit commen- M\n*<l™Tn ceren 1704 (1) : il y avoit lajt" ouvrir, sur un filon de • mine decuivre, une galerie qui n'a été poussée qu'à douze toises, et dont.Tentrée est.maintenant presque fermée par les broussailles. A quatre toises de la tête de cet ouvrage on a fait une foncée, dont la profondeur égale la longueur de la galerie. Le filon y est dirigé sur quatre heures , le rocher de ses parois est du schiste , sa gangue du quartz rougeâtre, mêlé quelquefois (ÏJELsen-tam ou fleurs d'hématite. Le minerai qu'on en extrait, est jaune et quelquefois rougeâtre ; on en a trouvé de massif, dont l'épaisseur alloit jusqu'à un pied. Les eaux y étoient abondantes.
On voit au pied de la montagne de Steingraben les Fonderie de ruines d'une ancienne fonderie. Elles sont environ à Sieingraben. douze cents toises du village d'Orbe , à la gauche de la
(ï) Mémoires des Savans étrangers , tom. 4, pag. 172,

( 110 )
= chaussée de Bussang. On retrouve encore le coursier et a ee 5 la cage de la roue, on y reconnoît aussi l'ancien empïa-
Saint-Amann.          °                           J                                             r
cernent d'un boccard.
*Minedc cuivre La mine de Saint-Bernard est située peu au-dessus de
<îe St.Bernard, cette fonderie : ses- travaux consistent en un puits qui communique, à la profondeur de neuf a dix toises, avec la tête d'une galerie qui.a elle-même cinquante à soi­xante toises de longueur. Celle-ci est sur Je filon qui a sa direction du sud au nord ; le puits e^fpîeîrTd'èau, et la galerie se trouve noyée en partie. Le rocher est du schiste, et la gangue du quartz ; ce dernier renferme mine de cuivre jaune et de la galène, l'une et en petite quantité.         '.
Mine de cuivre En se rapprochant d'Orbe d'environ six cents toises,
de St. Joseph, toujours au nord de ce village, et en remontant la Schliss, on trouve, les travaux de St. Joseph, que M. de Gensanne a poursuivis pendant près de vingt-cinq ans , et dont on assure *que le produit étoit par chaque mois , de quatre-vingt - dix quintaux de mine de cuivre^ur et prêt à être fondu. Les mineurs du lieu "disent'qu'elle rendoit jus­qu'à cinquante livres pesant de cuivre au quintal. On avoit pratiqué dans cette montagne deux galeries, l'une supérieure, au quart de la hauteur de la montagne , et prise dans la direction du filon qui est sur trois heures; le niveau de cette galerie a offert peu de points produc­tifs; des recherches faites dans son sommet, ontétépres-qu'aussî infructueuses , si bien qu'on ne voit guère au-
J                  dessus d'elle que des puits d'airage. On a constamment
poussé les travaux dans la profondeur où le minéral a été très-abondant. La seconde galerie a été prise à la base de la montagne* elle étoit destinée à mettre à sec les

(lit )
travaux supérieurs a*rec lesquels e]leîcommuniqubit,et,
comme Ja précédente, elleétoit établie sur la direction du Vallée de
filon, et avoit ete poursuivie a quelques cents toises. A
l'approche de cette galerie-basse, le filon s'étoit, dit-on,
appauvri,etles recherches qu'on avoit faites par une fqncée
à plus de quinze toises au-dessous de son sol. avoient
fait croire aux mineurs alors employés aux travaux, que
le filon ne se réteu!issoit-pas dans les fonds. On en tiroil
de la mine de toute espèce; M. de Gensanne (t) cite
particulièrement un minéral couleur de pourpre vif,
tigré de jaune, et une malien- blanchi? semblable au
spath, qu'il dit être de la pure mine de cuivre. L'espèce
de quartz feuilleté qu'il donne pour gangue à ce filon,
est du spath pesant parsemé de vert de montagne et de
mine de cuivre jaune.
A la gauche du village d'Orbe , au-dessus de celui de Mincdecuîvnt Storckenson,M.deGensanneavoit découvert un filon de de St* Jean de cuivre jaune, dont les ameuremens se montraient tout le long d'un ruisseau, jusqu'au sommet de la montagne         rf
qui est très-peu élevée: le filon s'étend même à droits l dans leRundersberg; il est dirigé surdix heures, et incliné à l'est. M. de Gensanne l'attaqua sûr sa direction par une galerie qu'on prit au pied de la montagoede Storckenson, et qu'on poursuivit à vingt-cinq toises. On voit à la tête de la galerie deux pieds de mine qu'on a laissés dans le rocher, quoiqu'il fût facile de les en arracher. Ce travail n'exigeoit pas ^u'étaneonnage. M. de Gensanne dit que . le minéral étoît^œil de perdrix: c'est san^. doute de la mine de cuivre hépatique qu'il a voulu * désigner. Des
(î) Loc. citât, pag. 171.

( 112 )
:— morceaux choisis lui donnèrent quarante livres pesant Vallée de ^ cujvre au quintal. Le filon est traversé par plusieurs
Saint-Amarin. .             1 i,                  i • i 1 » • i                             .- '
veines , dont 1 une rendoit de la mine de cuivre azurée, avec de la mine grise tenant argent. Ces travaux portent le nom démine de Saint-Jean.
Minedecuivre A trois quarts'de lieue de ceux-ci, au-dessus du lac
de la montagne de Perche, sont les mines de la montagne de Perche :
e ercie. on n'y connoît qu'une galerie de huit toises, s'étendant
comme le filon sur neuf heures; celui-ci est incliné à TO.
ses parois sont d'une roche schisteuse, et sa puissance
est d'un pied à dix-huit pouces. Un banc de schiste le
coupoit à la tête de la galerie ; il n'a pas été recherché
^            au-delà. Ce filon donnoit de la pyrite cuivreuse jaune,
assez pauvre . accompagnée cependant d'une terre
rougeâtre , qui pourrait bien être de la chaux de cuivre
rouge, ou de la mine briquetée.
Minedeplouib Le prince de Lœwenstein , ancien abbé de'Murbach , et argent d'Un- avoit fait des dépenses considérables pour reprendre temersc 10 tz. i"e.xploitation des mines d'Unterwerscholtz, situées près de la rivière de Chilpert, à l'O. du village de Moschbach. 11 paroît, par J^s anciens décombres, qu'on y avoit poussé des travaux fort vastes. Ceux dont les gens du pays ont connoissance aujourd'hui, consistent en une galerie longue de quelques toises seulement , peu distante de la rivière, et en un puits creusé au niveau de la même rivière, par les ordres du prince de Lœwen-.*■ stein, et qu'on fut obligé d'abandonner à cause des eaux. Il existe plusieurs autres puits, tous comblés aujour­d'hui. T_e filon s'y trou voit dirigé sur deux heures, il donnoit de la galène et de la mine d'argent grise, et il
étoit enrichi par plusieurs y èmes joignantes. Il y avoit
-----------------•                                      auprès

( u3 )                              ,_^
auprès de cette mine, et sur la rivière, une "fonderie =====: dont il ne reste plus que les vestiges des fondations et . .         ".<l
i r                   i i • • t ir         i                    i                    t Sauii-Aman».
des fragmens de laitier, Indépendamment des mines de cuivre et d'argent que je viens de décrire, on voit encore dans la même montagne, du côte de Moliau, et en d'autres parties de ce canton , un grand nombre de haldes. Une compagnie qui se bornerait à l'exploitation de ces espèces de mines, dans la vallée de Saint-AnVarin, deviendrait très-utile, et rendrait dans le royaume les cuivres plus abondans qu'ils ne le sont. M. de Gensanne observe, que les mines de la partie des Vosges qyi est au midi de Saini-Amarin , sont ordinairement des mines de plomb, de cuivre et d'argent*; qu'aux emi-rons de Saint-Amarin , il n'y a presque que du cuivre, et qu'au nord de cette vallée, les mines d'argent domi­nent ; qu'on ne trouve avec "elles que peu de cuivre , et presque point de plomb, Cette distinction est au moins trop générale; elle ne doit s'appliquer qu'aux pays situés depuis Giromagny , jusqu'au val de Munster. Nous verrons par la suite, que Sainte-Marie-aux-mines,est particulièrement dans le cas d'une exception.
M. de Gensanne n'a fait, dans son résumé, aucune mention des mines .de-fèr, parce qu'il ne s'est point occupé de cet objet. Quant à moi, je vais, avant d'en parler, faire connoîtrè les différentes usines que la vallée renferme.
A son extrémité la plus reculée du côté du nord, Verrerie de est située la verrerie de'Wildenstein , distante de cinq mille toises nord-est de Saint-Amarin, 17.700 toises S. E de Colmar, et 10,200 O. de Guebwiller. Cette ---Tartieim                               P
*\-

\          (114)
«=~-^—------ag-as verrerie existe depuis 1699 (1); il n'a pas fallu. de
ValK'c de lettres-patentes pour l'établir , puisque sou existence ..:.i..i-.».i.a.in. est an|(irjcllJC (ïc vingt-trois ans à l'arrêt du con-
seil (^)r ce qui n'empêche pas que l'abbaye de Murbach n"ait mi convenable de se faire autoriser par l'article huit des lettres-patentes qui lui ont été accordées en 1700 (3), à laisser subsister la verrerie de Wildenslein. Le teita-fn sur lequel elle est bâtie, et hs champs cultivés par les verriers , ont été acquis par bail emphytéotique perpétuel. Chaque arpent paie un canon annuel de trois.livres à l'abbaye de Murbach , ou de Guebwiller. Cette usine appartient aujourd'hui à dix'propriétaires qui vont chacun un pot ou creuset Fabrication, dans un même fourneau. Chaque pot contient cent trente livres de matière. La .principale fabrication de cette verrerie est en bouteilles ; un seul des associés fait du verre blanc. En évaluant chaque pot à cent bouteilles ou pièces, On trouve qu'il s'y fabrique Consomma- environ mille pièces dans vingt-quatre heures. Cette
lion $able.
n terre et verrerïe marche à - peu - près huit mois de Tannée, La
terre des creusets se tire de Pfaffenheim, au-dessous de Ruffach , clans les terrains des particuliers-, qui vendent le boisseau de terre trente à trente-six sous : le quintal rendu à la verrerie , revient jusqu'à quarante-huit sous.
(l) » Unâ supra {J?iUer.st/mium leucâ jd iy.nim fertThum fontem, offi.-■» clnatn vitriarium anno 699 Murbacsnses struxerunt. « Schœpflin, Alsatia ilîustrata , tom. 2 ,.pag 9.
(a) Voyez ci dessus le prononcé de cet arrêt, pag. 3o.
(3) Voici les termes de ce- article, qui concernent cet établissement: j) Ils pourront aussi laisser -ubnster la verrerie, établie derrière » l'ancien château de Wildenstein, dans la vallée haute de haint-« Amarin. « Le commencement de cet article, qui concerne les forges 5 a été transcrit ci-dessus 7 pag. 104.

( «S )
On achète à Férette la terre pour les briques du finir- "■—neau. Le ionneau de cette terre, pesant ciuiiizc à hm'/c ^;'i; c]u:nM:.!ix, revient a vingt uvres rendu a ici verrene. Le sabr::- pour le verre à bouteilles, est tiré de Ilartmaiiu-schwiiler. La charge de deux chevaux , revient sur les lieux à trente sous. Le sable blanc \ient. de Beileieux, dans le pays de Porenfrui. La voilure rend au prince quatre livres de droits ; elle contient trente-six quintaux qui coûtent nois à quatre livres chacun. Les cendres Ccndiv* s'achètent dans la vallée , environ à neuf sous le bois- Jiillu:-1-seau. Les salins se trouvent aussi dans la vallée (i); ils se paient vingt-cinq , vingt-sept et trente livres le quintal. La manganèse, pour la fabrication du verre Man-a blanc , se tire du Tyrol, et coûte jusqu'à dix-huit livres le cent ; on emploie aussi quelque peu de manganèse pour le verre à bouteilles.
Depuis-ictablisejîîÊHt de la verrerie , le.chapitre Bols, de Muibach a constamment fourni six cents cordes montagnardes, de cinq pieds de haut, sur dix pieds de couche, et trois pieds et demi de taille. Le pre­mier bail passé à ce sujet , fut de soixante ans. Il a été suivi de trois autres de neuf ans; le dernier de ces baux doit expirer en 1790, et porte le prix du bois à trois livres. Les verriers ont la préférence dans toutes les ventes de bois du chapitre. Il sont solidairement engagés ,les uns pour les autres.
(1) On envoie des salins de cette \allée à L\on. Le nonmié Kiesic d'Odern en fiait commerce ; il les vend au maître de poste de la Cha­pelle, qui les expédie à Bel foi t, d'où on les lait passer à leur desti­nation. M. Calleuse de Gucbwiilcr en Hue à Lyon cuire deux vt trois cents barriques , la bairiquc contenant six à sept quintaux.
"-                                                  Pi)

( 1,6)
On compte à cette verrerie six tiseurs, dix petits \ allée de g^çons, qui entrent et sortent le verre des voûtes
Saint-A marin. , * r . ,.                  , ,        ,                   , n -,             1 ,.v
a refroidir; et indépendamment des rondeurs, deux personnes à chaque place pour soi?filer. M. de Blair, intendant d'Alsace, exempta, par ordonnance du 14 mars 1766, sept garçons verriers du tirage de la milice, en conséquence de l'article 24 de l'ordonnance du Roi du 27.novembre 176.5.
Vente annuelle. On vend en Allemagne une partie des verres prove-nans de cette usine. Le prix du cent de bouteilles d'un pot, ou de trois chôpines, est de quinze livres; celui des bouteilles de deux chôpines, de douze livres ; le cent de verres se.vend six livres; le cent de carafes blanches de trois pots, en comptant vingt-quatre pots à la mesure, trente-six livres; le cent de carafes de frente-deux pots à la'mesure, trente livres.
Nous avons dit ci-dessus qu'il se fabriquoit à cette verrerie mille pièces en vingt-quatre heures, ce qui produit, pour les huit mois de travail, deux cent ■ " quarante mille pièces ; en prenant vingt-une livres pour le terme moyen des différens prix, il en résulte que la vente se porte annuellement à cinquante mille livres environ.
Taillanderie En se rapprochant un peu de la plaine, on trouve de w iJiers. dans ta même vallée la taillanderie deWillers, paroisse du même nom, située à deux mille trois, cents toises S. E. de Saint-Amarin. Elle appartient à M. Borneck, directeur du fourneau de Bitschweîller. Cette taillan- * derie paie au chapitre de Guelnviller un droit de ,                cours d'eau, et cent dix livres de loyer; sa'consomma-
tion va de six à sept mille livres de fer, qu'elle prend

( «7 )
à la forge deWillers. On y fàisoit autrefois cîii petit fer: la fabrication monte à près de trente milliers.
En continuant à s'approcher de l'ouverture de la vallée, on rencontre sur la rivière de Thuren , le fourneau de Bitschweiller ou Rudcnsthal, situé au ban C:rUi Je cîe Saint-Willer. à mille deux cents toises sud -est -de Ji-ni*\ u . ce lieu , et à trois mille deux cents toises même ' '*"• direction de Saint-Amarin. : il appartient à MM. de Guebwiller ou Murbach, qui l'ont loué à M. Laurent.
Les usines du chapitre de Murbach ont été établies Tiin-s. en vertu d'un arrêt du Conseil du 10 mars 1739, et de lettres - patentes du même mois , registrees au Conseil souverain d'Alsace le i5 avril suivant (1).
Les ateliers de cet établissement consistent en* un haut fourneau, une maréchallerie et une renardière. La fabrication du fourneau monte à un million cent mille livres par an; elle exige environ neuf à dix mille cm eaux de mine à trente sous, chacun du poids de quatre cents livres; on en compte treize au mille de fonte; ils sont d'un cinquième plus petits que ceux de Masevaux. On tire la plus grande partie du minerai, des mines dont nous allons parler. Il y a dix ouvriers et un maréchal au fourneau, et deux forgerons à la renardière. Nous avons déjà dit que
tmpADBD-6.jpg
(1) - A ces causes , de l'avis de notre Couses! , qui a vu ledit arrêt » du dixième des preseus mois et an , dont extrait est ei-ailai-hé sous » le eontre-scel de noire chancellerie, nous a\on.s conformément à » ieelui permis, et, par ces présente» signées de noire main , permettons •• aux exposans d'établir, et l'ai m* construire une iorge propre à faire ■■ du 1er, dans l'endroit de la vallée de Saint-A:isaiin , dépendante » de l'abbaye de Murbach, qui sera jugé le plus convenable. Si vous » mandons, etc. ■•

Vallée de Samt-Ainarin.
l'article 8 des lettres - patentes que le chapitre de Murbach a obtenues en juillet 1700 (1), permit à MM. de Guebvriller d'établir-cL par conséquent de continuer d'entretenir les usines existantes, nécessaires à ja consommation de leurs mines.
Forges ùv Saint-Weiler.
• Seulement à vingt-cinq toises au nord-ouest du
fourneau de Bitschweiller et à dix-neuf cents toises sud-est de Saint-Amarin, est située la forge de Saint-Weiler au ban et dans la paroisse de ce nom; elle appartient à MM. de Guebvilîer qui Font louée, ainsi que le fourneau, moyennant trente-mille livres à ce même M. "Laurent déjà locataire du fourneau de Bits-chweiiler. Son bail qui commence en juillet 1782, ne doit finir qu'en 1791. H est cautionné solidaire­ment de M. Jérôme-Stéhélin de Bâle , et de M. Bou-choite ; on a compris dans le bail cinq mille cordes
Bois.
montagnardes, à raison de quatre livres, de manière
que si les fermiers n'exploitent pas la totalité des cinq mille cordes , on déduit volontairement sur le prix du bail ce quïls ont coupé de moins. Le bois d'étai né­cessaire aux mines est compris dans cette quantité et évalué à la corde.
Ateliers.
Cette forge est composée de deux àffineries qui
travaillent en piquerie et d'un feu de martinet. On y voit encore une chaufferie, mais elle ne travaille plus: on compte mille trois cent cinquante livres de fonte au mille de fer, et quinze à seize cuveaux de char-Oyvriers. bon. Il y a à la forge et au martinet seize ouvriers. Le gros Ter se vend cent soixante-cinq livres le mille, le martinet ordinaire cent quatre-vingt-dix livres,
(1) Voyez ci-dfssus ,'pag. 104.

( ii9 •) la verge crénelée deux cents l'vres. Celle fbr<;c ne «==-=======:
manque jamais d'eau. Kn calculant qu'elle fabrique ^ }-f> *•*•
.,,.        i             r '         .                      . . ,.            Saint-AuKirln.
six cent milliers de gros 1er a cent soixante-cinq r,\res, • • .
■>                                     ..,.              i                .            -i              ,              .                                \ entei»:3m:i lie.
et deux cent milliers de petit , dont le prix moyen est de cent quatre - vingt ^ quinze livres, Ja vente annuelle scroit de cent trente-huit mille livres. ..
Plus près encore de la plaine et presqini fouvrrltire I-Vr»r de delà vallée on trouve la forge de Thann, située îïiu- *lwmi-bourg et paroisse de la viJItLçle Thann. à deuyi nulle d#ux cents toises sud-est de Saint-Weiler, subdélé-gcition de'Colmar, sur la rivière de Thuren ; elle appar­tient à M. Morantin . qui a le.déjiôt des .sels pour la vente étrangère. Cette forge très-ancienne existoit • avant l'arrêt de i7/i3, elle .n'a par conséquent point de lettres-patentes. Elle consomme en\iron cent ciu- i-'^bncatlon. quante milliers de fonte , sans compter la ferraille. Ses fontes se tirent du■■ibunieau de Masevaux; on comple à cette usine seize à dix-huit cuveaux ue charbon Bois et charbon, au mille de fer. Elle achète ses charbons dans les forêts des particuliers de la vallée.
La forge de Thann souffre beaucoup d'un moulin à huile qui partage avec elle le cours d'eau de la rivière.
Les objets de la fabrication de cette forge s'y Venteaunurlle. vendent en détail et peuvent produire par an cent vingt milliers, montant en argent à \ingt-un. mille livres environ.
Je pusse aux mines de fer renfermées dans la vallée Mines de «Vr de Sauil - Amarin. Les premières dont je parlerai tlcsont situées dans le territoire de Mosch , village qui se trouve à mille toises au sud-est de Saint-Amarin,

( 120 )
— dans le bailliage duquel il est situé. Ces mines
dallée de gont (|ans ]a montasne de Rucheruniz ou Glatte-Steeg près du torrent de Belaker ; elles servent d'ali­ment au fourneau de Bitschwéiller, et sont exploi­tées par une galerie qui entre dans la montagne sur neuf heures, et la pénètre sur une longueur de cin­quante toises. On y fît .une foncée où les eaux de-vinrent si abondantes , qu'on fut contraint , pour les faire écouler, d'ouvrir successivement.'deux tra­verses prises du jour. La plus élevée est à dix. toises au-dessous de la galerie; la plus basse en est a vingt toises. J'ai trouvé deux mineurs occupés dans ces fosses, ils en arrachoient de l'hématite brune. Wmes de fer La paroisse de Willer qui dépend du même bailliage
de VU lier, CS£ pjus abondante en mines de fer que celle de Mosch. On en compte sept en exploitation, dont quatre sont situées dans la paroisse et le ban de Willer même , et les trois autres dans le ban de Bitschwéiller (i), annexe de la paroisse de Willer^ Mines de fer La première de ces mines située dans le territoire
d'Ebeïfeld. de Willer, est celle d'Éberfeld ; le gîte qu'on y exploite est un coureur de gazon, sur lequel on a fait quatre galeries, longues chacune de quelques toises seule­ment. On en tire de l'hématite brune, qui se con­somme au fourneau de Bitschwéiller. Il s'est trouvé parmi ce minerai de fer un rognon de mine d'anti­moine striée. II n'y avoit que deux mineurs occupés à ce travail, à l'époque où je le vis.
(i) M. Seliœpflin ne parle que des mines de fer du ban de Bitsch­wéiller: BïtschwilUrautem fini fndials.inchruït, Alsatia Illustrata, tom. 2, pag. 98. ■ ' ■ ■
La

       ( 121 )
La seconde porte le nom de Carschbrunn. O/i y a ~-~~.-^~~---pratiqué deux galeries l'une au-dessus de l'autre, h dix Valu* de toises de distance. Dans la supérieure est un puits Sill!!('Al";il'!l1" dont lapins basse fait écouler les eaux. Le filon qu'on ''"Y".'1 erïe
. *                                                                               '          Larstlibrunn.
poursuit par ces travaux a deux pieds d'épaisseur. On en tire de l'hématite que l'on fond au fourneau de Bistchweiller.
La troisième est celle de Durst-thal, même terri- Mine» de r<r toire. Les travaux de ce minier ne consistent qu'en <w Dlirst-tha!-une seule galerie dans laquelle est une foncée. J'ai trouvé au sol de celle-ci un pied d'hématite. Pour tirer un parti avantageux de cette fouille, il eut été conve7 nable de faire un percejment inférieur aux travaux , afin de donner de l'écoulement aux eaux. Deux mineurs travailloient dans ces fosses. Je doute que le prix qu'on leur donne de la mine qu'ils livrent au fourneau , leur ait permis d'entreprendre ce -percement, qu'ils savoient bien être très-nécessaire pour continuer l'exploitation.
La quatrième et dernière est la mine de Mouïgerein. Mine de fer Elle a été attaquée par deux à trois puisards d'affleu-- ^ Mouig renient-, dont le plus- profond n'a que deux à trois toises. On y a trouvé un pied de mine de fer en hé­matite. Un seul ouvrier suivent ces ouvrages.
Les trois mines du territoire de Bitschvveiller -sont : Celle deWeckenbiochel où j'ai vu, à îa tête d'une gale- Mine-de rie de soixante toises, dix-huit pouces d'hématite très-solide, pesante et riche. Il y a deux puits dans cette galerie : à leur sol est un amas considérable de mine; mais les eaux gagnoient les ouvriers, et s'ils n'ont pas exécuté, pour s'en délivrer, un percement que je leur indiquai, ils auront été contraints d'abandonner cet -----------------                                           Q

---------~—- ouvrage. Le prix modique de trente sous par cuveau
^ aiki^de ^ mjne t qUe ies fermiers du fourneau de Bitschweiller paient aux mineurs , les met presque hors a état de """"tenter d'autre travail que celui qui leur procure im­médiatement de la mine. Deux ouvriers étoient em-• ployés dans ces fosses lors de ma visite*
Mine de fer Celle d'Eltzbach. Elle consiste en un amas corisi-d£hzbach. dérable de filons qu'on a «attaqués par dix ouvertures différentes. On tire de ces travaux, qui traversent la montagne en Quelques endroits, de4'hématite brune et de la mine de fer spalhique. La puissance moyenne de la mine est de trois pieds ; elle n'en a jamais moins de deux, et souvent elle en a quatre. Le travail de ces fosses occupe constamment vingt-quatre hommes,
Mine de fer de Enfin celle de Wirschgrund ; j'y vis un puits creusé \\ îrschgi-und. gur |e £jon> Qn avoit trouvé un pied de minerai à son sol, et lorsque je visitai ces travaux , deux ouvriers étoient occupés à ouvrir un percement pour venir à la rencontre de ce puits, encore peu profond. Toutes les mines dont je viens de rendre compte, dépendent, comme je l'ai fait observer, du bailliage de Saint-Ainarin , et appartiennent par conséquent à l'abbaye de Murbach. Elles sont toutes affectées au fourneau de Bistchweiller , et le minerai qu'elles donnent ne revient, l'un dans l'autre, aux fermiers de cette usine qu'à trente sous le cuveau (i).
(i) Le cuveau de Masevaux est plus fort d'un cinquième que celui de Ritsclnveiller ; le poids du premier s'évalue pour l'ordinaire à .5co livres, et celui du second à 400 livres.

Je vais décrire maintenant les mines de la paroisse de =
Thann. J'ai déjà fait remarquer que le droit de M. le "Vall**1 dp duc de Valentinois sur celles ci me paroissok ne pou-
A                                                      ., .                .             ,                  Canes i.c VÀca-
voir être révoque en doute ; j ai eu soin également démk n llJ4> de rendre compte auparavant , page Sy, de la con- fol. 77. testation qui subsistoit à leur occasion entre madame la marquise de Rosen et le seigneur de Thann.
Les mines du bailliage de Thann sont les sui­vantes (1), savoir :
Celles de Kaltenbaechel , situées dans le territoire Mines de fer de même de Thann. Elles se trouvent en masses consi- K-alklll);et!ui-dérables , qui n'ont été attaquées jusqu'à présent que par-quelques puisards d'afïleuremens. On les a aban­données presqu'aussitôt qu'elles ont été ouvertes , parce que la mine qu'elles donnoient produisoit de la fonte blanche et engorgeoit le haut fourneau de Bits-chweiller, où on l'avoiEssayée. La gangue de ces mines est calcaire. On n'avoit pas eu l'attention de diminuer la quantité de castine dont on charge communément ce fourneau, et on y avoit jeté tout de suite une trop grande quantité de ce minerai. Ces essais eussent mé­rité d'être faits avec soin ; mais si on se déterminoit à exploiter cette mine pour le fourneau de Bitschweiiler, il faudrait préalablement s'en arranger avec M. le duc de Valentinois.
Celle de Baeckerkopf On y a établi deux travaux Mine de fer de à quarante pas l'un de l'autre. Le premier consiste'1
(1) Si je n'avois pas voulu rendre compte de suite de toutes les usines des vallées de Saint-Arnarin el de Thanu , j'aurai.- dû placer ici seulement la forge de Thann , décrite ci-dessus , pag. 119.
Q <"j

( «4 )
en une galerie, dans le sol de laquelle on a creusé vallée de une foncée d'où partent trois extensions inférieures les unes aux autres. 11 y a jusqua trois pieds de rai­nerai dans la foncée. La puissance du filon varie dans la galerie, ainsi que dans les extensions; pour l'ordi-*          naire elle est de deux pieds, mais el-b'se réduit quel-
quefois à six pouces. Il n'y a au seconc^Javaii que le commencement d'une galerie qui étoit enctere au jour lorsque je la vis. J'y trouvai un pied de mine. Les fer­miers- du fourneau de Masevaux, qui se croient suf­fisamment autorisés par les droits que prétend ma­dame la marquise de Rosen (i), faisoi-ent pousser le travail en ces endroits par deux mineurs , pour en employer le produit au premier de ces fourneaux, qui est entièrement étranger à madame de Rosen.
Mine de fer de Enfin les dernières et les plus considérables mines v.temjie.          ^ per ^pendantes de la jurisdiction de Thann , se
trouvent dans les territoires de Roderen et Ramersmatt, à la montagne de Steinbie , et s'exploitent pour 4a forge de Masevaux. Elles sont la principale cause de la contestation qui subsiste entre madame la marquise de Rosen et M. le duc de Valentinois, relativement à la traite des mines de Thann.
Minier supé- On a découvert nouvellement, dans la partie supé-neur# * rieure de cette montagne, un filon de quatre à cinq pieds d'épaisseur, dirigé sur onze heures et demie méridien, et donnant de très-bonne hématite noire et brune. On a pratiqué sur ce fiion une galerie d'environ dix toises de longueur. Cette galerie a été percée dans son
(i) Voyez ci-dessus, pag. «57.

sommet» au - dessus duquel on a laissé un plancher = pour suivre une seconde galerie, supérieure à cette dernière. Ce filon promet beaucoup ; quatre mineurs.
i » » r i •.*•«.                                        « i                '               Ouvriers.
sont employés a I exploitation , qui porte le nom d'Obergr/ib ou fosse supérieure.
A une centaine de pas au levant de ces travaux, Grand minier, est le grand minier, sur lequel on a pris une tiaverse longue de près de cinquante toises, dirigée sur douze heures méridien. On a rencontré par ce percement                   :
<un premier filon sur onze heures et demie, qu'on a • suivi sept ou huit toises seulement On trouva ensuite une veine d'environ six pouces, dont le toit est bien détaché; on la poursuivit, et ce travail conduisit les mineurs à cinquante toises du jour. A ce point la galerie fait un crochet presque à angle droit, allant vers le levant. On est parvenu, au moyen de ce coude, à un filou dont la puissance varie depuis deux et trois pieds jusqu'à deux toises. Ce travail est à une hauteur considérable de la montagne, et on n'a encore foncé qu'à quarante toises au-dessous du sol de la galerie. On a établi des pompes à bras pour en épuiser les eaux; mais il faudra bientôt prendre un.nouveau per­cement. Le filon se divise à la tête de la galerie en plusieurs,rameaux ; on espère, en poursuivant celui du milieu, et en continuant la galerie de sept à huit toises , communiquer au-dessous des anciens et utiles travaux qu'autrefois M. d'Anthez avoit fait pousser dans cette montagne.
A cinquante toises de ce minier, on en voit un.troi-sième, où l'on pratiqua'une traverse- d'environ six toises, prise sur une heure et demie. Au bout de

( 126 )
== cette traverse on a coupé le filon, et on l'a suivi des
Vallée de deux côtés par des extensions, dont on ne poursuit ian"'           que celle qui est .vers le levant. Ce filon, qui fournit
de la bonne hématite , est incliné au midi. Sa puis­sance va depuis un jusqu'à quatre pieds. II paroît être le même que celui qu'on a attaqué par le grand travail. La plupart'd«s mines de fer que je viens de faire connoître, sont dans une roche calcaire un peu schisteuse.
Il ne me reste plus à parler que de quelques affleu-remens de charbon de terre et de mine de cuivre, que j'ai reconnus dans le territoire de Thann. Je n'ai pas cru devoir les comprendre dans la description des mines du val de Saint-Amarin, parce que ces affleu-remens appartiennent plus particulièrement à la partie de cette vallée qui porte le nom de Thann.
Mine de cuivre Immédiatement au-dessous du Wekenthal, au pied
du ruisseau de de la montagne, et à gauche du ruisseau et du che-
Stembie.          m-m ? on vo(j- au jour, sous de la -terre végétale, les
affleuremens d'un filon de mine de cuivre, dirigé sur
trois heures septentrion , et incliné au nord. J'en ai
fait arracher de la belle mine de cuivre jaune, et du
vert de montagne dans du quartz. Ce filon est encore
vierge, et mérite quelques tentatives. 11 appartient
à M. le duc de Valenlinois.
Mine de char- A cinquante pas au-dessous de cette mine de cuivre bon du ruisseau et c}u même côté du ruisseau , j'ai vu un mulm de
de Steinbie.             i v           ï •            i •                     , ^ • » t » •
r. charbon de pierre bien caractérise. Je nai pu recon-
noître îe toit ni le mur de cet affleurement Mme de char- Enfin, à un demi-quart de lieue au nord de là
bon de pierre de ... ,        ,                     .           *
ville de lliann, au-dessus de la chaussée de Saint-

Amarin et de la rive droite de fa Thuren , est un ==============
filon de houille , incliné au midi, dirigé sur sept ^«1^ tÎP ■ heures et demie. Il s'annonce au jour par un véritable muJm de charbon. Cet affleurement a plus de trois pieds d'épaisseur.
Je quitte les vallées de Saint-Amarin et de Thann Nailii,i-e de pour passer au bailliage de Cernay. La petite ville ('('nK1>-qui lui donne son nom, errquî en est le chef-lieu . Ctt':cs dc rAca' se trouve à deux mille quatre cents toises à l'est de J'-'j'"*"^ u ' >U4' Thann. Ce bailliage est un fief relevant du roi, pos­sédé aujourd'hui par MM. de Goor et de Klepsatlel. Les vassaux des fiefs n'ayant le droit des mines qu'au­tant qu'il leur est attribué par leurs lettres d'investiture ou par d'autres titres formels, les mines du bailliage de Cernay doivent être soumises au droit commun du royaume, et si les gentilshommes qui en jouissent n'ont pas un titre positif qui leur en accorde le droit d'exploitation, les mines métalliques, autres-que celles de fer qui pourraient s'y trouver, dépendraient alors du roi, et les mines de fer du fourneau le plus voisin, conformément à l'article IX de l'ordonnance de 1680 sur la marque des fers.                  *              "*
Les mines du bailliage de Cernav . dont j'ai prisc^- aiinedoplomii, noissance, sont situées dans le Siiberlhai, vallâ^ppfn- argent et cuivre dante du territoire de Sieinbach. Ce village esT^a 1800 toises à l'E.N. E. de Thann , et à douze cents toises au nord-nord-ouest de Cernay. On y a exploité ci-devant des
(1) Quoique cette ordonnance ne soit pas enregistrée en Alsace, le Conseil a cependant adopté, dans plusieurs contestations pour l'extraction delà mine de 1er dans la province, le droit de la proxi­mité, établi par cette loi.

C «8 )
= raines de plomb et argent, dont il ne reste plus d'autres Bailliage d« vestiges que des haldes assez considérables. M. de Gen-
Cernav-                            / %                                     ,                    ,                       ,., -,
sanne ( i ) rapporte que quelques années avant qu il don­nât son mémoire à l'Académie, ces mines avoient été rouvertes par des particuliers qui, probablement, ne les abandonnèrent depuis, que parce qu'ils n'osoient y faire des étabiissemens- sans y être suffisamment autorisés. M. de Gensanne dit encore qu'un des mi­neurs, employés à ces travaux, Ta voit assuré que le filon de mine de plomb étoit croisé par un filon de mine d'argent noire très-riche. Au-dessus de ces haldes, il y a encore quelques traces d'un ancien travail sur un filon de mine de cuivre.
Mine de fer de Le Silberthal renferme aussi une mine de fer irn-Silberthal ou. pOrtante ; son filon est dirigé sur six heures, et incline
cle Steinbach. r                                 .         ,                        ,                       ,
au nord ; la galerie qu on y a pratiquée, a près de soixanie-dix toises, et le filon porte jusqu'à deux toises d'épaisseur au sol de cette galerie. Pour délivrer des eaux les travaux inférieurs, il faudrait prendre une seconde galerie, longue au plus de quarante toises, à dix ou douze toise§, au-dessous d<*»ia première; on exploite cette mine sans le secours de la poudre, et on en extrait une quantité prodigieuse de minerai. Il y a deux ouvriers sur ce travail, qui en "pourvoitoccuper cinq à six. Le quintal de cette mine coûte cinquante sous: savoir, vingt-cinq d'extraction, et vingt-cinq pour le charroi du minier au fourneau de Masevaux, auquel elle fournit une partie de son aliment. Silberîûch. M. de Gensanne parle d'un endroit qu'on nomme-
(i) Mémoires des Savanà étrangers, toni. 4, pag. 17.5.
■Silberloeh

Silberloch ou trou d'a
,;o;
nt, situé entre Guebwilleret
Wattweiller (1). On y trouve, à ce qu'il dit, une grande Bailliage de quantité de scories; i! croit qu'elles proviennent d'une -tTtîa?' fonderie où l'on traitoit des mines de plomb et d'argent. Je pris des rcnseignemens sur ce lieu, et comme on m'assura qu'il n'y avoit pas d'indices de mines dans les environs, je crus pouvoir me dispenser de m'y rendre.
La vallée dé GuebvvTlTey^quï porte aussi le nom Vallée <h de Lautenbach, offroit à mes recherches des objets Cïuebwiller. plus certains. Pour y arriver de Cernay, on passe Cvrcsdeisica-par Suîlz , bourg dans-lequel il y a des eaux minérales r-^ll " ' '4' qui sourdent dans un champ appartenant à l'ordre de Malthe : la vallée de Guebwiller est située au N. E. du val de Saint-Amai in. La ville de Guebwiller est éloignée de six mille toises N. N. E. de celle de Cernav. Le chapitre princier de Murbach, en est seigneur, et les Droit des mine», lettres-patentes de 1780 , que nous avons citées (2), lui donnent le droit des mines dans cette vallée comme dans celle de St. Amarin, proprement dite : on y exploite plusieurs mines de fer pour le fourneau de Bitschweiler, elles sont toutes dans le territoire de Biihl, village situé Mines de Bùhl. ~a~TBôô toises au-dessus de Guebwiller.
Le premier de ces miniers est au Demberg, près i\Hae de fc-j de la croix de Barnabas , au-dessus de la rive gauche <!u ])v
(1)  Ct'((e jjetite ville, située au pied des Vosges, donne son nom à des eaux minérales, qui coulent à son couchant de deux bouches différentes, éloignées l'une de l'autre de deux perches de roi , et son/ conduites dans des bains. Ces eaux légèrement minérales contiennent d*i sulfate calcaire ou séléni(e , du 1er, de l'acide sulphurique et imiriatique, et du caibnnate de soude ou alkalî minéral, avec beaucoup d'air. Guérin , dissertation citée, pat;. 46 à 5c.
(2)  Vovez ci-dessus, pag. 104.
F^urùe III                                           R

^.-■^-.-.-.—_i_^: ju ri,jsseau (]e [vlurbach ; il a été fortement exploité par ,, ,ul .'^ * M. d'Anthez. ancien fermier des forges et fourneaux de Masevaux, et de Bitsch\\eiler : il en tiroit abondam­ment de la très-belle hématite noire et brune. Le filon qui la fburnissoit. avoît depuis un jusqu'à quatre pieds d'épaisseur. Lorsqu'on abandonna cet ouvrage, il y avoit du minéral à toutes les entailles , et au sol des
----- —puits.-            —------------------ -----------**-----------
Minier de On avoït ouvert un second minier au canton de Grossaker . à la même montagne ; il est entièrement comblé , et je n'ai pu me procurer des renseignemens à son sujet.              x.
Mine de fer de I .e troisième minier d'où M. d'Antliez faisoit tirer de la mine de fer, est au Rimmelshoff, dans le côté op­posé du vallon. On n'y a travaillé qu'environ dix-huit mois. La mine étoit de la même espèce que la pré­cédente.
: ci e» cuivre
Il y avoit encore à la montagne du Demberg, près '" "t"ltI'1' Je l'ancien moulin de Schrepf, une galerie sur une mine de cuivre ; elle est comblée actuellement, et Ton n'y >it même nlus e
1
Mine de fer de A là même pente de la montagne . clansje_canton I undclkœpid. je Fundelkœpfei, étoit ujtieexploitation très-considérable sur de la mine de fer de la même nature. L'épaisseur du Olon s'élevoit quelquefois à quatre pieds : quelque­fois aussi, mais rarement, elle se réduisoit à six pouces. Le chapitre de Guebwiller a fait cesser ce travail. Mine de fer de On avoit encore ouvert une mine de fer à S. Gangolf, Sann-Gangoiï. dans le ban de Lautenbach. Ce village est situé à mille deux cents toises au-dessus et au N. (). de Biihl. Lorsque M. d'Anthez cessa d'être le fermier des forges

de cette partie des Vosges, toutes ces mines furent dé- ===== laissées, et leur exploitation n'a plus été reprise.?           \a.ne
Des aflleuremens d'un sclifste noirâtre décomposé. ,. . ont engagé des particuliers à faire quelques tentatives (!c cii.nlui entre Guebwiller et Bulil (i), à la gauche de la grande route, dans l'espérance-d'y rencontrer du charbon -de"" terre. Ces recherches n'ont pas été simies. et i! faut .£.qdvenir qiL'oia_ics-av4îit^H4*#jH4ses-siir de tics-légers .indices.
Au hameau de Sengern, dansrié ban de Lautenbaeh- Ti.iv.;j Zelle , village situé auprès et au-dessus de Lautenhach , N ;'~-( lii' on. trouve aussi des traces d'anciens travaux, et on voit encore les hàides d'une ancienne mine de fer au Ler- x«i«-^- <;"
né.
chenfèld , derrière Schweighausen , village qui dc'pcr.d ij<iCii ■'■ aussi du bailliage de Guebwiller. A (jïîehjues ccmKs pa*^ au-delà se trouve un petit filon de mine d'argent dans Mi-u^d* du quartz, dont les afileureniens traversent le chemin. M":~tiim On avoit atlacjué ce filon dans les prés au bus de ce chemin , par unv galerie qui n'a pas éîé poursuivie. ■J'ai'vu ces afileureniens, ils sont très-peu considérables. Les gens du pays prétendent cependant qu'on a\oil
arraché du minerai par_ki_galerie :, ej]e_es±_£iiiijùn^--—----^,
ment coiiiblée, et il m'a été impossible d'en 'découvrir Fentrée.
En continuant à suivre la chaîne des Vosges -vers le. . \>!!;<«• nord, 'la première vallée cjui se présente est celle île :riî;l/ul-a;î Suflzmatt, qui tient son nom d'un bourg .éloigne (le ./.^^ ,^ trois mille deux cents toisés N. de Guebwiller, f! dépend loi.;--..
(i) Pics de ce vill;ij;f, vt cnviuwï ;i um1 jicuo du K>i. ri; (;'.■ (i-ic iilfi , il y a des eaux uiiu'.ialcô qui portent lt iîwui de >i. Dvi-v.-<'..'.

1 j—i: du ISIundat supérieur (i) de Ruffach, dont lVvêque de _ VaiJéo de Strasbourg est seigneur. En vertu de l'article VI des lettres-patentes que le roi lui a accordées en septembre 1682 , et qui ont été enregistrées au Conseil souverain d'Alsace le 28 novembre suivant, l'évêqué de Stras­bourg a le droit des mines dans toutes les terres qui dépendent de l'évêché.
Mine de fer de Oq a tiré ci-devant de la mine de fer dans la forêt Suîîzniatt. de Sullzmatt, entre Thannwiller et Wïnfzfeiden ; elle produisôit de l'hématite en masse. Les fermiers des forges de Masevaux, qui désiroient l'exploiter, se pro-posoient- de s'arranger avec la chambre des finances de l'évêché {2).
Mine de cuivre Le \ illage d'Osenbach dépend aussi du Mundat de
et argent cFO- Ruffach. Il est à. mille sept cents toises N..N. O. de
Sultzmatt. M. de Gensanne avoit tenté de relever des
travaux qui avoient été commencés dans le village
. (1) On le nomme Mundat supérieur, parce qu'il y a en basse-Alsace le Mundat de Vv issembourg. Voici l'explication du mot mundat, StafFel-gericht, justice des gradins: Nomea h.:bet.à g-.id bus lapidais, per quos descenditur in foro piscatorio propè ecclesiam cellegiatem, uli judicium clun habebûtur sub do ; v.catur ctïam jud'rcium mundatum , mundat-gericht, fuorùam totam immunita'em respicit, etc. Schœpflin , Alsatia illustrata , tom. 2 , pag. 35,2.
(2) Sur le chemin qui conduit de Sultztnatt à la montagne âe Heideîberg, à cent pas environ du village , sont des sources médici­nales , pour l'usage desquelles on a construit, par les soins de M. le baron de Spon , premier président ait Conseil souverain d'Alsace, des bains et des habitations commodes. Ces eaux contknnent avec beau­coup d'acide carbonique ou air fixe, du sel marin ou muriate de soude , de la soude , de la terre siliceuse et du pétrole : c'est par erreur qu'on a désigné sous le nom de cuivreuse l'une de ces sources, dans laquelle il n'existe pas un atome de ce métal. Guérin , dissertât, dt Fontibus midi:. Alsaùce. ? pag. 34 à 41.

( i33 )
même, à côté de la maison d'Antoine KiefFer, et aussi
tout auprès du village , à l'endroit nommé l'Ane-d'Or,
Val h e de SuhznuUf.
Gohlcncr Esc/; mais le dérangement île ses affaires lui fit abandonner cette mine, ainsi que la plupart des autres mines de cuivre, plomb et argent de la haute-Alsace. Les travaux d'Osenbach étoient dirigés sur un filon de.mine de cuivre. Toutes les entrées en sont aujourd'hui bouchées. J'ai trouvé dans les murailles des maisons voisines, et sur le chemin , des morceaux de minerai tenant du bleu et du vert de montagne, avec de la mine de cuivre grise tenant argent. M. de Geu-sanne faisoit transporter le minerai qu'il tiroit de ces fosses jusqu'à Planchez-les-mines, en Franche-Comté. Il prétend qu'il tenoitdu cobalt; je n'en ai point trouvé d'indices dans le grand nombre d'échantillons que j'ai cassés et examinés avec la plus scrupuleuse attention. Je ne présume pourtant pas que M» de Gensanne ait pris le bleu de montagne pour du cobalt. J'ai vu com­mettre, il est vrai, cette erreur plus d'une fois, mais par des £ens qui n'avoient aucune connoissance en chimie et en minéralogie.
On a tiré ci-devant de la mine de fer en grains du Mînedc frr du village du petit PfàfFenheim (Y), qui dépend aussi du petit Pfaffen-Mundat. Ce village est éloigné d'Osenbach de deux Kim' mille cinq cents toises E. On ne fait plus aujourd'hui aucun usage de cette mine. On prend dans le même territoire de l'argile très - réfractaire , qui, mélan­gée avec la terre de Willentrote , près de Troyes
(i) Klein■■PfafFenheim , sive Pfaffinhemium minus hospitium cum œdïbus
quïkusdam ^ubï minera ferri matleatilis fLirx ac Jucù'iis, bohuevtz , tjfodiunt*                         '"-r
Schœpflin ? Àlsatia illuslrala, tom. î, pag. 83,

^
( i34)
en Champagne, sert à faire les creusets et les fours Argile de Piaf- t{"mic grande partie des verreries de la haute-i\lsa.ce
ft-tiheim et de            1 , T            .             .* . tl. , -, ».              ,                  .
,.               ■* et de la Lorraine; »ai oublie de dire quon tiroit
aussi de Férette de la terre pour le même usage. Vallée de Si l'on poursuit les Vosges toujours dans la même Mun&ter.           direction , on arrive dans la vallée de Munster ou
CarusdeTAca- £e Saint-Grégoire, où il y a eu autrefois d'anciens fo*1!,!. U * * travaux sur des mines d'argent; mais if en est très-peu dont on trouve encore la trace. La ville de ; .              Munster, dont tous les habitans de la vallée de ce
nom sont bourgeois, étoit autrefois ville libre impériale; elle est située sur la Fèchdt, à six mille trois cents toises O. N. O. de PiàfFenheim,
Ancienne forge^ II y avoit jadis sur cette rivière, à Munster même,
de Munster. une forge composée de deux feux d'affinerie et d'un
f\ v            gros niarteau ; mais elle ne roule plus depuis environ six
ans. On n'y consommoit (jue de vieux moulages et de la
ferraille. Cette forge délabrée appartient actuellement
Anciennetrefi- à M. de Barth, ainsi qu'une tréfilerie de laiton,
lenc de laiton, tellement ruinée qu'il n'en reste plus que les murs;
de Munster.           ,,               .                    ,               , , r                  i i -n t
elle est située au-dessus de la forge et de la ville de Munster.
Bois.                Les habitans de la ville et de la vallée ont dix-
huit mille arpens de bois, qui sont considérablement * dégradés ; on prétend qu'il en existe à peine quatre mille en valeur. Les habitans y ont leur affouage et bois de construction gratis ; mais tout ce qui concerne. l'industrie leur est fourni et délivré à raison
Monnet de de vinfft sous la corde. Deux martinets aitenans à la ville de Munster, sont les seuls en activité dans cette vallée; ils appartiennent à M. Jean-Hummel.

Un de ces martinets travaille eh poêlons de fer battu: ------
il emploie six ouvriers, et porterait sa fabrication A:illttf
, , !        ,.,              .                              i i ■ r            Munster.
au double, s il pouvoit se procurer du bois: I autre travaille en taillanderie. M. Ilummel en avoit un troisième, qu'il a converti en moulin à farine.
La ville de Miinster conserve encore de beaux droits : Droit «ii-.-. l'abbaye de Bénédictins qui y est établie jouit aussi de prérogatives considérables ; il paroit même nue le droit des mines lui appartenoit autrefois : car iors-qu'en 147'i des particuliers voulurent ouvrir des mines dans cette vallée, ils demandèrent le consentement de l'abbé de Miinster; mais en 1707, époque à la­quelle on en reprit le travail, abandonné pendant un . certain temps , ce fui le grand bailli d'IIaguenau qui en donna la permission (1). Sous les Empereurs, les personnes revêtues de la dignité de Land-vogt ou grand Bailli, étpient chargées de toutes les aflaires impériales dans Ja province et .avoient particulièrement des droits sur les villes impériales. Le grand bailli ou préfet d'Haguenau a le droit des mines dans l'étendue-de-cette préfecture ; je ne sache pas que depuis 1707, if l'ait exercé dans le territoire des autres villes impériales de la province; le cas ne s'en est peut-être plus présenté.
Les anciennes fouilles de Heydenbach que cite M. Schœpflin dans le passage transcrit dans la
(1) Anna uyz nvnnulli consensu Ahbatis metalla scrutait coeperunt in v.ùiiculj quez Hevdenbach Jic'uur. Opus hoc aliquot annis interruptum cr.'ts mjr.jste-nensis denuo aggressurin , advocati provinclaîis assemum zr.n. i-c- ai:£\iv:i. Exeunte saculo superiori alios in eodem versaios, spes lïicri flft.ti, ; r.cc du*', ardosius lipis propè vicum Sondernacli arînûj^So inventas , auo turris «tbjt:~!. » tccksjte tecta est. Schœpflin , loin. %, pag. 405?.

(i36) .
= note ci-dessus, sont très-voisines de la ville de Miïns-Yallée de |er ? pr^s fe \R justice ; leur entrée est entièrement comblée ; j'ai tiré de leurs haldesde la mine grise de cuivre et d'argent.
Mine d'argent . Entre Vida et Thaeunîon, à deux mille toises à deSilberthal. fO. de Munster, dans le canton nommé Silberthal (1), vallée .d'argent, il y avoit aussi un travail sur de la mine d'argent , dont on ne voit plus que les décom­bres. Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur les travaux faits dans ces mines ; je cherchai en vain dans les archives des Bénédictins quelques éclaircîs-semens sur-l'exploitation des mines de la vallée de Munster (2}; j'appris seulement dans cette maison, qu'un de ses pères avoit tiré une terre argentifère des Prétendue crevasses d'un rocher près de Turckeim, bourg situé mine d'argent à trois mille quatre cents toises à i'O. de Colmar, et
de Turckeim. 1                        ...                   XT T> 1 ■»<•.. ,                   
a six cents toises au N. L. de Munster ; mais ce
Cartes de V'Aca-               • ■ '* *                   4.1 • •>                 *.
, .               moine étant mort depuis six a sept mois, on ne
d-:mu, n9. i63 ,             ,                            r ,.„,.,
foi. 59,           "put m indiquer le lieu précis dou il avoit rapporte
celte terre.
Eaux minérales Au pied d'une montagne nommé Oberfeldwald, de Sueizbach. pr^s cju 5uetzbacn ? petite ville distante de Munster de
deux mille cinq cents toises E. et à quelques cents toises seulement de la route de Colmar, est une fontaine
(1) 11 ne faut pas confondre ce Silberthal avec celui du territoire de Steinbach , dont nous avons parlé ci-dessus.
(a) 11 y a aujourd'hui à Munster même une manufacture d'indienne très-intéressante \ on file le coton dans cette vallée dans la plus grande perfection et on y fait de belles toiles.
Près de Bisheim il y a des fours à sécher la garance. M. Bruge, conseiller au Conseil souverain d'Alsace, en a poussé, fort loin la culture.
minérale

■ ( i37 )
minérale très-abondante, où les malades vont prendre
des bains et en boire les eaux; elles sont reçues dans
Va ll«r U<-Mun.itcr.
deux réservoirs , dont l'un est nomme Scfnrrje/-Bninnfrin , et l'autre Bt/d- Bnmn/ciii. Celle eau contient du sulfate de fer ou \itriol de mars, du tartre ou tartrite acidulé de potasse, du carbonate de soude ou alkali minerai, du sel de Glauber ou sulfate de soude, du sulfate de chaux ou sélénite, et enfin du bitume (1).
Il-existait autrefois sur la rivière de Fcehdt, qui Anciens vient du val.de Munster, entre Turkheim et Munster, tmeticU" plusieurs martinets de cuivre qui ont été dénaturés; l'un d'eux ayant servi à la belle fabrique d'indienne de Munster, dont nous venons de parler, et l'autre à des moulins à blé. Il y a encore dans ces environs les martinets de Colmar et de Keysersberg. Celui de Calmar Mariinei à frr est situé' seulement à un quart de lieue de la ville de ce nom, laquelle est éloignée de Munster de huit mille
à
M. Bourkhard , qui possède dans le même canton v un moulin à huile et un à foulon. On n'y convertit          \.
en petit fer que de la vieille ferraille et de la vieille fonte.              \
En retournant vers le N. O. de Colmar, à cinq mille Marjinet de toises de cette ville, est celle de Keysersherg, où se K*?s<**î>erg. trouve aussi un martinet appartenant à M. François-Jacques Weguelin , maître uiartincur , (|ui y occupe six ouvriers : son travail consiste en ouvrages de taillanderie et poêlons de tôle, dont la fabrication annuelle monte Fabrication,
(i) Guérin , de Fonùbus medic , pag. 24.
Farde 11L

(i38)
== à cent cinquante quintaux, et qui pourroit être portée Martinet de £. deux cent cinquante, si l'entrée de celle espèce de *** - fers ouvres dans le.royaume n etoit point genee, par la dérision du Conseil du 21 octobre 1786", qui défend l'entrée des poêles à frire, casseroles et autres articles de ce genre, et si l'on ne se procuroit pas facilement en Alsace des coupes de poêlons de l'Allemagne. On en - fabrique à Hausach, dans la vallée de Kinsing, qui revenoient,'en 1780, à 53 livres 16 sous 6 deniers le quintal, rendues à Strasbourg. Ces coupes ont même, la préférence sur celles d'Alsace , parce qu'elles sont forgées beaucoup plus minces.
Comté de Nous entrons dans la partie de l'Alsace la plus inté-Rïbeaupierre. ressant^ pour les mines ; je veux dire dans le comté de l'Aca- de Ribeaupïerre, dont les principales sans doute sont 16 * celles du val de Lièvre ou de Sainte-Marie-aux-mines.
.. . , . La seigneurie de Ribeaupierre est un ancien fief de
Uroit des mines.              °                                 *
la maison d Autriche. Ribeauvmer, cher-lieu de cette seigneurie , est situé dans les Vosges , à trois mille neuf cents toises N. N. O. de Keysersberg, à sept mille toises au N. N. O. de Colmar , et à six mille quatre cents toises au S. O. de Schelestadt. Cette seigneurie appartient aujourd'hui à la maison Palatine de Deux-Ponts, Louis XIV l'ayant donnée en fief en 1660 à Chré­tien I, comte.Palatin de Birckenfèld, qui avoit épousé Catherine-Agathe, dernier rejeton des anciens comtes de Ribeaupierre. Conformément aux~prîncipes du droit public d'Allemagne, le droit des mines n'appartient aux vassaux , qu'autant que leur seigneur suzerain le leur a accordé; aussi les seigneurs de Ribeaupierre se sont-ils adressé au Roi pour obtenir la confirmation de ce droit

( t39 )
qui avoit déjà été inféodé aux anciens comtes de Ribeau-pierre par l'empereur Charles-Quint. Il leur fut accordé Comté de par lettres-patentes du 6 septembre 1712 (1), pour K»l>MUI>l
(i) LOUIS, PAR LA GBATTE^DÉ^DTEtJ , ROI DE FRANCE ET         /
de Navarre : A nos amés et féaux conseillers, îes gens tenant noire Conseil souverain d'Alsace, séant à Coltnar, Sa lut. Notre très-cher et bien améemisîtr,r le prince Palatin de Birckcnfeld» lieutenant-général de nos armées , nous ayant fait représenter que le» comtes de Ribeaupierre , ses aïeux maternels, auroient découvert >1 y a plus de deux siècles, des mines dans ladite terre de Ribeaupierre, qui est en Alsace, et principalement dans la vallée de Sainte-Marie, connue et appelée dans les anciens titres, sous les noms d'Echery , Lièvre et la seigneurie d'Honach : et ne s'étant point trouvés en état de les faire valoir, à cause des grands frais qu'il faut faire , tant pour l'ouverture quepour l'exploitation , ils auroient proposé aux archiducs d'Autriche d'entrer avec eux en société, à condition que les frais seroient supportés également et par moitié, moyennant quoi les profits seroient partagés de même; en conséquence de laquelle condition l'archiduc Ferdinand et le sieur de Ribeaupierre obtinrent le 25 août i53o, des lettres d^investîture de Fempereiir Charles-Quint, pour jouir de ces mines à titre de fief relevant de l'Empire;-et-<lepuisl'empereur-:-:-Ferdinand II auroit cédé à Eberhard, seigneur de Ribeaupierre, la moitié des dites mines qui lui appartenoit en qualité d'archiduc d'Au­triche , eti^lui accordant ses lettres d'investiture, du 25 août 1620, en sorte que par-là le seigneur de Ribeaupierre est devenu propriétaire du total ; mais les guerres qui commencèrent en Allemagne dans ce temps-là, ont fait cesser le travail, en sorte qu'elles ont été aban­données. Cependant comme quelques bourgeois de Strasbourg, fort entendus au fait des mines , se sont présentés , et ont proposé de faire la dépense en partageant les profits; notredit cousin , qui se trouve par la dame sa mère, seigneur du comté de Ribeaupierre, a cru devoir écouter la proposition , et leur a même passé un bail emphy-. téotique , par lequel il s'est engagé d'obtenir la confirmation dé Nous , qui nous trouvons en possession de ladite province d'Alsace, depuis la cession qui nous en a été faite par le traité de Westphalie, et d'approuver le bail qu'il a fait avec les sieurs Knoil , Durringer et Rederer, pour Je travail et exploitation des mines qui sont dans Je comté de Ribeaupierre. A quoi ayant égard , après avoir vu l'avis de

( 140 )
.,---------La les mines de la vallée de Sainle-Marie; et le 18 juillet
Comté de i736,*iefeu Roi, par de nouvelles lettres-patentes, exempta du droit d'aubaine les étrangers intéressés aux
noire aîné et féal conseiller en noire Conseil d'Etat et privé , le sieur do la Houssaye , intendant de jusiiee , police et finances en noire province d'Alsace , contenant qu'il ne trouve aucune difficulté à accorder à notredit cousin, le prince de Birckenfeld , l'approbation qu'il demande , au moyen des investitures qui ont été accordées par les lettres de i53o et 1620, et par autre arrêt de notre Conseil du 24 mai 1712 j nous aurions permis à aQtredit cousin et ù ceux qui seront en ses droits, d'exploiter ou faire exploiter les mines qui sont dans la vallée de Sainte-Marie, connues et appelées dans les anciens titres sous les noms d'Echcry , Lièvre et la seigneurie d'Hcuiach, dépendantes du comté de Ribeaupicrre en Alsace , suivant et aux termes ,'clauses et conditions portées par Jcs lettres d'investiture et de cession des empereurs Charles-Quint et Ferdinand 11, des 25 août i53o, et 25 août 1620, à l'e'Fet de quoi, toutes lettres de confirma-lion et autres nécessaires seraient expédiées, lesquelles notredit cousin nous a très-humblement fait supplier lui vouloir accorder. A CES causes , désirant favorablement traiter notredit cousin, et lui donner des marques en toutes négations de la salisfacliop^de ses services et de son attachement pour noH*e-sïii«4eP^J^6us , confoï ment audit arrêt du 24 mai 1712 , ci-attaché sous le contre-scel de notre chancellerie, de notre grâce spéciale, pleine puissance et auto­rité royale, avons permis', et, par ces présentes signées de notre main , permettons à notredit cousin et à ceux qui seront en ses droits , d'exploiter ou faire exploiter les mines qui sont dans la vallée de Sainte - Marie , dépendante du comté, de Ribeaupierre en Alsace, suivant et aux termes, clauses et conditions portées par les lettres d'investiture et de cession''des empereurs Charles-Quint et Ferdinand 11, des 20 août i53o, et 26 août 1620 Si, vous mandons que ces présentes vous ayez à faire registre!", et du contenu eu icelles, faire jouir et user pleinement et paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles et empéchemens à ce contraire. Car tel est notre plaisir. Donné à Fontainebleau , le sixième jour de septembre, l'an de grâce mil sept cent douze , <_jt de notic règne le soixante dixième , signé LOUIS; et plus bas : Par le ttoi, Voisi n. Et scellées du grand sceau de cire jaune, registrées le dix-huit mai mil sept cent treize.

...                              ■ (
mines de Sainte-Marie ( 1 ). Enfin le 17 février 1770, d'au­tres lettres-patentes accordèrent aux princes Ciiarles-
(1) LOUIS', PA.R la G3ACS de DiEU , efc. Nos chers et bien amés les sieurs Jean-Pierre Krœber , Ca.mnir Krœber , Jeun-Charles Jacobi, Jean-Antoine Césa_r_a__OuvilrJîr£j!édéi".ii:r6.c.hiX'il)er , Théophile Unger, Jean Colmann Creutzer, et la dame veuve Kahl , tous intéressés en la compagnie Tonnée pour l'exploitation des mines de Sainte-Marie, situées dans le comté de Ribeaupierre en_ Alsace, nous ayant fait 'représenter que le feu prince Palatin de Birckenleld , à qui lesdiles mines appartenoient au moyen des lettres, d'investiture et de cession , qui eu avoient été accordées aux arretens comtes de Hibeaupierre , ses aïeux maternels , par les empereurs Charles-Quint et Ferdinand 11, les 20 août i53o , et 2S août 1620, en anroit le 19 lévrier 1711 , passé un bail emphytéotique aux sieurs Simon Jvnoll , Jacques Durringer et •NicolasRederer, marchands à Strasbourg, pour par eux , leurs hei itiers ou ayant causes , jouir des dites mines , et les faire valoir à leur profit exclusivement à tous autres, aux charges ^ clauses et conditions portées par ledit bail: que ledit feu prince de Birekenfeid, sVlanl engagé d'obtenir de nous, qui sommes en possession de la pro\ ince d'Albace , depuis le traité de Westphalie, la confirmation du dit bail j il se roi e intervenu sur sa requête un arrêt de-notre-.Conseil , et des lettres-patentes, les 24 mai et 6 septembre 1712 , par lesquelles le feu roi de glorieuse mémoire , notre tres-honoré seigneur et bisaïeul lui a voit permis, et à ceux qui seroient en ses droits , d'exploiter ou faire exploi­ter les dites mines de la vallée de Sainte-Marie , suh ant et aux termes portes par les dites lettres d'investiture et de cession susdatées ; que depuis le sieur Nicolas Rederer, qui, au moyen de l'abandon à lui fait le 26 novembre ij3o , par les dits sieurs Knol et Diirringer, b'etoit trouvé seul concessionnaire des dites mines, en aurait fait, cession à ladite compagnie, en la personne desdits sieurs iyrceber.et Schreiber , par acte passé devant le notaire royal au Conseil souverain d'Alsace, le S octobre 173^. ; qu'en conséquence, les exposans et leurs autres associés dans ladite entreprise, n'avoient épargné ni soins.ni* dépenses pour l'exploitation desdites mines, desquelles ils avoient tiré l'année dernière près de quatre mille marcs d'argent, qui avoient été portés à la nionnoie de Strasbourg. , trente milliers, de cuivre qui avocent été vendus pour l'usage des martinets de Colmar et de Sclulestat , et deux cent milliers de pîomb , qu'ils avoient rcrtrîs à l'arsenal de Strasbourg, et ce, indépendamment du dixième de ces

Auguste et Maximiiien des Deux-Ponts, le privilège
Comté de            i -r i r •              1 •          1                                       i
Ribeaupierre. exc*usl*> Qe faire exploiter durant vingt années les
métaux, qu'ils a voient payé on nature à notre M es-cher et bien amé •              - cousin le duc de Deux-Ponts, fîis et héritier dudit défunt prince de
Birckenfeld ; que d'ailleurs le sieur Jean-Jacques Saur, l'un de leurs associés françois, avoit obtenu de notre très-cher ef bien amé cousin le duc de Bourbon, grand-niaître des mines , de» lettres de concession, le lôjuin iy3o, pour exploiter les mines etanî dans le val de Munster, Saint-Grégoire et le va! de Saint- Amarin , depuis Tiiann jusqu'à Colniar ; mais que comme les exposans sont tous étrangers , ils craignent, avec ra;son, de s'engager plus avant dans lesdites entre­prises , si nous n'avions la bonté d'y pourvoir en les exemptant du droit d'aubaine, de même que les autres étrangers qui pourraient dans ïa suite s'intéresser dans les travaux de^diie.-» mines ; nous aurions , par arrêt de notre Conseil du 6 juin dernier, staiue sur les fins et conclusions de la requête des exposans insérée audit arrêt , et ordonné que pour son exécution toutes lettres nécessaires seroient expédiées „ lesquelles les exposans nous ont tres-humblement fait supplier de leur accorder. A CES CAUSES , de l'avis de notre Conseil qui a vu ledit arrêt du 6 juin dernier, dont extrait est ci-attaché sous îecontre-scel de notre chancellerie, nous avons, conformément aux lettres-patentes du io octobre i552, et à l'arrêt de règlement du 14 mai 1604, ordonné ,et, par ces présentes signées de notre main , ordonnons que lesdits sieurs Jean-Pierre Krœber, Jean-Charles Jacobi, Jean-Antoine César, Chrétien-Frédéric Schreiber, Théophile Unger, Jean-Colman Cretitzer, et la dame veuve Khal, en leur qualité d'intéressés en la compagnie formée pour l'exploitation des mines de Sainte-Marie , situées dans le comté de Ribeaupierre en Alsace, de même que les autres étrangers qui pourront dans la suite s'intéresser dans ladite compagnie, seront réputes régnicoles , et en conséquence, qu'ils pourront acquérir, vendre et aliéner toutes sortes de biens meubles et immeubles , soit qu'ils leur fussent donnés, légués ou délaisses, et en disposer par donations entre vifs et à cause de mort, testamens, codicilles ou au­trement , et leurs héritiers, même étrangers , recueillir leurs succes­sions et en disposer sans être sujets au droit d'aubaine, dont nous les avons exemptés et déchargés, exemptons et déchargeons , nonobstant tous édits et déclarations à ce contraires , auxquels nous avons dérogé et dérogeons pour ce regard seulement. Si vous mandons , etc. Donné à Compiegne , 3e dix-huit juillet rail sept cent trente-six, signé LOUIS. Registre le vingt-huit janvier mil sept cent trente-sept.

■(143)
mines de charboii.de pierre du comté de Ribanpierre et seigneurie de Berg.'ieim f 1 ). La situation de ces Comte do
j                     ,           ^ ,                ,              ^ t i , . i Ri beau pierre.
dernières m engage a en parler avant oe décrire les         
i ~ . a r ■ • r-> u '                              r                  i           Mines de
mines de aamle-Mane. Celles-ci sont avancées vers le ,j | centre des Vosges, les autres sont assez rapprochées de la plaine. En considérant sur la carte la position des mines de charbon de ce canton , on voit qu'elles s'éten­dent de l'O. à J'E. : elles traversejiM^yte la niasse des Vosges, qui forme à l'occident la pente du val de Lièvre ou de Sainte-Marie , et à ' l'IL-iéupeflie qui regarde la plaine contenue entre Guémar et■'Schelestadt. Pour
(i) LOUIS, PAR LA GRACE DE "D-JEÙ, ROI DE FRANCE ET DE
Navarre , etc. Noire cher et bien amé cousin le duc de Deux-Fonts, tuteur de nos chers et bien aînés cousins fes princes Char les-Auguste et Maximilien de Deux-Ponts, ses neveux , nous a très-humblement fait exposer en cette qualité, quèjdans le comté de Ribeaupierre et dans la seigneurie de Bergheim , terres voisines, qui J'une et l'autre lui appartiennent, il se trouve des mines de charbon de terre , les unes dans son fond dont il est propriétaire, et le surplus tîans des terrain* communaux , ou qui sont entre les mains Ûes particuliers , et qu'il espère que nous ferons d'autant moins de difficulté'd'accorder'à. nos dits cousins , le privilège exclusif de faire exploiter les ruines dont il s'agit, que pareille grâce s'est accordée plusieurs fois à des parti­culiers qui ne pouvoient réunir les mêmes considérations qui militent en leur faveur ; que d'un autre côté les conditions auxquelles ils se soumettent, suffiront pour mettre les intérêts du public totalement à couvert. A quoi ayant égard, et voulant en cette occasion donner auxdits cousins, les princes Charles - Auguste et Maxîtmlien de Deux-Ponts, un témoignage de notre bienveillance ; A CES CAt'SES et autres à ce nous mouvant, de l'avis de notre Conit'il , et de nuire grâce spéciale , pleine puissance et autorité royale^ nous leur avons accordé , et, par ces présentes signées de no( réiiiain , leur accordons , ainsi qu'à leurs héritiers ou avant cause, le.^rivilege exclusif de faire exploiter, pendant l'espace de vingt amim, à compter- du jjour de l'enregisirenient des présentes , les mines de.cba.rbon-d'e terrequi sont actuellement découvertes dans toutel'eteudue du comté deRibeaupie£re.

( M4 )
'            -----suivre l'ordre que je me suis prescrit, je commence
.orna te r jajre connoj,re et'il'AS de ces mines de charbon
Ribeaupierve. '
qui sont les puis voisines de Keysersber^, le dernier
endroit des Vosires doiit j'ai eu occasion de parler. Mine de cîiar- "Environ à .)ooo toises de ce lieu , à 3ooo toises au bon du v.,'iî:k-. n< N;_Qt je Ribcam iller, et dans sa banlieue, on trouve des évents de charbon de terre, dans le vallon cTOber-Ibach. Ce vallon a son ouverture sur la grande roule de Ribeauvillér à Sainle-Marie-aux-mines. En la remon­tant du S. au N., presque au sommet du vallon, immé­diatement au-dessous de la maison la plus reculée du hameau de la Verrerie neuve (1) au bord d'un .ruisseau,
et de îu seign?urie de Bergheim , ou qui pourront s'y découvrir par la suite ; à la charge toutefois par eus, suivant les offres faites en leur nom 7 d'indemniser les propriétaires des terrains sur lesquels il sera fait des ouvertures, ou qui pourront être endommages, soi! par les voitures, soit par l'écoulement des eaux ou autrement, et ce à dire dV<-;perls, dont les partie.* conviendront de gre à gré , ou qui serons nommes d'office par le sieur intendant et commissaire départi pour l'esecution de nos ordres eu Alsace; comme aussi de fournir à nos villes de Colniar , Strasbourg et Schelestadt , la quantité de charbon de terre provenant des dites mines , suffisante pour leur con­sommai ion; d'y établir même des magasins où l'on en trouve toujours pour une année, soit qu'il s'agisse de notre "service ou de l'usage du public ; de se conformer aux reglemens déjà intervenus , ou qui pour-roient intervenir par la suite au sujet de l'esploitation des mines de charbon de ferre, et notamment a celui du quatorze janvier mil sept cent quarante-quatre, déclarant nosdits cousins déclins de l'effet des présentes , faute par eux d'exécuter ponctuellement lesdites conditions. Si, vous mandons, e<c. Donné à Versailles, le dix-sept lévrier mil sept cent soixante-dix, et registre au conseil souverain d'Alsace, le cinq juillet suivant.
(t) Ce hameau tire son nom d'une verrerie qui y existoit autrefois ys il y en avoit une autre à peu de distance, dont il ne reste, comme ûçla précédente, qu'Un hameau qui s'appelle vieille Verrerie: ces deux usines sont maintenant détruites.
on

( 145)
on trouve sur la droite un muim de charbon très-épais, '.......■■■■--J!ag_a
qui s'aperçoit au jour sous la pierre de sable rouge; et Comté de
,'.,,,          . ,                 '". ^ , Ixibeaumeire.
en creusant cette terre houille de trois a quatre pieds, on rencontre des fragniens de charbon. M. Weber , ancien premier forestier de M. le prince de Deux-Ponts, avoit obtenu de sa Chambre des finances la concession de cette mine; il y avoit poussé une galerie d'environ 20 toises: il ne l'abandonna que parce qu'il fut obligé de donner la démission de sa place, pour des causes cjui n'ont aucun rapport à mon sujet. L'ouverture de cette galerie étoit écroulée lorsque je la vis ; on assuré que la terre houille s'y soutenoit. L'endroit où elle paraît au jour, s'élève peu rapidement ; c'est une espèce de plate-forme légèrement ascendante jusqu'à la montagne de sable rouge qui termine ce vallon : on a tout lieu de croire qu'il y a dans cet endroit plusieurs couches inférieures à cette terre houille, et qu'on y rencontrera de -très-boa charbon*
Dans le petit vallon qui est à l'O. de celui dont nous Mine do cW-venoris de parler, au revers des montagnes précédentes, bon fi<>.îa VICjlîc
i              11                 11 • -ii tt                                   • "N erroné.
au-dessus du hameau de la vieille Verrerie, sont aussi des évents de houille, qu'on peut considérer comme la continuation de ceux du hameau de la Verrerie neuve; car à vol d'oiseau, ils n'en sont éloignés que de 6.à 700^ toises.
Le vallon de Tannenkirch offre également, près de Mine de char-ce bourg, des indices de charbon de terre, au N. E. des bolî ci(> Tamim-précédens, dont ils ne sont éloignés que de i3 à 1400 toises.
Enfin, environ à 1800 toises au levant de Tannen- Mine d<> th.-u-kirch, dans la banlieue du village de Rodern , est une bondeRoder».
Partie 111^                                  T .
vs.

mine de charbon, actuellement en exploitation ; elle dépend du bailliage de Bergheim, dont il est question dans les lettres-patentes^ue j'ai rapportées. Ces mines ont été concédées par la chambre de Ribeauviller à MM. Meckert etKnotterer, bourgeois de Bar, pour le même tenue" que celui porté par les lettres-patentes. Ceux-ci se sont associé M. Dumoulin , ancien capi­taine au régiment d'Austrasie, avec lequel ils iront cessé d'avoir les contestations les plus vives , et des procès ruineux. Ce dernier, lors de ma visite à ces raines, les dirigeoit lui-même sans la participation de ses associés. M. le prince de Deux-Ponts a exigé, par le bail passé à ces Messieurs, le dixième de tout le charbon qui s'ex-Irairoit, et de plus, le douzième de tout le bénéfice que feraient les associés.
Les deux pentes de la veine sur laquelle sont faits les travaux, inclinent au nord et à l'orient. Cette veine varie dans sa puissance : quelquefois elle n'est que de trois pieds ; d'autres fois elle s'élève jusqu'à huit. Dans ce dernier cas, elle est divisée par une couche de grès, et pour lors l'un des lits de charbon, le supé­rieur où rïnierîeur,est formé de charbon menu, tandis qu'on tire de l'autre du charbon en quartiers,,luisant, s'agglutïnant bien au feu, et en général de très-bonne qualité. Lorsque la veine est ainsi divisée, on n'arrache point la couche intermédiaire de grès, maison exploite séparément les deux lits de charbon, qui, dans cette circonstance , se trouvent peu élevés , de manière que l'ouvrier est contraint de travailler couché sur le côlé. Un schiste bitumineux sert de base à cette veine de houille , qui a déjà été considérablement exploitée.

( 147 ) '
Lorsque ce schiste est trop gras, on pose les élançons sur de petites planches, alin qu'ils ne s'enfoncent pas. Les <.<>.nu travaux de cette mine, qui s'étendent du .sud au nord. avoient, lors'de ma visite, 120 toises de longueur : ils approchoient des limites du ban de Sainl-HippolyLc. Celui-ci dépend de la Lorraine, et les concessionnaires des mines de la Croix-aux-mines y exploitent la même veine de charbon (1), au revers de la montagne: ceux-ci ont grand soin de resserrer dans leurs limites les fer­miers des mines de Rodern, avec lesquels i! ont déjà eu des contestations. Je n'ai Iromé que trois mineurs Ouuier». occupés à cette exploitation, et,cinq petits garçons, puisant à bras et avec des'sceaux les eaux qui se ras­semblent au fond de ces mines ; ils versent ces eaux dans un petit bassin , d'où ils les élèvent, au moyen d'unepelite pompe de quatre pouces de diamètre, dans les travaux supérieurs, et de-là elles s'écoulent au jour. Cette manière de mettre les ouvrages à sec est très-coû­teuse. Pour atteindre seulement à quatre ou cinq pieds au-dessous des travaux actuels les plus bas , on a en­trepris une galerie d'écoulement, qui aura 80 toises, et qui étoit longue de 22 lorsque je la vis. II eût été très-facile de prendre, avec une petite augmentation de frais, une galerie plus profonde de cent cinquante pieds; mais la veine de houille plongeant du côté de la Lorraine, les fermiers de Rodern n'avoient aucun intérêt à faire ce travail. S'il eût été fait en commun , on auroit facilité infiniment les deux .exploitations, et chaque compagnie eût épargné de grandes dépenses. _                   __                  t
(1) Je parle de cette exploitation , en rendant compte des mines de la Lorraine*
------                                      Tij

Comté de Kibeaupïerre.
\ ente annuelle.
( 148 )
Les fermiers des mines de Rodern paient à M. îe prince de Deux-Ponts, pour le dixième, environ cinq cent cinquante quintaux par an, ce qui prouve que l'ex­traction annuelle du charbon monte à cinq mille cinq cents quintaux, donnant pour la vente totale une somme d'environ 5ooo liv.: car le quintal de charbon en quar­tiers se vend 18 sous sur les lieux. On le consomme principalement à Seheiestàdt et à Coîmar.
Avant de quitter les environs de la plaine pour traiter des mines de Sainte-Marie, je dois faire mention de quelques objets indépendans du comté de Ribeaupierre, auxquels il me seroit difficile de revenir, si je n'en par-lois actuellement. Il s'est trouvé à Orschwiiler des affleuremens de charbon de terre. Ce village est situé en Alsace, quoiqu'il soit attenant à Saint-Bippoîyte, qui fait partie de la Lorraine; il est à i5oo toises au N. E. de Rodern, et il dépend du château de Kunigsbourg, avec lequel il forme un fief que le roi avoit donné ci-devant à la famille de Sickingen, et qui est aujourd'hui possédé par M. de Bougg, conseiller au conseil sou­verain d'Alsace. J'ai déjà répété plusieurs fois que les vassaux dévoient obtenir de leurs seigneurs suzerains la faculté d'exploiter les mines de leurs fiefs ; aussi, dans l'espace de dix ans, MM. de Bougg se sont-ils adressé à trois reprises au conseil pour l'obtenir, parce qu'il ne lefr avoit été accordé que des permissions provisoires, pour un an, et que ce terme expiré, ils ne s'étoient pas présentés pour solliciter un arrêt de concession, n'ayant jamais donné de suite à leurs travaux. Je ne fus instruit qu'il y avoit des indices de houille à Qrschwil-ler, qu'après avoir quitté cette partie de la province.
Mine de char­bon d'Orsch-willer.
Cartes ii-£ t Aca­démie, n°. i63, fol. J9.
Droit des
Titres.

J'engageai MM. Duhamel et Mailet (1) à sy rendre; ■ .. ■-------=
ils eurent la complaisance de m'envoyer des noies, dont Mine <!(X cluir* voici la subtance. Ces afïleuremens de charbon se voient Jî" * dans la forêt seigneuriale de M. de Bougg, au-dessous des bois du roi, en face et à l'O. du château de Kunigs-bourg, à la gauche et à 3oo toises du chemin de Sainte-Marie à la minière de Sainte- Hippoiyte, à une forte lieue d'Orschvviller , et à trois quarts de lieue de Rodern.
Lors de la permission provisoire qui fut accordée Travaux, à M. de Bougg, on se borna, pour toute recherche, à faire quelques trous d'un à deux pieds de profondeur, épars à la surface de la montagne, et une galerie à ciel ouvert d'une toise ; on arrachoit de celle-ci du Véritable charbon de terre. On ne fît aucun travail pendant la durée du temps accordé par une seconde                *
permission provisoire. Enfin ayant obtenu, en 178J, une troisième permission, M. de Bougg fit poursuivre la galerie, et on entra dans la montagne sur la pente occidentale de la veine. Un crin la coupa après qu'on l'eut suivie pendant quelques pieds; mais à pareille dis­tance au-delà du crin, on la retrouva, et on en tira du charbon susceptible de souder le fer. Cette galerie n'a été poussée que de trois toises. Elle étoit encom­brée lorsque MM. Duhamel et Mallet la \irent. Ces messieurs pensent qu'il y a dans ces endroits deux veines de charbon parallèles, inclinées à l'O. et au N. ; ils jugent qu'elles se trouvent aux deux tiers de la hauteur de la montagne, et à deux cents pieds au-dessus de la gorge. De ces deux veines, l'inférieure
{1} Voyez ci-dessus, page 66.

e-■ -----seule a été tâtée. De la supérieure, séparée de la
Mine de char- précédente par un lit de grès de dix-huit pouces, ces
•bon r.-,c î- mess|eurs arrachèrent d'excellent charbon , très-luisant, et il paroit qu il se soutiendra de cette nature, et qu'on pourra l'extraire en gros quartiers. MM. Duhamel et Maliet ont très-bonne opinion de ces mines. On m'a assuré que M. Gomard , un des chefs de bureaux de l'intendance d'Alsace, s'étoit arrangé avec madame de Bougg pour l'exploitation de cette houillère ; mais on ne se disposoit point encore à la mettre en activité à la fin de 1780. Comté de Je reviens aux mines de Sainte-Marie, dontlades-
Ribeaupîerre. cription sera précédée de quelques notices Historiques. M. Gobet a rassemblé plusieurs faits concernant l'his-
aux-mines»
, ,, , toirede ces mines dans les anciens minéralogistes (1).
Cartes de l Aa- .                                                                          • _ o          \ /
demie, n°. i63, M. Schœpflin en rapporte dans XAI.satla lilustrata (2);
fol. «59.              et M. Radius (3) , conseiller intime de M. le prince
Historique. Maximilien des Deux-Ponts possesseur actuel du Comté de Ribeaupierre , m'a remis un mémoire fort intéres­sant sur cet objet. Ce que nous dirons ici de l'histoire de ces mines, concerne celles qui-étoient situées en Lorraine, aussi bien que celles de l'Alsace. Il paroît qu'en Lorraine elles ont été en grande partie épuisées, et depuis très long-temps on n'exploite plus à Sainte-Marie que les mines qui se trouvent sur la partie de l'Alsace. Les Romains ne paraissent pas avoir fait
4
(ï) Toin. 1, pag. a, 40 et suivantes ; et tom. 2, pag. 702 à 710.
(2)  Tom. 1, pag. 11.
(3)  M. Radius est à la tête de l'administration de M. le prince de Deux-Ponts, à Bibeauviller. Il est aussi distingué par ses talens que par son zèle et son attachement pour la maison de Deux-Ponts.

travailler aux mines de cette province (1). M. Gobet ™~= considère celles de Sainte-Marie connue les plus an­
aux-nune».
ciennes du royaume. Il croit que l'or et l'argent qu'on en tiroit , servit à orner une église que S. Berlin lit construire à Saint-Omer en 660 , et à décorer le chevet de l'église deSaint-Denys. M. Schœpflin date du dixième siècle l'époque de leur ouverture. Gérard XXXIV, élu évêque de Tout en ç63, concéda, en 97.5, plu­sieurs biens à l'église de Saint-Diez, en se réservant le droit de dixième sur les mines d'argent. En 997 (2), Guillaume et Acherîc, deux hommes distingués, vin­rent exploiter les mines du val de Lièvre, et en tirèrent beaucoup d'argent. Dans le treizième siècle , les des-cendans d'Acheric fondèrent dans ces montagnes un village ;3), auquel ils donnèrent leur nom (4). On voit, dans les archives de Ribeauviller, que Bruno, seigneur de Ribeaupterre, fit ouvrir, près de Fordélbach, un puits auquel on donna le nom de Saint-Guillaume, Sébastien Munster (5) , écrivain du seizième siècle, après avoir observé que les montagnes dont nous par­lons étoient abondantes en argent, cuivre et plomb, rapporte que depuis l'année 1028 jusqu'à i558, époque à laquelle il écrivoit, on en avoit annuellement extrait six mille cinq cents marcs d'argent. Il observe .qu'en i53o on avoit arraché dans le puits du Four• ( in pin'eo Fit mus dicio ), et en 1539 » ^ans ^e puits de Saint-Guillaume, deux masses d'argent pur , qui pesoient
(r) SchœpSin , Alsatia illustrata, tom. i , pag. n et 3z3.
(2)  Selon M. Schœpflïn , en 97J , foc. cit.
(3)  Echeric.
(4)  Schœpflin, toc, cit.
lib. III, cap. iaa, pag. «538,

=-===---- - chacune trois talens ou centenaires [centenaria). Enfin
Sainte-Marie- \[ ajoute que presque chaque jour on y trouvoit de
«aux mmes. l'argent natif (1) ; que dans ces vallées il y avoit douze martinets pour préparer et affiner les minerais ; que depuis l'an 1528, plus de douze cent quatre-vingts mai­sons avoient été bâties dans le Furtelbach , et que la ville de Sainte-Marie avoit été fort augmentée des deux côtés du Léber(-2) ou Lébure.
M. Schœpflin dit que dans le seizième siècle on retiroit par an jusqu'à mille cinq cents marcs d'argent des mines de Sainte-Marie. Pigner, qui écrivoit eh i55o une histoire de France (3), porte ce produit bien au-delà. Kœnigshoffen , célèbre historien de la* province d'Al­sace , se fondant sur des descriptions qui lui ont été
(1)  Sed et quotidïi ferè i;iv:râtur argentum sinctrum. Sebastien Munster, lac. cit.
(2)  Le Lébure sépare la ville de Sainte-Marie en deux parties ; l'une alsatienne, où l'on parle allemand 5 l'autre lorraine, où l'on parle françois ; de sorte que les habitans des deux côtés de la rivière ne se comprennent souvent point. Ainsi Sainte-Marie ne dépend pas entière­ment de la Lorraine , comme on pourroit le croire d'après ce que M-. de Sivry en a dit, à la page 3 de ses Observations minéralo-giques.
(3)  Dans le Liberthaï, il y a tant de mines d'argent, de bronze et de plomb , qu'il n'y a lieu en toute l'Allemagne où il s'en trouve tant ensemble , ni de meilleur revenu; cette grande vallée contient en soi plusieurs autres vallées moindres, savoir Furtelbach (ou Furtel ), dans laquelle il y a environ douze puits de minières , à raison de quoi, est fort peuplée et fort fréquentée. Une autre nomméeSurlaîie, dans laquelle sont quatre puits de minières ; une autre qu'on appelle Prabegert, en laquelle il y en a six ; une nommée Echerich, où il y en a deux seulement. Les mines du côté du coucbant appartiennent au seigneur de Rapolstein , et celles du côté du levant à la ^ouveraineté de Lorraine. Elles ont été premièrement découvertes par les seigneurs de Rapolstein , vers l'an 1S2S : ayant ensuite fait chercher du côté de
fournies

( iJ3 )
fournies par un nommé llaubenscick , directeur des mines de Sainte-Marie, clans le seizième siècle, parie leur produit annuel à huit-mille marcs d'argent, in­dépendamment d'une grande quantité de; cuivre cl de' plomb. La fameuse guerre de trente ans, et celles qu'ont terminées la paix de Nimègue, celles de Rvswick et de Bade, ravagèrentl'Alsace, qui en fut le théâtre, et entraînèrent le désaslfé-et—Patîandon-tîes'- mines de Sainte-Marie. Elles ne furent remises en valeur qu'eu 1712, époque à laquelle Loïïîîr^trV^âccôrtîïTa1 'M."le7' Prince de Birekenfeld les lettres-patentes que j'ai rap­portées.
Des'particuliers de Strasbourg, associés avec des
Lorraine, ils trouvèrent une grande mine d'argent au lieu nommé Saint-Jacques, de laquelle ayant lire grand profil, ils ne cessèrent qu'ils n'eussent creusé toutes ces minières, qui sont en toutes ces vallées des Vosges; tellement qtt'rl rrjra quasi lieu dans toute cette montagne qui ne soit cieusé et f'urelé jusqu'aux entrailles de la terre. Apres avoir bien creusé, ils trouvèrent plusieurs grands puits et an­ciennes cavernes où les anciens avoient cherché des métaux et fait des minières bien profondes; mais ils avoienl abandonné ces'recherches, par la grande quantité d*eau qu'ils rencontroîent , et qui s'amassoît dans ces puits ; car les anciens alloient toujouiyen creusant profondé­ment jusqu'à ce que tes eaux les arrêtassent!'mais à présent,on fait dans les mines, des allées en long et en^^arge, par une infinité de détours, et au milieu on creuse des puits pour la décharge des ermy. En cette vallée de Vosges, toute stérile qu'elle est , il y\.<L■ trii.it> de ïnétaux de plusieurs sortes , même de-bronze , de plomb, de métal argentin, duquel se tire l'argent, le cuivre , et en quelques lieux l'argent pur, qu'on y voit j'usqn*à douze forges à inétal , où l'on ne cesse de travailler , cuire , fondre, laver et purger les métaux ; et depuis quelques années que ces mines sont en état , on y a hdù plus de douze cents maisons, et on lient pour certain que depuis Tan ï5aB, on a tiré de ces mines, par an, six mille cinq cents marcs d'argent. Liv. Il, ch. 6.
V

( i*4 ) -
.~-;..:ri:.:.-"— étrangers, exploitèrent long-temps ces mines Ci^, De N!n.u-\i.im- |,os (Cni])s. une seule et même compagnie Icnoil a bail de M. le prince de Deux-Ponts,'les mines de Sainte-Marie, el du roi celles de la Croix et de Sainte-Hippolvte en "Lorraine; mais les choses venoient de changer tors de ma visite. M. le rtrfHce de Deux-Ponts -avoir, com-
menée à faire régir pour son compte celles de Sainte-Marie-:, et une nouvelle cpmpagriie.venoit-d'obtenir la-concession des minets lie Lorraine, que'j'ai-nommééS tour-à-rhelite (2). * •• . " «                   ■ -,- * v
Peu de fra-vàux ont fourni -Hjnë'variété de minéraux plus grande , plus précieuse el plus iBttessajjte pour lès amateurs -, cjue ceux des mines de Sainte-Marié. Gir en a extrait, en différens temps, de^ l'argent vierge en polntf^i. en leuiîles, en cheveux, et superficiel ; de îa urint\ ifargent vitreuse, rouge et grise, cristallisée cm 'massive. Les inmérais^l'argenî. cjiii se trouvent hunitueî-'lemufït à Sainte-Marie-, tiennent depuis deux onces jus-i|ifa «juatre marcs- d'argent. M. M'oriuet y a découvert un miiim ^produisant soixante dix livres d'argent an C|iimtal. ('elle malière^terreiiHe,, semhlahJe à l'argile, étoif jetée sur les haldes comme inûiile,-!orsqije ce mi­néralogiste la lit côunoitre (*:;). L":irgen.l de Sainte-Marie
.4
(i)-C)n voil <!:tus r.aif'î du «8 juili
~.î6', on;
d'aubauu1 \v.< mtfi't'Ssfs aux flisUu-/ t!e S;uy !•;■ - Mai ic-, tjii'il.; avoit-nt livir en i-')5 , ii la inûnînûr tît- Miti>hiu;r^^ ri:iairc un lie maïcs d'argent ; à Parsonal de la lïH'iue \'\\v , "<Umi\ < vnï.-; iniHicr.; (\v p!ous?> : cî iin\ mariiiu'f s de ^t lie Ir>i t-<] t vl de (.. u! ih.ir-, î îcï,U' mi il ivï h dr eu ivre. \<t\e/, t t-f!es>us , p;i'^. 141.
(2) \<ncz nui des( 1 iptson dts niiiu1.; tic Loulunr.
^.'î)r\i)V(7 U'.'ot: ruai <!r Fans, chi -i,> c!t it'itibi e i"">z. (,)n sait que leb nunes d"Allejjuuit en Dauphiaé , fournissen.1 ubfifuduimueut de ces

est porté par l'affinage au titre de onze deniers vingt-
trois grains. On a de tout temps arraché de* fosses"de
ç_e district rie la mine de cuivre jaune et azurée ,H du
l)Icu('i)eu!u ver! de montagne. Quelquefois ces mines
Tiennent jusqu'à cinquante livres de cuivre par quintal.
;;- .Ce métal "y'est d'excellente qualité. Le plomb s'est
trouvé, à Sainte-MaTie-, en chaux blanche et \erie;u),
%t,.minéralisé en galène de toutes former Le cohall
-"cjû/on relire Vie ces mines est de la meilleure espèce:
il est petit* l'ordinaire' spéculaire. Enfin ou en retire
aussi de la bleiude,et Beaucoup d'arsenic natif ou cobalt
testacée'(o). Le rocher dans lequel tous ces:niinérais se
mulms bruns et noirâtres, ires-riches en argent. Kn les considérant ■ _ -à. la loupe, on y voit très-sou vent'de Tardent n-atit; quelquefois il s'y iiouvecn parties asjez■grautkv», pour qu'on l'y--distingue mus peine à l'œil nu.                         ' ,                 
(1)   C'est sans doute ce que les anciens liisloiiens ont pus pour du lapis huuli.
(2)  -Je îr'îii pitrirt ttt tle nrmrs—é^ |i4tmt't Mandtcs et vertes à Sainte-TViai ie. ( eiff.i <[ue les emieuv ont tirées de «ion temps .de cette
.ville, .venoienl de la Croix-aus-mines en L'irr-aine. Il est possible
r.éamnoins tyiv les tr;uau\ de Sainte-Marie en aient produit ; c'est.
d'après M. Scha.»pflin que je^les cite 'comme venant de Sainie-Mctiie.
* ' C-tr^Ss^ant pruie aussi de mines de plomb rougc.v--trouvée,* dans le
menu* iwu ; mais je n'en ai vu ni à la-Croix ni à Sainte-Marie.
(3)   M. liuc'hoz (\hms son \\ allerius Lorrain , }) 2->), conspte au ''r.Qtubre des productions"aiétalliqûes de la Lorraine , Je mercure et le
. . e -imtbredt- ?ainie-Marie aux-niines .le ne satlu^-pas 'qu'on en ait jamais rencoiîtré de vestige, s oh du cote de- la Lorraine , soii de celui de l'Alsace. Il Jaut que-la belle mine d'argent rouge er\--*tavisée 1 (\u''|R a îiiee a plnsienrs lejjtises de SaiiiU^Mane-ni;* nunes", et_ cir;n? la couleur ressemble fort à'^ciie 4u t:«uibré-et-y.stallise, ail'-ïrKÎïnl- ru t'iH'ur les personnes tuû «voient donne ces îv^c'^'c-iiii'iiscV M .fine lux/:.' M. Citieltard a trouvé de la sicaMtc bîijnehe et'veriîàtrc dans sine5 tanière de pienes-à c^auv aii-tlc>su> (ie*^ainie- Mat".('■«■au>\(-mHj,<:s. A '>%<■/ ses nu moires sur différentes pailies des scuikcs tt «sis, t. I j.
S:iri.ite, }K'g. \\\il).                             '                                  r.J                         . ■■■"

( i-ï6).
= trouven!. est communément grenu , compacte. gris et
c- rongeât re, et formé d'un assemblage de grains de quart/.
et de fèid-spatîi, de la grosseur d'une tète d'épingle,
intimement unis, qui présentent au premier coup-d'œil
une masse uniforme : quelquefois ce rocher est par-
semé de mica.
Dans le seizième siècle, trois mille ouvriers suffi-soiehl à "peiné à l'exploitation des mines de Sainte-Marie : lors de nia tournée, il y en avoit cent cin­quante-un (i) ; leur.nombre avoit été réduit jusqu'à cinquante , plusieurs années auparavant
Toutes les mines connues du côté de l'Alsace sous; le nom général de Sainte-Marie, sont situées dans les territoires de la petite Lièvre, d'Eckericfer, de Fertru et de Sainte-Marie. Cette ville est éloignée de sept mille - , . huit-cents toises Ô. cPOrschwiller, de'cinq mille huit cents toises N. O. de Ribeauviller, -et de dix mille toises O. de Schelestadt. Les vallées qui renferment ces mines sont les suivantes , savoir:               .
LcVn-tliaï ou Le Lévertliaî ou .vallon de ta petite Lièvre. Ce vallon/, vallon deia jh- qU\ a son ouverture clans la vallée de Sainte-Marie, ^> au village ciL^kench ou Lvsçhene-, est situe a mine quatre etnts toises au S. G. de Sainte-Marie ; il sëfer-'niihe.au territoire du lion h om me ; sa longueur est d'environ une lieue Les fosses sont placées au-dessus *               des rives du .Lébure , au-delà du village de la pelUe-
' ' ,               Lièvre. Celui-ci n'est éloigné d'Eckerich que de neuf
4 cents toises.                    ■ .
(i) \ oyez ci-<Ujssous à la fin de la description de SaiiUe-Maric-es j à îa niarginale Ouvriers.

( lû> )
0Le Ranenihal ou .vallon de Phaunoux, qui a trois îr==.-==.-quarls de lieue de long, est au levant de celui de la &i?u!|'-Maiit
,-.;•.                             * - ■ .              ip 1 i                                  ' a u>.-limier.
petite l.icvre, auquel il est parallèle. Le ruisseau qui
I arrose-nasse a 1(). de buint-rierre * et se réunit au n , n,
!                                                  \                               vallon oc Hnau
Lébure immédiatement au-dessous d'KckericIi. Sebas- ,1OUX, tien Munster donne à cette gorge le nom. cîe vieux Vallon cfEckirch. Xes travaux qui y ('(.oient ou\erts eu i5Jo, temps auquel il ée ri voit , étoient ceux de Notre-Dame de Froi-de-Fond e^ de Saint-Jacques.
Le Zillerthal ou vallon de Surlatte, que Sébastien Zillcrthal ou Muijsier nomme Surbetz, est-à-l'O. de Rauenllial , à ]'lllli'n du Su(-six cents toises au S. E. du village de Saint-Pierre. Les mines de ce vallon ne° sont éfoiguées que de mille quatre cents toises de Sainte-Marie*. On v cxpïohoit, • en kjoo, les miniers de Saint-Michel, du Vert-Bois, de Saint-Georges, et de'la Riche-d'argent'. . .".
Le val de Samt-Philippe, qui aboutit à l'extrcmité fa Va! de Saint-plus méridionale--de. .la ville de Sainte* Marie , est-le ^"^l'P1'-vallon de rrahegetz ou Prahéguer de Sébastien \!iiasft.T. et de Pigner. Le premier* de ces lusloiiehs y com[)toit-de soiKlemps les fb.€ses= de Sain i-Phi lippe . de Saint-3^-îartin , de la»Yigjiie-, des -Sapins \crls, du Mo/itarmon et de SaTiiKGuillaume.
Enfin le Furtelbach, Vorlelbàch ou vaîbn de Fertni. Furtrlbacii ou II selève au levant de la ville de Sainte-Marie, du" vaJ dd-Vrim. nord au sud. Le ruisseau cjui l'arrose tombe flans la vallée de Sainte-Marie, au-dessus de l'église de Saint-Mathieu, à deux cents toises au N. de IVxlrtîmjté septentrionale de la ville. Selon Sébastien Miiusier, on~ y voyoit, en i5-5o, les travaux de Sainf-Ciuillaume, deRumpapump, de Saint-Jean, du Furstcnbau t du

(158)
= Huis-ferré, du Régal d'UIm, de Saint-Martin, ries Trofs-" Puits-Unis, du Four, du Saint-Sang, du Filon des
aux-iniucs.            a
*                      Associes.
"■: ': "■■• J ' ■ •" ]:!-">:jue tontes les mines de la petite Lièvre commu-
]:.'"''' J': -li-'iont avec ceMe.s du vallon de Phaunoîix. Ces ch'ux
, ,_ •-' •■-':;-'.-> sont sépaiée* par la grand..' montagne de Schu-
,-.■•■'.-. , . .„:-, :• a')(T::, (}ui comprend dans ses deux pentes tous les
&■>• -;>-                ir;.v.'ï-i\ do Phaunoux et de la petite Lièvre. La pente
du S huienberg. dan» le dernier de ces vallons, s'étend
sur trois heures, eu montant du NYE.'au S. O. On n'y
e\ploiioît, en 1700, que la galerie su; érieure de Saint-
^ Nicolas, dont Pomerture est à une demi-lieue au-dessus
*■ (lu \ ilhigt- d'Eckerich. Les travaux inférieurs du même
nom étoîent comblés*
Filon ùvSaint- QIX a. renconU'é le filon de Saint-Nicolas au moyen 1 u°;as"           d'une petite traverse de deux toises, prise, du jour et
u'uet'Ul'u' à mi-côte, sur une lente. Tes anciens avoient suivi ce
ïi
filon dans la direction de neuf heures septentrion, sur plus de cent toises de longueur ; ils i'avoient aussi tra-vaille dans la direction de huit heures et demie méri­dien, par une galerie dont ou ignore la longueur, et dans cette galerie iîs avoient;■ creusé, sur T'iiclinaison du filon, deux foncées profondes de \ ircgHjuatre toises, qui communiquoient aux travaux inférieurs ue Saint-Nicolas. Celte inclinaison est de snixanî**-quinze à quatre-vingt degrés à Forient. A deux ceuî douze toises du jour, le filon se" divise en âtnw brauch'\«. On a lait en ce point une cheminée ou puits ascendant de einq toises; et M. Schreiher, ancien directeur de ces mines, s'est étendu sur le iilon du côté du nord d'environ. vingt-cinq toises; il en a fait arracher de belle ruine de

C 13"9 )
cuivre. Ces deux veines se sont n'unies à \ ingt toiles <!u ])iiits. En 17o-j,oh suivoil , en retenant \ers ce puit^. ^^nwv-^h.u!'-ce le de ces tieux veines nu ou naW'it noinl attaquer en s en éloignant. On en tiroit diiv-;i uc ton nonne mnic , , . deeuhre, niais il nl\ rt-stoit pins (jue deux toi.ses à exploiter [>our rejoindre le puits. Lh mine d'ar^eut i;ri;.<4 (jiii pnnivnt du iiion de Sainl-Nir-nJ.js. contiei-t poui' le moins neuf onces d'argent au fjuijîial. Le filon de' Saint-Nicolas a été considérablement exploité par 1rs anci-'iis. au-i!es,s?Ks delà galerie princip.ile- Ils oui 5-fji\i-,à ti'ois cent cinquante toiles du jour, une lvrih> qui U s ;i condmis au liit?n peJ"pei»*liculaire de la Treille, parallèle à celui de Saint-Nicolas, et (juils ont pniu>m\ i du côie" du nord, par des irasaux ascendans peu élcudus. ( )n > a trouvé, pai" inlenalles, cjuclcjne petite (juautiié de mine d'argent grise, contenant six à sept, onces d'ar­gent aU"<j»inta!. V.n î~o>, on vtrearpoit un seul ou­vrier. On vott dans ces trava-ux trois foncées faijes an­ciennement, et proi.on<Je> ei^en^M'e --e \:n^î-^!\ t'w^. Leur sol communicjtKMl H sns k':-'< ou\ r.'iuc^ de Sainf-(tiiillaume, qui dépendent du \alleu de Phaunoux. Le Iiion de Saiïil-NicolaH si- réunit a celui de ld Ivcillc. à quatre cent cinquante toi^e.s du jour.
1! n'y a dans le vallon de la pelife Lièvre que les Mim-rr.ujmr.i fosses d'Enirelsbouri: (pi: "-e trou\.-'iit plus êle\ées one ki i'-i^fJslïouî^,.
■■■■?-■                                                i                                                                         i                                                               s
celles de Saint-Nicolas . doni elles' ne sont elf)ii;nées que de cent, cinquante toises. Leur entrée se \a)i sur le chemin d'Eckerich au H'onhi.mnie. nn en a t.Mrait ci-devant de Parlent natif . de la mine d'argent rou^.(^ et vitreuse. On voit, par les amas de déblais placés 'le &&,
_distance en distance, a diliereni.es élésations , sur une • . « •<**"" j

===== étendue considérable, et par les àlïaïsseiïiens dsi "1er-M-ancr ram ^ ]a surface de la montagne, que les travaux
aux-mmes. Val de la
d'Engelsbourg ont été très-vastes. Les anciens niineuis
, . i ■■ v" regardent ce minier comme un des pins riches du pays. Sou ruinerai ordinaire étoit de la mine (l'argent grise dans du spath calcaire. -L'entrée de la galerie d'écou­lement de ces travaux, est, connue nous l'avons dit, sur le -chemin d'Eckerich an Bonhomme. Tous les autres travaux sont plus élevés , et les anciens mi­neurs assurent qu'au-dessous dû sol'de cette galerie, il n'y a qu'une foncée de- cinq toises au plus, au fond de laquelle le filon "étoit très-puissant ; il avoit deux bons pouces de minerai massif et précieux, Depuis cinq" ans ou trie les anciennes haldes ou amas de déblais-de FEngelsbourg . et on traite avec bénéfice les matières qu'on en tire, à un .boccard établi auprès des travaux inférieurs de Saint-Nicolas. A cent trente toises de lon­gueur , lagalerie.de FEngelsbourg ne comnnniiquoit pas encore au sol des travaux supérieurs. Je pense qu'il seroit très-utile de la relever, s'il est vrai qu'au-dessous. d'elle les travaux aient été aussi peu consi­dérables , et qu'on y ait laissé le filon aussi puissant qifon me l'a assuré.
Mines d'agent Au-dessous des mines de Saint-Nicolas sont celles 1- des Grosses-Haldes ( Gru.w-Bingvn ), qui ne doivent
. kiu«e- |eur nQm qUaux prodigieux amas de décombres que Ion Bingen.                      . , T            „ ? t                              ,~\
voit a ta surface de la montagne. On reconnoit par eux oue la direction du filon éfoit du S. au N. Les anciens l'avoient attaqué par une gak-ric de traverse prise a la moitié de la hauteur de la montagne, ils coupèrent ce filon à cent cinquante toises du jour, /exploitèrent des
deux

( 161 )
deux côtés sur ce sol, et firent aussi des travaux as- s^=_-.---:^-_™--cendans et des puits d'airage. Les vieux mineurs pré- ^^nu-V^n^-tendent que ces fosses ont ete épuisées depuis le sommet ue la montagne jusqua sa base, ou lon a pratique une . . -autre galerie de traverse longue d'environ -trois cent soixante toises. On diî que les fouilles n'ont pas été poussées au-dessous du niveau de cette galerie infé­rieure , parce que le filon y éioit devenu très-étroit. Les travaux supérieurs ont fourni beaucoup de mine d'argent grise, et sur-tout de la mine d'argent rouge.
Le filon des G rosses-Maldes ineiinoit en sens con­traire du filon du Ciraud-Sainl-Louis, qui a été altaqué du côté du vallon de Phaunoux. Au point de réunion des deux fiions, ou a pratiqué une foncée qui communique à une galerie des travaux de Saint Guillaume, que je décrirai en rendant compte des mines de ce \ailon.
En se rapprochant du village dïxkerich, au-dessous r,airn> <!«•■ la des travaux précédens sur le chemin de ce village au Leen.-Tasclu-. Bon-Homme, est la fosse de la Leere-Tasche ( Pochc-r'ule ). Il y a en viron vingt ans -que M. Schreiber, ancien directeur de ces.:mines , y fit attaquer, par une galerie, une fente dirigée sur dix heures. Celle-ci t"étant trnmée stérile, on a donné le nom de Poche-1,ide à ce travail. On y avançoit d'une tofoe par semaine, et le u*a\ai! a été suivi au plus à cinijuante loises. On n*a {joint rencontré de filons dans cette lecherche. il sort de relie galerie actuellement affaissée un^ tièb-grantle ijuaiuitê d'eau.
Au-dessous de oette fosse, et à quatre cents Ioîm-s M-^n;,^^! seulement du sillage d'Eckcrich, sont les travaux dt- f;.; f.lîtl lli]lîi Gott Hilflt Cîewiss , ce qui siguiiie : Dieu anlcta
Tarliv UL                                       X

— certainement. Ces ouvrages consistent en une traverse te~ prise du jour, au moyen de laquelle on a.rencontré à
.aux-iumes,
Lie
quinze toises, un filon dirigé sur une heure, dont la gangue-, de spath calcaire, étoit -parsemée.de quelque
peu de mine d'argent grise, qui ne .payait pas les frais \ d'extraction. On a exploité ce filon en remontant jus-Xqû'à la hauteur de quarante-cinq toises. Il a été coupé
pai; le filon de cobalt du vallon de Phaunoux. Observation. J'aixjéja dit que je n'avois trouvé d'autres mines en exploitâtic"mxdans le vallon de la petite Lièvre ., que celles de Saint-Nicolas. Il n'y a'plus rien à espérer de toutes ces mines "au-dessus du niveau des eaux ; les an-; ciens en ont tout enlevé : mais ils n'ont que peu exploité au-dessous de ce même niveau , de sorte qu'en prenant à Gott Hilllt GevvTss une galerie d'écoulement dont le sol seroit au 'moins inférieur de douze toises aux tra­vaux de la Leere-Tasche, on couperoit les liions qui <*""              pourroient se rencontrer entre ces deux travaux , et
successivement tous ceux qui peuvent exister enfre ces fosses inférieures et les fosses supérieures du vallon de la petite Lièvre; on déltvreroit en même-temps celles-ci des eaux , et on se procurerait du champ frais jusqu'à une profondeur considérable.
Valînt» tu- J'ai déjà observé que le revers.de la montagne eu • Ph;uin<m\. Schuienberg fàisoit partie du Rauenthal ou vallon''de
Cartes J-: F.-jeu- Phaunoux. et que les ouvertures des mines de ce vallon ?*;V n ' 6" se trouvoient sur cette pente. Je parlerai de ces mines selon Tordre dans lequel on rencontre leurs entrées en remontant le vallon de Phauuoux , dont les pentes sont fort douces. La richesse de cette gor^e confirme les observations de M. de Trébra, qui s'accordent assez

( «63 ) avec la nature des gîtes de minerai des Vosges.* Le pre- =rr=-rrzr--~:
nrier travail qu'on rencontre près de ToiiuTlure de ik>.....;il^1!-"
cette gorge, est une galerie profonde destinée à mettre
à sec toutes les fosses que ce \aiiou renferme. Kilo avoit ,,
.                                                                                                                                    l'ii.ii1-
été conduite par les anciens à la distance de sent cents ,, , toises du jour , et donnoit l'écoulement aux eaux de jum;r. toutes les mines don! je vais rendre compte. \ com­pris la fosse de découverte de Saint-Jacques. Cet!e ga­lerie d'écoulement a été él-mçonnée jusqu'à soixante toises de son entrée ; les bois s'étanl j)ourris. e IL* s'est affaissée, et les eaux n'ont plus leur cours. ( )n assure que les anciens n'ont pas fouillé à plus de trois toi.H's au-dessous de cette galerie découlement , et qu'ils ont laissé dans tout son .sol des variétés précieuses de mi­nerai d'argent, et paiiieiil:èremeiH de la mine d'argent ronge. ]\ m'a paru de la plus grande importance de relever cette galerie, mais il faut v .substituer le /////-. nîïflvmvm au boisage. La pîerre est"'abondante dans ce canton, et en comptant la toise de revêtement à lo h\\, ou estimoiî que ce travail coûteroit au plus i,joo liv.
Peu au-dessus de cette galerie principale est celle de Mï.m Chrétien, qui a été puuiquée en partie sur un iilon de ^'(:h cuivre, mais principalement sur un filon d'argent et de cobalt. Son entrée est dans une maison qu'a.voit lait construire ci-devant une compagnit^de Strasbourg, qui iàisoil fabriquer de l'azur (t). Il y avoit sur le niême filon tle cobalt deux galeries supérieures à celie^ de
'l) •/(• ne --..i» si i\'A i<) mriiw , i\->M j-.uli1 NI. ."M ha1] f! in .J.iwN !i >< iia'jjfiiii . AKiii,! ii!iu»i«',i, (.»m. :. - jmi;. i zx
_________                                                    '.               X il

Chrétien ; elles sont encombrées* Celle de Chrétien, qui étoit fermée par une légère maçonnerie, a été rou­verte en 1780. Lorsque MM. Duhamel et Mallet séjour­nèrent à Sainte-Marie-aux-Mines, et que j'y eus été annoncé, nous ne pûmes pénétrer dans celte galerie qu'au travers de six pouces d'eau , qui en recouvroit le sol à une distance considérable. Ce filon de cobalt est dirigé sur dix heures et incliné à l'occident ; il conserve, sans se déranger, cette direction et cette pente sur une longueur de plus de deux cents toises. J'ai eu occasion d'observer qu'il traversoit toute la montagne de Schu-lenberg, et qu'il coupoit le filon de Gbit Hilfft Gèwiss du vallon de la petite Lièvre. On en a tiré beaucoup d'argent natif et du cobalt spéculaire dans du spath calcaire. La galène de Chrétien a plus de quatre cents toises ; le roc y est solide. Elle est souvent inclinée et étroite, parce que la puissance du filon, sur lequel elle a presque toujours été poussée, se réduit, en plusieurs endroits à quelques lignes.
Au sol de cette galerie, à soixante toises du jour, est une foncée de quinze toises d'où part une extension de trente toises. A l'extrémité de cette extension est un second puits auquel on'donne la même profondeur qu'au premier. Ainsi les travaux les plus bas, où l'on assure qu'il subsiste six pouces de mine de cobalt mas­sive, sont inférieurs de trente toises au sol de la ga­lerie de Chrétien. Si on avoit pris de la galerie pro­fonde du vallon de Phaunoux , une traverse pour ren­contrer ces ouvrages, on les au roi t misa sec au moins jusqu'au dessous du sol de l'extension qui prend nais­sance au premier puits.

(165) Une veine de schiste pourri a coupé le filon à deux =========
cent -cinquante toises de l'entrée de la galerie de SamU'-Manc-Chrétien. Les anciens suivirent infructueusement les deux cotés de cette veine à une distance qu'on ne saurait déterminer, parce qu'ils remplirent ces fouilles de décombres aprc\s qu'ils eurent été ramenés sur le filon par une petite veine très-tortueuse, latérale à cette veine de schiste pourri. En continuant dans l'heure l'entaille de la galerie de Chrétien, il rejoigni­rent aussi ce filon à quelques toises au-delà de la veine qui l'a voit coupé. Ils l'y retrouvèrent puissf nt de plusieurs pieds, le suivirent encore en montant sur la longueur de cent cinquante toises, et communiquèrent au jour par un puits. Dans les parties les plus reculées de ces travaux , le filon est dispersé et ses épontes ne s'appereoivent plus; cependant on voit plusieurs filets de gangue à'l'entaille. A la lin de 1780011 les jjwsoit suivre par deux - nnueure m mêaie temps qu'on pous-soit sous de vieux travaux une traverse dans laquelle il y avoit aussi un filon, mais il étoit encore stérile.
Peu au-dessus du filon de cobalt est l'entrée des tra- Minutie plomb vaux éboulés du Grand-Saini-Louis, que j'ai cités en {>t MW"X (lu
1            1 i'i 1 ;I /•-                  11 1 1 s^                               1 » irrand. St. Louis,
pariant au mon.desGrossaB-Halde;>. Ou en tu oit de la galène riche en argent. Les anciens les ont sni\is sur une longueur de .cent quarante toises ; ils y ont prati­qué deux puitsxascendans de dix-huit toises; et au point de réunion avec |e filon des Grosses-Ilaldes, ils ont fait une foncée quWommunique, ainsi que je l'ai dit, dans les travaux de Sajnl-Guillaume (ij.
\                .
(1) Voyez ci-dessus , pag. 161, \

M in«» d'ars
( 166 )
Ceux-ci se trouvent au-dessus de la mine du Grand-Saint-Louis. Ils ont été exploités par les anciens, long­temps avant la découverte de la poudre, mais non par
-, ,, ., les Romains , confine. les personnes qui ne savent point 1 histoire de ces mines peuvent être tentées de le-croire lorsqu'elles considèrent la manière dont ces travaux ont été traités. Effectivement la partie de cette galerie, ouverte par ues anciens pour entrcçjjans le minier de Saint-Guillaume, est^taillée dans le roc avec beau-epup tle swn. Elle a deux pieds et demi de largeur? siV-^pi^ds d'élévation, renflée vers le milieu, elle seter^* mine en voûte ogive ; ■'ses * parois- sont très-unies , le roc ayant été par-tout travaillé et repiqué au marteau. Cette galerie rfétoit d'abord qu'une traverse d'environ vingt-cinq toises de longueur. A son extrémité , on trouva un filon de mine d'argent dans du spath calcaire, après qu'à la trentième toise ou'eut-traversé et suivi de quelques toises à droite et à gauche,"une veine de schiste pourri. Ce filon, auquel on a donné le nom de Saint-Guillaume*, est dirigé sur sept heures; H coupe les bancs de rocher qui inclinent de plus de quatre-vingt degrés au levant, et sont dirigés sur neuf heures. A soixante toises du jour on s'avisa, il y a quatre ans, de rechercher-Je filon dans le sommet de la galerie. On s'é­leva de onze toises , et on s'étendit de sept toises sur la direction du filon. On l'y trouva superbe, et on en tira une grande quantité de mine d'argent grise mêlée d'ar­gent natif. Les anciens rencontrèrent, à soixante-dix toises du jour, une nouvelle fente dirigée de l'E. h YO. ; elle traverse le fi!on; mais-il ne paroi! pas qu'ils l'aient suivie.* Ils creusèrent en ce point une foncée dont on ignore la profondeur.

( 167 )
Après s'être avancés de quatorze toises au-delà de cette fente, ils montèrent par deux puits ascendans à la hauteur de vingt-trois a vingt-quatre toises, et pri­rent des extensions des deux côtés de ces puits. Ceux-ci aboutirent à la galerie de Saint-Pierre, que les anciens avoient poussée sur le même filon. Du milieu de cette dernière galerie s'élève un autre puits de quinze toises qui va se rendre dans les ti"avaux de (ïJurk-uuf!
A quatre-vingt-quatorze toises du jour, les anciens creusèrent une foncée -de sept toises. Un Ta depuis approfondie de cinq autres toises. Du sol de cette foncée part une extension de quinze toises, dans laquelle on a trouvé-d'assez, bonne mine d'argent, mêlée de mine d'argent rouge. Les eaux ont fait abandonner cette ex­tension. Au sol de la foncée le filon devient sa usage.
Les anciens ne s'étoient pas bornés \ï soutier en ce point le soi cle la galerie*principale".-ils firent aussi dans son sommet des travaux qui s'étendent à trente-^ roi s toises du côèé du nord , et à vingt-deux toises de celui ; 'du midi, 011 ils-communiquent à la galerie de Sainî-Pierrc , dont j'ai déjà parle. Le filon n'y- pavoït pas les frais.                                      -                        «                       
à deux 'cents toises fin iour, une nouvelle \eine tombe sur le filon de Saint-Guillaume . sans néaumoins . Je couper; elle renferme quelquefois du spath calcaire parsemé d'un.peu de mine d'argent grise, ce qui a\-Mt salis doute déterminé les anciens à la Muuv's-ur une longueur de deux cents toises, jusque dans les m,;\,:i.\ de Suint-.lacques. Cette \eine n'a pas e!e p!n^ pn-dïje-tive au-dessus des .travaux des atïruns. M. Sclucilut \ • a fait de vaines têntati\es.            "A*

» .           ( 168 )
.-.' A cinq toises au-delà de cette veine, il exisfe sur le Sainte-Marie- filon , dans le sommet de la galerie , des travaux assez
au\-mmes.
étendus, qui sont actuellement bouchés. On trouve au même point une foncée commencée par les anciens , et continuée de nos jours, jusqu'à la profondeur de dix-huit toises , d'où on s'est étendu au midi et au nord, par des travaux qui sont aussi comblés. A deux cent soixante dix toises du jour, dans là galerie principale, le filon se sépare en deux branches qui se réunissent à l'extrémité de la deux cent soixante-dix-neuvième toiser Lors de ma visite trois mineurs travailioient en ce point, en reve­nant du nord au sud, sur la veine droite#que les anciens avoient laissée; on en tirait de très-bonne mine d'ar^ gent grise.
Au peint de séparation de ces branches, on s'est élevé dans le sommet par un-.puits ascendant, de sept toises: de la partie supérieure du puits, on a poussé une extension sur la branche gauche vers le midi; on a fait au dessus de cette extension différens travaux qui se communiquent par des petits puits ascendans dont le plus élevé a dix toises. Le plus bas de ces petits puits ascendans , qui à 5 toises de hauteur, prend nais­sance à 5 toises du commencement de l'extension; et à son ouverture supérieure commence un autre tra­vail horizontal de 7 toises, à l'extrémité duquel le fî-' Ion est coupé par une veine pourrie. C'est cette veine qui a donné lieu à la longue galerie des Grosses-Haldes qui a plus de 1000 toises; car on a suivi cette veine en revenant vers le vallon de Phaunoux, pendant plus de 3oo toises, et sur près de 700 du côté du vallon de la Petite Lièvre où ces travaux ont une 10 \ ■" "..'."' '                         ■ '. issue

issue au jour. Cette galerie des Grosses haldes, est ira- : versé/? par le filon de St. Jacques, environ à moitié de sa longueur du côté du valjon de la" Petite Lièvre, ( et à ce point elle monte tout-à-coup de 3 pieds.
Le filon de St. Guillaume est totalement coupé au niveau de la galerie des Grosses haldes par la veine que cette galerie suit; niais dans la galerie principale de St. Guillaume, ce filon a été reconnu et poursuivi bien au-delà de cette veine. Reprenons les détails des ou­vrages de cette galerie.
Parvenu à trois cents toises du jour, on voit une foncée de onze toises , du sol de laquelle on entre dans une extension poussée de quarante toises vers le nord. Celle-ci aboutit à un puits ascendant, qui, remontant à la galerie, communique à un second puits ascendant placé au point où le filon de Saint-Guillaume se divise en deux branches. °
En continuant à suivre la galerie principale, on voit à la trois cent trentième toise, quelle filon très-appauvri, se divise de nouveau en deux branches ; cdle de la gauche, dirigée sur sept heures, disparut après avoir été suivie à la distance de neuf toises, et ce tra­vail fut recomblé aussitôt, La branche droite couroit sur onze heures ; elle éloit stérile, on n'y trouva que du quartz compacte et sauvage, sans vestige de mi­nerai.
Enfin, à la distance de trois cent soixante toises du jour, on rencontra dans la galerie principale de Saint-Guillaume, un filon de mine de cuivre, dont les deux-parties joignantes et partantes, dirigées toutes deux sur douze heures, sont à onze toises l'une de l'autre. On ^JRmtw III.                                      Y
lux-mines.

C 17° ) ============ n'a suivi que de quelques toises les deux parties de ce
Sainte-Marie- filon ? et on a fait à l'extrémité de la plus reculée un puits de deux a trois toises; mais on \\y reconnoissoit l'existence de la mine de cuivre que par quelque peu . de vert de montagne.                                               *
A trente et quelques toises au-dessus de l'ouverture de la vaste galerie principale, dont je viens de décrire les travaux, se trouve une galerie supérieure, à lacjuelle on reconnoît deux entrées, distantes tout au plus d'une toise et demie, et qui se réunissent bientôt. On a joint le filon de Saint-Guillaume a trente toises du jour; les anciens avoient fait sur le plan de cette galerie des travaux étendus. On les a déblayés sur la longueur de cent toises , et à soixante toises du jour on a creusé une foncée de sept toises, dans laquelle s'est trouvée de la mine d'argent grise. Les terres accumulées à l'en­trée de ces travaux y retiennent les eaux qui les noyent.
Mine d'argent Je terminerai l'histoire du filon de Saint-Guillaume, deGlUck-auf. en décrivant celui de Gliîck-auf, l'un de ses embran-chemens. Les anciens Font suivi sur la hauteur, par une galerie de cent douze toises : dans le soi de cette galerie, ils ont fait deux foncées, dont la plus basse com-muniquoit dans les travaux de Saint-Guillaume, à la profondeur de trente-deux toises. En poursuivant cette galerie de cinquante toises au-delà du point où les anciens l'avoient laissée, on a retrouvé de rïos jours de la mine d'argent grise; on Fa suivie dans le sommet de la ga-lejâe"par un travail ascendant, et l'on est tombé sur un massif considérable d'argent vierge, qui a valu près de 60,000 livres. Au-delà de ce point, le filon contenoit toujours un peu de mine d'argent grise; mais comme

( 171 )
on vit qu'elle ne devenoit pas plus abondante flans.la galerie, quoiqu'on l'eût continuée cinquante toises au-delà du lieu on étoit l'argent natif, on. abandonna les travaux de Gliick-auf, au moment peut-être où l'on eut découvert de nouveaux trésors.
Je passe à la description des travaux qui commu- Mîm d'usi niquent au fiton de Saint-Jacques, et qui, dans l'ordre l](' tuivu> que je me suis présent, suivent ceux de Saint-Utiil- çt;xh(.f^iu laume. Ces ouvrages sont ceux de Gabe-Gotu>s,o\\ Don Don t!«- Dit de Dieu. On y a trouvé à la cinquantième toise d'une galerie de traverse très-tortueuse, prise sur une veine de schiste pourri, un filon dirigé sur neuf heures quatre huitièmes. Sa gangue est du spath calcaire , mêlé de ' cristallisât ions quartzeuses;ellerenfermequelquë.s traces de mine d'argent grise. Des éboulemens empêchent de reconnoître les extensions que les anciens firent sur ce filon à la gauche de la galerie. Quoiqu'il soit fort étroit, on l'a suivi de nos jours de quelques toises à la droite de la galerie ; mais ou en a bientôt perdu jusqu'à la-trace.
A six toises, au-delà de ce filon, la veine de schiste se divise en deux branches, dont Tune, dirigée sur cinq heures, a été exploitée sur la longueur de cinq toises, où elle a disparu. L'autre, courant sur trois heures, aboutit après quelques toises au point de jonction de deux filons, l'un de cuivre et l'autre d'argent. Le pre­mier , suivi sur trois heures méridien pendant vingt-cinq toises , a voit donné beaucoup de mine de cuivre au commencement; mais sa gangue,>qui d'ailleurs étoit un quartz d'une dureté extrême, s'appauvrit, et on l'aban­donna.

Les anciens avoient fait, à la jonction des deux filons ,* Sainte-Marie- une foncée, dont on ignore la profondeur, et en même-temps des travaux ascendans de sept toises. A l'extré­mité de ceux-ci, ils suivirent le filon sur sa direction . pendant cinq toises.
Ils ne négligèrent pas le filon d'argent : après l'avoir exploité pendant quinze toises, ils creusèrent une autre foncée de deux toises , que les modernes ont encore approfondie de trois. Le filon y é.tpit très-beau. Cette foncée se trouvoit remplie d'eau en 1785. Les modernes ont continué la galerie sur sept Heures quatre Imitiemes septentrion , direction du filon. Ils l'ont trouvé très-* beau. Il a constamment du régule d'arsenic natif entre le toit et sa gangue. Ce toit'est schisteux, la gangue est ;du spath calcaire, mêlé de cristallisations quartzeuses. On y trouve des vestiges de mine d'argent rouge, unie à la mine d'argent grise.
Mine d'argent Les travaux de Saint-Jacques se trouvent au-dessus de bt. Jacques, destravaux du Don de Dieu, il sont faits sur le filon d'argent, dont nous venons de parler. Les anciens l'ont exploité sur toute la hauteur de la montagne , mais f ils ont laissé des entre-deux que les modernes enlèvent. En 1780. on prit un percement presqu'au pied de la montagne, et après un travail de dix toises, le filon se montra'renfermant'quelque peu de mine d'argent grise. Quelques toises au-delà, il devint superbe et très-.. - puissant. A ce point onta fait un travail ascendant de neuf toises sur six heures quatre huitièmes : il avoit, à la fin de 1786% onze toises ffe longueur ; à son extrémité le fîion se divisoit en deux branches, qui, étant incli­nées Fune vers Tau tre, dévoient incessamment se réunir.
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En redescendant à la première galerie, on* observa que le filon, qui s'étoit perdu pendant quelques loises, parce qu'à ce niveau on avoit passé dans \c rocher solide entre les deux branches-dont nous avons parié , on observa, dis-je, que le filon se retrouvoit à la réunion de ces deux branches. On voit ici une Ibncée de neuf toises, dans laquelle le filon a deu^ pieds d'épaisseur, et renferme beaucoup de mine d'argent grise; du sol de cette foncée, on a poussé vers le nord une galerie de cinq toises, à la télé de laquelle le filon est très-beau. Cette galerie doit communiquer après neuf à dix toises, à la foncée faite sur ce filon, dans les travaux du Don de Dieu. J'ai déjà observé qu'on avoit laissé le filqn très-beau dans celte foncée qui est noyée.
Jusqu'à -la centième toise de la première galerie dont j'ai fait mention, le filon de Saint-Jacques est de tous ceux de Sainte-Marteleplus riche en argent: c'est dans cette longueur ^uese trouve la majeure partie des exploitations. Les anciens ont laissé clans les, fonds des massifs considérables qu'on exploite aujourd'hui avec avantage. A la centième toise, le filon de Saint-Jacques aboutit à un autre filon dirigé sur sept heures, et incliné au S. de quatre-vingt et quelques degrés. Ce dernier filon va joindre du côté de l'orient au-dessus de Saint-Guillaume, les travaux de Saint-Pierre ; mais ceux que les anciens firent de ce côté sont comblés du côté du couchant ; on s'étendit sur le filon à la longueur de trente-six toises; on y creusa une foncée de sept toises, d'où l'on prit une autre extension de neuf toises. En ce point le filon se perd dans la hauteur et dans la profondeur; à trente-six

= toises de là s il reparoît sur îa même direction ; et on Samte-Marie- pa sm"vi pendant quatre - vinsçt - six .toises par une seule galÇrie, dans laquelle il na ^fourni que par intervalles quelques rognons de mine d'argent grise.
J'ai remarqué que le premier travail du vallon de Phaunoux étoit une galerie profonde qui donnoit l'écoulement aux eaux de tous les ouvrages de ce vallon et qu'elle se terminoit dans les fosses de Saint-Jacques. Le sol de cette galerie est au moins à soixante-dix toises au-dessous des travaux les • plus profonds de Saint-Jacques ; ri est facile de juger de l'avantage Immense qu'on trouverai t à la relever*, ainsi que je l'ai proposé en la décrivant (i).
Le filon de Saint - Nicolas passe du vallon de la petite Lièvre dans celui de Phaunoux, au-dessus des travaux de Saint - Jacques. Il seroit à désirer que la galerie profonde de Phaunoux, après avoir été relevée , fût encore continuée d'environ deux cents toises depuis les travaux de Saint - Jacques , pour atteindre ceux de Saint-Nicolas; on sait com­bien ces derniers ont été productifs du côté opposé du Schulenberg. Minedecuivre, Au-dessus des mines de Saint-Jacques que nous
l'ar avons décrites, on voit encore une galerie longue
eent, dite mine \ \               *•*.*•                        *. i                i
b , . . cle deux cent vingt toises , qui porte le nom de mine
supérieure de                                   o               7 T r
Saint-Jacques, supérieure de Saint-Jacques ; on a pris cette galerie entre sept et huit heures sur la direction du filon de cuivre de Saint-Jacques, qui se trouve à la tête du travail, où il contient peu de mine de cuivre
fi) Voyez ci-dessus, pag. i63.

jaiîne , et beaucoup d'arsenic argentifère dans une gangue schisteuse. On a creusé à la têïeThfela galerie deux foncées , dont l'inférieure communique à -vingt-deux toises de profondeur dans les travaux de Saint-Jacques. Quelques haldes peu considérables qui se voient à la surface de la montagne, prouvent qu'on n'a fait en celte partie que des travaux peu étendus.
Enfin , à son extrémité supérieure, le vallon de Phau- M«»e noux se divise en deux gorges plus petites. Les anciens \. commencèrent au bas de celle de ces gorges qui porte le nom de Schald, un travail appelé Kieingruben-dinn. Us furent déterminés à cet essai par l'indice d'une petite veine de schiste pourri qui les conduisit effec­tivement à trois toises du jour , sur un filon de mine d'argent ; celui-ci se divise en trois branches : celle de la gauche n'offre, sur la longueur de quarante-cinq toises, que du schiste friable; on Fa abandonnée, quoique ce schiste se fût changé à son extrémité en spath calcaire. Il paroît que la branche du milieu ne fut pas plus productive; les anciens, après l'avoir peu suivie, en bouchèrent le travail. La branche de la droite, la dernière des trois, aboutit après une longueur de trois toises, à un filon qui la coupe et qu'on suivit à quarante et quelques toises. A cette, distance, une autre filon dirigé sur trois heures vint croiser le précédent ; la galerie ne fut pas poussée plus loin : on suivit la troisième, branche sept toises „ au-delà du premier de ces'filons ; on n'y trouva que du spath calcaire stérile et peu épais. Les anciens ayoient creusé plusieurs puits sur l'un de ces filons

\ '                   ( 176 )
====== dirigé sur neuf heures; il paraît que ces travaux étoienl
Sainte-Marie- fàït$ sur la première branche;
aux-mines.                      <                                             '
,, ^ ,          Apres avoir rejipu. compte des mines du vallon
Surlattc.          de Phaunoux, je vais parler de celles du vallon de
Canes de VAca- Surlatte ou Zillerthal qui est au revers de la montagne demie, n°. 163, du même nom, et qui borde du côté de l'orient le 9\           vallon que nous quittons. Ces mines dévoient être
Galerie des mises à sec par la galerie des Princes, ou Fûrsten-slolîen , prise dans le vallon de Phaunoux, à la nais­sance de la montagne de Surlatte. Cette galerie, dirigée sur dix heures , a été poussée dans le roc vif et conduite environ à deux cent vingt-cinq toises du jour. Pour remplir le but qu'on s'est proposé et arriver jusque sous la fameuse mine de plomb de Surlatte, que je vais décrire, il faudrait que cette galerie fût poussée à mille trente-cinq toises du jour ; et dans ce cas, il seroit indispensable de construire son entrée en ma­çonnerie. H faudrait évaluer à 100 livres, la toise de cet ouvrage , tant que le rocher conserverait la dureté qu'on lui trouve à la tête du travail ; il est à présumer qu'il changera de nature en se raprochant des différens filons que la galerie couperait dans son prolonge­ment.
Mine de plomb Les travaux faits dans la partie la plus basse du vafion et argent dubas ae Surlatte, sont ceux du bas Saint-Paul ; on les trouve à un quart de lieue du village d'Eckerich, à la droite du chemin qui conduit aux forêts de Surlatte, Une gale­rie , dirigée sur douze heures méridien , entre de trois ' cent quarante toises dans la montagne de Rochatte; à cent quarante-deux toises du jour , elle a atteint un filon de plomb. La galène qu'on en retire a du spath
calcaire
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"açe -jp
PLAN KT COUPE DE U M1NK DE SURLATTK
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f
calcaire pour gangue, et tient quatorze onces d'argent ===== au quintal. Trois foncées ont été faites s»r ce filon ; , "VaHi-o de
,           n ,                           . ,,                Sainte-Marie-
maiS on en ignore la profondeur, parce qu elles sont
aux-niines.
toujours remplies d'eau ; à trois cent cinquante toises du jour, la galerie fait un crochet sur six heures, pour communiquer aux travaux du vieux Saint-Paul, et en faire écouler les eaux. On assure que ce filon a été peu exploité, et qu'il pourrait l'être avec avantage.
Plus haut, à la gauche du chemin dont j'ai parlé et Travaux dit dans la montagne de Renbiron, sont les travaux du 'taut Su PauL haut Saint-Paul. M. Schreiber les poussa dans Tesi>é-rance qu'ils serviroient en partie à procurer l'écoule­ment aux eaux des mines de plomb de Surlatte; il se flattoit aussi qu'en suivant la veine de schiste pourri que les anciens avoient entamée par ces travaux, il pourroit rencontrer de nouveaux filons avant d'arriver à celui de Surlatte, que d'après sa direction cette veine devoit couper. Ces travaux furent poussés jusqu'à la ... longueur de trois cent cinquante toises; mais on fît la faute grossière d'abandonner la direction qu'on, devoit suivre pour joindre le filon de Surlatte; et au lieu d'aller au midi, on se dirigea du côté du- couchant; on traversa le vallon et on entra dans la montagne de Rochatte.
Enfin il n'y a aujourd'hui en exploitation dans cette Minedepîomb vallée, que^la grande mine de plomb de Surlatte, dont et argent de les travaux sont presqu'à l'extrémité du vallon du même SurlaUe-nom. Cette fameuse mine avoit-d'abord été exploitée, puis.abandonnée par les anciens. On l'a reprise depuis environ dix-huit ans. Quelques mineurs, qui avoient bonne opinion de ces anciens travaux, en recherchè­rent le filon à leurs risques ; maïs dès qu'ils eurent fait
Partie 1IL                                      *Z

( 172 )
==--======= cette heureuse découverte, la compagnie, qui exploi-
Vallce de toit les mines de Sainte-Marie, s'en empara sans les indemniser de leurs frais, et les congédia pour tout,
uux-mincs.
salaire. L'éparReur de ce filon est souvent de plusieurs toises, et je doute qu'on ait encore atteint ses'véritables parois : d'abord ce n'est que du schiste pourri et long-temns stérile, mais ensuite il devient abondant en mine­rai , après helre divisé en deux branches aussi puissantes l'une que fautre ; on les exploite parallèlement, et elles fournissent sans cesse de bonnes matières sur une éten­due qui excède 120 toises. Dans les fonds, le filou tient du minerai bien avant sa division en deux branches. Cette mine défraie aujourd'hui tous les travaux, que M. le prince des Deux-Ponts fait faire à Sainte-Marie, et donne en outre 3 à 4.C00 livres de bénéfice par an. MM. Duhamel et Mallet ont dressé le plan de la plus grande partie des travaux qu'on-y a faits à la réserve des plus bas, qu'ils n'eurent pas le temps de lever, parce que les neiges les forcèrent de quitter les montagnes. Je joins ici ce plan, et l'explication.qu'ils en ont donnée (1),
(t) A'A "A"'. Sinuosités de la galerie principale. Celte galerie a été poussée sur un filon de schiste pourri.
BB'. Filon de schiste , mêlé de quartz , dirigé sur cinq heures et incliné ctu nord d'environ cinquante degrés. Les anciens i'orrt suivi vers B' par une galerie de cinq toises; ils l'abandonnèrent parce qu'il ne donnoit.aucun indice de minerai.
C dC Galerieà cinquante-quatre -toises du jour. Les anciens avoieni suivi un embranchement du lilon principal qui vàI divisé au point C et réuni à C\
dd. Galerie de traverse-de.-; anciens , qui 'aboutit à des travaux faits sur ÎVnibi-v.ichcinent de la veine. C, qui sont actuellement ret oui blés en'pat lie.
DD'. Autre petite branche également stérile, difigée sur deux

Il est certain que si 1^ galerie profonde des Princes --•■-- ~-étoit continnée jusqu'aux (ravaux de Swrlallc . !f icnnp Xi':
heures, iueiinauL au mml-c>t «de ;-.»: --.nu le ilt1;.1-11. : ci le a cic s. it i > ic {..<i ^.^.^.j^ lis anciens par mie galcriv de dix toises \ers ()'.
E M. Galerie qu'on dit .-noir plus de q'iîu/c inits (oi.;:\s do lon­gueur : et aboutir dciui leva! de S.iiI-Ishï 1 î]>jï<* ; elle paroit .uoii en'1 taillée dans le roc viî", sain apparence Je fente ni tic îiinn *, mais il (si probable qu'elle a été I.tilo sur une ( rêvasse qui :>Y,l p;'iduc peu de temps avant d'arrhei au fijon de* ^ui \;\.tiv, cl que U* ancien;, d.ms l'ispéraiicc àï la retrouver, auront ])ouisui\i !e-'r galerie , par laquelle ilà auront coni mimique dans ces trn» atix-rJ'IJc est en partie recomblce,
F. Branche du filon q-ie !e.i aiuieus ont sui\io pendant \imit-einq toises ; elle a sa direction sur six heures ; elîe i'KÎine au noid. On dj trouve dans la galerie qu'une espèce de terre grasse.
G'G. Division du filon priucijnî c.\ froLs branches; celle sur lvuit heures vers G , inclinant au midi, n'a e!é. tàfée que de trois pieus ; celle à gauche, a}ani sa direefit):i sur <lon\ heures \ers G', inclinant aussi au midi, n'a été suivie qu'à la lon^.ue.ir de six toises }iar 1rs anciens. Ces trois branches ne contiennent que du schisle pourri.
H'H. Irilon de quartz de trois pouees d'épiïisseur, ayant sa direction sur sept heures et inclinant au midi-. On n'y a donné que quelques coups de poudre Mir la |.;ai:ch;- \eis il'.
1. Division du filon principal en deux Ijraticli'-s , l!\ï et IV qui si' réunissent au point X. Pendant tout cet intervalle, ces deux M'ines ont clé productives, et ce sont encore celles qui sont en exploitation aujourd'hui, et qui fournissent abondamment du minéral. Au delà de leur réunion a «s X, le filon devient stérile. La \ eine KM à paiK h'.*, vers le nord, a été un peu plus travaillée que Faillie , tant en liatj(eut qu'en profondeur. Kilt* a quelquefois quatre, cinq et jusqu'à-lmil pieds d'épaisseur de minéral massif. Sa »aniiue est une loche mêlée de beaucoup de stéafife: il t-'y (rotne quelques {'(nm^leniens ; mais ils ne sont pas de longue durée, et le filon .se rétablit bientôt clans :;a largeur. Depuis l'entrée de la ^alerie eu \ justju'.ui point 1 , les anciens n'ont travaille* que sur un filon sléiile; on ne peut sVmpfihci d'admirer leur courage: en elTe! , il laut avoir eu bien de Ja paiieuK pour l'avoir suivi avec si peu d'apparence sur une longueur ci'en\ itou deux cent quatre-vin^i-di.\ loises.
TVI. Sinuosités de la galerie faite dans la \eir.e de plomb à dioite ; elle est au même niveau que ]a guindé paierie d'écoulement A.
C Galerie supéiicurc. de h-.iit toises de longue ir >eul
Z i;

( i8o.)
T~~r......——— de l'exploitation possible de "cette mine se trouvèrent
\ allée de <stenclu àun temps illimité, et que des siècles ne verroient
Sainte-Marie- __________.______!____=__________!_____________'
aux-mines.             ^r< I>u'ls »'si" aura quatre toises de profondeur, par lequel on veut
parvenir dans la galerie aboutissant à une autre galerie de traverse Z, qui communique à celle N, faite sur l'autre veine en dessous de la -galerie principale.
XX'. Prolongement de la galerie principale AA faite sur le filon. Elle se termine au jour au-delà de X', sur l'autre revers de la mon­tagne. Elle a plus de quatre-vingts toises de longueur depuis le point X , ou se réunissent les deux branches. Pendant tout ce travail on n'a trouvé qu'une veine de terre grasse très puissante avec des embran-cheruens qu'on a suivis, et qui se sont réunis au filon. Ces travaux ■          sont maintenant éboulés*.,,
I^es puits ou, les galeries, exprimés dans la coupe ou profil, faits -sur la veine (S), sont marqués des mêmes lettres que ceux du plan , de manière que la grande galerie, cotée A dans le plan, est indiquée de même dans le profil. 11, qui désigne le point le plus bas, le marque aussi dans le profil ; ainsi des autres.
-■ . A'A"A'". Grande galerie d'écoulement sur la veine IMÂK de mine de plomb.
LL. Autre galerie supérieure à cette dernière, faite par les anciens.
MM. Deux puits de neuf toises, par lesquels on y monte.
NN. Galerie au-dessus de celle À"'f sur la même branche , dans laquelle on descend par les puits 00 de deux toises de profondeur, ea suivant l'inclinaison du filon.
P. Autre galerie au-dessous de celle N, toujours sur le même filon , dans laquelle on descend par les puits QQ de huit toises de profondeur.
RR. Galerie sur la même branche où l'on manque d'air; on y descend par les puits S de onze toisas de profondeur. C'est la plus basse des travaux faits sur ces deux veines qui ont une pente diffé­rente, quoique du même côté ; il serottà désirer qu'on fit les travaux nécessaires pour atteindre leur réunion.
Y. Galerie sur le filon encore stérile, faite par les anciens, au-dessus de la galerie principale, où l'on monte par un puits de six toises; on ne eonnoît pas la hauteur de ces travaux. Il semble que ce soit un puits, qui aurait été fait pour tâter le filon dans la hauteur, où pour procurer de l'air.
La minière de'Surlatte consiste, comme on le voit, en deux bran­ches , donnant du minéral depuis le point 1 jusqu'à celui K ; mais dans la profondeur, ce.filon dévient productif avant ce point.

. point finir. Sans doute, et MM. Duhamel et Mallet n'ont «=======
pas manqué d'en faire l'observation, cette galerie Vallw de coûterait de très-fortes, sommes, si onvouloit la pour- Samtt*;Mallc"
1 , uux-niincs.
suivre vigoureusement ; mais en y mettant .seulement deux mineurs, elle avanceroit insensiblement, sans que la dépense devînt onéreuse, et lorsqu'une plus grande afïiuence des .eaux-exigerait qu'on la continuât avec promptitude, une bonne partie du travail se trorryeri>it déjà faite. On peut estimer que son sol est de 120 toises plus bas que les travaux actuels delà mine de Surlatte. On trie le minerai extrait des fosses de Surlatte sous une halle, pratiquée en face de la galerie d'extraction. UiMMaarfie de ce minerai trié, est portée à un boccard          :
voisj^Je la mine; mais la portion la plus considéra­ble est transportée au boccard des fonderies.
Ion de Surlatte est suivi de celui de Saint-Phi- Vallon de lippe, dansleqnel il n'y avoit lors de ma visite d'autre Samt-Phihppe. travail qu'une traverse prise à 40 toises du jour, dans Cj*/es a'e rAcu" la galerie de Saint-Philippe, qu'on a déblayée jusqu'à ,?7r\ " ' cette distance. Cette traverse qui se pousse dans le roc vif, de l'Q. à l'E., est destinée!M communiquer aux fosses du Cep-de-vignè, de la mine en masse des Trois Rois et du filon de Traugott, dont je vais parler. Les ouvrages du bas Saiiît-Phi lippe, dont la galerie du même Mine deplomb nom fait partie., ont été poussés sur une mine de plomb, ct argt>nt du bas à la naissance du vallon; l'administration de M. le ^ain" " W* prince des Deux-Ponts- y a fait prolonger jnscju*à 110 toises du jour, une galerie que les anciens n'avoient ouverte c]ue de 7 toises. Elle suivoit un fiîon, dirigé sur dix heures, incliné de 80 degrés à IX.)., et dont la gangue est très-friable. Lorsqu'on fut parvenu dans cette

■■-^. galerie , à la distance de 5o toises , on creusa une
Vallée de (hncée de 4 toises, où l'on trouva de la belle mine de
^iiine-i\ ane- p]omb :d boccard; elle étoit seulement chargée de beau-
au\-nunes.         *                                                                             '- ,                .
coup d arsenic. Du-soi de cette foncée, on s est étendu de quelques toises vers le N. ; mais le filon est devenu stérile, et s'est bientôt converti en une; simple fente. Il n'a donné que de légers indices de minerai dans la galerie principale, et au moment où il paroissoit s'amé­liorer , on a rencontré à la tête de la galerie de vieux travaux, en partie éboulés.
Mme ck- plomb En mon tant le vallon, on trouve, àrpeu-près au quart et argent de (je ja nauteur cie ja montagne la mine de plomb de Tran-gott ; confiance en Dieu. Cette mine a été exploitée dans une étendue cottsklé&iblë, par les anciens et les modernes. La direction du filon qu'on a suivi est sur deux heures quatre huitièmes ; on cherche à ie couper dans les fonds, par la traverse de la galerie du bas Saint-Philippe, dont j'ai fait mention. On a attaqué le filon de Traugott par une traverse, qui Ta coupé à 4S toises du jour': on s'est étendu sur sa direction vers le midi, à une longueur semblable, et à cet éloigneraient de la jonction de la traverse au filon , il s'est divisé en deux branches.
L'une à gauche et à l'orient, a été suivie par une galerie, dont on ignore la longueur, parce qu'elle est en.partie écroulée, mais on la connoît sur une étendue de 000 toises. A 24 toises.au-dessus de cette longue galerie, les anciens eu a voient percé une autre, qui communiquent à l'inférieure par des foncées, et qui s'é-tendoit dans la mine de Suriaiic. ,
La branche droite et occidentale a été exploitée sur

( 183 X
la longueur de 170 toises, et on a fait plusieurs foncée.1 ->■---...... -
et puits ascendans dans cet ouvrage. Les rmv.Vrne.s      ^^<; «^* repris ces travaux, mais ne les ayant pas trouves
U-%:- UÏMW.&
productifs ils les abandonnèrent.
Au-dessus des travaux de Traugott, sont ceux des ;\;;iu■<•:•> )..n.s mines du Cep-de-vigne; on n'y a fait qu'une galerie ei ;:l^";i1 i-'u-de peu de longueur. Il n'y a point ici de liions encaissés; '(«J"ot"x i^"t> c'est de la galène plus, ou moins abondamment éparse dans un rocher ferrugineux. Quelquefois ce même rocher n'en contient point du tout, c'est une mine en masse ou stochvvrck : il en eut de même de celle des Trois H ois.
Cette dernière est encore plus élevée que Ja précédente, Mim^rf \mu\, et environ à mi-côte. Jl y a dans cette partie une vieille l! ar^'a( <i(s galerie, qui traverse la montagne de part en part, et d'autres anciennes et nouvelles galeries peu étendues, des puits affaissés, etc. Le minerai des fosses,du Cop-de-vigne et des Trois Rois se réunit-il en fiions dans les fonds? on le saura, si la traverse du bas Saint-Philippe est continuée jusqu'au-dessous des travaux.
Il y a, à 3 ou 400 pieds au-dessus des mines de Saint-Philippe, un banc de pierre à chaux exploité en carrière. M. Monnet en a donnéJ#"Coupe dans la soixante-unième feuille de ses cartes minéralogiqucs.
Il ne me reste plus à parler que des fosses du vallon Vallon de de Fertru , qui renfermoit autrefois les mines d'argent *('r'ru« et de plomb les plus considérables de <*e district. En -iartes^i'^ca-1749 on en expfoi toit encore une partie avec beaucoup ^ r(           *
d'avantage; mais à cette époque il y eut de si grandes eaux, qu'elles refluèrent dans l'immense galerie profonde (ial<'rRI Pro~
1 ,^                11                        ^                     1 i • n                 fonde dcFertru.
de rertru : eues y renversèrent lous ies bois cletaie, et ^jjnetj(. .
ce travail si étendu devint tout-à-coup inutile
?. Lej^aïi
x vl argent.

====== s'y accrurent,-, s'élevèrent dans tous les travaux que la
\allée de galerie profonde desséchoit, et les noyèrent.
Sainte-Marie-                        i . i i r i             i
tiux-mines.
Cette galerie , la cler de tous les travaux du vallon
de Fertru, a son entrée à la tuilerie de Mongoute, près du Lébure, dans le ban de Saint-Biaise : après avoir remonté le vallon de Fertru, jusqu'au-delà du village de ce nom, elle se divise eh trois branches.
L'une qui suit le vallon s'étend jusque dans la mine de Traugott du val de.Saint-Philippe et dessèche, che­min faisant, les mines de Saint-Guillaume, de Léonard ou Jhunpapump, de la Caroline et de Saint-Michel. La seconde branche passe dans les travaux de la Porte-derfer et de Sainte-Bàrbe. La troisième traverse le Banhwald, et délivre de ses eaux le filon correspon­dant :à celui de Saint-Léonard, au côté opposé de la gorge.
Suivant un rapport des maîtres mineurs, du 19 avril 1766, la galerie profonde de Fertru a 4000 toises de longueur. On estimoit qu'il y eu avoit eu iooo\de bôi- * sées, lesquelles furent détruites par les eaux de 1749. Dans le rapport dont je viens de parler, on disoit que, pour reprendre les travaux de Fertru, il étoit indispen­sable de relever cette galerie; indépendamment de la grande quantité de galène que cette exploitation n'a cessé de fournir, elle a encore donné beaucoup d'argent natif, de mine d'argent rouge et-d'autres minerais pré­cieux : depuis que les fosses du vallon de Fertru furent noyées, et jusqu'au moment où Ton découvrit le filon de plomb de Surlatte, on se vit: obligé de tirer de Iâ'.Croix-aux-mines le plomb nécessaire à la fonte des mines d'argent, ce qui rendoit alors les mines de Fertru bien
plus

(.l85)
plus nécessaires à l'exploitation de Sainte-Marie qu'elles ne lèsont aujourd'hui. Les bois étant devenus trop chers Val lôc dans ce canton , il faudroit employer le nuiraillement
aux"-)inni's,
pour relever les parties de la galerie profonde qui sont écroulées. Soit qu'on fasse usage de fragmens de rocher pour ce revêtement, soit qu'on se serve de brique, cette dépense pourroit monter de 16 à 18000, suivant l'éva­luation des gens du pays. Les mineurs actuels de Sainte-Marie croient qu'il y a peu de champ encore entier dans les fosses de Fertru. Us prétendent même qu'il y existe deux foncées inférieures à la galerie profonde. Si cela est, il me paroît surprenant, que dans le rapport déjà cité, on n'en ait pas fait.mention, et que d'un commun accord on ait si positivement prononcé qu'il étoi,t indispensa­ble de remettre cette galerie en état.
îl yàvoit autrefois à Fertru un boccard et des lavoirs. Dans le village même sont des hakles considérables qui proviennent dê% puits de Sainte-Catherine et de Saint-Léonard. Le premier de ces puits est à la droite du chemin et communique à là galerie profonde de Fertru. Il servoit de puits d'extraction à presque toutes les fosses de ce vallon. L'autre est un peu au-dessus-et sur la gauche. Indépendamment de ces puits , on a fait dans le.même emplacement une galerie sur un filon de mine de plomb', dont on voit les affleuremens dans la rivière. Il paroît que les anciens Font épuisé, ; car on a rencontré de vieux travaux par plusieurs autres ga­leries qu'on a. faites pour atteindre, le (ilon que l'on con-noissoit, par ces affleuremens , dans la rivière.
Au-dessus de ces fosses, près de la réunion d'un chemin de traverse à la chaussée, est un autre iïlon f
Partie 11L                                         A a
tmpADBD-10.jpg

• ■ ■                                   ( 186 )
11----------== de mine de plomb, dirigé de TE. à 1*0., sur lequel on
Vallée de a j^it une rralerie actuellement écroulée. Ces travaux
Mainte-Marie-             , ,                 r . ji-n^jr
portent le nom de mine de la Porte-de-fer.
lomb -^ll mi<^1 ae ces muies » ea suivant le chemin de tra­verse , on trouve les haldes des travaux de la mine de plomb d'Autruche qui, si Ton en croit la tradition , a été très-riche. Son filon éloit, ainsi que le précédent, dirigé de l'E. à l'O. On ne connoît plus aujourd'hui le point précis où étoit l'entrée de ces travaux. Les haldes indiquent cependant l'espace dans lequel cette entrée doit se trouver. Mine d'argent En continuant de suivre vers le S. O. le contour de
de l'Homme- Ja montagne , on arrive à la mine d'argent de l'Homme-
mort"               mort. Le filon est dirigé du N. au S. ; à peine apper-
çoit-on encore quelque trace des travaux que les an­ciens y avoient poussés. Mine d'argent De petites haldes, plus considérables autrefois , mais
du Saint-Sang, diminuées peu-à-peu par les débordeniens de la rivière auprès de laquelle elles se trouvent, sont les seuls in­dices qui nous restent de la mine d'argent du Saint-Sang, située au midi et au-delà des mines précédentes, •"'llyavoit une galerie, mais elle est écroulée. Il paroît qu'elle donnoit-l'entrée à des travaux considérables, puisqu'on avoit établi vis-à-vis d'elle un boceard et des lavoirs. Mine du Four. On n'a. guère plus de détails sur les travaux du Four-
à-oain.             à-pain.. Ils sont dans la montagne opposée à celle qui
renferme les travaux précédens, et leur éloigneraient du point de la chaussée où le chemin de traverse prend naissance, n'est que de cinquante à soixante toises; en y arrive par un sentier qu'on trouve après avoir

( i87 )
traversé la rivière près de la galerie du Saint-Sang. Os ==* fouilles ont vraisemblablement5été très-considérables, Valk>(1
car on avoit établi vis-à-vis de leur entrée des fours ] . pour griller le minerai qui en provenoit.                            °
II y avoit en face de cette galerie, de l'autre coté du Minerii-Cnkili. ruisseau, une mine de cobalt ; son filon est dirigé du f S. au N., et sa gangue est un spath calcaire blanc. La           t
montagne qui le renferme termine au midi le vallon de Fertru.On n'y a fait qu'une galerie qui communique par son sommet et par son sol à quelques ouvrages peu cten-. dus. Il y a beaucoup d'eau et de vase dans cette galerie. On assure que la mine de cobalt y étoit trop clairement éparse, et qu'elle ne pay-oit pas les frais de l'exploitation.
En rentrant dans le chemin de traverse dont j'ai ^aleric de Su-, parlé, et en le suivant pendant un quart-d'heure par Barbe, un retour qu'il fait sur lui-même, presque parallèlement à sa première direction , on trouve la galerie de Sainte-Barbe : elle est à une élévation considérable, presqu'en face du village de Fertru, dont la position est bien plus basse. Cette galerie existe encore; elle étoil destinée à couper à son niveau les filons de la Porte-de-fèr, de l'Autruche, de Saint-Léonard et de Sainte-Catherine. Il y a trois cents pieds'du soj de celte galerie à celui de la galerie profonde qui, cfcms la partie inférieure de cette montagne, coupoit les mêmes filons.
On voit, par la description que je viens de faire, le Réflexions, nombre, l'importance et l'étendue desanciens travaux de Sainte-Marie-aux-Mines. Il est presqu'impossible que peu d'hommes puissent arracher assez de minerai pour dé­frayer à-la-fbis de la dépense du travail, de l'entretien des étançonnages dans les puits.et les galeries, de celui âçs
A a ij

===== boccards, des tournans, des canaux, des échelles, etc. Vallée de Aussi le petit nombre d'ouvriers employés à cette ex-
Sainle-Marie- i •. A-                i .                . • ±           ' » ± *i                  *
-m* » ploitalion pendant un certain temps, na-t-il pu empê­cher la détérioration des travaux , qu'il étoit impor­tant de conserver ouverts. Quels avantages ne retire-roit-on pas aujourd'hui du muraillement dans les fosses, si les anciens l'eussent employé !
En résumant ce que je viens de rapporter, on voit qu'en 178^ on prenoit du filon $argent de Saint-Ni­colas dans le val de la petite Lièvre ■* Quelques parties que les anciens y avoient laissées, et qu'il séroit-utile de relever la galerie de TEngelsbourg , parce qu'ils ne s'étoient enfoncés que de quelques toises au-dessous de son sol, et que les minerais de ces travaux étoïent très-riches. On voit qu'il n'y a plus rien à espérer des fosses du vallon de la petite Lièvre au-dessus du ni­veau des eaux, mais qu'il seroit possible de prendre, à la minière de Gott Hiifft Gewiss, une galerie d'écou­lement qui donnerait au moins douze toises de pro­fondeur dans du champ frais, et qui mettrait à sec tous les travaux que les anciens ont faits dans ce vallon. On voit encore que dans le vallon de Phaunoux il con-yiendroit de relever la galerie profonde, et d'y faire usage du muraillement. Les anciens ne s'étoient que très-peu enfoncés au-dessous de son sol, dans lequel ils ont laissé du minerai précieux. La poursuite de cette galerie auroit l'avantage inappréciable d'être à près de soixante-dix toises de profondeur au-dessous des tra­vaux les plus bas de la-riche mine de Saint-Jacques. . Pour les travaux du vallon de Surlatte, on se rappellera l'importante mine de plomb de Surlatte , qui défrayoit

■ ( 189 ) _ à elle seule toutes les exploitations en activité dans ============:
Tannée 1780; et ce que nous avons dit sur la conti- VaJ^ <*»■* nuation de la galerie des Pnnces ; on se souviendra f. que le filon du vieux Saint-Paul n'a été que peu exploité / par les anciens, et qu'il peut l'être avec avantage. Jl n'y a que la continuation de la galerie du bas Saint-Philippe qui puisse rendre productifs les travaux du vallon de Saint-Philippe, en supposant que leurs mi­nerais épars se réunissent en un corps de filon dans les fonds. Enfin , si l'on ajoute plus de foi au rapport que les officiers des mines firent le 19 avril 1766, qu'à l'opinion des mineurs actuels, il seroit indispensable de relever la galerie profonde de Fertru, et de la conti­nuer, ce qui ne pourroit avoir lieu qu'au moyen du muraillement, à cause de la cherté actuelle des bois.
Dans le cours de la description que je viens de faire Boceards a des mines de Sainte-Marie, on a vu qu'il y avoit deux Javoirs-boccards ; l'un aux mines de Saint-Nicolas , dans le vallon de Phaunoux ; l'autre près de la mine de Surlatte, danj? le vallon de ce nom : mais les plus considérables sont près des fonderies. 11 est inutile d'observer que le triage du minerai précède l'opération du Uoccard et du lavage.
Les schlicks d'argent sont portés directement au four- Fonte ou «•-neau à manche, et fondus en matte qu'on casse en lîuttlon tîu »»»-petits morceaux. On les grille au fourneau de réver­bère avec les schlicks de plomb qui sont soumis au grillage au même fourneau avant d'être exposés a la fonte avec ces niattes d'argent auxquelles on les mêle. Le fourneau de réverbère est chauffé avec des fagots de bois mort. On a éprouvé que ces fourneaux dévoient

---------------être très^petits, et ne pas contenir plus de vingt-cinq
o . a "I \e quintaux de matière à la fois. Il convient même de
bamte--Marie- *,
n en mettre que vingt. On grille par semaine environ quatre-vingts quintaux de sehlick, pour lesquels on consomme sept cents à sept cent cinquante fagots. Les proportions du mélange qu'on ajoute à celui des schlicks de plomb et de mattes d'argent, sont déterminées d'après la quantité de cuivre, de plomb et d'argent, dont les essais ont démontré l'existence dans les mi­nerais ; ainsi l'addition de la litharge, des fonds de coupelles , des sco«es, varie selon les circonstances. La matte qui résulte de cette fonte, indépendamment du plomb et œuvre qu'on en obtient, est fondue de. nou­veau dans un fourneau d'évaporation chauffe, ainsi * que le fourneau de. grillage , avec des fagots de bois mort. On garnit le #sol de ce fourneau de brasque pesante à l'épaisseur de cinq pouces. On place par­dessus une couche de bois avec des charbons allumés, ensuite un lit de matte , puis un autre couche de bois, et ainsi alternativement jusqu'à ce qu'il y ait quinze cents livres de mattes dans le fourneau. On ne fait agir les soufflets que douze heures après que le fourneau a été mis à feu, et seulement lorsque les matières sont devenues pâteuses. L'action des soufflets détermine la fusion. Le fondeur écume la surface du bain au moyen d'un rabot, et fait tomber les scories dans un bassin destiné à les recevoir. Il y en a un second où coule la matière provenant des mattes fondues, et qui consiste en plomb d'oeuvre et en mattes de cuivre tenant ar­gent. L'opération dure trois à quatre jours ; elle Con­somme cinq cent cinquante à six cents fagots. Cette

seconde matte passe de nouveau au fourneau à manche avec des minerais de cuivre, des fonds de coupelle, Vallée de de la litharge blanche et des scories. Il en résulte une ;lux_mjnes/ troisième matte, contenant du cuivre tenant argent. Celle-ci, mise une troisième fois en fusion au fourneau d'évaporation, en découle par une entaille pratiquée au bord de la coupelle, et donne du cuivre noir tenant cinq onces d'argent au quintal. Ce cuivre noir est rafraîchi au fourneau à manche, et la matière qui provient de cette opération est portée au fourneau de liquation. Les gâteaux de cuivre qui restent après la liquation sont remis de nouveau au fourneau de réverbère, et bien garnis de charbon; ils y sont fon­dus et l'on en obtient du cuivre rouge raffiné, dont on forme des rosettes, On ne comploit, lors de ma visite, que sur vingt quintaux de cuivre raffiné par an. Tout le plomb d'oeuvre obtenu dans les différentes opé­rations que je viens de détailler, est porté au fourneau d'affinage. L'argent qui en provient esta onze deniers douze grains, et on le porte par le raffinage à onze deniers vingt-trois grains. Le fourneau allemand dont on se sert peut contenir soixante-dix quintaux de plomb d'oeuvre; mais il est d'usage à Sainte-Marie s de ne le charger que de trente-cinq à quarante quintaux. Chaque affinage produit quinze à vingt marcs d'argenj:, de la lïtharge blanche et rouge, et des fonds de cou­pelle dans les proportions ordinaires. Chaque affinage consomme trois cent cinquante à quatre cent vingt fagots.
Il faudroit avoir pu suivre plus long-temps que je n'ai été à portée de le faire, les procédés des fonderies

Vit liée dr Sainte Marie-aiiK-mines.
de Sainte-Marie-aux-Mines, pour en apprécier tout le mérite ou en relever les défauts avec connoissance de cause. Cependant , comme les minerais dVgent de Sainte-Marie tiennent une portion considérable d'ar­senic , il y a tout lieu de croire qu'on a tort de les con­vertir en mattes , sans les faire passer d'avance au gril­lage. En. effet, l'arsenic qui se dégage en très-grande abondance, peut enlever avec lui des portions d'argent qui sont alors absolument perdues ; peut-être même y a-t-il aussi déperdition en traitant les premières mattes au fourneau d'évaporation. Il est difficile de ne pas soupçonner qu'une portion de fin ne soit entraînée par cette opération dans les scories.
Je joins ici un tableau des fabrications et consom­mations des mines de Sainte-Marie, pour l'année 1784 et les trois premiers quartiers de 1785.
Lorsque je passai à ces mines, à la fin de cette année, j'y trouvai employés les ouvriers suivâns : savoir; un directeur à 700 livres; un maître mineur payé par jour 24 sous ; deux sous-maîtres 20 sous 6 deniers ; quarante mineurs travaillant à la pierre à 18 sous 6 deniers; vingt manœuvres et coureurs de chien à 15 et 12 sous 6 défi. ; quatre mineurs charpentiers à 2TTsoïrs 6 deniers; quatre maréchaux à 17 sous; quatre maîtres de lavoirs à
22 sous 6 deniers ; soixante-quatre laveurs et laveuses à 5 sous 6 deniers; trois maîtres fondeurs à 20 et
23 sous 3 deniers ; deux aides à 16 sous ; trois grilleurs et attiseurs à 16 sous ; un mesureur de charbons à 18 sous; ensemble cent cinquante-une personnes.
M. Je prince des Deux-Pents se proposoit de deman­der à l'administration le cantonnement des forêts de
Sainte-Marie,
Ouvriers

* ETAT
î)es produits des mines de Sainte-Marie-aux-mines pendant Tannée mil sept-cent quatre-vingt-quatre, et les neuf premi.                      de mil sept-cent quatre-vingt-cinq, et des matières consommées pour les réduire.
s A V O I E;
tmpADBD-11.jpg
SCHLlCK. DE PLOMB.
SCKLICK D'ARGENT, (b)
Fond s de coupelle et litharge
blanche.
LlTHARGE
Rouge, (e)
Plomb
C V IV R E
A » G % NT
Poudre.
B o i»s.
Fàgôt
N NEES.
Galène.
Mouillé.
Sec
Mouillé.
Sec.
Marchand.
A tirer.
Noir.
Rosette, >de ceupelle.
Fin. (d)
1784
Livres pcsanr 293224 189293
Livres pej,anî.
Livres pesant.
Livres pesant.
Livres pcsar.t. 986OO.
71000
Livres pesant.
19n.5 ~
13280 i-
Livres pesant. 1624 707
Livres pesant. 72 1 S7
497OO \
Livres pesant.
I477«5 ■" 9175
Livres pesant.
n36 ^
Liyres pesant. 20B9
Marcs. Onces. 4OI 282 4
Marcs. One. Gr.
382
362 2 9
Livres pesant. I 8oO I2O0
Cordes.. 16
Nombre. 484R0 44169
3289:
164685
3^.5.5o
OT A V X
482^17
419790
87817
76442
160600
2331
121867 ■-
3640
36o6
683 4
644 -a 9
3oco
28
92649
) Les schlick de plomb .ne tiennent qu'une once,^ et^.même une derni-once d'argent, et quarante à cinquante livres de plomb.
) Le-.schlick d'argent de Rauenthal tient deux onces et demie à trois onces d'argent, et cinq livres de cuivre. Le schlick d'argent de Léverthal, quatre onces et demie à six onces (Fargent y et cinq
) La" litharge rouge se vend vingt-six livres le cent.                       r
Le titre dé l'argent fin est à onze deniers vingt-deux grains.
La banne de charbon a seize cuveaux , exigeant deux cordes et demie à deux cordes trois quarts ; la corde de six pieds surirois et demi de taille.

( 193 )
Sainte-Marie, la liberté de prendre dans les magasins à .--..==??■== poudre vingt-cinq à trente quintaux de poudre à canon "Vallw àe au prix du Roi, 1 exemption de péage, passage et traite au foraine pour tous les matériaux nécessaires à l'aliment de ces mines, ainsi que l'exemption des capitations, dons gratuits, octrois, et toutes autres taxes person­nelles et générales, d'être maintenu dans les exemptions accordées par les anciens édits, et confirmées par celui du 19 mars ij83.M, le prince des Deux-Ponts espéroit, si ces avantages lui étoient accordés, pouvoir pour­suivre ces exploitations avec plus de vigueur et rendre à ces travaux l'importance et la grandeur qui leur a donné autrefois une juste célébrité.
F/fN~DE LA TROISIÈME PARTIE.
Partie III.                                    Bb

DESCRIPTION
DES MINES
ET DES BOUCHES A FED DE LA BASSE ALSACE.
QUATRIÈME PARTIE.
J'abandonne à regret l'histoire des belles mines, Ancienne (îont je viens de rendre compte, pour parler de cellejs fabrique d'acier j avojent ei3gagé m. le baron de Mackau d'Hiir-
de Dambach. l              ,         ,7             ri                                 r
tigheim a établir une fabrique uacier de fusion, à Finstar de celles d'Allemagne. M". Basin, correspon­dant de l'Académie royale des Siences, décrivit cette Mines d'acier fabrication en 1737 (1). Ces mines, auxquelles-on a de Dambach. prodigué le nom démines d'acier, se troiivoient entre Dambach (2) et Bliensehwe.iller (3), villages situés au
(1)  Traité sur l'acier d'Alsace , ou l'Art de convertir le fer de fonte en acier. Strasbourg, 17.37.
(2)  D'iversis lus metalli fodinis .accessit deriique fodina chatybis circa Dam-bacum oppidulum, ad Lebsru Vogesi yallis introitum è regione Seltstadii, delec-ùssimi rerum metallicarum indtig,iioris sagacitate nuper repertâ. Inventa est haud ità ptldcm à ctL Gnuelio , profiss. physices argent, gleba et minera Dambacensi, ex quâ fe/mm sinecrutn sub capillorum forma prodibat. Alsatiâ illustra'ta, tom. 1 , pag. i3.
■'-                  (3) La ville d'e Strasbourg a découvert des indications de mine de
,                         houille dans la banlieue du village de Blienschweiller, où elle a la

(19.?).. pied des Vosges, entre l'ouverture des vallées de Liè\re ===r.=r==r====r=-3
et de Ville, environ à quatre mille toises.au N, N. O. jM;m's d'a(-'k'1
do Daitibiivi».
juridiction et la supériorité territoriale. Klle a annonce à M. lo Contrôleur-général, par lettre du 7 septembre 1 ~8'à , l'inloniion où clic étoif d'y faire faire de» recherches. M. Mathieu de Vas Icres, qui s'est trouvé eu Alsace à cette époque , m'a remis sur cette indicatio:i ,. les détails que je transcris ici.
Ces évenfs de houille se voient près du village de Fîlienschweiller auScheibenberg, l'une des colline» avancées d'une des Vosges qui poite îe nom deOngusberg (peut-être Ungersbei*) : elle louche au midi le vil­lage même de Blienschweiller , dont elle n'est pas éloignée de plus de cent toises : elle tient à l'ouest à la montagne de Viiiseuberg, et ù l'occi­dent à celle de Berensprung. Ces indications, peu considérables encore » méritent cependant, vu le grand nombre de circonstances qui peuvent faire espérer un succès avantageux , qu'on y fasse une tentative sérieuse. On n'a encore lait aucune fouille; une seule trouée de deux à (rois pieds de profondeur, faite au hasard sur la pente de la colline, ne mérite pas ce nom. Cependant l'on trouve déjà, à ce peu de pro­fondeur , unecouche de schiste noir, d'environ dix pouces d'épaisseur , et, au centre de cette couche, une \ eine d'un pouce de mulm t rés­iliable, dans lequel sont dissémim'cs dvf. paicelies c'e chaihon. Ce petit travail est situé dans le ravin de Blicuscluveillcr ; il est fait sur des couches de schiste , qui se dirigent du sud au nord, et qui inclinent très-fortement à l'ouest. La base de la montagne est de grès à gros grains, et le sommet de gianit. La situation de cette mine, dans la pioximité des houilles de la l,aye au revers des mêmes montagnes du côté de \ ilié, e*l une présomption très-favorable, et sa position réunit differens avantages pour sou exploitation. Les forêts voisines, bien pourvues de boi.« , fouiniroient les bois d'etaie nécessaiies : la communication facile de ce village avec îor- grandes routes qui n'en sont qu'à une demi-lieue, et pai elles avec «!cs rivières navigables, offre , pour le transport des charbons, des facilités que n'a pas la majeure partie des exploitations.
La ville de Strasbourg est seigneur haut-justicier, sans partage, de Blienschweiller: c'est donc à elle, comme ancien état .d'Kmpire, et jouissant des droits régaliens attachés à la supériorité territoriale, de disposer, sous l'agrément du ministre, de la concession de cette exploitation. A un quart de lieue, au nord, et au couchant de l'endroit,
Bb ij .

==- de Schelestadt (1), et à mille quatre cents toises E. N. Mines d'acier £ ^e Sainte-Marie-aux-mincs. M, Schœpflin a beau-
de Dambacli.                         , ,              .                       , , . ,
coup vante ces mines; on pretendoit quon y avoit trouvé du fer natif. « M. Basin nous apprend que celte « mine rendoit cinquante pour cent de fonte, que les « filons en étoient larges de quatre à cinq pieds, qu'on « leur trou voit plus de vingt à trente toises de hau--« teur, qu'ils jetoient de tous côtés des branches aussi «■ grossières que le tronc, et qu'on les sûivoit par des ^                   « galeries. La mine , dit-il , est couleur d'ardoise,
« enveloppée d'une terre grasse qui, dissoute dans « l'eau, lui donne une assez belle couleur violet-brun. »' On la tiroit à mi-côte de la montagne (2). Les ver­riers prennent encore aujourd'hui de la manganèse à Dan|bach : c'étoit elle sans doute qui teignoit l'eau de la couleur dont parle M. Rasin.
où se présentent ces indications , commencent à la vérité des juvis-tlictions étrangères ; mais ce n'est pas dans ce sens que ni la colline, ni la mine qu'elle peut contenir, s'étendent. La direction de cette dernière.s'annonce du couchant au levant vers ÏNothalden et Zell. Toute la partie de la colline, dans la quelle se prolongent les couches, est enclavée dans la jurisdiction de la ville, et le dire des paysans vient à l'appui de mon opinion sur la direction de ces couches. On retrouve, disent-ils , les mêmes indices de mulm derrière Zell , et jusque vers le ruisseau qui sert de limite à la jurisdiction du côté d'Eltenschweiler.
(1) A deux mille cent toises ,0. N. O. dans le territoire du village tle Châlenoîs , on voit dans un pré marécageux une fontaine minérale, dont les vapeurs forment, sur les parois de la cabane qu'on'a cons­truite au-dessus de son bassin , des cristaux efflorescens. L'eau qui en découle, et qu'on conduit par des tuyaux à des bains, contient du sulfate de soude, du muriate de soude , de la terre calcaire et de la terre silkée avec un peu de pétrole ou autre substance bitu-mineusç. Guéri n, dissert, de Fonnbus medic. Alsat'm, pag. ia et 14. ■■■■■•               (2) Basiri, toc. cit.-, pag. 4.5 et 46.

M. le baron de Mackau d'Hlirtigheiirî obtint le 8
avril 1737 des lettres-patentes registrées au Conseil Mim*S(1'atH'r souverain d Alsace le 2q mai suivant (î), elles portent permission à lui et: à ses ayant cau&e d'exploiter, exclu­sivement à toutes autres personnes, et à perpétuité, les mines d'acier en Alsace, et accordent le titre de manufacture royale d'acier à sa fabrique. Le 2 sep­tembre 1742, il sortit un arrêt du Conseil qui, en con­firmant les lettres de concession donnée» .à M. le baron deHurtigheim, et la cession et rétrocession qui en ont été faites,ordonne qu'elles seront exécutées, et que le sieur Gambs et ses associés jouiront du bénéfice dés f mines de Dambach dans l'étendue de trois lieues. Cet établissement qui s'étoit bien annoncé ne se soutint pas, et il n'en reste plus que la mémoire.
Avant de me porter plus au N. ,. soit du côté de la Val deYilié. plaine, soit dans l'intérieur des Vosges, il faut que je i\ïim>c]W<i<p.t, rende, compte des mines du val de Ville et cKOrbeîs. <lJ" <oi)alt vi L'ouverture du val de Ville dans la plaine , n'est que °°itJ l' très-peu distante de celle du val de Lièvre. M. Schœp- Jie' n7 ,^3. (lin rapporte que l'on tiroil du val de Ville de l'argent fol.\5y, natif superficiel en feuilles, de la mine de cobalt (2), et une sorte d'opales (3) j mais il n'y a actuellement d'au­tres mines en exploitation dans cette vallée que celles de charbon de la Lave, en allemand Lach. Ce savant Mines dechar-en a aussi parlé (4). Je décrirai celles-ci et donnerai une bon delà Laye. notice des autres
(1)  Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. 2, pag. 108.
(2)  Alsjtia illustrata^ tom. 1 , pag. f 1 et 12.
(3)  Jbid., pag. i3.
(4)   Quin et carbonïbiis bhuminosis à naturâpareùs Vo~esiis iurget, qui nuper in Vïlknâ voile detecti t rnagno cum successu, per superiorem et inferiorem Je-vehuntur Alsaùam. Schœpflin, ibidem, pag. 12.

C 198)
===== Je les ai vues à deux époques assez éloignées l'une
de\ille. de l'autre. La première date de 1769; je m'y rendis de
Sainte - Marie - aux - mines en descendant à Lièvre et
prenant de là, droit au N. sur Breitenau, à travers des
forêts de pins et de chênes et des montagnes formées,
à la hauteur où je les ai passées, de pierres de sable
rouge et de brèches de cailloux. La seconde fois je me
' rendis à la Lave par leval.de Ville avec MM. Duhamel
et Maliet qui ont rédigé le rapport de cette seconde
visite.
Titres.             Par arrêt du Conseil du 3o avril 1746, le baron de
Maekaud'HuVtigheim obtint le privilège exclusif de fouil­ler les mines de charbon de terre du val de Ville pendant trente années (i-). MM. Eschenauer et Hey, négocians à Strasbourg, et M. Commart, înspecteurgénéral des forêts d'Alsace* exploitoient ces mines en 1769, comme ces-sionnaires de ce privilège. Madame deChoiseul-Meuse, devenue seigneur du val de Ville, obtînt, le 12 mars 1766, des lettres - patentes registres le 26 juin de la .même année, portant pourelle et ses enfans, le même privilège exclusif d'exploiter les susdites mines aussi long-temps qu'il plairoit à Sa Majesté, et à commencer seulement du premier juillet 1776, époque à laquelle devoit expirer le privilège du baron de Mackau (2).
(1)  Voyez les édita, ordonnances , arrêts et règlemens sur le fait des mines et minières de France, pag. 381.
(2)  Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. 2, pag, 712. Acescause3,etdePavi.s de notre Conseil ,et de notre grâce spéciale,
:                    pleine puissance et autorité royale, nous avons accordé par ces pré-
sentes , signées de notre main, accordons à l'exposante le privilège exclusif de faire fouiller et exploiter les mines de charbon, qui sont ' actuellement ouvertes en la dite terre de Ville, et celles qui pourront

Enfin, par lettres-patentes du premier avril 1775,accor: rr====^~s===
dées aux comtes de Choiseul, seuls enfans et héritiers Val de Viil<-
de madame de Choiscui, le roi a approuvé les cession
et transport qu'elle avoit faits par acte du 27 juillet
1774, du bénéfice au privilège porté èsdiles lettres
au profit du sieur Commart, en restreignant cependant
la durée dudit privilège à quinze années. M. Commart
paie annuellement pour cette cession 2400 li\res à
M. de Choisenl. Ce traité finira avec le privilège
1790.                   '
Le village de la Laye est situé dans un vallon lait rai . ■ du val de Ville, à seize cent cinquante toises O. de -Dambach, et à mille quatre cents . ises S. O. ihi bourg de Ville.
Les mines de charbon de la Laye se. trouvent entre Travaux. deux bancs de grès, dans une croupe de montagne {jeu élevée. On en a poursuivi la couche sur \mc fom;ueur d'environ quatre-vitîgts toise*.. Le mulm indicatif-du. .
tmpADBD-12.jpg
l'être par la suite dans l'étendue de la dite (erre, pour, pas l'expo­sante, ses enfans, héritiers ou ayanl cause, les l'aire valoir e» exploiter à leur profit, à commencer du premier juillet i~~& , jour auquel finiront les trente années du privilège que nous avons ci-devant accordé au dit sieur Mackau de Hurlijiheim , et ainsi continuer pendant et si long-temps qu'il nous plaira, à Ja charge par l'expo­sante,.ses enfans, héritiers et ayant cause d'indemniser les proprié­taires des terrains sur lesquels il sera fait t\v^ ouvertures, et qui pourront être endommagés, soif par les voitures, soit par l'écoule­ment des eaux ou autrement, pour raison de leur dite exploitation , et ce à dire d'experts, dont les parties conviendront de gré à gré, ou qui seront nommés d'office par le sieur Intendant et Commissaire départi en Alsace ,E et en outre de se conformer aux îèglemens déjà intervenus, ou qui pourront intervenir dans la' suite , concernant l'exploitation des mines de charbon de terre r. et notauitnet)] an règlement du 14 janvier 1744.

( 200 )
=■ charbon se montrait par-tout au jour sous la terre Valde\ilie. végétale,- et se soutenoit ainsi jusqu'au roc vif sur une longueur de dix à douze toises, quelquefois même de vingt ;^parvenu au roc "vif, il se convertissoit en charbon.
Il y avoit en 1769 trois fosses principales, celle de derrière, du milieu et du. devant, et on exploitait par six galeries avec vingt-huit ouvriers, tant mineurs que coureurs de chien et trieurs; chacun de ces ouvriers gagnoit alors io à 16 sous par jour. L'extraction mon-toit de deux à trois cents quintaux par semaine: le charbon se vcndoit sur les lieux i5 à 16 sous le quin­tal; on n'avoit alors fait que quelques foncées appro­fondies de deux à trois toises tout au plus. Le banc consiste en trois couches distinctes et parallèles qui peuvent former ensemble cinquante-quatre pouces de charbon. Les schistes qui les couvrent sont remplis pour la plupart des empreintes de végétaux décrites par M. Morand (i).
La plus basse de ces couches est elle-même divisée en trois petits lits par des veines de grès, dont l'épais­seur va de six à neuf pouces ; elle est presqu'entièrement exploitée, et Ton étoit occupé à enlever encore quelques restes. Entre cette couche et la seconde, se trouve un banc de grès de quinze à dix-huit pieds d'épaisseur, et cette couche est encore séparée de la supérieure par un-dernier lit de grès qui a depuis quatre jusqu'à six pieds. On a exploité la veine du milieu sur sa direc­tion et son inclinaison , au lieu de faire à-îa-fois l'ex­traction des deux couches supérieures si peu distantes
(1) Voyez l'art d'exploiter les mines de charbon , pag. 164.
l'une

( 201 )                                    ;-/
l'une de l'autre. La plus élevée *étoit autrefois négligée, =^=^===: et on la prenoit séparément, maintenant on enlève à- ^ al <1(> ^ll]r' la-fois ce qui reste des ces deux veines , et il n'y a plus guère de charbon à prendre.
La montagne qui renferme cette houille est, comme je viens de le dire , à une demi-lieue de Ville ; elle ne tient que par un côté à la pente septentrionale du vallon ; et de ce côté , un banc de grès coupe totale­ment le charbon ; il est difficile de penser que la nature ait, contre l'ordinaire, circonscrit cette substance dans des bornes aussi étroites, et que Ton lie puisse plus                ^.
trouver de charbon de terre dans la profondeur , après avoir percé une certaine épaisseur de grès, ou dans les montagnes latérales de l'un et de l'autre côté de ce vallon fort resserré en cette partie. Des recherches faites sur les indications de Bleton, étoient demeurées infructueuses; dautfes entreprises sur les idées des mi­neurs n'ont pas eu plus de succès: elles étoient insuf­fisantes; des puits de cinq à six toises, des galeries
de dix-huit à vingt toises , ne prouvent pas qu'il n'y \_
ait plus de charbon ni en profondeur ni en largeur ; cependant il-y a lieu de croire qu'il ne s'en trouverok pas vers le pied ou à raz du pied de cette montagne, parce que le rocher y paroit de nature différente." Il n'y est plus stratifié, et d'ailleurs, on voit qu'il y a eu une ancienne fouille sur des mines d'argent en face du pied de la montagne où est le. charbon. Le prix de ce combustible étoit monté depuis 1769 à 1700 de 10 sous le quintal à 24 sous, de manière que, rendu à Strasbourg, il revient à 02 sous. Il coûte à Schclestadt 27 sous. Quarante-quatre ouvriers étoient employés dans cette
TaipëTF:.                             * Ce

f -02 )
■ ' ===== exploitation. Je n'ai trouvé sur les fosses aucune des \al de ville, personnes qui en dirigeoient le travail, de façon que je n'ai pu me procurer de renseignemens positifs sur la quantité de charbon qu'on en tiroit par an ; mais Vrutcannuelle, si je rapproche le montant de l'extraction moyenne d'une semaine, faite en 1769 par vingt-huit hommes, de celle de 1705 par quarante hommes, je trouve que ceux-ci dévoient fournir en proportion près de quatre cents quintaux par -semaine* ou au-delà de vingt mille quintaux par an. Le"charbon de la Laye a le défaut de ne pas crouler.
Forge de Ville. Par lettres-patentes du 21 décembre 1683 (1 ), M. de Zurlauben avoit obtenu permission d'établir des four­neaux et forges à fer dans sa terre du val de Ville; ces lettres-patentes furent enregistrées au Conseil sou­verain d'Alsace, le 26 janvier 1604. Cette forge avoit été construite dans un lieu nommé Neubourg (2), mais il n'en reste plus de traces.
Vallon d'Or- En remontant le ruisseau qui coule au pied de la beis-                montagne de la Laye, on arrive à Orbeis ou Ûrbeis,
Cartes de vAca- village du val de Ville* qui a été le centre de plusieurs demie, n°. i63, exp]ojtations de mines métalliques. Plusieurs de ces
foi. «59- • r v ,. , ■ ■ , ' , ... ,, .
mines indiquées sur les cartes de I Académie, man­quent sur les cartes minéralogiques de M. Monnet. Titres. M. Gamper, qui avoit obtenu, le 5 octobre 1742, des lettres-patentes registrées au Conseil souverain d'Al­sace le 23 avril 1743 , portant permission d'exploiter les mines d'Oberehnheim , de Barr et de Châtenois, et
(1) Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. i ? pag. i36. (ï) Aisatia illustrata , toi». 2 , pag, 267.

( 203 )
dans Tétendue de trois lieues aux environs ( i ), chercha, ===== en conséquence de ce titre, à relever les mines d'Orbeis ; Val (1 il y fit travailler avec perte pendant six ans. Les gens du pays prétendent qu'il n'y a mal fait ses affaires que faute de connoissanceet de bonne administration. Il est impossible de décider quelque chose à cet égard, parce que ces mines sont toutes comblées. 'Fous les bâtimens que M. Camper avoit fait construire ont été démolis. M. Pomel de Schelestadt obtint, vers l'année 1780, une permission provisoire de les exploiter: il s'associa mademoiselle Chasseur de la même ville , et intéressa dans son entreprise M. G.alette, curé d'Orbeis. Ils firent travailler environ treize mois dans le cours de 1780 et 1781 , et dépensèrent i5 à 16,000 livres pour déblayer cent quatre-vingts toises de galeries et sept toises de puits. On ne travailla que très-peu dans le minerai même.
Je passe à la notice de ces mines (2), dont le curé d'Orbeis a conservé quelques états et de mauvais plans.
A un gros quart de lieue au levant du village d'Or- Minet beis, sont les-mines de cuivre et argent de la montagne vi <î'ai"^c'Ml <lc
1 1 r> ,. 1 tv % \' /a                       ,                    1                   î;l imminent'<!e
de la Goutte-du-MouIin. On ne peut en parler que j Goutte-du-d'après les échantillons conservés par le curé dOrbeis, Moulin, et ceux qu'on trouve encore sur les haldes. Le minerai de cuivre s'y trouve dans le quartz, et celui d'argent gris dans du spath calcaire, avec du schiste pour rocher latéral. Quelques-uns de ces échantillons sont fort riches.
(i) Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. 2, pag. 243. {%) Elle est extraite du rapport fait à l'administration par messieurs Duhamel et Maîlet, sur les mines d'Alsace.
C c ij

( 204 )
=—.-_---------. îjne galerie commencée par les anciens, et relevée par
\ al ne Aille. jcs dernières exploitations-, une seconde galerie indi­quée par un affaissement au midi de la première sept ou huit toises au-dessus, et encore un peu plus haut un puits, forment l'ensemble des travaux faits dans ce lieu. Le filon, si ces galeries ont-été poursuivies sur sa direction, paroit être dirigé sur douze heures septen­trion. Il seroit possible que le puits eût été approfondi sur l'inclinaison du filon , si celui-ci avoil eu sa pente occidentale. Il est sur douze heures relativement à la galerie inférieure, et sur quatre heures et demie rela­tivement à la supérieure. Mine do cuivre Moins loin du village d'Orbeis, mais de même à son
du châieau. du jcvan^ sont les anciennes mines de cuivre du château
diêTé*               ^U Chainp-Brècheté. I-Cs affaissemens de puits et les
haldes considérables qu'on y voit, prouvent que l'ex­ploitation de ces mines a été fort vaste autrefois. Ces tas de déblais se dirigent des deux côtés de la mon­tagne sur neuf heures méridien. On a peine à décou­vrir dans le quartz' sauvage et souvent cristallisé, dont sont formés ces décombres, quelques vestiges de mi­nerai. MM. Duhamel et Mallet, après bien des recher­ches, y ont déterré un peu de mine cle cuivre. Le curé d'Orbeis avoit un échantillon de mine de plomb qu'il prétendoit en provenir. Il y a aussi, quelques haldes sur la même direction dans la montagne de la Grande-Basse ; ce qui fait présumer que ces derniers travaux pourraient avoir été faits sur le même filon. Les eaux Mine de cuivre ont empêché la dernière compagnie de les relever.
et de plomb de       .            -,              ri mi         h/^. i                   i
, \ , Au nord et en race du viliage. dOrbeis, sont les
la montagne des                                                                 o                     '
Coites. - mines de cuivre et de plomb de la montagne des Coites.

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Les anciens avoient commencé à les exploiter au som­met de la montagne, auprès d'un château ruiné, et il ^al tîf>1>IÎ!'*-paraît, par les haldes, qmj le filon avoit été suivi dans sa direction sur onze heures septentrion. On y trouve aussi des éboulemeiis de puits; l'inclinaison de ce filon est orientale, c'est ce qui a fait penser aux mineurs du pays qu'il passoit dans la montagne de la Goutte-Henri ; mais MM. Duhamel et Mallet observent que cette conjecture est contraire à la disposition ordi­naire des filons de ce canton , qui sont presque perpen-diculaires, tandis que leur rocher latéral est incliné, et il faudrait que celui-ci fût presque couché, pour que la conjecture des mineurs se réalisât. Le rocher de la montagne des Coites est quartzeux , et incliné d'environ quarante-cinq degrés vers le midi.
A l'orient de la montagne des Coites, dans une Aline de plomb petite gorge fort étroite, bordée au levant parla mon- <1(" Ia llOUtit" tagne de la Goutte Henri, se voit un filon de mine de. plomb ; les travaux qu'on y a faits ont pris le nom de celte montagne. Les anciens y avoient pratiqué un puits de quatre-vingts pieds, et à cent toises au-dessous une galerie qui communiquoit au puits à son sol. M. Pomel a approfondi le puits de dix pieds sur le filon même, et les échantillons trouvés sur les haldes prou­vent qu'on en avoit tiré de la mine de plomb à boc-cai;d. La galène y étoit mêlée de bleinde, eL avoit de la mine de fer spathique pour gangue. Le rocher des parois, qui incline de soixante à soixante-dix degrés au levant, est un quartz micacé moins rude que celui
des mines précédentes.
1                                                                                     Aline d argent
En se reportant au levant du village d'Orbeis, on d/Apiingoutu-.

( 206 ) '
■'■ '""" ' ".....===== trouve sur le bord d'un chemin communal, et à une
Val de Ville, petite demi-lieue du village, une galerie fort courte et un puits peu profond près du jour, qu'on dit avoir été fait pour couper un filon tenant du minerai d'ar­gent gris.
Mïncdecuivre, La mine de Saint-Nicolas est auprès des travaux plomb et argent d'Aptingoutte, à peu de distance sur la droite du che-
ûv St. Nicolas. .                    in                                 i- i •
min communal; son nlon, presque perpendiculaire, est dirigé sur onze heures. Les anciens y avoienl fait deux puits et une galerie; l'inférieur avoit quatre-vingts pieds de profondeur; le supérieur, placé au midi du premier, ,                   n'en avoit que trente. La galerie d'écoulement , prise
au nord des puits , étoit longue d'environ quarante toises, et communiquoit dans le plus bas des puits.à la profondeur de cinq toises seulement. M, ..Pomel a approfondi de vingt pieds le puits inférieur, et l'on assure qu'il a laissé à son sol dix-huit pouces de mi­nerai très-riché en plomb et cuivre, dans une gangue q^artzeuse. MM. Duhamel et Mallet observent, dans leur rapport., qu'ils ont trouvé dans la halde de la mine de fer spathique et de la bleinde , et que proba­blement des .matières semblables font partie de l'épais­seur attribuée au minerai qu'on a laissé au sol des puits. Les anciens -avoient adapté une machine hydraulique à ces travaux ; mais M, Pomel en faisoit tirer les eaux à bras d'homme, MM. Duhamel et Mallet ont reconnu peu au-delà de ces puits un filon de la même nature que celui de Saint-Nicolas, puissant de plus d'un pied, ayant du quartz blanc pour gangue et pouiC^arois un rocher mêlé de quartz et de mica ; et quoique sa direction soit sur deux heures, ils ne croient .pas

impossible que ce soi lie même filon de Saint-Nicolas, =--_-r.-- i-.-rr=«s ou un de ses einbranchemeus. 1! incline à TE. dVin iroff N iil (it ^ iîft'< quatre-vingts degrés ; [e rocher penche du même côté, mais seulement de quarante degrés. Les-mêmes" ingé­nieurs ont reconnu, à la distance de plusieurs (oises               ; au midi des travaux de Saint-Nicolas, une veine sté­rile de schiste mêlé d\m pouce de quartz : son loit est du schiste plus solide, el son mur du quartz; sa puis­sance est de trois à quatre pieds, sa direction sur cinq , heures et demie, et son inclinaison de quarante-cinq degrés nord. Cette veine passe d'un côté dans la mon­tagne d'Aptingoutte , et de l'autre dans celle de la Goutte-Henry. MM. Duhamel et Mallet pensent, avec vraisemblance, qu'il seroità propos de poursuivre cette veine dans les deux montagnes, pour y couper les différais filons qu'elles renferment, et dont nous avons parlé; ce qui peut-être aussi donnerait lieu à de nouvelles découvertes, puisqu'on pourroit sonder ces montagnes.
A une demi-lieue plus loin, sur le chemin de Lubine, Préiendue est la mine de la Porte-de-fer. La tradition populaire mine fl>or (il'ia
i,. -.          '               i? i . i              .         r Porte-dc-fti.
assure que cetoit une mine dor dont les anciens fer­mèrent Feutrée par une porte de fer, c'est de là que lui vient le nom qu'elle conserve aujourd'hui. On y voit encore les traces de l'éboulement d'une galerie.
Une ancienne galerie, dont l'entrée est affaissée, se Mine de la voit environ à trois portées de fusil de fégîise d'Or- Rouge"eau-beis, sur le bord du chemin communal qui conduit aux mines de Saint-Nicolas. Peut-être cette galerie a-t-elle été prise sur le filon que nous avons dit avoir été attaqué par les anciens au sommet, de la montagne

y .
================= des CoItevS. Une eau martiale qui coule de cette galerie,
Val de Ville. ]m# fait donner le nom de la mine de la Rôuge-eau. Mine d'an- Le curé d'Orbeis nous a montré des échantillons de umoine de niine d'antimoine massive striée, tirée de Charpc, vil-J ialJ)0<             lage situé environ à mille toises au nord d'Orbeis. On a
perdu jusqu'à la tradition de l'exploitation de cette miné, ainsi que d'un grand nombre d'autres fouilles faites par les anciens dans le canton dprbeis. Les vivres, la main-d'œuvre et les bois sont encore à bon - compte dans ce pays, et le peu de travail qu'avoit fait dernièrement M. Pomel sur le minerai même, lui avoit donné un produit suffisant. Malheureusement tous ses fonds ont été consommés en faux-frais , et à relever *                  des travaux pour parvenir aux endroits productifs. La
hauteur clés montagnes est moyenne, et l'on peut y travailler en tout temps ; on y trouveroit assez d'eau pour les machines. Il y a dans cette partie des filons encore vierges ou très-peu exploités. Il seroit donc à désirer qu'une compagnie puissante entreprît de con­tinuer cette exploitation. On ne sauroit trop souvent répéter que si on astreignoit les concessionnaires au murailleriient des geileries d'écoulement, des pertes considérables seroient épargnées aux entrepreneurs des mines, qui se livreroient bien plus facilement à en reprendre l'exploitation.
Mine de fer de On tiroit autrefois de Saales, village le plus reculé
Saales. ■             au yalde Ville, de la mine de fer pour la forge-de
Rothau, mais on n'y en fouille plus maintenant. Ce
village est sur les frontières, de la Lorraine.
Ancienne ver- II y avoit une verrerie au Hang,à mille huit cents
reneduHaEig. |ojses au levant de Saales ; elle étoit encore en activité
;                                                 ., lorsque

M. ScliGgpflj-ti écrivoit son histoire d'Alsace (Y) ; mais =====-=. elle n'existe, plus. Les forges voisines qui convertisse::! Val- c';' Vi!!> en charbon les bois des montagnes de ce canton, ont trop renchéri le bois des BilleUcs qu'employoit cette ! verrerie. C'est auprès du Hang que prend sa source la Briisch , rivière qui arrose-successivement le Ban de La liiu-.d.. la Roche, le Val de Schirmeck et celui de Moutzig, qui ne forment qu'une seule et même vallée, l'une des plus agréables de l'Alsace. Cette rivière fait mouvoir dans son cours des usines considérables que nous au­rons occasion de décrire, et si l'on en croit le" rapport de Roeslin (2) et de J. Boeckler (3), elle cliarie des améthystes. J'y ai trouvé , au-dessous du deuxième Jpont de Schirmeck, des brèches de caillou suscepti­bles d'un assez beau poli.
Le Ban de la Roche ou Stcinthal va fixer pour Mines du quelques niomens notre attention. Ce petit comté qui comIt"til> Su>lf1-connue a la partie septentrionale du val ae \ nie, est dt,Jaj^x.ju>> environné de montagnes de pierre de sable rouge (4), Ctret jer icj-et dans toute son enceinte on ne rencontre pas un dimie, n\ iû3, fragment de cette pierre. Ses montagnes sont entière- iul- Mo­ment-formées déroches granitiques. 11 me seroit difficile de croire que le granit dont le comté du Ban delà Roche est composé dans toute son étendue, et qui pour ainsi dire marque ses bornes, ne lût qu'un détritus d'anciens granits, qui en a reproduit de nouveaux. Ce comte occupe environ le milieu de la largeur de la
(1)  Alsatia illustrât*y tam. 2..,-pag. 202.
(2)  Dcscriptlo mentis Vogesi, pag. 7.
(3)   Cynositra inater'nz medic, fom. % , part. 3, pag. 871.
(4)  Voyez ci-dessus, pag. 3 et ô.
~ Partit W.                               Dd

tmpADBD-14.jpg
i chaîne des Vosges dans oH**partie. Les montagnes gra-Comté du Ban ni tiques c]ui en couvrent toute l'étendue sont comptées
de la Roche-                         . , , -,                      ,                             , * A              T, . ■*.,
parmi les plus hautes de toute cette chaîne. J ai dit que ces montagnes de granit étoient environnées de % toutes parts d'autres montagnes dont la masse entière, >          ou du moins les parties élevées et les sommets sont
formés de pierre de sable rouge. Dans ' ce dernier cas les bases^ sdnt Composëës de schistes ferrugineux, mêlés quelquefois de grosses masses de marbre , comme nous aurons occasion de l'observer en parlant des environs de Schirmeck. Je remarquerai que lu ne de ces montagnes de pierre de sable, appelée le grand Donnon (i), ne le cède pas en hauteur au champ du Feu, montagne de granit qui est vis-à-vis, dans le comté du Ban de la Roche. Le sommet du Donnon est formé d'un banc considérable de pierre de sable, divisé en plusieurs lits minces, qui renferment beaucoup de galets (2). Un de ces\galets que j'ai détaché de la plus haute sommité de cette montagne, porte une légère trace d'or.
On ne voit pas d'où seraient venus les détritus qui auroient produit un granit de seconde formation dans le Ban de la Roche, puisqua une grande distance à la ronde, on ne trouve p-jint de cette espèce de pierres, et
(1)  Le Donnon est situé au-delà de la rive gauche de la Briïsch dans la principauté de Salin , ferre d'Empire. Voyez la note ci-dessus, pag. 3.
(2)  On trouve de ces pierres, renfermant des galets, sur une grande partie des montagnes des Vosges. M. Guettard les avoir, déjà remar­quées au haut de la montagne de Saverne, en 1763. Cette observation est, consignée dans un mémoire qu'il lut, à cette époque, à l'Aca-demie.

( 211 )
que la hauteur des montagnes de ce Ban , ne permet -—.........
pas de croire que les montagnes voisines, beaucoup ^omU'iili plus basses, aient pu contribuer par leur destruction à la formation de ce granit du comté de la Roche. Je serois presque tenté de rapporter à la même époque la formation du granit, du schiste et de la pierre de sable dans ce canton, et je crois avoir trouvé sur ces substances des indices sufjisans de leur ancien séjour sous les eaux. Je dirai plus, il me semble prouvé que toutes les hautes chaînes de montagnes ont été couver­tes par les mers. Les couches de sable durci renfermant des amas de galets, trouvées sur le sommet le plus élevé d'une des plus hautes montagnes des Vosges; les masses de marbre , remplies de corps marins, obser­vées dans celles de ces montagnes , dont la base est formé de schiste ; enfin les marques non équivoques de fa formation clu granit par les eaux sur les plus hautes cimes : tous ces faits, joints à plusieurs aunes petites observations, qu'il est plus facile de faire que de dé­crire-, ne m'autorisent-ils pas suffisamment à regarder comme certain ce que je viens d'avancer, clu moins pour la contrée dont je parle. Au reste, le granit du Ban de la Roche est si compacte, si ferme, et son grain si varié, qu'il est impossible de le considérer comme un granit de seconde formation.
Avant de passer à la description dt's mines qui se trouvent dans les montagnes de ce comté, je vais donner un extrait de quelques anciens renseignemens sur l'his­toire de leur exploitation.
On voit, par une lettre de l'empereur Ferdinand, en date clu mois de mai i5o8, à Jean-Jacques Voltz
Dd ij

( 212 )
===== Diétrich deRathsamhausen, alors seigneur du Ban de la Comté du Ban Roche, qu'il lui ordonne deJbien accueillir des commis-
de la Roche.           .            ...         ..               ,              -, . ., i          .            .
saires quil avoit nommes pour la visite des mines, et de leur laisser visiter, sans empêchement, celles de cette seigneurie. Rathsamhausen ne voulut point obéir. Les commissaires s'en plaignirent dans une lettre du i5 juillet i558, et par une autre du fç août de la même année, ils réitérèrent leurs plaintes,de ce que, par ordre de Rathsamhausen, on leur refùsoit l'entrée des mai­sons et les premières nécessités de la vie. Le 8 octobre suivant, la Chambre.des finances pour la partie de l'Autriche supérieure, écrivit en vain à M» de Rath­samhausen 4 pour le réprimander de n'avoir pas obéi aux ordres des commissaires impériaux,-et d'avoir refusé du bois et des logemens à ceux qui avoient ouvert des minières. Vers le commencement de l'année
Georges-Jean, comte palatin du Rhin, duc de Bavière, comte de Veklentz, obtint de l'archiduc Ferdinand d'Au­triche, la permission d'exploiter les mines du Ban de îa Roche. Cette permission lui fut expédiée par le juge des mines de Sainte-Marie, au nom de cet archiduc. Il avoit également obtenu, le 6 avril 1079, la liberté d'ex­ploiter les mines du comté de Hanau, situées en Alsace. L'empereur écrivit à son vassal Jean-Frédéric de Rath­samhausen Zumstein, et lui commanda de laisser tra­vailler sans trouble les mineurs dans le Ban de la Roche, et de leur faire donner la nourriture et le logement pour de l'argent; il prélendoit en même temps le droit des mines et celui de les concéder, en sa qualité de seigneur suzerain. Rathsamhausen s'éleva contre cette préten­tion. Enfin, le 7 novembre 1-379? aPr^s de longs débats7

Farchiduc renonça à ce droit, et reconnut qu'il appar-
fenoit à M. de Rathsamhausen, comme étant énoncé , „ ,
*                     .            i             n-                    i          n r ^         de la Roche.
dans les anciennes lettres d investiture de ce fier. Cette renonciation de l'empereur rendoit nul le privilège que le comte de Veldentz tenoit de lui; mais ce dernier en obtint un nouveau de M. de Rathsamhausen même, qui lui permit alors en son nom d'exploiter les mines du Ban de la Roche, en se réservant toutefois la dixme. Depuis ce temps les seigneurs de cette terre ont été imperturbablement possesseurs de ce droit, qui est aussi compris dans leurs lettres d'investiture.
J'ai tiré de plusieurs anciennes notices (i) sur les mines du ban de la Roche , qui sont conservées, ainsi que les lettres précédentes dans les archives de mon père, les renseignemens sirivans. » A Rolhtiu, près du » lieu dit les Sapins verts, il y a cinq filons de mine « de fer. Au-dessus deSoîhach, sur le nouveau chemin, » on indique de bonnes mines de fer.
» A Roschhach ou Ranrue, il y a de la mine noire, » mais qui n'est pas si bonne à affiner ; il faut chercher * la mine pesante dans la profondeur, et non pas auprès * » du jour. Si l'on y ajoute beaucoup de pierre à chaux, » on rend la mine fusible , mais on obtient moins de » fonte-, et dlc est plus difficile à être affinée. Les mi-» nières de Roschbach et de Waldersbach paraissent » être construites sur le même filon , et l'on pourroit en » espérer une exploitation intarissable. Le rocher y est » noble et tendre, il conviendrait cTy établir une galerie,
(i) Voici l'intitulé de ces pièces : Bedcncken uber dus Stcint'uil. Berïckt, vom ipte':. may1602. Vom BrgverwaltherMaendeîvon Fïschbach. Ûbertricbcnes Project. Berkht, von 162$^ etc.

( 214 ) — » Ce filon est dirigé sur douze heures.méridien, etc.
Comte du Ban „ \n \yxUt du village de Schœneberg ou coule le petit
de iaRoche.                                 ■»            i k n         
» ruisseau, il y a de belles mines. «
Suivant un rapport daté de 1629 , et une note de-" i633, » il y avoit, à Schœneberg ou Belmont, un filon »-de mine d'argent, dit de Sainte-Elisabeth; il se par-» tageoit en deux veines au sol d'un puits, qui avoit » sept toises de profondeur. La première étoit dirigée >* entre six et sept heures, et fournoit vers cinq heures■■; » la seconde courait entre quatre et cjnq heures. Il y » a, dans le bas de la vallée, des filons nobles , dont » le minerai a donné à. l'essai du plomb et de l'argent. «
Selon les mémes.notices de 1602 et 1629, on expîoi-toit à Wildersbach des mines de cuivre. Le filon étoit dirigé entre cinq et six heures : voici les termes de cette notice. » Les dits filons, ainsi que celui qui est » près de la petite Maison, s'étendent depuis l'ancienne » galerie longue au travers de la vallée, du côté du » levant, et se joignent dans les prés vers le moulin ? « le long du ruisseau, et après s'être croisés vont ensuite » parallèlement dans mie autre montagne, du côté de » TE. : on a cherché à exploiter ce fifon, en prenant » une galerie sur une fissure ou séparation de rocher « de vingt-six toises. Elle étoit dirigée entre cinq et » six heures. On y a coupé une veine de matière en -> forme de-suie (1), de deux ou trois doigts d'épais-» seur; à l'essai elle donne de l'argent, et s'étend entre » deux et trois heures (2). «
à-                                            ■ ^_______________________________________;____________\________________________________________________________________
(1) Ctîoil sans doute une matière de la nature de celles dont il est lait mention ci-dessus, pag. Î04 et i55.
(z) 11 résulte.de tous ces rr.ust'igncmcns, que M. Schoepflin a été

e
Je passe à la description des mines de ce comté. ==:==■— Immédiatement, derrière Rolliau , s'élève la montagne ^<>»lle du qu'on appelle Chênut de Rolliau , elle est boisée .sur toute-sa pente, qui est médiocrement rapide. Les hêtres et les chênes en occupent le bas, taudis que les hauteurs sont revêtues de superbes sapins.
C(^ttc montagne est formée de granit, et des diverses Mir.es 'le fer espèces de roche, produites par les différentes combi- fil1 f-hc-nui di> naisons des subtances qui composent le granit, Elle s'élève entre deux vallées latérales à pente douce, qui Ja bordent au N. N. O. et au S. O. C'est dans ces vallées et auprès d'elles, que se rencontrent les filons les plus étendus et les plus puissans. Les gîtes qui se trouvent dans les points les plus éloignés de ces vallées latérales, ne se soutiennent que très-rarement en profondeur et en longueur, se terminent en forme de coins à Ja dis­tance de quelques toises, el ne sont par conséquent que des coureurs de gazon» quoiqu'ils se montrent au jour par de nombreux, .affleuremens. *
Le filon des Huzzards, qui est un filon principal du Mine de f« Chénot de Rothau, se trouve dans le voisinage de la plus basse de ces vallées, dans laquelle passe la Ro-thaine, et que l'on pourroît appeler la vallée de Neuwil-ler ou de Naswiller, du nom des deux principaux vil­lages qui y sont situés. Il .est.dirige sur quatre heures quatre huitièmes septentrion, etde-là, comfne ou peut le voir par les travaux, il traverse cette vallée latérale,
induit en erreur, lorsqu'il a (î\é à l'année 3723 l'époque de l'ouverture des mines de 1er de Roîhau. \ oyez Als.u'u illustrau, loin. 2 , pao. 206. Il est vrai que les travail \ en Huent repris à cette époque, mais on voit qu'elles avoient été exploitées Joug-temps auparavant.

-=g et passe dans la montagne située vis-à-vis, nommée Comté du Ban Banmvalder-Berp, ou montagne du Bambois. Celle-ci oc H-. dépend de la communauté de Schirmeck, bourg appar­tenant à M. l'évêque de Strasbourg. Ce filon est puissant de trois pieds , mais il n'est pas entièrement noble , parce que son minerai est divisé au milieu par un rocher rude et sauvage, de la nature du jaspe : on arrache du toit une mine de fer d'un bleu rougeâtre un peu schis­teuse; mais sur le mur, le minerai qui est aussi schisteux devient noir, et son rocher latéral consiste en granit II se trouve entre le minerai et la roche des parois du *           toit, une espèce de mauvais éméril, couleur de cendre,
auquel les mineurs du Ban de la Roche ont donné le nom de minette. Comme on laisse subsister cette mi­nette , et qu'on n'attaque pas le filon jusqu'à la roche latérale du toit, je ne la connois pas, mais selon toute apparence, elle est aussi du granit. En générai, le mineur de Rothau appelle minette, une mine pauvre, composée en grande partie de la roche des parois, et d'un mélange de minerai de fer. Cette mine est ordinairement atii-rable à l'aimant; souvent on diroit que c'est le rocher latéral, qui passe à l'état d'une mauvaise mine de fer ; souvent aussi elle diffère fort peu de la niine.de fer Plusieurs espèces de cette minette du Ban de la Roche, ne soht, comme je l'ai déjà dit, qu'une sorte d'éméril, dont on pourroit se servir pour aiguiser et pour polir. Les anciens a voient exploité ce filon par le puits des Huzzards , dont je ne sais pas exactement la profondeur, parce qu'il étoit presque entièrement comblé lorsque je visitai cette mine. 11 y a quelques années que je fis prendre au jour une traverse, qui atteignit le filon

à soixante-cinq toises ; maintenant on le poursuit par ======
un travail ascendant, et par aifférentes strosses. Comme Comtt'* (]l1 lîan
le puits est a peine éloigne de dix-sept a dix- huit toises
du point où l'on a atteint le filon qu'on a déjà exploité -•"
à la suite de la traverse, par une extension de dix toises,
à la rencontre du puits , celui-ci communiquera bientôt
avec cette extension. Environ à six cents toises du puits
des Huzzards, il paraît qu'on a fait des travaux sur le
même filon. A ce point, où il se. trouve déjà éloigné du
vallon de la Rothaine, il se partage en veines, qui se
réunissent ensuite dans un puits profond de six toises.
Au sol de ce travail le filon est puissant de quatre à cinq
pieds, mais il consiste en grande partie en pyrite et
en schiste bleu jaspeux. 11 contient dans son toit huit
à dix pouces de belle mine de fer, pareille à celle du
filon des Huzzards, auquel il est semblable pour la nature
de son mur et par sa direction.
Sur le devant de cette même croupe, il y a encore Mine de fer de une seule minière, par laquelle on s'est un peu avancé fet dans l'intérieur de la montagne. L'endroit où elle, est située est appelé, par les habitans du Ban de la Roche, Coût elle ou Cotellc. Pour atteindre son filon, on a percé du jour et du côté du midi une traverse de vingt-six toises. Le rocher, dans toute cette traverse, est sauvage et schisteux, Ce travail a conduit sur deux veines. Celle qui pénètre dans le Chènot est en grande partie stérile et composée de minette et de schiste. L'autre, qui est vers la Cot.elle, a dix-huit pouces de bon minerai. Un schiste tendre recouvre le toit; mais on ne peut reconnoître le véritable mur, parce qu'il . est revêtu d'une forte couche d'émeril. Dans cette
Partie IV.                                   E e

( ai8 )
======= minette est éparse un peu de mine de fer; on a de la
Comté du Ban pcjne -d- distinguer à l'œil, dans le minier, la roche
de lu Roche*            , .. ,,          . . , .          .                               ,
stérile davec le minerai, mais en se servant du pom-
terolc (tf/f/ei.sni ), il est facile de la reconnoître parce que le coup frappé sur le schiste le blanchit, au lieu qu'il rougit le minerai. A chaque minière il y a une cabane avec un banc à trier où l'on sépare du rocher .■qui s'y trouve mêlé le minerai qui arrive au jour, ou le conduit de là aux fonderies sans être grillé.
Le minerai se paie à raison de 3 livres 16" sous jus­qu'à 4 livres par eu veau (1).
On a trouvé un grand nombre de coureurs de gazon au milieu et au sommet du Chénot, auxpoints les plus éloignés des vallées latérales. Les mineurs les stsveut pendant quelques semaines, et les abandonnent lorsque le minerai disparoît : leurs travaux ressemblent en quelques endroits à des taupinières. Le minerai qui se trouve immédiatement sous la terre végétale est ■■■caverneux et mêlé avec du quartz et de la pyrite. Cette dernière se trouve communément décomposée et convertie en ocre rouge.
Vallon de Lorsqu'on s'approche de la seconde vallée latérale, Minguette. nommée Mim;uetie, on retrouve, le long de la rampe douce cîu Chénot qui suit ce vallon , des gîtes de mi­nerais qui s'étendent plus au.loin.
Mine de fer On arrive d'abord aux travaux du Chénot de Mîn-du chénot de guette, ouest placé le second filon principal de cette
^in^ueUt1.             "                     i                   ,                   • i                      .             '■'.•■•
croupe de montagne; u se partage en quatre veines
(s) Le cuveau ou mesure de uiine couûeni , l'un dans l'autre ,.sept cent cinquante livres de ruinerai...

( ûio )
parallèles % e11îï toutes seul. iK'i>î:v , mais souiliVes de ■—~-m rites. On nc-n exploite (aie n\ ux. Sur la droite . à ' " nîillc toises environ de Mmgnetle. est un puits de qua­torze ioises de prof ui-:îeur . on l'on a pratique une extension longue de dix toise:;. Le-; minerais qu'on vu evlr.iit sou! bruns, mêlés tic sable et d'argile jaii!!>.\ Le toil (-1 le mur consistent en granit doux, que les mi­neurs du Bi\n de la Roche appellent i!c la pierre <K* sable. On v \oit à peine f{»el(|iKjs pai'tiruies de i::i«\i piè.-. du filon, oi! ce granit est beaucoup |Ju:> deuv f:'ie lors­qu'il s'en éloigne. ! a secoiuie veine a été c\j>loit<;e par une nouvelle galerie : eilo est puissante dv dvux pieds, maïs le minéral ne s'y soutient pas. Les anciens axoionl passe .sur ces travaux un peu plus liant, par m e galerie dans laquelle ils aboient fàil six petites foncées, mais jamais ils n'ont perct* les milieux stériles. Si Ton con-tinuoit la galerie n(tu\ élit n;v nt conr^enccW* , cmi Ira-verseroit tous ces milieux, el l'on tireroit en même temps beaucoup de minerais Ici le filon a de chaque côté des épontes bien marquées. Le \rai toil est un granit doux et mon en ])Ui(K\ Ou le reconnoilroit à peine pour tel, ai le rocher des parois n'en étoit en­tièrement'composé; d'ailleurs ce loi t. souvent revêtu de minette Vouge, se laisse rarement apercevoir. Le mur consiste en un mélange très-lin de (juartz et de î'cld-spatli assez dur. dont le grain devient prescju*in-visible près de ce lilon. Le minerai est i»«uii;eâlre et schisteux, et il a la même direction qi:e toutes Ich veines du Chénot. On a même j'àit à Mlnmielte. s'i»-ces veines ; un travail superflu, qui ne vaul pas la [ue j'en fasse mention.
E e ij

( 220 )
Je passe maintenant aux mines situées dans la Comté du Ban <,C)1^e fe Minguelte ou dans le second vallon latéral. . .                M s étend, entre deux pentes douces du N. au b., en
Wallon de ,,,           A             .              ,            , ,.                                  ,                  .
(o s élevant environ dans la direction cloue heure et (U> f(r demie, ci devient-un peu plus rapide vers le sommer. On y trouve une galerie dont la tête est à présent éloignée du jour de cent quarante toises. Elle a ren­contré à treîUc-quaire toises environ, un filon dont la direction est presque parallèle à celle du vallon et qui est incliné vers l'ouest. On en a lire un minerai de fer caverneux, brun et noir. Une foncée d'une (oi.se
1 on en a arraché beaucoup de minerai.
'Environ à huit toises plus avant clans.la montagne, on a creusé une seconde foncée de la même profondeur. Le filon dïsparôît dans le toit au sommet de la galerie, maison le voit encore au sol clans le mur, On a ren­contré ici de la mine de fer noire avec de l'hématite et des morceaux de mine de.fer sablonneuse blanche (1). Un nid qui s'est trouvé au sommet de cette galerie a donné du mulm noir et de la mine de fer micacée de la même couleur; au reste la galerie n'a pas "été poussée jusqu'au filon sur la même heure, à cause de la dureté du rocher ; elle est tortueuse, de manière que l'on n'a atteint le filon principal qu'à cent douze toises du jour. On s'est étendu sur ce filon du S. E. au N. O. par des extensions. Dans la première, qui va vers le Chénôt, le minerai ne s'est soutenu que sur une longueur de quatre toises et à une élévation de dix pieds au-dessus du sol de la galerie. 11 a été coupé en cet endroit par un rocher
(i) Voyez ci-dessous, pag. a29.
■{

pourri et savonneux. Le minerai n'y étoït point pyri-teux, et le filon s'y trouvoit puissant de deux pieds.. On l'a poursuivi à quatre toises au-delà ; il est encore très-régulier ; une argile blanche et fine larme son toit et son mur. Il est vraisemblable que si on eon-linuoil cette entaille , on trouverait bientôt de la mine, car, d'après mes observations, les gîtes de mine de 1er, lorsqu'ils méritent le nom de liions, ce qui n'est pas très-commun , ne restent point stériles sur de grandes distances. H a été fait dans cette extension, à quatre toises de l'endroit où Ton a atteint le principal filon , +me foneéerde dix-huit pieds de -profondeur sur une longueur de vingt-quatre pieds. Elle a été creusée sur des minerais massifs , dont la puissance n'étoit d'abord que d'un pouce, mais qui s'est élevée jusqu'à deux pieds. Deux pompes à bras vidoient les eaux de ce travail ; mais celles-ci devinrent si fortes que ce moyen fut bientôt insuffisant. La-mine-est puissante de quatre pieds sur le solde cette foncée; on la trouve bleue, massive comme de l'acier, et un peu micacée. Par l'extension qui est dirigée vers le N. O. , du côté de Remiancôte, on a poursuivi le filon sur le même sol dans une longueur de trente toises ; il a continuelle­ment conservé la .'même, direction et inclinaison ainsi que ses épontes. A cette distance on a commencé urt travail à échelon ou des'strosses. ascendantes qui.sent, pratiquées sur une hauteur de cinquante'pieds. ATex-trémité de chacune de ces strosses V on a suivi le filon par des entailles particulières, dont la supérieure a été continuée sur une longueur de trente toises. Oira, contre mon avis, abandonné l'inférieure. Les minerais

( 222, )
y sont puissans de trois pieds, mais par-tout très-pyri-, ,                 teux, quelquefois même ce n'est autre chose que de la
de la Ruche.           .' *.. .}-           ■ . .                  ...             \ .
pynte. Si 1 on poursuivoit cette entaille encore de vingt toises environ , il est probable qu'on obtiendroiL de beaux minerais, parce qu'il se- trouve au-devant deux puits dans le sol desquels on en connoît dix-huit pouces. On ne voit au toit une de la minet le'et du schiste pourri ; mais sur le même mur on trouve à plusieurs reprises du quart/ compacte , et communément aussi du granit mêlé de pétrosilex brun. 11 est facile de com­mencer à cinq toises au-dessous de ces travaux une galerie par laquelle ils seroient délivrés des eaux qui les inondent. J'aurais souhaité que Ton eût prolongé l'entaille de la galerie principale dans la même direc­tion sur laquelle on avoit traversé le filon- principal, parce .que fouauroil coupé par ce moyen et recherché
dans la profondeur difFérens filons qui sont inclinés vers la vallée, particulièrement ceux du. haut Bacpré, de Remiancôte et du Spatzberg, dont je ferai bientôt mention. Plusieurs ouvertures au jour ont 'déjà été faites sur ces filons, qiii ont fourni à la fonderie de Rothau de très-riches minerais. Il est ici très-com­pacte, rougeâtre, bleuâtre et aciéreux, ayant le bril­lant-métallique.-On •■ a laissé ces mines encore puis­santes dans toutes les foncées ; elles ont au moins dix-huit pouces et paroissoient , quand il fallut aban­donner les travaux, devenir abondantes dans la pro­fondeur, et s'y annohlir encore davantage. Mes obser­vations sur la première lettre de M. de'Trébra, sur l'intérieur des montagnes (i), concernent-la minière
(i) Pag. S, 6 et 9. \ -.;■'■

que je viens de décrire. Le minerai qui en provient se ------ *^-~r--
. paie au mineur 4 livres le eu veau trié.                              Comte du Ban
de hi Roche.
En montant au-dessus de.la pente occidentale du ... , ,. ,
1                                                       Mme dt* fer d<>
vallon latéral nommé Minguctte, on parvient à Remian-côte, autre pente dans laquelle se trouvent différentes exploitations. Les minerais y sont en grande partie compactes commode l'acier, bleuâtres, ayant le bril­lant métallique, et mêlés de temps en temps avec du feld-spath et un peu de quartz. Le principal filon de Remiancôte s'étend au travers de la croupe de mon-tagne vers Minguetle, et c'est probablement le même filon de pyrite que «celui de ce vallon ; on l'exploite par une galerie qui a quarante-huit toises de longueur; il se dirige comme à Minguette. A remaille les minerais étoient puissans de six à huit pouces; niais au sol de la galerie je les ai vu épais de dix-huit pouces en plu-sien, s endroits. Ils se soutiennentrfhns les foncées qu'on a commencées.- Ce riche filonv qtri se couche consi­dérablement, renferme des milieux de pyrites; son toit consiste en un mélange de quartz et de feld-spath» et contient aussi beaucoup de pyrite ; tantôt son mur est composé de granit mêlé (le pyrite et de minette, tantôt il est semblable au toit.
Environ cinq cents toises au-xlessous de l'entrée de celte galerie, on en a percé une nouvelle de vingt-cinq toises de long sur le même filon. Il y a ici, comme dans le travail supérieur, des milieux de pyrites com­pactes , dont la .puissance, s'élève jusqu'à six pieds. Quand on a traversé ces milieux , on trouve que le minerai se -rétablit derrière et devient abondant. Le toit offre', .de l'argile blanche et, un rocher de granit»
tmpADBD-15.jpg

( "4 )
doux et altéré. Au mur j'ai vu du quartz, de la pyrite Comté du Ban et du véritable granit. Le cuveau de minerai est payé aux mineurs 4 livres 10 sous. Sur toute la pente de Remiancôte on voit des versures (1) de mine de fer et de vieilles haldes jusque par-devant et vers le nord, où la montagne s'approche de la vallée principale de Mine de Rt de la Briïsch. Les anciens avoient commencé presqu'au Chaudron-pré. pjec| fe ja montagne , dans le Chaudron-pré, diffé-rens travaux. J'en ai fait poursuivre un jusqu'à soixante et quelques toises, dans le dessein d'en faire une ga­lerie profonde qui devoit couper les filons de Min-
______________guette et de RpmiancôtP- r.eh> galerie eût délivré des
eaux tous les travaux de ces cantons. On auroit eu au-dessus d'elle une hauteur qui fèroit presque la moitié de l'élévation totale de la .montagne. Celle-ci se seroit trouvée ouverte à une profondeur où l'on n'a jamais fait
______________de véritables recherches ; l'on auroit ainsi rendu cette
exploitation perpétuelle. En effet on y trouvoit déjà quelques vestiges de minerais ; mais pendant mon ab­sence les mineurs se lassèrent de percer du rocher stérile ; ces gens , incapables de sentir Ijitilité d'un ou­vrage aussi capital, et n'étant pas d'ailleurs accoutumés , à travailler pour leur compte aux endroits où ils ne se croient point dans le voisinage d'un filon.ou sur le filon même , ôtèrent aux employés de mon père toute espé­rance de jamais rencontrer de filons avec cette galerie. On abandonna donc ce travail, et on laissa Fojiverture de cette galerie se ruiner. Il en coûterait peut-être beau-# coup aujourd'hui pour la relever et la poursuivre.
(1) Voyez mes notes aux lettres de. Trébra, pag. 19,         
Sur

f "5 )
Sur la hauteur, près du chemin, il y a plusieurs =*=—*=* haldcs dont les minières chômaient depuis quelques (-'<»n.i.« <hi Ban années; la mine s'\>trouvoit d'un brun noir, caver- tlr uu"thl'-neuse, de.temps en temps tout-â-fait noire, compacte comme de l'acier, avec le brillant métallique. Kilo étoit au toit et au mur d'un filon puissant de d-nx pieds, avec de belles lisières, et au milieu du Jilon on voyoit de la pyrite compacte. C'est cette pyrite qui a occasionné la cessation de ces travaux. La gangue étoit un schiste jaune quartzeux et pyrileux. Ce filon est in­cliné, comme tous ceux de Remiancôte, vers le nord, -par- conséquent -en-sens- ûroTrt:tt'c/;!-S/miî»
rige sur six heures. La mesure ou le cuveau des mines de Remiancôte étoit payé au mineur 4 livres 10 sols.
Je viens maintenant aux mines les plus reculées de Mines de fer Remiancôte, à celles de Bacprê, où l'on voit trois dcBacpre. travaux diflerens , savoir, la galerie inférieure, la " moyenne et la supérieure, toutes établies sur le même filon , qui est dirigé sur six heures; l'inférieure est un peu tortueuse, et elle n'a rencontré le filon qu'à la dixième toise. Le minerai de fer y est rouge, puissant de quatre à six pouces à l'entaille, tandis'que sur les ' stresses.on lui trouve une épaisseur de douze pouces, ce qui fait espérer que si l'entaille du sol étoit con­tinuée les. minerais y deviendroient plus puissans. Cette galerie inférieure a quarante toises de long; son toit consiste en minette rouge et en schiste sauvage bleu et jaspeux. Le mur est composé d un mélange\rès-fin de quartz et de feld spath. La galerie du milieu a cin-quante-huit toises de long: à l'en taille, le minerai est puissant de dix à douze pouces, pur et compacte* et. ---Partie IK.             '                    Ff

J" ( 226 )
            = dans les trois strosses, où il est d'aussi bonne qualité,
Comté du Ban sa puissance s'élève à dix-huit pouces , mais le filon
Je la Roche. ,               \ e ^           *. r          > • *. 1                            ■ •
s y couche fortement. Le minerai et le mur y sont si durs qu'il est très-difficile de les percer. Pour y faire un trou de douze pouces il faut émousser quinze à dix-huit fleurets. On en arrache de la mine de fer bleue et compacte comme de l'acier. La galerie supérieure, nouvellement commencée, a six toises de long sur le filon même; la mine s'y trouve aussi riche que dans la précédente, et à l'entaille elle a douze pouces d'épais­seur ; mais elle n'y est pas aussi dure. Le toit et le mur
sont composés-de schiste jaspeux-médiocrement ferme. Ces trois galeries se trouvent éloignées d'environ quatre toises Tune de l'autre. Galerie de Pour exploiter ce filon encore^plus profondément,
Rouge-lordon. Oll avojt commencé à Rouge-Iordon, au revers de cette montagne , une galerie qui avoit été très-bien indiquée par un maître mineur ; mais on a pareillement aban­donné ce travail pendant mon absence. Le cuveau de minerai de Bacpré est payé 5 livres au mineur. Mine de ferdu Des mines de Bacpré on vient aux travaux du Spatz-
Spatzberg. berg, où l'on a atteint, par une traverse de trente toises, le filon sur lequel a été faite une extension de soixante-dix toises de long; de là on a encore poussé dans le mur un travail d'environ dix toises , où s'est rencontré beaucoup de minerai riche et-caverneux. Le filon s'étend encore au-delà de l'entaille de l'extension , mais l'ayant trouvé stérile pendant trois pieds, et cet îVf            intervalle ne consistant qu'en quartz, en roche jaspeuse
et en pyrite, on n'a pas suivi plus loin ce filon. On a donq cessé ce travail pour recommencer une traverse inférieure

à trente pieds au-dessous, et à la cinquantième toise = seulement on a rencontré le filon, parce que cette' ira- Omu-ôu Ban verse décrit beaucoup plus de sinuosités que ne fait la 'u !a Roc!:c< traverse supérieure. Sur les deux extensions qui ont été pratiquées à droite et à gauche et suivies chacune de quatre toises, les minerais sont puissans de huit à dix pouces sur le niveau du sol de la traverse ; ils sont enlevés au sommet. Cependant il y a lieu dVspérer'qu'on trouveront des mines riches et.abondantes , si on pro-longeoit les entailles supérieures et inférieures. L'en- * trée de ces traverses est vers le sud, et i<
dirige vers le couchant sur neuf heures. Le toit con­siste en granit tendre et grossier, ou plutôt en,sable de granit avec un peu de minette couleur de cendre. Le mur est formé de quartz mêlé de pyrites, de schiste jaspeux, alternant avec du granit grossier. Le cuveau de mine du Spatzberg_se paie 4 livres 10 sols.
A Fingoutte, près de Bacpré , on a nouvellement Minocïeferde relevé une ancienne galerie dont l'entaille est à la dis- * tance de seize toises du jour. Ce filon y étoit puissant de deux pieds; mais il consistait en grande partie en qnartz, minette et roc de sable granitique. Il y a en­core à la vérité sur le mur quatre pouces de mine pure, mais comme cela ne paie pas les frais, on ne prolonge pas la galerie, seulement on enlève le massif que les anciens ont laissé. Ce' filon est le même que celui qu'on exploite à Bacpré ; il a la même direction. Son minerai et le mur sont comme dans la galerie in­férieure; la seule différence qu'on remarque c'est que le toit est composé ici de granit tendre ou de pierre de sable granitique. Environ à trente toises de celte

( 228 }
===== galerie , le filon se partage en deux veines, comme on Comté du Ban peut le voir par les vieilles haldes;,mais les modernes
de la Pvoclu-.            «                 ♦ , .                     ,, i i. i ,
nonl point encore établi de travaux sur ces veines, quoique ce filon s'étende jusqu'à la foret de Solbach , où l'on en a reconnu les affleuremens par les différens trous que l'on y a faits.
Vallon de Dans la vallée latérale qui s'étend plus loin vers l'O. Samt-Nicoîas. parallèlement à celle de Minguette, et qui s'appelle la vallée de Saint-Nicolas , on a fait autrefois • différens travaux, sur des mines qui étaient fort riches; l'un d'eux Mine de fer de se trouvoit à l'endroit nommé la Pierre taillée, vis-à-IaPierre-taillée, vls de Saint - Nicolas ; on y avoit pratiqué différentes galeries et puits. Ces travaux ont tous élé abandonnés eji i y85, quoiqu'on eût pu les soutenir à peu de frais,. autant que je me le rappelle. On a ensuite pratiqué dans le voisinage une galerie de'.quarante-deux toises sur un filon principal , et par cette galerie , on a coupé à treize toises du jour une petite veine de mine de fer bleue , mais qwi à l'entaille comme au sommet , s'est terminée en forme de coin. A quatre toises plus loin on rencontra le filon principal que je trouvai encore en exploitation, et conservant la plus belle apparence. A l'entaille de la galerie et sur la première strosse, il étoit puissant de dix-huit pouces , presque perpendi­culaire et dirigé vers le couchant sur neuf heures. Le toit montroit du granit sablonneux, et le mur du quartz et du fclcî-spath rougeâlie. On en tiroit une mine de fer.d'un brun rouge: le cuveau se .paie o livres au mineur.                             *
Minedeferdu En descendant de Saint-Nicolas dans la gorge, v-inckler. on aVoit anciennement exploité à Tendroit nommé

( 2*9 )
Wincîder, des mines dans une rochç mélangée de —
quartz solide et de feld-spath. On n'aperçoit plus dans Comté du Ban
cette roche les particules de mica que renferme le
rocher, éloigné du-filon. La mille de fcrefoit bleue,
compacte comme de l'acier, et fort riche; mais la roche
se montrait trop sauvage-pour qu'on pût,espérer d'y
trouver des filons soutenus ; on avoit rencontré près
du jour des minerais puissans de douze à dix-huit
pouces, mais qui bientôt se rétrécissoient et se ter-
minoient en coin. Le cuveau de cette mine est payé
4 livres 10 sous au mineur.
La plus éloignée de toutes les mines dont j'ai parlé jusqu'ici, n'est pas distante de Rothau de trois quarts de lieue, et plusieurs sont à demi-lieue tout au plus: presque toutes se trouvent situées dans le fînage de ce lieu. Quoique les autres, villages de ce comté ne soient pas si riches en gîtes de mine de fer, on y en trouve cependant qui méritent quelque attention.
Il y a à Waldersbach , dans le village même, un filon Mine de fer de principal dont on a retiré autrefois une mine de fer d'une espèce toute particulière. Elle est d'un gris blanchâtre ou jaunâtre, d'une texture grenue, sabloneuse au tou­cher, et-par son aspect terreux, ressemblante à de la molasse: elle donne beaucoup d'excellent fer. D'après l'analyse qu'en a faite M. Schreiber directeur des mines cTAUemont, elle perd 02 livres par quintal au grillage: elle y noircit et devient en grande partie attirabJe à l'aimant. Fondue dans un creuset brasqué avec du charbon ou des substances susceptibles d'absorber l'air vital, avec du verre et du borax piles . elle rend au quintal, 34 livres de fonte grise qui ne casse qu'avec

( 230 )
:—-—=:-^._-^ effort. L'acide nitrique dissout ce minerai avec efîerves-Comté du Ban cence, et ne laisse que de la terre siliceuse pou* résidu.
de la Roche.                              ,              l                                           l
Un paysan de Waldersbach avoit creusé dans le village une traverse de cinquante toises de long , par laquelle il avoit atteint ce filon et il étoit parvenu à obtenir dix-huit pouces de minéral à l'entaille. Ce miné-rai étoît jaune et d'un brun noirâtre, environné de beaucoup d'ocre martiale; il se irou voit clans un rocher sablonneux. On s'est étendu des deux côtés sur le filon à la distance de plusieurs toises, et à main droite on a creusé une foncée où les eaux devenoient trop abon­dantes pour qu'on pût les épuiser à-.bras d'homme» J'ordonnai à ce. paysan de commencer au-dessous de cette traverse, près d'un moulin qui est situé à cet endroit, une galerie profonde qui, dans le cas où l'in­clinaison du filon serait demeurée la même, devoit le rencontrer à la cent douzième toise, et à dix toises perpendiculaires au-dessous du sol actuel. Cette galerie avoit, à la fin de 178S, cent cinq toises de long sur quatre pieds ^e large, et sept pieds de haut; ainsi'elle n'étoit plus, selon toute apparence éloignée du filon que de six à sept toises. Autant qu'il m'en souvient, ces travaux ont été abandonnés au moment même où ils promettoient une exploitation riche et durable; il est vrai que ce travail eût été coûteux ; car , pour le conti­nuer , il eût fallu creuser un puits au-dessus de l'église, autàttf pour procurer de l'air aux mineurs dans la galerie profonde , qu'afin de pourvoir à leur sûreté , parce que cette minière sera toujours dangereuse, à cause de la force des eaux et du rocher pourri qui s'y trouve. Le filon s'étend sur trois heures, direction dans

( 23! )
laquelle il est maintenant exploité; maïs il ne la con- ". >■ ...■-.i.,x=g serve pas, parce que chaque milieu solide qui se Comte du Ban
, l ■,. .              i a ,               i                              .                 • i• tle la Roche.
présente le jette de cote et change aussi son incli­naison. A l'entaille de la galerie profonde , on avoit à. la fin de l'année 1785, de la pierre de sable solide et des eaux très-fortes, ce qui étoit de très-bon augure. On voit par les renseignemens cités plus haut, que les anciens avoient déjà pratiqué en ce lieu une galerie profonde; et l'on ne peut douter que ce ne fût sur le même filon, quoiqu'ils aient indiqué sa direction sur douze heures ; je viens de montrer la cause de cette différence; car il n'est pas ici question d'une direction principale , mais seulement d'une direction locale et momentanée.
En remontant de Waldersbach à Schœneberg , ou Mine de fer Belmont, on trouve aussi des traces d'un filon de mine «le Belmont. de fer, et cela assez près du village, à cent pas envi­ron du chemin qui mène de Rothau à Belmont: la seule roche, pour ainsi dire, qu'il y ait aux environs de Belmont, est du granit solide. J'ai fait suivre les indices de ce filon sur quelques toises dans du mica de fer compacte , attirable à l'aimant „ et d'autres mines de fer jaunes et brunes très - pauvres. La roche n'est pas devenue plus tendre , et la mine sVst resserrée ; on a donc abandonné ce travail. Je n'ai pu trouver à Belmont-aucune trace des filons de mine d'argent dont il est parlé dans les anciens mémoires que j'ai cités plus haut.
Différentes veines dans lesquelles on voit au jour des Mine de fer de mines de fer bleues, métalliques, très-compactes et Wilde

■■ =■                                                                 ( 2.32 )
----- ' ===== mêlées de roche latérale sans épontes (1), se rencon-
ComteduBan trent dans une petite gorge dépendante du fi nage, de Wiidersbach, et dont l'ouverture est dans le vallon latéral delaRothaine et sur les pentes des montagnes, au bas desquelles se trouve cette gorge. Ces pentes sont uniquement formées de granit ou seulement de deux de ses parties constituantes intimement mêlées. Les veines dont nous venons de parler n'ont communé­ment que deux à trois pouces ; mais quelquesfois elles s'élèvent à la puissance d'un pied. La plus grande partie de ces veines est dirigée sur six heures. Quelquefois il y a çà et là de la minette et du granit sablonneux sur les parois de ces petits gîtes de minerai ; mais en ces en­droits les veines.paroissènt plus durables et plus riches. C'est ce qui a lieu particulièrement à une minière située vis-à-vis de l'emplacement de la vieille fonderie qui se trouvoit dans la gorge de Wiidersbach. On s'étoit as­suré de l'existence d'un filon en cet endroit ; quatre strosses d'affieureurement assez éloignées les unes des
(i) Je me suis souvent servi de ce mot dans le cours de cet ouvrage, et comme il n'est pas très-usité-, et qu'il ne se trouve- point dans les dictionnaires ordinaires, je joins ici une note qu'un savant a bien voulu me donner à son sujet.                                     .
Le mot d'Éponte , usité en minéralogie, est un terme grec qui paroit formé de la préposition mi , qui répond à sub super , et in des Latins ; et du participe présent du verbe substantif ùfti , qui en grec répond au sum des Latins, m , génitif «»ra? : de manière que la préposition se composant avec le participe, le résultat sera t7tm , gé­nitif ÈîTavroî^qui est dessus , dans ou dessous , et répondra au substantif François couche intermédiaire. C'est ainsi que le mot èpitkalame y chan­son pour des nouveaux mariés, se forme d'tT<, et de S-wa^sî, lit nuptial.
autres.

( 233 ) autres. Le filon couroit sur trois heures quatre hui- ^=r---
tièmes; ainsi sa direction n'étoit pas semblable à celle (-on»««; du H des autres veines. J'espérais (jue.ee iilon, dont la roche (H '*itK( '' latérale étoit douce, se mainticndroil pendant un cer­tain temps dans la profondeur, elré\énemen( confirma mon attente. 11 renferme des minerais de la même espèce que les veines dont je parloîs tout-â-l'heure. .
Dans le même finage, en diflerens endroits, et prin- Min, .!• <•:,;, cipalemenl à Haulperheux, on découvre au jour des <1(1 "1**îj * * ' affieuremens du filon de mine de cuivre dont il est. " fait mention dans les notices (j j que j'ai citées; ils sont dirigés sur six heures. Près du ullage de Neuwiller on voit clans la même direction des ailleuremens de mine de cuivre, mais je ne puis assurer positivement qu'ils soient une continuation du filon de Wildersbach. On rencontra ce filon par un (rou d'affleurement sur la hauteur de Wildersbach, au N. de cette gorge,, en voulant faire'des recherches, sur un filon de mi lie de fer; maïs on le recouvritausitôt, parce qu'on ne cher­chait pas de mine de cuivre. Les anciens ont creusé un puits vers la partie septentrionale du village, et Ton peut encore y voir les restes d'une haIde,,On y trouve du quartz , de lamine de cuivre en forme-de poix%,du. vert de montagne, et du mica de fer. On a aussi ren­contré ces mêmes espèces de minerais -dans un puits fait à Neuwiller. Si on vouloit entreprendre par la suite              -
quelque travail sur ce filon, on pourroit, pour le cher­cher, prendre une traverse au.pied de la iiï'ônlagne sur laquelle on a fait des ouvertures d'aflîcurcnr.cni.
(0 Voyez ci-dessus, pau,. 214.                                    \
—Partie IF\        '                         G e v

--== On occupe aux travaux du Ban de la Roche soixante Comte au Ban mineurs, tant hommes, que jeunes garçons qui servent
i)v la Roche. ,           . , , .             , , --V
a courir le ciiien-ci.a^Jngir. ' "
Différentes autresjmupes de fer ftftirnissent du minerai aux forges de fCotîiau ; mais elles viennent des terres de l'évéché et de la ville de Strasbourg, et non du comté du Ban de la Roche. Nous en-parlerons incessamment.
Parmi le,grand nombre de mines de fer que j'ai visitées en différentes parties de l'Europe, c'est encore dans celles du Ban delà Boche que l'exploitai ion est la moins * vicieuse. Comme elles se trouvent .pour la plupart sur des hauteurs, on peut pousser sur le même filon plusieurs galeries les unes sous les autres, et par là sortir commo­dément les rainerais avec les chiens. La roche s'y trouve communément ferme, mais dans les endroits où elle est pourrie, on étaie les travaux, quelquefois même avec trop de bois, parce que l'on en fournit aux mineurs, des forêts du comté, autant qu'ils en demandent. Cepen­dant comme le bois renchérit de jour en jour, et qu'on peut commodément le "flotter par la Brusch dans la plaine, on sera bientôt forcé d'adopter le muraille-ment. On ne peut encore espérer de voir faire des exploitations régulières sur des filons de mine de fer. Sitôt que le minerai cesse, on abandonne les entailles, et comme Ton ne veut percer aucun;milieu stérile, on avance très-rarement dans la montagne, et beaucoup plus rarement encore descend-on à une grande pro­fondeur. L'abondance de la mine et le prix des fers empêchent qu'on n'emploie dans ces exploitations les grands moyens dont on est forcé de faire usage quand les travaux? pénètrent dans les profondeurs.

( 200 )
On a plusieurs exemples de mines de fer isouvécs •-•- ' -■■•■"-' :: dans du granit; mais je pense qu'en peu dVndroils il t-'iniU'( M t>n:i s en rencontre aussi généralement quau Ban de h\ Roche. C'est dans les montagnes calcaires que les mines de fer sont les plus abondantes; elles y.forment ordinairement de grands nids et de grosses masses : mais rarement y sont-elles en liions réglés comme quelques-uns de ceux que j'ai décrits dans ce mémoire. En général les filons de fer sont, très-minces dans les montagnes de granit.
•On pourrait peut-être regarder la minette du Ban de la Roche, qui en vtlbt est une espèce d euieril , comme un mélange provenant du granit altéré et trans­formé, et qui s'est intimement combiné avec une petite portion de mine de 1er. Le quartz qui formoit une des parties constituantes du granit avant sa décomposition, .seretrouve non altéré dans ce mélange, en assez grande quantité. Le grain de cette minette, qui est ordinaire­ment fin., se rencontre aussi très-grossier ; et en se rappelant qu'il y entre du quartz, on concevra aisé­ment pourquoi elle fait feu au briquet et raye le verre. On sait qu'en général l'émeril est mêlé de beaucoup de mica , et qu'il se trouve ordinairement avec des feïchtcui etgnifîstein ;dMïo\{-\\ dans les pays étrangers la même origine que je suppose à cette minette?
Dans la description que nous venons de faire des difFérens liions du Ban de la Roche, on peut avoir " -' été''frappe de la variété de leurs roches latérales, quoi­qu'ils soient tous dans dus montagnes granitiques simples ; mais ce qui donne lieu à une observation plus digne d'attention encore, c'est que le? proportions
G g i;

=r=r=s=: des parties constituantes de ces roches latérales varient
Comté du Ban subitement sur un même filon; non-seulement elles
diffèrent du toit au mur, mais elles changent aussi dans
les mêmes parois; enfin ces diversités se multiplient à
de petites distances et sur differens niveaux.
Fut -es et four- Les forges et fourneau de Rothau sont situés dans nrauik'Rtithau. |e comté du Ban de la Roche, à une lieue et demie N. du château de la Roche, paroisse de Rothau. Ils ap­partiennent à M. le baron de Dietrich, comte du Ban cle la Roche. Il existoit anciennement dans cette terre une forge 'très-considérable avec toutes les usines en dépendantes ; elfe fut abandonnée vers Je milieu du dix-septième siècle, à la suite des longues guerres qui désolèrent l'Alsace, et par la mauvaise administration des gens d'affaires des princes Palatins, qui possédoient alors ce fîefrojal. M..d'Angervilliers, intendant d'Al­sace , à qui le roi a voit accordé, par lettres-patentes du mois d'août 1720, à titre de fief, les terre et sei­gneurie du Ban de la Roche, demanda la permission d'en rétablir les forges ; elle lui fut accordée par lettres-patentes du 3 avril 1724 (1), regislrées au conseil souverain d'Alsace le 24 du même mois.
(t) Voici le dispositif de ces lettres patentes : Pour ces'causes et autres , etc. lui avons permis ^à M. d'Angervilliers) de rétablir dans la­dite terre, fief et seigneurie de Zumsiein , autrement la Pierre ou Ban de la Roche, îa forge qui y existoît anciennement et toutes les usines en dépendantes , eu tel endroit convenable qu'il jugera à propos, pour en jouir par lui ou ceux qui lui succéderont, de même que de ladite terre , .conformément aux lettres d'investiture du mois d'août 1720 , et aux baux , faits et à faire , comme aussi de couper les bois nécessaires, tant pour la construction des bâtiuiens que poui•l'établissement et entretien de ladite (orge ; faisant sa Majesté défenses au grand-maître et aux oiEciers de la maîtrise.

La réputation dont jouissent les fers de Rothau a occasionné différentes contre/actions des empreintes Comté «lu Ban dont on ies marque. En conséquence M. le baron de tl('laPmhc-Dietrich a eu recours au conseil, qui a rendu, sur sa requête, le 16 août dernier, l'arrêt que nous trans­crivons ci-dessous , qui l'autorise à marquer exclusi­vement d\m poinçon distinct les fers de Rothau (1). Cet arrêt a été revêtu de lettres-patentes le 24 septembre suivant.
Le fourneau de Rothau produit par année onze à
où lesditcs usines seront rétablies de les troubler. Si donnons en mandement à nos a mes et féaux, les gens tenant noire Conseil supérieur d'Alsace, séant à Colmar, que ces présentes ils aient à faite rogistrer, et du contenu en icelles, jouir et user, ledit sieur Bau\n d'Angervilîiers, ses descendants mâles, nés et à naître en légitime mariage; sa fille , ses descendans mâles, aussi en légitime mariage ; de même que de ladite terre, fief et" seigneurie, et con­formément aux Lettres-Patentes du mois d'août 1720, dans le cas et aux charge»--et cmiditkms y exprimées, -pleinement et paisible­ment, cessant et faisant cesser tous troubles et empéchemens con­traires, nonobstant tous édits , arrêts et féglernens , auxquels nous avons dérogé et dérogeons par çesdites présentes , pour ce regard seulement, et sans tirer à conséquence, etc. Donné à Versailles, le 3 avril 1724, et registre au Conseil souverain d'Alsace, le 24 du même mois;
( i") Sur la requêle présensée au Rot en son Conseil par Jean ,baron de Dietrich, comte du Ban de la Roche; contenant qu'indépendamment des forges deJaegerthaî et de Reiehshoffen , situées en Alsace, qui lut appartiennent, il est aussi propriétaire de la forge de Rothau, située également dans la province d'Alsace, dont les fers ,.comme ceux de Jaegerthaî et de ReichshotTen, sont d'une qualité supérieure qui les fait préférer, même pour le service des arsenaux de sa Majesté, aux fers des autres forges 5 que depuis nombre, d'années , le Sup­pliant a adopté une marque qu'il fait appliquer aux fers fabriqués dans jcs forges , afin que le public puisse les distinguer de ceux des autres forges, laquelle marque est, pour ceux de Jaegerihal et de' Reiehshoffen, un cercle imitant le cor-de-chasse, et pour ceux de

( 2.38 )
douze cents milliers de fer en gueuses de quinze quin-Comte.duBan faux r/une c]ans l'autre. Les douze cents milliers con-
cîela Roche.                       ,                                 *n i               ^                       1
somment environ cinq mille deux cents cuveaux de Mine.;.           mine, 4 raison de six cuveaux et demi par gueuse.
Le cuvcau de mine, qui a deux pieds de hauteur, dont le diamètre inférieur est de vingt-quatre pouces, le diamètre supérieur de dh^huit pouces un quart, ; "'..,' et qui pèse sept cent soixante livres , revient à j livres l'un dans l'autre, si l'on'y comprend les pertes qu'on essuie constamment avec les mineurs.
Rothau , une R; que plusieurs particuliers, jaloux de la préférence qu'obtiennent les fers du Suppliant, ayant imité sa marque, et l'ayant fait appliquer sur de mauvais fers, qui se sont vendus dans le public, comme provenans des forges du Suppliant, il auroit, pour faire cesser cet abus aussi nuisible au public qu'au Suppliant, supplié Sa Majesté de *"           l'autoriser à continuer de faire marquer les fers provenansdeses forgesde
Jaegerthâl et de Reichàhoîien de ladiy^marqne en forme de cercle, et de faire défenses à (oùs maîtres de forge» et autres de contrefaire ladite marque, à peine d'amende, ce que Sa Majesté lui avoit accordé par arrêt de son Conseil du 7 juillet 1778, confirmé par Lettres-Patentes du 12 août suivant f et enregistré au Conseil souverain d'Alsace, le premier septembre de la même année 1778: mais que le Suppliant ayant négligé de former dans sa requête la même demande pour ses forges de Rothau , omission qui occasionne la continuation du même abus pour les fers provenant de cette forge, lesquels sont journellement contrefaits par l'application de leurs marques à des fers fabriqués dans d'autres forges, c'est pour l'empêchera l'avenir que le Suppliant a recours à l'autorité de Sa Majesté; Requérait a CES causes le Suppliant qu'il plût à Sa Majesté l'autoriser à continuer de marquer les fers provenans de ses forges de Rothau, de la lettre R qui est leur marque , comme elle l'a autorisé à le faire pour ceux de ses fers de Jaegerthal et de Reichshoffen 5 de faire très-expresses inhibitions et défenses à tous maîtres de forges, marchands de fer, et autres part icul iers, de con trefaire ladife marque, ni l'ajouter à aucune autre, sous peine de trois mille livres d'amende , et de la con­fiscation au profit du Suppliant, des fers qui auront été reconnus faussement marqués ; et pour l'exécution de l'arrêt qui interviendra

( _î39 )                        ,
Les douze cents milliers de fonte exigent environ ^-.-.^-----«
huit cent soixante-dix bannes de charbon. 11 ne fàlloit Comte du T
1                               r                 ii                                     a           ''* 1 ■ t <!<* l'i R(>( |f;r'
ei-devant pour former la banne que quatre cordes <ic bois de six pieds de couche et de hauteur, sur trois pieds et demi de longueur; mais depuis qu'il faut tirer les charbons de la Lorraine au travers de plusieurs hautes montagnes, ce qui occasionne un grand déchet, on emploie, .cinq, cordes par banne (î). Elle est com­posée de dix cm eaux, cinq desquels se mesurent raz,
sur la présente requête , ordonner que foules Lettres nécessaires seront en tant que de besoin expédiées: et, pour justifier du contenu en la présente requête, Je Suppliant produit l'arrêt du Conseil d'Ktat , ci-dessus relaté, du 7 juillet 1778, ensemble les Lettres-Pal entes i]u 13 août suivant, et l'arrêt d'enregistrement du Conseil souverain d'Alsace du premier septembre de la même année. Vu la requête signée Roux , avocat du Suppliant, et les pièces \ énoncées et jointes ; ensemble l'avis du sieur de la Galaizière, intendant et commissai.e départi en la province d'Alsace, et celui du bureau du Commerce; Ouï le .rapport du sieur Lambert,, conseiller d'fc'fat , et ordinaiie au Conseil royal des Finances et du Commerce, contrôleur général des Finances: Le Roi en . son Conseil a autorisé et autorise le sieur de Dietrieh à continuer de faire ma^uer de la Icflre Fv lvs fi-rs pro-venans de ses forges de Rothau , situées en Alsace, à la charge que ladite lettre R sera placée dans un cercle fait en forme de cor-de-chasse; fait sa Majesté très-expresses inhibitions et défenses h tous maîtres de forges, marchands de fer et autres particuliers de contre­faire ladite marque, ni de l'ajouter à aucune autre, à .peine de 3ooo livres d'amende et de confiscation, au profit du Suppliant, des fers qui seront reconnus avoir été faussement marqués ; et teront sur le présent arrêt, si besoin est , toutes Lettres-Patentes expédiées. Fait au Conseil d'Etat du Roi , tenu à Versailles le seize août mil sept cent quatre-vingt-huit.- Coiïafiomré., signé Beugertn\
(1) II faut prendre garde de ne pas confondre ce que la capacité de la banne de charbon peut contenir de bois en bûches ou cordes» a\e< la quantité de bois qu'il faut convertir en chai bon pour rempli». cette même capacité. Une banne de Rothau renferrwroit à peine utie corde et demie de bois.

====== et cinq comble. Leur hauteur est de vingt-quatre
Comté du Ban pouces et demi, leur diamètre supérieur de trente-neuf e d or e' pouces et demi, et l'inférieur de trente-huit, ce qui donne par eu veau seize pieds cubes et deux tiers, et par conséquent cent soixante-six pieds cubes et deux tiers à la banne, si on ne tenoit pas compte des cuveaux qui se mesurent comble : mais en les évaluant, la banne de Rothau a deux cent six pieds cubes et un neuvième, ou ~~$, ce qui fait ~ de plus que la banne des forges de la basse-Alsace, qui ne contiennent que cent cin­quante-neuf pieds cubes.
Le cuveau plein de charbon de sapin, pèse raz cent quatre-vingt livres, et comble deux cent cinquante; ainsfehaque cuveau est l'un dans l'autre du poids de deux cent quinze livres. Lorsque le charbon consiste en un mélange de bois de chêne et de hêtre, le cuveau s pèse raz deux cent quarante-une libres, et comble trois cent vingt-sept, dont le terme moyen est deux cent quatre-vingt-neuf]                            #
Ateliers.            La forge de Rothau est composée d'une grosse forge,
d'une plus petite et d'un martinet; ces usines affinent, ainsi qu'il a été dit, onze à douze cents quintaux de fonte. Tous t;@SLateliers réunis, consomment environ seize cents bannes de charbon., dont une très-petite portion seulement est tirée de la seigneurie; celles qu'on achète au-dehors reviennent actuellement à plus de soi­xante livres chacune, et la cherté du bois augmente journellement.
Le fer de Rothau est de la première qualité ; il ne le cède à aucun autre. La manufacture des armes blan­ches d'Alsace s'en passe roi t difficilement, de même que
l'arsenal

( 241 )
l'arsenal de Strasbourg. Son prix plus haut que celui de tous les autres fers voisins, de vingt livres par millier, C'omU't!u Bau n empêche pas les ouvriers en fer de le rechercher avec empressement, et de s'estimer heureux d'en recevoir.
Il y a, tant aux mines qu'aux fourneau, forges et mar- Om « ici-*. tinets, deux commis, dix-huit ouvriers à gages, environ quinze forgerons payés au quintal à Raison de îJsoIs pour le gros fer, et.onzê-sols-pour le fer martinet, et soixante mineurs, comme nous l'avons dit ci-dessus (i). L'ensemble de la vente amitieHer de cette forge peut ' Venteannuriie. monter à 18o,ooo iiv. v
La forge de Rothau éprouve des difficultés, pour uiJl$. s'approvisionner de bois: ceux du Ban de la Hoche pou-          {,
vant être très-facilement flottés pour Strasbourg, devien nent aujourd'hui trop précieux pour être convertis eiJ charbons*-.HEhV-est obligée de s'en procurer clans les ressorts des majtrise?Sx4ç Luncville et de Saint -Diez; mais alors cette forge se trouve en concurrence avec celle de Framont, située dans la principauté de Salm. Cette usine étrangère, à qui les arrêts du 3 2 mars 1722 et 18 février 1772 , interdisent les bois du royaume, jouit des droits accordés au prince de Salin, par un ^autre arrêt du conseil du mois de septembre 1772; lequel au vu delà convention du 21 décembre 1751, entre ce prince et le roi de Pologne, ordonne Je rapport des arrêts précédens, et permet en conséquence audit prince, de tirer desTrois-Evêchés des bois pour sa prin­cipauté. Ainsi les circonstances politiques oui contraint l'administration de laisser un établissement étranger,
(1) Voyez ci-dessus, pag. 2.84. Partie IV.                                 H h

enlever la matière première à une fbrgç nationale et si Comté du Ban importante pour le service du roi, par rapport à î'excel-
lenle qualité de ses fers. La forge de Rothau est une 9 grande ressource pour* les iiabitans, tfès-r pauvres,' du „ -          Bai* de la Roche ;* d'ailleurs tout le produit de ses ,\;entes \
reste dans le royaume ; au contraire, la principauté de' ' Salm, étrangère à la France, profite seule de l'avantage qu'elle obtient, en fabricant à Framont des feM avec les bois du royaume dans un temps, ou la pénurie de cette denrée commence à s'y faire sentir vivement. ._.-■'■ Dro^s.             Ce n'est pas seulement la concurrence de la forge de t
Framont qui gêne celle de Rothau, dans l'approvision­nement de ses charbons.On a vu que la banne revenoit à 60 livres, que cette banne n'étôit pas une voiture d'une grandeur déterminée, mais une mesure composée de dix cuveaux, dont j'ai donne les dimensions et le poids. Ainsi les voitures peuvent contenir plus ou moins d'une banne , et on ne'connaît, ce contenu qu'à leur arrivée à Tusi ne, où Ton jauge le charbon f>ar eu veaux, et où Ton compte autant de bannes qu'on livre de fois dix cuveaux. Il se perçoit sur les charbons, à leur entrée en Alsace un droit de péage, qui, étoit autrefois de 6 sols 8 deniers par banne , en se rapportant à'la Jauge que je viens d'indiquer.
Depuis un temps immémorial, ce droit se payoit par les propriétaires des forges, sans que te perception en eût jamais varié, lorsqu'en 1785^ le directeur des fer­mes de Strasbourg imagina tout d'un coup de changer la nature de la perception usitée , et de faire payer ce droit par voiture, au lieu de le percevoir par banne, en évaluant la contenance de cette voiture au quadruple

( 243 )■.
de ce qu'elle contient effectivement (1). Il invoquoit —==^—^^ une ordonnance de M. dlAngervilliers,-rendue contre- Comte du Ban
1.                        ,                           .                        .- ,.,                de la Boche. .
dictoirement dans une contestation particulière aux maîtres de-forge de la haute Alsace, et trui n'avoit pour objet que les charbons que «ces derniers tirent dé la Franche-(vomté(2). Cette ordonnance étant rendue con-tradictoirement; ne pouvoit faire loi que pour Jc&.parties intéressées, et ne devoif pas " s'appliquer-aux maîtres .' 7 L de forgej de la basse-Alsace , qur ne tirent aucuns .charbon^ de .Franche-Comté ,(3); des motifs particu-"'"• -<- c 'iiérs d'administration avoient détermine Tordonnance % de M. d'Angervilliers; elle tendoit à empêcher la sortie. •
'■i
des bois delà Franche-Comté ,x qui n'a p,as trop cie-.ceux qu'elle exploite pour^l'aliment.de ses propres usines. . J\ pette innovation, de la part du directeur cfes fertnes^, excita les réclamations des propriétaires-des forges de la basse Alsace, dont les établisseiupns alloicnt-être grevas de ce "surcroît d'impositions. Dans les mémoires présentés à Mfele contrôleur-général a ce-su jet, ils observèrent que la dimension des bannes n'avoit Jamais varié, que les cuveaux se trouvoient toujours sur la place où le charbon se livre à la forge, et que par con­séquent les commis de la ferme pourraient très-aisément vérifier les dimensions des cuveaux, chaque fois qu'ils le jugeroient à propos, Enfin que, s'il étoit permis de
(1)  Voyez l'histoire de la même contestation à l'article des forges de Morvillars, pag. 28, et sur-tout la note, pag. %'ài).^
(2)  Cette ordonnance imposoit chaque voiture du volume d*une. corde*à 6 sous 8 tlentiers.
(3)  Le Baron de'Dietrîch, seul propriétaire de forges en Basse-Alsace, ne peut par sa position tirer ses charbons que de la Lorraine ou de rËmpire , et ceux, qu'il prend en Lorraine , viennent des bois du Roi, dont la valeur a plus que doublé par Ja cousommatioa qu'en font ces établissement
y---------                                     Hhij
,3

C -44 )
== supposer que les commis des forges von tussent en aiic;-l'iiiiHan nicnler la contenance, ils ne" poinroient le (aire, sans ue la Rochi*. ^m. jcs fournisseurs «"en aperçussent, et "sans que l'ïu-^          teret de ces derniers ne les engareât bientôt à dévoiler
cette înancçuvre. „ '""           ' *
Le propriétaire *des forges de IIothau"proposa nom­mément de paver à la ferme générale les droits dû roi, , d'après ses registres-, donl il scroiL délivré; tm extrait signé de ses commis.qu'il ferait assermenter a cet erïèl, l'exactitude de ces registres pomant être vérifiée avec ceu\ (jui sont tenus*dans ses bureaux à Strasbourg.
MV], les fî.-nr/iiTS-généraux opposèrent'à ces offres un' nou\ eau mémoire au(»ueî M. le baron cïcDiéîric.h a fourni '• ik* réulitim n. il se contenta sctrlemc-nl dt- dire, ciiûivaui. . ilenu'iUié (jiie les aHé^ations du préposé de la ferme-i:<;ïîérak' éloient erronées . cl l<»s moyens cju'on avoit produits pour appuver ja perception du droit nouveau sans aucune forcj/, il espéroit que la'décision à inler-Aenir lui adjup;eroit les cônclusioîis.' de sa dernière recjuc'te , par laquelle il demandoit , qu'avant de faire droit, il lut procède en présence de commissaires-ex­perts et géomètres-assermentés par M. l'intendant, à ^ fa mesure cube un chariot dVcbaltUsqui acquite le droit de 6 souy ci deniers, cl aussi à-la mesure cube de la banne, composée à Rothau de dix grands ctiveaux d'une /            moindre dimension ; oHVanl de paver autant de fois
'                    (> sous o den., cjue le volume (Tun chariot d'éehalats oit
«          d'une corde de bois-se trou\eroil conienu (kinn celui
"de la banne aii^i (iéiermijié; a lie cnîtratio:} déviant: iixer cFune manière, invaria-ble fa {]i,uïiie du droit, et prévenir par.la suite toute, espèce de liiliirulfé. Il n'y a . point encore de décision définitive surcette contestation.

Avant de continuer à nous porter vers le nord par                =g
la vallée de Schirmeck, nous nous trouvons obligés de Comte du lia»
■ , , f >                                                            .                              , do la Rotin-.
reprendre dinérens objets interessans qui se trouvent a l'E. du Ban de la Roche, cl sur lesquels nous n'aurions plus occasion de revenir , si nous n'en parlions dans ce moment.
Le premier de ces objets se trouve auprès de la ville M«irtimi Ai­de Barr, dont la banlieue confine au Ban de la Roche, r" du côte de YK. Les hahiians de ce comté ont. avec           ^ > ^,..-
^ a. nue , n . i(\J ,
celte vlile (les rapports continuels : elle est située à joj. ^., neuf' mille huit cents loises E. de Roihau , à huit mille six cents toisosN.de Schelestadl, et à trois quarts -de lieue N.~ E. d'Amllau. L'usine dont je veux parler consiste en un martinet, qui appartient à M. MicheJ Meckerl fils, marchand de fer à 'Barr, à qui il vient d'être vendu par décret forcé. Jean Dîébold qui en étoit le propriétaire,^" fabriquoit des outils défera limita­tion de cmix de Slvrie et de Solir^en. C/ctoit des faux, des faucilles, des• sciées . âv^ equcFrcs . des haches et 1 autres outils propres "aux charpentiers et menuisiers. Diëboid a aussi voulu faire de l'acier , maïs il iùi pas           e .
réussi .-et s'est ruiné. Le propriétaire actuel, si Ion en juge par la nature de son commerce, continuera, selon tome apparence. d"v faire forger des oulils denier.
Dans k- lîinU'e du village de Miltrlbcrijîeim. attenant s>i»liMu,ir;iiti à la ville de Barr vers le sud, on ironve i\u sable noir. ra ibrteinciït altirable à l'aimant , qtibiqu'i! n'y ah dans celte- partie ilvb "Notées aucunes traces de volcans.
...              • i •/•■'■ i                   •                ■                        -i mines ti*1
Km lecro'sdiAOïr faire um'1 o«»K'r\aiion c.ui me panait , , impr ■.•!,'«;;!*.' : en «'ivoil. as.-Uîv à M. de Sivrv f i } (jîi'ii y tj(. jian.
(i O'-'H i ■■ .'tiui; ■ lifitîii '^-ii.'!;■., --iif U-« \ (.i-m.-T dt- 1*A 1-si.r;-, y: 'j. 9.

= avoit environ soixante ans que des mines de fer, plomb Territoire de et cuivre avoient été exploitées aux environs de la
Barr
ville'de Barr; je puis certifier qu*il n'en reste aucunes traces. Il faut remarquer cependant que les lettres-patentes, accordées à M. Gamper en 1742 , et rap­portées,plus haut (1), lui accordoient le privilège de fouiller les mines de Barr (2), et qu'il n'auroit pas fait comprendre ces mines dans sa concession ? s'il n'eût eu des indices certains de leur existence.
Tourbe de Ni- En suivant la route de Barr à Strasbourg, dans la plaine, hnheim, att-dehors-de la pente orientale des Vosges, on 'trouve, à trois mille sept cents toises N. N. E. de Barr, le vil­lage rîeNider-Ehnheim, qui appartient à MM. les barons • de L^ndsperg. Je n'en fais mention ici que parce que son territoire, en partie marécageux,fournit delà tourbe déjà connue du temps ou M. Schœpflin (3) écrivoît. Nous observerons en passant qu'à trois mille cent toises au S. E. de Nider-Ehnheim, sont les bains de Hohzbad, éloignas de Schelestadt de quatre lieues, de Benfeld d'une lieue, et de deux lieues de Barr ; la source, décou­verte vers le dixième siècle, est dans un puits profond d'environ douze pieds; le sulfate de soude, le nitrate de potasse oti iiître, le muriate de soude, le pétrole» « la terre calcaire et silïcée sont les substances que ces eaux tiennent en dissolution (4),
' (ï Pag. 2.02.                                     . •""          • ^ .
(2)  Si M- Gamper avoit tenté «3e fouiller des mines dans le territoire de Barr ou la ville de Strasbourg a la supériorité territoriale, son magistrat auroit sûrement réclame ses droits ; aussi ne se souvient-on. pas que M. Gamper ait fait quelques tentatives dans ce territoire. l
(3)  Alsaûa illustrata , Joro. 3 , pag 12..
{4) Guérîn ) dissertât, de Fonùbus medk, A'sa'.m^ pag» iS——17.
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( H7 )
En se reportant deNider-Ehnheîm Vers les Vosges, a ■*=== i'O., on arrive àOber-Ehnheim, ville dïstàrite de quatre Mjncdefei d*O-cents toisesN.de Bar, et de Nider-Ehiiheim de quinze            mm'
cents toises. Le territoire de cette ville fournit aussi de la,, mine de fer au fourneau de Kothau.M. Commarr, Indices demi le même qui fait exploiter les mines de la Laye, a nés de charbon, entrepris, d'après des indications données par Bieton » " quelques recherches sur de foibles indices de mines de charbon, qui se trouvent dans la colline de Bill, près d'Ober-Ehnheim. Il a fait percer dans le grès dont cette colline est formée, une galerie, qui a maintenant soixante-dix toises de longueur, et qui décrit une court»* très-considérable. On y a troiné un schiste onctueux qui s'enflamme quand ii est bien sec, et du mulm noir interposé entre les couches de grès, mais pas encore de charbon.
Au-dessus de ce travail, et dans la même colline, on on en a pratiqué un second, dirigé du S. au N., et qui paroit avoir été entrepris sur quelques taches noires et de petites veines d'argile qui se trouvent dans le grès.
En remontant le même ruisseau qui passe au travers Ma de la ville d'Ooer-Ehnheim, à la distance de mille neuf r<V;
"■vt r>                                   i                • -a s n î bJ«n< tics du
cents toises N. E.» est située la petite vihe Qv Berscfi . - . .• , dans labanlieuede laquelle se trouxenne manufacture, ,-,,,.". ,• ,., autrefois Furie des plus considérables de la province . à.mït, «-. i63, celle d'armes blanches du KHngen-thal.                          iJ. 55..
Elle est placée dans un vallon étroit et fori agréa­ble, sur le domaine du grand chapitre de ta catlu'-Jraïe de Strasbourg, aune lieue delà ville d'Ober-Ehnheim, et à .six de Strastioiirg, sut un ruisseau tiomniê Elut .

qui arrose toute cette gorge , dont la pente est très-rapide. Cette manufacture a donné à la vallée dans laquelle elle est située, le nom de KHngen-thal, qui,
q
en langue allemande signifie Vallée des lames. L'éta­blissement appartient en propre à Sa Majesté, qui , jusqu'à ce moment, l'a affermé successivement à dif-férerrs particuliers par bail de trente années. Cette ma­nufacture fut établie en 1700 par M, d'Anthez, gentil­homme de la province d'Alsace; il eu obtint le- premier l'entreprise par arrêt du Conseil d'état, du 15 juillet 1730(1). ^
Elle a voit eu des commencement 'très-brillans, mais ellç étoit tombée dat^s le plus grand discrédit pendant la dernière guerre d'Allemagne. M. le duc de Choiseul, en arrivant au ministère, sentit l'importance d'avoir dans le royaume une manufacture capable de fournir de bonnes armes à nos troupes. 11 donna en consé­quence les pkrs grands encouragemens à celle-ci pour la remettre en vigueur. Il en fit rétablir les bâtimens qui tomboient en ruines, y ail ira de nouveaux ouvriers de l'étranger, excita entre eux l'émulation par des pen­sions et des gratifications annuelles , et favorisa son commerce en lui accordant des franchises. Le succès répondit bientôt à ses espérances, et M. Gau , direc­teur de cette manufacture , après \iugt années-de soins et de travail," étoit parvenu à perfectionner sa fabri­cation à un tel point, que la bonté de ses ouvrages la
(l) Ripa gLidiorurn fûbrica Ehnhemio inbas passuwn milllbxs d:s(.it, qu-x vdili, ubi sua est, nomtn communkavir. Fdbncu h-xc j.iko t~ jo rez;?s sub auspiclis extructa dt, ut ms:s, ac'macesy papoues, quas Germama hu.usquc Galluz ven-diJit'fhi eâ ftibricartniur. ScKœpllia , Alsatia illuslrata^ tom, 2 , p. 407,
\                  .                                         faisoit

( 249 )
faisoit aller de pair avec celle de Solingen , établisse- s=^=.---------
ment très-ancien du même genre, qui est situé en Aile- m^uû-hm:^ magne, à six lieues de Cologne.                                 'V'11"1' -V-""
On fait a présent au Klingenthal toutes les bavon- ^uh^!, nettes, lames et montures de sabres nécessaires pour les troupes, les outils à pionniers et tranchans pour le service de l'artillerie, les outils et armes nécessaires à la marine, et enfin toutes espèces -d'armes blanches à l'usage du public. •
Sa Majesté, pour s'assurer de la bonté des ouvrages qui sortent de sa manufacture, y a établi des inspec­teurs, qu'elle choisit parmi MM. les officiers de soi» corps royal d'artillerie, et des .contrôleurs qui sont tires des meilleurs ouvriers de l'établissement."1 Leurs fonctions consistent à suivre la fabrication , à examiner chaque pièce à mesure qu'elle sort des mains de l'ou­vrier, et quand l'arme est entièrement finie, on la soumet, en présence des officiers chargés de l'inspec­tion de la manufacture, aune épreuve très-forte, fixée par des règlemens pour chaque espèce d'armes ; après que chaque arme a ainsi subi l'épreuve prescrite, elle, est examinée de nouveau, et si l'on n'y découvre aucun défaut, l'officier inspecteur y fait appliquer le poinçon de réception ; ceci n'a lieu qu'après que le prix en a été payé aux différens ouvriers qui y ont travaillé. Les lames pour le public sont aussi soumises à l'examen d'un contrôleur particulier, qui leur fait subir une épreuve proportionnée à leur-force,, et-met son pj)în-            cou de réception sur celles qu'il juge de bonne qua-            ', lilè*. Au moyen de.ces précautions, on est assure" qu'il ne sort de cette manufacture aucune lame qui ne soif. ___Partie IF U

( 200 ),
du même calibre , et qui n'ait été éprouvée avec la 1,Manura,cîur(-1 plus scrupuleuse attention.-■■■■
d armes blan- l               r ,
clifs tïu Kiir.- 'xs matières que cette manufacture emploie pour îtfnihaL          sa fabrication sont ie charbon de bois et,celui de pierre,
linn le fer. l'acier et le cuivre ; elle consomme fort peu de
boi-î
n, chni- cliar^0lî (Je bois, qu'elle tire des forets qui l'environ-
cuivrVct ft-r"! nent » ma*s elle"'emploie . beaucoup de charbon de pierre ; elle est obligée de faire venir de Saarbruck celui qui sert au raffinage de l'acier; mais pour toutes les petites forges, qui font la plus grande consomma­tion, elle ne se sert que de la houille du val de Ville ( 1 ), dont elle est éloignée de neuf lieues,
La forge de Rôthau, distante de cinq lieues seule­ment de cette manufacture, lui fournit ses fers , qui sont, à cause de leur corps et de leur grande ductilité, les seuls de la province qu'on puisse employer à ce genre de fabrication. Voici les différentes dimensions de ces fers. On les distingue par neuf numéros, dont le premier a quinze lignes de largeur sur quatre d'épais­seur; le deuxième, treize lignes sur trois; le troisième, neuf lignes sur trois et demi; le quatrième, vingt sur sept: le cinquième, trente-neuf sur six; le sixième, vingt-neuf sur sept et demi; le septième, vingt sur dix-sept; le huitième, vingt-huit sur dix; et le neu­vième, dix-huit sur sept,
A l'égard des aciers, cette manufacture est obligée de hs acheter bruts dans la principauté de Siégen en Allemagne, d'où la fabrique de Solingen (2) les tire
(1)  Voyez ci-dessus, pag. 197 et suivantes.
(2)  So'iiî'^cn s'approvisionne aussi d'acier brut, de gâteaux d'acier, ou suhl-kuchm , à Btndor.T eu Thuringe.

également; mais pour être assuré de la boulé de leur ^—^-■-" fabrication, on les fait raffiner au Klingenthal. L'on- iVanufou.» vner qui les raffine en repond, et il est oblige de rem- tl<>. (h] Kjî placer l'acier de toutes les lames mises au rebut. Le -cut'h;*!. cuivre se tire également de l'Allemagne, ou en fait les montures de sabres.
L'emplacement des difïerens ateliers de cet établisse- Au!;.V.-. ment a près d'une demi-lieue de lojigueur ; on voit dans cet espace quatre réservoirs, huit usines que l'eau fait mouvoir; savoir, deux martinets, un forêt et cinq aiçuî-series, parmi lesquelles il y en a de deux étages; plus. trente-neuf bâtimens particuliers destinés tant au ser­vice divin et aux logemens des personnes employées dans la dite manufacture, cjf^x petits ateliers; le tout appartenant à Sa M uji\ste\-*fon-compris plusieurs bâtimens qui sont en propre aux omriers. Les pierres qu'on emploie pour la construction des feux des diffé­rentes forges du Klingenthal , ainsi que les meules pour les aiguiseries , ne sont aulre chose que de la pierre de sable (i), dont toutes les .montagnes des Vosges sont remplies; elles se tirent du vallon .-même, où la manufacture est située.
La fabrication du Klineenthaî montoit, année côm- vt.ntcnn<v.K mime, pour le compte du roi, de 12*0 à 140.0m livres. Celle pour le public a été poussée , par an .. de 20 k 3o,ooo livres. La .manufacture employoit, vu JTun, OmmU-^. environ deux cents ouvriers de toutes religions et de • différens pays; on y comptait en outre six cents ha-bitans, mais le nombre en est diminué depuis. Kilt*
(ï) Celles pour les aiguiseries sont très-fines, Xvy / p,»^. .'ï, 4, ."î 7 i5 et 198.                                                             B

( 25% )
est d'autant plus précieuse pour le royaume que sa Manufacture situation lui permet de tirer à peu de frais par le Rhin
d'armes blan-              ,            *.,                  .,            .                   . tt
ches du Klin- toutes *es matières premières qui manquent en France, genthal.          et qu'elle est Tunique de son espèce dans le royaume,
de sorte que si elle venoit à tomber, les troupes seraient à la merci des fabricans de Solingen, et obligées de recevoir toutes les lames, bonnes ou mauvaises, qu'il plaïroit à ceux-ci de leur fournir, comme cela est ar­rivé dans les dernières guerres. Le gouvernement pa-roît donc intéressé à donner la plus grande attention pour entretenir dans cette manufacture l'émulation et les règlemens par lesquels on peut, en assurant la bonté des armes qui en sortent, maintenir ses ouvriers dans une honnête aisance, mère de l'industrie. Des difficultés survenues entre M.'Gau, entrepreneur de la manufacture, et MM. les officiers d'artillerie lui ont fait quitter cet établissement , et on prétend que, depuis 1784 jusqu'à la fin de 1787, une partie des meilleurs ouvriers s'est retirée de l'établissement, et que le petit nombre de ceux qui sont restés n^attend qu'une occasion pour suivre l'exemple des autres. J'ignore si ce fait est exact.
Avant la retraite de M. Gau, son commerce étoit tellement florissant, que la franchise de vingt milliers pesant, accordée par arrêt du Conseil , ne sufilsoit pas pour la totalité de.la vente qui se laisoit aux marchands. On assure qu'aujourd'hui les fournisseurs de Paris ne tirent plus de lames du Klingenthal. et aiment mieux les prendre chez l'étranger, malgré les entraves que l'on y a mises. Autrefois les contrôleurs pour le roi éloient chargés du contrôle des lames de commerce, parce

(253) .                              _
que Ton avbit senti que la vente aux commerçans devoit — ~:~--—■-— être l'aliment de la manufacture lorsqu'elle manqueroit , MaiU)fac<ur<*
.                      .           .                           d'armes bbai-
douvrages pour le roi, et que, les usines apparie- ches du;tl. nant à Sa Majesté, il étoit de son intérêt de les sou- ; tenir. Le règlement du premier avril 1784 défend aux contrôleurs pour le roi d'inspecter les lames de com­merce, et à l'entrepreneur d'en fabriquer sans l'agré­ment de l'inspecteur..> quiJui Jîxe Jes ouvriers et les matières qu'il doit y employer. On croit dans la pro­vince que cette disposition nuit à ce commerce.
La concurrence que M. Gau avoit établie avoit fait tomber le prix des lames de fabrique étrangère, de 33 livres 10 sols la douzaine a 12 livres 10 sols. Il avoit par conséquent diminué des deux tiers l'expor­tation en argent que ce commerce faisoit -sortir du royaume; cette concurrence n'existant plus, les fa­briques étrangères ont déjà rehaussé leur prix, qui, si Ton en croit les négocians , ne tardera pas à revenir à l'ancien taux.
Du temps de M. Gau, les bâtimens, quoiqu'ap-partenâns au roi, étoient à la charge de l'entrepre­neur , qui répondoit de la moins value résultante chaque jour de leur usée, de manière qu'après trente années ils représentaient toujours au Roi la même valeur intrinsèque. Ils, sont aujourd'hui entretenus aux frais du Roi, et depuis que M. Gau en a quitté Ten-treprise, il y a été versé des sommés considérables; la moins value produite par l'usée journalière d'usines employées à des ouvrages de force, est aujourd'hui à la charge du Roi, dont la propriété par conséquent diminue chaque jour de valeur.

Je n'ai point parlé, à l'article d'Ober-Ehnheim,du
Martinets à martinet de Bachscheid , qui est situé dans le terri-cuivre du Klin- • i          ,. -m          , •                . , > ai /r ■
"enthal               re de cette ville, et qui appartient a M. Chsinger
de Strasbourg , parce que j'aurai occasion d'en faire mention (1) en rendant compte des étahlissemens de ce genre, que le même propriétaire possède près de Strasbourg. Prétendue Une vieille tradition des ouvriers de la manufacture
mine d'argent ^'armes du Klingenthal , située auprès des bois de
des bois <le _ ,                     ,.;                 , t                                ,
Bersch.           Bersch*, veut quil y ait, dans les montagnes des envi-
'Cftu <u v Aca- rons de cette manufacture, une riche mine d'argent;-
àémk, n°, 163, on sent combien cette indication est vague, liéan-
fol. 5p.            moins elle est confirmée pat les lettres de concession
de M. Gamper.
Mine de fer des Enfin en nous rapprochant des limites du Ban de bois de Bersch. ja Kocjie et cje |^ vallée de la Briisch, nous trouvons dans les forets cjui dépendent de la ville de Bersch, un filon de mine de fer puissant de trois à quatre pieds, partagé par un coin de quartz rougeâtre, ayant pour toit un rocher sablontieux pourri et du quartz pour mur. Le minéral qu'on en arrache est bleu, compacte et solide lorsque le fi ion se rétrécit, mail» très-tendre, et se laissant couper comme de la molybdène lorsqu'il devient plus puissant. Cette mine, qu'on commençoit à peine à exploiter lorsque j'y passai , donnent au fourneau de Roihau,oùon la traitoitde la fonte de la première qualité.
Indépendamment des mines de fer que le Ban de la Roche, les territoires d'Oher-Ehuheim et de Bersch four­nissent au fourneau de Rot hais , on en tiroit autrefois
(1) Voyez ci-dt'ssous, pag. 2.64.

pour cet établissement de Saales,dans le val de Ville
et l'on en prend encore dans les terres de i'évêché de ^aïl"» de
Strasbourg, attenantes au comte du Ban de la hoche; i3rusth_îlu!
J'ai dit ci-devant fi) que le filon des Puits des Huzzarrîs. passoit du Chenot de Rothau à travers la demie, n . u.i\ vallée latérale, arrosée par la Rothaine, ruisseau qui f«i. 5y. sépare les terres de réveché d'avec le Ban de la Roche, et que ce filon se rendoil dans la montagne du Bain- ■Mim-cU-fWc! bois, dépendante de I'évêché, et située en face de celle Bik!li!Ht';-du Chenot. La mine y est de la même nature, niais encore plus pauvre que celle du Puits des Huzzards. Le toit offre du schiste léger et de la minette noirâtre, et le mur du quartz et du schiste compacte. J'ai trouvé , au sommet de cette montagne, des rochers considé- O^i.x i! râbles de feld-spath et de'-quartz-séparés ou réunis, <|Uatî/ ll l[ niais rarement confondus ensemble. Presque toutes uam|K, s% ces grandes masses isoléesdèquariz s'élèvent au-dessus de la (erre végétale ;Teur partie ■inférieure , qui est en­terrée, se trouve communément cristallisée eii prismes hexaèdres, opaques et laiteux, qui ont avec leur pyra­mide Jusqu'à seize et dix-huit pouces de longueur, avec des pans de cinq à six pouces de largeur (2).
(1)   Voyez ci-dessus, pag. 2i5.
(2)   L'un de e es échantillons , que j*ai transporté dans mou cabinet à Paris, offre tin groupe de cristaux de rot iie en prwm•? licNacdrcs irréguliers. Les cristaux , dont le plus gru:- a six j'outf!» de diaiticire surdix pouces de longueur, se sont lbruic.-. .^ir .un gruiijie ci:- 't-lfl-^jî.'ïiîi cristallisé en prismes quadrangulaires lec-Krigulaues, ti^nî 1rs .-:»iimi<Ms sont engagés dans les cristaux de rocîir ; il paioit d'à {■ne.* un reste drempreiitte qu'un de ces prismes de feld-spath a laisse dans .'<■ quart/ , qu'il étoit terminé par un plan rhombuidal , oblicjue a i*a\c un j.i isme. Les cii.?tau\ de feld-spath ont Jusqu'à un pence de diamefie-, u < ii jugeant par les traces'qu'on trouve à !*in(ci:euï" de ce.- ti:.»iiu\ ùv roche, ils avaient au moins quatre pouces de longueur.

.<r*
Vallée de Schirmeck.
A trois mille sept cents toises à IX). de l'importante manufacture du Klingenthal, et dans la vallée de Schir­meck., est la renardière de Grendelbruch, située sur
Renardière de in,-,-                                 . ••                                                 1                                         11                                          j
Grendelbruch. *a Ma£re, a une petite héue au-devant de ia grande route de Grendelbruch, bailliage de Moulzig. Elle est établie depuis environ cinquante ans sur terres de Tévêché, et paie 6 livres de cours d'eau à Févêque de Strasbourg, qui a ci-devant permis d'en faire l'établis­sement. M. François Niahon en est le propriétaire.
Ateliers.            Elle est composée d'un feu d'affinerie et d'un feu
de martinet. On y forge des fers en barres, bandes de roues, tourillons et ^autres fers à l'usage des meuniers; il s'y fait aussi beaucoup d'enclumes de tout calibre pour l'artillerie, des marteaux, fers à frappe, etc. On y consomme de la ferraille et de la vieille fonte. La ferraille se paie 6 livres le quintal, et la vieille fonte 4 liv. 10 sous à 5 livres ; on compte un tiers de déchet.
Charbons. La consommation en charbons monte à cent bannes, à raison de 5o livres la banne. Ils se tirent des bois Vente annuelle des communautés. La fabrication de cette renardière et ouvriers. va ^ cen|. miHjers de fè^ar ^an. Le propriétaire tra­vaille en personne avec dejjx de ses fils et un.valet. Le prix du gros fer est de io livres îo sols le quintal en gros, et î6 livres en détail. Le petit fer se vend 20 livres. L'exportation de la ferraille porte obstacle à l'activité de cette usine.                       '
De Grendelbruch à Schirmeck il y a trois mille neuf cents toises ; ce bourg, situé à IX). S. O. de Grendel­bruch , est traversé par la Brtisch. Avant de faire men­tion de l'établissement qu'on y trouve, nous passerons
îa

la rivière et la vallée qu'elfe baigne, pour parler tks -■■-•^••-—-----montagnes qui occupent une partie du territoire de y1*1»1 <* Sofeinneck. Au lieu detre granitiques, ces montagnes sont schisteuses à leur base et jusqu'à une hauteur assez considérable, quelquefois même le schiste yst remplacé par du véritable irapp (1) , comme je l'ai observé au Donnon ; on trouve, en différons points de ces montagnes , des masses de* marbre dont je parlerai incessamment, et c'est dans ces parties schis­teuses et calcaires que gissent les minerais <Jl- fer dont je vais donner la description. Au-dessus""sont des brèches de cailloux et de la pierre de sable rouge.
Les plus considérables de ces mines soni'si tuées à Mines de
une lieue de Rothau, sur la pente orientale de la eoree fî(> M,' de rramont, qui porte particulièrement le nom de montagne de l'Evêché. Ici nous sommes dans de la pierre à chaux ; aussi trouvons-nous au, lieu des filons du Ban de la Rocîie, une masse ou banc entier, com~ posé-de grands rognons de mine de fer de trois, quatre, six pieds et plus d'épaisseur, dans lequel banc on a déjà poursuivi une galène de deux cent vingt-cinq toises, .etpoussé dix extensions, dont on a extrait une pro-               \
digieuse quantité de minerai. Le toit de cet amas de •mine est une pierre calcaire blanche et tendre, et le
(i) Pendant l'impression île ce volume , j'ai reçu de M. Hermanu, savant distingué et professeur en médecine de l'université de Stras­bourg, une lettre datée du i5 février 1788, par laquelle il me marque qu'il a fait, pendant l'été de 1787, une excursion pour herboriser dans le vallon deHaslach, l'un des embranchemens de la vallée de Schirmeck, et qu'il y a trouvé des montagnes, composées de mauvais porphyre et de trapp brun , e< qu'à l'entrée du vallon il avoit ramassé un galet de quartz , mêlé d'aiguilles de schoërl.
Partie. IV.                                 Kk

(258) r's=s mm* du marbre sauvage. On y trouve de la mine
\aîke de ocreuse jaune, qui "est assez souillée de terre pour exiger un lavage, et de la mine rouge et noire un peu micacée ou ciamertttse, pour me servir de l'ex­pression des mineurs du* pays. La mine ocreuse est ordinairement précédée par de l'argile et du sab'e jaunâtre, et celle de la seconde et troisième espèce s'annonce communément par eje l'argile rouge et un \ muliu noir ou mincjbriilée, brand.
Ces mines ont été fouillées sur difïërens sols. En 1780, on avoit commencé un puits à cinquante toises du grand percement dans lequel on ? atteint tout près du jour de très-bons minerais jaunes et bleuâtres; il y a sur le percement même un puits de trente toises per­pendiculaires du jour au sol du percement ; il sert d'en­trée aux mineurs, et en même temps à l'extraction des matières. Celle-ci se fait dans ce puits par le treuil à manivelles à deux hommes, et par la galerie au
Ouvriers. moyen du chieji hongrois. Il y a en tout huit ou-& vriers, à qui l'on paie 3 livres par eu veau de mine. Lorsque j'y fus on glanoit encore, clans quelques pi­liers de ce banc, la mine que les anciens y avoient laissée.
Mine de fer Les bois de Wisch et les autres terrains de cette corn-<k Wiseh. munauté, distante deScbirmeck de deux mille sept cents toises N. E., renferment aussi des gîtes de mine de fer; mais ce sont ici principalement des hématites rouges ou sanguines, et de la mine rouge et bleuâtre, micacée ou clamereuse. Le village de Wisch appartient à M. l'é-vêque de Strasbourg. On voit dans ces bois un perce­ment de trente toises, à l'extrémité du quel on avoit fait

deux strosses dans le sommet. Toute la galerie est dans : un terrain pourri, argileux et calcaire, et par consé­quent entièrement soutenue pur de la charpente ; on ' n'y trouve que des rognons : ils sont placés sur de la pierre à chaux rude et du quartz ; un.terrain blanc et . savonneux les recouvre- : lorsque ce toit ou cet (e cou­verture se trouve solide, le minerai est très-mince; .s'il est mou, sa puissance s'élève à deuvpieds.
. On avoit encore fait,à la montagne de Passe-Labour, Mine <!r Ai Hc qui dépend aussi du village de Wisch , un percement ' ^'■-f-'knur. de cent cinquante toises sur de la mine pareille à la précédente, dont le rocher latéral, calcaire et argileux, avoit beaucoup de rapport au luihriénwn (1) du Hartz, et dans lequel s'étoit trouvée cette espèce de mine rouge micacée en stalactites pleines de tubes, offrant dans leur cassure des étoiles concentriques et ressemblant à de petits corps vermiculaires écailleux, remplis par la substance même du minéral,^ que}iû -fait connoitre dans les Ecrits de la Société des (unis de la nature de Berlin '2). Le filon du Passe-Labour éloit ordinairement de deux à trois pouces, et s'élevoit rarement à l'épaisseur de huit ou neuf. Souvent le terrain qui traversent ce travail étoit pourri, le danger qui en résulloil, et le peu d'abondance du minerai le firent abandonner.
Il y a un autre travail ancien au-dessous du précé- Mine de fer de la dent, pris sur de la minette, dans laquelle étoii aussi ^a*^-de-k-N-c. de la sanguine et de la miné micacée, qu'on auroil pu suivre en faisant un percement dans la vallée de Ja Basse
(ï) Voyez; les lettres de Trébra ; édition iîançoise, pag. 27^* (2) Tohi. 6 y pag. 365.
Kkij

Va lier d
le
Sthinust k-
Minr de
frr
J: ontainc^.
OU
Moulin à scier
le ittarbrt»
de
Scbiruieck.
( 260 )
Enfin aux Esagcs ou Fontaines, au-dessous de Col-ban , on trouve aussi de la mine semblable, mais on ne l'exploite pas actuellement. M. le comte d'Hérou-ville (1) parie de charbon de terre da_ns.Je territoire de Wisch: je n'ai rencontré personne qui ait pu m'en indiquer des vestiges.
Quelques-unes des niasses de marbre des montagnes de févêché dont je viens de parler, sont exploitées par Mt Parisot, prévôt du bourg de Schïrmeck , qui a établi-à cet effet à Schirmeck même, sur la Brusch,,dès moulins et ateliers à scier et à polir le marbre, dans lesquels il occupe un nombre considérable d'ouvriers. Ce bourg n'est éloigné du Ban de la Roche que d'une demi-lieue. Les marbres qu'on tire des montagnes de Schirmeck, sont de la brèche violette bien mélangée, dont les pores sont serrés, avec taches violettes, blan­ches, brunes, rouges, grises, bleues, vertes, jaunes et couleur de chair ; du bleu turquin, du bleu c'e roi veiné d'aurore, de blanc et de rouge , du blanc veiné de noir, du gris de souris, et du noir veiné de blanc et de rouge. Ils renferment des entroques et des astroïtes. Les car­rières de ces marbres fournissent de grands blocs, sans fils ni poils, et leur grain est très-fin : on en fabrique à Schirmeck des autels, des baldaquins, des colonnes, des tabernacles, des lambris d'église et de salons, etc. des dalles pour le pavé des sanctuaires et chœurs, des cuves pour les fonds baptismaux, des bénitiers, tombes, mausolées, cheminées, cuvettes, tabfes,tablettes, con­soles et mortiers, écritoires, vases, etc. M. le cardinal
(1) Anciens minéralogistes, toœ. 2, pag- 743.
tmpADBD-17.jpg

de Rohan y a fait faire la pyramide"dont il a orné le mausolée qu'il a* élevé à la mémoire de M. le maréchal de Turenne, dans les terres de l'évêché situées en Alle­magne. Le propriétaire de ces ateliers paie une rétribu* tion de 4 fois par pied de marbre brut à M. JVvéque de Strasbourg. Les recoupes de ces marbres serxent ue cas-tine au fourneau deRothau.
Nous invitons-les voyageurs à descendre la vallée de Schïnneck ou de la Briisch . jusqu'à Moutzîg, où elle débouche dans la plaine ; la route de-là jusqu'à Strasbourg est, sans interruption, riante et superbe: niais nous sommes forcés de nous en écarter encore, et de nous porter au couchant à près de dix mille toises .de cette, vallée.
Là se trouve le martinet d'AberschwilIer, situé dans
M.ntinot d*.\-
le comté de Dabo, à une forte lieue N. E. de Saint-Qûirin :
Lottrn-
il a été établi sans lettres-patentes, et paie 6 liv. pour j>Us!
1-----4jrs d'eau au comte de Li n auge* Lepropriétaire est > , .
Dominique Limon , habitant de l'endroit ; ce martmet av«E
*fr
n*a qu'un seul feu, on y affine de la ferraille, qui s'achète fol. sa depuis 4 liv. 10 sols jusqu'à 7 liv. îo sols. Les gros fers s'y vendent i5 liv.; la verrerie de Lettenbach les con­somme; presque tous.
Non loin de-là, dans lé* même comte de Dabo, à-    VaUeV et ver-
peu-près à deux mille cinq cents toises N. E. de Saint-  rerie du Grand-
Quirin, paroissed'Aberschwiiler, est située la verrerie  ^en-thTl S0Î"
du Grand-Soldat, Soldaten-thal, dont l'établissement    r
,           ,                                                            x'                                                        Cartes Je l Aca-
date du commencement de ce siècle, et par conséquent demie, n°. 162, n*a pas été autorisé par des lettres-patentes. Cette ver- à*l- 9& rerie appartient à cinq propriétaires, qui tous y rési- o .^ dent; et elle occupe journellement quarante personnes, ateliers.

( 262 )
■ ' ' '■'■'■i=g Ses ateliers consistent en un four à gobletterie et à bou­sillée du teilles, à douze places , qui sont occupées par MM. les
Grand-Soldat. r , . - . .                            ,               .            . »
frères V ernion pour quatre places, MM. Restignac pour deux places, M. Chatillon pour quatre, M. Raspilier pour une, et MM. le Lin pour une.
Cousoroma- Les cent à cent vingt quintaux de terre à creuset, tjon eu n-ries, qU'ol1 emploie dans cette verrerie, y sont apportés de ai^»y sa »n> yij|eRU0te5 pres c]c Troyes en Champagne, et chaque quintal rendu sur les lieux revient à 4 Iïv. 10 sous. Le sable se tire du voisinage de la verrerie. La consomma­tion en salin se ppfte à mille quintaux, revenant l'un dans l'autre à 26 liv. : on y emploie aussi un peu de Manganèse et cobaltet trente-cinq quintaux de manganèse. Celle qu'on cobalt.            {jre çjg Rjoyrçofrne revient à 11 liv., et celle de la forêt
Noire à 16 liv. La consommation en bois est de mille cordes verrières de seize pieds de long sur quatre de haut, et deux et demie de taille. La corde rendue sur Vente annuelle, place, revient à-peu-près à 6 livres. La province con­somme tout au plus le quart de la fabrication (1) de cette verrerie, dont la vente monte ensemble environ à 60,000 liv.
Les propriétaires de cette verrerie avoient une affectation perpétuelle dans les forêts de Dabo, aux quartiers de Streitwald, Cantzley, Wellerscheid, Lôr-sert, Fischbach , et autres petits cantons cîrconvoisins, ce qui pouvoit faire un objet de trois mille arpens. Ces propriétaires ayant été en procès avec M. le comte de Dabo, pour divers objets, avoient donné à deux de
(1) On paie 10 sous de sortie d'Alsace pour cent pesant, et environ 3 livres de droit d'entrée en France.

. ( 263 )                                     ,
leurs associés, pouvoir de transiger. On exigea pour ter- =====?=---miner qu'ils renonçassent au bail cmphvt^*ttiquc; il est VaiJn- du arrivé de là qujil^ont perdu leur a/leelation perpétuelle; <It>UK "N>!< ■'*% de manière qu'à la fin de la rcAolutio*), qui aura lieu dans trois ans, leur exploitation cessent. 11 n'y a dans-fès bois de Linange-*Dabo que les coupes (ailes par cette verrerie qui soient en bon éiauet un pourmit les recommencer.
Après avoir quitté la verrerie de Soldaten-thal, on M.-minr» de trouve à quatre mille deux cents toises N. C). de Sa\ erne '■' ^<l!t ^ °}1 le martinet de Neudorf, où se fabriquent des outils ' *'U(O1 ' de fer de peu d'importance. Sur le chemin de Wasse-Jonne, celui de Kronenthal , ne mérite pas plus d'at­tention.
A pliks de dix mille toises au N. d'Ober-Ehnlieim . indice de et à mille toises de Saverne, proche la ville de YVasse- fli.-«i'>o»à-\Vas-ionne, on a trouvé dans les vignes, près du vallon du iH'îontK< même nom, des petits frajmieïis de chai'bou de terre , Cj :cs "f ' 't-" parmi des couches d argue noire ; ces indices sont un- w,i.yj. médiatement sous la terre végétale.
Wasselonne , où l'on trouve aussi une source miné- Ville de Suas-raie (î), appartient à la ville de Strasbourg, qui a été
(i)Cestairx ne sont pas médicinales, maïs il y en a à Sulfz, village situe à quatre mille toises au S. S. E. de Wasselonne, à deux petites lieues de Molsheim et à quatre de Strasbourg. La source se trouve dans un pré attenant la petite chapelle de Saint-Amand auprès du village ; on y a établi des haiiw, connus sous le nom de Siâ[%bad% bains de Sultz : ces eaux contiennent de J'air, au carbonate de soude, de la terre caîcaife. du sulfate de chaux, de la terre ferrugî-neuse^très-peu d'acide sulfurique, et quelque peu de bitume , s'il est permis d'en juger par leur saveur et par l'odeur qu'elles exilaient.
On trouve encore à quatre mille sept cents toises, E. N. È. de Wasselonne, à droite et à quelques cents pas de la route de Strasbourg

( 264 )
==== maintenue, par sa capitulation, dans tous les droits Strasbourg, dont e]le jouissoit, comme ville souveraine; elle a par conséquent le droit des rrHnes à Wasselonne.
Après avoir fait ce circuit, nous nous transportons I? directement à Strasbourg , où nous conduit la belle route de Saverne, par Marmoutier et Wasselonne; elle a été nouvellement faite pour éviter la route inontueuse du Kochersberg. Dans la banlieue de cette capitale , d'oùlon compte jusqua Wasselonne douze mille toises, Martinet à existe un martinet à cuivre, qui appartient à M. Œsin-
cuivre.
            n-er, négociant de cette ville, qui est aussi propriétaire
d'une usine plus considérable du même genre, située près de la manufacture d'armes blanches du Khngen-thal, et que nous avons indiquée plus haut (i). Ces deux fabriques consistent chacune en un feu, et les martinets nécessaires pour fabriquer et donner la première façon aux cuivres rosettes, et en faire des planches, barreaux, fonds plats, coupes, baquets, chaudières, martinets, casseroles, bassinoires, tuyères de forges et autres ouvrages. M. (Esinger fournit à l'arsenal de Strasbourg tout ce qui lui est nécessaire, et faîsolt aussi des envois considérables à l'administration des poudres et
k Saverne par le Kochers>erg, àquatre lieues de cette dermère ville , ^t àtroU élément deStrasbourg, les eaux à'A~*am. Le v.llage de ce nom est situé dan An petit vallon, fermé au nord et au couchant llr te collines calcaires , remplies de coquille., et renfermant des ^îleS diversement colorées, La source coule en abondance d un pu, s à l'en rée du vilkge, et son eau fournit au* hesoms des habrtans î'anâlvie chymique y montre la présence de l'ac.de .ulfunque , du Wtume et du carbonate de soude. Guérin, A Fvuèus m^c. AU**.
pag. 9 à 11, 3o----33.
s, pag. 254.                        -
salpêtres

( 263 )
salpêtres à Paris (1). Il importoit une grande quantité -~~—~-— de cuivre dans le royaume, pour les raffineries à sucre Si!ahi«»ur, d'Orléans et autres endroits pour les chaudières des teinturiers et des brasseurs. Dans la dernière guerre, il a fait de très-grosses livraisons à la marine royale.               .
M. Œsinger emploie et refond tous les vieux cuivres de l'Alsace, de la Lorrame, des Evêchés, et en partie de
la Franche-Comté.                 ___
v L'article il de l'arrêt du Conseil du 19 décembre Droite 1704 , porte le plus grand pré|udice aux usines de M. Œsinger. Il fixe 12 livres 10 sous de droits par quin­tal sur l'entrée des cuivres ouvrés, soit en fonds ou en fourrures, soît en feuilles ou en planches ; en ajoutant à ce droit principal les sous pour livre, chaque quintal de cuivre se trouve assujetti à la perception de io' livres 1.5 sous. Cette imposition donne absolument l'exclusion à M. Œsinger, qui, pour environ cinquante milliers, qu'il fkisoit ^tUrer ci-devant dans t royaume , n'étoit . assujetti qu'à un premier droit de. 6 livres par quintal. 11 a présenté plusieurs mémoires à l'administration « , pour obtenir la réduction de ce droit: il y expose qu'il se trouve exclus de toute concurrence avec les étran­gers, qui font entrer des cuivres "dans le royaume à beaucoup moins de frais que lui. En effet les Suisses , notamment les Bâlois, ne paient que les droits de do­maine d'Alsace. Les Impériaux n'acquittent au bureau de Strasbourg , pour les cuivres forgés ,.compris les
(1) Messieurs les directeurs des poudres et salpêtres, ;inx départ e-inens de Paris, de Saumur et de Nancy, attestent par des certificats que, depuis dix et vingt ans, M. Œsmger leur Tait des fournitures., dont ils ont tout Jieu d'être satisfaits, et je puis certifier lu bouté des marchandises qu'il fait fabriquer.                ,
PartieJV.                                  Ll

===== sous pour livre, qu'un droit-de transit de dix sous par Strasbourg. Ctnt, et ils ne paient rien au domaine; enfin les Anglois sont encore plus favorisés, lorsque leurs expéditions se font par un commissionnaire de cetle ville, et passent ainsi avec acquit à caution simple. Pour empêcher que les cuivr*es forgés de l'étranger n'entrent dans le royaume sous la dénomination des cuivres d'Alsace, M.,Œsin-ger propose d'ajouter à toutes ses expéditions , un cer­tificat signé de lui, et contresigné par le directeur des domaines de Strasbourg. Ce négociant, pour parvenir à faire restreindre le droit imposé par l'arrêt de 1784, représente que les propriétaires des fabriques d'in­dienne de la haute-Alsace ont vu leurs réclamations accueillies, et qu'ils ont été exceptés des prohibitions prononcées pour l'importation dans le royaume. II ajoute qu'il est sujet du Roi, "et que si l'Alsace est réputée province étrangère, par rapport Éix cinq grosses fermes , les manufactures de cette province doivent être regardées comme nationales.
Faïences k pot'les.
Dans Strasbourg même , on fait des poêles de
faïence qui s'envoient chez l'étranger. M. Walther, bourgeois de cette ville, a monté pour cet objet trois fours à cuire, un four à calcine, et un pour les cou­leurs. Il consomme environ cent cordes de bois de sapin, à 18 livres. C'est de Hagnenau, de Sufflenheim et de Dambach en haute-Alsace qu'il tire ses argiles qui s'emploient en les mêlant avec du sable. Il consomme environ cinq quintaux de plomb marchand, du prix de 11 à 36 livres, et à-peu-près trois quintaux d'étain , à 1 20 livres le cent. Le produit de cette manufacture ne vest monté en 1780, qu'à 3oo louis. M. Walther>
Vente f

qui emploie dix oliviers, poftrroit en occuper jusqu'à-----—— --* J
quarante, s'il avoit les fonds nécessaires. Cependant la ^i)v-';»> modicité de sa fabrication tient encore à une autre Ou"u"u-' cause : ou ne fait usage que de poêles de fonte dans une grande partie de l'Alsace et dans son voisinage.
On trouve aussi à Strasbourg une fonderie de do- Fondent- dr ches ; elle appartient à M. Edel, qui occupe ordinaire- «l'« Us­inent deux compagnons et deux journaliers. Depuis 1770 jusqu'à 1779 inclusivement, il a été fondu en cloches la quantité de 71,633 livres, pour lesquelles il a été fourni par les communautvs en vieilles cloches à refondre 4^,770 livres; la consommation de nouvelle matière a donc été de 25,863 livres, ce qui fait pour un année 2,586 livjpepuis 1780 jusqu'à ito5, il açété fondu en tout 38,625 livres,pour lesquelles il aété remis en vieilles Cloches 22,310 livres ; il reste pour la con­sommation de nouvelle matière 16,310 livres en six anfm.H faut observer <jtie les deux tiers de ces cloches ont été fondus pour l'Allemagne, et qa'il y a encore en Alsace d'autres établissement de ce genre; savoir, à Çolmar, Ribcauviller, Saverne, Weissembourg, Landau, sans compter les fondeurs non établis dans la province qui fondent les cloches dans les villages. Depuis l'amiéj 1770 jusqu'en 178*5, il a été fondu en cloches pour la ville de Strasbourg, y compris celle dé"Saint-Tho­mas, pesant 7,225 livres, 8,687 h'vres de matières, dont il faut déduire 8,408 livres en vieilles cloches, de sorie qu'il n'y a que 2/5 livres "de,consommation pour seize années (1).
(1) Fn 1706, il eu a éle! fondu une pour la cathédrale de* Slnis-tjiii cloit n-peu-près du même calibre que ceHr de 6t. Thomas.
L 1 ij

( 268 ) — Pour ces ouvrages, le maître suffit, assisté d'un
Strasbourg, journalier. Pendant quatre journées seulement, un plus grand nombre de bras est nécessaire.JDeux jours avant de fondre, il faut enterrer les moules, et quatre jours après la fonte, il faut déterrer et retirer les cloches de la fosse. Ces deux opérations exigent les forces. de plusieurs hommes. Le bois qu'on emploie pour fondre Ja matière, monte ordinairement à quatre cordes, parce que les.-7,163 livres pour une année ordinaire , sont fondues, à plusieurs reprises. Si l'opération se faisoit d'un même feu, il-ne "faudrait qu'une corde et
* ,           demie.
A Strasbourg le métal de cloche est composé de cent parties de cuivre rouge et de vingt-cinq d'étain d'An­gleterre. Ordinairement avant de fondre les cloches, on . . '           fait l'alliage déjà nouvelle matière dans un creuset au
■feu de charbons animé par le soufflet; il en faut pour cela et pour d'autres petits ouvrages en bronze envi­ron trente mesures par an: la mesure comprend trois caisses carrées de trois pieds de largeur sur dix-huit pouces de profondeur.                                    .
M. Didier, autre fondeur de Strasbourg, ne se mêle pas de la fonte des cloches; les principaux objets dont il s occupe, sont des ouvrages fins, coulés en sabie, ciselés et dorés , et ornemens en bronze pour les­quels il emploie autant de charbons et d'ouvriers que M. Édel.
Ancienne tré- Derrière le polygone, à une forte lieue de Strasbourg, f ne'            il avoit été établi par M. Bernard une tréfilerie qui tiroit
ses fers des forges de la basse Alsace, que nous décri­rons incessamment; mais cet établisseiiieiït ne s'est pas

soutenu^ et il a été converti en un moulin à garance, -~~--—-^.~-qui se trouve dans le canton nommé la Gantzan.          Strasbourg.
La route de Strasbourg à Hagueriau offre un grand f,„,,■'„ ;i!;i!. nombre de fours à sécher la garance: l'un des plus con- «ance. sidérabies se voit près de l'ancien couvent de Stephans-feld, à un quart de lieue du village de Brumath , distant de huit mille huit cents toises N. de Stras­bourg. Ce village lui-même renferme beaucoup de ces ^ fours.
Il existoit autrefois à Brumath un martinet peu MaViiuet de important, où l'Ai affînoit, comme à ceux dont j'ai parlé dans le cours de cette description , de la vieille fonte et de la ferraille : il est détruit depuis plusieurs années.
Il seroit naturel de faire mention ici des terres à
faïencedu finage de NiéderschrefFelsheim; ce village étant f!e porcelaine sur la route de Brumath à Haguenau, et à deux mille Vn* '
"            '                                 «IJiaguenau en
neuf cents toises N. de Biumath ; mais comme nous Basse-AJs
ace.
aurons occasion de le citer, en décrivant les manufàc- Canes de, tures de Hagueuau, nous passons tout de suite à cette i-m!c-> "*■ ville, disjante de Brumath de six mille toises N. N. E., et "° ' ^' de'Niéderschseffelsheim de trois mille cent toises N. E. Haguenau, ainsi que ses environs, est, par sa situation, susceptible à tous égards, de recevoir des établissemens . de commerce en tout genre. Conduits avec l'économie, la sagesse et l'activité nécessaires, ils ne peuvent man­quer de devenir également avantageux au public, aux entrepreneurs et aux nombreux habitans de ce canton. C'est à îfaguenau même, et-dans ses environs, qu'a pris naissance la culture et l'importante préparation tîc sarance de la garance : j'aurois dû'inscrire ici le nombre de *""" îburs employés à sécher cette racine et le bois qu'ils

consomment, mais cela varie suivant les récoltes : il
Haguenau. sut c|e ^\re qU'j| v a ei] jes années où il a été vendu pour plus de 1,800,000 liv. de garances fabriquées en Alsace , et cette culture se seroit plus constamment soutenue, si cette production n'étoit pas soumise .aux mêmes droits d'entrée que les garances étrangères. Il arrive que la Hollande , dans les. années où la récolte des garances réussit chez elle, en envoie en France une grande quantité , qui s'y répandent facilement par la Seine .. la Loire , la Garonne, etc., tandis que celles d'Alsace, ne pouvant être voiturées que par terre, demeu­rent invendues. L'établissement que M. Hoffmann a créé à Haguenau et auprès* et qui depuis a passé en d'autres mains, est des plus considérables.
Manufacture Feu M. Hannong père, qui réunissoit toutes les con-3e porcelaine, nofssances, les talens, le goût et l'expérience désirables pour la fabrication de la porcelaine et de la faïence, fit son premier établissement à Haguenau, il y a cinquante à soixante ans; il l'eût continué et étendu avec les plus grands succès, si un refus, alors bien mal entendu de quelques faveurs et de quelques exemptions , ne l'eût dégoûté de l'Alsace en général, comme de la ville de Haguenau en particulier. Ses fils héritèrent de ses con-noîssances et même de ses secrets ; mais ils ne furent pas assez heureux pour imiter leur père dans sou éco­nomie et sa sagesse, et moins encore dans son goût, qua­lités sans lesquelles aucune manufacture de cette espèce ne pourra jamais prospérer. Quoi qu'il en soit, les évé-nemens fâcheux, qu'éprouva le cadet des fils de M. Han-nong, qui avoit monté une manufacture très-co-flpidé-rabie, ayant assuré sa chute prochaine ; feu M. Anstaett,

qui avoit vraiment des taiens naturels et des connoîs- ~-------~-
sances précieuses, acquises par ses voyages et ses Haguenau. travaux dans différentes manufactures de porcelaine , M. Anstaett, qui avoit été pendant plusieurs années, un des principaux coopératenrs de la manufacture de Niédervillé, saisit le moment critique où la manufac­ture de Hannong à Haguenau étoit en fluctuation, et* ~ vint présenter le prpjet-de- fermer son établissement en cette ville, à M. * Volet ,>chevalier de Saint-Louis, officier retiré avec une ceftaîne^fortune, et à M. Barth, ancien contrôleur-général des domaines et bois d'Alsace. Tous troisïîrent l'acquisition d'une maison appartenante en toute propriété à des gentilshommes de cette ville, mais sur laquelle il va une rente foncière de quarante florins, faisant quatre-vingt livres tournois à titre de             \
fief, dont jouissent MM. les barons de Krebs et consorts. Cette rente est non-rachetable, à moins que de l'agré­ment du roi on ne puisse parvenir à la transférer sur un autre fonds ou sur une communauté. MM. Volet et Barth fournirent, indépendamment des hàtimens, tous les fonds nécessaires pour monter une manufacture eu porcelaine et en faïence ; elle commençoit à rouler avec avantage, lorsque plusieurs événemens fâcheux menacèrent d'une destruction prochaine cet établisse­ment naissant. M. Volet, déterminé par des considéra­tions personnelles, désira de quitter Haguenau . et par conséquent de retirer ses fonds. M. Barth étoit décidé à retirer les siens , dès que M. Volet ne continueroit plus à s'intéresser dans la manufacture. Pour accorder            r
les intérêts divers , on vendit le tout à feu M. Anstaett, c'est-à-dire remplacement, les bàtimens, les moules

laguenau.
et tous les ustensiles, ensemble les marchandises fabri­quées avec les approvisionnemens pour la somme d'en­viron 60,000 livres. Ce marché venoit d'être conclu, lorsque se fit la vente judiciaire des marchandises de Hannong : une grande quantité de porcelaines et de faïences se vendit à bas prix dans les environs; il en résulta dans le débit de M. Anstaett une stagnation ruineuse, II ne lui fallut pas moins payer les intérêts du prix de son acquisition, entretenir les ouvriers, et soutenir une très-nombreuse famille : tant d'embarras et de chagrins le conduisirent au tpjiiheau, à l'âge de cinquante ans. Il a laissé une femme et dix enfans, dont aucun n'est encore établi; et pour surcroît d'infortunes, les inondations de 1778 et 1779» oji^jnon-seulement endommagé considérablement leurs J^iKimens' :~ encore gâté des r chômer les fabrications pendant plusieurs mois; cepen­dant malgré tant de désastres la veuve continue avec ses enfans à faire rouler, le mieux qu'elle peut, sa manu­facture.
Elle consiste, indépendamment desappartemensd'ha­bitation et des magasins de toute espèce , en quatre grands fourneaux pour la faïence commune blanche, un fourneau à calcine, un grand fourneau à porcelaine et deux moufles.                                                     *
Cette manufacture consomme par an, mille à douze cents cordes de bois de vieux chêne, cîe pin, de tremble et autres bois blancs qu'elle tire des adjudications des coupes de la forêt royale, et dont chaque corde livrée 9aux hangards-de la manufacture, revient à-peu-près à 10 et 12 liv. Si la fabrication en porcelaine devenoit plus
forte,
Ateliers.
Consommation en bois.
tmpADBD-18.jpg

:■■;■ ■.:■■. ; ;•                                                              f
forte, et le débit seulement égal à celui qji'avoît la ====™
flibrique de Hannong, la consommation du bois aug- Hagufnau.
menteroit de deux tiers et plus. Les propriétaires de
cette manufacture désireroient obtenir, dea bontés du
Roi, une affectation annuelle de 12 àj5oo cordes,
à un prix modique, dans les cantons de la forêt de
Haguenau voisins de cette ville.
La terre grise, pour la fabrication de la faïence ordi- En t«w. naire, est tirée, de la banlieue d'Haguenau, et le quin­tal livré à la manufacture revient de deux à trois sols; elle en consomme à-peu-près mille à douze cents. Elle tire en outre une terre rougeâtre de la banlieue de Niéderschceffelsheim, village dépendant de la grande préfecture d'Haguenau (1), situé à cinq quarts de lieue de cette ville: cette terre étant mélangée dans une pro­portion connue avec la terre grise d'Haguenau, sert avec beaucoup de succès à la fabrication d'une vaisselle de faïence qui résiste au feu. Le quintal de la terre de Niéderschaeffelsheïm revient, livré à la manufacture, à 4 sols environ : il s'en consomme deux cents à deux cent > cinquante quintaux par an. Cette esuèce de faïence est due, dans ce pays, à l'industrie de feu M. Ans.tae.tt.
On ne consomme point de salins à cette fabrique, En sel. mais du sel blanc ordinaire, tiré du magasin de'la Douane de la ville, où le quintal coûte de douze à treize liv. Elle en emploie vingt-cinq à trente quintaux par an. Le plâtre se prend aux carrières de vVallenhemi dans En plâtre. les terres du comté de Hanau, bailliage de Bruinât h, distant de quatre lieues d'Haguenau. Le chariot de pierre
(1) Voyez ci-dessus, pag. 269.
Partie IF.                                  Mm

( V4)
—----------== à pîàtre brute, livré aux ateliers de la manufacture, où
Kaguoiiau- ces pierres sont ensuite cuites , pilées et préparées,
revient à-peu-près à quinze livres ; ïLfaut environ
cinq chariots de ces pierres par an. Ce sont des màr-
En nain et chauds de Strasbourg qui fournissent Tétain, le plomb
p O1UJ*             et le minium : on n'use point de mine de plomb
grise à la manufacture d'Haguenau. Le quintal d'étain
y revient de 122 à 120 livres, et ou en consomme
vingt cinq à trente quintaux par an. Le quintal de
;                 plomb coûte 3o liv. ; on en emploie au moins cent
vingt quintaux. On ivy en consomme que dix à douze
de minium, dont chacun coûte dix à douze sols. La
pierre dont on forme l'émail de la faïence, est tirée de
Niédenvillé dans les Evêchés, distant de quatorze à
quinze lieues de Haguenau. Il en faut par an neuf à
% dix voitures, dont chacune coûte 3o à 33 livres.
Ouvriers,           Cette manufacture emploie une vingtaine d'artis-
tes , et une dixaine de manœuvres. La veuve Anstéett veille à tout et répond aux magasins. De ses dix enfans, les deux moins jeunes, l'un âgé de vingt et l'autre de dix-huit ans, conduisent les ouvriers, font les dessins et préparent les couleurs ainsi que For , en quoi ils réussissent très-bien, parce qu'ils ont été instruits par leur père. Le fils aîné dirige particulièrement les tour­neurs , parmi lesquels il s'en trouve un fort habile. Il y a aussi à cette manufacture un mouleur consommé, et un excellent peintre et doreur. Le second fils de la veuve Anstœit s'adonne à la peinture, et commence à avoir des succès. Les mouleurs sont payés par pièces, le principal gagne 6 à 700 liv. par an ; il en est de môme dÉs tourneurs. Le premier peintre gagne environ 8 à

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900 livres. Les autres beaucoup moins. Les ouvriers == du second ordre sont pavés par semaine, à raison de '*' 5, 6 et o livres. Les manœuvres , à raison de 4 livres
10 sous.
En revenant maintenant sur nos pas, et nous por- Mines de fer tant au N. et au N. O. de Bruinât h, nous tombons entrain*. dans une étendue de collines formées de dépôts limo- O-tes&r «-neux et argileux que les mers ont ci-devant accumules .., ,
0           '                                                                  fol. yj.
au-devant des collines calcaires des Vosges. C'est dans ces dépôts, qui succèdent aux galets rôUlés de la plaine, que nous trouvons les mines de fer en grains (1) qui alimentent toutes les forges d^la basse-Alsace et celle de Moderhausen en Lorraine.
Avant de lire la description que je vais en donner,
11  faut voir les différens articles que M. de Buflbn a insérés dans son histoire des minéraux sur les mines de fer en grains erï général, sur leur formation et leur propriété, la manière de ies^ laver et de les traiter, sur leur produit , etc. Cette, partie .est faite de main de maître (2).
Les mines de fer en grains de la basse-Alsace sont
jjjji nombre de celles que M. le ,Comte de Buflbn