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DES |
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GITES DE
MINERAI, |
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E T |
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DES BOUCHES A
FEU |
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DE LA FRANCE. |
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TOME S
E C O N I). |
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SECONDE TOURNÉE |
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^ Equidem ità sentio
, peculiarem in studiis causam eorum esse, ^ qui
, dtfficultatibu$ victis, utilitatem juvandi
praetuler^unt gratiae ^ placendi. ^
Pline, lib.
i. |
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D E S
C R I P T I O N
^
DES
GITES DE
MINÉRAI,
FORGES, SALINES,
VERRERIES,TRÉFILERIES, FABRIQUE$ DE
FER-BLANC, PORCELAINE, FAÏENCE, etc. |
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DE LA HAUTE ET
BASSE-ALSACE.
Par
M. le Baron DE DIETRICH,
Secrétaire général des Suisses et Grisons, Membre de l'Académie
Royale des Sc^iences, de li Société Royale de Gœttingue et de celle des
Curieux de la Nature de Berlin, Commissaire du Roi à la
visite des Mines, des Bouches à feu, et des Forêts du
Roya^ume.
![]() |
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A PARIS,
C^ ^ Didot, le
jeune, Libraire-I^mprimeur, quai des Augustins.
^ Didot^, fils aîné, rue Dauphine ;
Cuchet, rue et hôtel
Serpente
A STRASBOURG, Chez T R e u
t T F L , Libraire. |
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E
L'IMPRIMERIE DE M O
N S I E U R. M. ])
C C. I, XXXI X.
AVEC APPROBATION, LT PRIVILÈGE DU ROI. |
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PRÉFACE.
L£ volume que j'offre au
public, est le second^ de ^na Description des gites de mînérai et des
bou-ches à feu duRoyaume : il contient le rapport de ma tournée en Alsace.
Je traiterai de la Lorraine dans le troisième volume, qui est actuellemenl
sous presse.
Avant la création des assemblées
provinciales, il rTexistoît en Alsace aucune division qui pût fournir un ordre méthodique à ma description
; et celle des s'*x districts, dans lesquels elle vient
xTèire partagée, n'est pas encore assez invariablement établie
pourque j'aie cru devoir l'adopter. Les élections, les sénéchaussées et
les bailliages rovaux y sont
inconnus ; et les justices seigneuriales s* v trouvent en trop
grand nombre fet sont d'une- étendue trop inégale,pour former des sections
convenables. D'ailleurs il en est beaucoup, sur-tout du côté de la plaine,
qui ne contiennent rien de relatif à cet ouvrage. L'ordre géographique
seul me restoït, et je l'ai simi,
Ce second volume formera les
troisième et quatrième parties de cet ouvrage; je décrirai la
Haute-Alsace dans Tune, et la Basse-Alsace dans l'autre. Les us ines et
les bouches à feu de la Haute-Alsace étant presque toutes situées dans les
Vosges , il m'a été facile de suivre Tordre de leur division naturelle en
vallées. Ainsi après avoir donné dans la troisième partie une idée
générale des Vosges, |
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et quelques détails sur le comté
de Férëtte, les environs d'Altkirch et de Belfort, et sur
quelques procédés propres à améliorer la fabrication du
fîl-de-fer, je parcourrai la vallée de Giromagny, d'où je
passerai successivement dans celles de Masevaux, d^Saint-Amaria, de Thann,
de Sultzmatt, de Munster, de Ribeauviller et de la
Petite-Lièvre. Cest dans cette dernière que se voient
les fameux travaux de Sainte-Marie-aux-Mines. Leur histoire
très-détaiilée termine cette partie de l'ouvrage.
Cet ordre ne pouvoit être suivi
dans la description des usines et des mines de la basse-Alsace
; et j'ai été contraint de me borner à en rendre compte suivant leur
situation du sud au nord, parce que , le plus grand nombre d'entre elles
ne se trouve pas dans les Vosges même, mais dans les collines qui sont en
avant de cette chaîne de montagnes. Cette quatrième partie de mon travail
offre des notices sur Fancienne manufacture d'acier d'Alsace qui
existoit à Darabach ; on y lira aussi la description des usines,
houillères et fabriques du val de Ville, de celui d'Orbéis, du comté du
ban de la Roche , de la vallée de Schiruieck et du Klinccenthal. J'y
parlerai des batteries de cuivre des environs de Strasbourg, des
manufactures de porcelaine de Haguenau , ues nombreuses mines de fer en grains, des mines de plomb, et
des forges, salines ,
vitriolières , fabriques de pétrole , et verreries situées
dans la partie septentrionale de la basse-Alsace; enfin je terminerai
ce volume par des observations sur la
cueillette de |
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l'or que cliarie le Rhin ; et
pap-fluelques réflexions sur la jurisprudence des mineft en Alsace,
et sur rinfluènee que l'administration doit avoir sur leur
exploitation.
■ ,
J'ai déterminé la direction et
les distances respectives ôes lieux , par la quantité de
toises qui les sépare, d'après les échelles des1 cartes
de*YAcadémie , et j'ai eu soin de nommer toujours ,1a paroisse
où sont situées les usines (1).
Le nombre eV l'importance des
diverses exploitations que j'ai vues en Alsace, me semble devoir
rendre ces parties de mon- ouvrage plus variées et pïûTlnféressantes que
celles qui ont déjà paru. On y trouvera les plans des importans
travaux de Phenrringthurn à
Giromagny, et de Surlatte au val de Lièvre,levés par MM. Duhamel et
Mallet, ingénieurs de l'école royale des mines, dont je m'empresse de
louer iei le zèle et les talens.
On
trouvera dans cet ouvrage les arrêts en vertu desquels les mines ont été concédées,
ou les établissemens formés, et
j'ai cru devoir y Joindre les titres qui ont accordé à leurs
proprié* taires des
privilèges et des faveurs. J'ai pensé qu'en réunissant ces pièces éparses, je rendois un
égal service à
l'administration,aux propriétaires et aux jurisconsultes.
(i) J'ai fait placer en marge
des notes qui indiquent les cartes de l'Académie, sur lesquelles se
trouvent les lieux décrits ; ceux à côté desquels \ï^ n'y a point
de marginale, appartiennent à la carte pré* eédemment marquée: je regrette
de n'avoir pas songea ces additions 3 en publiant ma
description des Gîtes de minerai des Pyrénées. |
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En m'abstenant de parler des
contestations particulières , je me suis attaché à rendre compte de
celles qui intéressent le droit public du royaume ou de la province
.d'Alsace. J'ai rapporté impartialement les moyens des parties
opposées, sans donner mon avis sur l'objet de leurs
discussions.
J'ai fait connoître les motifs
des jugemens qui ont été rendus, et je n'ai rapporté de;s différente*
transactions, que celles qui ont. été passées entre les propriétaires
relativement an droit d'exploitation.
Les consommations en matières
premières , surtout en charbons, sont par-tout indiquées; j'ai dit
quels sont les moyens d'approvisionnement en bois de chaque usine; à quels
droits elle est assujettie; le-nombre des ouvriers qu'elle emploie, et le
montant de sa vente annuelle; j'ai présenté les résumes de ces
détails dans trois tableaux : les deux premiers offrent l'état général
dv^ mines de la province, et le troisième, celui de ses
usines.
Elirait des registres rie
l'Académie des Sciences.
3
MM. LavoLier et d'Arcef , qui
avoient été nommés commissaires pour examiner la Description des
gîtes de minerai-, forges, salines , \cirerics , tréflleries , fabriques
de fer-blanc, porcelaine, faïence, etc. de la Haute et feasse -
Alsace, par IVI. Je Baron de Diefr-ieh , i-uemUre <Ie l'Académie, en
ayant (ait leur rapport,
l'Académie a jugé que cet ouvrage méritoit d'être imprime sous son
privilège, et avec son approbation ; en foi de quoi j'ai signé le
présent certificat. A. Paris, le i5 novembre 178c!..
Signé, le marquis de
Condorcet , Sccr. Pçrp. de
l'Académie.
DESCRIPTION |
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DESGRIPTjOfn
DES MINES
E T DE S
fr^^C^H E S À FEU DE LA HAUTE-ALSACE.
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T R 01 S^ E M E PART I E. |
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Après
avoir fait connoîtreles mines que
renieraient ■
On sait aujourd'hui qu'il
existe une très-grande analogie entre les Alpes du Dauphiné, de la
Savoie, de la Suisse et4es Pyrénées.
Elles se ressemblent par leur fbrme, leurs roches, les plantes qui y
croissent et les
(1) M. Darcet, discours en forme dé dissertation
sur Fétat actuel
des Pyrénées et sur les causes
de leur dégradation. Paris, 1776.
v „
(2) Notice de quelques'minéraux des Pyrénées;
Journ. de physique, tom. 26,
pag. 427, et traité sur les mines de Ter et forges du comté de Foix.
■-.-»'
(3) Essai sur la
minéralogie dçs. monts Pjrénées, suivi d'un cata-jpgue'de plantes
observées dansées montagnes. Paiis^iySi.
Partie 111.
A |
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/ f, bh.
) |
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~ animaux qui les
habitent; il y a même quelque rapport dans leur élévation et le séjour
permanent des glaces. Sans prétendre qu'il y ait dans les Pyrénées des
sommilcs égales en hauteur au mont-Blanc, au Schreckhorn, au Grimsel,
puisque les observations les plus récentes (1) ont constaté que les plus
hautes Pyrénées .ne. s'élèvent pas au-dessus de dix-huit cents toises, des
observateurs éclairés croient cependant pouvoir avancer, que la masse
générale des Pyrénées est aussi haute que celle des Alpes. II y a dans les
premières un plus grand nombre de montagnes plus* facilement accessibles à
de grandes hauteurs que-dans les autres (2), parce que les glaces
n'ont point eu, pour s'y étendre, des points d'appui tels que les hautes
cimes que nous venons de
, citer, et que les glaciers s'y
trouvant moins vastes, les neiges n'y descendent pas si bas. Aussi n'y
a-1-il de glaces permanentes dans les Pyrénées qu'auprès des plus hauts
sommets.
L'état de destruction qu'offrent
les points les plus élevés des Alpes et des Pyrénées , n'a échappé
à aucun observateur, et s'il en est qui ont cru remarquer
que |
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(1 M. Béboul de Pézénas , dans
un voyage qu'il a fait à Paris cet le année, a lu à l'Académie royale des
Sciences deux mémoires relatifs à l'élévation des plus hautes sommités des
Pyrénées, particulièrement de celles des environs de
Barrèges.
(2) M. Ramond de Carbonnières,
si connu par la manière dont il a voyagé en Suisse, a parcouru à pied la
plus grande partie des Pyrénées. Cet observateur, aussi éclairé
qu'infatigable, auquel aucune science n'est étrangère, est occupé de la
rédaction d'un ouvrage, dans lequel il espère prouver d'une" manière
incontestable l'analogie des Pyrénées avec Jes
Alpes. |
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plusieurs des substances dont elle font comp? siv.s .
==—■■==■---■
affectent par-tout une
direclion et une inclinaison se m- !l'-'Miti!
li !J
blables
(t) , Ions du moins
s'accordent à assurer avec
moi que-Tordre dans lequel ces
substances "se succèdent
depuis
la plaine jusqu'au centre de ces montagnes, n'a
aucun
rapport a\ec celui que MM. Pallas et Kerbtr
ont
observé dans d'autres montagnes dé 1 Europe e? dr
. En donnant la
description des bouches à feu et ilis f-*'- v> -' mines de l'Alsace et de la Lorraine, nous
parcourront-en tout sens ies Vosges (2), qui, du sud-au nord,
séparent ces deux provinces. Nous-ne retrouverons pas ici les mêmes rapports qu'entre les
Alpes et les Pyrénées; car quoique les Vosges, ainsi que Jes montagnes de
la Forêt-noire qui leur sont
parallèles, aient, éié consi-
'
dérées
comme des branches prolongées de l'extrémité septentrionale des Alpes de la Suisse ,
plusieurs caractères
principaux doivent les faire regarder .comme -une classe de montagnes distincte!»
de celles qui forment leur
souche apparente.
Plusieurs
savans ont parlé dc^ Vosges:" les uns se. sont bornés à en faire connoîlré la
topographie (3). les autres se sont principalement attachés à
décrire leurs eaux minérales (4).
Quelques ouvrages nous ont donné
(1) Dans une des séances partjculioies do
l'Académie royale des Sciences de cette année; M. l'abbé Palasso a lu un
Mémoire, dans lequel il
s'attache à prouver cette assertion.
(2) Vaûges ,.\ osges ou
Vôges , en latin fvçcsus mens, J'ossgus çjltus , Erernus.
•
a
-
(3) La MartiniÈre,
Dicùonnaire géoprapbi<ji,ie,
etc.
(4) Rœslin,
de la^situation dee Vosges, des
minéraux, des eaux
/*■-;■ ^
Aij' |
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( 2
Us.)
= une idée générale de leurs
productions (1). Il en est qui l>$- contiennent des
fragmens concernant leur lithologie (2).
Les minéraux qu'elles
renferment (3) ont été, de même - que l'exploitation de leurs forêts (4),
l'objet de quelques
observations éparses ; enfin ,
un de nos savans les a
considérées dans leur ensemble,
sans s'occuper des
«Jetails qiiellëiT.nous
offrent.
Nous venons de dire que la
hauteur des Vosges différait de celle des Alpes et des Pyrénées : en effet
elle n'excède nulle part six cents toises,
communément |
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minérales, et des denrées qu'on
y trouve5 particulièrement de la source minérale de Niederbronn. Cet
ouvrage a été imprimé en allemand , à Strasbourg , en 109.5, in 8°. " GcÉRlN , dissertatio chemico-niciica., de
fgntlhus medicaris Alsatm.
Nous ne nommons pa* ici les
auteurs qui ont écrit séparément sur des fontaines minérales particulières
de la province. Nous omettons également ceux qui n'ont traité que*
d'un objet de minéralogie détaché, parce que nous les citerons à mesure
que nous aurons à parler des lieux que concernent leurs
remarques,
(t) SCUŒPFLIN, Alsatïj. illustrata,
tora. 1 , p. 1—3i.
Busching , Géugraphie universelle ,edit. franc, de
1770, tom. 4, pag 426 et suivantes.
(2) Gcettard, p. xxvj de la préface du
premier volume de ses Mémoires sur différentes parties des sciences et
arts ,*tlécHt les pierres de sable, mo asss ou mouillasse,
qui forment la majeure partie des Vosges : il fait mention au rafrae lieu
des galets roulés que cette pierre renferme souvent ; de spath fusible, de
stéatite, etc.
(3) Monnet. Voyez son Atlas
minéralogique et son Exposition des ruines.
De
Sivry , Observations minéralogiques sur
les Vosges et sur l'Alsace.
(4} Guettard, Mémoire sur la mauvaise
exploitation des bois dans les Vosges , t. 2 , pag. xxs de l'ouvrage
cité.
(.5) M. l'abbé Chappe d'Auteroche. V^vage en
Sibérie, tom. 1, piéf. pag. v. |
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.( 3 )
e\k n'est que de trois à
quatre cents, souvent de deux cents;
et à mesure qu'on se rapproche de la plaine, Les elle
diminue jusqu'à soixante. La végétation se maintient par conséquent à
toutes les hauteurs dans ces montagnes, et Ton n'y rencontre point, comme
dans les Alpes , des régions où elfe cesse ; seulement elle perd
quelquefois de sa vigueur sur les sommets les plus élevés, où les chênes
et les sapins restent toujours nains et rabougris.
$
La
haute Alsace compte au nombre de ses pins hautes montagnes, le ballon de Murbach ,
qu'il ne faut pas confondre
avec le ballon de Giromagny ; le Hoheneck, d'où l'on aperçoit les sources de
la Moselle et de la Fecht
; et le Bonhomme au couchant de Kaysersberg. La basse Alsace range dans
cette classe la *
Sainte-Odille, le Champ du-fèu et le Pigeonnier près de Weissembourg.C'est
à la Sainte-Odille, placée près d'Ober-Enheim, qu'affluent principalement
les curieux qui désirent
prendre une idée des Vosges et du coup-d'œil dont on y jouit : les
prétendus miracles de la Sainte qui lui donne son nom, rattachement que lui
portent les habitans de
Strasbourg, accoutumés à consulter de chez eux l'état du ciel à son sommet, parce
qu'elle est située au S. O. de
leur ville ; quelques traces d'antiquités romaines, la proximité de la plaine * les
belles routes et le beau pays
qui y conduisent de toutes parts, lui attirent cette
préférence.
Le champ-du-Feu, dans le ban de
la Roche, s'élève à l'opposite du Donnon, montagne du pays.pie Sàîm.,
principauté d'Empire enclavée dans les Vosges ; la hau-
A iij |
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( 3 lis.)
===== leur de ces deux
montagnes paroît absolument la même.
Les Vosges. \
es géographes appellent le Donnon , moul-dv-Vcr ou
F m mont ; les uns font dériver ce nom des mines de fer qu'on y
trouve, et les antres des restes d'un monument placé au haut de cette
montagne, et qu'une tratliliôn fabuleuse fait passer pour être le tombeau
de Phara-mond. M. l'abbé Chappe a déjà observé que les Vosges sont, en
généra!, plus escarpées du côté de l'Alsace que du coté delà Lorraine:
leurs vallées principales > celles qui, partant du centre de la chaîne,
ont leur ouverture immédiate dans la plaine» suivent-quelquefois leur
direction, ou la traversent obliquement; d'autrefois elles prennent
leurs cours perpendiculairement à cette direction . sans en affecter
aucune.
flLes plantes, dont les Vosges
sont couvertes de toutes parts, établissent entre elles, les Aipes et les
Pyrénées, cette différence remarquable, qu'on n'y aperçoit aucune de ces
cimes en ruine, dont celles-ci sont couronnées. Si Ton y remarque quelques
traces de désordre, ce n'est que dans le voisinage des torrens, ou bien
sur quelques pentes rapides exposées au nord, où la végétation n*a jamais
pu être assez prompte pour s'opposer à l'action des eaux qui déplacent
fréquemment les roches , dont la surface de ces pentes est jonchée. Les
sommités des Vosges se terminent presque toutes en plateaux arrondis:
vucs.de la plaine, elles ofirent un rideau couronné de festons, et non ces
pics hérisses qui frappent l'œil, lorsque de loin on considère des chaînes
plus élevées. La largeur des Vosges est proportionnée à leur hauteur;
six, huit à dix "heures suffisent pour la franchir, |
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(4)
tandis qu'il n'en faut pas moins
de vingt-quatre, trente --=?■=.— ou quarante pour traverser {es Pyrénées
ou les Alpes. Li* ^ Dans celles-ci la pierre de sable
rouge est peu commune; elle constitue au contraire la majeure partie des
Vosges: on peut même en plusieurs endroits les parcourir dans toute leur
largeur, sans y rerrp^nher d'autre espèce de pierre (î). Les bancs en sont
poî^Tordmaire stratifiés horizontalement depuis la base jusqu'au sommet,
dans un ordre plus régulier qu'on ne l'observe des autres* roches qui
forment les grandes chaînes,fcet les* galets roulés que
renferme cette pierre, se retrouvent jusqu'aux cimes les plus élevées. On
voit rarement des montagnes calcaires dans l'intérieur des Vosges; et
quoique des masses de marbre qui contiennent des corps marins, se trouvent
quelquefois dans des montagnes schisteuses situées vers leur centre, il
n'en est pas moins vrai que la pierre à chaux, souvent criblée de
coquillages, est presque toujours réunie dans les collines placées
au-devant et sur toute la longueur de la chaîne des Vosges. Au contraire,
la pierre à chaux se rencontre fréquemment, et forme des montagnes
entières dans plusieurs points de la largeur des Alpes et des Pyrénées, et
jusque dans leurs parties les plus hautes.
Le schiste, le granit, et les
roches composées de quartz, de mica, d'argile, de fèld-spath, ne se
trouvent pas généralement dans les Vosges, On les rencontre en certains
cantons seulement, et presque toujours vers leur centre (2}.
,
(1) Voyez dans la table
les mots Pierre de s.ibli et Carrière.
(2) M. le comte de Buffon
, dans ïe cinquième volume du supplément à son Histoire naturelle,
pag. 279, a rapporté une note qui |
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(4
= Les gîtes de minerai s'y
montrent moins riches, moins Les Vosges, abondans à la surface des
.terrains que dans, les Pyrénées et les Alpes; mais ils s'y
soutiennent plus en longueur et en profondeur : on arrache du sein
des Vosges des mines de vitriol, de pétrole, de charbon, d'ucre :
l'argent, le cuivre, le plomb, le fer, l'arsenic, le cobalt et le
zinc s'y montrent minéralisés sous une multitude de
formes.
L'habitant des Vosges travaille
par goût aux mines; il porte le vêtement du mineur allemand. Comme cet
habillement est inconnu dans le reste du royaume, et qu'il seroit utile
qu'il y fût adopté, je ne crains pas d'être trop minutieux en parlant de
ses avantages. Ce qui tient à la conservation des hommes est toujours
important, et le devient encore plus lorsqu'il s'agit d'un ^wail qui
les expose à des dangers continuels. Sujet
lui a été communiquée par M.
l'abbé Bexon , le i5 mars 1777, concernant les Vosges. Elles y
sont définies comme étant » des montagnes >• primitives, toutes
composées de matières vitrifiabîes et cristallisées, » granits, porphyres,
jaspes et quartz, jetés par blocs et par groupes » et non par lits et par couches. Dans toute cette
chaîne (y est-il dit) " on ne trouve pas le moindre vestige de productions
marines et les » collines qui en dérivent sont du sable vitrifiable.
«
En comparant cette note avec
les observations que je l'apporte ci-dessus, il est facile de voir en quoi
les faits qu'elle renferme, s'éloignent de ce qui existe réellement.
Considérer les montagnes de pierre de sable des Vosges, comme des collines
qui dérivent de cette chaîne, c'est prendre la partie principale pour
l'accessoire; et c'est aller trop loin que de dire qu'on n'y yoit point de
vestiges de pétrifications. On Terra à la page 260 de ce volume qu'il
s'y en trouve.
Il me paroit démontré queMes
montagnes de pierre de sable et de granit des Vosges sont du même âge. Si
on lit les preuves que j'allègue
au soutien de cette opinion, pag. 209 jusqu'à :n,on sera peut être porté à
l'adopter avec moi. |
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(S)
.
à se heurter avec violence
contre les traverses d'e tan- =£= ronnage ou contre les rochers saiilans des
voûles sur- iv baissées , le mineur des Vosges
porte un bonne t de feutre épais, rond et élevé, qui préserve
sa tel e. Contraint d'appuyer
son dos eonire les parois r routes souterraines qu'il se fraye, i\
se garantit de l'humidité
continuelle du rocher, par. un fort" tabliei 7
de cuir qui pend
suf-sës-fë
Les Vosges ne présentent pas
d'aussi grandes masses que les Alpes
et les Pyrénées : on n'y retrouve point ces aspects affreux qui retracent, l'idée du
cahos (î) ,
(î) Les Vosges n'ont point
au-devant d'e'les , ni dans leur sein, de traces d'anciens
incendies souterrains , quoique, dans les icnip.î les plus reculés, il y
ait eu des volcans enjbrasés au pied tles
«uni- |
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■ ( 5 In,
)
mais elles ont assez de majesté
pour faire éprouver cet Oagt:" enthousiasme qu'excitent tous
les grands objets de la nature. Elles réunissent aux beautés des colosses
que nous leur opposons, des charmes qui leur sont.propres, et l'état de
stabilité dans lequel la végétation les maintient, présente l'image
du repos. Soit que des crêtes de leur lisière, l'œil parcoure les
richesses de la plaine; soit que des points les plus élevés de leur centre
il contemple les sommités qui l'environnent, ou qu'il plonge dans les
vallées sur lesquelles il domine, il embrasse de toutes jferts des
objets magnifiques, et d'un accord si parfait, qiîe l'ensemble de leurs
tableaux rians. ^
ou sauvages n'inspire jamais qu'une douce
admiration.
En effet, voit-on des sommets
de quelque autre chaîne de montagnes , une chaîne parallèle et un grand
fleuve roulant à ses pieds, terminer ensemble une vallée longue de
quarante lieues, large de neuf, qui, par la multitude de ses
clochers, annonce" son étonnante population , et dont les cultures
variées et la fertilité prodigieuse ne le cèdent à aucun pays "de
l'Europe ?
Au faîte des Alpes, et des
Pyrénées l'immensité est à vos pieds. L'homme, aussi peu fait pour la
mesurer de ses regards que pour l'embrasser de sa pensée, se sent moins
ému de plaisir que frappé d'éionnemeiit : et si fatigué du
spectacle vague des plaines saîîS limites , il se tourne vers le dédale
des entassemens gigantesques |
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tasnes de la "Forêt-noire, et
par conséquent très-près des Vosges. Voyez mon mémoire sur les volcans du
Brisgavv dans ie dixième voîunie1*1îes'vSava!is
étrangers.
1 |
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{(>)■
qui l'environnent, sansdotite
il découvre de grands efiels, niais des pans de rochers suspendus, des
blocs éno- nies Lcs y!Siits-détachés, des étangs placés, des marais, des
tourbes, le froid !e plus
piquant, des brumes qui s'accumulent et menacent de l'envelopper,
dos torrens fjiii se
précipitent , le plus profond silence, la nature morte enfin.; tout
lui imprime ia tristesse et l'efiroi : isolé dans ["univers, il se
hâte -de-foiï-4es—Fées--sourcilleux qu'il n'a gravis qu'au péril lie sa vie(i), il oublie ses faillies et court retrouver des
hommes.
Quand des
sommités les plus élevées des Vosges, nous apercevons la foule de leurs
croupes entées les unes sur les
autres, un spectacle moins vaste s'offre' à nos regards, mais il est grand encore; et
loin que ses beautés fassent naître la terreur, on regrette de ne
pouvoir prolonger le jour
pour les admirer plus long-temps. Aux pieds du spectateur, les trois règnes
et les arts s'accordent
pour animer l'espace qu'il contemple, et si les * montagnes dérobent quelques objets à sa
vue, les bruits lointains et
variés lui en décèlent l'existence. Au chant . du coq. à la voix des cliiens, aux
mugissemens des troupeaux et
aux sons harmonieux des instrumens champêtres qui les
rassemblent, il ■recoimoît des fermes et . des hameaux. L'intensité et la".fréquence
plus ou moins grande des coups
frappés par les marteaux des grosses et des petites forges, lui indiquent
la direction et Féîoi- |
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(i) Je ne parle ici qu^8e ces pics qui ne sont
confins que de quelques
bergers, des clfasseurs de chamois tt des naturalistes les plus intïë{mk% , de ces pi/s, dont on
n'atteint le sommet qu'en armant ses pieds de crampons, ou en les chaussant
de sandales de sparierie. |
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'
(6
bis.)
■- .
—
= gnement du lieu d'oii ils partent, et le genre de
travail
Les "S
oegrs. c]0IIj. on sy
occupe. II distingue le moment où ces pesans marteaux pétrissent des loupes, pièces ou
globes enflammés , de
fer encore impur, d'où ruisselle de toute part le laitier embrasé. Il reconnoît
l'instant où le forgeron
coupe la pièce en lopins, où il étire des barres, où il consolide des soudures ; enfin celui
où le marti- |
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neur façonne les fers en
carrilio |
os |
, en verges
rondes |
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ou crénelées.
Chacun des sommets sur lesquels
il plane , ne lui présente qu'une immense touffe isoléeV variée à Fin fini
dans sa verdure; par-tout le sol est couvert de chênes, de charmes, de
hêtres et d'innombrables tiges presque contigues de sapins et de pins,
dont l'élévation le dispute à ceux qui peuplent les forêts du nord.
Si le bûcheron fait retentir' les vallées de la chute de ces futaies
une verdure plus fraîche remplace bientôt la verdure qu'il a détruite. Les
fougères, le genièvre,;Ies houx, les genêts , les trembles, les érables et
les bouleaux qui s'élèvent rapidement protègent les nouveaux germes.
Lorsque les jeunes pousses de chêne et de hêtre sont à une certaine
hauteur, on nettoie les forêts de tous ces bois blancs et de tous les
arbustes qui pourraient les empêcher de prendre leur essor, et alors ces
arbres tutéiaires tombent sans rien diminuer de la beauté du coup-d'œil.
Telle est la manière d'exploiter les bois dans la plus grande partie des
Vosges de l'Alsace, à l'exception des cantons peuplés de sapins que
l'on préfère de couper en jardinant. Ce n'est jusqu'à présent que dans
quelques parties des Vosges de la Lorraine, que l'on
a |
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; ■ :
'
(?) ■
a introduit les coupes en taillis à de couries
révolutions.
Dans les cantons où les pins
abondent, on voit s'élever la fumée de's fabriques de térébenthine et
de goudron, et par-tout on aperçoit celle des fours où Ton cuit le
charbon.
La manière dont le charbonnier
des^osges amène ses bois sur les emplacemens où il établit ses fours,
offre tin spectacle peu connu dans tout le reste de la France. Pour faire
descendre les bois des pentes escarpées siir lesquelles il se trouvent
répandus, il emploie des traîneaux : c'est un moyen économique et
prompt, mais . dangereux. Celui qui les conduit rie peut être qu'un homme
très-fort ; on le nomme schliltetir. Il trace un chemin étroit, le
garnit de rondins peu distans run.de l'autre, les enduit de-graisse,
charge un traîneau d'une * demi-corde, ou de plus d'une voie de bois, se
place dans les brancards, descend rapidement sur les rondins gîissans , et
n*a qu'a peine le pouvoir de s'opposer à l'accélération de la vitesse avec
laquelle le traîneau le poursuit. Il est curieux de voir un schlitteur
descendre une côte rapide, mais on ne peut le suivre des yeux sans effroi
; s'il néglige un instant d'user de ses forces, il est vaincu par la
charge qui le pousse, sa chute est nécessaire, le traîneau se
"précipite par-dessus lui, le brise, et sa mort est presque
certaine.
Au centre des forêts, se voient
de notibreux châteaux forts, dispersés dans toute l'étendue des Vosges ;
déplorables monumens des guerres féodales, ils servent au moins à
rendre plus pittoresques les sites qu'on découvre du haut de ces
montagnes. Quelques-uns de ces
Partie III.
B |
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( 7 bis,)
=====
châteaux plus vastes, conservés pour la défense des Les Vosges, frontières; sont entretenus par
le roi, occupés par des garnisons nombreuses ou seulement gardés
par quelques invalides. Ces
enceintes, ces fossés, ces ponts-Ievis, forment au tableau que je trace une ombre
d'autant plus forte, que ces
tristes demeures renferment des prisonniers d'état, et, qu'on ne peut écarter de
soi cette idée douloureuse,
que l'homme seul porte des chaînes jusqu'au faî(e des montagnes, ce dernier
asyle de la liberté.-La hache
ci-t-elle détruit dans un canton jusqu'au germe des bois, de gras pâturages
recouvrent bientôt la terre, de nombreux troupeaux y paissent au milieu
d'une fouie de plantes (1); des fermes et des chalets, où tout respire la propreté, leur assurent
un' asyle: des guérets
fertiies et des moissons dorées décorent des lieux inaccessibles (2) à la charrue, et
l'industrie des plus
intelligens cultivateurs , les anabaptistes et les moines (3), féconde la terre jusqu'aux
plus grandes élévations,
Les résidences de plusieurs
princes souverains de l'Empire, celles de M. l'évêque de Strasbourg
(4),enfin
(i) On en compte plus de quinze
cent cinquante variétés.
(2} Sur toutes les grandes
élévations et les pentes escarpées de ces montagnes , où il y a des
cultures, la terre est labourée à la bêche. Dans plusieurs cantons , les
montagnatds brûlent les gazons et les arbustes, et défrichent péniblement
une portion de terrain pour jouir d'une ou deux récolter, et le laisser
reposer ensuite neuf années. t
Cette espèce de culture a particulièrement lien au Ban de la
Roche., 4
où ces terres, ain^i"cultivées
, portent le nom de tripoux.
(3)
Ils y cultivent du bîé noir, du
seigle, de l'prge, du maïs, deô pomme.-;
de terre et du trèfle
1
(4} Sur
une des Vo-gts df la haute-Alsace, pçjp de la ville de Ribcauvviller est située l'antique et
pittoresque résidence de la maison |
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(8)
■ '
pins de soixante-dix chapitres
et monastères sont dis- ^
perses dans l'es Vosges ; leurs
vastes bâtimens avania- l-c* v°
-geusement situés , forment (1rs masses saillantes sur les côtes qui
dominent la plaine, comme siir celles qui régnent le long des vallées. Les
chapitres des Vosges sont célèbres dans l'Europe. Le désir.de soutenir
l'éclat des familles, y rapproche du montagnard, le plus simple, mais
aussi le plus ignoré des hommes, ceux que les actions de leurs aucêtres,
le temps et l'opinion ont le plus
illustrés. '" ' ' .." "*
Les monastères ne sont pas les
seules ressources que les Vosges offrent aux personnes religieuses;
plusieurs de leurs chapelles y attirent en pèlerinage ceux qui ont des
fautes à expier, ou des vœux à former.
Du sommet de ces montagnes on aperçoit moins
des Deux-Ponts. À l'entrée de
ta vallée de la Brû'sch , ou de Schirmeck en basse-Alsace,'se trouve le
château de Moufzig, maison de chasse de M. l'évêque de Strasbourg-; non
loin est un grand parc iiioniucux , peuplé d^ cerfs et de sangliers. Peu
au-dessous de Moufzig, une-partie cîes eaux de la Briisch, qui arrose la
vallée de Schirmeck, forme-un canal, par lequel on conduit à Strasbourg
des bois, di>s pierres de
taille et d'autres matériaux. Plus au nord , et au pied de nos
montagnes est le célèbre palais de Saverne, dont M. le cardinal de
Rohan fait reconstruire la superbe façade, plus magnifique qu'elle n'étoit
avant d'avoir été incendiée. Le parc de Saverne, moins grand que celui,de
Moutzig, est aussi moins monlueux : il renferme un haïras, une
faisanderie, des roules bien percées, une foule de. daims , diverses
pièces d'eau , mais sur-tout un canal ", long d'une lieuè, orné de
cascades et d'un kiosque élégant construit] dans une île, et terminé par
un riche village qui offre un point de vue q.i'on regrette au canal de
Versailles.
Enfin, plus au nord et peu
au-devant de la chaîne, est le château de Bouswiller, ancienne demeure de
la maison de Hesse-Darmstadt. |
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( 8 bis.)
===== de
torrens impétueux que de nombreux ruisseaux et Les Vosges, rivières qui, paraissant dans
les vallées autant de rubans déployés au loin avec grâce,
concourent à enri-?
chir
le délicieux pays qu'elles arrosent
Si la nuit, plus tardive, sur
les hauteurs , investit tout-à-coup celui qui se fîôit encore, sur son
élorgne-ment, si elle le surprend errant dans quelques gorges, lorsqu'il
veut descendre dans ces charmantes vallées, des feux variés qui de loin se
découvrent, déterminent ses pas incertains. Un œil exercé distingue
aisément à la fixité de la lumière, à la couleur, à l'élévation des
flammes et des ^étincelles, les fours à cuire de la brique et de la
chaux) les verreries, les fourneaux et fonderies, et les fèu^4l'affineries
si nombreux dans les Vosges. Plus d'une fois ces fanaux des vallées m'ont,
dans une nuit obscure, préservé des précipices qui m'environ-noient, et
m'ont indiqué Fasyle que je clierchois.
On voit dans les Vosges
plusieurs lacs : du côté de l'Alsace les principaux sont îe lac de
Baeîchen ou du ballon de Murbach, au pied de la montagne du même nom; les
lacs noirs et blancs du val d'Urbeis et le lac de Diren dans le va! de
Munster (1). Le lac de Baeîchen ou du ballon de Murbach, a
cinquante-quatre'pieds de profondeur au milieu, et quatre-vingts à sa tête
(2), Du côté de la Lorraine on
remarque les lacs de |
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(i)La ville de Coimar a
obtenu,en 1748,1e droit deconduireles eaux de ce lac dans la Fecht et dans
le ruisseau du Moulin ^Muhlbach, lorsque ces rivières
tarissent.
(2) Des vents yïolens firent*
déborder ses eaux, en 1740 j la ville de Giiebwiller et le village
d'Iseqheiin furent en danger. |
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Retournenier, de Longemer et
de Gerardmer. Je ne nomme pas les étangs nombreux qui se trouvent
dans les Vosges; plusieurs d'entre eux seroient assez vastes pour être
considérés comme des lacs, si leurs digues étoient
naturelles.
/.escarpes, les perches et les
brochets que ces éta-ligs renferment, sont portés dans les réservoirs .du
Rhin, et de plie, où on les fait dégorger, et au bout d'un mois., ces
poissons ont si bien perdu leur goût bourbeux , qu'on les vend comme provenant des
eaux vives de ces fleuves.
Les ruisseaux et les rivières
des Vosges fournissent aussi des truites et des ombres ou umbles
délicieuses, et des écrevisscs superbes. Je ne parle point
des-poissons blancs qui *f abondent.
x
fè'ours, l'aigle (1) et le
vautour ne désolent point le berger des Vosges ; leurs oiseaux de proie
sont Fépervfer,'différentes espèces de faucons, la chouette et le hibou.
Les loups ne s'y voient point en si grand nombre que dans les Pyrénées; la
chasse y est moins pénible; le chevreuil s'y plaît ; sa ,peau est d'une
utilité presque égale à celle'du chamois; mais la chair du chevreuil
est infiniment plus estimée.
Le cerf y est rare; l'ardeur'des
chasseurs à Ié poursuivre, en a presque détruit l'espèce.
/
* Le sanglier n'y est pas assez multiplié pour
causer
—-------.------_—----___----------------\_-----__
(i) 11 n'est cependant pas sans
exemple qu'on en ait vu qui ar>pa-renmient s'étoient
égarés. |
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( 9 -bis. )
de grands dégâts; la peau du
renard, celle de la loutre , Les Vosges. <ju
cha+ sauvage, de la martre, des furets et des
belettes, que rassemblent nos montagnards, leur fournissent
un objet de commerce cie quelque importance. Le lièvre, rare dans les
hautes Pyrénées et les Alpes, abonde dans les Vosges. Les ramiers de
celles - ci sont les palombes des premières. Les bécasses leur sont
communes. La perdrix blanche qui n'abandonne point les neiges, n'est
pas plus belle qu'un coq de bruyères ; et les personnes accoutumées au
gibier fin /préfèrent aux bartavelles des Alpes, les gelinottes de
l'Alsace et de la Lorraine. -
Enfin, l'habitant des Alpes ne
boit que les vins délicieux récoltés au pied de la pente extérieure
des Vosges, où des ceps d'une hauteur extraordinaire donnent au
vignoble l'apparence d'un épais taillis.
Ne comparons pas l'habitant des
Vosges au montagnard des Pyrénées ; c'est au paysan des Alpes qu'il
ressemble ; il a le même attachement pour le sol qui l'a vu naître; il
est, ainsi que lui, grand et vigoureux, soigneux et propre, simple dans
ses mœurs , confiant et hospitalier , intelligent et laborieux. Comme dans
les x^ipes, il élève des bestiaux,
recueille leur lait et leur
crème, en fait du beurre et des fromages; distille le-fruit du
merisier (i) ; file du coton et en fabrique des toiles. Comme dans les
AIpes%, il porte chaque année, au haut des pentes, les
terres que les
(i) Le produit de cette
distillation est la Kirchenwasser. |
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( «>)
eaux ont entraînées au bas de
ses champs : par-tout
on admire le soin avec lequel
il entretient des coin- Lts Vosges, munications; elles sont
telles, que le charroi est généralement établi d'un endroit à
l'autre. Survient-il quel-, que orage qui dégrade les chemins, bientôt les
dégâts sont réparés, ; et luttant ainsi constamment contre les irruptions
des eaux, leur ennemi le'.plus redoutable, nos montagnards, savent les
détourner avec une intelligence étonnante, pour féconder
leurs prairies et les faire servir de moteurs aux différeras
tournans des usines, si nombreuses dans les Vosges, quegj#<pïupaf t de
leurs vallées n'offrent plus une seule chute d'eau qui soit libre. Quelque
spéculation utile* détennine-t-elle à former sur un courant un
établissement nouveau ? On ne peut en
exécuter le projet, qu'en s'emparant de la place d'un établissement
plus ancien.
Jetons
un-coup d'œii rapide sur les ateliers qui doivent leur activité aux rivières des
Vosges, en passant sous
silence ceux dont nous avons déjà fait présumer, l'existence. Ici de fortes
scies débitent en flaches, en madriers, en planches et en lattes des
pièces de bois énormes.
Ailleurs des lames réunies dans un seul châssis, scient en autant de tables le
marbre, le porphyre et
le granit. Plus bas la faîne, la noix, les graines de pavot et de navette ou çoisat , d'abord
écrasées entre deux rouleaux,
puis broyées sous des meules, pressées enfin par des coins qu'enfoncent
des pilons, laissent couler
ces huiles diverses, qu'on sert sur nos tables, ou qu'on brûle dans nos lampes et
dont la peinture retire tant
d'avantages. |
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( io Lis.
)
^=^r~r=r-^= Telle est la rareté
des chu les d'eau encore libres, que Los Vosges, souvent le même courant
sert à moudre la farine et que la mouture de ht garance suspend la
fabrication des huiles.
La racine des garances est
séchée dans des étuves chauffées par des fours construits en berceau et en
spirale, et /ormes par l'assemblage de quelques milliers de ■ petites
caisses de terre cuite. On étend la racine sur plusieurs étages de
planchers, formés seulement de lattes peu espacées. Lorsque les racines de
l'étage inférieur, îe pius,près des fourneaux, ont perdu toute leur
flexibilité, qu'elles craquent et cassent dans la main qui les manie,
ou les sort de Fétuve r ?t celles qui éloient étendues
au-dessus viennent les remplacer. Le fléau brise et réduit en brins les
racines séchées,. et quand l'ouvrier a fini de les battre, il en sépare
par le crible et le triage à îa main, tout ce qui leur est étranger. Ainsi
préparées, un cylindre de fer hérissé d'aspérités, et qui tourne
rapidement sur son axe, enlève à ces racines leur épidémie qui
fournit au commerce ie son de garance. Cette opération faite, on étend ces brins
dépouillés, sur une toile qui recouvre un four construit en dos
d'âne, où le itu est vivement poussé; parfaitement séchés ces brins
passent une première fois sous les meules, qui écrasent la partie
e^érieure et charnue, qu'on enlève et qu'on met à part sous le nom de
garance robbëe. Alors il ne reste plus que la partie ligneuse du centre,
et celle-ci, pulvérisée à son tour,
donne la fleur de |
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garance. |
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Dans d'autres vallées les maillets et les couteaux
de |
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(11 )
papeterie, triturent et
affinent des drapeaux ou chiffons.
Près de-là, une multitude
d'énormes tenailles et de tourniquets forcent le fer à traverser des
filières pour le convertir en fil de tout calibre.
Plus loin, l'eau fait mouvoir
tes marteaux de fabriques de fer-blanc.
Ailleurs encore, les boccaids
et les lavoirs préparent à la fonte les minerais divers, et trois marteaux
d'une forme différente, levés parle même arbre, convertissent le cuivre
rosette en feuilles minces et. unies et en coupes dont on façonne, dans
les villes, des chaudières et d'autres ustensiles.
Enfin dans une de ces vallées,
une foule de meules est employée à fabriquer, pour le Roi, des armes
blanches , et difFérens outils qui servent à la guerre.
Tous ces objets réunis, des
routes superbes (i), qui
suivent le pied des Vosges, d'autres qui les traversent par des coudes et
repiis formant des rampes douces qui dominent Tune sur l'autre, des
ressources de toute espèce, de bons gîtes, des chevaux qu'on peut se
procurer presque par-tout ; ne devroienl-ils pas engager les
citoyens, et inviter les étrangers même à y diriger leurs courses
et leurs voyages. Lçs uns apprendroïent à ne pas regarder comme des beautés
particulières à la Suisse y |
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(i) On compte dans les Vosges
treize grandes routes : savoir, celles de Giromagny , de S«iint-Aniarin ,
du Val d'Orbe, du Val de Munster, de Sainte-Marie-aux-Mines, du Val de
Ville , de celui deSchirmeck, de Dabo, de Saverne , de Rorbach , enfin
celles de Niederbionu et tic YVcissembourg h
Bitche. |
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( il bis.
)
celles qui sont si
universellement répandues dans les Lt-3 Vosges. Vosges: les autres y
tronveroient une instruction nécessaire : ils y prendraient une idée de
toutes les branches d'industrie qui peuvent fleurir par les
soins des montagnards.. La culture , plus rare dans les montagnes que dans
la plaine, laisse des bras libres qu'on peut employer avec avantage: en
hiver sur-tout, il n'y a point de travail pour leurs liabitans. L'argent
y étant moins commun, le prix des journées y est aussi plus bas. Je
me bornerai à citer quelques exemples frappans de l'étendue qu'on peut
donner dans les montagnes aux fabriques qui exigent beaucoup de main -
d'œuvre. A l'une des extrémités des Vosges (i) , est une vallée
entière qui ne tire sa subsistance que de la fabrication de carrés de
clefs de montres. L'aptitude de ses habitants pour ce genre de
travail, est telle , qu'ils mettent dans le commerce ce petit meuble à un
prix dix-huit fois inférieur à celui auquel nous l'achetons en détail,
quelque modique qu'il soit (2).
Le travail, en petit, de
l'acier et du laiton , leur est si familier, que plusieurs d'entre eux en
font, comme à la Chaudauve , toutes les pièces d'une pendule , qu'ils
savent même les assembler, . et fournissent de cette espèce d'horloges ,
le pays d'alentour. Un seul regard favorable de l'administration, fèroit
bientôt partager |
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(1} Cette vallée est celle de
Planchez-les-mines qui forme du côté de la Franche-Comté, le versant
opposé aux montagnes d'Auxelle-haut près Giromaguy.
fi) Ils vendent 55 sous
la grosse de douze douzaines de carrés de clefs, tandis qu'avant eux on
l'achetait 8 à 9 livres de l'étranger. |
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/ " /
( 12
)
a/cette vallée le commerce d'horlogerie de la princï-
- ■ -------
pauté de
Neufchâtel, vu elle a puisé le^ éléinens de Les
Vosges. |
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|
/-■ cet
art. |
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' Par une singularité
remarquable, les verreries placées à l'extrémité opposée des Vosges ,
fournissent le royaume de verres de montre, qui, polis et taillés, ne
se vendent que 21 à 22 livres le
mille , ce qui ne fait pas six deniers la pièce (1).
Les
SuiS5es,\nianqnaTTt"dcr^)ras, ont établi dans les Vosges la
filature- du coton : dans plusieurs de leurs vallées , c'est la
Wuleoccupation des femmes- et "des enfans pendant l'hiyer ; chaque
individu gagne depuis cinq jusqu'à dix sou\ par jour* suivant le degré de
perfection qu'il atteint ;çm en fait dans différens endroits
des toiles superbes et^e la mousseline, et il s'en faut bien que nos
montagnards puissent suffire à la consommation des belles fabriques
d'indiennes de l'Alsace , à l'établissement desquelles tes progrès de la
filature ont donné lieu. Sans cloute les assemblées provinciales
établies en Lorraine et en Alsace , vont fixer leurs regards sur ces
objets divers ; sans doute elles s'empresseront de répandre dans les
Vosges ces métiers , qui augmentent si considérablement Je produit de
la filature; sans doute leur œil vigilant va s'étendre sur tous les genres
de cultures et sur toutes les parties des arts utiles.
Dans la
description que je vais donner des gîtes de minerai et des bouches à feu de l'Alsace,
je suivrai
(?) "Voyez ci-dessous,pag. ?>6(i el
,'x5y , à l'article de la vprre-ue de Wingen , et dans la cinquième partie ceux
des verreries de Mey sent bal et de Gœtzcnbruck en
Lorraine. |
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(12 bis. )
Los Vosges. sj
j'en sors quelquefois , ce ne sera que pour
m'arrêler dans les collines calcaires qui sont au-devant, ou pour faire
vers la plaine des excursions, qui m'y ramèneront toujours.
Forge de Vab- C'est au-dehors
des Vosges, dans le Sundgaw (1), fort deLucelle. avant
tjans ja piajiie,
qu'e toit placée la forge de Luceîle, de 1 ,-ica- je
prenijer objet dont je doive faire mention , d'après
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e -, V
TG. |
l'ordre que je me suis prescrit.
Cet établissement, qui |
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n'existe plus, étoit auprès de
l'abbaye de ce nom qui se trouve à l'extrémité la plus méridionale de
l'Alsace, à 11800 toises sud de la ville d'Altkirch et à sept à huit
lieues sud-ouest de Hunïngue. Cette abbaye avoit obtenu , au mois de
février 1681 (2), des lettres-patentes registrées au Conseil souverain
d'Alsace le 24 mai suivant , portant permission d'établir des usines à fer
dans ses dépendances. Elle n'a pas joui longtemps de cette faveur :
soit que ses bois n'aient pas suffi à leur aliment , soit qu'elle ait
trouvé, pour eux des débouchés plus favorables, il y a long-temps qu'elle
en a fait cesser le travail.
Martinet de Lucelîe dépendoit
autrefois du comté de Ferrette , Redersdorff. cjans
lequel nous passons, pour parler d'un martinet
établi au village de Redersdorff, distant de Ferrette de 1000 toises , et
de Lucelie de 0400 toises N. E. Cet atelier peu important, renferme deux
feux, et appartient à trois ou quatre paysans de l'endroit,
asso-
(1) Le Sundgaw comprend principalement les
bailliages de Ferrette, Thann
, Altkirch et Landser.
(2) Voyez le recueil des Ordonnances d'Alsace, loin,
i , pag. 100.
cîés |
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|
ciés pour ce travail: ils y refondent eux-mêmes de
'
vieux fers, dont ils font des outils de charrue, et des
Martinet de
,
i
-v,
1-1
■Redorsdoiff.
bandes en paquets pour les
roues. Nous n évaluerons pas en détail le produit d'objets aussi peu
considérables ; nous les porterons seulement en masse dans le tableau
que nous joignons à cette description.
L'usine la plus voisine de ce
martinet est la forge Foige de 6e'-de Sépois-le-haut, éloignée de
RedersdorfF de 7700 p<>^-le-l».<ut. toises O. N. O. paroisse de
Sépois-le-bas, seigneurie de Dattemïed ou de Dell , bailliage de Belfort.
EHe appartient à la veuve de Philippe Regard , du même endroit. Elle est
affermée pour trois cents livres à Laurent Giro et consors. De ses
deux feux , l'un qui. sert de renardière et nouvellement construit sans
lettres-patentes, travaille de la ferraille qu'on achète à six livres
le cent ; l'autre , destiné au martinet, convertit en petit fer, le fer en
barres qui provient de l'affinage de la ferraille , et celui qu'on prend à
la forge de Sépois-le--bas. La toise
de bois de quatre pieds de taille sur six de long et six de haut ,
y coûte dix livres. Le charbonnier en emploie deux pour la banne,
dont on lui paye trois livres de façon , sans compter la
voiture qui'revient au même prix.
A cinq cents toises N. 0.
seulement de la forge Forge de Sé-de Sépois-le-haut., est celle de
Sépois-le-bas, paroisse Pols"l<?-bas. du même nom
, subdélégation de Dell. Elle appartient à M. Surteau , associé en
commandite de M. le baron de Landeberg, seigneur de ce lieu. Cette forge,
qui étoit établie avant la réunion de. l'Alsace à la couronne, n'a par
conséquent pas eu'besoin d'être autorisée-par lettres-patentes. Elle est
composée d'une aflïnerie et |
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( >4 )
============= d'un feu de
martinet : sa fabrication monte à cent
Forge de Se- quatre-vingt
milliers à-peu-près. Ses fontes , qu'elle tire
v°la"
e" as* du fourneau des Travaux en Franche-Comté,
lui reviennent , rendues sur les lieux, à quatre-vingt-trois livres.
Il s'en consomme environ deux cent cinquante milliers. On compte à cette
usine treize cent cinquante livres de fonte au mille de fer, et quatorze
cuveaux de charbon, dont
l'approvisionnement total peut aller à deux cent quarante bannes.
La banne, de cent pieds cubes et de douze cuveaux, revient à vingt-quatre
livres. Les seigneurs de Marimont et les particuliers voisins fournissent
les bois dont on cuit ces charbons ,' pour lesquels on ne brûle que-des
fagots xie hêtre et des re-manens de sapins.
Cette forge occupe trois
affinenrs forgerons, deux martineurs, deux goujats et un charpentier. Les
gros fers se vendoient en 1780 (1), seize livres-le quintal ; les fers
martinets ordinaires dix-neuf livres; et la verge crénelée vingt-une
livres. En prenant dix-huit livres dix sous pour le tenue moyen des
diflerens prix , on trouve que les cent quatre-vingt-cinq milliers de fers
fabriqués à cette usine, produisent trente-trois mille liv. à-peu-près.
Son débit a lieu principalement dans le Tirol , à Constance, et le
propriétaire se propose de l'étendre jusqu'à Cologne : d'ailleurs une
partie de ces fers est convertie en outils de charrue. Le maître, qui est
sur les lieux, dirige lui-même les travaux. Les bois dans cette partie
renchérissent considérablement |
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(1) Tous les prix que nous
établissons dans cet ouvrage, sont ceux de 1785, époque de notre tournée
en Alsace. |
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par leur exportation en Suisse.
MM. Chardouilïet et = compagnie , négocians de Belfort, y vendent, dit-on,
For^ de Se"
i " i
«i-i
j
'J .
pois-le-ba*.
tant en planches qu'en bois de
corde, pr-es de quatre mille toises par an.
Avant d'entrer dans les Vosges,
et de suivre cette chaîne de montagnes vers le nord, je parlerai encore de
différens objets de minéralogie, qui se trouvent dans les collines
calcaires de ce canton, près des usines dont je viens de rendre
compte.
^^ quinze mille toises au sud
de la ville d'Altkirch , Mine depcnoU» dans le territoire du
village de Hirtzbach, qui appar- dc Hlrul)atl» tient
a M. le baron de Reinach, on rencontre des sources où surnage abondamment
du pétrole noir. Ce village est à quatre mille toises N. N. E.
de-Sépois-le-bas ; ces sources bitumineuses se trouvent aune petite
distance au sud de Hirtzbach, sur les deux .rivesdu ruisseau nomméOehlbach
(1), 11 y a trois ans que Hartmann, habitant d'Altkirch, commença à faire
tirer par un puits des pierres de sable à côté de l'une de ces sources,
qui est située sur la rive droite du ruisseau. On m'a assuré que ce puits,
actuellement rempli d'eau, avoit environ trente pieds de profondeur ; que
la pierre de sable que ce particulier en avoit extraite étoit noirâtre, et
qu'au moyen de fébullition dans l'eau, on^n avoit retiré du pétrole.
L'homme qui avoit commencé cette entreprise, mourut trois ans
après.
Les pierres de sable que j'ai
vues auprès de ces fontaines, à la surface du terrain , sont grises ,
et sentent le pétrole. Je ne doute pas que si Ton fbuilloit, on
ne
(i) Ruisseau à
huile. |
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(16)
■
-^
=====
trouvât des couches de sable ou de pierre de sable* MinedeHiriz- pius
mo]jes, assez chargées de pétrole pour y
établir
bach.
...
.
%
.
une exploitation qui pourroit
devenir aussi avantageuse que
celle de Bechelbrunn en basse Alsace, dont je rendrai compte dans
la suite de cet ouvrage. Il n'est pas inutile de remarquer qu'en certains
temps, l'huile surnage en plus grande abondance sur l'eau de la fontaine.
Les gens de Hirtzbach la recueillent alors, et la conservent pour
remployer.à guérir les plaies.
Altkirch..
Le bailliage d'Altkirch,
qui appartient à M. le duc
de Vaientinois, renferme
plusieurs substances bitumineuses (1). Nous avons déjà indiqué la
distance de la ville-de ce nom au lieu que nous venons de
quitter.
Mine de char- Le juif Leysler
avoit fait une fouille de trente a qua-bon duRocken- rante
toises sur une petite veine de charbon, d'environ
erg près A -
^çux pOlIces d'épaisseur, située à la
montagne de Roc-kenberg au Closterwald ou forêt de Saint-Morand, près la
fontaine de Waldbruder, à un quart de lieue au sud de la ville d'Altkirch.
Cette veine est couverte d'une couche de schiste argileux, sur lequel
repose du grès calcaire. Ce travail étoit comblé: n'ayant rien pu'y voir,
je me borne à l'indiquer.
M. Lorentz , receveur
d'Altkirch , avoit aussi fait effleurer le terrain du côté opposé de la
ravine, dans |
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(i) Ou trouve près d'Allkirch ,
dans le vallon de Hunf zbach, auprès d'Aschbaeh, une source qui exhale une
forte odeur de soufre, ou plutôt fétide. Elle coule sans inîermission ,
prend son nom du village auprès duquel elle est située, et ses eaux sont
réputées salutaires pour les maladies. On en voit «ne semblable à
Biotzheim , village qui n'est guère qu'à 5 à 600 toises E. de Huntzbach,
et près de Baie. Guerin
, de Fontïbus nuilcaùs Alsatia, p. 3 et
q.
laquelle |
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( >7 )
laquelle se trouve la fouille
précédente. On en a extrait de la
marne noire bitumineuse, dont il s'est ser\i
pour |
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engrais. |
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Au nord
d'Altkirch , et à dix-neuf cents toises, de cette ville, est le village de
Luemschwiller, dont M. de Reinach est seigneur? Caspar, l'un des
habitans de ce' village, assure
avoir trouvé une veine de charbon au- Mit;rd<> J..n-dcssous'de sa maison, auprès de la montagne
cTHefujih. hon <{
!^luiî!i-Je n'ai été instruit décot
Ici la
position des lieux m'oblige de rétrograder un peu, et de me porter à douze mille cinq
cents toises au sud-ouest
d'Uefurth ,, pour faire connoître
(t) Dans une prairie, près de Rixîieim qui fait
partie de la terre de Landser,
il y st une fontaine dont l'eau est légèrement salée. Rixheim est distant d'à-peu-près 4a oooo
toises vers le N. E, d'Uefurib. Guérin , ouvrage cité , pag.
6.
Partie 111.
G |
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||
|
====== plusieurs
établissemens considérables, qui sont situés
Forge de au-devant des Vosges. Telle est la forge de
Grandvil-
Gvandvillàrs. i
/•- ,.
•
»
.
-n
Jars.
Cette usine, quon rencontre a sept mille trois • a. esaet ca-
cen(s tojses 5^ £ Je Bel fort, est
située sur l'Alain,
demie, nc.
140,
tbi..
49.
et
dans la terre de Grandvillars, appartenant à M. le
marquis
de Peseux. Elle est affermée pour là somme de mille deux cent dix-huit livres, et une
redevance annuelle de deux quintaux de fer et de cinquante livres
de clou à M. Laurent,, de
Moyoncourt en Franche-Comté.
Celui-ci s'est associé MM. Bouchotte et Stéhélin, avec lesquels il est en grande
contestation. Ateliers,
Cette forge consiste en
deux affinages, un martinet,
et une
tréfilerie de vingt-cinq tenailles établie depuis deux ans sans
lettres-patentes. M. krtnarqiïis de Peseux s'éloit obligé envers le fermier de
solliciter la permission
d'établir celte tréfilerie, qui étoit déjà bâtie. Il s'étoit aussi engagé à faire tous ses
efforts pour obtenir des privilèges à cet établissement. On emploie
à cette on'e#
usine environ deux
cents* milliers de fonte , dont le
fermier
prétendoit ne consommer que mille deux cent cinquante à mille trois cents livres au
mille de fer. Ses ateliers sont
disposés de manière qu'on pourrait y affînercnviron six cent mille livres de
fonte. Les gueuses se tirent
de Eranche-Comlé , et leur prix d'achat a été, jusqu'en 176a, de 60 livres le
mille, auquel il faut ajouter
au moins 20 livres (1) pour le transport et les
(t) Suivant une lettre que
m'écrit M Noblat, en date du 10 avril 1788,le prix des fontes, tirées de
Franche-Comté, a augmenté progressivement au point qu'il est
aujourd'hui de 90 à 100 livres le millier. Cette observation peut
s'appliquera tous les établissemens qui tirent leur fonte de cette
province. |
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( '9
)
droits de sortie de
Franche-Comté, d'entrée en Lorraine, = de marque de fer, et encore d'entrée en
Alsace. Il t*n résulte sensiblement que la fabrication du
gros fer devient
impossible, parce que la fonte revient trop cher. En conséquence, on est forcé de faire du
fil de icv. Pour y parvenir, on commence par affilier
la fonte et par étirer le fer en barreaux. Les extrémités de ces
barreaux ne peuvent élre/ilés: on
coupe les deux boiyK. qui font
à-peu-près le tiers du- barreau. C'est a\ec ces) *bouts seulement
qu'on fabrique , non du gros fer, mais des fers martinets du prix de iqo livres le
mille. Les milieux des barres
son^onvertis en fil de fer de toutes les proportions, jusqu'aux dix-plomb
(i»J. On compte I dix-huit
cuveaux de charbon au mille de fer forgé. Le ^cuveau est de
trente-neuf pouces'de longueur, de vingt-un pouces et demi de largeur, et
de dix-huit pouces trois quarts de
profondeur. M. le marquis de Peseux fournit au fermier mille deux cents cordes par au,
au prix de oo sous chacune. La
mesure de ces cendes est de huit pieds de couche, quatre pieds de haut, sur
trois pieds et demi cfe
longueur: on en compte quatre à la banne de charbon ; il en coûte 2tf sous pour
couper et dresser une corde, et
3 livres de charbonnage par banne. La fabrication actuelle ne consomme guère que
six cenls cordes.
Il y
amaintenantà.la forge quatre forgerons et quatre
martineurs. La tirerieoccupe
environ dix-huit ouvriers :
elle en
pourrait employer'quarante. Les forgerons sont
. payés à raison de huit livres
du mille pesant onze cents.
(i) Ce nom se donne aux fils de fer de l'un des plus petits
calibres. |
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—----------- La
fabrication actuelle en fil de fer à cette usine,
o.ge <e
jt
moi,ier £ sept
mîHe bottes, de dix livres Tune,
Grandviliars. r
r
'
7
lesquelles, au prix moyen de
quatre livres douze sous, donnent environ 3o,ooo livres de vente
annuelle,
. .Contestations , M. le
.marquis de Peseux a sollicité la permission ■de faire construire dans ses
usines de Grandvillars, la tirede de fil de fer dont nous venons de rendre
compte, en -remplacement de c^lle qu'il dit y avoir été ancien* nement
établie par M. de l'a Bazinière, aïeul de la dame son épouse, et
transportée ensuite à Morviïlars. II a demandé aussi, pour.l'exploitation
de cette usine, les prérogatives, exemptions , immunités et autres droits,
* '- dont
jouit la fabrique de Morviïlars,et particulièrement
•
qu'elfe demeurât exempte des
droits qui se perçoivent
sur les fils de fer, provenans
de la fabrique, à leur entrée dans le royaume, et à leur exportation. M.
le marquis de Peseux a observé que son usine étoit de la plus grande
utilité, puisque les fàbricans du royaume ne fournissoient pas à beaucoup
près la quantité de (il de fer nécessaire, et qu'on étoit obligé d'en
tirer d'Alle-é magne, de Suède, de la Russie, de la Prusse et de la
Suisse. La seule ville de Lyon fait venir chaque année au moins quarante
milliers de fû de fer de la Suisse. Il a ajouté à toutes ces
demandes celle de la démolition des nouvelles forges de M. Noblat. Le
fermier retient même entre ses mains plusieurs canons, pour
obliger
____________le Seigneur et
ses héritiers à suivre ces différentes contestations.
M. Noblat, seigneur de Morviïlars, assure de son côté qu'il n'a jamais
existé à Grandviliars une usine en fil de fer; que la tirerie, les
renardières et martinets de Morviïlars ont été établis au commencement de
ce |
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||
|
t
(
21}
siècle par M. de la Bazinière ;
que le premier bail de |
||
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|
Forge de
Grandvûtlars. |
premier établissement de ce
genre dans le royaume. Eu conséquence de ces dilférens moyens, M. Noblat a
formé opposition à la demande de M. te marquis de Peseux, et Taifeire est
liée au conseil.
A la distance de deux mille cinq
cents toises N. O. de l'établissement dont je viens de rendre compte, et à
cinq mille trois cents toises S, E. de Belfort, sont situées les forges de
Morvillars, paroisse du même nom, subdélégation de Belfçrt. Elles
appartiennent à M. Noblat, qui les a acquises, comme nous venons de le
dire, par contrat du 3 avril 1759. Cette usine a été originairement
établie sans autorisation positive du gouvernement: son premier titre est
un arrêt du conseil, du 3 juin 1732, revêtu de-4#ttr£Srpatentes du 4 août
suivant, dont le dispositif suit: » A
ces causes, de » l'avis de notre conseil, qui a vu ledit arrêt du 3
juin » dernier, dont l'extrait est ci-attaché sous le contre-» scei de
notre chancellerie , nous avons, confbrmé-» ment à icelui , ordonné, et
ordonnons par ces pré-» sentes, signés de notre main,qu'à l'avenir,
les fils de » fer de la manufacture de l'exposant, établie à Morvil-»
îars, seront et demeureront exempts de tous péages » à nous appartenais, en Alsace.
Franche-Comté et » Trois-Évêchés, ensemble de tous droits dépendans
de « nos fermes, à condition que lesdits fils de fer, des-» tinés pour
entrer dans le royaume , ne pourront y » entrer que par les bureaux de
Sainte-Menehould, « Saint-Dizier, Nettancourt, Faybilbt, Bourbonne ,
» Pontaillé et Auxonne ; qu'ils seront mis dans des fu-« tailles ,
marquées d'une marque à feu de l'exposant, » dont il sera par lui déposé
une empreinte dans chacun |
||
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Forge de
Morvillârs. |
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Titres. |
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( . «3 )
» desdits bureaux; et. encore à
condition que Iesdites ■ ■
3
, ,
.
. . - ,
Morvillars.
» posant, ou de ses préposes,
qui seront vises par le » commis du bureau des péages établi audit
lieu de »' Morvillars, portant que les quantités de fil de fer » contenues
dans les futailles ainsi marquées , provien-» hent de ladite manufacture,
lesquels certificats seront « remis
dans les bureaux ci-dessus désignés, pour, » iceux rapportés, être
du montant desdits droits tenu » compte à l'adjudicataire de nos fermes,
sur le prix » de son bail; et encore
à la charge par l'exposant, » d'entretenir trente ouvriers
travaillant dans ladite ma-» nu facture. Enjoignons aux sieurs intendans
et com-« missaires départis pour
l'exécution de nos ordres » clans la province d'Alsace, de tenir la
main à IVxé-» cution dudit Arrêt et des Présentes. Si vous mandons, » etc.
Donné à-Versailles, le quatrième jour du mois >5 d'août, Tan de-grâce
mil sept cent trente-deux..«
» Registre es registres du
conseil souverain d'Alsace, » suivant l'arrêt rendu en icelui, le 3o août
1732.. Colla-» lionne, signé le Febvre. « Au bas de l'arrêt se trouve
l'ordonnance de M. l'intendant d'Alsace, pour l'exécution dans" cette
province dudit arrêt et des lettres-patentes, selon leur forme et
teneur.
Un second arrêt du 27
janvier î?33, rendu sur requête, a ajouté aux bureaux désignés par l'arrêt
clu 3 juin 1~32, ceux de
Cuiseau et de Longe-pierre, par lesquels les fils de fer de la manufacture
de Morvillars pourront passer en exemption de droits, de même que par les
bureaux désignés, en observant, par le propriétaire de cette
manufacture, les mêmes formalités, et aux |
||
|
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|
Forges des
Morviliars. |
(H)
mêmes charges, clauses et
conditions que celles portées audit arrêt du 3 juin iyo2. Cet arrêt
a été revêtu de lettres-patentes, le 9 mars 1733. Les fils de fer de
ladite manufacture passent également en franchise des droits, à la sortie
du royaume pour l'étranger, par décision du conseil du 10 février 1761.
Enfin un dernier arrêt sur requête, en
date du 23 juin 1772, » permet au sieur » Noblat d'établir dans sa
terre de Morviliars en Alsace, » des
forges , fourneaux, usines, et de former tous » autres
établissemens propres à la fabrication Vies .» aciers, pour employer les
bouts de barreaux quc^n » ne peut mettre en verge, et les bouts de verges
qu'on » ne peut pousser en tirerie, sans que ledit sieur Noblat » puisse
être assujetti à aucun droit, pour raison des » aciers provenant desdits
établissemens. Voulant Sa » Majesté, que les lettres-patentes des 4
août 1732, et » 9 mars ij?j'*U
portant que les fils de fer des manufàc-» tures du sieur
Grandvilfars, seront et demeureront » exempts de son péage et autres
droits à elle apparte-» nans, soient exécutées selon leur forme et teneur
pour » les aciers qui proviendront des usines du sieurNoblat, » aux
charges et conditions y exprimées. «
II y a en tout à cette usine
vingt-deux tournans. Elle est composée de deux feux d'affinerie, destinés
à fabriquer quatre cents milliers de fer en barreaux, pour alimenter la
tirerie et d'un feu de martinet servant à réduire les barreaux en verge de
tirerie. Comme les bouts des barreaux ne sont pas propres à faire du fil
de fer, ils emportent un quart de diminution sur la totalité; reste trois
cents milliers, dont il faut encore soustraire le tiers pour le déchet;
ainsi le produit en fil de fer
assorti, |
||
|
Ateliers. |
|||
|
|
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|
|
||
|
( =■■; ) . . ■
IL
assorti, n'est annuellement (pie
il: deux conis milliers.
--■.-___-........;.^
On voit à
cette manufacture deux grands bâumens , For,u<> <ir dans lesquels sont renfermées les
lireri.es, qui coniieu- ' on\ nent cinquante tenailles,
l! va aussi une clouterie vt mie chaînerie, composées de dix
ateliers; usines destinées à consommer les bouts et rebuts d'un martinet,
qui devoit fabriquer les
outils de toute espèce . que Ton lire de l'étranger; niais il ne
rouloit point encore en i?<>.>, et l'on n'a fait aucune des dispositions
nécessaires pour le mettre en activité. Un autre martinet devoit aussi
fabriquer des aciers de
cémentation, d'après l'engagement que M. Noblat en avoit pris par la
requête, sur l'exposé de
laquelle il obtint l'arrêt ci-dessus rapporté. M. Noblat s'étoit aussi proposé de
monter une fabrique de limes
; et d'après des états par \\ii remis à M. l'intendant, elle devoit être composée
d'une roue propre à faire agir
cinquante marteaux ensemble et autant de rabots, disposes de façon
à-fabriquer par jour '■ ^ .
cinq
cents limes de différentes qualités, I/artisîe. qui devoît entreprendre cette machine, avoit,
disoit-on, acquis ses
connoissances en Angleterre , où il avoït travaillé vingt ans. On devoit construire
aussi des fours à réverbère
pour le service de ces nouvelles usines, qui n'existent pas
encore.
Après
avoir parlé des titres de cette usine, détail- Droits qu'elle Ions maintenant les objets de sa
fabrication. Les fonte? ac(lulllc: se tirent de Franche-Comté. On en consomme
par <u\ environ cinq
cent soixanlemillc livres pesant. Elles paient les droits suivans; savoir au bureau de
Ronchamp , en-sortant de la
Comté, par quintal, la somme deJ sous 6 den. Les dix sous pour livre, 1
sou 9 den. L'entrée
D |
||
|
|
||
|
|
||
|
=•-
Mot-1,
iilat'5.
|
i '/- î •
i
, i. .
un acquit de 7 sols 6 deniers
par chaque expédition. M.Noblal sollicitoit la suppression des droits de
sortie de Comté et d'entrée en Alsace, sur les fontes qu'il tire de la
première de ces provinces.
Boisetcliarbun, La consommation
en charbon de ces forges va à quatre
cents bannes. Celle en bois monte à seize cents cordes. La corde
est de huit à neuf pieds de couche*
quatre pieds de haut, sur trois pieds et demi de longueur ; .mais
si Ton parle de-cordes charbonnières, il n'en entre que deux et demi,
ou.tout au plus trois-cordes dans la banne, composée de douze eu
veaux. Cette banne revient environ à 10 écus.
(1) Voici un étal di's
droits que paie aujourd'hui M. Noblat , et qu'il m'a envoyé par sa
lettre,1 que j'ai citée plus haut. "Voyez ci-dessus ? pag.
18.
Péages et
Droits,
Que sz/pportr Vusint de 'Monilutrs pour
ses
approvisionemois et j abri cations.
Savoir:
liv. sous.
Sur les
charbons , entrée d'Alsace par voiture , le
double
que ci-devant , ci......................... r
Sur les fontes, sortant de
Coaité, par
\
millier,
ci....................-••-
3
C 5
10
Entrée
d'Alsace, ci..............
2 10
>
Les fils de fer , tous destinés
pour Paris et Lyon, en
rentrant , paient
pour marque de fer , ci............ 12 io
Autres
droits , ci.........,................... s6
Ils
paieat de plus , pour droits de Parisy ci, ...... 28 |
||
|
|
||
|
II en4|j|ulteque les charbons,
et les fontes converties en fils , paient un double
droit. |
||
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|
La fabrication du lil de 1er est de (kux. cents
milliers ou de vingt mille bottes ;
ainsi en prenant 4 livres 12 sons pour prix moyen, il s'ensuiuoit que
Morviliars vend par an pour 0.2,000 Ii\rcs de (il de îèr (.1).
Les difierens ateliers
emploient cent vin^t ouvriers, Ouvrirr» et avec les femmes et les cnfàns, ce nombre
s'élève %à deux cent trente-quatre. Ici , comme à Grandviilars, les forgerons sont payés à raison de o
l:\res le mille de fer de onze
cent*-pesant.
La rivière'-d'Alain, qui
traverse les seigneuries de Grandviilars et de Morvïllars , fait rouler
les usines dont nous venons de
parler. Les habitais de Grandvil-lars ont fait sur cette rivière
des entreprises , qui gênent le cours des eaux, et qui font un tort
considérable aux usines. Les seigneurs
ont fait des réclamations , et la cause est liée au conseil souverain
d'Alsace. |
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|
(1) Je
crois uîile de placer Ici une
copie du larif,
imprimé'des diffère n s
prix des fils de fer, pris au magasin de Mon il Jars. La boîte de
dix livit» pesant :
Siv. so.us,.la
botre.
N'\ 1 et
2........................... 6
3 et
4........................... 5 1-
5 et
6........................... 5 5
7 et
8.......................,. . . 5
9 et
10......... . ..,......-. ....... 4 j5
11 et 12................ ...........
4 j
i3 et
14........................... 4
;
iS
et 16........................T. . 3 10
17
et 18____.........'....,■......... 3 5
Ï9 et
20..........
,___..,...,.,.,, 3
21 et
22.....................___,
..
i ï5
Passe-perle )
ii cinq-plomb ?■..................,........... (y
t0
au plus fin. * |
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( 28 )
—" M. Nobîat est obligé d'avoir
recours à la Franche-orge de Comté, pour une quantité de deux ceaLs
voitures*de
Morvillars.
l
l
?
'
charbon par an. Suivant le
tarif et le jugement con-•Co:itc«taiîons. tradicloire de M. Dangeviliers,
du 19 février 1718, il a payé jusqu'à présent pour le droit de péage, qui
se perçoit à l'entrée de l'Alsace, par la-ferme générale eu régie pour le
compte du Roi, douze creulzer par voiture, prix.qui fut alors proposé par
le fermier au lieu de cinq pour cent de la valeur des marchandises, ce
qu'on a constaiimient suivi depuis.
Le directeur des fermes de
l'Alsace, pour faire augmenter ce droit, a argumenté du même jugement,
portant que , conformément a l'article sixième du titre premier de
l'ordonnance de 1687 sur le fait des cinq grosses fermes, les droits
du Roi sur les Çgharbdris venant de Comté en Alsace , seraient payés
â^Paison de cinq pour cent de la valeur, suivant l'estimation qui seroit
faite de gré à gré par les commis du fermier et les marchands ou
voituriers intéressés, et, en cas de contestation , par gens à ce
connoissans dont les parties conviendraient, sinon, qui seroient
nommés-d'office par un des magistrats ou gens de justice . notaire ou
autre personne publique du lieu le plus prochain; si mieux rfaimoient
lesdils marchands ou voifuriers, suivant les offres iluclit fermier, payer
les droits sur les charbons sur le pied de douze creulzer par charrette
réglé pour les échaias. par le tarif de la ferme. Fn interprétant ce
jugement, la ferme générale, évaluant la banne de charbon à quatre cordes
de bois, exigea pour chaque voiture le quadruple des droits qu'on avoit
payés jusqu'alors, et même
depuis l'ordonnance de M. Dangeviliers |
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jusqu'au moment actuel, les
commis uvoient ordre, lorsqu'on ifaccédôk pas à leurs demandes, de faire
des évaluations, auxquelles il étoit difficile qu'ils entendissent
quelque chose, et ils se fuisoient payer cinq pour cent d'une valeur qui
varioit à leur gré. Cette méthode ne pouvoit subsister, parce que les
voitures n'ont pas toujours les douze cuveaux qui forment la banne , et
que les voituriers n'étant munis d'aucune lettre de voiture , ce n'est
qu'à l'usine même et par le mesurage qui s'y fait, qu'ils savent la
quantité de charbon qu'ils ont chargée. La banne avoit jusqu'à
présent toujours été confondue avec le chariot, et n'avoit jamais payé
au-delà. M. Noblat demandoit à être maintenu dans cet usage. Il
représentoit encore que l'augmentation ne tomberait que sur lui : que
les forges de M. le duc de Valentinois étoient exemptes de tout droit,
quoiqu'elles tirassent de Comté plus de deux-mille bannes de charbon.
En 1786, M. le Contrôleur-général décida en confirmant le jugement de M.
Dangevillers, que le droit d'entrée seroit porté à i3 sous, 4 deniers, en
attendant que la mesure des bannes fût imperturbablement
fixée.
Outre l'affaire pendante au
conseil, entre M. Noblat et M. le Marquis de Peseux , dont nous avons
rendu compte à l'article de Grandvillars , le propriétaire de Morvillars,
en a encore une à soutenir contre M.Dubon, fermier des domaines, forges et
fourneaux du comté de Belfort et autres terres et seigneuries,
appartenantes en Alsace à M. le duc de
Valentinois et ci - devant à madame la duchesse de Mazarin. Ce
fermier attaqua M, Noblat sur les nouveaux établissemens ajouiés
à |
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(3o )
,
'■ . . '
t-----------.■== sa tirerie de Morvillare
, parce qu'ils portoient, disoit-
ïorge de jj ^ |e
plus>ranJ préjudice aux forges et fourneaux de
madame de Mazami..tant pour les bois dont ilsaugmen-toient le prix, que
p.r la concurrence qui
écrasoit les forges du comté dé Belfort. M. Nohlaî, pour éviter
toute espèce de difficulté » signa le 3i juin 1767 , avec madame la duchesse
de Mazarin , dont M. le duc de Valentinois tient ses droits, une
transaction qui anéantit toute contestation , et par laquelle il
s'engagea, tant envers madame de Mazarin, qu'envers son fermier, à ne
vendre ni faire vendre aucun fer marchand, provenant de ses usines, à
peine de tous dépens, dommages et intérêts. M. Duhon attaque
aujourd'hui cette transaction, et la soutient nulle, comme avant été faite
sans sa participation, et pour des objets qui l'intéressent
personnellement tant que durera son bail. Il avance de nouveau que M.
Noblat n'a pas eu le droit de former ses différens établissemens , qu'ils
sont contraires au vœu de l'arrêt du Conseil, du 9 août 1723: >■>
Qui fait » de très-expresses défenses à toutes personnes , de » telle
qualité et conditions qu'elles soient, d'établir » aucuns fourneaux
, forges , martinets , et de faire une » augmentation quelconque de feux
et martinets, si-» non en vertu de Lettres-Patentes dûment
enregïs-» trées, à peine de démolition desdites usines, augmen-» tation de
feux et martinets, de oooo liv. d'amende, » et de confiscation de tous les
charbons et approvi-» sionemens destinés à leur exploitation. « II
reproche encore à M. Noblat de#n'avoir point rempli les
enga-gemens qu'il avoit pris par sa transaction ; il prétend que, loin de
débiter le fer en moindre quantité, M. Noblat |
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(3, )
l'a donné à 17a livres le
millier pour discréditer les forges voisines qui le
vendoient 190 livres. En couse- iorpr
<!t'
. , TA
,
,
,
Moi viiiar».
quence, M. Dubon est intervenu
par re<]uete en la cause pendante au Conseil entre M. NoMat et M. le
marquis dePeseux.. requérant la nullité de la transaction, signée Je
31 juin 1767, par madame Li
duchesse de Mazarin et M. Nohlal « e! demandant que ce dernier fût
condamné à démolir tous ses nouveaux établissemens, et a
00,000
_______-__________________
s
livres
de dommages et intérêts.
M. Noblàt
oppose que le fermier de madame de Mazarin et de ses ayant cause rTa point de
qualité par * . rapport à lui,
et que, s'il & croit lésé, il a son recours contre M. le duc de ■ VaJentinois ,
actuellement aux droits de
madame de Mazarin.
A la suite de îa description de
plusieurs établisse- Fabrication du mens, où l'on fabrique "le fil de fer,
j'ai cru devoir faire fil (i('{l''
Frkt:-rnention de quelques
améliorations introduites dans ce genre de travarrr-amélionitTons dont le
détail n'est pas encore compris daiîs fart de réduire le fer en fil, connu
sous le nom de fil d'archal,
décrit par M. Duhamel du
Monceau et qui fait partie de la collection des arîs et métiers, publiés
par l'Académie.
Le succès
des tireries de fil de fer établies à Mor-villars a réveillé l'industrie de
tous Ïqs
artistes. Sept
tireries actuellement en pleine aefinté dans le comté de Bourgogne ont toutes été modelées sur
celle de Morvillars. On doit
rendre justice à FintelIiiTence, avec laquelle M. Fleur, Tun de ces artistes, a
dirigé ces divers, établissemens: c'est à lui que nous devons
les observa- • lions suivan
les.
Dans certaines usines., au
lieu de fabriquer la verge ; |
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======
au martinet, on passe les barreaux à la fenderie. Cette
Fabrication méthocje est
nuisible en ce qu'elle coupe et détruit le er* nerf du fer.
Ainsi fendu, il devient cassant, et ne peut soutenir l'effort de la
tenaille sans faire beaucoup de bouts, ce qui cause un déchet considérable
(1). Il n'est pas possible de fabriquer au martinet, en si petite verge,
des barreaux mal travaillés et mal soudés à la forge ; et l'on n'en trouve
que trop de cette espèce, quelqu'attention que l'on apporte au choix. Ceux
qui, dans le nombre, se rencontrent les mieux soudés et les mieux
travaillés, ne peuvent être forgés en si petite verge dans toute leur
longueur ; il en faut couper un à deux pieds de bouts écrus : ces morceaux
deviennent fer de rebut, et diminuent beaucoup de valeur. D'ailleurs
, en réduisant le fer à un si petit calibré, il en résulte une--grande
quantité de verges écrasées? qui ne peuvent servir aux tireries. On ne
peut en repasser qu'une partie au martinet ; le reste se vend à vil prix
aux cloutiers.
Un millier pesant de barreaux ne
peut donner tout au plus que six-cents livres de cette verge propre aux
tirerie^nçncore faut-il qu'elle soit forgée bien juste et bien égale, ce
qui est fort rare, parce que les soubresauts y mettent obstacle, et
sur-tout parce que les ouvriers négligens ou inattentifs n'ont pas soin de
tenir leur ordon en état : d'ailleurs, il faut recuire trois
fois
(i) Sans doute il vaut mieux fabriquer, les
verges au martinet; cependant
ces verges crénelées , forgées, pour ainsi dire, en octogone de quatre lignes, donnent ^mssi beaucoup de
déchet. Je ne sais trop ce qui
empécheroit de fabriquer de la verge ronde , estampée au martinet,
"au lieu de la verge octogone, dont la forme -.doit
nécessairement, dans la
méthode ordinaire, endommager les filières.
cette |
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(33)
■•• ■
cette verge et la passer six
fois par la filière avant qu'elle soit réduite au n°. vingt-quatre,
c'est-à-dire, à quatre
.. ■
4 ,. ,
.
7 r <
*
• -i du
hl ue 1er.
lignes de diamètre; encore Je
fer a ce numéro nest-il pas bien rond, et souffre-t-il du déchet à chaque
recuit. Pour obvier à cet inconvénient, M. Fleur fait forger sa verge
crénelée à six lignes de diamètre. A cette grosseur, le fer s'écarte beaucoup moins; on forge
dans toute ' leur longueur les barreaux dont on n'est-plus obligé
de retrancher les bouts; il y a une moindre consommation de charbon ,
et il en coûte moins pour* la main-d'œuvre, l'entretien et les outils.
Pour fabriquer le fil de fer avec cette verge, M. Fleur a un procédé
quiVest employé dans aucune tirerie connue: il a imaginé une
machine qui accélère la fabrication , adoucit la matière et diminue
les déchets, les bouts, la consommation du suif et le nombre des recuits.
Une verge épaisse de six lignes, longue de ^quinze pieds, s'alonge jusqu'à
trente sans qu'on soit obligé de la recuire. Pour amener au même point une
verge de quatre lignes par la filière et la tenaille, il auroit fallu six
opérations; ici Pou n'en fait qu'une seule qui épargne bien des frais.
Elle donne au fer une force égale dans toute sou étendue, et il en résulte
que celui-ci passe par la filière sans faire de soubresauts. A tant
d'avantages , elle unit celui d'épargner la rupture fréquente de la
tenaille. Six ouvriers aidés de quelques enfans, alongent en vingt-quatre
heures six milliers de fers de six lignes dé diamètre , tandis que quatre
hommes, occupés à la tenaille, tirent tout au plus, dans le même espace de
temps, cinq cents livres de verge de quatre lignes de diamètre. M. Fleur,
d'après l'ordonnance du Roi. du 28 décembre 1777. iPartie 1JL
E |
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34 |
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== qui ofFroit tant
d'eocourageniens à l'industrie nationale, ion . se crut obligé
dé communiquer son procédé à l'adïni-
du fil de fer.
, '
.
,
r . . . ,, ., , ,
, . ,
;,
mstration. V oici le détail de
la .machine dont n se sert pour l'exécuter.
Cette machine comprend quatre
cages de fer, dans chacune""disquettes sont
établis7 deux~7^7lîn3resJT~clïà77
cune de ces cages produit alternativement des effets
contraires; dans la première, le fer, en verge de six lignes, bien
chauffé , est passé entre deux cylindres unis , qui Falongent et
l'aplatissent. Il acquiert par ce "moyen sept lignes de largeur, sur trois
seulement d'épaisseur. On le retire de là pour le faire entrer dans la
seconde cage, entre deux cylindres à
entailles, où il devient rond et3reprend un diamètre
d'environ six lignes. Aussitôt on le passe dans la troisième , entre deux
cylindres 'unis, "qui de nouveau l'aplatissent. Alors il acquiert cinq
lignes de largeur sur deux d'épaisseur. Enfin on le fait entrer toujours
de la même chaude dans la quatrième cage : on l'y dispose, de sorte
que le côté plat soit en haut. Les deux cylindres à entailles
l'arrondissent parfaitement, il prend quatre lignes de diamètre, et
donne un fil de fer au numéro vingt-quatre. Il acquiert une fois autant de
longueur que lorsqu'il étoit en verge, et se façonne avec les avantages
détaillés ci-d< Cette machine est , comme on le voit , très - peu
compliquée ; elle entraîne peu de dépenses ; il faut seulement recharger
les cylindres , qui sont faits de fer trempé en paquet ; encore cette
opération n'est-elle pas fréquemment nécessaire. On peut, avant de la
répéter, passer une centaine de milliers de ces verges de six lignes.
Depuis plus de quinze ans M. Fleur fait |
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(35)
usage de cette machine. Sans
avoir eu besoin d'aug- = inenter le nombre de ses tenailles, sa
fabrication s'est accrue de près de moitié. Les bouts et les rebuts ont
diminué des trois quarts : en On la consommation du suif a été réduite
dans la même proportion.
M. Fleur propose encore
plusieurs autres moyens de perfectionner la fabrication du fil de fer. Il
voudrait qu'au lieu de se servir de tenailles, ou d'un marteau de bois
pour épailler le fil de fer, on_put employer les tourniquets.
Les tenailles à épailler se dérangent journellement ; elles sont d'un
grand entretien, et corrompent le fer en le mordant trop. Le marteau de
bois le corrompt encore davantage. Il le détruit et l'estropie.
Delà le volume des bouts et la quantité de déchets, surtout
lorsqu'on tire le fer jusque dans les fins numéros; les tourniquets n'ont
aucuns de ces inconvéiiiens.
Neuf lignes de fer et trois
lignes, d'acier superposé, composent les filières qui ont par .conséquent
une épaisseur d'un pouce, et que dans l'usage actuel on fait
rougir plusieurs fois pour les percer. Pendant qu'elles sont > sur
l'enclume, un ouvrier tient un gros poinçon, qu'un autre ouvrier, souvent
aidé d'un second , enfonce à grands coups de masse. Cette opération se
répète douze à dix-huit fois; à chaque fois il faut rapporter la filière
au feu. Ces chaudes multipliées l'altèrent, la décomposent ^ et
l'acier perd sa qualité. La filière ne vaut rien ou dure peu , parce
qu'elle n'a pas assez de force pour résister au frottement. Pour remédier
à ces inconvé-niens, M. Fleur a imaginé une autre machine. Un tour à eau
fera mouvoir plusieurs poinçons, qui joueront tous ensemble. Ces poinçons perceront le fer
de la |
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( 36 ) ■
=r=^==r==r filière à froid,
jusqu'à ce qu'ils rencontrent l'acier; alors F-ihrïc^oit comme il n'y aura
plus à trouer que l'épaisseur de trois lignes, un ouvrier pourra, à l'aide
de quelques petites chaudes, achever l'opération. D'une main, il frappera
à petits coups, en tenant le poinçon de l'autre.. L'acier nl'aura
rien;~përdïf cfe sa qualft^îa ÏÏÏÏèi e né sera pôîn'F"
fatiguée; ses trous résisteront au frottement du fil de fer, qui se
trouvera de grosseur égale dans toute sa longueur. Ce tour pourra s
adapter à quel qu'autre, qui fera mouvoir d'autres machines. Par-là on
épargnera encore du charbon, et cette considération est de quelque
poids.
Les fontes, pour le fer que Ton
destine à être converti en fil, ne doivent être ni blanches ni trop
noires, mais d'un gros grain, gris, clair et mêlé. Il faut que le fer qui
en provient soit doux, nerveux, ductile et compacte. Pour .qu'il ait
toutes ces qualités , il ne suffit pas que la matière première soit bonne
; il faut aussi qu'on l'ait préparée avec tous les soins convenables
, c'est-à-dire, que le fer soit beaucoup mieux affiné que celui qu'on
destine au commerce. On n'obtient pas d'une forge étrangère
l'attention suivie qu'exige une fabrication aussi parfaite du fer; et
c'est pour cela qu'il est de la plus grande importance pour tout
propriétaire de tréfilerie, d'avoir une forge attachée à son
usine.
M. Fleur a fait construire
aussi une fenderie mue par une seule roue à eau. Je me souviens d'avoir vu
, dans l'atelier du maître fendeur des forges des Ardentes, près
Châteauroux en Berry, un modèle parfaitement bien fait, d'une fenderie mue
également par une seule roue. . Toute la cage devoit être en fer de fonte.
La roue de la |
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(37)
'machine
de M. Fleur sert également pour les rouleaux
aplanissari's et tes trousses
des taillans; elle est montée FahHt.Mi.m sur un arbrefqui, n'ayant que huit pieds de
long, ne ol> ' C:' tll- -pénètre pas fort ayant dans l'intérieur du
bâtiment ; à l'extrémité de cet
arbre, sont placées deux cages de fer,
fixées sur mie pièce de bois ,
longue de six pieds, large ._ . :___
de deux et demi. épaisse
d'environ un pied à l'un de ses bouts, et d'un pied et demi à l'autre. Ces
cages sont un peu plus grosses que celles des cylindres à iil de fer, dont nous avons parié, mais leur
construction est la même. Les
taillans sont dans Tune de ces cages, et les rouleaux dans l'autre : tout se meut par
la seule force de la roue. Lorsque la bande de fer est aplatie,
l'ouvrier, qui reçoit le bout
sortant, le porte sur le champ entre les trousses des taillans. Il
nVst pas obligé ■ de passer de l'autre côté des cages, et n'a à
faire qu'un pas.en.arrière. Quant au reste du procédé. il<«fet
absolument conforme à ce qui se
pratique ordinairement. On peut, quand on le désire, ne faire que des
cercles. Il suffit pour cela de
substituer aux taillans des rouleaux plats. Jusqu'à présent il y avoit eu,
dans toutes les fènderies, deux roues, et par conséquent deux
courans d'eau. La machine de M. Fleur n'en demande qu'un. Nous invitons tous les propriétaires à adopter
cette machine. Celui des deux
courans d'eau qu'elle leur épargnera, leur servira très-utilement à
l'établissement d'une seconde
usine.
Après cette digression, nous
allons faire l'histoire des Fourneau de usines et des minés du comté-de
Belfort. L'établissement c de cette terre le plus voisin des forges et
tréfileries de Moryillars, est
le fourneau de Chatenois, qui ne |
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( 38
) = s'en trouve
éloigné que de deux mille cinq cents toises |
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Fourneau de £ l'ouest. La
paroisse de Chatenois dans laquelle il est situé, dépend du comté de
Rosemond , et ce village est à quatre mille sept cents toises S. de
Belfort. Il dépend des -domaines de M. le duc de Valent!nois, dont iVÎ7~DuKôTT esr fermier. Son
"produit"ibuTTritrerr partie à l'aliment des) forges situées à
Belfort même, dont nous parlerons yaut-à-flieure. Les eaux qui meuvent les
soufflets de œïnburneaux, sont celles de la Savoureuse ou rivière
d'Oye (i), qui passe
auparavant aux forges de Belfort. Mine de fer Ce fourneau tire sa mine du
propre finage de Chate-
-deChatenois.
nojs ? mais elle y devient
tous les jours plus rare; le minéral y esUiispersé en grains arrondis et
assez menus', dans de l'argile qu'on en sépare au moyen du lavage ; on en
fouille une petite quantité par des puits, mais la majeure partie
se tire en superficie , car la mine s'y irouve presque toujours
immédiatement sous la terre végétale ; elle est moins riche et moins
chaude que celle dont on se sert à Belfort, et par conséquent*' plus difficile à fondre. Cette mine se paie
à raison de quatre livres dix sous le cuveau de cinq cents livres
pesant, de vingt-un pouces de largeur moyenne, sur dix-huit pouces de
hauteur; on compte dix cuveaux au mille de fonte, de manière que le
fourneau en consoiïîme annuellement
à-peu-près 9000 à 9900. Pour suppléer à'la rareté des mines de
Chatenois, on a corn-Mine de fer de mencé des travaux à Fesch-lVglise,
village de la sei-
Fesch-l'eghse. gneurie de Dell
ou de Dattenrieth , situé à 5i.5o toises
(1) On lui donne ce nom dans le
pays, parce qu'avant d'arriver à Belfort, elle traverse le
Vaï-d'Oye. |
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au sud-est deChalenois; la mine
y est d'aussi bonne |
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Fourneau |
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qualité qu'à Rope, dont nous
parlons ci-dessous(i). et s'y
trouve à la même profondeur; comme à Rope, les eaux y nuisent beaucoup à
l'extraction.
Chaque année le fourneau
consomme environ douze cents bannes de charbon. La banne est composée
de-douze eu veaux ; le eu veau est long de trente-sept pouces, large de
vingt* et il 2u aussi vingt pouces de profondeur. On en brûle
quatorze ou quinze par mille de fonte. Pour former une banne on compte
quatre cordes de bois de quartier, de huit pieds de couche , sur quatre de
hauteur, la huche de trois pouces et demi de long; il en faut-cinq lorsque
le bois est tout eji rondins.
...
....
Ce fourneau roule ordinairement
dix à onze mois lorsqu'il n'y a pas d'accidens. II coule
communément deux gueuses par vingt-quatre heures , ce qui produit
quatre-vingt-dix milliers cte fonte par mois, et neuf cents à neuf cent
quatre-vingt-dix milliers par an. On compte à ce fourneau , outre le
commis chargé de sa direction',.
cinq ouvriers, savoir, un fondeur, un sous-fondeur, deux chargeurs
et un livreur de charbon , indépendamment du maître mineur, et des
voituriers pour les crasses. Les ouvriers sont à gages fixes : le
fondeur Ouvriers. a trente - six
livres ; le sous- fondeur vingt- une livres ; les deux chargeurs
ont chacun vingt-sept livres ? et le livreur vingt-une livres.
Les opérations du fourneau de Chatenois sont intimement liées à celles de
la forge de Belfort, dont il est une dépendance, et que nous allons
décrire. |
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(i) Voyez la table , au mot
'Rope. |
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(40)
Forges trt four- toises au
nord, et seulement d'un quart de lieue de
la ville cie Belrort, même
paroisse. Elle est adossée a
l'étang
le plus étendu de la province; M. le duc de
Titres.
Valentinoïs en est
propriétaire, en vertu des lettres du
don, fait originairement par le
roi, à M. le cardinal de
Mazarin , en î65o., de tous les
fourneaux et forges
situés dans l'étendue des comtés
de Ferrette , terres
et
seigneuries de Beîfort, Dell, Thann , Altkirch,
Isenheim, etc. ,_,
■
Un arrêt du conseil de 1668,
accorde différens privilèges à la forge de Belfort. Les charbons
qu'elle tire de la Franche-Comté, sont exempts de tous droits de péage, et
les fers qu'elle fabrique, jouissent.du même privilège.
Fabrication du Le fourneau de
Beîfort est situé près des fortifications fourneau. ^ ja
vjjje> 5a fabrication et sa
consommation sont égales à celles du fourneau de Chatenois, c'est-à-dire,
qu'il rend neuf cents à neufcent quatre-vingt-dix milliers de fonte par an
, pour lesquels il consomme de même environ deux cents bannes de charbon.
Il tire sa mine Mines. des territoires de
PfaH'ans, Rope, Egueningue, Chè-
vremont, d'Anjouîin, Veselois ,
Pérouse et Leupe. Tous ces villages ne sont situés qu'à une lieue ou une
lieue et demie de la forge. La mine de Rope etd'Egueningue, est très-riche
et de la première qualité ; on la paie à raison de quatre livres quinze
sous le cuveau de cinq cents livres pesant.Nous parlerons plus au long de
ces mines lorsque nous aurons achevé de donner le détail de la fabrication
des forges de Beîfort.
Il faut dix cuveaux de mine
pour produire un millier
de |
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) |
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de fonte; ainsi le fourneau de
Bel fort convertit en Ion te - |
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à-peu-près neuf mille à neuf
mille neuf cents cuveaux |
t fourneau de
Bdfort, |
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de mine par an. Il y a autant
d'employés et d'ouvriers qu'à celui de Chatehois, et ils y sont payés de
même. . Le fourneau de Belfort éprouve un accident qui nuit beaucoup à son
roulement, et diminue son produit. Le lit de la rivière de Savoureuse est
si engorgé dans cet endroit, que la moindre crue d"eau occasionne des
débordemens, qui non-seulement suspendent le travail de ce fourneau , mais
endommagent aussi les fonds de terre qui se trouvent sur ses
rives.
On voit à la forge de Belfort
quatre feux et deux mar- Atelier?, teaux. La grosse forge est composée
d'une chaufferie et de deux affîneries qui sont servies par le gros
marteau. Chacun de ces feux va toute la semaine sans interruption.
Cette grosse forge fabrique par mois quatre-vingts Fabrication à
quatre-vingt-cinq milliers de fer , et environ un million de livres pesant
par an : le millier de fer, du poids de onze cents livres est le résultat
d'une consommation de quinze cents livres de fonte poids de marc, et de
quatorze cuveaux de charbon. La piquerie ou tvnnjeuer
consomme à-peu-près la même quantité de fonte et'ferraille par
millier, et dix-huit cuveaux de charbon. Sa fabrication monte de
vingt-sept à vingt-huit milliers par mois, et de trois cent vingt à trois
cent trente milliers par an.
Il y a encore à la suite de la
forge, deux "'martinets, Martini |
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l'Offonont |
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situés sur le canal qui fournit
les eaux à l'étang de forge. L'un porte le nom d'Offèmont, l'autre celui
des tIes Prés; le plus
éloigné n'est qu'à un quart de lieue de la forge: chaque
martinet, qui occupe deux ouvriers, peut fabriquer quinze milliers par
mois, en défalquant III.
F |
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forcest-tiour- es(
fe cjn(. euveaux par millier; Lorsque l'on
emploie quatre nommes a chaque martinet, ils roulent jour et nuit, et leur
fabrication, c|iii monte alors à vingt-neuf ou trente milliers, pourrait
être portée à trois cent soixante milliers par an. Au moyen d\m
marteau à étam-per, aussi uni que s'il eût été poli à la lime, on fabrique
a ces martinets des fers ronds, parfaitement lisses, de toute grosseur,
depuis cinq lignes de diamètre. En ajoutant le montant de la fabrication
du feu de la piquerie à celui de la forge .on trouve qu'il se fait à
Belfort au-delà de treize cents milliers de fer par an. Nous axons déjà vu
que le fourneau de Chatenois concourt avec celui de Bel fort à
alimenter cette forge.
Fourneau de Outre ces fourneaux
il y en a un, situé à Bettonvilliers, lliers. c^ deux
lieues de Belfort, près de ia route de Colmar; depuis'dix-huit à vingt ans, la disette des
mines l'a
Ou-mrs. empêché de rouler. Tous
les ouvriers des grandes et petites forges sont payés au millier de fer
fabriqué ; ceux cle^a^grosse forge, à raison de 6 livres 16 sous 0 deniers
pao millier, et toutes les espèces de fers inar-tîneis se païeYit 5 livVes le
millier:.. Les établissemens de Belfort emploWrt^poiir leur
manutention, un directeur, deux commis de bureau, deux commis pour les
fourneaux . deux pour l'exploitation des bois, deux pour celle des
mines, un magasinier pour la forge ; pour le service des fourneaux , les
ouvriers que nous avons déjà indiqués pour la grosse forge, et
particulièrement à la chaufferie un maître marteieur , trois chauffeurs et
deux goujats ; pour raffinerie , trois maîtres affi-neurs et neuf valets ;
enfin pour l'entretien et le service |
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-t3 |
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courant
de l'usine, un charpentier, deux livreurs ou —-—.--........—
placiers, un meneur de
charbons et un voiîurier. Les ï* «»■£«■» '•"' (l)lîr-martinets occupent deux maîtres martmeurs et
quai!e valets. Si l'on ajoute
a. ces employés et ouvriers un Tendeur, on aura le nombre de
cinquante-cinq personnes
pour le service de l'usine. La consommation totale en mine des deiix^fburneaux qui
alimentent la forge, peut
monter à dix-neuf mille huit cents eu veaux ; on consômmerfans tous les -ateliers trois
mille huit, cents IV ...-■< ( luiit,-» bannes de charbon, ou seize mille cordes de
bois, sans r compter les trois cent soixante - quatre destinées
au chauffage des employés et
ouvriers; la moitié à peu-près
se tire des forêts de M. le duc de Valenliuois: le surplus provient des différentes
acquisitions que fou fait des
seigneurs voisins, et dvs ventes des quarts de réserve des communautés, qui ont
lieu tous les ans dans les maîtrises de-Vesoul et de- Baume
en-Franche-Comté. Ces établissemens tirent du charbon de celte
province, jusqu'au-delà de
l'Ile sur le Doux, à sept lieues de Belfbrt. Chaque année M.
riuicmlant de Franche-Comté accorde une permission, qui
autorise à sortir de cette
province le charbon que cette forge y fait fabriquer; et-nous avons dit que M. le
duc de *Valeutinois étoit
exempt du droit de péage pour !Vn-trée et la sortie de ces charbons, en vertu
«je l'anût * au conseil de mil six cent
soixante-huit.
Les fers de cette forge ont
deux prix : le gros fer se '* --i* vendoit, en 170,5, 177
livres le • millier pesant on/.e cents livres, et le fer martinet 204
livres. La \vn\c totale
peut monter annuellement à la
.somme de liiJ.ouo li\.
_La_qualité du fer de Belfbrt
est excellente : ses ibra;es ■■■*■-
V
\jr^~ |
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(.44).
sont d'ailleurs très-bien
situées pour le débit; elles avoi-Forges et four- sinent les grandes
routes. Leurs fers se vendent princi-
neaudeBelfort. itC-
m
"
•
j
it
paiement en Suisse; il en passe
aussi dans le Lyonnois. Contestations. L'arrêt du conseil d'état de 1668,
en confirmant la donation faite en 1659 à la maison de Mazarin, du comté
de JBelfort, fait défenses aux fermiers-généraux, et à tous autres, de
troubler le duc de Mazarin dans la jouissance des droits de forge, sous
prétexte de dixme et de quart, marque de fer. Il y a depuis long-temps
contestation, pendante au conseil d'état, entre M. le duc de Valentinois
et MM. les fermiers-généraux. Ces derniers, partant du principe que
l'Alsace est province étrangère, font percevoir sur les fers de
Belfort,.-à leur entrée dans les autres provinces, les mêmes droits que
sur ceux des forges non privilégiées, et les assujettissent au droit
de marque ; ce que la maison de Mazarin soutient être contraire aux
privilèges accordés et consignés dans les lettres de don dé 1609 ;
mais la ferme générale prétend que ce privilège ne porte que sur la marque
de fer à percevoir sur les lieux, et non sur celle que l'on exigera
l'entrée des provinces assujetties à ce droiïr
Le
minerai des divers endroits que nous avons cités, en commençant à décrire le fourneau
de Bel-fort (1), se trouve
tout en grains comme celui de Cha-tenois ; mais il est plus ou moins
riche, et d'une qualité plus
ou moins bonne (2). |
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(1) Voyez ci-dessus, pag.
40.
(2) M. Schœpflin
s'explique ainsi sur les mines de fer, dont je vais rendre compte: Gleba Bdfonms'is agri mediocrherfirtilis
est; at dives minera |
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( 45
)
^
-11 n'y a point de différence
remarquable entre les =======
mines de Rope, de Pfatfans et
d'Egueningue. Leur AlliU's <]v
minerai, très-pur, et parfaitement rond comme de la (,;Vo
J( grenaille, est fort riche, et d'une excellente
qualité : c^!'l,ïv'' mai\ son
extraction coûte beaucoup, parce qu'il faut Je tirer à une profondeur de
deux cent vingt-cinq pieds. Les bancs de mine de Rope paraissent être
dirigés sur trois heures, et sont bornés par de la pierre à chaux. Les
fouilles se trouvent à côté de la route de Bel fort à Colmar. Il paroît
que la mine ne s'étend que fort peu au couchant de la chaussée : mais du
côté du levant on la trouve jusqu'à la distance d'une demi-lieue : il y a
un grand nombre de puits dans ce cant&fi. Les fermiers actuels de
la forge de Bçlfort ont entrepris et achevé une galerie d'écoulement de
deux cent cinquante toi.ses de longueur, au travers d'un rocher calcaire
d'un grain fin* et dont la cassure est pareille à celle du silex. Cette
galerie a été faite pour mettre à sec le . sol d'une fouille en carrière,
creusée à la profondeur de vingt-cinq pieds, dans laquelle il y a plus de
quinze pieds de terre à mine à découvert. On s'est assuré, par la sonde,
qu'il y a de la mine à vingt pieds au-dessous -, de ce sol, et l'on ne
sait pas encore à quelle profondeur on n'en trouvera plus. Au moyen de
cette galerie on. remettra à sec tous les anciens puits supérieurs à cette
ouverture en carrière, et il sera très-facile de puiser à bras d'homme les eaux de ceux de ces puits
dont'le |
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ferrï, unie
in suburbano ferri fod'inct nugno numéro et officime ferraria sunt,
ex quibus prœstarùssimum
firrumaspentate carcns in remous quoque regiones transfertur. Alsatia
illustrata, tom. 2, pag. 46. |
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( 46
)
sol est inférieur à celui de la
galerie, car la plupart s deSope. des eaux viennent des couches
supérieures.
Lors de
ma visite , les fermiers'deH&(fa$evaux faisoient
•
former deux
puits sur la gauche, ou au couchant de la
chaussée; ils en creusoieiit
deux parallèles, et seulement à deux toises l'un de l'autre, pour se
procurer de l'air; chacun de ces premiers puits avoit cinquante pieds de
profondeur. A ce point ils commûniquoient entre eux par une traverse ;
c'est au sol de ces puits supérieurs que se ramassoient toutes les eaux
qu'on épuisoit à bras d'homme. Au-dessous de ces premiers puits, il y en a
deux autres aussi parallèles, qui ont encore chacun cinquante pieds de
profondeur, de manière que cette recherche étoit déjà à cent pieds; et
cependant, à Ta ' fin de 1780, on n'avoit encore rencontré que la
pierre
#■
, à chaux dont j'ai
parlé. Comme il paroît que du côté
du couchant cette pierre à chaux
sert d'e limite au banc de mine , ces puits semblent avoir été faits hors
de l'étendue de ce banc , et je doute qu'en y ait pu rencontrer de la
mine. Les mêmes fermiers de Masevaux "- faisoient relaver à la main, avec
la râpe et au tamis, d'anciennes terres à mine de Rope , provenant des
rebuts d'un premier lavage, qu'ils payoient 6 livres, le cuveau, rendu au
fourneau de Masevaux ; savoir, 10 sois dé transport, et 5 liv. cinq
sols pour le mineur.
Patrouiller. Les fermiers de
Belfort ont rétabli, près des mines de Rope, un étang, au moyen duquel ils
lavent leur terre à mine avec un patrouillet mu par une roue à augets, et
dont l'arbre est armé dans toute sa circonférence, et sur une partie
de sa longueur, de barres de fer .saillantes .d'environ dix-huit à vingt
pouces. Une |
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(47)
- |
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rk>oikde bois, assez forte,
introduit l'eau dans un caisson, ==s= au milieu duquel l'arbre tourne. Cet
arbre entre dans Winc* a(> fë caisson par une
entaille, qui laisse en même temps une issue à l'eau. Celle-ci , chargée
de la terre que détache le patrouillet, tombe dans un conduit de
bois, qui la dirige vers un petit canal fait en terre, d'où elle va se rendre dans une ancienne
fouille en carrière, pour /déposer son limon ; de cette manière elle ne
souille pas les prés, et ce dépôt comble successivement les . vieux
travaux. Lorsque le patrouillet a suffisamment détaché la terre, on
débouche un trou fait au bas et au-devant du caisson. La mine, qui y subi
l'action du patrouille!, tombe par ce trou dans une caisse
inférieure, où elle reçoit un nouveau lavage ; et de là élit* est
portée dans les tamis, où elle ebt lavée pour la dernière fois. L'eau du
caisson inférieur est également conduite par un fossé dans le même ancien
travail , d'où ces eaux ne sortent que lorsqu'elles débordent: mais alors
elles sont limpides et ont déposé tout, leur limon martial, de manière
qu'elles ne peuvent plus nuire aux terrains.
a.
On ne peut contester à M. le duc
de Valentinois, le droit d'extraire de la mine de fer dans l'étendue de
ses terres d'Alsace. 11 lui est concédé par les lettres de do» de 1659,
qui attribuent au cardinal de Mazarin les droits qui appartiennent à Sa
Majesté sur toutes les mines d'or, d'argent, cuivre, plomb, forges et
fourneaux à fer, étant dans l'étendue du comté de-Bel fort et des
seigneuries de Dell, Thann et Altkirch. Les fermiers de M, le duc de
Valentinois jouissent pour lui de ce droit ; mais ils doivent, comme il
serait tenu de le |
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(48)
faire , indemniser les
propriétaires des terrains qu'ils de Rcph fouillent. Ces
propriétaires peuvent souffrir deux sortes de dommages: la non-jouissance
de leurs terrains., "et leur détérioration.
Contestations. Le 29 janvier
1753, sur une première contestation élevée^au conseil souverain d'Alsace,
entre les fermiers
.
de madame de
Mazarin et les habitans de Chèyremont,
intervint arrêt, qui ,
entre autres choses , ordonna
qui! ne pomroit être procédé
au fou il le ment desdites
mines (pi au préalable, il ri
eût été constaté de Tétat
des
fonds, de leur qualité et valeur actuelle, dont
il set oit dressé
procès-verbal estimatif , aux jrais du
fermier, par experts, etc.;
en outre j ait défenses aux
fermiers de faire lacer les
mines sur ciucuns terrains,
sans le consentement des
propriétaires et des voisins
qui en
pourraient souffrir du dommage, et défend
encore
de fouiller la mine autrement que par chocs
ou
puits , lorsque la situation de la mine le per-
meitrq
(l).
1) Les ordonnances des mines',
le droit commun du royaume, et celui de i'Europe entière autorisent tous
ceux qui fouillent des raines à ouvrir des fosses, entasser des déblais,
pratiquer de.* chemins et établir des lavoirs pour les minerais sur tous
les terrains, dont ils peuvent avoir besoin , les seuls enclos exceptés.
Ces mêmes lois et usages permettent aussi à l'extracteur de se servir des
eaux pour faire mouvoir des tournans , et laver les minerais, sous ia
réserve de ne pas nuire aux usines et moulins déjà subsistons , et à la
charge d'indemniser tous ceux pour qui il"pourrait en résulter
quelqueMoit.
IS,ous n'examinerons pas ici, si ces lois, fondées sur le principe que
lecitoven doit sacrifier son intérêt au bien général, sont une atteinte au
droit de propriété. Elles sont toutes une conséquence de îa loi quia fait,
du droit des mines, un droit régalien. En un mot, elles existent , et
elles ont pourvu à ce que le propriétaire fut dédommagé
Cet
![]() |
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.
(49 )
Cet arrêt a été scrupuleusement
exécuté par les fermiers de madame de Mazarin , qui ont toujours fait
évaluer les indemnités dues aux propriétaires des fer--rains qu'ils
occupoi'ent, ou dans lesquels ils fôuilioient; mais en 1774»
messieursJiobiixLi>t compagnie, alors fermiers.,
ont eu avec les habitans de Çhèvremont, une contestatioi] nouvelle, au
sujet de l'évaluât ion des fonds. Des experts ont été nommés de part et
d'autre; et par acte du 23 août 1770, les fècrmers ont offert de
paver les dommages et intérêts résultans de la détérioration des
fonds, sur le prix de 590 livres la fauchée, et de dédommager de la
non-jouissance, à raison dé 35 liv. aussi par fauchée et par année.
Les habitans de Çhèvremont acceptèrent
ces offres. Il n'y eut que MM. Huguenot.et Meunier, qui par acte du
3o du même mois mirent à leur acceptation cette condition expresse; que
les fermiers 11c fèroient laver leurs mines sur aucuns de leurs héritages.
Au b décembre 1777 , ces
de sa non-jouissance, de
manière qu'elles ne le privent, réellement que de la faculté d'user de son
terrait) à son gré.
11 paroit , d'après cet exposé
, qu'on m* peut avec justice mettre d'obstacle à l'exercice des droits
accordé» à ceux qui fouillent les mines, que dans le cas où il seroit
certain qu'ils ne pourroient garantir aux propriétaires des terrains Je
paiement ordonne par la loi. Mais ee n'éîoit pas là le cas ,
lorsque le conseil Mouverain d'Alsace ." faîf défense, par son arrêt du
20. juin i;-33, d'établir des
ia\oirs naiis le consentement
de chaque individu dont les terrains scrvirolent au passage des eaux. Cet
article de l'arrêt est cm 11
ira ire à la K-iu-ur de>
ordonnances, en mémo temps qu'il attaque le droit régalien. LecunM'iJ
souverain etoil-M juge compétent dans cette ]>arjie? A-l-ii pu
sans l.'i participation du Roi établir en Alsace une jurisprudence
particulière, qui. n'est pas moins contraire au droit des mines, dont
jouisse))! , même sur celles de fer, les .seigneurs d'Alsace qui ont la
supériorité territoriale , qu'aux lois et aux usages du
-royaume?-
—Pttti.ie 111.
\ G |
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(5o)
~-—:——— particuliers présentèrent leur requête au
juge du lieu.
i ,mes te tope,
(^e|u;,ci ordonna la visite. Les fermiers
assurent qu'il fut .
constaté, par le rapport des experts,
que sur un espace
de deux cents arpens où les eaux
des lavoirs passoient, huit totses carrées à-peu-près avoient souffert
quelque' dégradation. Cependant MM. Huguenot et Meunier obtinrent au
conseil souverain d'Alsace, le i5 juillet î 778, un arrêt qui leur permit
d'assigner les fermiers en destruction de leurs lavoirs, et par provision,
défendit à ceux-ci de sj?n servir jusqu'en fin de cause. Les fermiers
, depuis cette époque , se sont vus obligés de suspendre leur travail.
Madame de Mazarin a présenté sa requête d'intervention , et ses fermiers
ont formé depuis une demande incidente , et ont conclu en 20,000 liv. de
dommages et intérêts. Le 14 janvier 1779, un arrêt du conseil a ordonné la
mise en cause de la communauté de Chèvremont. Il s'agit aujourd'hui de
statuer définitivement sur les demandes respectives. Les fermiers
remarquent que le conseil, par son arrêt du 29 janvier 1753. ayant admis
les droits de madame la duchesse de Mazarin pour la traite des raines, n'a
pu en séparer celui de les laver , et le subordonner au consentement des
propriétaires : qu'il n'a pu également ôter à madame de Mazarin la faculté
d'établir des lavoirs dans les lieux les plus convenables, à la charge par
elle d'indemniser les propriétaires, d'après l'estimation faite par des
experts choisis de gré à gré ou nommés d'office, ce qu'ils disent avoir
toujours fait. M. le duc de Va-lentinois, aux droits de madame la duchesse
, observe que les lavoirs dont on se sert aujourd'hui, n'étant point du
tout construits comme ceux qu'on einployoit |
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:;
- (5i)
autrefois, ne peuvent
porter aucun préjudice ni aux —■—-^ y ~~ héritages sur lesquels ils sont établis, ni
à ceux vers les- *-ines l<
LlO*K" quels sont dirigées les eaux qui sVn
écoulent. Il observe . que
soumettre l'établissement des lavoirs à la volonté des propriétaires, ce seroit le rendre
impossible ; que l'eau qui
sort des lavoirs traverse quelquefois dans sou cours les extrémités des héritages de plus
de trente particuliers ; que si vingt-tt€u£-de-ees-particuliers se
montrent traitables, il
suffira pour rendre leur bonne volonté infructueuse, que le trentième-reste
inflexible. Il soutient
que les droits des seigneurs ne peuvent être ainsi subordonnés aux caprices de la multitude de
leurs vassaux. H ajoute que
d'après l'arrêt de 1708, les seigneurs ne pourroient plus , sans des
préliminaires gênans, jouir du
droit régalien, qui les autorise à fouiller la mine ; que même, pour savoir si
un terrain contient de la mine
ou non , ils ne pourroient le vérifier sans le procès-verbal d'estimation ; qu'il
semble d'ailleurs que
l'intérêt particulier doit céder à l'intérêt public, les richesses que recèlent les entrailles de
la terre étant le bien de
l'état
De
quelque manière qu'on tire la mine, elle n'est jamais pure ; il faut qu'elle soit lavée
pour être en état d'être fondue. Les fermiers de M. le duc de Valeutinois
insistent donc et représentent
encore que la défense portée en
l'arrêt du conseil de Colmar de 17=)3 , de laver la mine sur aucun terrain, sans le
consentement des .
S
propriétaires, est d'une telle
conséquence, que ce dernier, tn
ne donnant point son consentement, est le maître de suspendre le
roulement des usines ; ce qui répugne
à toute espèce de droit. Autrefois l'estimation
G il |
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m |
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( 32 )
: des terrains ne ee
faisoit qu'après qu'ils avoient été ■ fouillés. L'ouvrier pouvoit d'abord
faire usage de la sonde; il faisoit Ûqs ouvertures ,
soit dans la superficie , soit dans la profondeur des terrains
qui. paroissqient ■promettre des mines ; deux jours de travail, tout au
plus, suffi soient pour qu'on pût reconnoitre s'il y avoit de la raine ou non. Dans le dernier cas, le
mineur abandonnoit le terrain après l'avoir remis dans le
meilleur état possible. Dans 1^ premier cas au contraire,
l'entrepreneur ou son mineur traitoi.entà l'amiable avec le propriétaire,
et s'ils ne s'accordoien! pas, un arbitre lînissoit le différend. Il
jugeoît du dommage par la surface des terres fouillées quancj: les mines
avoient été tirées en superficie, ou par la mesure du terrain qu'on avoit
occupé lorsqu'on avoit tiré la mine en profondeur. De même, continuent les
fermiers de M. le duc de \7alen-tinois, on avoit la liberté de
prendre les terrains pour former des retenues d'eaux et pour établir des
lavoirs. Dans ce cas on aclietoit les fonds à l'amiable ou à dire
d'experts, ou bien la propriété en demeurait toujours au possesseur, et
alors on l'indemnisoit de la non-jouissance et de la moins value. Ils
se plaignent que l'arrêt de 1753 renverse cet ordre, et détruit ces
facilités.
Dans tout le royaume , il
est permis de fouiller la mine de (bravée un entière liberté,
particulièrement en vertu de l'article neuvième de l'ordonnance de 1680, Elle donne le droit d'extraire la
mine dans tous les terrains qu'on jugera pouvoir en contenir, soit
par des puits, soit superficiellement, suivant la position de la mine,
enfin de la laver, et de choisir pour cet efïèt, les terrains qui y seront
les plus propres, |
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/•ni' Su |
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( Û0 )
le tout aux conditions y
portées, et à la charge de faire ——-estimer après la traite les dommages à
l'amiable, ou Mines à dire d'experts.
Le 12 janvier .1688 (1), les seigneurs de Rope
vendirent au duc de la Milleray,
seigneur de Belfbrt, le droit de faite bâtir et
construire , s il cn'isoit hon être ,
(1) Par-devant le notaire royal souscrit
général des pays de la haute-Alsace , en résidence à Beltort,lurent païens
noble sieur Aibti { l'Allemand
écuyer, seigneur de Rope , en partie , La-Chapelle et de* 1/ibenUviller, en son nom pour tnr
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(H)
forges et fourneauxi, faire
lavoirs , et droit de tirer tes nés de fer, qui se trouveront dans
Vétendue de leurs . Seigneuries de flopr et autres terres voisines .
à eux "*"" appartenantes et dépendantes de ladite seigneurie de
Rope , au préjudice de tous autres, pour en jouir et. disposer par ledit seigneur duc de la
JMil/eray, ses
pour l'effet de tout ce que
devant, lesdits sieurs Albert l'Allemand , François Conrard de Rope, tant
en son nom que dudit sieur sou iiis , mais encore au nom dudit sieur Beat
d'Aiguelin, comme grand-pere et tuteur des enfans de feu sieur Conrard de
Rope, ont donné pouvoir et procuration spéciale, séparée des actes passés
par-devant le notaire royal souscrit, pour obtenir de Sa Majesté don et
toutes lettres à ce nécessaires ; et quoiqu'elles soient obtenues au nom
desdits sieurs de Rope, elles seront et vaudront audit sieur due, ses
héritiers et ayant cause , connue si lui-même les avoit obtenues en son
propre nom, sans qu'il soit besoin d'autres actes que les présentes. La
présente vente, cession et transport desdits droits faits, moyennant le
prix et somme de trois mille six cents livres tournois , payable par ledit
seigneur duc de la Milleray , ès-dits seigneurs de Rope, en deux paieinens
égaux ; savoir, la moitié, qui e.st de dix-huit, cents livres, au jour et
date que les lettres de don du roi seront obtenues , ou un oiois après ,
et les autres dix-huit ceuts livres dans les six mois suivans pn pires, et, en cas que ledit sieur d'Aiguelin
ne voulût ratifier ou avouer le présent contrat pour le tiers des enfans
délaissés par feu noble sieur Courard de Roj tj , il demeurera
néanmoins bon et valable envers lesdils sieurs l'Allemand et de Pi ope, en
diminuant toutefois le tiers de la somme princ pale, lesquels ont par ce
moyen et par ces présentes transporte tous droits <](* propriété, nom,
raisons et actions qu'ils avoiétft ,-pouvoicnt avoir et prétendre, sur
tous les droits qu'ils oiJt vendus audit sieur duc par le présent contenu,
dont ils • se sont -dessaisis
, démis et dévêtus , pour et au profit dudit seigneur acquéreur, voulant
et, consentant et accordant que ledit -eigneur duc en soit et demeure
.saisi, vciu , mis et reste en bonne et suffisante possession et saisine,
par qui , et ainsi qu'il appartiendra en vertu ries présentes, don et lettres à ce obtenues tle
Sa Majesté; constituant pour cet eiTct leur procureur spécial et
généra! le porteur d'icelles ; lui en donnant tout pouvoir. C:tr
ainsi a été arrêté et convenu
entre les parties , et pour i'éxéeutkm du présent traité , lesditea
parties ont élu |
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( $5)
,
.
■hoir.'■'♦ successeurs et ayant cauxe,
comme e ha ses à e ter ......-■■ -~
appartenante*. Des
lettres-patentes de î686. qui per- Ml"e*
iH' ■mettent à M. le comte de Rolhembourg, seigneur de
Masevaux, de rétablir les usines qui existoient dans la vallée de ce nom
dès Tannée 1078, lui accordent aussi la faculté de fouiller la mine dans
toute l'étendue de sa |
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|
leurs domiciles
irrévorables-,-Simm^4eïH*-stetfr duc Je la MiHeray eu stfn hôtel .à-Paris,
et les dits sieurs l'Allemand, de U ope et tî'Aigueiin dans leur maison de
Rope, ès-queîs ils veulent et consentent que toutes sommations,
significations et autres actes de justice qui y seront faits contre eux,
soient de tel eifet , foi te et vertu, que s'ils étoient faits, parlant à leurs
personnes, promet i an > les diîes parties» avoir pour agréable
respectivement tout le contenu au pré*ent enn-trat, obligeant à cet effet
tous leurs biens présens et à *enir, lenou-çaut à toutes choses aux
présentes contraires. Fait et paase à Bel foi t,, le douzième
janvier mil six cent
quatre-vnrgi-huit , pié.^ens le siei.i François Passavant de Bel
fort , et le sieur François Démoulé cîe Giromagnv, témoins requis ; et
ont-signé à l'original le* parties et témoins avec le notaire royal
souscrit, l'ayant reçu, coUaiionsH'. Signé , Nougenot , notaire
royal.
Par-devaur le'greffier-tabellion du comté de
Bel fort, souscrit et en piéscnce des témoins en bas nommés , est comparu
haut et !?ui-s;int seigneur
monseigneur Jules Paul de la Porte, duc de'!a: Miîjeray, comte
de Bel fort, autres terres et seigneuries, lequel a approuvé, ratifié et
homologué tout le contenu au traité ci-dessus, en tous ses points ,
clauses et conditions , de même que s'il avoit été présent lors de la
passation d'icelui, promettant etc., obligeant etc., renonçant à foutes
exceptions aux présentes contraires. Fait et passé à Bel fort,, le premier
décembre mil six cent quatre-vingt-huit ," en présence de messieurs
Melçjjior Nobîat , prévôt de Belfort , et de François Passavant,
grand-maire de l'accise, témoins à ce requis. Signé à l'original , le
duc de la Milleray, Mc. jSoblat, François Passavant et Demougé
, avec paraphe , l'ayant reçu.
»
Collationnépar moi
tabellion-général des ville et
comté de Belfort, sur l'expédition du présent acte, au bas duquel est Ja
ratification eu original qui mra été représenté, et que j'ai à
l'instant rendu. A Belfon t le quatorze janvier mil sept cent
soixante-dix. S5<;aé, Boussef. |
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■ -. ■ . . (S6)
de Rope. fe
remarquer ici que, dans cet espace de trois lieues, se
trouvent comprises les mines exploitées par les seigneurs de Belfort,
tant dans leurs propres terres que dans celles de Rope, en vertu de
la cession de 1688 ; ainsi les seigneurs de Belfort, en vertu des
lettres-patentes de 1686, prétendirent le droit de concourîr avec ceux de
Masevaux pour la fouille des mines de Rope, Pfafans, etc., tandis que ces
derniers se croioient autorisés à extraire de- la mine dans les parties de
la seigneurie de Belfort qui se trouvoient dans leur arrondissement.
II eu résulta entre eux une contestation , dans laquelle intervint d'abord
un arrêt du conseil d'état du roi, rendu sur requête le 19 novembre 1686,
qui fit défense au seigneur de Masevaux, alors M. de Rothembourg, de
chercher et creuser la mine dans les terrains dépendans de la seigneurie
de Belfort.
M. de Rothembourg y forma
opposition , et par autre arrêt du 21 octobre 1607 , il fut dit que M. le
duc de la Milleray fèroit tirer seul de la mine de fer dans l'étendue de
son comté de Belfort, et le comte de Rothembourg, dans celle de la
seigneurie de Masevaux, sans préjudice a eux du droit d'en extraire dans
les autres lieux, en dédommageant les propriétaires. L'effet de cet arrêt
fut d'empêcher M. de Rothembourg de fbuille^dans les finages de Chèvremont
et de Pérouse, dépendans de Bd-fbrt ; mais il continua d'en tirer
de ceux de Bessoncourt, Ropeftautres lieux dépendans de la paroisse de
Pfàfàns, ce que les"seigneurs de Belfort, et MM. de Reynach , seigneurs de
Rope, voulurent encore lui
interdire. Il y eut de longues contestations, liées-d'abord au
conseil
de |
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de CoJmar, portées ensuite au
conseil d'état, et enfin renvoyées au même conseil de Cohuar, qui les a
terminées par deux arrêts définitifs, l'un du 16 mars 1746 rendu
contre M. de Revnach, et l'autre du 21 février 1748, contre les seigneurs
de Belfbrl ; ce dernier ordonne que les seigneurs de Masevaux
continueront avec les seigneurs de Belfbrt à tirer concurremment de la
mine du territoire des villages xïe Rope et de
Pfàfàns. |
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A l'époque de ces arrêts, ou ne
eonnoissoit encore dans les terres de la maison de Mazarin, que les mines
de fer du comté deBeîforr. En 1761, M. d'Anthez, qui exploitoi't les
forges du Val de St. Amarin , fil ouvrir des mines de fer dans les bans de Rodereu et de
RauiersmatJv dépendans du comté de Thami. Madame la duchesse de
Mazarin lui en avoit accordé lu permission, moyennant un canon
annuel. Après M. d'Anthez, les nouveaux fermiers des forges de Masevaux
s'en emparèrent en 1776 , et Madame la marquise de Rosen , ayant pris fait
et cause pour eux, lorsqu'on lui dénonça le procès-verbal qui fut
dressé à ce sujet, Madame la duchesse de Mazarin leva commission en
ijj'S , en demandant l'exécution des lettres de don de 165o, et
concluant à ce qu'il fût défendu àMadame la marquise de Rosen, de tirer
des mines Je toute l'étendue des terres comprises, dans les lettres de
don. Madame de Rosen opposa à cette demande la réserve de-l'arrêt du 21
octobre 1687. La cause est instruite au conseil souverain
d'Alsace.
Le i3 avril 171a, les fermiers de Belfort, et
ceux de Masevaux /firent un traité par lequel ils réglèrent entre
eux la traite des mines, dans les parties où les seigneurs
Farde III.
H |
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(58)
Mine? de Ropo. concurremment.
« Ils
convinrent que lorsqu'un ouvrier de l'un « des seigneurs, travaillant à la peile et
à la décou-" Verte, au roi t
trouvé quelque veine de mine , les • ouvriers de l'autre seigneur ne
pourvoient. l'appro-« cher plus
près que de sept toises de roi , à la ■■• charge toutefois que les
ouvriers qui auront trouvé la »-
mine , seront tenus d'y travailler sans discontinuer à « moins qu'ils n'en soient empêchés par
cause légitime ; « parce que,
faute de ce faire , ïi sera loisible à qui bon « semblera, de prendre possession de
l'ordon, sans « que pour cela il soit obligé à aucun
dédominage-« ment,
etc.
« Que
les mineurs ' qui travailleraient dans des « Siuck* (1) ou par le sous-terre,
ne pourraient faire ' « aucuns
Schochcs (2) plus près l'un de l'autre que de « quatorze toises. lesquels stocks seraient
réputés aban-« donnés trois
mois après la cessation du travail, à « moins qu'on n'en fût empêché par les
eaux.
« Que les dommages qui se
feraient en lavant la mine, « soit pour les chemins dont on se servirait
en commun , '< soit pour les frais, afin de relever les rigoles,
seraient * payés à proportion des mines que rhacun aurait fait « faire
dans les endroits où se trouveraient les dom-« mages , etc. Que chaque
partie paierait les domma-« ges de ses lavoirs , de même que les dommages
causés '< par l'extraction, etc.
( ' ) Le sens , dans îeqnel on
emploie ici ce mot , n'est |>oint du tout conforme à sa signification
propre. Stock-ert^} Stock-w..r;k , veulent dire banc de mine, mine en
masse.
(2) Schocke , par
corruption de Schacht, puits. |
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f " \ ■■■■
' '
*
Au mois de septembre 178.4 ,
les fermiers passèrent entre eux un nom eau traité conforme à
celui de 171
'X ^
Or, il
faut se rappeler ici ce que j'ai dit ci-devant delà galerie d'écoulement de deux cent
cinquante toises de longueur, que les fermiers des forges de Belfbrt ont
construite à Rope
(1). Ceux de Masevaux ont \oulu
nouvellement profiter de cette
galerie d'écoulement : immédiatement à 'cote" du travail en
carrière au sol duquel
elle aboutit, ils o:t ouvert une .tranchée ^ur
un banc de
mine.
Contestation est survenue; le
bailli delà seigneurie de Rope s'est nanti <Jè .l'affaire: mais
un arrêt du 10 août 17.0.$, a reçu les maîtres de forge de
Bel fort, appelans de la sentence rendue par le bailli de la
seigneurie de Rope , le 24 juin précédent ,-en faveur de M.
Bouchot, maître de fbVge à Oberbruck, et consors, et par
provision a'-fait dijfcn.se s audit sienr
Bouchot et co/wont , d*établir ou de
continuer aucunes fouilles ou trqyau.b dans les lieux de
Venceinte,-indiqués par les chocs , embases ou canaux d?écoulement, et autres marques
tracées par les supplions , à moins de
distance que de quatorze toises des parois des travaux des suppliant ,
conformément à la convention de
1710-
Messieurs Bouchot et
consors formèrent à cet arrêt sur requête, une opposition dont ils
furent déboutés par un arrêt contradictoire du 24 septembre
suivant.
Dans le courant de la même
année, il -y eut encore entre les fermiers de.'Belfort et de Masevaux, une
autre contestation
—-
M. d'An thez^, qui ci-devant
avoit réuni le bail des |
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(t) Voyez ci-dcssîhj-^pag. 45.
H ij
![]() |
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r* |
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~ forges de Belfort, à celui
d'Oherbruck et de Masçvaux/ Mines «îe Rope. avoft
forme,'au ban d'Egueningue, une retenue clans laquelle étoient reçues les eaux
supérieureTs'/Ge. réservoir servoit à fournir les eaux aux lavoirs,
et à arroser les prés inférieurs en cas de surabondance.^Dans* l'opinion
*que M. d'Anthez ne pouvoit disposer des eaux au sortir de cette retenue
qu'autant qu'il exerçoit les droits des seigneurs , et que comme simple
particulier il n'avoit pour cela ni pouvoir ni qualité, les fermiers, de
Belfort pratiquèrent une seconde retenue au-dessous et à côté de celle-ci.
Au rao}ren d'un empellement placé à l'angle ' .
du fossé de
décharge de îa retenue de M. d'Anthez,
ils remplissoient leur nouveau
réservoir avec les eaux superflues qui s'écouloient les jours chômés et
pendant la nuit. Les fermiers de Masevaux pratiquèrent dans la longueur
d'un pré joignant l'étang d^Anthez et appartenant aux fermiers de
Belfort, des canaux souterains, au moyen desquels ils rendirent inutiles
le canal ancien de décharge et le nouveau réservoir ; le cours des eaux
ainsi changé, elles s'écoulèrent en pure perte.
Par acte du 22 mars 1785, les
fermiers de Belfort se plaignirent de cette innovation , ils menacèrent de
se pourvoir, et en attendant ils ouvrirent un autre canal avec un
empellement pour ramener les eaux dans leur réservoir. Les fermiers de
Masevaux intentèrent une action contre les fermiers de Belfort ; ils
demandèrent que ceux-ci fussent contraints de démolir l'empellement
nouveau:; ils firent plus, ils bouchèrent l'entrée du canal qui ramenoit
les eaux.
M. le duc de Vaîentinois
intervint pour ses fermiers, et déclina la jurisdiction du bailli de Rope.
Celui-ci, |
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au lieu d'ordonner le renvoi,
rendit des sentences dans ===:=^~—~
cette
cause, comme s'il eût été juge compétent des Mw* HMMpe droits de M. le duc de Valentinois , et de
Madame la comtesse de Rosen,
sur les eaux du.ban d'Eguenïngue.
•-■' En
cet état de cause, inteniul le 10 août 178J , au conseil souverain d'Alsace, arrêt,
qui, par provision, défend au sieur Bouc/rot et cornons,'de
se servir des wanaux
souterrains el autres nouvelIciuen! pratiques * pour de ton n ferles eaux du
déchargeoirde l" étang d\4n-lliez, leur enjoint de leur rendre , dans
trois jours de la signification, le cours libre par les
anciens canaux y à la charge par les fermiers de Bcljorl
, suivant leurs offres, de ne faire entrer dans leur
réservai e y a ne les eaux superflues, et celles qui s'écoulent
pendant, les jours
chômés ou pendant les nuits, et (jui seraient inutiles ou perdues ; sinon, et à faute de
ce faire , autorise les fermiers de Bel fort ± à le
faire faire à leurs frais y ce (jui siéra
exécuté.
Après
avoir parlé des importantes mines de fer du Mines de comté de Rosemont, nous allons faire
connoître celles Glloul«g"y-de leur voisinage, plus précieuses par la
nature du métal ,
, ., ~
01
1
i
^
demie, n°, 144,
qu elles fournissent, mais dont
l'exploitation a été sujette ^ 55-à de fréquentes révolutions. Je
veux parler des fameuses mines de Giromagny, si florissantes autrefois. Le
bourg du même nom, qui en est le centre, est^eigfoéde'Rppe de 55oo toises
N. O. et de 6200 toises N. de Belfprt. M. le comte d'Hérouville en donna
une notice en 1741 {1) } , et M. de Gensànne-enTra à leur sujet
dans de plus grands |
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(1) Anciens minéralogistes, tom. a, pag.
727, |
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r62) ; ■'•■;,
*== détails-'. eâ_ 1756 (1) ;
enfin'M. Monnet en a fait un petit de article dans son
Exposition des mines (2).
On a déposé aux archives de "Bel
fort,"des comptes *. par lesquels on voit que ces mines ont rendu, pendant
un certain temps, cinquante pour cent de bénéfice*
„ Louis XIV, par un acte de
16.5*9 » donna à la maison ^-r de .Mazarin le comté-de
Rosemoht, et par conséquent-'.__' le bourg de Gironiagny (3), -aux
environs duquel sont situées les rames d'argent ef autres métaux/ Dans ce
'don furent compris Beîfôrt, Tharfn , Ferette, là -baronie d'Altkirch , la
.seigneurie 5e Dell et cîlsenheim.
L'exploitation aes mines de
Giromagny, fort an-, cienne (4), fut
suspendue en î716 , parce que M. \^ cardinal de Mazarin les
avoit concédées pour neuf ans à une compagnie qui les conduisit mal.-Ce
furent, si je ne me trompe, des Anglois qui les reprirentjen ïj'33, M. de Gensanne en
devint concessionnaire après eux. Le traité qu'il avoit passé avec M. le
duc de Mazarin " pour avoir la faculté de les exploiter, expira en
1744: ■ II fut remplacé par une compagnie de Paris , à la tête de laquelle
éloit M. Millin du Ferreux ; elle devoit eil jouir -cinquante années ;
mais cette société ayant consommé la plus grande partie de ses~fbnds dans
r l'établissement d'un moulin à polir le porphyre et
le |
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(1) Mémoires des ■Savans étrangers , tom. 4
,pag. 166.
(2) Pag 217 a
222.
(#) Gi.wp-i/j;e, vit.:s
insi_nis ùmpUtujinis, q/i sua m ulL fydinis in.rtmtnta -rr.axxnii débet, etc.
Schcepfliti , Alsalîa illui'trafa , .icuif. 2, pa^;.
48.
0 (4) In
Rosâm>n!a?2Jv,zL'e,{juiZ Le'fjrtcasisprxf.aum est, cira G'r
mantum et 'Auxsllam
supenortm, uberrïma q'wqSe argenti foa'tnx ji? art'ujtfls
jcin temps-
__
abus ianotuerunt, etc. SciiœpHin , Àlsatia ilfustrata, t. 1
, p. 12 et ï3. |
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'prah'îî
. fut obligée d'abandonner des travaux qne .M.-------
'Brocimann, pour lors
directeur, avoit remis en bon %;!:1 "nain :"on.f5oiirsuivoil à-l:i-fôis
neufgaleriç1?» pour mettre
les anciens'hâCaux à «sec.. Cet
abandon., 'ait «l'msje
v.
moment. où ■ -les mines
(lp:tmVV:;t "le "phis
d'espoir.' * .
■ pcrmit.'.V \1-, le dur
<je \ alentinois . aujourd'hui aux- "■* droiis^de la maison de iJa/arin , de
se..uifUt^\ji p^-_
■ Sc'ss'on/de tous
lesbâtimefis construits r.ar cette conipa- ^.^ i:;nie: une des"
c1au^s-rde la concession-avant exu*,^-se'inenl porte'1
(jifc \vs IVitimcns rtioifnu'roient au. s* i— <;nenrVd.ui« le
cas »iVles"ct)ncessioiiriaires abandonne- " -soient ftxpjokation..
"
-
e. ■ ' Les urines
dont"7 nous, allons donner la description.'
Av:ny. |
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.tll'iii'i tic |
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"réunissent 'inrgratid nojnbre
d'avantages 'ij. En eïfet nùintagnes eje ce canton"- cjuoicjue fort
élevées, nevl,p
'■sor^t pa's 'assez pour que les
glaces et les neiges-de. {"niut
nécessitent l'aliantlou det± travaux dans cette
saison1.. De nombreux vallons coupent ces montagnes /■ facilitent Pexploitation des filons
renfermés dans leurs pentes, et fournissent les eaux nécessaires
aij\\maehines,'~ aux lavoirs et aux fonderies. MM. de Reinacli possèdent,
aux environs de Giroi-nagny, des bois affectés aux mines pour les
constructions , les charbons pour les fonderies et le bois de ehauliaue nécessaire à leurs
ouvriers. On |
|||
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|
(i) M. de Pesay, dans sa
dix-liuitifiiu* Soirée I-Jelveticniu1 , park dt*» intiu-s de (iiioniagnv ; » .La
nature, ôit-il, apte-s avoir enrichi re.* >» nnoc,s de;; j)"hi.s
ncht's filons, a dlspost- à
IViKoiii des fx>is
iinni<jn■■{•.-. " en
grande partie afirt tes aux i'omkiies. J)ts étangs et couians d'eav; f> tuurnissent , sans relàt he , im
luotctn aux machines, et toules ie:-n facilites déshahles pour les
les>ive.s du niineiai. «i Qvnmmr tel oujrage ne puisse
faite iuUoiite painit le.s' n*ijKr^1ogiî.ît'>s, je Je
ci.li-parce que sou auteur n'est
rejjcoutrë ici avwf la verife^
•
' / . . - |
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(.64 tv v ■■;■■. v
= ni a dit que ces bois alïoient'à plus de sept mille
arpens. |
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Mmes de Les.fermiers des forges
«Je^Belfort étoient obligés de 1J* fournir le fër aux mines- à
un quart au-dessous du prix courant, et cette forge n'est éloignée des
mines que de ç- , "deux lieues. Le pays est
très:beau , on* y parle les deux langues* les
denrées y sont bonnes et peu coûteuses , et J les mineurs jouissent des
exemptions de droits seigneuriaux , de corvéeg^TTrtiutres charges
royales. Daiileurs les paysans y sont accoutumés aux travaux des mines.
Tant d'avantageXrjéunis* engagent le mineur à se fixer dans ce canton , et à s'y contenter d'un
salaire bien inférieur à celui qu'il recevroit ailleurs, II est
commun de trouver à Giromagny,* des ouvriers à vingt livres par moisf,
tandis qu'en d'autres-'exploitations on a peine à ! les retenir en leur
donnant dix écus de salaire pour le même temps.
■
t
Nature
des Enfin les gîtes de minerais y sont multipliés et gîtes de minerai, s'y soutiennent en
longueur comme en profondeur. Leur direction est constante et bien
-réglée : ils sont d'une puissance moyenne, de manière que les
substances métallique^ y
sont-rapprochées; on y a trouvé des mines d'argent de la plus riche
espèce, les meilleures mines
de cuivre, des galènes riches en plomb et tenant suffisamment .d'argent
pour mériter l'opération de la coupelle (i), quelque peu de mine de plomb blanche
et verte , des mines
d'antimoine et d'arsenic , etc. |
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(i) On
trouve à la pagf* 3o3 du premier volume de î'fclnryclopt'die ,
édition de Paris, 1701 , ir l'article AL a:e, uni' noie
tre-i-infonm- des produits dcM
«unes.de (itromagny dans le^i mois de mari ejL d'avril 1744. Celte note est incornpre.heusiMe, même
pour les personnes qui eomîohjsent la manière dont on calcule aux
exploitations 1« produit
: :'■■-..■ - .- .
:-Je |
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Je ne doute point, d'après ce
que j'ai \u, qu'en
employa})! dans l'espace de trois à quatre années 200.000 L
M|IIM (it
al exploitation de ces mines, on ne put mettre quelques-unes
d'entre elles eiî pleine valeur; le bénéfice seroît employé successivement
aux autres travaux qu'il conviendrait d'entreprendre, et bientôt on
auroit une exploitation aussi brillante que lucrative. La
description que je vais faire de ces mines, justifiera, je crois,
l'opinion que je viens d'en donner. 1! sera bon , en la
lisant,
des
•minerais : mais, comme clic peut donner quelques lumières sifr le contenu de toutes les matines qu'on ibndoit
alors à Giiomagiu , jtj crois qu'il sera utile d'en anaUsTr ici les
résultais , en obtenant auparavant que les contenus en arjrut et en
cuivie , indiqués dans les» colonnes, ne sont pas d'accord a^ec les
totaux , dans IcMjtJe!:-. i! hVm pas même lait mention c'u plomb ; on auiuit du cgalement indiquera
la colonne de la livraison
dvA mineiais, que Us quantité» qui \ sont portées", étoienl des livres; il
lailoiC ctionu i que le.-» chilTic:* ,°|x!.'( cr.
sous la colonne des lotlis
,:.ignifi')ieni ie nc-m'ue
de.s l-)!!"* <>.ï cit mi-oticcî» 'd'argent , contenus dans < haque quintal
c!e minci ru : il e n^wi'oii au «.si de dire que les chiffres des colonnes
ducimtcH «h ['ioinH iiwiiquuieiit la quantité de livres de ce;, métaux,
unfi-tnuc tir luêmo f'v^ vn quintal de minérjn. Enfin i] p.tiuif (jue les cinfîics ch- (c< <o]<Hîiies i.e sont pas poses'vis-à-vis des S')!un)e.'>
<_!(■■■. li\»\ii-sor^ auxcjuelî»1? ijsto»-resporulent ; car si Fou c.ilcul'1 en f<»'Mi|i*o«u de î'oixiu- (î.ui-. li'qiu'î \\i sont placés, on trou\e (|ue les
40,10, \\\. de iii.\t'reie.-. Jf^utiiii5 à J^ l'on cl cri e , en mars , coulenoient
J.'J mau ^. ô 11: < 1 s , 6 î:tu . e^-.ii^ent > «04 liv. , 4011c. de cuivre, et -,o .->
li-.. de [lowr1, ,:i. !ici: <:t t > «-.u!-, 3 !ives( sans doute on a
^ouiu iiuMm'
.ï î- i'm- '. et ï.'.-^. '\\. '•'' « ;.!. i< ,
à quoi l'article de
l'Encu-loprdie j mit- le- pr«-!aii lui;'.!. •■ 1- .r\i-n-xleja dit que celui en piomS) n'ft.îit jj- t ,uI;:l- L!n>ui\aM t:.v>i . t.i.'.'l, le (jutnfal des matières louinie> à
!<.i londiiiv' >mi
m<!i> truln-t ; fti<c. 1 denier et ïï grains d'.ngent , 2 fiv . 4 «M'u-h (.!<■ t ui » w ;
î<, !'•. it.>, 10 onces de plomb ; celui-ci tenant 5 mu e?
. '> gu>B. <; uuii:«.- u'.n^ci'.» au quintal.
Lès
méiiics eneursoni lieu dans
IVtat de- \\\ uû>t>ui du mois (i'.n il : elles, montent à 44,050 liv., t"l me.-, caienî.- pt rient lair uuiU-iiii à liv^tle plo«tbj5o maris , 1 oiut< t J
gio* d'aigent, et 3tc i î v, |
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/V^/V* ///.
I |
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Mines de
Giromagijy» |
( 66 )
de consulter outre les cartes
de l'Académie, la quatre-vingt-neuvième feuille des cartes minérulogiques
de M. Monnet (i). M. Duhamel,
ingénieur des mines, (ils de l'académicien,et M. Mailet,élèves de l'école,
ont remis a rachninihtratîon de très-bons mémoires sur l'état ac-fuel des
mines de Giroinagny. C'est parce que j'ai été témoin de leur zèle et de
l'exactitude de leurs observations", que j'ai fait a\ec conliance
usa>.re de leur travail
c**cuhu*;
au lieu de o> niaics- ! •
'u.(cji plate de Jolti-) 'l'argent tt dt koS- fî\. de cui\ te , q.u tciuie-iî le
ic-înîuit fie cet aitii le dans î'E:u \clopedk- : (Vêpres i.it-s
optiati^ns, < Imu.!»-
quintal de matières
fournies tnavul , tient -
gios et 10 "\-a\iu
ù'ai^eut ; i'li\., ,'A onceà >
o ^îo-. , 1 denier il îv>
g;<.iiri- ckj
cui. ic , el 21 !•'.. , 4 onc. de plomb ;
|
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et |
!uq;if
fjuin;al de plomb te Uimu1 îenli ^.out.^ 2 ^ros et 21
graius |
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|
Si au ccHitTiûre on "prend pour
base les totaux de 1' m supposant, cpmine-ci-dî'^us, qu'il i eUnent reyîs
, et que la diffe-rente ne pruvuiî i|iH'_du dépiac^iieiit des eliîfiVes
dans les colonnes de» états , nous aurons pour"les li\ ïa'fdon-s
cle ti?ars , au quintal de minerai, 1 os e e,, 1 j;ro.i, t tienier ei G
giains (.l'argent ; 2 liv., 10 onee-s à e cui\te:et pour k-s livKiisons
d'avril , 1 once j-3 grains
d'argent T et'- liv., - onces",>f ^ra> tîe
ctdvre. _
11 fau! obser\ er que k>
conlenu ties minerais est plus considéraiile |
|||||
|
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|||||
|
en rêaiiu'*-, que ne .Se
donnent ces vésuilat>, puiscm'ilqin tiennent jusqu'à 4 et <5 -lolh^
.cl'argetH au fjnintal |
y a des pari, ies :ss de |
||||
|
|
|||||
|
■ cuivre ,rei.plu»
cie 5o livres de plomb. Mais ieâ matières e ies livraisons tlemars et
d'avril 3744 , ne sont pas uniquement du m\~ néraî ; îî y a parmi, beaucoup de laitier
et de triages de déblais, et .si-l'on jet te les Veux sur ces états
., ottï'ie "doutera --plus tjuc le»» sommes de.> colonnes ne
répondent pas^ cornnse- elles le'deyroient, à celles des matières
fournies, car iî est rtdieuîeiJly voir que des crasses tienneut plus de oc
liv. de plomb , etc. ileureusement nous n'avons pas\à craindre
des/articles, aussi t*a-û t i fs fans îa partie des travaux des mine>
de"i*Erreyelopédie HK^tliodique. M. Duliamel ,.qiji est chargé de sa
rédaction , n'aurpit.pas puijHe;des états si■-rncGrû-cts.
v s } Cette feuille a pour
titre: Carte jtuinéralogiçjLae d'une partie de la Franchf-ConiU' eî de
l'Alsace-.,.oh si* tréuvent
Lu«, Bvlfort et Montbelliard. ■ ...
'"'■■':■'" ""'-"-■",_.;-..■*._ |
|||||
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pour différens.détails , dont je
n'ai pas eu !e loisir d<»•
~~™-.-—.-r=.-nrïnstruire sur les lieux. Les principales mines de Ciiro-
M""*" '--màgny sont en partie situées
au nord de cette ville, du
"
côté de
Saint-Pierre, et en partie au couchant dans la paroisse cfAuxelle, au revers du vallon de
Planchez-les-mines en
Franche-Comté, dans lequel on aci-de\ant fait un grand nombre
d'exploitations.
Je
commence la description de ces mines par celles' Tmiî'.m qui sont au nord , dans Te Ban même de
(iiroma^uv*. <|: ('lf;"1!'.~; ; et particulièrement par celle de bamt-rierre
. comme tuJ ,,,' §ll „,,, Ta fait M. Je comte
d'Hérouville; elle nV.st qu'à une dioaint-i'itiic. ^"ès-petite distance de Giromagnv, dans la
monfaqne de Mort-Jean. M. de
Gensannë la re^ardoit comme la
plus profonde et la plus vaste des minières tïu canton : il y comptoitJusqu'à treize puiis
fi). rLpiacoil le sol du dernier à la profondeur de
ou in/** cents pieds."' Le
puits supérieur se trouvoit à rpiaranle toises de
l'entrée de la
galerie: celle-ci se pro!onw>it de cin-quante-cinq toises au-delà. Il panoit
plusieurs galeries de ces
divers j)iiits. El y avoit encore un puits au jour, dislaïit delà galerie d'environ rent ciiK^Hante
toises. Il avoit été creusé sur
la, direction du lilon ; . ■ les gens du pays disent que sa
profondeur est.au plus.-' de cent
pieds. Vingt-deux pompes aspirantes,-mues par une roue de trente-deux pieds de
diamètre* que faisaient tourner
les eaux d'un canal extérieur long d'un quart de lieue, épuisaient les eaux de
ces fosses. Ce filon étoit,
dit-on, incliné de quarante-cinq degrés, ;-de .manière qu'on ignore si les quinze
cents pieds de |
||
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|
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|
(ï
Al. le couuc dTlérouville uVternmu* hi
profondeur tit" chacun i- t es
puUs. AncieiJii mincralugislcs , tonn. ï, pag. 728. -- |
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(68)
:rT"~ profondeur,
indiqués parM.de Gensanne, sont obliques -te T)ii
perpendiculaires (j). Les matières qu'on tiroït de ce
fîioiu couime-nous l'om fait voir les tas de déblais , con-sistoiYnt en
mine de cuivre urii:e et jaune, et en gajène. Du temps de M. d'iiérouviNe elle îenoit
depuis trois jusqu'à huit loths- d'argent au quintal. M. ( >:
r^i-sanne porte de quatre à huit
lotbs- sa richesse en ary,< ni. Le ternie moyen de ces données est à-neu-pres
le même. Au"neuvième puits. Je
filon avoit deux à trois pouces de mine pure. Il ne s'en trouvoit guère
qu'un demi-pouce dans la
profondeur, où le iifon se rétrécissoifc beaucoup. M. Broehnann avoit eu l'intention
de relever la galerie principale, pour en poursuivre l'entaille dans
le champ frais , sans doute, parce qu'il rf avoit pas jugé
vraisemblable qu'on eût poussé ces
travaux à une si grande
profondeur, s'ils n'eussent pas été productifs; mais fa compagnie dont il dépendoil cessa
ses travaux avant qu'on ïiit parvenu à la tête de la galerie. Les
mi-neui'sdu
pavs,qui ont reconnu au-dessus de\ escemont, village situé à 1 embouchure d'un vallon
parallèle à celui de Giroinagny, un filon dirigé et incliné comme
celui de Saint-Pierre,
contenant les mêmes espèces de minerai , sont persuadés que cet évent de
Vescemont est la continuation
du filon de saint-Pierre; cette assertion vague doit être mise au nombre de
celles doni j'ai fait mention
clans mes notes aux Lettres deTrébra (2), II v a sur le même filon , selon M. de
Gensanne (3), |
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|
|
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|
(1) M. Broehnann , aujourd'hui diieew*i
<»<'>- mines uv Poullaouen [■h bas:;e-Bretagne , mu dit que ce
sont Jyioo pieds perpendiculaires-,,X) Page 246, (6) Memoiîfs deê Savam étrangers,
tara, IV , pag. ï6y> |
||
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|
un
autre ouvrage, appelé Saint-Louis , qui joignoït par ------.......-
'une'galerie les
travaux de Saint-Pierre. M. d'Héron- ,.. J ville (i) fait aboutir les ouvrages de
Saint-Louis clans une des
galeries des fosses de Phenniu^-thurn : on r.e peut raconter de tous ces travaux que <e
que ces écrivains et la
tradition nous en apprennent.
En face de
Saint-Pierre-les-mines. et toujours dans Mino&de-cuiw le territoire de Giromagiry ,-sont les
travaux dé Saint- plomM ai^ Daniel. Ils
consistaient, en 1741 ,eu une galerie de trente toises, sur la longueur de
laquelle il yavoi'tcinq puits('i). Du sol des trois premiers
partait une galerie de quarante-deux toises. M. de Gensanne (3) ne donne à
ces travaux que deux cents pieds de
profondeur ; ce filon produi-soit outre le plomb, de la mine de
cuivre grise et jaune* qui rendoit quinze à dix-huit livres de cuivre au
quintal, et six, hui t et
jusqu'à douze onces d'argent. La gâlènedon-noitquarante-cinq livres
deplomb au ([uintal; pour l'ordinaire ce Ç\um ne fournissent
que de la mine à boccard, il avoil
six pouces d'épaisseur commune (4). Les travaux
que je viens de décrire, sont
connus sous le nom de la mine
de l'ancien Saint-Daniel. Il en existe de plus modernes, placés à cent toises environ des
anciens : ils consistent en
plusieurs puits, dont l'un pris au.jour, tomboit sur l'entaille de la sralerie: il v
en avoit deux autres dessous,
qui, réunis au premier,
donnoient |
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(ï) Anciens
minéralogistes , loui. ï*
pag.
-3t.
(2) Leur profondeur est indiquée h la
page "3e. <oQî.-i de» Ancien? minéralogistes.
(.i; Mfnioirt's des Savans
é(iaiigers} tom. 4. pag. j67 ; et Ancieiis ntmeralogistes ,
ibid.
(4) Anciens mineralogisles ,
ibid. |
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Mïncs de fondeur. Ces travaux ne sauraient être tenus à see
que
iromagn>. ^af une galerie
d'écoulement ; celle de Phenning-thurn,
dont nous aurons occasion de
parler, les délivrera de
leurs
eaux (i).
Mine de cuivre A soixante
toises environ au levant de Saint-Daniel, de St. Nicolas. SORt
jes ancjens travaux de Saint-Nicolas, Ils
ont peu d'étendue ; en 1741 on jugeoit qu'il étoit nécessaire d'exploiter
cette mine pour l'utilité de celle de Saint-Daniel (2). A la même époque,
la longueur totale de la galerie anciennement pratiquée sur le filon,
n'excé-doit pas vingt-six toises. Les mineurs actuels, qui savent l'état
où étoient ces travaux au moment où on les abandonna , prétendent que
cette galerie a été poussée à la longueur de soixante toises ; elle étoit
dirigée du sud au nord. Trois puits (3) pjrfcéê les uns sous les autres,
portoient la profondeur H#-tes travaux à cent vingt pieds au-dessous de
cette galerie, à la tête de laquelle il y avoit deux pouces de mine
désenivre jaune et grise. On assure qu il avoit été pratiqué a son
extrémité une galerie de traverse, qui servoit à l'écoulement des
eaux et au transport des matières de la mine de Saint-Daniel. C'est à
cause de cela, sans doute, qu'on croyoit utile'de maintenir en bon état
les fosses de Saint-Nicolas. La direction du filon de Saint-Nicolas est
sur douze heures et incline au levant.
(1) M. Broeiruann croit
se rappeler, que les nouveaux travaux de Saint-Daniel sont pris à 60 pieds
au-dessous de la galerie de Phenning-thurn.
(2) Anciens
minéralogistes, toni. 2 , pag. 73i.
(3) Voyez la profondeur
de chacun de ces puits ; Àncieus rninéra-lugistes,
ibid. |
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( 7» )
Les travaux de
Phenning-thurn (1) seXvoient à peu = |
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de
distance au nord des mines de Saint-Daniel. Ils |
Gir- |
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passënt pour les plus
considérables du canton; le filon
M |
imi de (.mue |
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qu'on y a exploité
autrefois étoit dirigé du sud au ndfd, rt argent.
a.-
presque perpendiculaire vers le
jour, mais incliné au Pbeniiï.i»-ii
levant au-delà de la moitié de
la.profondeur des travaux,
II donnoit de la mine de cuivre
jaune et grise, contenant
dix à douze livres decuivra -et
deux marcs d'argent au
quintal (2) : les
ouvrages consistaient en une galerie de
quinze cents toises, et douze
les autres et approfondis
chacun de cent pieds; ainsi
la profondeur totale de ces
travaux étoit de douze cents
pieds. En 1741 , M.
d'Hérouville vit dans le septième
puits, de la mine
d'argent,disperséeau-dedans du filon:
dans une foncée que Ton
creusoit à l'extrémité d'une
extension de 3o toises, qui
partoil du neuvième puits,
il
trouva un pouce de mine; et trois pouces dans le
douzième'du côté du
nord.
Au sol le plus bas des travaux,
où aboutissoient les corps de pompes d'une machine hydraulique qui y avoit
été construite, il y avoit d'une part trois pouces, et de l'autre six
pouces de mine massive sans mélange de rocher. La description que M.
d'Hérouviiïe nous lait (3) de ces travaux est confuse.
Le canal dont les eaux
fàisoienl mouvoir la machine hydraulique dont je viens de parler, les
recevait de la rivière deGiromagny, à trois quarts de lieue des
travaux. |
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(r) Tour aux phennings , tour aux. deniers ,
tour où est déposé le trésor public des villes , etc.
{%) Anciens
niiiH'raiuuisies, tom. 2 , pag. ~3i.
" "' ..
(3)
Ibidem, pag. ;3a, |
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Mines
Giromagiiy* |
près d'une lieue et demie, à
cause de ses sinuosités. Pour fournir de l'eau à ce canal, lorsque la
rivière n'y suffisoit pas, on avoit construit les étangs delà Buzînière,
des Belles-filles, d'Etang-neuf, et un quatrième, situé entre le ban du
Puix et celui de Giro-magny, dont on ne m'a pas dit le nom. Ces détails ne
présentent rien qui puisse engager à proposer la reprise de ces anciens
travaux. Elle seroit infiniment trop dispendieuse. La compagnie de M.
de Gensannè ne parvint à vider ces ouvrages que jusqu'au septième
puits.
Aujourd'hui on a pris le.très-bon parti de commencer
une galerie précisément en face du château de .Phenning-thurn, au pied de
la montagne qu'elle doit ouvrir. Elle coupera à angles droits la direction
ordinaire de tous les filons qui peuvent s'y trouver, et en
même-temps ceux des travaux de Saint-Daniel, ëe Saint-Nicolas et de
Saint-Louis. Ce percement, Cjui lors de ma visite avoit cent
quarante-quatre toises de longueur, étoit dirigé de Test à
l'ouest.
Des ouvriers ignorans le
poussoient à raison de Jo livres pour huit toises; mais outre qu'il
manquoit d'air, parce qu'il étoit tortueux, il avoit encore le défaut de
s'écarter très-sensiblement delà direction dix heures quatre huitièmes,
qu'on devoit suivre pour arriver au puits de Saint-Daniel. MM. Duhamel et
Mallet le redressèrent : ils en levèrent le plan, en y remarquant
tous les objets qu'on a rencontrés. Je joins ici ce plan et la description
qu'ils en donnèrent.
« A A A. Sinuosités que fait ce
percement. « B B B. Opérations que nous avons été obligés de « faire à
l'extérieur en dessus de la montagne jusqu'au
« puits
![]() |
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Percement de |
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|
JPaae "2 . |
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||
PLAN ET COUPK DU PERCEMENT DK
PFKNINGTIIUIïN; '/*?/>m £>(//• Mfs DuliAiiicl -et
3
Nivrell cm en t e ( Pr o fil cl e la
? >c^rations extérieures. |
||
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||
|
* puits
de Saint-Daniel, où l'on veut aboutir dans la
» C.
Piquet placé en dessus de la montagne, où Ton » présume qu'est le puits
Saint-Daniel.
» D C.
Direction sur dix heures quatre huitièmes , » qu'on doit suivre pour parvenir au fond
du puits » Saint-Daniel ».
■
.
Après
avoir calculé toutes les horizontales des opérations .comme cela est
indispensable, et rapporté le plan, nous
avons trouvé i°. oiie les travaux alloient beaucoup trop à droite, et qu'il y avoit au
moins une différence de
quatre heures, 2°. Qu'il y avoit encore quarante-huit toises à percer jusqu'à la ligne
verticale, qui séroit abaissée
du point C, où est le piquet, sur le percement. 3° Que le puits.où l'on vouloit
aboutir, étant incliné du côté
du percement à l'orient de quarante-cinq degrés, suivant la pente réelle du
filon ,^il n'y au-roit tout au
plus que vingt-cinq à vingt - huit toises pour rencontrer le
puits.
E E.
Galerie des anciens, à trois toises du jour, sur la direction du filon de Phenning-thum, et
dont on ne sait pas la
longueur.
E F.
Puits sur la direction du filon du midi au nord, sur douze heures ; en cet endroit il est
vertical, mais plus bas il incline au couchant, si Ton en croit la
tradition.
G G.
Direction d'un filon de quartz sauvage du midi au nord, sur douze heures , inclinant au
couchant à vingt-quatre toises
du jour : il ira point été suivi.
H H'.
Galerie de huit toises sur la direction d'un filon de cuivre, plomb e.targent ; il s'est
appauvri au bout de ta
galerie, où l'on a foncé un puits de huit toises. Le
Partie
III.
*
K |
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|
( 74
)
—=.---— filon y étoitun
peu plus riche, et donnoit trois pouces dl de minéral. Sa
direction esl'du midi au nord, sur une heure septentrion; il incline au
couchant.
Kl. Galerie de six toises de
longueur, sur la direct tion d'un filon d'argent gris , courant du
nord au rrn/fr, sur trois heures méridien ; il incline en sens contraire
du filon H H, et s'y réunit au poiigpK.
L L. Galerie de quatre toises,
à cinquante toises du jour , sur un. filon de cuivre, plomb et argent; sa
direction est du nord au midi sur deux heures.
M'. M Galerie des anciens sur
le filon que Ton. a rencontré en M*, où il change de direction, et
prend celle de dix heures septentrion. " -
\
N N\ Galerie de quelques
toises, faite par les modernes, qui ont rencontré-de vieux travaux en
N'.
N O. Une partie de ces vieux
travaux-, dont on ne connoît pas la longueur; le filon a dix-huit pouces
de largeur, mais ce sont des grains de minéral répandus dans la gangue qui
est quartzeuse.
P\ P Galerie de treize pieds,
dont neuf sur la gauche du côté du midi : à son extrémité, Ton a trouvé du
plomb et du cuivre , le filon ayant trois pouces d'épaisseur de minéral »
A droite du percement, vers le midi, au »> point marqué P , la galerie
n'a que quatre pieds ; le » filon s'est appàftvri, et il paroît que
c'est-là sa tête. La » direction générale de ce filon est sur deux heures
** du midi au nord , et son inclinaison au couchant. «
Q Q'. Direction d'un filon
d'argent, cuivre et plomb, de dix pouces d'épaisseur;» elle est du nord au
midi, >> sur une heure quatre huitièmes, et son inclinaison au »
levant. Il n'a pas encore été travaillé ;oa attend
pour |
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» cela qu'on ait fini les
percemens ; ce filon a été pré-» cisément pris par la tête, il ne se
trouve plus dû côté » du nord sur la droite du percement. L'on présume »
que c'est fe même que celui de Saint-Nicolas. Il donne ». les espérances
les plus flatteuses , et est à cent vingt-» une toises de feutrée du
percement, et à vingt-une » de son extrémité actuelle; si la
galerie qui traverse » depuis la mine de Saint-Nicolas jusqu'à celle de
Saint-» Daniel, est longue de
cinquante toises, et que le »
filon QQ soit vraiment celui de Saint-Nicolas, il » resteroit
encore à faire vingt-neuf toises, ce qui cadre •» -assez .bien avec nos
opérations. «
II en
résulte qu'on a déjà atteint le premier but qu'on s'étoit proposé en entreprenant ce
percement, celui de découvrir
de nouveaux filons en ouvrant la montagne.
^-s*.
Si l'on
va au nord un peu nord-ouest des travaux / que je viens de décrire, on trouve en
remontant la / Savoureuse, le
village du Puix, dans le territoire du- ( quel ont été exploitées les mines dont je
vais donner \ le
détail.
v
V
Celle de Teutsch-gruhd est
placée par M. de Gen- Ban du saune (i) entre le filon de Phenning-thurn
et celui de Saint-Daniel. M. Broelmann m'a dit avoir reconnu que
cl <î>al"ftcllt
ce
t n i m
t
TeuUch-grund.
la direction du falon
.deTeutsch-grund étoit la même que celle de Saint-Pierre, et qu'il
regardoit le premier comme la partie correspondante tiu second, en
allemand le Gt'gen-tnunm.
Il paroît que cette mine de cuivre et d'argent a été
- |
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(ï) Mémoires des Savons étrangers, toni. 4,pag.
168.
Kii |
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— ci-devant productive. Les0 anciens avoient
fàk-sur ce |
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Aimes de fï|on deux galcrit\s<Tune (|ii'on
estime avoir étf poussée
(liioniii^nv.
». ...
, p .
-
<■
. -i
*- ' a sept cents toises , et I
autre environ a onze cents. La
compagnie fit ouvrir la.
première de ces paieries, dans
la longueur de cent toises;
mais nonobstant la grande
'
quantité de bois- qu'on y employa pour
étanconner.
les éboulemens furent si
fréquens qu'il fallut y renoncer.
M. Broelmann , ayant observé
que le iilon de S^int-
Pterre et celui de
saint-Daniel, dévoient se joindre en-
r
vîron à cent trente toises au-de-là de la
première de
ces
galeries, c'est-à-dire à huit cent trente:toises du
jour, désiroft les exploiter
dans leur point de réunion.
Pour y
parvenir, il se mit en devoir de relever cette
même
galerie: il l'entreprit d'autant plus volontiers,
.qu'elle n'avoit pas le défaut
de monter comme celle de
Phenning-tburn , et
que son sol étoit de cinq toises
plus bas que celui de cette
dernière;mais les travaux
furent cessés en même temps et
par les mêmes motifs
que tous
les">*jires.
Mine Je plomb A un quart de
heue au nord du village-du
Puix, à et argent de St. ]a galiche de la
grande route du Ballon de Giroma-
Fraucois.
' ' . ,
,
, _, . ,, . .
r
gny (îj, sont
les travaux de oamt-rrançois, qui turent
(i) I.e Ballon est une ïnonfagne
très-haute, sur laquelle on a pratiqué xmv chaussée supeibe,
servant de communication de Belfort à îvancy , à Rêmireiuont , etc. 1 y a
deux mille pieds à monter: cependant la peute de la chaussée a été
ménagée avec tant d'art, ses coudes et ses replis sont tellement
multipliés qu'ils foi ment des rampes , dominant les unes sur les
autres, dont la montée e*t si douce qu elle n'est que d'un
pouce par toi>e, et qu'il
faut trois heures pour atteindre la partie la plus élevée de la
rouie, et pvesqu'autant pour en descendre. Pour la construire , en a fait
sauter les rochers ; le côté du précipice, et.quelquefois même celui de la
montagne sont revêtus d'une rampe à l'autre par une maçonnerie
sèche , autant pour soutenir |
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?
abandonnés en 174.3 (1) par la
compagnie de M. de Gensanne , après qu'on eut dressé
prncè.s:verbal en présence de tous les mineurs, qui
reconnurent qu'e cette mine ne valoit rien. Elle fournissait trois à
quatre pouces de galène, donnant quarante pour cent de plomb et une once
et demie d'argent; mais elle
ctoit souvent mélangée de rocher de quartz. Les travaux
consisloient'en une galerie de quinze toises, dirigée sur neuf heures
septentrion et en deux puits. Le sol du second étoit à quinze pieds
de profondeur: on en a voit commencé un troisième, au fond
duquel le minerai disparut totalement; il ne s'y trouva plus qu'une roche
noire sauvage,
M. d'Hérquville nous parle (2)
d'une autre mine *située Travaux de dans le ban du Puix, qui étoit
appelée Saint-Jacques : on ^aim-J ne l'exploitoit point en 1741, parce
qu'il auroit fallu y établir des pompes, et que pour les faire agir on
auroit consommé une partie des eaux, dont on ne vouloit pas priver la
machine de Phenning-thurn.
'le terrain, que pour empêcher que les pierres
et les terres qui s'en dfuulient , ne vannent s'amasser sur la
chaussée. Aux endroits où ■t*yfr'-'ci se trouvoit coupée par des
ra\ines,on a .pratiqué plusieurs ponfs de pierre voûtés , parmi lesquels jl
s'en trame de fort élevés.
A une petite lieue du'sommet se
voif un monument, érigé* en 1768 par feu M. de Lueé, intendant en Alsace.
Jl consiste en unv fontaine en forme de pyramide ; l'eai*, fjui
sort "d'un masque de bronze ., tombe dan> une coqurlle.de marbre, et
s'tcoule dans un bassin i^rolescmc-ment taillé. Sur la pyramide est
l'inscription suivante r' -
- Imperat hic Lodoix, nec s-.y y a ijorre«ce ,
nec uhdas; suspice, dant
rupe? poc^la, monsque >"iam.
a n
n. m. d c c l y i i t.
Au liant du Ballon se ^souvent
plusieurs métairies: son sommet fixe dans ce canton les limites de la
Lorraine et de l'Alsace.
(1) Mémoires des Savans
étrangers, totu. 4, gag. 169.
(2) Anciens minéralogistes
, tom. 2, pag. 733. |
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(78)
Mines de ae
]'académie, à feuit cents toises environ à l'ouest nord-
iiio.i.agii>.
ouest du viUage du Puix. Le filon
de cette mine est
j\Inie de plomb ,. . , ,
v
, .,.,.,
_.
.
fUiSt. MicU-l. dnW du
nord au sud. et incline a 1 ouest. Son rocher latéral est calcaire; sa
gangue, du spath de la même nature; son minéral, de la galène. *
***
En 1741 les travaux, selon M.
d'Hérouyiïle, consis-
toient en une galerie de
traverse de 8 toises, et un puits
de 5 toises. En 1767011 a fait
au-'dessous de îa galerie
des anciens, une nouvelle
traverse par laquelle on a
jpdatteint le filon à
vingt toises du jour. Plus bas a été
prise
une troisième galerie, qui a trente toises, et la
j
pente de la montagne
est si escarpée dans cette partie ,
qu'il seroit facile d'ouvrir
une galeriéircinquante toises
au-dessous , sans que sa
longueur fut considérable : les
travaux sont pleins
d'eau.
Mine de plomb Plus près
du.Puix, dans la partie de la montagne de de Ste. Mane. Saint-Michel qui
porte le nom de Sainte-Barbe, est un filon parallèle à celui de
Saint-Michel ; connue lui, il fournit de la galène, mais sa gangue est
quartzeuse ; il se pourroit néanmoins quece ne fût que le même Hion. Ces
travaux peu importans ne consistent qu'en deux traverses, dont l'une
n'est inférieure à l'autre que.de quelques toises. Le filon qui ne
don n'oit que de la mine à boccard fort maigre, fut bientôt abandonné :
aussi les haldes y sont-elles peu
considérables.
Mine de
cuivre * M. d'Hérouville fait'mention de la mine de la Seligue, de la Seligue. ou du Schlich (1),
située dans le même ban. Il n'y av-eit |
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(1) Tous les minéralogistes
savent que ce mot allemand signifie le minerai en poudre, tel qu'il sort
des lavoirs. |
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' (79)
qu'une galerie de vingt toises sur le filon qui
donnoit------------
de la mine de cuivre pure.
Mûies de
Giromagnv.
De-là', M. dTIérouville passe à
la mine de .Saint- ... , ' .
* ri
- ■jMinodecuivre
Nicolas-des-bois , ouverte à
une forte lieue au nord rl j,, pUimb do du village du Puix.
Elle donnoit de la mine de cuivre et ^i4'nt
-Nicolas-de plomb ; ses travaux sont situés à une centaine
de ^~iiUi>-toises au-dessus du pied de la
montagne. Ils consistent en deux traverses. Celle cjni est supérieure à
l'autre", doit avoir eu environ vingt toises de longueur, et on s'est
contenté de faire de droite et de gauche des extensions de quefques
toises seulement, sur le filon dirigé du sud au nord, et incliné à
l'ouest, dans une gangue quartzeuse. Une foncée de trente-cinq pieds a été
ouverte dans l'une de ces traverses qui sont remplies d'eau , etc. Les tas
de déhhiis qu'on remarque, indiquent qu'il a été fait sur ce filon un
grand nombre de trous d'a-rileu-remerrs^fr) sur la même "direction.On
croit clans le pays qu'anciennement ils ont fourni assez de minéral pour
alimenter une fonderie située à la Goutte-Thierry-, à 25oo toises au nord desGiromagny ; il n'en
existe plus d'autres vestiges que des scories. Mais il est
probable que les mines de Saint-André , Sainte-Barbe, Saint-Paul,
aussi dépendantes du Puix, et dont nous allons parler , fournissaient en
même temps à cette fonderie.
Les mines de Sainte-Barbe, sont
environ à quinze Mine do plomb cents toises au nord de Giromagny,
derrièn^ne maison de Ste<
Barbe-isolée, qui se trouve à la droite de la grande route du
Ballon , où il y a un percement comblé, que les mineurs
__{x)_Schurff des Allemands. |
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(80)
=== disent avoir trente-quatre
à trente-cinq toises. M. de de Gensanne(i) croît que les travaux de ce nom
ont été &n'>- faits sur le même filon que
ceux de Saint-André. Les haldes des fouilles de Sainte-Barbe , sont sur
une heure quatre huitièmes; on y trouve de la galène. Si Fou en juge par le rocher qui constitue
l'extérieur de la montagne , la roche'latérale de ce.filon, est du
granit. Sept à huit toises au-dessous du percement précédent, - on en prit
un second de dix toises, à la tête duquel on creusa une foncée qui
communiqua'dans de vieux travaux éboulés. La mine fut abandonnée.
*
Mine de plomb- Lesmjnes de
Saint-André sont à cinq cents toises-—-de Saint-André. au nord
des travaux de Sainte-Barbe, on les distingue en vieux Saint-André, et
nouveau Saint-André. Us sont faits sur une veine-, dont la direction est
parallèle à celle dû filon de Sainte-Barbe. Peut-être même n'est-ce qu'un
seul et même filon , comme Insoupçonné M. de Gensanne, puisqu'il est vrai
qu'une galerie, d'environ deux cents toises,-communique du nouveau au
vieux Saint-André. Les trous rapprochés qu'oa observe à la surface du
terrain au- nouveau Saint - André , donnent lieu de croire qu'on a extrait
beaucoup 'de minéral des affleufemens de ce* filon immédiatement sous la
terre végétale. C'est à une galerie de quatre cents toises , pratiquée au
vieux Saint-André, que se joint celle de deux cents toises dont nous
venons déparier, il existe - encore dans le vieux Saint-André, une galerie
d'écou- * lement, et une traverse supérieure à celle-ci d'environ vingt -
cinq toises. Cette traverse a trente à quarante
(î) Mémoires des Savans étrangers, tom.4, pag.
169.,
toises |
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|
toises de longueur. Il y a eu
cje plus deux percemens =■
pris jusqu'au niveau de la
rivière , à quatre-vingts toises Min™ d environ au - dessous des travaux
dont nous venons de tllolUilKny-parler; nais on ne
les a guère poussés que de trente, toises. Ces travaux,qui pourroient
devenir utiles, furent interrompus lors du départ de M.
Broelmann.
A six cents pieds environ du
vieux Saint-Paul. on a Mines d fait une galerie de cent toises, sur un
filon qui paroit être Sunf-Plu! le même que le
précédentauquef il est parallèle. Le filon étoit très-maigre dans la
galerie,-ainsi que dans un petit puits pris à son extrémité.
M. d'HérouviIle (1) nomme encore dans le ban du
Puix, les mines de la montagne Collin, de la montagne Schelogue, des trois
Rois, de Saint-Guillaume, de Buzencère; et M. de Gensanne (2) nous parle
d'une mine d'argent vers la montagne de Saint- Au toi ne, et d'une mine de
cuivre jaune et verte, trouvée près du sommet. Il croit cjue ce dernier
filon est le même que celui qu'il a rencontré dans un percement fait pour
parvenir aux grands filons de la vieille halde.
Nous terminerons la notice des
mines du ban du Puix, par celle de la mine de Saint-George, située dans le
mort Jean, montagne où nous avons vu qu'étoient placés les travaux de
Saint-Pierre. Les anciens avoient exploité à Quinze ou seize toises au -
dessus de la rivière, par de petits travaux encore au jour , un filon
dirigé sur six heures, tenant de la mine d'argent grise dans du quartz et
du schiste. M. Broelmann fît poursuivre sur cet ancien travail une
galerie de vingt toises,
(1) Anciens minéralogistes,
tom. 2, pag. 733. ; (a) Mémoires des Savans étrangers, tom, 4 ,
pag. 169. Partie
III
h |
||
|
|
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|
||
|
—
= et creuser une foncée dé dix toises. La mine
d'argent
M* A
unes de g-risas'v étant soutenue, il prit une galerie
d'écoulement
tiiromagny: T i i
.1
le plus
bas possible, presque au niveau delà rivière, et qui devoit aboutir à la foncée ; mais
cette galerie avoit à peine été
poussée à cinquante toises, que Ja compagnie cessa ses
travaux.
M.
d'Hérouvilîe cite une mine d'argent du ban d'Is-tueffont, à une lieue et demie au levant de
Giromagny, ' '■■
qui de mémoire d'homme n'a pas été exploitée.
Ban
d'Auselle- Passonsmaintenantaux mines d'Aûxelle-haut ( 1 ), vil-haut-
lage situé à
deux mille toises au couchant de Giroma-
gny. Ces
mines sont au revers de la vallée de Planchez-les mines, que je décrirai lorsque je
publierai ma tournée en
Franche-Comté. La première mine qu'on trouve en Alsace, dans le ban d'Auxelle, en venant
de Franche-Comté , est celle
de Saint-Jeaij d'Auxelle, située au mont Menard ou Bomare.
Mines
de M. de Gensanne compte trois filons dans ces tra-plomb , cuivre vaux (2) ; l'un dirigé sur
douze heures, l'autre sur onze, et argent de St. çt
je -jroîsïèïlie sur dix. Peut-être
n'est-ce qu'un seul et
Jean-ci Aux elle.
„
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, , ,
J
'
a mem-e • hlon qui a
des veines iaterares, partantes ou joignantes. La gangue est pour la plus
grande partie du quartz blanc mêlé de spath calcaire. Son minéral étoit de
la galène qui donnoit, suivant le même auteur , soixante-quinze livres de
plomb , et deux loths d'argent au quintal. Il s'y trouvoit quelque peu de
mine de cuivre |
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(1) » Orip.nctn hulc vïco
metalli fodiruz quoque dederurj, seculo XVI. Quart » directori
earum Heydemburçio in fcudum obtigil, sed taminncuTn infimâ juris*
n dictione. a Schœpflin , Àlsatia
illustrata , tom. 2 , pag. 48.
(a) Mémoires des Savans
étrangers , tom. 4, pag. 166. |
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. (83)
_____
jaune. Le filon contenoit assez
constamment dix-huit •--------~.....-
pouces de minéral massif, jamais
il n'en avoit donné moins de neuf; les travaux faits sur ce filon ont eV
fort considérables. M. d'Hérouville( j ) et M. de Gcnsanne (2), en donnent
des dimensions qui ne s'accordent pas entre elles. Je ne puis en parler
que sur les'rapports de ces auteurs et la tradition des ouvriers, parce
que les travaux sont noyés, les machines n'ayant plus sufli pour les tenir
à sec. La dernière compagnie fît commencer une galerie d'écoulement,, dans
une prairie auprès du ruisseau des Maux., C'étoit le point le plus bas
qu'il fût possible de choisir. Cette galerie qui devoit avoir cinq cents
toises de longueur, et qu'on abandonna lorsqu'il en reslo.it encore trois
cents toises à faire , auroil donné l'écoulement aux eaux jusques environ
soixante.toises au-dessous des travaux les plus bas. Si tous ces faits
sont vrais, c'est-à-dire, si la richesse et la constance du filon dans ces
derniers travaux, ne sont point exagérées, et que les distances énoncées
soient exactes, il est certain-qu'il seroit à désirer que ce percement
fût délivré et continué. M. Broelmatin pense qu'on peut
facilement' faire venir la rivière de Planchez-les-mines, pour faire
mouvoir une machine qui épuiseroit les eaux des fosses de
Saint-Jeàn-d'Auxelle.Les autres mines du ban d'Auxel.Ie, sont celles de
Saint-Urbain, de Saint-Martin, de Sainte-Barbe , de Saint-Jacques, de la
Bagralle, de Saint-Philippe , de l'Homme-sauvage, de la Schelmuth ou
Scherchemite, de Saint George et de la Geseliseharft.
(1) Anciens mînérafogistes, toro.C, pag.
734.
(2) Mémoires des Savans étrangers, tora. 4, pag.
166. |
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( 84 )
. -
------—— Celles de
Saint-Urbain furent découvertes en 1734
* * "mes c ou 1735, dans la montagne
du-même nom; leur filon,
Gtroniasiny.
i. .
M- j" j |
dirigésur quatre heures quatre huitièmes,donnoitdepuis cuivre ci arvicni s*x
pouces jusqu'à un pied de galène argentifère et de ïH-Si.
Uibair.. mine de cuivre jaune.
Les travaux cessèrent en 1744» quoique le filon se fût bien soutenu : ils
consistoient *- ,
en deux galeries pratiquées sur ce filon ,
distantes l'une
de l'autre cfenviron soixante
toises, et longues chacune de
soixante-dix loises. On avoit creusé dans la galerie inférieure quelques
puits, dont la profondeur n'a pas excédé quatre toises. La galWie supérieure
étoit en même temps destinée à
mettre à sec les travaux de Saint - Martin , auxquels elle devoit
bientôt communiquer.
*»■
Minedeplomb, Ces derniers
travaux sont, comme il est facile de le t-uivre eta^ent penser d'après ce
que je viens de dire, plus élevés que ceux de la mine de Saint-Urbain. On
y trouve le même minerai que dans celle-ci : il paroît que depuis la
relation de M. d'Hérouville (1), ces
travaux ont été passablement poussés. Au rapport des mineurs qui y
ont travaillé., la galerie étoit longue d'environ soixante
toises, et il y avoit deux puits, distans l'un de l'autre de quarante
toises, et profonds de quatre-vingts pieds, au sol desquels devoit communiquer la galerie
supérieure de Saint-Urbain, dite le percement de Saint-Martin. Lors
de ° la visite de M. le comte
d'Hérouville, le filon n'avoit que quatre à cinq pouces d'épaisseur; mais
les mineurs soutiennent que sa puissance s'est élevée jusqu'à trois
pieds, et qu'aux points où il étoit le
plus foible, il avoit
(1) Loc. citât., pag. 734. |
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au moins neuf pouces. D'après
M. Broelmann, ce ne ======
sont que des veines éparses sans être encaissées, qui
Mine* de
.
* , ,.
j
.
,
l
Giroma^nv.
ne promettent rien, et le dire
des mineurs n est pas exact.
Le filon de Sainte-Barbe donnoit
de Ja galène MincdeplomK argentifère , mêlée de beaucoup de bleinde et de
cuivre, zinc et mine de cuivre jaune. Les anciens favoient attaqué
*l*°!n par un'grand nombre de puits, sans jamais s
étendre sur sa direction. Les travaux sur ce filon ne cousis-
U
toient, du temps de M.
d'Hérouviile , qu'en une galerie de
deux toises, à l'extrémité de laquelle étoit un puits de
quatre-vingt-dix pieds ; mais au revers de la montagne, à soixante toises
d*un ruisseau , il existe une galerie de cent toistes, et on y a
approfondi un puits de cinq toises; à vingt-une toises de cette galerie on
en voit une autre plus ancienne dont on ne connoît pas la longueur ; on
s'est étendu de quatre à cinq toises de droite et de gauche par la galerie
inférieure qui coupoit le filon.
Peu au-dessous et au midi des
travaux supérieurs de Minedecuhie Saint-Urbain , est l'ancienne minière de
Saint-Philippe et de fer de St. qui fournissait de la mine de cuivre jaune
dans du fer pl»hppe. spathique. Suivant le rapport des gens du
pays, on y avoit pratiqué une galerie de trente toises ; et à quinze
toises du jour on avoit approfondi un puits de douze toises.
La même pente de montagne
renfermoit aussi les Minedeplomb vieux travaux de Schelmuth ou
Scherchemite , dont ll les haldes même ont disparu. Cette mine,
dit M. d'Hérouviile, est de
plomb, et son filon étoit, à ce que |
||
|
|
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|
Ç 86 ) _
. mes e prétend qu'il avojt sa direction sur six heures, que
les
Giromagny. * .
l
^
*
travaux traversent la montagne
et qu ils communiquent dans le
puits de la mine Saint-Martin.
Mine de
Ter La dernière compagnie qui a exploité cef? mines, et de cuivre de tïf-<^>it delà
montagne de Bagralle de l'hématite, qu'elle
°
rt "
livrait à Bèifort, au haut fourneau à
fondre le fer : le
filon étoit dirigé sur deux
heures, et incliné à l'ouest; il n'a
pas donné long-temps de la mine de fer pure. A peine les travaux avoient-ils été poussés de
quelques toises, que
l'hématite se trouva mélangée de mine de. fer spathique, et
celle-ci renfermoit.de la mine de cuivre jaune : on y tronvoit aussi de la galène. Ce
filon a été fort peu suivi ; et si l'on continuoit les travaux,
probablement on verroit que la mine de fer se perd à mesure
qu'elle's'éloigne du jour.'
Mme de Saint- M. d'Hérouvilie cite encore la "mine de
Saint-Jacques.
Jacques.
}] asslire
qU'i{ y avoit des ouvrages capables
d'occuper
cinquante- mineurs
coupant mine dans une foncée de
soixante
pieds, prise dans une petite galerie qui partoit
d'un
puits du jour profond de vingt-quatre pieds.
Minedeplomb M.
d'Hérouvilie parle aussi de très-petits travaux de l'Homme- fajts £_
découvert à la mine de l'Homme-sauvage, sur saunage.
un
^{on je mjne ae
plomb de deux pouces d'épaisseur
seulement.
Mine de cuivre Enfin il indique
la mine de cuivre de Saint-George, de
St. George. sur laquelle il ny a d'autres travaux qu'un puits
de dix-huit pieds de
profondeur.
Aucune de toutes les minières
du ban d'Auxelle, dont je viens de
faire mention, n'est exploitée aujourd'hui. |
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(' «7 ) ' II n'existe
maintenant d'autre travail dans ce finage — |
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que la galerie neuve de Saint-Philippe. -
^^fTes
dr
1
°
J l
■
Giroiuagny*
Cette galerie est à trente et
quelques toises au- Mine de-cuivre, dessus du village d'Auxelle. Destinée'
à couper et l)lom'Jet
arKeru
..
■ ,
1 ,
•
j i , de la ixalmo
mettre a sec tous les travaux
que je viens de décrire, neiJV(. rf'e
Sain(_ excepté ceux du grand Saint-Jean , elle a été poussée
Philippe, en ligne droite, sans jamais sortir de sa direction de dix heures. Elle est élevée de plus de huit
pieds, et lors de ma visite sa
longueur étoit de près de cent toises. Les anciens avoien.t fait
differens ouvrages à six toises de l'entrée de cette galerie, et on a
supposé que c'étoit sur le -filon de Bagralle.
Parvenu à soixante-dix toises du
jour, on a coupé un filon de mine de plomb très - important ,. qu'on
assure n'avoir jamais été travaillé en d'autres points ; il est dirigé sur
dix heures, incliné à l'est, épais de plus de deux pieds : une veine mince
d'argile le sépare du rocher.
Dix
toises plus loin on a rencontré du côté du midi un filon de cuivre mêlé d'un peu de
plomb; ses
'
apparences sont aussi
brillantes que celles du filon précédent; il est dirigé sur six heures, il
incline au ' • sud ; sa puissance est d'un pied à dix-huit
pouces.
II est intéressant de joindre
ici une note faite en 1767, de ce qu'il en coûtoît par toise de percement
dans le roc vif aux mines de Giromagny: sans doute tout a augmenté de prix
depuis , mais proportionnellement ; et si l'on compare cette note à
celle des frais du même genre d'ouvrage aux autres exploitations du
royaume dans la même année , on verra facilement |
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■<& |
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.
(88)
=====
que les prix de Giromagny sont bien inférieurs à ceux Mines de des autres lieux ( i
).
Comme tout le travail actuel
consiste a pousser les deux galeries de Pfçnning-thurn et de
Saint-Philippe, et qu'on n'arrache nulle part du minerai, les
élablisse-meiis destinés à le préparer pour la fonte, ainsi que les
fourneaux, sont en mauvais état. On voit à Giromagny un boccard à cinq
pilons , treize tables à laver, des labyrinthes, deux fourneaux à manche,
privés de leurs
(i) Observation sur les mines de
Giromagny, faite en Panuée 1767.
Deux mineurs peuvent faire, dans
un mois de temps, deux toises . et demie de longueur de galerie, lorsque
le roc est le plus vif-j et trois toises, lorsqu'il est moins
dur.
Détail de. ce qu'il en coûte.
liv, sous.
Les gages de deux mineurs, à 9
liv. par mois pour un , font pour les deux................*........ 18
Un mineur peut user dans les
douze heures de travail soixante aiguilles; l'aiguille pèse trois
livres.
Il faut
pour apointer cent vingt aiguilles pour les deux mineurs ,à 6 deniers l'une, pour
vingt- , quatre heures 3 liv., et pour trente jours....... 90
Une aiguille peut être apointée
dix fois , ensuite elle demande à être réaciérée. Il en coûte pour
réaciérer une aiguille, % sous 6 deniers.
Le réaciérage de ' ent
quatre-vingts aiguilles , à. z sous 6 deniers , monte
à..................... 22 10
Trois bourroires à 24 souà l'un
, font.......... 3
12
^rois
épinglettes à 10 sous l'une, font........ 1 10
Une aiguille ne peut être
réaciérée que trois fois , après quoi elle est hors de
service.
Cent vingt aiguilles pour les
deux mineurs, pesant
i35 12
-
soufflets |
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(89>
soufflets (1); enfin, une forge et des
magasins-qu'on |
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a
établis dans les anciens atel.'?rs, à scier et polir *
llK'a ° |
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|
G i
romain v |
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|
le granit et*
le'porphyre.
La cour de ces ateliers
ressemble aujourd'hui à l'emplacement d'une fouille faite
pourdéterrerdes antiquités. On y voit des fragmens de jaspe, de
serpentine, de porphyre et de granit, des débris de vases, de
colonnes , etc.
J'avois envoyé ci-devant à M. de
Boni des échantillons de minerais et de gangues de Giroinagny;
lorsqu'il m'en accusa la réception, il me témoigna vivement sa surprise de
ce que de pareilles matières |
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|
îiv. sous.
Ci-
contre.......... 13 J 12
trois livres l'une, font 36o
Iiv. à 6 sous la livre ,
ci...........................................
108
•Vingt-quatre stuff-ei&en à
i5 sous l'un , font.. . iH
Six pics à têie à 40 sous l'un
, font........... 12
Trente coÎqs à 10 sous îTun ,
Font............. 10
II faut trois pinces, une
grande de quarante livres, une moyenne de trente, et une petite de vingt
livres, qui pèsent ensemble quatre-vingt-dix livres, et qui, à raison de 6
sous l'une, font27 liv%, lesquelles oa estime pouvoir servir trois mois ,
dont le tiers pour un mois fait...........,......,.........,,..,.
9 |
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Total....__. 297 12 |
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Ce qui fait par toise
courante................
ny
II en coûte en outre dix-huit
livres de poudre, à
2.0
sous.......................................
18
Plus
trois livres d'huile, à iS sous............
2
Deux
curroirs à 10 sous l'un , font.............
1 |
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|
Total de ce qu'il en coûte pour
une toise courante de percement,................................ 140
S
(1) La halle qui renferme ces
fourneaux , est vaste j on pourroif y en construire plusieurs autres s'il
le falloihs Partie I1L
X
M |
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( 9o
)
==
n'engageoietît pas ï'administratron à faire plus cfat-rie tention aux mines d'Alsace,
et à encourager tleur exploitation.. On. a extrait dans les Anciens
minéralogistes (
tom. i, p. 590) une lettre que ce savant écr.ivoit en
mars 1770, qui est conforme à ce qu'il m'avoit marqué au sujet des. mines
d'Alsace. Il seroit bien à
désirer que les travaux utiles entrepris par M. le dut. de Valentinois, "engageassent une
compagnie opulente à •lui
faire des% offres qui pussent lui convenir. Ces -..mines sont peut-être de tout
le royaume, celles dont il y '
auroït le plus de produit à espérer ?■ si elles étaient bien
conduites.
lôllie. - - Depuis mon départ de Giroraagny, on
m'a assuré |
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|
le-Kduli |
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ouie- . qu'on
trouvoil des -événtsde houille dans le terri toice de Rougegoute , village
situé à quinze cents toises sud est de Giromagny; je ne saurois prononcer
sur le mérite de cette indication.
Ancienne forge MM. de
Reinach avoient obtenu au mois d'octobre deRougemont. 2 636,
}a permission de faire construire dans- leur terre de Rougemont une forge à 1er et un
fourneau , et de faire fouiller
la mine de fer à deux Heues à la ronde de ladite terre, qui est à quatre
mille deux cent toises E. de
Rougegoute. MM. de Reinach ayant négligé de faire enregistrer cet arrêt,
obtinrent le 01 mars 1608, des
lettres de surannation , au moyen desquelles le Conseil souverain d'Alsace
l'enregistra le 17 mai
suivant; j'ignore si cette forge a jamais été construite, niais elle n'existe
pas.
Vallée de Dès l'année iofo, il
y avoit, dans la vallée de Mase-Mase.aux. vaux.dcs usines,pour l'usage
desquelles le Souverain
fourneau de
*
%
» J»» *-*
Masevaux. accorda, par lettres-patetïtes de la mema^nnée, le
droit |
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|
< 9i
)\ ■ de la traite des
mines. Ces usines tombèrent en ruine
pendant les guerre des Suédois.
M. le comte de RothVm- ^ aîi'v
bourg,
ayant acquis la ville et seigneurie de Mase\au\,
se
proposa de rétablir ces usines, et obtint, à cet effet, /r';^
n.
au mois de juin 1606 des lettres-patentes,
portant ft,i. ;,.-,.
permission au dît
seigneur, d'établir une forge à fer. Tihc-.
et un
fourneau dans la seigneurie de Masmlin.ster ou
Masevaux, et d*y faire
chercher et creuser la.mine,
même à
trois lieues aux environs , en dédommageant
les particuliers, etc. (1). Le
fourneau construit en cou- Auliois.
séquence de ces
lettres , est situé dans la paroi.-.se de
Masevaux, à neuf mille
toises N. E. de Beifbri, et
deux
mille cent toises mêire direction de Rougemonî.
Il ne
manque jamais dVau; on y a construit une halle
à charbons, suffisant à
l'approvisionnement d'une année |
||
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|
(1) Voici le dispositif de ces
lettres: » Nous avons audit sieur de « Bot hem bourg permis ef accordé
,'perni "errons et accordons , par ces » présentes signées de notre main ,
de faire construire dans ladite » terre et seigtieurie de Masmiinster une
forge à fer et. un fourneau ,
» et d'y faire chercher et creuser de
la mine de 1er dans ions les » endroits d'icelle où il y en pourra
avoir, même à trois lieues aux » environs de laditeterre, en dédommageant
toutefois les particuliers, » à qui appartiendront les.héritages j dans
lesquels il s'en trouvera, » pour desdits forge et fourneau jouir
et user par ledit Suppliant-, » ses héritiers, successeurs et ayant cause,
seigneurs de ladite sei-» gneurie de Mas-munster, pleinement, paisiblement
et perpetueflc-» ment, sans qu'ils y puissent être troublés ni inquiétés
pour quelque » cause, et sous quelque prélexle que ce soit ; à condition
que ladite » forge ne causera aucun dominante, ni préjudice au public , ni
aux » particuliers, et que, sous prétexte d'icelle, il ne yera dégradé
aucuns " bois ;à la charge aussi par ledit sieur do Roihembourget par
sesdits » héritiers, successeurs et ayant eau.-e « seigneurs de
ladite «erre vt •»
seigneurie de Masmiinsfer , de payer annuellement à noire domaine, » pour
raisoft de la présente permission , une redevance de deux écus « d'or. Si
donnons , etc. «
-------
Mi) |
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|
-VaHée tle ■* |
entière ; des logemens pour un
commis et six à sept |
|||
|
ouvriers
; un boccard pour la castine, et un lavoir à roue pour nettoyer'lamine. Le fourneau de
Masevaux, «
ainsi que tous les établissements qui en
dépendent,
appartient à madame la
marquise^de Rosen , qui l'a afiènnë à M. Laurent, à raison de 18,000
livres sans bois , pour neuf années à compter de 1782. Le fourneau de
Masevaux ne trouve d'aliment en charbon, que pour six mois de Tannée, de
manière que l'on peut cal-^
,
cuïfr son produit à six cents milliers de fonte
environ,
quoique ses ateliers soient
disposés pour en fabriquer »
un
Fabrication. Il s%€oule , dans
l'espace de vingt-quatre heures deux gueuses, pesant chacune dix-huit à
vingt quintaux. On consomme par gueuse tfeize à quatorze eu-veaux de
mine. La consommation pour l'année peut 3 aller à quatre
mille cuveauxde mine, sept cent cinquante bannes de charbon, qui usent
à-peu-près trois mille coites de bois, et au-delà de six cents cuveaux de
cas-Mines.- tine. Le fourneau de
Masevaux tire environ cent-trente cuveaux de mine en grains de Rope,
d'Egueningue et '" Bezoncourt. Il s'approvisionne aussi dans la forêt de
Steînbie,.paroisse de Thann, au minier de Steinbach, à la minière de
Houppach, au minier du BuchBurg, dans la forêt de l'Abbaye, en allant à
Burbach-le-bas, enfin au Kohlerberg, paroisse de Burbach-le-bas. Tous ces
endroits sont situés à une lieue environ à la ronde de Masevaux. Le cuveau
de ces différentes mines revient à cinquante sols rendu au fourneau; nous
en parlerons en détail en leur lieu. Bois et charbon. Le fourneau n'a
point de bois qui lui soient affectés, |
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|
'■
( 93
)
II faut qu'on achète tous les charbons nécessairesà lacon-
======»
sommation. On compte pour la banne deux et un quart
% rAh'v
de
.
,
! , ...
. , Mascvaux.
de cordes montagnardes; cette
corde est de, dix pieds
de couche, cinq pieds de haut,
et trois pieds et demi
de taille. Le bois qu'on achète
des forêts de l'Abbaye,
et du coté de la plaine, se
paie à la toise de six pieds
de haut sur six pieds de couche
et trois pieds et demi
de long:
savoir, le sapin 4 livres 10 sols et 5 livres;
le hêtre 6 livres à 6 livres 10
sols; le chêne 5 livres à
5 livres 10 sois.
Indépendamment des mineurs il y a Ouvriers.
au fourneau un fondeur, un
sous-fondeur, un releveur
de charbons, un releveur de
mine , deux chargeurs ,
trois manœuvres occupés à mon
ter la mine au gueulard;
en tout neuf
ouvriers.
Nous allons décrire de suite
tous les établissement de cette vallée; nous parlerons après des mines
qu'elle . renferme. Le premier qui se présente en remontant la vallée, est
la taillanderie «de Langenfeld.
Cette taillanderie est siiuée
suc le ban du village de Taillanderie Langenfekl, terre de madame la
marquise -de Rosen , Langeuield. à cj^x-sept cents toises N. O. de
Masevaux : elle appar-
/
tient à Pierre Eckard, et a été
établie sans lettres-patentes. Sa fabrication consiste en haches,
pioches, pelles et autres ustensiles de labourage: elle tire ses fêrs-de
la renardière de M. d'Anthez, établie à Oberbruck, et dont nousTendrons
compte. Le propriétaire travaille lui-même avec uni ouvrier.
Le martinet de Kirchberg qui
vient après, n'est pas Martinet <u à cinq cents toises de la
taillanderie de Langcnfèld , i<vîiciiîj paroisse de Séven.
Il appartient à George Ro.senbluhe, et a été établi sans lettres-patentés.
On y fabrique du fer |
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(94)
=-martinet de toutes les espèces. Les
fers se tirent aussi |
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Viilléç de de ia renardière de M.
d'Anthez.
La forge d'Oberbruck est à trois
milleJoises N. O. de |
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|
"For^c
d'Obei- |
||||
|
Masevaux, paroisse de Séven :
elle fait partie des pos-sesions connues squs îe nom de terre de Masevaux,
que madame la marquise, de Rosenti offertes en fief au Ateliers. roi,'en
1721 , et qui avant cette époque étoïent allô-diales. Les ateliers de
cette usine, sont une grande forge à trois ferx, avec ses halles à charbon
, un magasin et -' autres bàtimens relatifs à la fabrication du fer; deux
martinets, une roaréchallene et un boccard pour piler les crasses; des
logemens pour quinze ouvriers, une grande maison pour les directeurs et
commis, avec granges, écuries , pjiés , etc.
I! existoit au-dessus de la
forge, une renardière qui a "été..'supprimée pour les causes que l'on
expliquera ci-Consommatiou après. Cette forge consomme errviren cent
milliers de matu-ics. rognures , provenans des retailles de la tôle de la
manu-Fabricatïon. facture de Wegfcheid ; elle employé aussi les rebuts de
ces martinets, et à-peu-près quatre
cent cinquante milliers de fonte, lesquels produisent ensemble
jusqu'à quatre cent cinquante milliers de fers forgés. C'est tout ce que
les eaux des affineras permettent de faire, parce qu'on n'a pas entretenu
les anciens étangs et butardeaux pratiqués par M. d'Anthez , lors de
rétablissement. On ne compte que 1400
livres de fonte et de rognures, Ouvriers. pour 1 îoo Ii\*t*es de
fer forgé, et seize cuveaux de charbon. Un commis et quatorze
ouvriers sont occupés à cette forge; savoir, six forgerons pavés à raison
de sept livres par mille seulement, parce que les rognures
dont
ils font usage sont faciles à
travailler; un livreur, un
' ■ ■ .' V • .
• .
' . |
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( 9? )
charpentier, deux
maîtres martîneurs, deux chauffeurs, ««-=« deux valets occupés à plier à bras les
languettes, parce x"Jk'« de qu'il n'y a point ici les machines
établies-à Bains (i)
pour cet
usage.
Outre
les ateliers dont nous venons de parler, il y avoit" encore au-dessus de la forge,
une renardière à deux
feux; mais M. dWnthez, qui avoit éîabli la renardière d'Obcrbmck, pendant qu'il
étoit fermier, observa que deux renardières qui inarchoient ensemble
étoient de trop , et la suppression- de l'une de ces renardières ayant été consentie paries
seigneurs,M. d'An-thez
détruisit la renardière seigneuriale.
En 1721, ce particulier acquit d'un
habitant d*O-bc-rbruck. un petit
bâtiment -consistant en une taillan- d< derie et une petite forge de maréchal
ferrant, placées
:
sur le
même ruisseau dont fe eaux serverît au rou- . lement des forges et de la manufàclure-de
Masevaux. I! convertit cette petite usine sans autorisation du
Conseil, en une forge qui prit
le nom de renardière eTOberbmck. Elle est située au village
d'Oberbruck en face de la forge, et
affermée à M. Borneck. Elle consiste en une affiherie et un marteau à
drôme. Cette usine ne manque jamais d'eau,
Le
fermier tire ses fontes de la Franche-Comté. Fabrication Sa consommation monte à 200 milliers
environ par an. Il ne compte au mille de fer, de poids réel, que
I25o à i3oo livres au plus, et
16 à 17 cvjfteaùx de charbon,
qui ne lui reviennent sur les lieux, qu'à
(1) Voyez la description des
gîtes de iuinéraùet des usines de la Lorraine, qui suit
celle-ci.
*
• |
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Vallée de
Maseva'ux. |
(96)
: 16 livres la
banne, par les entreprises qu'il fait en bois. Il fabrique du charbon par
spéculation dans les forêts des particuliers, les emmagasine et les revend
aux maréchaux et forgerons de la plaine et dans la ville de Muhlhausen.
Les propriétaires des établissemens de la ' vallée se plaignent de ces
opérations. Le fermier occupe trois forgerons qui sont payés à raison
de 8 livres du mille de fer, deux goujats et un releveur de
charbons.
Les seigneurs deMasevaux
croyoient que cette renar-dière étoit la leur. Ils n'ont appris qu'elle ne
leur appar-tenoit pas, et que M. d'Anthez la réclamoit, que par le
procès-verbal qui fut dressé, lorsqu'à la fin de ^762* M. Vallet dé Bains,
voulant prendre possession des usines, fit procéder à leur visite: alors
seulement M. d'Anthez déclara que la renardière existante lui
appârtenoit. Le seigbeur de Masevaux fit sur le champ ses protestations
qu'on inséra dans le même procès-verbalv Madame de Rosen se
pourvut au Conseil d'état du Roi. Elle y demanda la destruction de la
renardière, de M. d'Anthez à Oberbruek, et le rétablissement des deux feux
de la renardière seigneuriale que ce fermier avoit fait démolir.
*
II y a encore à Oberbruck un
martinet appartenant à un nommé Weis. Cet atelier a été de même établi
sajis lettres-patentes. Les fers se tirent de la renardière de M.
d'Anthez.
Les fers de la forge
seigneuriale d'Oberbruck sont employés pour la plus grande partie à la
manufacture de. fer-blanc de Wegseheid, située à deux mille cinq cents
toises N. O. de Masevaux , paroisse de SéVen..
Cette manufacture a été bâtie
en 1718, et appartient
à |
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Ouvriers. |
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Contestation* |
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Martinet de
Weis. |
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Manufacture de fer-blanc
de Wegseheid. |
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Titres. |
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: ( 97 )
à madame la marquise de Rosen ; elle est la première
qui ait été construite en France^ A cette considération,
Vallée «
l n • i .
t,
/ \
î • «i
'
•
Masnraux.
le Hoi Jui a accorde en 1720 ( 1
) des privilèges qui affranchissent /ses fers des droits d'entrée dans les
cinq grosses fermes* et lui accordent différentes immunités; 9
les lettres-patentes, obtenues à ce sujet, furent
enregistrées en la Cour des aides de Paris le \5 juillet 1722
, en conséquence .des-lettres d'insinuation du 22 avril précédent. Le 28
novembre 1739, il fut expédié d'autres lettres-patentes, registrées au
Conseil souverain d'Alsace le i3 février 1740, qui prorogeoienl
l'effet des premières pour vingt années, à commencer du 15 juillet
1742. Le 11 novembre 1758, madame la marquise de Rosen obtint de nouvelles
lettres-patentes registrées au. Coiïseil souverain d'Alsace le 24 avril
176*9, qui lui
(1) Le dispositif de ces
lettres est conçu en ces ternies: « A ces » causes, etc.,.nous avons
approuvé et approuvons par 'ce» présentes, » signées de notre main,
rétablissement de ladite Tria nu facture de » fer-blanc au dit lieu
T près de Masevaux dans la haute-Alsace, cl de » notre grâce
spéciale,pleine puissance et autorité royale, avons per-» rais et accordé
, permettons et accordons à l'exposant, par ces dites » présentes la
continuation de ladite manufacture pendant l'espace m de vingt années consécutives , à
compter du iour de l'enregistrement » des présentes, par tel nombre
d'ouvriers qu'il jugera à propos, la » mettant sous notre protection et
sauve-garde. Voulons que sur la »
principale porte soit mise cette inscription: Manufacture
» royale DE fers-blancs; et qu'il y pui'sse mettre garde »
de nos livrées. Faisons défenses à toutes personnes, de quelque qua-V
lité.et condition qu'elles soient T de contrefaire ni établir
d'autre
/
'« pareille
manufacture de fers-blancs dans l'étendue de notre province *. d'Alsace
pendant lesdites vingt années, à peine de 10,000 d'amende, » applicable, un fters à nous, un tiers aux
hôpitaux de» lieux, et » » l'autre tiers à l'exposant, et de
confiscation des outils , métaux et ^ » marchandises. Déclarons les
ouvriers qui travailleront à ladite ma-* t*- nufacture, qui
n'auront aucuns biens dans la communauté où » elle est établie, et qui ne
se trouveront auparavant employés dans
___Earile 1IL
N |
||
|
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|
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|||||
|
Vallée de
Masevaux. |
( 98 )
= accordent encore une
prorogation de vingt ans; et par lettres ministérielles du 29-octobre
1702, lesdits privilèges furent continués jusqu'au premier avril
1783, et ensuite prorogés par arrêt du Conseil d'état du 18 mars 1
joS, jusqu'au premier octobre 1796.
La manufacture de Wegscheid
consiste en une forge, un four à réverbère, une suerie ou étuve, une
étamerie, et autres ateliers nécessaires à la décapure et à l'étamage
|
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Àieîiers. |
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|
Fab |
l'icatiotu |
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du fer-blanc. La fabrication
monte à douze ou treize cents barriques de fer blanc par an ; elle
pourroitêtre portéeàdeux mille barriques. Les cisailles avec lesquelles on
retaille les fens, vont à bras d'hommes, ainsi'que les remplieurs de
languettes, comme nousFavorisdit. On fait venir Tétain par la Hollande et
Strasbourg. On prétend qu'on n'en- consomme que dix-huit livres et
demie
»•
aucun rôle, exempts de toutes tailles, subsides, impositions et » chirges publiques dans ladite communauté
pendant lesdites vingt v
années. Déclarons pareillement les fers-blancs qui seront fabriques
« dan» ladite manufacture ,
francs et exempts, pendant ledit temps, » de tous péages à nous
appartenans, et droits de sortie dependans, » tant de la ferme de no.; domaines
d'Alsace, Franche-Comté et «
Trois-Evêchés , que de ceux d'entrée, appartenans à notre ferme
h
générale de France; et en
conséquence les dits fers, destines pour » entrer dans le royaume , seront marqués
et contrôlés par le commis s»
de. nos fermes, établi dans le lieu le plus prochain, et sur les
» certificats dudit
commis, et ceux de l'exposant ou clés préposés, » pourront être transportes dans toute
l'étendue de notre royaume en » franchise, et sans payer aucuns droits
aux adjudicataires de nos »
fevmes : le tout à condition que l'exposant donnera ses marcha
n--» dises pour le même prix
que telles qui venoient auparavant des » pays étrangers, et qu'il ne pourra en
vendre, ni débiter d'autres que » celles qui auront été faites et façonnées
dans ladite manufacture. t>
Permettons à l'exposant
d'avoir des magasins à Besançon , ou autres » lieux de Franc*he-Comté pour entreposer
les marchandises de sa »
fabrique et les faire, voiturer dans le temps le plus conveaable. Si »
vous mandons, eLe. Donné à. Paris r le 14 septembre l'jao.
« |
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( 99 )
par barrique, au lieu de vingt
livres qu'on emploie à Bains. En prenant douzecent cinquante barriques de
fer- Y .-.lire < blanc pour terme moyen de la fabrication totale, on
trouve qu'on.emploie à Wegscheid vingt-cinq milliers d'étain, en le
comptant sur le même pied qu'à Bains. Chaque quintal revient à cent vingt
livres. La livre de suif coûte douze sous; on en consomme quatre mille
cinquante livres. Les six boisseaux de seigle pesant cent quatre-vingts
livres , se vendent dix livres dix sous ; la consommation se porte à cent
quatre-vingt réseaux par an. On brûle environ deux cents cordes
montagnardes Bois et chai de bois, pour le fourneau de réverbère, les
étuves et le chauffage des ouvriers. On n'y fait point usage du charbon de
pierre. La consommation eu charbon pour l'élargerie et l'étamerie, monte
de -cent cinquante à deux cents bannes. Il se tire des forêts voisines,
toutes appartenantes à des particuliers; la banne revient à dix-neuf
livres.
Cette usine occupe un maître
étameur, quatre Ouvriers compagnons , quatre écureurs , deux plalineurs,
deux élargisseurs, un chauffeur, un goujat, un trempeur, un livreur, un
maréchal, un valet, un voiliirier, en tout vingt ouvriers et un commis. En
prenant pour base les calculs que nous avons adoptés pour la manufacture
de Bains, nous compterons le prix moyen delà barrique à cent huit livres,
de manière que la vente annuelle Vente a doit monter environ à cent
trente-cinq mille livres. Ce n'est qu'en France qu'on peut vendre ces
fers-blancs; en Alsace on s'en procure de l'étranger à bas prix (i).
(i) Ceux de Landelsdorf près de Wund-siedel
coûtent, rendus à Strasbourg,
77 îrv. 8 sous la barrique de trois cent Feuilles du
poids
N ij |
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( 1OO )
===== II
y a eu entre les co-fermiers de Masevaux, Ober-Vallée ue nmciK
cj WWsçheid de longues contestations ,
décidées
Masevaux.
^ °
n
.
T .
par un arrêt du Conseil
souverain d Alsace du 16 septembre 1780, et portées depuis au Conseil
d'état. Elles ne concernent que leurs intérêts particuliers.
Le fourneau de Masevaux, la
manufacture de Weg-scheîd , et la forge d'Oberbruck pourraient augmenter
leur fabrication d'un tiers, et même de près de moitié; mais la rareté des
bois, qui chaque jour se fait sentir davantage , les - nouvelles
usines qui .se. multiplient dans la vallée de Masevaux, et l'exportation
qu'on fait sans cesse des charbons, si nécessaires au roulement de ces
usines, nuisent beaucoup à leurs travaux. A l'époque de rétablissement des
usines seigneuriales de Masevaux, il n'y avoit dans toute la vallée qu'une
taillanderie à Oberbruck, et une autre à Love,distante de la première de sept quarts de lieue ;
maintenant il existe à l'endroit où étoit la taillanderie
d'Oberbruck une forge en règle , appartenante à M. d'Anthèz, dont nous
avons parlé ; un martinet nouveau construit au village d'Oberbruck ; les
taillanderies de Kirchberg et de Langenfeld ci-dessus décrites ; et dans
remplacement de la taillanderie de Love , on vient d'établir une
renardière. Tous ces établissemens ont été montés sans ohtention de
lettres y patentes. De toutes ces usines, la plus importante, après celles
de madame |
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de cent cinquante livres. Ceu^
de Geîslautern , près Saarbriïck , reviennent aux prix suivans: savoir, la
barrique du poids de cent vingt-cinq livres, rendue à Strasbourg,.de 74
liv. 10 sous à 76 liv. '7 la barrique du poids de cent
cinquante livres , 80 liv. Celle de cent soixante-quinze livres, 87 liy. j
et celle de trois quintaux, 160 liv. |
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C »°i )
de Rosen , est celle de M.
d'Anthez, dont nous venons = |
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de dire que les fermiers actuels
de la maison de Rosen |
Vallée
-Masevaus.. |
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|
demandent la destruction ainsi
que de tous les nouveaux établissemens de la vallée de Masevaux;
prétendant que les bois de la seigneurie suffisent à peine pour faire
rouler les usines seigneuriales avec l'activité dont elles sont
succeptibles; ils demandent aussi qu'il soit défendu à toutes personnes de
faire le commerce des charbons, de les
sortir de la vallée et sur-tout de les conduire à
l'étranger.
Après avoir rendu compte de
toutes les usines de Mines de fer |
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|
cette vallée, nous allons nous
occuper des mines qu'elle |
hi-montait: de la
Peroune. |
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|
renferme. Les premières se
trouvent dans la montagne de la Péronne qui-fait partie de la forêt
seigneuriale de Rosen ; elles dépendent de la paroisse de Masevaux. On y
voit un filon de mine de fer d'un à deux pieds d'épaisseur; il a deux
lisières argileuses; il est dirigé sur une heure quatre huitièmes , et
incliné, au levant. On en tire de l'hématite noirâtre; ce filon s'exploite
par trois galeries ouvertes à cinq ou six toises l'une au-dessus de
l'autre , de manière que-l'inférieure est environ à douze toises de
la supérieure ; elles ont chacune douze à quinze toises de longeur; le
filon s'y soutient bien. Dans la galerie supérieure, on a fait sur
l'inclinaison du filon une foncée qui peut avoir vingt pieds de
profondeur; à son sol le filon a près clé trois pieds d'épaisseur, son mur
est revêtu de spath calcaire, et une petite veine d'argile le sépare de
son toit. Le maître mineur a reconnu ce filon » par des trous
d'affleurement, sur une longueur d'environ cent toises. J'ai trouvé quatre mineurs'Employés à ces
travaux; |
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= ils sont payés à raison de
cinquante sous le eu veau. Vallée de j| y a
dans ]a paroisse de Houppach des minières qui
fournissent de l'hématite noire; ce village n'est '
Mtne de fer ' „
.
-
^
de Hou'joach.
clu a onze cents
toises au nord nord-est de Masevaux, et fait partie de
cette seigneurie, tes minières n'étant pas en
exploitation lors de ma visite, je n'ai pu les voir.
Mine de fer lien
fut de même des travaux de Buehburg : ceux-
deBuchburg. c[
étoient plein d'eau ; j'y passai inutilement en
allant à Niederburbach. Ils
sont situés dans la forêt de
l'abbaye de Masevaux, à une
petite lieue de la ville de
ce nom.
Mine de fer J'ai déjà dit que la
montagne de Kohlerberg rende KMîerberg. fèrmoit aussi des mines de
fer. Cette montagne dé-CamsieVAca- pend de la paroisse de
Niederburbach, lieu situé à fôi"V-"n"" * 4'
^€ux mille toises au nord-est de Masevaux; il appartient aussi à la maison de Rosen : on y
trouve de la mine de fer en
roche. Le filon, qu'on poursuivoit à l'époque dé ma tournée , étoit
dirigé sur trois heures septentrion ; ses parois étoient un grès gris
et jaunâtre , assez dur à une
certaine distance du filon ; il devenoit plus tendre et plus blanc
à mesure qu'il s'en approehoit; dans
cet état, il sert,même de gangue au filon f et de temps
en temps il en occupe toute l'épaisseur, qui est communément de deux à
trois pieds. Ce filon n'est pas bien
réglé , et il a été mal exploité dans la galerie supérieure. Il se
partage en deux dans les deux galeries inférieures à celle-ci ; et se
jette alternativement dans le toit et dans le mur. J'ai vu le minerai de ces fosses ; il étoit
fort mêlé K
de grès friable, et en majeure partie
décomposé, |
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( io3 )
ou
r powr me servir de l'expression familière des
mineurs, traité ou
brûlé. Quatre ouvriers travailloient "Vanré1 de a ce
minier.
En face du travail de
Kohlerberg, on a commencé Mtm-dcftidedans la montagne de Georgenwald
, une galerie sur '* mimlJi<-!:c
<!t'
/M
1 ,. i •
*"
i<
i
Gcorjromvald.
un
iilon^ont la puissance, au jour, esta environ deux pieds. Elle n'avoit
cjue quatre toises lorsque je la vis, de manière que je ne puis prononcer sur
l'importance de cette initie, Ja dernière dont j'aie à parler dans
la Vallée de Masevaux, que je quitte pour passer à celle de Thann,'et de
Saint-Amarin.
La ville
de Thann est à l'entrée de la vallée de Vallâ- de Saint-Amarin: on compte de Masevaux à cette
ville, Tlmuu n do quatre mille
cent toises dans là direction de l'est Salnl
Ama1111' nord-est. Cette vallée est au nord-est de eelîe de
,flîf'" '*L ''"'"" Masevaux et au revers des montagnes dont
celle-ci ,f,4,f. 55ct—. est bordée du côté du septentrion. M.
Schœpflin (1) met la vallée de Saint- - Afttarm-■-au nombre
des cantons de l'Alsace , dans
lesquels on trouve des mines d'argent. Ce savant rapporte (2) qu'Achatius,
abbé de Mnrbach, fît le premier
ouvrir, en 1470, les mines de jer et d"airain de la vallée de
Saint-Amarin : l'abbé de
Murbach est seigneur de la partie supérieure de cette vallée; M. le duc de Valeutinois l'est
de la partie inférieure,
c'est-à-dire du bailliage de Thann. Cette dernière portion de la vallée porte le nom
de cette ville.
En vertu de lettres de don, que
j'ai rapportées en rendant
compte des mines de Giromagny , le droit des
(1 Alsat a Ulustrata,
to,m. i , pag. 12. (2) Ibid.
totîi. 2, pag. 99. |
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====== mines dans le bailliage
de Thann appartient à M. le
Vallée de Quc de Valentinois aussi
incontestablement que dans
Saint-Amarin. i
-'in
*.
le comte de Rosemont.
ti des mines. Le Conseil d'état
accorda en 1752 à M. de Gensanne la permission d'exploiter pour quinze
années les mines de cuivre, dans la partie du va! de Saint-Amarin qui
dépend du chapitre de Murbaçh, et (1) depuis, une nouvelle compagnie, dont
M. de Gensanne étoit aussi membre, obliut du roi le 8 août 1768, la
faculté d'exploiter pendant vingt ans, les mines d'or du val de
Saint-Amarin sauf, après quatre années franches, à remettre à Sa Majesté
le cinquième de for en nature au titre de dix-huit karats. M. Hellot avoit
extrait de for, du minerai que la compagnie lui avoit apporté comme
provenant de cette vallée. On avoit estimé qu'on en lireroit quatre onces
par quintal.
Sa Majesté n'a accordé ces
diverses concessions sans la participation du chapitre de Murbach, que
parce que celui-ci n'avoit point encore obtenu de lettres-patentes
confirmatives de ses droits. Ces lettres lui ont été expédiées au
mois de juillet 1780, et enregistrées au Conseil souverain d'Alsace, le 20
septembre suivant. L'article 7 porte positivement » que les abbés,
prince et chapitre » de Murbach, jouiront du droit d'extraire, dans
l'éten-» due de leurs terres et seigneuries, les mines d'or, d'ar-« gent,
d'acier, de fer, et de tous autres métaux, rai-» nièreset minéraux, etc. «
L'article 8 s'explique au sujet des usines, comme il suit: «Pourront en
conséquence v lesdits abbés, prince et chapitre établir dans
leurs |
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(1) Anciens minéralogistes , tom. 2, pag. 778,
,
» terres |
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> terres et seigneuries ,
les forges, fourneaux, fonde- ================
» ries et martinets nécessaires pour le travail des iné- v
allée <w*
Sainl-Amaiin.
>» taux. «
A l'exception des mines de fer,
je n'ai trouvé aucun travail en activité dans la vallée de Saint-Amarin.
Depuis M. de Gensanne , les mines de cuivre, de-plomb et d'argent n'y ont
plus été exploitées.
M. de Gensanne ne eonrrorssoit
que deux filons de Minedrenlumine d'argent dans la vallée de
Saint-Amarin (i); mais
et ™&fllL 'l>. ll
il y comptoit plus de vingt-cinq ruons de mine de cuivre. Xmarm. II
met au rang des premiers le filon de Werscholls, et celui de
Saint-Antoine, qui est auprès de la fonderie d'Orbe ; il nomme parmi les
seconds les filons de Saint-Joseph, de Storckenson, de Sainte-Barbe, de
Steingra-hen ; cet ancien concessionnaire observe (2) qu'en général ,
dans la vallée de Saint-Amarin , tous les filons qui tiennent du cuivre,
vont de l'E. à l'O, et ceux qui tiennent du J/n du N. au
S.
A deux mille toises au-dessus de
Saint-Amarin, la vallée se divise en deux branches; l'une monte vers le
point de partage des eaux versantes
des Vosges, en se dirigeant au N., et en passant par Odern et
Wiîden-stein ; l'autre s'élève vers le couchant par Orbe. C'est Vallon
d'Orbe, dans cette dernière que se trouvent la plupart des mines de
"cuivre et d'argent. Celles de fer sont plus près de la plaine. Je
commence par la notice des mines de la partie supérieure de cette vallée,
et particulièrement par celles, de Steingraben.
(1) Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag.
170et 171.
(2) Loc. citât, pag. 173. ■„'-'■
___Partie III.
O |
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\ |
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( 106 )
=
\allée de à une ]jeiIe au-dessus
d'Orbe. M. de Gensanne rap-
Saint-Amarin.
t •
\ *
-, u
' j
r
J
..L
porte (1) ({lion y avoit trouve
des fragmens de spath j blanc, avec des feuilles d'or vierge, maïs qu'on a
fait d'i-de nutiles recherches pour découvrir la veine d'où ces
mor-'• eeaux avoient été détachés (2). On débite à Oibé les mêmes
fables que l'on répète presque darus tous les cantons 011 il reste
quelques vestiges d'exploitations faites sur des mines de métaux parfaits
: des étrangers viennent, dit-on, remplir furtivement des sacs
entiers de matières minérales ; de grosses flammes sortent'
fréquemment de ces mines pendant la nuit, etc.
Mine deeuîvre Les travaux les
plus élevés, qui se trouvent à la mon-du haut et bas
taSrne ae Steingraben , sont ceux du bas
et du haut
bain l-IS kolas. _ *". XT, , 5\ , „
,.
, r,
,
Saint-Nicoias. M. de Gensanne
dit que le mon quon y exploitoit étoît puissant, et qu'il avoit sa
direction du N. E. au S. O. Sa gangue étoit une espèce de quartz verdâtre
fort dur; cependant le filon étoit tendre, il fournissoit du bleu de
montagne, de la mine de cuivre jaune et de la mine de cuivre couleur de
poix. Du temps de M. de Gensanne, les travaux avoient cent cinquante
piêtis de profondeur ; si on l'en (3) croit, le minerai ne s'y trouvoit
que par bouillons, et la manière dont il s'y ren-controit fèroit presque
imaginer que les travaux qu'on |
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(1) Mémoires des Sa%-ans
étrangers, tom. 4, pag. 174.
{2) C'est vraisemblablement sur
quelqu'un des échantillons indiqués ici » que Hellof a opère Voyez
ci-dessus pag. 104) ; mais il me paroît très-probable qu'ils provenoient
de quelque minière étrangère, car on n'aurok pas si facvienient perdu de
vue un filon qui donnoit autant d'espérances.
(3) Mémoires des Savans étrangers, tom. 4, pag.
173. |
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( io7
)
faisoit
poursuivre étoient dans le i ici! homme (i). '
M. de Gensanne parle aussi d'un
petit filon croiseur . Xalîv{' <îe qui prodinsoit.de la malaciiite , de la
mine de cuivre jaune., avec une effloresecuce rosé et lilas . ce (jui feroît présumer que ce minerai tcnoii du cobalt ;
il assure t qu'il en avoit retiré quelque"peu d'or. Les
ouvrages du \bas Saint-Nicolas
consistoient en une galerie prise sur Iè\fîlon, longue d'ertvimrt
M. de Gensanne (2) a fait
travailler en deux endroits MinecWuivic sur des filons de mine de cuivre,
au revers de la mon- doi^' Anlmmj» tagne
de Steingraben, dans la vallée de Bruchbach, particulièrement à la
mine de Saint-Antoine. Le minerai y étoit de bonne qualité, mais peu abondant;
les anciens
(i)'En allemand der
alte mann. On entend par cette expression les déblais dont
on a comblé les anciens travaux: souvent les pihrs, qui
filtrent au travers de ces décombres, font l'office
d'un ciment et ies unissent en masse.
(2) Mémoires des .Savans étrangers, tom.
4,pag. 174. |
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; assurent cependant qu'il y
avoit communément Vallée de depuis trois pouces jusqu'à six de minerai
massif. Les haldes de ces travaux étant couvertes de gazon,■■ n
faut s'en rapporter aux ouvriers dé ce temps-là sur la nature de ces
ouvrages. M. de Gerisanrie y avôit placé un seul mineur, qui en trois
années de travail n'a fait, dit-on , qu'une galerie de six toises. Elle
étoit jointe à son extrémité par un puits de deux toises, qu'on a creusé
seulement de quelques pieds au-dessous du sol delà galerie. Le filon est
dirigé sur trois heures. M. de Gen-sanne dit avoir trouvé aux environs de
cette mine une espèce de grenats en très-petits grains, et d'une très-'
* belle
couleur : il rapporte aussi qu'il yja. dans la vallée
de Saint-Amarin des cristaux de
roche d'une fort belle *' eau. Sans doute ces derniers se trouvoient dans
les fosses où il faisoit travailler.
Minedecuirre En descendant-de la mine de Saint-Antoine
d'en-
d'Unterwasen. viron huit cents toises, on trouve vers le
midi et du
coté de
la chaussée, qui conduit d'Orbe à Bussang,
les anciens travaux
d'i^nterwasen. Les cordeliers de
Thann ont entre leurs mains des
notices qui constatent
que cette mine n'a été
abandonnée autrefois qu'à cause
des guerres, et qu'on y a déposé
en un même endroit les
outils, placés en croix les uns
sur les autres. Il y a trente
ans que
M. de Gensanne y a fait travailler pendant
quatre mois, et on prétend qu'il
n'a ce^sé cet ouvrage
que sur de faux rapports de son
directeur, qui vouloit
le poursuivre pour son propre
compte. Ce filon dirigé
sur trois heures donnoit, à ce
qu'on assure, depuis six
pouces
jusqu'à un pied de minéral massif; les eaux
étoient fort abondantes dans les
ouvrages^ S'il s'agissoit |
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|
V
l
( 109 )
de travailler cette mine de
nouveau, on ne pourrait éviter les frais journaliers de l'épuisement des
eaux, ^slie<> d? ■quen prenant dans les près, auprès de la grande
route, une galerie d'écoulement qui auroit cinq ou .six cents toises de
longueur. Les gens du pays prétendent qu'il y a dans ces fosses une masse
de cuivre pur, renflée au milieu, et terminée en pointe des deux côtés,
représentant à-peu-prës deuxièmes joints par leur base. 11 est
difficile d'imaginer à quel usage les anciens pou-voient l'employer, si
toutefois il est vrai qu'elle existe.
En suivant la montagne de
Steingraben et toujours Buhbm; ou au nord d'Orbe, on trouve celle qui
porte le nom de n»»»i^»f ^ Rithberg ou montagne du Repos. Elle
renferme les tra- "'T"*-vaux de Sainte-Barbe, que M. de Gensanne fit
commen- M\n*<l™Tn
ceren 1704 (1) : il y avoit lajt" ouvrir, sur un filon de • mine
decuivre, une galerie qui n'a été poussée qu'à douze toises, et
dont.Tentrée est.maintenant presque fermée par les broussailles. A quatre
toises de la tête de cet ouvrage on a fait une foncée, dont la profondeur
égale la longueur de la galerie. Le filon y est dirigé sur quatre heures , le rocher de ses parois est du
schiste , sa gangue du quartz rougeâtre, mêlé quelquefois
(ÏJELsen-tam ou fleurs d'hématite. Le minerai qu'on en extrait, est
jaune et quelquefois rougeâtre ; on en a trouvé de massif, dont l'épaisseur alloit jusqu'à un
pied. Les eaux y étoient abondantes.
On voit au pied de la montagne
de Steingraben les Fonderie de ruines d'une ancienne fonderie. Elles sont
environ à Sieingraben. douze cents toises du village d'Orbe , à la gauche
de la |
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(ï) Mémoires des Savans
étrangers , tom. 4, pag. 172, |
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( 110 )
= chaussée de Bussang. On
retrouve encore le coursier et a ee 5 la cage de la
roue, on y reconnoît aussi l'ancien empïa-
Saint-Amann.
°
J
r
cernent d'un boccard.
*Minedc cuivre La mine de
Saint-Bernard est située peu au-dessus de
<îe St.Bernard, cette
fonderie : ses- travaux consistent en un puits qui communique, à la
profondeur de neuf a dix toises, avec la tête d'une galerie qui.a
elle-même cinquante à soixante toises de longueur. Celle-ci est sur
Je filon qui a sa direction du sud au nord ; le puits e^fpîeîrTd'èau, et
la galerie se trouve noyée en partie. Le rocher est du schiste, et la
gangue du quartz ; ce dernier renferme mine de cuivre jaune et de la
galène, l'une et en petite quantité.
'.
Mine de cuivre En se
rapprochant d'Orbe d'environ six cents toises,
de St. Joseph, toujours au nord
de ce village, et en remontant la Schliss, on trouve, les travaux de St.
Joseph, que M. de Gensanne a poursuivis pendant près de vingt-cinq ans ,
et dont on assure *que le produit étoit par chaque mois , de quatre-vingt
- dix quintaux de mine de cuivre^ur et prêt à être fondu. Les mineurs du
lieu "disent'qu'elle rendoit jusqu'à cinquante livres pesant de
cuivre au quintal. On avoit pratiqué dans cette montagne deux galeries,
l'une supérieure, au quart de la hauteur de la montagne , et prise dans la
direction du filon qui est sur trois heures; le niveau de cette galerie a
offert peu de points productifs; des recherches faites dans son
sommet, ontétépres-qu'aussî infructueuses , si bien qu'on ne voit guère
au-
J
dessus
d'elle que des puits d'airage. On a constamment
poussé les travaux dans la
profondeur où le minéral a été très-abondant. La seconde galerie a été
prise à la base de la montagne* elle étoit destinée à mettre à sec
les |
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(lit )
travaux supérieurs
a*rec lesquels e]leîcommuniqubit,et,
comme Ja précédente, elleétoit
établie sur la direction du Vallée de
filon, et avoit ete poursuivie
a quelques cents toises. A
l'approche de cette
galerie-basse, le filon s'étoit, dit-on,
appauvri,etles recherches qu'on
avoit faites par une fqncée
à plus de quinze toises
au-dessous de son sol. avoient
fait croire aux mineurs alors
employés aux travaux, que
le filon ne se réteu!issoit-pas
dans les fonds. On en tiroil
de la mine de toute espèce; M.
de Gensanne (t)
cite
particulièrement un
minéral couleur de pourpre vif,
tigré de jaune, et une
malien- blanchi? semblable au
spath, qu'il dit être de
la pure mine de cuivre. L'espèce
de quartz feuilleté qu'il donne
pour gangue à ce filon,
est du spath pesant parsemé de
vert de montagne et de
mine de cuivre
jaune.
A la gauche du village d'Orbe ,
au-dessus de celui de Mincdecuîvnt Storckenson,M.deGensanneavoit découvert
un filon de de St* Jean de
cuivre jaune, dont les ameuremens se montraient tout le long d'un
ruisseau, jusqu'au sommet de la montagne
rf
qui est très-peu élevée: le
filon s'étend même à droits l dans leRundersberg; il est dirigé
surdix heures, et incliné à l'est. M. de Gensanne l'attaqua sûr sa
direction par une galerie qu'on prit au pied de la montagoede Storckenson,
et qu'on poursuivit à vingt-cinq toises. On voit à la tête de la galerie
deux pieds de mine qu'on a laissés dans le rocher, quoiqu'il fût facile de
les en arracher. Ce travail n'exigeoit pas ^u'étaneonnage. M. de Gensanne
dit que . le minéral étoît^œil de perdrix: c'est san^. doute de la
mine de cuivre hépatique qu'il a voulu * désigner. Des
(î) Loc. citât, pag.
171. |
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( 112 )
Saint-Amarin. .
1 i,
i
• i 1 » • i
.- '
veines , dont 1 une rendoit de
la mine de cuivre azurée, avec de la mine grise tenant argent. Ces travaux
portent le nom démine de Saint-Jean.
Minedecuivre A trois quarts'de
lieue de ceux-ci, au-dessus du lac
de la montagne de Perche, sont
les mines de la montagne de Perche :
e ercie. on n'y
connoît qu'une galerie de huit toises, s'étendant
comme le filon sur neuf heures;
celui-ci est incliné à TO.
ses parois sont d'une roche
schisteuse, et sa puissance
est d'un pied à dix-huit
pouces. Un banc de schiste le
coupoit à la tête de la galerie
; il n'a pas été recherché
^
au-delà. Ce filon donnoit de la
pyrite cuivreuse jaune,
assez pauvre . accompagnée
cependant d'une terre
rougeâtre , qui pourrait bien
être de la chaux de cuivre
rouge, ou de la mine
briquetée.
Minedeplouib Le prince de
Lœwenstein , ancien abbé de'Murbach , et argent d'Un- avoit fait des
dépenses considérables pour reprendre temersc 10 tz.
i"e.xploitation des mines
d'Unterwerscholtz, situées près de la rivière de Chilpert, à l'O.
du village de Moschbach. 11 paroît,
par J^s anciens décombres, qu'on y avoit poussé des travaux fort
vastes. Ceux dont les gens du pays ont connoissance aujourd'hui,
consistent en une galerie longue de quelques toises seulement , peu
distante de la rivière, et en un puits creusé au niveau de la même
rivière, par les ordres du prince de Lœwen-.*■ stein, et qu'on fut
obligé d'abandonner à cause des eaux. Il existe plusieurs autres puits,
tous comblés aujourd'hui. T_e filon s'y trou voit dirigé sur deux
heures, il donnoit de la galène et de la mine d'argent grise, et
il
étoit enrichi par plusieurs y
èmes joignantes. Il y avoit
-----------------•
auprès |
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( u3 )
,_^
auprès
de cette mine, et sur la rivière, une "fonderie =====: dont il ne reste plus que les vestiges des
fondations et . . ".<l
i r
i i • • t ir i
i
•
t Sauii-Aman».
des fragmens de laitier,
Indépendamment des mines de cuivre et d'argent que je viens de décrire, on
voit encore dans la même montagne, du côte de Moliau, et en
d'autres parties de ce canton , un grand nombre de haldes. Une compagnie
qui se bornerait à l'exploitation de ces espèces de mines, dans la vallée
de Saint-AnVarin, deviendrait très-utile, et rendrait dans le royaume les
cuivres plus abondans qu'ils ne le sont. M. de Gensanne observe, que les
mines de la partie des Vosges qyi est au midi de Saini-Amarin , sont
ordinairement des mines de plomb, de cuivre et d'argent*; qu'aux emi-rons
de Saint-Amarin , il n'y a presque que du cuivre, et qu'au nord de cette
vallée, les mines d'argent dominent ; qu'on ne trouve avec
"elles que peu de cuivre , et presque point de plomb, Cette distinction
est au moins trop générale; elle ne doit s'appliquer qu'aux pays situés
depuis Giromagny , jusqu'au val de Munster. Nous verrons par la suite, que
Sainte-Marie-aux-mines,est particulièrement dans le cas d'une
exception.
M. de Gensanne n'a fait, dans
son résumé, aucune mention des mines .de-fèr, parce qu'il ne s'est point
occupé de cet objet. Quant à moi, je vais, avant d'en parler, faire
connoîtrè les différentes usines que la vallée renferme.
A son extrémité la plus reculée
du côté du nord, Verrerie de est située la verrerie de'Wildenstein ,
distante de cinq mille toises nord-est de Saint-Amarin, 17.700 toises
S. E de Colmar, et 10,200 O. de
Guebwiller. Cette ---Tartieim
P |
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\
(114)
ValK'c de lettres-patentes pour
l'établir , puisque sou existence ..:.i..i-.».i.a.in.
est an|(irjcllJC
(ïc
vingt-trois ans à l'arrêt du con- |
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seil
(^)r ce qui
n'empêche pas que l'abbaye de Murbach
n"ait mi convenable de se faire autoriser par l'article huit des lettres-patentes qui
lui ont été accordées en 1700
(3), à laisser subsister la verrerie de Wildenslein. Le teita-fn sur lequel elle
est bâtie, et hs champs cultivés par les verriers ,
ont été acquis par bail
emphytéotique perpétuel. Chaque arpent paie un canon annuel de trois.livres à l'abbaye de
Murbach , ou de Guebwiller.
Cette usine appartient aujourd'hui à dix'propriétaires qui vont chacun un pot
ou creuset Fabrication, dans un même fourneau. Chaque pot contient cent
trente livres de matière. La
.principale fabrication de cette verrerie est en bouteilles ; un seul
des associés fait du verre
blanc. En évaluant chaque pot à cent bouteilles ou pièces, On trouve qu'il s'y
fabrique Consomma- environ
mille pièces dans vingt-quatre heures. Cette |
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lion $able. |
n terre et verrerïe
marche à - peu - près huit mois de Tannée, La |
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|
terre des creusets se tire de
Pfaffenheim, au-dessous de Ruffach , clans les terrains des particuliers-,
qui vendent le boisseau de terre trente à trente-six sous : le quintal
rendu à la verrerie , revient jusqu'à quarante-huit sous.
(l) » Unâ supra
{J?iUer.st/mium leucâ jd iy.nim fertThum fontem, offi.-■» clnatn
vitriarium anno 699 Murbacsnses struxerunt. « Schœpflin, Alsatia ilîustrata , tom. 2 ,.pag 9.
(a) Voyez ci dessus le prononcé
de cet arrêt, pag. 3o.
(3) Voici les termes de ce-
article, qui concernent cet établissement: j) Ils pourront aussi
laisser -ubnster la verrerie, établie derrière » l'ancien château de
Wildenstein, dans la vallée haute de haint-« Amarin. « Le commencement de
cet article, qui concerne les forges 5 a été transcrit
ci-dessus 7 pag. 104. |
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( «S )
On
achète à Férette la terre pour les briques du finir- "■—— neau. Le ionneau de cette terre, pesant
ciuiiizc à hm'/c
^;'i;
c]u:nM:.!ix, revient a
vingt uvres rendu a ici verrene. Le sabr::- pour le verre à bouteilles, est
tiré de Ilartmaiiu-schwiiler. La charge
de deux chevaux , revient sur les lieux à trente sous. Le sable blanc
\ient. de Beileieux, dans le pays de
Porenfrui. La voilure rend au prince quatre livres de droits ; elle contient
trente-six quintaux qui coûtent
nois à quatre livres chacun. Les cendres Ccndiv* s'achètent dans la vallée , environ à neuf
sous le bois- Jiillu:-1-seau. Les salins se trouvent aussi dans la
vallée (i); ils se
paient vingt-cinq , vingt-sept et trente livres le quintal. La manganèse,
pour la fabrication du verre Man-a blanc , se tire du Tyrol, et coûte jusqu'à
dix-huit livres le cent ; on
emploie aussi quelque peu de manganèse pour le verre à
bouteilles.
Depuis-ictablisejîîÊHt
de la verrerie , le.chapitre
Bols, de Muibach a constamment fourni
six cents cordes montagnardes,
de cinq pieds de haut, sur dix pieds de couche, et trois pieds et demi de taille.
Le premier bail passé à
ce sujet , fut de soixante ans. Il a été suivi de trois autres de neuf ans; le
dernier de ces baux doit
expirer en 1790, et porte le prix du bois à trois livres. Les verriers ont la
préférence dans toutes les
ventes de bois du chapitre. Il sont solidairement engagés
,les uns pour les autres. |
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(1) On envoie des salins de
cette \allée à L\on. Le nonmié
Kiesic d'Odern en fiait commerce ; il
les vend au maître de poste de la Chapelle, qui les expédie à
Bel foi t, d'où on les lait
passer à leur destination. M.
Calleuse de Gucbwiilcr en Hue à Lyon cuire deux vt trois cents barriques , la bairiquc
contenant six à sept quintaux.
"-
Pi) |
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( 1,6)
On compte à cette
verrerie six tiseurs, dix petits \ allée de g^çons, qui entrent et sortent le
verre des voûtes |
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Saint-A marin. , * r . ,.
, ,
,
, n -,
1 ,.v
a refroidir; et indépendamment
des rondeurs, deux personnes à chaque place pour soi?filer. M. de Blair,
intendant d'Alsace, exempta, par ordonnance du 14 mars 1766, sept garçons verriers du tirage
de la milice, en conséquence de l'article 24 de l'ordonnance du Roi
du 27.novembre 176.5.
Vente annuelle. On vend en
Allemagne une partie des verres prove-nans de cette usine. Le prix du cent
de bouteilles d'un pot, ou de trois chôpines, est de quinze livres; celui
des bouteilles de deux chôpines, de douze livres ; le cent de verres
se.vend six livres; le cent de carafes blanches de trois pots, en comptant
vingt-quatre pots à la mesure,
trente-six livres; le cent de carafes de frente-deux pots à la'mesure, trente
livres.
Nous avons dit ci-dessus qu'il
se fabriquoit à cette verrerie mille pièces en vingt-quatre heures, ce qui
produit, pour les huit mois de
travail, deux cent ■ " quarante mille pièces ; en prenant vingt-une
livres pour le terme moyen des différens prix, il en résulte que la vente
se porte annuellement à cinquante mille livres environ.
Taillanderie En se rapprochant
un peu de la plaine, on trouve de w iJiers. dans ta même vallée la
taillanderie deWillers, paroisse du même nom, située à deux mille trois,
cents toises S. E. de Saint-Amarin. Elle appartient à M. Borneck,
directeur du fourneau de Bitschweîller. Cette taillan- * derie paie au chapitre de Guelnviller un
droit de ,
cours d'eau, et cent dix livres de loyer;
sa'consomma-
tion va de six à sept mille
livres de fer, qu'elle prend |
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( «7 )
à la forge deWillers.
On y fàisoit autrefois cîii petit fer: la fabrication monte à près de trente
milliers.
En
continuant à s'approcher de l'ouverture de la vallée, on rencontre sur la rivière de
Thuren , le fourneau de
Bitschweiller ou Rudcnsthal, situé au ban
C:rUi Je cîe Saint-Willer. à mille deux cents toises
sud -est -de Ji-ni*\ u . ce lieu , et à trois mille deux cents
toises même ' '*"• direction de Saint-Amarin. : il
appartient à MM. de Guebwiller ou Murbach, qui l'ont loué
à M. Laurent.
Les usines du chapitre de
Murbach ont été établies Tiin-s. en
vertu d'un arrêt du Conseil du 10 mars 1739, et de lettres - patentes du même mois ,
registrees au Conseil souverain d'Alsace le i5 avril suivant
(1).
Les ateliers de cet
établissement consistent en* un haut fourneau, une maréchallerie et une
renardière. La fabrication du
fourneau monte à un million cent mille livres par an; elle exige environ
neuf à dix mille cm eaux de mine
à trente sous, chacun du poids
de quatre cents livres; on en compte treize au mille de fonte; ils sont d'un cinquième plus petits
que ceux de Masevaux. On tire
la plus grande partie du minerai,
des mines dont nous allons parler. Il y a dix
ouvriers et un maréchal au fourneau, et deux forgerons à la renardière. Nous avons déjà
dit que
![]() |
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|
(1) - A ces causes , de l'avis
de notre Couses! , qui a vu ledit arrêt » du dixième des preseus mois et
an , dont extrait est ei-ailai-hé sous » le eontre-scel de noire
chancellerie, nous a\on.s conformément à » ieelui permis, et, par ces
présente» signées de noire main , permettons •• aux exposans d'établir, et
l'ai m* construire une iorge
propre à faire ■■ du 1er, dans l'endroit de la vallée de
Saint-A:isaiin , dépendante » de l'abbaye de Murbach, qui sera jugé le
plus convenable. Si vous » mandons, etc. ■• |
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Vallée de
Samt-Ainarin. |
l'article 8 des lettres -
patentes que le chapitre de Murbach a obtenues en juillet 1700 (1), permit à MM. de Guebvriller
d'établir-cL par conséquent de
continuer d'entretenir les usines existantes, nécessaires à ja
consommation de leurs mines. |
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Forges ùv
Saint-Weiler. |
• Seulement à vingt-cinq toises
au nord-ouest du |
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fourneau de Bitschweiller et à
dix-neuf cents toises sud-est de Saint-Amarin, est située la forge de
Saint-Weiler au ban et dans la
paroisse de ce nom; elle appartient à MM. de Guebvilîer qui Font
louée, ainsi que le fourneau, moyennant trente-mille livres à ce même M.
"Laurent déjà locataire du fourneau de Bits-chweiiler. Son bail qui
commence en juillet 1782, ne doit finir qu'en 1791. H est cautionné
solidairement de M. Jérôme-Stéhélin de Bâle , et de M. Bou-choite ;
on a compris dans le bail cinq mille cordes |
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Bois. |
montagnardes, à raison de
quatre livres, de manière |
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que si les fermiers
n'exploitent pas la totalité des cinq mille cordes , on déduit
volontairement sur le prix du bail ce quïls ont coupé de moins. Le bois
d'étai nécessaire aux mines est compris dans cette quantité et évalué
à la corde. |
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|
Ateliers. |
Cette forge est composée de
deux àffineries qui |
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travaillent en piquerie et d'un
feu de martinet. On y voit encore une chaufferie, mais elle ne
travaille plus: on compte mille trois cent cinquante livres de fonte au
mille de fer, et quinze à seize cuveaux de char-Oyvriers. bon. Il y a à la forge et
au martinet seize ouvriers. Le gros Ter se vend cent
soixante-cinq livres le mille, le
martinet ordinaire cent quatre-vingt-dix
livres, |
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|
(1) Voyez ci-dfssus ,'pag. 104. |
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(
ii9 •)
la verge crénelée
deux cents l'vres. Celle fbr<;c ne «==-=======:
manque
jamais d'eau. Kn calculant qu'elle fabrique ^ }-f> *•*•
.,,.
i
r '
.
. . ,.
Saint-AuKirln.
six cent milliers de gros 1er a cent
soixante-cinq r,\res, • • .
■>
..,.
i
.
-i
,
.
\ entei»:3m:i
lie.
et deux
cent milliers de petit , dont le prix moyen est de cent quatre - vingt ^ quinze
livres, Ja vente annuelle
scroit de cent trente-huit mille livres. ..
Plus près encore de la plaine
et presqini fouvrrltire I-Vr»r
de delà vallée on trouve la forge de
Thann, située îïiu- *lwmi-bourg et paroisse de la
viJItLçle Thann. à deuyi nulle d#ux cents toises sud-est de Saint-Weiler,
subdélé-gcition de'Colmar, sur la rivière de Thuren ; elle
appartient à M. Morantin . qui a
le.déjiôt des .sels pour la vente étrangère. Cette forge très-ancienne
existoit • avant l'arrêt de
i7/i3, elle .n'a par conséquent point de
lettres-patentes. Elle consomme en\iron cent ciu- i-'^bncatlon. quante milliers de fonte , sans compter la
ferraille. Ses fontes se tirent du■■ibunieau de Masevaux; on comple
à cette usine seize à dix-huit cuveaux ue charbon Bois et charbon,
au mille de fer. Elle achète
ses charbons dans les forêts
des particuliers de la vallée.
La
forge de Thann souffre beaucoup d'un moulin à huile qui partage avec elle le cours d'eau
de la rivière.
Les objets de la fabrication de
cette forge s'y Venteaunurlle. vendent
en détail et peuvent produire par an cent vingt milliers, montant en argent à
\ingt-un. mille livres environ.
Je pusse aux mines de fer
renfermées dans la vallée Mines de «Vr de Sauil - Amarin. Les premières
dont je parlerai tlc ■ sont situées dans le territoire de Mosch ,
village qui se trouve à mille
toises au sud-est de Saint-Amarin, |
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( 120 )
— dans le bailliage duquel il est situé. Ces
mines |
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dallée
de gont (|ans ]a
montasne de Rucheruniz ou Glatte-Steeg près du torrent de Belaker ; elles
servent d'aliment au
fourneau de Bitschwéiller, et sont exploitées par une galerie qui entre dans la
montagne sur neuf heures, et la pénètre sur une longueur de
cinquante toises. On y fît
.une foncée où les eaux de-vinrent si abondantes , qu'on fut contraint
, pour les faire écouler,
d'ouvrir successivement.'deux traverses prises du jour. La plus élevée est
à dix. toises au-dessous de la
galerie; la plus basse en est a vingt toises. J'ai trouvé deux mineurs occupés
dans ces fosses, ils en
arrachoient de l'hématite brune. Wmes de fer La paroisse de Willer qui
dépend du même bailliage
de VU lier, CS£
pjus abondante en mines de fer que celle de Mosch. On en compte sept en exploitation,
dont quatre sont situées dans
la paroisse et le ban de Willer même , et les trois autres dans le
ban de Bitschwéiller (i),
annexe de la paroisse de Willer^ Mines de fer La première de ces mines
située dans le territoire
d'Ebeïfeld. de Willer, est
celle d'Éberfeld ; le gîte qu'on y exploite est un coureur de gazon, sur
lequel on a fait quatre galeries, longues chacune de quelques toises
seulement. On en tire de l'hématite brune, qui se consomme au
fourneau de Bitschwéiller. Il s'est trouvé parmi ce minerai de fer un
rognon de mine d'antimoine striée. II n'y avoit que deux mineurs
occupés à ce travail, à l'époque où je le vis.
(i) M. Seliœpflin ne parle que
des mines de fer du ban de Bitschwéiller: BïtschwilUrautem
fini fndials.inchruït, Alsatia Illustrata, tom. 2, pag. 98. ■ ' ■ ■
La |
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■
( 121 )
La
seconde porte le nom de Carschbrunn. O/i y a ~-~~.-^~~---pratiqué deux galeries l'une au-dessus de
l'autre, h dix Valu* de toises de distance. Dans la supérieure est
un puits Sill!!('Al";il'!l1"
dont lapins basse fait écouler
les eaux. Le filon qu'on ''"Y".'1 erïe
. *
'
Larstlibrunn.
poursuit
par ces travaux a deux pieds d'épaisseur. On en tire de l'hématite que l'on fond au
fourneau de Bistchweiller.
La troisième est celle de
Durst-thal, même terri- Mine» de r<r toire. Les travaux de ce minier ne
consistent qu'en <w
Dlirst-tha!-une seule galerie dans laquelle est
une foncée. J'ai trouvé au sol de celle-ci un pied d'hématite. Pour tirer
un parti avantageux de cette fouille, il eut été conve7 nable de faire un
percejment inférieur aux travaux , afin de donner de l'écoulement aux
eaux. Deux mineurs travailloient dans ces fosses. Je doute que le prix
qu'on leur donne de la mine qu'ils livrent au fourneau , leur ait permis
d'entreprendre ce -percement, qu'ils savoient bien être très-nécessaire
pour continuer l'exploitation.
La quatrième et dernière est la
mine de Mouïgerein. Mine de fer Elle a été attaquée par deux à trois
puisards d'affleu-- ^ Mouig renient-,
dont le plus- profond n'a que deux à trois toises. On y a trouvé un pied
de mine de fer en hématite. Un seul ouvrier suivent ces
ouvrages.
Les trois mines du territoire de
Bitschvveiller -sont : Celle deWeckenbiochel où j'ai vu, à îa tête d'une
gale- Mine-de rie de soixante toises, dix-huit pouces d'hématite
très-solide, pesante et riche. Il y a deux puits dans cette galerie : à
leur sol est un amas considérable de mine; mais les eaux gagnoient les
ouvriers, et s'ils n'ont pas exécuté, pour s'en délivrer, un percement que
je leur indiquai, ils auront été contraints d'abandonner cet
-----------------
Q |
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---------~—- ouvrage. Le prix modique de trente sous par
cuveau
^ aiki^de ^
mjne t qUe
ies fermiers du fourneau de Bitschweiller paient aux mineurs , les met presque hors a
état de """"tenter d'autre travail que celui qui leur procure
immédiatement de la mine. Deux ouvriers étoient em-• ployés dans ces
fosses lors de ma visite*
Mine de fer Celle d'Eltzbach.
Elle consiste en un amas corisi-d£hzbach. dérable de filons qu'on a
«attaqués par dix ouvertures différentes. On tire de ces travaux, qui
traversent la montagne en Quelques endroits, de4'hématite brune et de la
mine de fer spalhique. La puissance moyenne de la mine est de trois pieds
; elle n'en a jamais moins de deux, et souvent elle en a quatre. Le
travail de ces fosses occupe constamment vingt-quatre hommes,
Mine de fer de Enfin celle de
Wirschgrund ; j'y vis un puits creusé \\ îrschgi-und. gur
|e £jon> Qn avoit trouvé un pied de minerai à son
sol, et lorsque je visitai ces travaux , deux ouvriers étoient occupés à
ouvrir un percement pour venir à la rencontre de ce puits, encore peu
profond. Toutes les mines dont je viens de rendre compte, dépendent, comme
je l'ai fait observer, du bailliage de Saint-Ainarin , et appartiennent
par conséquent à l'abbaye de Murbach. Elles sont toutes affectées au
fourneau de Bistchweiller , et le minerai qu'elles donnent ne revient,
l'un dans l'autre, aux fermiers de cette usine qu'à trente sous le cuveau
(i). |
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(i) Le cuveau de Masevaux est
plus fort d'un cinquième que celui de Ritsclnveiller ; le poids du premier
s'évalue pour l'ordinaire à .5co livres, et celui du second à 400
livres. |
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Je vais décrire maintenant les mines de la paroisse de
= |
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Thann. J'ai déjà fait remarquer
que le droit de M. le "Vall**1 dp duc de Valentinois
sur celles ci me paroissok ne pou-
A
., .
.
,
Canes
i.c VÀca-
voir être révoque en doute ; j
ai eu soin également démk n llJ4>
de rendre compte auparavant ,
page Sy, de la con- fol. 77. testation qui subsistoit à leur
occasion entre madame la marquise de Rosen et le seigneur de
Thann.
Les
mines du bailliage de Thann sont les suivantes (1), savoir :
Celles de Kaltenbaechel ,
situées dans le territoire Mines de fer de même de Thann. Elles se
trouvent en masses consi- K-alklll);et!ui-dérables ,
qui n'ont été attaquées jusqu'à présent que par-quelques puisards
d'afïleuremens. On les a abandonnées presqu'aussitôt qu'elles ont été
ouvertes , parce que la mine qu'elles donnoient produisoit de la fonte
blanche et engorgeoit le haut fourneau de Bits-chweiller, où on
l'avoiEssayée. La gangue de ces mines est calcaire. On n'avoit pas eu
l'attention de diminuer la quantité de castine dont on charge communément
ce fourneau, et on y avoit jeté tout de suite une trop grande quantité de
ce minerai. Ces essais eussent mérité d'être faits avec soin ; mais
si on se déterminoit à exploiter cette mine pour le fourneau de
Bitschweiiler, il faudrait préalablement s'en arranger avec M. le duc de
Valentinois.
Celle de Baeckerkopf On y a
établi deux travaux Mine de fer de à
quarante pas l'un de l'autre. Le premier
consiste'1
(1) Si je n'avois pas voulu
rendre compte de suite de toutes les usines des vallées de Saint-Arnarin
el de Thanu , j'aurai.- dû placer ici seulement la forge de Thann ,
décrite ci-dessus , pag. 119.
Q
<"j |
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( «4 )
en une
galerie, dans le sol de laquelle on a creusé vallée de une foncée d'où
partent trois extensions inférieures les unes aux autres. 11 y a jusqua trois
pieds de rainerai dans la
foncée. La puissance du filon varie dans la galerie, ainsi que dans les extensions;
pour l'ordi-*
naire elle est de deux
pieds, mais el-b'se réduit quel-
quefois
à six pouces. Il n'y a au seconc^Javaii que le commencement d'une galerie qui étoit enctere
au jour lorsque je la vis. J'y
trouvai un pied de mine. Les fermiers- du fourneau de Masevaux, qui se
croient suffisamment
autorisés par les droits que prétend madame la marquise de Rosen (i), faisoi-ent pousser le travail en ces endroits par deux mineurs ,
pour en employer le produit au premier de ces fourneaux, qui est entièrement étranger à madame de
Rosen.
Mine de fer de Enfin les
dernières et les plus considérables mines v.temjie.
^
per ^pendantes de la jurisdiction de Thann ,
se
trouvent dans les territoires de
Roderen et Ramersmatt, à la montagne
de Steinbie , et s'exploitent pour 4a forge de Masevaux. Elles sont
la principale cause de la contestation qui subsiste entre madame la
marquise de Rosen et M. le duc
de Valentinois, relativement à la traite des mines de
Thann.
Minier
supé- On a découvert nouvellement, dans la partie supé-neur# * rieure de cette
montagne, un filon de quatre à cinq pieds d'épaisseur, dirigé sur onze heures et
demie méridien, et donnant de
très-bonne hématite noire et brune. On a pratiqué sur ce fiion une
galerie d'environ dix toises de longueur. Cette galerie a été percée dans
son
(i) Voyez ci-dessus, pag. «57. |
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sommet» au - dessus duquel on a
laissé un plancher = pour suivre une
seconde galerie, supérieure à cette dernière. Ce filon promet
beaucoup ; quatre mineurs.
i » » r i •.*•«.
•
«
i
'
Ouvriers.
sont employés a I exploitation
, qui porte le nom d'Obergr/ib ou fosse supérieure.
A une centaine de pas au
levant de ces travaux, Grand minier, est le grand minier, sur lequel on a
pris une tiaverse longue de près de cinquante toises, dirigée sur douze
heures méridien. On a rencontré par ce percement
:
<un
premier filon sur onze heures et demie, qu'on a • suivi sept ou huit toises seulement On
trouva ensuite une veine
d'environ six pouces, dont le toit est bien détaché; on la poursuivit, et ce travail
conduisit les mineurs à
cinquante toises du jour. A ce point la galerie fait un crochet presque à angle
droit, allant vers le levant.
On est parvenu, au moyen de ce coude, à un filou dont la puissance varie depuis deux
et trois pieds jusqu'à deux
toises. Ce travail est à une hauteur considérable de la montagne, et on n'a
encore foncé qu'à quarante
toises au-dessous du sol de la galerie. On a établi des pompes à bras pour en
épuiser les eaux; mais il
faudra bientôt prendre un.nouveau percement. Le filon se divise à la tête de la
galerie en plusieurs,rameaux ;
on espère, en poursuivant celui du milieu, et en continuant la galerie de
sept à huit toises ,
communiquer au-dessous des anciens et utiles travaux qu'autrefois M. d'Anthez avoit fait
pousser dans cette
montagne.
A cinquante toises de ce
minier, on en voit un.troi-sième, où l'on pratiqua'une traverse- d'environ
six toises, prise sur une heure et
demie. Au bout de |
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( 126 )
== cette traverse on a coupé
le filon, et on l'a suivi des |
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Vallée de deux côtés par des
extensions, dont on ne poursuit ian"' que celle qui est .vers le levant. Ce filon,
qui fournit
de la bonne hématite , est
incliné au midi. Sa puissance va
depuis un jusqu'à quatre pieds. II paroît être le même que celui
qu'on a attaqué par le grand travail.
La plupart'd«s mines de fer que je viens de faire connoître, sont
dans une roche calcaire un peu schisteuse.
Il ne me reste plus à parler
que de quelques affleu-remens de
charbon de terre et de mine de cuivre, que j'ai reconnus dans le
territoire de Thann. Je n'ai pas cru devoir les comprendre dans la
description des mines du val de Saint-Amarin, parce que ces affleu-remens
appartiennent plus particulièrement à la partie de cette vallée qui porte le nom de
Thann.
Mine de cuivre Immédiatement
au-dessous du Wekenthal, au pied
du
ruisseau de de la montagne, et à gauche du ruisseau et du
che-
Stembie.
m-m
? on vo(j- au jour, sous
de la -terre végétale, les
affleuremens d'un
filon de mine de cuivre, dirigé sur
trois
heures septentrion , et incliné au nord. J'en ai
fait
arracher de la belle mine de cuivre jaune, et du
vert de
montagne dans du quartz. Ce filon est encore
vierge,
et mérite quelques tentatives. 11 appartient
à M. le
duc de Valenlinois.
Mine de char- A cinquante pas
au-dessous de cette mine de cuivre bon du ruisseau et
c}u même côté du ruisseau , j'ai vu un
mulm de
de Steinbie.
i
v
ï •
i •
, ^ • » t
»
•
r. charbon
de pierre bien caractérise. Je nai pu recon-
noître
îe toit ni le mur de cet affleurement Mme de char- Enfin, à un demi-quart de
lieue au nord de là
bon de pierre de ... ,
,
.
*
ville de lliann, au-dessus de
la chaussée de Saint- |
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|
Amarin et de la rive droite de
fa Thuren , est un ==============
filon
de houille , incliné au midi, dirigé sur sept ^«1^ tÎP ■ heures et demie. Il s'annonce au jour par
un véritable muJm de
charbon. Cet affleurement a plus de trois pieds d'épaisseur.
Je quitte les vallées de
Saint-Amarin et de Thann Nailii,i-e de pour passer au
bailliage de Cernay. La petite ville
('('nK1>-qui lui donne son nom, errquî en est le
chef-lieu . Ctt':cs dc
rAca' se trouve à deux mille quatre cents toises à
l'est de J'-'j'"*"^ u ' >U4' Thann. Ce bailliage est un fief relevant du
roi, possédé aujourd'hui par MM. de Goor et de Klepsatlel.
Les vassaux des fiefs n'ayant
le droit des mines qu'autant qu'il leur est attribué par leurs
lettres d'investiture ou par
d'autres titres formels, les mines du bailliage de Cernay doivent être soumises au droit
commun du royaume, et si les
gentilshommes qui en jouissent n'ont pas un titre positif qui leur en
accorde le droit d'exploitation, les mines métalliques,
autres-que celles de fer qui
pourraient s'y trouver, dépendraient alors du roi, et les mines de fer du fourneau le
plus voisin, conformément à
l'article IX de l'ordonnance de 1680 sur la marque des fers.
*
"*
Les mines du bailliage
de Cernav . dont j'ai prisc^- aiinedoplomii, noissance, sont situées dans
le Siiberlhai, vallâ^ppfn- argent et cuivre dante du territoire de Sieinbach. Ce village
esT^a 1800 toises à l'E.N. E.
de Thann , et à douze cents toises au nord-nord-ouest de Cernay. On
y a exploité ci-devant des |
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|
(1) Quoique cette ordonnance ne
soit pas enregistrée en Alsace, le Conseil a cependant adopté, dans
plusieurs contestations pour l'extraction delà mine de 1er dans la
province, le droit de la proximité, établi par cette
loi. |
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C «8 )
= raines de plomb et argent,
dont il ne reste plus d'autres Bailliage d« vestiges que des haldes assez
considérables. M. de Gen-
Cernav-
/ %
,
,
,., -,
sanne ( i ) rapporte que
quelques années avant qu il donnât son mémoire à l'Académie, ces
mines avoient été rouvertes par des particuliers qui, probablement, ne les
abandonnèrent depuis, que parce qu'ils n'osoient y faire des
étabiissemens- sans y être suffisamment autorisés. M. de Gensanne dit
encore qu'un des mineurs, employés à ces travaux, Ta voit assuré que
le filon de mine de plomb étoit croisé par un filon de mine d'argent noire
très-riche. Au-dessus de ces haldes, il y a encore quelques traces d'un
ancien travail sur un filon de mine de
cuivre.
Mine de fer de Le Silberthal
renferme aussi une mine de fer irn-Silberthal ou.
pOrtante ; son filon est dirigé sur six
heures, et incline
cle Steinbach. r
.
,
,
,
au nord ; la galerie qu on y a
pratiquée, a près de soixanie-dix toises, et le filon porte jusqu'à deux
toises d'épaisseur au sol de cette galerie. Pour délivrer des eaux les
travaux inférieurs, il faudrait prendre une seconde galerie, longue au
plus de quarante toises, à dix ou douze toise§, au-dessous d<*»ia
première; on exploite cette mine sans le secours de la poudre, et on en
extrait une quantité prodigieuse de minerai. Il y a deux ouvriers sur ce
travail, qui en "pourvoitoccuper cinq à six. Le quintal de cette mine
coûte cinquante sous: savoir, vingt-cinq d'extraction, et vingt-cinq pour
le charroi du minier au fourneau de Masevaux, auquel elle fournit une
partie de son aliment. Silberîûch. M. de Gensanne parle d'un endroit qu'on
nomme- |
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(i) Mémoires des Savanà étrangers, toni. 4, pag.
17.5.
■Silberloeh |
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Silberloch ou trou d'a |
,;o; |
nt,
situé entre Guebwilleret |
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Wattweiller (1). On y trouve, à
ce qu'il dit, une grande Bailliage de quantité de scories; i! croit
qu'elles proviennent d'une -tTtîa?' fonderie où l'on traitoit
des mines de plomb et d'argent. Je
pris des rcnseignemens sur ce lieu, et comme on m'assura qu'il n'y avoit pas d'indices de
mines dans les environs,
je crus pouvoir me dispenser de m'y rendre.
La vallée dé GuebvvTlTey^quï
porte aussi le nom Vallée <h de Lautenbach, offroit à mes recherches des
objets Cïuebwiller. plus
certains. Pour y arriver de Cernay, on passe
Cvrcsdeisica-par Suîlz ,
bourg dans-lequel il y a des eaux minérales r-^ll " ' '4' qui sourdent dans un champ appartenant à
l'ordre de Malthe : la vallée de Guebwiller est située au N. E.
du val de Saint-Amai in. La
ville de Guebwiller est éloignée de six mille toises N. N. E. de
celle de Cernav. Le chapitre princier de Murbach, en est seigneur, et les
Droit des mine», lettres-patentes de 1780 , que nous avons citées (2), lui
donnent le droit des mines dans cette
vallée comme dans celle de St. Amarin, proprement dite : on y
exploite plusieurs mines de fer pour le fourneau de Bitschweiler, elles
sont toutes dans le territoire de Biihl, village situé Mines de Bùhl.
~a~TBôô toises au-dessus de Guebwiller.
Le
premier de ces miniers est au Demberg, près i\Hae de fc-j de la croix de Barnabas , au-dessus de la
rive gauche <!u ])v
(1) Ct'((e jjetite ville, située au pied des Vosges,
donne son nom à des eaux minérales, qui coulent à son couchant de deux
bouches différentes, éloignées l'une de l'autre de deux perches de roi ,
et son/ conduites dans des bains. Ces eaux légèrement minérales
contiennent d*i sulfate calcaire ou séléni(e , du 1er, de l'acide
sulphurique et imiriatique, et du caibnnate de soude ou alkalî minéral,
avec beaucoup d'air. Guérin , dissertation citée, pat;. 46 à 5c.
(2) Vovez ci-dessus, pag. 104.
F^urùe III
R |
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^.-■^-.-.-.—_i_^: ju
ri,jsseau (]e [vlurbach ; il a
été fortement exploité par ,, ,ul .'^ * M. d'Anthez. ancien
fermier des forges et fourneaux de Masevaux, et de Bitsch\\eiler : il en
tiroit abondamment de la très-belle hématite noire et brune.
Le filon qui la fburnissoit. avoît depuis un jusqu'à quatre pieds d'épaisseur. Lorsqu'on abandonna cet
ouvrage, il y avoit du minéral
à toutes les entailles , et au sol des
----- —puits.-
—------------------ -----------**-----------
Minier de
On avoït ouvert un second minier au canton de Grossaker . à la même montagne ; il est
entièrement comblé , et je n'ai
pu me procurer des renseignemens à son sujet.
x.
Mine de fer de I .e troisième
minier d'où M. d'Antliez faisoit tirer de la mine de fer, est au Rimmelshoff, dans le
côté opposé du vallon. On n'y a travaillé qu'environ dix-huit
mois. La mine étoit de la même espèce
que la précédente. |
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|
: ci
e» cuivre |
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|
Il y
avoit encore à la montagne du Demberg, près '" "t"ltI'1' Je l'ancien moulin de Schrepf, une galerie
sur une mine de cuivre ; elle
est comblée actuellement, et Ton n'y >it même nlus e |
|||||
|
1
Mine de fer de A là même pente
de la montagne . clansje_canton I undclkœpid. je
Fundelkœpfei, étoit ujtieexploitation très-considérable sur de la mine de fer de la même nature.
L'épaisseur du Olon s'élevoit
quelquefois à quatre pieds : quelquefois aussi, mais rarement,
elle se réduisoit à six pouces. Le
chapitre de Guebwiller a fait cesser ce travail. Mine de fer de On
avoit encore ouvert une mine de fer à S. Gangolf, Sann-Gangoiï. dans le
ban de Lautenbach. Ce village est situé à mille deux cents toises au-dessus et au N. (). de
Biihl. Lorsque M. d'Anthez cessa d'être le fermier des
forges |
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|
de cette
partie des Vosges, toutes ces mines furent dé- ===== laissées, et leur
exploitation n'a plus été reprise.?
\a.ne
Des
aflleuremens d'un sclifste noirâtre décomposé. ,. . ont engagé des particuliers à faire quelques
tentatives (!c cii.nlui entre Guebwiller et Bulil (i), à la gauche de la grande route, dans
l'espérance-d'y rencontrer du charbon -de"" terre. Ces recherches n'ont pas été simies.
et i! faut .£.qdvenir qiL'oia_ics-av4îit^H4*#jH4ses-siir de
tics-légers .indices.
Au hameau de Sengern, dansrié
ban de Lautenbaeh- Ti.iv.;j
Zelle , village situé auprès et au-dessus de Lautenhach ,
N ;'~-( lii' on. trouve aussi des
traces d'anciens travaux, et on voit
encore les hàides d'une ancienne mine de fer au Ler-
x«i«-^- <;"
|
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|
né. |
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|
chenfèld , derrière
Schweighausen , village qui dc'pcr.d ij<iCii ■'■ aussi du
bailliage de Guebwiller. A (jïîehjues ccmKs pa*^ au-delà se trouve un
petit filon de mine d'argent dans Mi-u^d* du quartz, dont les
afileureniens traversent le chemin. M":~tiim
On avoit atlacjué ce
filon dans les prés au bus de ce chemin , par unv galerie qui n'a pas
éîé poursuivie. ■J'ai'vu ces afileureniens, ils sont très-peu considérables.
Les gens du pays prétendent cependant
qu'on a\oil
arraché du minerai
par_ki_galerie :, ej]e_es±_£iiiijùn^--—----^,
ment
coiiiblée, et il m'a été impossible d'en 'découvrir Fentrée.
En continuant à suivre la chaîne
des Vosges -vers le. . \>!!;<«• nord, 'la première vallée cjui se présente
est celle île
:riî;l/ul-a;î Suflzmatt, qui tient son nom d'un bourg
.éloigne (le ./.^^ ,^ trois mille deux cents toisés N. de
Guebwiller, f! dépend loi.;--.. |
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(i) Pics
de ce vill;ij;f, vt cnviuwï ;i um1 jicuo du K>i.
ri; (;'.■ (i-ic iilfi
, il y a des eaux uiiu'.ialcô
qui portent lt iîwui
de >i.
Dvi-v.-<'..'. |
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Mine de fer de Oq a tiré ci-devant de la mine de
fer dans la forêt Suîîzniatt. de Sullzmatt, entre Thannwiller et
Wïnfzfeiden ; elle produisôit de
l'hématite en masse. Les fermiers des forges de Masevaux, qui
désiroient l'exploiter, se pro-posoient- de s'arranger avec la chambre des
finances de l'évêché {2).
Mine de cuivre Le \ illage d'Osenbach dépend aussi du Mundat
de
et
argent cFO- Ruffach. Il est à. mille sept cents toises N..N. O.
de
Sultzmatt. M. de
Gensanne avoit tenté de relever des
travaux
qui avoient été commencés dans le village
. (1) On le nomme Mundat
supérieur, parce qu'il y a en basse-Alsace le Mundat de Vv issembourg.
Voici l'explication du mot mundat, StafFel-gericht, justice des
gradins: Nomea h.:bet.à g-.id bus lapidais, per quos descenditur in foro piscatorio propè ecclesiam
cellegiatem, uli judicium clun habebûtur
sub do ; v.catur ctïam jud'rcium mundatum , mundat-gericht,
fuorùam totam immunita'em respicit, etc. Schœpflin , Alsatia
illustrata , tom. 2 , pag. 35,2.
(2) Sur le chemin qui conduit
de Sultztnatt à la montagne âe Heideîberg, à cent pas environ du
village , sont des sources médicinales , pour l'usage desquelles on a
construit, par les soins de M. le baron de Spon , premier président ait
Conseil souverain d'Alsace, des bains et des habitations commodes. Ces
eaux contknnent avec beaucoup d'acide carbonique ou air fixe, du sel
marin ou muriate de soude , de la soude , de la terre siliceuse et du
pétrole : c'est par erreur qu'on a désigné sous le nom de cuivreuse l'une
de ces sources, dans laquelle il n'existe pas un atome de ce métal. Guérin
, dissertât, dt Fontibus midi:. Alsaùce.
? pag. 34 à 41. |
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( i33 )
même, à côté de la maison
d'Antoine KiefFer, et aussi |
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tout auprès du village , à
l'endroit nommé l'Ane-d'Or, |
Val h e de
SuhznuUf. |
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Gohlcncr Esc/; mais le
dérangement île ses affaires
lui fit abandonner cette mine, ainsi que la plupart des autres mines de
cuivre, plomb et argent de la haute-Alsace. Les travaux d'Osenbach étoient
dirigés sur un filon de.mine de cuivre. Toutes les entrées en sont
aujourd'hui bouchées. J'ai trouvé dans les murailles des maisons voisines,
et sur le chemin , des morceaux de minerai tenant du bleu et du vert de
montagne, avec de la mine de cuivre grise tenant argent. M. de Geu-sanne
faisoit transporter le minerai qu'il tiroit de ces fosses jusqu'à
Planchez-les-mines, en Franche-Comté. Il prétend qu'il tenoitdu cobalt; je
n'en ai point trouvé d'indices dans le grand nombre d'échantillons que
j'ai cassés et examinés avec la plus scrupuleuse attention. Je ne présume
pourtant pas que M» de Gensanne ait pris le bleu de montagne pour du
cobalt. J'ai vu commettre, il est vrai, cette erreur plus d'une fois,
mais par des £ens qui n'avoient aucune connoissance en chimie et en
minéralogie.
On a tiré ci-devant de la mine
de fer en grains du Mînedc frr du village du petit PfàfFenheim (Y), qui
dépend aussi du petit Pfaffen-Mundat. Ce village est éloigné d'Osenbach de
deux Kim' mille cinq cents toises E. On ne fait plus
aujourd'hui aucun usage de cette mine. On prend dans le même territoire de
l'argile très - réfractaire , qui, mélangée avec la terre de Willentrote , près de
Troyes
(i) Klein■■PfafFenheim , sive Pfaffinhemium
minus hospitium cum œdïbus
quïkusdam ^ubï minera ferri
matleatilis fLirx ac Jucù'iis, bohuevtz , tjfodiunt*
'"-r
Schœpflin ?
Àlsatia illuslrala, tom. î,
pag. 83, |
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^ |
■ ( i34)
en Champagne, sert à
faire les creusets et les fours Argile de
Piaf- t{"mic grande partie des verreries de la
haute-i\lsa.ce
ft-tiheim et de
1 ,
T
.
.* . tl. , -, ».
,
.
,.
■* et de la Lorraine; »ai oublie de dire quon
tiroit
aussi de
Férette de la terre pour le même usage. Vallée de Si l'on poursuit les Vosges
toujours dans la même Mun&ter.
direction , on arrive dans
la vallée de Munster ou
CarusdeTAca-
£e Saint-Grégoire, où il y a eu autrefois d'anciens fo*1!,!. U * *
travaux sur des mines d'argent; mais if en est très-peu dont on trouve encore la trace. La ville
de ; .
Munster,
dont tous les habitans de la vallée de ce
nom sont
bourgeois, étoit autrefois ville libre impériale; elle est située sur la Fèchdt, à six mille
trois cents toises O. N. O. de
PiàfFenheim,
Ancienne forge^ II y avoit
jadis sur cette rivière, à Munster même,
de
Munster. une forge composée de deux feux d'affinerie et d'un
f\
v
gros niarteau ; mais
elle ne roule plus depuis environ six
ans. On
n'y consommoit (jue de vieux moulages et de la
ferraille. Cette
forge délabrée appartient actuellement
Anciennetrefi- à M.
de Barth, ainsi qu'une tréfilerie de laiton,
lenc de laiton, tellement
ruinée qu'il n'en reste plus que les murs;
de Munster.
,,
.
,
, ,
r
i
i -n t
elle est située au-dessus de la
forge et de la ville de Munster.
Bois.
Les habitans de la ville et de la vallée
ont dix-
huit
mille arpens de bois, qui sont considérablement * dégradés ; on prétend qu'il en existe à
peine quatre mille en valeur.
Les habitans y ont leur affouage et bois de construction
gratis ; mais tout ce qui concerne. l'industrie leur est fourni et délivré
à raison
Monnet de
de vinfft sous la corde. Deux martinets aitenans à la ville de Munster, sont les seuls en
activité dans cette vallée; ils appartiennent à M.
Jean-Hummel. |
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Un de ces martinets travaille
eh poêlons de fer battu: -
il emploie six ouvriers, et
porterait sa fabrication A:illttf
, , !
,.,
.
i i ■ r
Munster.
au
double, s il pouvoit se procurer du bois: I autre travaille en taillanderie. M. Ilummel en
avoit un troisième, qu'il a
converti en moulin à farine.
La ville de Miinster conserve encore de
beaux droits : Droit «ii-.-. l'abbaye
de Bénédictins qui y est établie jouit aussi de prérogatives considérables ; il paroit
même nue le droit des mines lui
appartenoit autrefois : car iors-qu'en 147'i des particuliers
voulurent ouvrir des mines dans cette
vallée, ils demandèrent le consentement de l'abbé de Miinster; mais en 1707, époque
à laquelle on en reprit le
travail, abandonné pendant un . certain temps , ce fui le grand bailli
d'IIaguenau qui en donna la
permission (1). Sous les Empereurs, les personnes
revêtues de la dignité de Land-vogt ou grand Bailli, étpient chargées de
toutes les aflaires impériales dans Ja province et .avoient
particulièrement des droits sur les
villes impériales. Le grand bailli ou préfet d'Haguenau a le droit des mines dans
l'étendue-de-cette préfecture ; je ne sache pas que depuis 1707, if
l'ait exercé dans le territoire des autres villes impériales de la province; le cas ne s'en
est peut-être plus
présenté.
Les anciennes fouilles de
Heydenbach que cite M. Schœpflin dans le passage transcrit dans
la
(1) Anna uyz nvnnulli
consensu Ahbatis metalla scrutait coeperunt in v.ùiiculj quez
Hevdenbach Jic'uur. Opus hoc aliquot annis interruptum cr.'ts
mjr.jste-nensis denuo aggressurin , advocati provinclaîis assemum
zr.n. i-c-
ai:£\iv:i. Exeunte saculo superiori alios in eodem versaios, spes
lïicri flft.ti, ; r.cc du*', ardosius lipis propè vicum
Sondernacli arînûj^So inventas , auo turris «tbjt:~!. »
tccksjte tecta est. Schœpflin , loin. %,
pag. 405?. |
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(i36) .
= note ci-dessus, sont
très-voisines de la ville de Miïns-Yallée de |er ?
pr^s fe \R
justice ; leur entrée est entièrement comblée ;
j'ai tiré de leurs haldesde la mine grise de cuivre et
d'argent.
Mine d'argent . Entre Vida et
Thaeunîon, à deux mille toises à deSilberthal. fO. de Munster, dans le
canton nommé Silberthal (1), vallée
.d'argent, il y avoit aussi un travail sur de la mine d'argent , dont on ne voit plus que
les décombres. Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur
les travaux faits dans ces mines ; je cherchai en vain dans les archives
des Bénédictins quelques éclaircîs-semens sur-l'exploitation des mines de la
vallée de Munster (2}; j'appris seulement dans cette maison, qu'un
de ses pères avoit tiré une terre argentifère des Prétendue crevasses d'un
rocher près de Turckeim, bourg situé mine d'argent à trois mille quatre
cents toises à i'O. de Colmar, et
de Turckeim. 1
...
XT T> 1
■»<•.. ,
•
a six cents toises au N. L.
de Munster ; mais ce
Cartes de V'Aca-
• ■ '* *
4.1
• •>
*.
, .
moine étant
mort depuis six a sept mois, on ne
d-:mu, n9.
i63 ,
,
r ,.„,.,
foi. 59,
"put m indiquer
le lieu précis dou il avoit rapporte
celte terre.
Eaux minérales Au pied d'une
montagne nommé Oberfeldwald, de Sueizbach. pr^s
cju 5uetzbacn ?
petite ville distante de Munster de
deux mille cinq cents toises E.
et à quelques cents toises seulement
de la route de Colmar, est une fontaine |
||
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(1) 11 ne faut pas confondre ce
Silberthal avec celui du territoire de Steinbach , dont nous avons parlé
ci-dessus.
(a) 11 y a aujourd'hui à
Munster même une manufacture d'indienne très-intéressante \ on file
le coton dans cette vallée dans la plus grande perfection et on y fait de
belles toiles.
Près de Bisheim il y a des
fours à sécher la garance. M. Bruge, conseiller au Conseil souverain
d'Alsace, en a poussé, fort loin la culture.
minérale |
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■ (
i37 )
minérale très-abondante, où les
malades vont prendre |
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des bains et en boire les eaux;
elles sont reçues dans |
Va ll«r U<-Mun.itcr. |
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deux réservoirs , dont l'un est
nomme Scfnrrje/-Bninnfrin , et l'autre
Bt/d- Bnmn/ciii. Celle eau contient du sulfate de fer ou \itriol de
mars, du tartre ou
tartrite acidulé de potasse, du carbonate de soude ou alkali
minerai, du sel de Glauber ou sulfate
de soude, du sulfate de chaux ou sélénite, et enfin du bitume
(1).
Il-existait autrefois sur la rivière de
Fcehdt, qui Anciens vient du
val.de Munster, entre Turkheim et Munster, tmeticU"
plusieurs martinets de cuivre
qui ont été dénaturés; l'un
d'eux ayant servi à la belle fabrique d'indienne de Munster, dont nous venons de parler, et
l'autre à des moulins à blé.
Il y a encore dans ces environs les martinets de Colmar et de Keysersberg.
Celui de Calmar Mariinei à frr est situé' seulement à un quart de lieue
de la ville de ce nom, laquelle est éloignée de Munster de
huit mille
à |
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M. Bourkhard , qui possède dans
le même canton v un moulin
à huile et un à foulon. On n'y convertit
\.
en petit fer que de la vieille
ferraille et de la vieille fonte.
\
En retournant vers le N. O. de
Colmar, à cinq mille Marjinet de toises de cette ville, est celle de
Keysersherg, où se K*?s<**î>erg. trouve aussi un martinet
appartenant à M. François-Jacques Weguelin , maître uiartincur , (|ui y
occupe six ouvriers : son travail consiste en ouvrages de taillanderie et
poêlons de tôle, dont la fabrication annuelle monte
Fabrication, |
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(i) Guérin , de Fonùbus medic , pag.
24.
Farde 11L |
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(i38)
== à cent cinquante quintaux,
et qui pourroit être portée Martinet de £. deux cent cinquante, si
l'entrée de celle espèce de *** - fers ouvres dans le.royaume n etoit
point genee, par la dérision du Conseil du 21 octobre 1786", qui défend
l'entrée des poêles à frire, casseroles et autres articles de ce genre, et
si l'on ne se procuroit pas facilement en Alsace des coupes de poêlons de
l'Allemagne. On en - fabrique à Hausach, dans la vallée de Kinsing, qui
revenoient,'en 1780, à 53 livres 16 sous 6 deniers le quintal, rendues à
Strasbourg. Ces coupes ont même, la préférence sur celles d'Alsace , parce
qu'elles sont forgées beaucoup plus minces.
Comté de Nous entrons dans la
partie de l'Alsace la plus inté-Rïbeaupierre. ressant^ pour les mines ; je
veux dire dans le comté de l'Aca- de Ribeaupïerre, dont les
principales sans doute sont 16 * celles du val de Lièvre
ou de Sainte-Marie-aux-mines. |
||
|
|
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|
.. . , . La seigneurie de Ribeaupierre est un ancien fief
de
Uroit des mines.
°
*
la maison d Autriche.
Ribeauvmer, cher-lieu de cette seigneurie , est situé dans les Vosges , à
trois mille neuf cents toises N. N. O. de Keysersberg, à sept mille toises
au N. N. O. de Colmar , et à six mille quatre cents toises au S. O. de
Schelestadt. Cette seigneurie appartient aujourd'hui à la maison Palatine
de Deux-Ponts, Louis XIV l'ayant donnée en fief en 1660 à Chrétien I,
comte.Palatin de Birckenfèld, qui avoit épousé Catherine-Agathe, dernier
rejeton des anciens comtes de Ribeaupierre. Conformément aux~prîncipes du
droit public d'Allemagne, le droit des mines n'appartient aux vassaux ,
qu'autant que leur seigneur suzerain le leur a accordé; aussi les
seigneurs de Ribeaupierre se sont-ils adressé au Roi pour obtenir la
confirmation de ce droit |
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|
( t39
)
qui avoit déjà été inféodé aux
anciens comtes de Ribeau-pierre par l'empereur Charles-Quint. Il leur fut
accordé Comté de par lettres-patentes du 6 septembre 1712 (1), pour
K»l>MUI>l™ |
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|
(i) LOUIS, PAR LA
GBATTE^DÉ^DTEtJ , ROI DE FRANCE ET
/
de
Navarre : A nos amés et féaux
conseillers, îes gens tenant noire Conseil
souverain d'Alsace, séant à Coltnar, Sa lut. Notre très-cher et bien
améemisîtr,r le prince Palatin de Birckcnfeld» lieutenant-général de
nos armées , nous ayant fait représenter que le» comtes de
Ribeaupierre , ses aïeux maternels, auroient découvert >1 y a plus de deux
siècles, des mines dans ladite terre de Ribeaupierre, qui est en Alsace,
et principalement dans la vallée de Sainte-Marie, connue et appelée
dans les anciens titres, sous les noms d'Echery , Lièvre et la
seigneurie d'Honach : et ne s'étant point trouvés en état de les faire valoir, à
cause des grands frais qu'il faut faire , tant pour l'ouverture quepour
l'exploitation , ils auroient proposé aux archiducs d'Autriche d'entrer
avec eux en société, à condition que les frais seroient supportés également et
par moitié, moyennant quoi les profits seroient partagés de même; en
conséquence de laquelle condition l'archiduc Ferdinand et le sieur
de Ribeaupierre obtinrent le 25 août i53o, des lettres
d^investîture de Fempereiir Charles-Quint, pour jouir de ces mines à titre de
fief relevant de
l'Empire;-et-<lepuisl'empereur-:-:-Ferdinand II auroit
cédé à Eberhard, seigneur de Ribeaupierre, la moitié des dites mines
qui lui appartenoit en qualité d'archiduc d'Autriche , eti^lui
accordant ses lettres d'investiture, du 25 août 1620, en sorte que par-là le
seigneur de Ribeaupierre est devenu propriétaire du total ; mais les
guerres qui commencèrent en Allemagne dans ce temps-là, ont fait
cesser le travail, en sorte qu'elles ont été abandonnées. Cependant
comme quelques bourgeois de Strasbourg, fort entendus au fait des mines ,
se sont présentés , et ont proposé de faire la dépense en
partageant les profits; notredit cousin , qui se trouve par la dame sa mère, seigneur du comté de
Ribeaupierre, a cru devoir écouter la
proposition , et leur a même passé un bail emphy-. téotique , par lequel
il s'est engagé d'obtenir la confirmation dé Nous , qui nous
trouvons en possession de ladite province d'Alsace, depuis la cession qui
nous en a été faite par le traité de Westphalie, et d'approuver le
bail qu'il a fait avec les sieurs Knoil , Durringer et Rederer, pour Je
travail et exploitation des mines qui sont dans Je comté de Ribeaupierre.
A quoi ayant égard , après avoir vu l'avis de |
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|
( 140 )
.
Comté de i736,*iefeu Roi, par
de nouvelles lettres-patentes, exempta du droit d'aubaine les étrangers
intéressés aux |
||
|
|
||
|
noire aîné et féal conseiller
en noire Conseil d'Etat et privé , le sieur do la Houssaye , intendant de
jusiiee , police et finances en noire province d'Alsace , contenant qu'il
ne trouve aucune difficulté à accorder à notredit cousin, le prince de
Birckenfeld , l'approbation qu'il demande , au moyen des investitures qui
ont été accordées par les lettres de
i53o et 1620, et par autre arrêt de notre Conseil du 24 mai 1712 j
nous aurions permis à aQtredit cousin et ù ceux qui seront en ses droits,
d'exploiter ou faire exploiter les mines qui sont dans la vallée de
Sainte-Marie, connues et appelées dans les anciens titres sous les noms
d'Echcry , Lièvre et la seigneurie d'Hcuiach, dépendantes du comté de
Ribeaupicrre en Alsace , suivant et aux termes ,'clauses et conditions
portées par Jcs lettres d'investiture et de cession des empereurs
Charles-Quint et Ferdinand 11, des 25 août i53o, et 25 août 1620, à
l'e'Fet de quoi, toutes lettres de confirma-lion et autres nécessaires
seraient expédiées, lesquelles notredit cousin nous a très-humblement fait
supplier lui vouloir accorder. A CES
causes , désirant favorablement traiter
notredit cousin, et lui donner des marques en toutes négations de la
salisfacliop^de ses services et de son attachement pour
noH*e-sïii«4eP^J^6us , confoï ment audit arrêt du 24
mai 1712 , ci-attaché sous le contre-scel de notre chancellerie, de notre
grâce spéciale, pleine puissance et autorité royale, avons permis',
et, par ces présentes signées de notre main , permettons à notredit cousin
et à ceux qui seront en ses droits , d'exploiter ou faire exploiter les
mines qui sont dans la vallée de Sainte - Marie , dépendante du comté, de
Ribeaupierre en Alsace, suivant et aux termes, clauses et conditions
portées par les lettres d'investiture et de cession''des empereurs Charles-Quint et Ferdinand 11, des 20 août
i53o, et 26 août 1620 Si, vous mandons que ces présentes vous ayez à faire
registre!", et du contenu eu icelles, faire jouir et user pleinement et
paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles et empéchemens à ce
contraire. Car tel est notre plaisir. Donné à Fontainebleau , le sixième
jour de septembre, l'an de grâce mil sept cent douze , <_jt
de notic règne le soixante
dixième , signé LOUIS; et plus bas : Par le ttoi, Voisi n. Et scellées du grand sceau de
cire jaune, registrées le dix-huit mai mil sept cent
treize. |
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...
■ (
mines de
Sainte-Marie ( 1 ). Enfin le 17 février 1770, d'autres lettres-patentes accordèrent aux
princes Ciiarles- |
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|
(1) LOUIS', PA.R la G3ACS de DiEU , efc. Nos chers et bien
amés les sieurs Jean-Pierre Krœber , Ca.mnir Krœber , Jeun-Charles Jacobi, Jean-Antoine
Césa_r_a__OuvilrJîr£j!édéi".ii:r6.c.hiX'il)er , Théophile
Unger, Jean Colmann Creutzer, et la dame veuve Kahl , tous
intéressés en la compagnie Tonnée pour l'exploitation des mines de
Sainte-Marie, situées dans le comté de Ribeaupierre en_ Alsace, nous ayant
fait 'représenter que le feu prince Palatin de Birckenleld , à qui
lesdiles mines appartenoient au moyen des lettres, d'investiture et de
cession , qui eu avoient été accordées aux arretens comtes de Hibeaupierre
, ses aïeux maternels , par les empereurs Charles-Quint et Ferdinand 11,
les 20 août i53o , et 2S août 1620, en anroit le 19 lévrier
1711 , passé un bail emphytéotique aux sieurs Simon Jvnoll , Jacques
Durringer et •NicolasRederer, marchands à Strasbourg, pour par eux , leurs
hei itiers ou ayant causes , jouir des dites mines , et les faire valoir à
leur profit exclusivement à tous autres, aux charges ^ clauses et
conditions portées par ledit bail: que ledit feu prince de Birekenfeid,
sVlanl engagé d'obtenir de nous, qui sommes en possession de la pro\ ince
d'Albace , depuis le traité de Westphalie, la confirmation du dit bail j
il se roi e intervenu sur sa requête un arrêt de-notre-.Conseil , et des
lettres-patentes, les 24 mai et 6 septembre 1712 , par lesquelles le feu
roi de glorieuse mémoire , notre tres-honoré seigneur et bisaïeul lui a
voit permis, et à ceux qui seroient en ses droits , d'exploiter ou faire
exploiter les dites mines de la vallée de Sainte-Marie , suh ant et
aux termes portes par les dites lettres d'investiture et de cession
susdatées ; que depuis le sieur Nicolas Rederer, qui, au moyen de
l'abandon à lui fait le 26 novembre ij3o , par les dits
sieurs Knol et Diirringer, b'etoit trouvé seul concessionnaire des dites
mines, en aurait fait, cession à ladite compagnie, en la personne desdits
sieurs iyrceber.et Schreiber , par acte passé devant le notaire royal au
Conseil souverain d'Alsace, le S octobre 173^. ; qu'en conséquence, les
exposans et leurs autres associés dans ladite entreprise, n'avoient
épargné ni soins.ni* dépenses
pour l'exploitation desdites mines, desquelles ils avoient tiré l'année dernière
près de quatre mille marcs d'argent, qui avoient été portés à la nionnoie
de Strasbourg. , trente milliers, de cuivre qui avocent été vendus pour
l'usage des martinets de Colmar et de Sclulestat , et deux cent milliers
de pîomb , qu'ils avoient rcrtrîs à l'arsenal de Strasbourg, et
ce, indépendamment du dixième de
ces |
||
|
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|
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||
|
Auguste et Maximiiien des
Deux-Ponts, le privilège
Comté de i -r i r
•
1 • 1
•
i
Ribeaupierre.
exc*usl*> Qe faire exploiter durant
vingt années les
métaux, qu'ils a voient payé on
nature à notre M es-cher et bien amé •
- cousin le duc de Deux-Ponts,
fîis et héritier dudit défunt
prince de
Birckenfeld ; que d'ailleurs le
sieur Jean-Jacques Saur, l'un de leurs associés françois, avoit obtenu de
notre très-cher ef bien amé cousin le duc de Bourbon, grand-niaître des
mines , de» lettres de concession, le lôjuin iy3o, pour exploiter les
mines etanî dans le val de Munster, Saint-Grégoire et le va! de Saint-
Amarin , depuis Tiiann jusqu'à Colniar ; mais que comme les exposans sont
tous étrangers , ils craignent, avec ra;son, de s'engager plus
avant dans lesdites entreprises , si nous n'avions la bonté d'y
pourvoir en les exemptant du droit d'aubaine, de même que les autres
étrangers qui pourraient dans ïa suite s'intéresser dans les travaux
de^diie.-» mines ; nous aurions , par arrêt de notre Conseil du 6 juin
dernier, staiue sur les fins et conclusions de la requête des exposans
insérée audit arrêt , et ordonné que pour son exécution toutes lettres
nécessaires seroient expédiées „ lesquelles les exposans nous ont
tres-humblement fait supplier de leur accorder. A CES CAUSES , de l'avis
de notre Conseil qui a vu ledit arrêt du 6 juin dernier, dont extrait est
ci-attaché sous îecontre-scel de notre chancellerie, nous avons,
conformément aux lettres-patentes du io octobre i552, et à l'arrêt de
règlement du 14 mai 1604, ordonné ,et, par ces présentes signées de notre
main , ordonnons que lesdits sieurs Jean-Pierre Krœber, Jean-Charles
Jacobi, Jean-Antoine César, Chrétien-Frédéric Schreiber, Théophile Unger,
Jean-Colman Cretitzer, et la dame veuve Khal, en leur qualité d'intéressés
en la compagnie formée pour l'exploitation des mines de Sainte-Marie ,
situées dans le comté de Ribeaupierre en Alsace, de même que les autres
étrangers qui pourront dans la suite s'intéresser dans ladite compagnie,
seront réputes régnicoles , et en conséquence, qu'ils pourront acquérir,
vendre et aliéner toutes sortes de biens meubles et immeubles , soit
qu'ils leur fussent donnés, légués ou délaisses, et en disposer par
donations entre vifs et à cause de mort, testamens, codicilles ou
autrement , et leurs héritiers, même étrangers , recueillir leurs
successions et en disposer sans être sujets au droit d'aubaine, dont
nous les avons exemptés et déchargés, exemptons et déchargeons ,
nonobstant tous édits et déclarations à ce contraires , auxquels nous
avons dérogé et dérogeons pour ce regard seulement. Si vous mandons , etc.
Donné à Compiegne , 3e dix-huit juillet rail sept cent trente-six, signé
LOUIS. Registre le vingt-huit janvier mil sept cent
trente-sept. |
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■(143)
mines de charboii.de pierre du
comté de Ribanpierre et seigneurie de Berg.'ieim f 1 ). La
situation de ces Comte do
j
,
^ ,
, ^
t i , . i Ri beau
pierre.
dernières m engage a en parler avant oe décrire les •
i ~ . a r ■ • r-> u
'
r
i
Mines
de
mines de aamle-Mane. Celles-ci
sont avancées vers le ,j | centre des Vosges, les autres sont assez
rapprochées de la plaine. En considérant sur la carte la position des
mines de charbon de ce canton , on voit qu'elles s'étendent de l'O. à
J'E. : elles traversejiM^yte la niasse des Vosges, qui forme à l'occident
la pente du val de Lièvre ou de Sainte-Marie , et à ' l'IL-iéupeflie qui
regarde la plaine contenue entre Guémar et■'Schelestadt.
Pour |
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(i) LOUIS, PAR LA GRACE DE "D-JEÙ, ROI DE FRANCE ET
DE
Navarre , etc. Noire cher et bien amé cousin le duc
de Deux-Fonts, tuteur de nos
chers et bien aînés cousins fes princes Char les-Auguste et Maximilien de Deux-Ponts, ses neveux ,
nous a très-humblement fait
exposer en cette qualité, quèjdans le comté de Ribeaupierre et dans la
seigneurie de Bergheim , terres voisines, qui J'une et l'autre
lui appartiennent, il se trouve
des mines de charbon de terre , les unes dans son fond dont il est propriétaire, et
le surplus tîans des terrain* communaux , ou qui sont entre les mains
Ûes particuliers , et qu'il espère que nous ferons
d'autant moins de difficulté'd'accorder'à. nos dits cousins , le privilège exclusif de
faire exploiter les ruines dont il s'agit, que pareille grâce s'est accordée
plusieurs fois à des particuliers qui ne pouvoient réunir les mêmes
considérations qui militent en leur faveur ; que d'un autre côté les
conditions auxquelles ils se soumettent, suffiront pour mettre les
intérêts du public totalement à
couvert. A quoi ayant égard, et voulant en cette occasion donner auxdits
cousins, les princes Charles - Auguste et Maxîtmlien de Deux-Ponts, un
témoignage de notre bienveillance ; A CES CAt'SES et autres à ce nous mouvant, de l'avis de
notre Conit'il , et de nuire grâce spéciale , pleine puissance et autorité
royale^ nous leur avons accordé
, et, par ces présentes signées de no( réiiiain , leur accordons ,
ainsi qu'à leurs héritiers ou
avant cause, le.^rivilege exclusif de faire exploiter, pendant l'espace de vingt amim, à
compter- du jjour de l'enregisirenient des présentes , les mines
de.cba.rbon-d'e terrequi sont actuellement découvertes dans toutel'eteudue
du comté deRibeaupie£re. |
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( M4 )
.orna te r jajre
connoj,re et'il'AS de ces mines de
charbon
Ribeaupierve. '
qui sont
les puis voisines de Keysersber^, le dernier
endroit des Vosires doiit j'ai
eu occasion de parler. Mine de cîiar- "Environ à .)ooo toises de ce lieu ,
à 3ooo toises au bon du v.,'iî:k-.
n< N;_Qt je Ribcam iller, et dans sa
banlieue, on trouve des évents de charbon de terre,
dans le vallon cTOber-Ibach. Ce vallon a son
ouverture sur la grande roule de Ribeauvillér à
Sainle-Marie-aux-mines. En la remontant du
S. au N., presque au sommet du vallon, immédiatement au-dessous de la maison la plus reculée du
hameau de la Verrerie neuve (1) au bord d'un
.ruisseau,
et de îu seign?urie de Bergheim
, ou qui pourront s'y découvrir par la suite ; à la charge toutefois par eus,
suivant les offres faites en leur nom 7 d'indemniser les
propriétaires des terrains sur lesquels il sera fait des
ouvertures, ou qui pourront être endommages, soi! par les voitures, soit
par l'écoulement des eaux ou autrement, et ce à dire dV<-;perls, dont
les partie.* conviendront de gre à gré , ou qui serons nommes d'office par
le sieur intendant et commissaire départi pour l'esecution de nos ordres
eu Alsace; comme aussi de fournir à nos villes de Colniar , Strasbourg et
Schelestadt , la quantité de charbon de terre provenant des dites mines ,
suffisante pour leur consommai ion; d'y établir même des magasins où
l'on en trouve toujours pour une année, soit qu'il s'agisse de notre
"service ou de l'usage du public ; de se conformer aux reglemens déjà
intervenus , ou qui pour-roient intervenir par la suite au sujet de
l'esploitation des mines de charbon de ferre, et notamment a celui du
quatorze janvier mil sept cent quarante-quatre, déclarant nosdits cousins
déclins de l'effet des présentes , faute par eux d'exécuter ponctuellement
lesdites conditions. Si, vous mandons, e<c. Donné à Versailles, le
dix-sept lévrier mil sept cent soixante-dix, et registre au conseil
souverain d'Alsace, le cinq juillet suivant.
(t) Ce
hameau tire son nom d'une verrerie qui y existoit autrefois ys
il y en avoit une
autre à peu de distance, dont il ne reste, comme ûçla précédente, qu'Un hameau qui
s'appelle vieille Verrerie: ces deux usines sont maintenant
détruites.
on |
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( 145)
on
trouve sur la droite un muim de charbon très-épais, '
qui
s'aperçoit au jour sous la pierre de sable rouge; et Comté de
,'.,,,
. ,
'". ^ ,
Ixibeaumeire.
en creusant cette terre houille
de trois a quatre pieds, on rencontre des fragniens de charbon. M. Weber ,
ancien premier forestier de M. le prince de Deux-Ponts, avoit obtenu de sa
Chambre des finances la concession de cette mine; il y avoit poussé une
galerie d'environ 20 toises: il ne l'abandonna que parce qu'il fut obligé
de donner la démission de sa place, pour des causes cjui n'ont aucun
rapport à mon sujet. L'ouverture de cette galerie étoit écroulée lorsque
je la vis ; on assuré que la terre houille s'y soutenoit. L'endroit où
elle paraît au jour, s'élève peu rapidement ; c'est une espèce de
plate-forme légèrement ascendante jusqu'à la montagne de sable rouge qui
termine ce vallon : on a tout lieu de croire qu'il y a dans cet endroit
plusieurs couches inférieures à cette terre houille, et qu'on y
rencontrera de -très-boa charbon*
Dans le petit vallon qui est à
l'O. de celui dont nous Mine do cW-venoris de parler, au revers des montagnes
précédentes, bon fi<>.îa
VICjlîc
i
11
11 • -ii tt
•
• "N
erroné.
au-dessus du hameau de la
vieille Verrerie, sont aussi des évents de houille, qu'on peut considérer
comme la continuation de ceux du hameau de la Verrerie neuve; car à vol
d'oiseau, ils n'en sont éloignés que de 6.à 700^
toises.
Le vallon de Tannenkirch offre
également, près de Mine de char-ce bourg, des indices de charbon de terre,
au N. E. des bolî ci(> Tamim-précédens, dont ils
ne sont éloignés que de i3 à 1400 toises.
Enfin, environ à 1800
toises au levant de Tannen- Mine d<> th.-u-kirch, dans la banlieue
du village de Rodern , est une bondeRoder».
Partie
111^
T .
vs. |
||
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|
|
||
|
mine de charbon, actuellement
en exploitation ; elle dépend du bailliage de Bergheim, dont il est
question dans les lettres-patentes^ue j'ai rapportées. Ces mines ont été
concédées par la chambre de Ribeauviller à MM. Meckert etKnotterer,
bourgeois de Bar, pour le même tenue" que celui porté par les
lettres-patentes. Ceux-ci se sont associé M. Dumoulin , ancien
capitaine au régiment d'Austrasie, avec lequel ils iront cessé
d'avoir les contestations les plus vives , et des procès ruineux. Ce
dernier, lors de ma visite à ces raines, les dirigeoit lui-même sans la
participation de ses associés. M. le prince de Deux-Ponts a exigé, par le
bail passé à ces Messieurs, le dixième de tout le charbon qui
s'ex-Irairoit, et de plus, le douzième de tout le bénéfice que feraient
les associés.
Les deux pentes de la veine sur
laquelle sont faits les travaux, inclinent au nord et à l'orient. Cette
veine varie dans sa puissance : quelquefois elle n'est que de trois pieds
; d'autres fois elle s'élève jusqu'à huit. Dans ce dernier cas, elle est
divisée par une couche de grès, et pour lors l'un des lits de charbon, le
supérieur où rïnierîeur,est formé de charbon menu, tandis qu'on tire
de l'autre du charbon en quartiers,,luisant, s'agglutïnant bien au feu, et
en général de très-bonne qualité. Lorsque la veine est ainsi divisée, on
n'arrache point la couche intermédiaire de grès, maison exploite
séparément les deux lits de charbon, qui, dans cette circonstance , se
trouvent peu élevés , de manière que l'ouvrier est contraint de travailler
couché sur le côlé. Un schiste bitumineux sert de base à cette veine de
houille , qui a déjà été considérablement exploitée. |
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( 147 )
'
Lorsque ce schiste est trop
gras, on pose les élançons sur de petites planches, alin qu'ils ne
s'enfoncent pas. Les <.<>.nu
travaux de cette mine, qui
s'étendent du .sud au nord. avoient, lors'de ma visite, 120 toises de
longueur : ils approchoient
des limites du ban de Sainl-HippolyLc. Celui-ci dépend de la Lorraine, et les
concessionnaires des mines de la Croix-aux-mines y exploitent la même
veine de charbon (1), au revers de la montagne:
ceux-ci ont grand soin de
resserrer dans leurs limites les fermiers des mines de Rodern,
avec lesquels i! ont déjà eu des
contestations. Je n'ai Iromé que trois mineurs Ouuier». occupés à cette exploitation, et,cinq petits
garçons, puisant à bras et
avec des'sceaux les eaux qui se rassemblent au fond de ces mines ;
ils versent ces eaux dans un petit bassin , d'où ils les élèvent, au moyen d'unepelite pompe de quatre pouces de
diamètre, dans les travaux
supérieurs, et de-là elles s'écoulent au jour. Cette manière de
mettre les ouvrages à sec est très-coûteuse. Pour atteindre seulement à quatre ou
cinq pieds au-dessous des
travaux actuels les plus bas , on a entrepris une galerie d'écoulement, qui aura
80 toises, et qui étoit longue de 22 lorsque je la vis. II eût été
très-facile de prendre, avec une petite augmentation de frais, une
galerie plus profonde de cent cinquante pieds; mais la veine de houille plongeant du côté de la
Lorraine, les fermiers de
Rodern n'avoient aucun intérêt à faire ce travail. S'il eût été
fait en commun , on auroit facilité infiniment les deux .exploitations, et
chaque compagnie eût épargné de
grandes dépenses. _
__
t
(1) Je parle de cette
exploitation , en rendant compte des mines de la Lorraine*
------
Tij |
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Comté de
Kibeaupïerre.
\ ente annuelle. |
( 148 )
Les fermiers des mines de Rodern
paient à M. îe prince de Deux-Ponts, pour le dixième, environ cinq cent
cinquante quintaux par an, ce qui prouve que l'extraction annuelle du
charbon monte à cinq mille cinq cents quintaux, donnant pour la vente
totale une somme d'environ 5ooo liv.: car le quintal de charbon en
quartiers se vend 18 sous sur les lieux. On le consomme
principalement à Seheiestàdt et à Coîmar.
Avant de quitter les environs de
la plaine pour traiter des mines de Sainte-Marie, je dois faire mention de
quelques objets indépendans du comté de Ribeaupierre, auxquels il me
seroit difficile de revenir, si je n'en par-lois actuellement. Il s'est
trouvé à Orschwiiler des affleuremens de charbon de terre. Ce village est
situé en Alsace, quoiqu'il soit attenant à Saint-Bippoîyte, qui fait
partie de la Lorraine; il est à i5oo toises au N. E. de Rodern, et il
dépend du château de Kunigsbourg, avec lequel il forme un fief que le roi
avoit donné ci-devant à la famille de Sickingen, et qui est aujourd'hui
possédé par M. de Bougg, conseiller au conseil souverain d'Alsace.
J'ai déjà répété plusieurs fois que les vassaux dévoient obtenir de leurs
seigneurs suzerains la faculté d'exploiter les mines de leurs fiefs ;
aussi, dans l'espace de dix ans, MM. de Bougg se sont-ils adressé à trois
reprises au conseil pour l'obtenir, parce qu'il ne lefr avoit été accordé
que des permissions provisoires, pour
un an, et que ce terme expiré, ils ne s'étoient pas présentés pour
solliciter un arrêt de concession, n'ayant jamais donné de suite à leurs
travaux. Je ne fus instruit qu'il y avoit des indices de houille à
Qrschwil-ler, qu'après avoir quitté cette partie de la
province. |
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Mine de charbon
d'Orsch-willer.
Cartes ii-£ t Académie,
n°. i63, fol. J9. |
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Droit des |
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Titres. |
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J'engageai MM. Duhamel et Mailet
(1) à sy rendre;
ils
eurent la complaisance de m'envoyer des noies, dont Mine
<!(X cluir* voici la subtance. Ces afïleuremens de
charbon se voient Jî" * dans la
forêt seigneuriale de M. de Bougg, au-dessous des bois du roi, en face et à l'O. du
château de Kunigs-bourg, à la
gauche et à 3oo toises du chemin de Sainte-Marie à la minière de Sainte- Hippoiyte, à
une forte lieue d'Orschvviller
, et à trois quarts de lieue de Rodern.
Lors de la permission provisoire
qui fut accordée Travaux, à M. de Bougg, on se borna, pour toute
recherche, à faire quelques trous d'un à deux pieds de profondeur, épars à la surface de la montagne, et une
galerie à ciel ouvert d'une toise ; on arrachoit de celle-ci du
Véritable charbon de terre. On ne fît aucun travail pendant la durée du
temps accordé par une seconde
*
permission provisoire. Enfin
ayant obtenu, en 178J, une troisième permission, M. de Bougg fit
poursuivre la galerie, et on entra dans la montagne sur la pente
occidentale de la veine. Un crin la coupa après qu'on l'eut suivie pendant
quelques pieds; mais à pareille distance au-delà du crin, on la retrouva, et
on en tira du charbon susceptible de souder le fer. Cette
galerie n'a été poussée que de trois toises. Elle étoit encombrée
lorsque MM. Duhamel et Mallet la \irent. Ces messieurs pensent qu'il y a
dans ces endroits deux veines de charbon parallèles, inclinées à l'O. et
au N. ; ils jugent qu'elles se trouvent aux deux tiers de la hauteur de la
montagne, et à deux cents pieds au-dessus de la gorge. De ces deux veines,
l'inférieure
{1} Voyez ci-dessus, page 66. |
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Mine de char- précédente par un lit de grès de dix-huit
pouces, ces
•bon r.-,c î-
mess|eurs arrachèrent d'excellent charbon ,
très-luisant, et il paroit qu il se
soutiendra de cette nature, et qu'on pourra l'extraire en gros
quartiers. MM. Duhamel et Maliet ont très-bonne opinion de ces mines. On
m'a assuré que M. Gomard , un des chefs de bureaux de l'intendance
d'Alsace, s'étoit arrangé avec madame de Bougg pour l'exploitation de
cette houillère ; mais on ne se disposoit point encore à la mettre en
activité à la fin de 1780. Comté de Je reviens aux mines de Sainte-Marie,
dontlades-
Ribeaupîerre. cription sera
précédée de quelques notices Historiques. M. Gobet a rassemblé plusieurs
faits concernant l'his- |
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aux-mines» |
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, ,, , toirede ces mines dans les anciens
minéralogistes (1).
Cartes de l Aa- .
• _ o
\ /
demie, n°. i63,
M. Schœpflin en rapporte dans XAI.satla lilustrata
(2);
fol.
«59.
et
M. Radius (3) , conseiller intime de M. le prince
Historique.
Maximilien des Deux-Ponts possesseur actuel du Comté de Ribeaupierre , m'a remis un mémoire fort
intéressant sur cet objet. Ce que nous dirons ici de l'histoire
de ces mines, concerne celles
qui-étoient situées en Lorraine, aussi bien que celles de l'Alsace.
Il paroît qu'en Lorraine elles
ont été en grande partie épuisées, et depuis très long-temps on n'exploite
plus à Sainte-Marie que les
mines qui se trouvent sur la partie de l'Alsace. Les Romains ne paraissent pas
avoir fait |
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4 |
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(ï) Toin. 1, pag. a, 40 et
suivantes ; et tom. 2, pag. 702 à 710.
(2) Tom. 1, pag.
11.
(3) M. Radius est à la
tête de l'administration de M. le prince de Deux-Ponts, à Bibeauviller. Il
est aussi distingué par ses talens que par son zèle et son attachement
pour la maison de Deux-Ponts. |
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travailler aux mines de cette
province (1). M. Gobet ™~= considère celles de Sainte-Marie connue les
plus an |
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aux-nune». |
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ciennes du royaume. Il croit
que l'or et l'argent qu'on en tiroit , servit à orner une église que S.
Berlin lit construire à Saint-Omer en 660 , et à décorer le chevet de
l'église deSaint-Denys. M. Schœpflin date du dixième siècle l'époque de
leur ouverture. Gérard XXXIV, élu évêque de Tout en ç63, concéda, en 97.5,
plusieurs biens à l'église de Saint-Diez, en se réservant le droit de
dixième sur les mines d'argent. En 997 (2), Guillaume et Acherîc, deux
hommes distingués, vinrent exploiter les mines du val de Lièvre, et
en tirèrent beaucoup d'argent. Dans le treizième siècle , les des-cendans
d'Acheric fondèrent dans ces montagnes un village ;3), auquel ils
donnèrent leur nom (4). On voit, dans les archives de Ribeauviller, que
Bruno, seigneur de Ribeaupterre, fit ouvrir, près de Fordélbach, un
puits auquel on donna le nom de Saint-Guillaume, Sébastien Munster (5)
, écrivain du seizième siècle, après avoir observé que les montagnes dont
nous parlons étoient abondantes en argent, cuivre et plomb, rapporte
que depuis l'année 1028 jusqu'à i558, époque à laquelle il écrivoit, on en
avoit annuellement extrait six mille cinq cents marcs d'argent. Il observe
.qu'en i53o on avoit arraché dans le puits du Four• ( in pin'eo
Fit mus dicio ), et en 1539 » ^ans ^e puits de
Saint-Guillaume, deux masses d'argent
pur , qui pesoient
(r) SchœpSin , Alsatia
illustrata, tom. i , pag. n et 3z3.
(2) Selon M. Schœpflïn ,
en 97J , foc. cit.
(3) Echeric.
(4) Schœpflin, toc,
cit.
lib. III, cap. iaa, pag.
«538, |
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=-==
Sainte-Marie- \[ ajoute
que presque chaque jour on y trouvoit de
«aux mmes. l'argent natif (1) ;
que dans ces vallées il y avoit douze martinets pour préparer et affiner
les minerais ; que depuis l'an 1528, plus de douze cent quatre-vingts
maisons avoient été bâties dans le Furtelbach , et que la ville de
Sainte-Marie avoit été fort augmentée des deux côtés du Léber(-2)
ou Lébure.
M. Schœpflin dit que dans le
seizième siècle on retiroit par an jusqu'à mille cinq cents marcs d'argent
des mines de Sainte-Marie. Pigner, qui écrivoit eh i55o une histoire de
France (3), porte ce produit bien au-delà. Kœnigshoffen , célèbre
historien de la* province d'Alsace , se fondant sur des descriptions
qui lui ont été |
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(1) Sed et quotidïi
ferè i;iv:râtur argentum sinctrum. Sebastien Munster, lac.
cit.
(2) Le Lébure sépare la
ville de Sainte-Marie en deux parties ; l'une alsatienne, où l'on parle
allemand 5 l'autre lorraine, où l'on parle françois ; de sorte que les
habitans des deux côtés de la rivière ne se comprennent souvent point.
Ainsi Sainte-Marie ne dépend pas entièrement de la Lorraine , comme
on pourroit le croire d'après ce que M-. de Sivry en a dit, à la page 3 de ses
Observations minéralo-giques.
(3) Dans le Liberthaï, il
y a tant de mines d'argent, de bronze et de plomb , qu'il n'y a lieu en toute
l'Allemagne où il s'en trouve tant ensemble , ni de meilleur
revenu; cette grande vallée contient en soi plusieurs autres vallées
moindres, savoir Furtelbach (ou Furtel ), dans laquelle il y a environ douze puits de
minières , à raison de quoi, est fort peuplée et fort fréquentée.
Une autre nomméeSurlaîie, dans laquelle sont quatre puits de minières ;
une autre qu'on appelle Prabegert, en laquelle il y en a six ; une nommée
Echerich, où il y en a deux seulement. Les mines du côté du coucbant
appartiennent au seigneur de Rapolstein , et celles du côté du levant à la
^ouveraineté de Lorraine. Elles ont été premièrement découvertes par les
seigneurs de Rapolstein , vers l'an 1S2S : ayant ensuite fait
chercher du côté de
fournies |
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( iJ3
)
fournies par un nommé
llaubenscick , directeur des mines de Sainte-Marie, clans le seizième
siècle, parie leur produit annuel à huit-mille marcs d'argent,
indépendamment d'une grande quantité de; cuivre cl de' plomb. La
fameuse guerre de trente ans, et celles qu'ont terminées la paix de
Nimègue, celles de Rvswick et de Bade, ravagèrentl'Alsace, qui en fut le
théâtre, et entraînèrent le désaslfé-et—Patîandon-tîes'- mines de
Sainte-Marie. Elles ne furent remises en valeur qu'eu 1712, époque à
laquelle Loïïîîr^trV^âccôrtîïTa1 'M."le7' Prince de
Birekenfeld les lettres-patentes que j'ai rapportées.
Des'particuliers de Strasbourg, associés avec
des |
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Lorraine, ils trouvèrent une
grande mine d'argent au lieu nommé Saint-Jacques, de laquelle ayant lire
grand profil, ils ne cessèrent qu'ils n'eussent creusé toutes ces
minières, qui sont en toutes ces vallées des Vosges; tellement qtt'rl
rrjra quasi lieu dans toute cette montagne qui ne soit cieusé et f'urelé
jusqu'aux entrailles de la terre. Apres avoir bien creusé, ils trouvèrent
plusieurs grands puits et anciennes cavernes où les anciens avoient
cherché des métaux et fait des minières bien profondes; mais ils avoienl
abandonné ces'recherches, par la grande quantité d*eau qu'ils
rencontroîent , et qui s'amassoît dans ces puits ; car les anciens
alloient toujouiyen creusant profondément jusqu'à ce que tes eaux les
arrêtassent!'mais à présent,on fait dans les mines, des allées en long et
en^^arge, par une infinité de détours, et au milieu on creuse des puits
pour la décharge des ermy.
En cette vallée de Vosges, toute stérile qu'elle est , il y\.<L■ trii.it> de
ïnétaux de plusieurs sortes , même de-bronze , de plomb, de métal
argentin, duquel se tire l'argent, le cuivre , et en quelques lieux
l'argent pur, qu'on y voit j'usqn*à douze forges à inétal , où l'on ne
cesse de travailler , cuire , fondre, laver et purger les métaux ; et
depuis quelques années que ces mines sont en état , on y a hdù plus
de douze cents maisons, et on lient pour certain que depuis Tan ï5aB, on a
tiré de ces mines, par an, six mille cinq cents marcs d'argent. Liv. Il, ch. 6.
V |
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( i*4 ) -
.~-;..:ri:.:.-"—
étrangers, exploitèrent long-temps ces mines Ci^, De N!n.u-\i.im-
|,os (Cni])s. une seule et même compagnie Icnoil a
bail de M. le prince de Deux-Ponts,'les mines de Sainte-Marie, el du roi
celles de la Croix et de Sainte-Hippolvte en "Lorraine; mais les choses
venoient de changer tors de ma visite.
M. le rtrfHce de Deux-Ponts -avoir, com- |
|||||
|
|
|||||
|
menée à faire régir pour son
compte celles de Sainte-Marie-:, et une nouvelle
cpmpagriie.venoit-d'obtenir la-concession des minets lie Lorraine,
que'j'ai-nommééS tour-à-rhelite (2). * •• . " «
■ -,- *
v
Peu de fra-vàux ont fourni
-Hjnë'variété de minéraux plus grande
, plus précieuse el plus iBttessajjte pour lès amateurs -, cjue
ceux des mines de Sainte-Marié. Gir en a extrait, en différens temps, de^
l'argent vierge en polntf^i. en leuiîles, en cheveux, et superficiel ; de
îa urint\ ifargent vitreuse, rouge et grise, cristallisée cm 'massive. Les
inmérais^l'argenî. cjiii se
trouvent hunitueî-'lemufït à Sainte-Marie-, tiennent depuis deux onces
jus-i|ifa «juatre marcs- d'argent. M. M'oriuet y a découvert un miiim
^produisant soixante dix livres d'argent an C|iimtal. ('elle
malière^terreiiHe,, semhlahJe à l'argile, étoif jetée sur les haldes comme
inûiile,-!orsqije ce minéralogiste la lit côunoitre (*:;). L":irgen.l de
Sainte-Marie |
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.4 |
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(i)-C)n voil <!:tus r.aif'î du «8 juili |
~.î6',
on; |
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|
d'aubauu1
\v.< mtfi't'Ssfs aux flisUu-/ t!e S;uy !•;■ - Mai ic-, tjii'il.; avoit-nt livir en i-')5 , ii la inûnînûr tît- Miti>hiu;r^^
ri:iairc un lie maïcs d'argent ; à Parsonal de la
lïH'iue \'\\v , "<Umi\ < vnï.-; iniHicr.; (\v p!ous?> : cî iin\ mariiiu'f s de ^t lie Ir>i t-<] t vl de (.. u! ih.ir-, î
îcï,U'
mi il ivï h
dr eu ivre. \<t\e/, t
t-f!es>us , p;i'^. 141.
(2) \<ncz nui des( 1 iptson dts niiiu1.; tic Loulunr.
^.'î)r\i)V(7
U'.'ot: ruai <!r Fans, chi
-i,> c!t it'itibi e
i"">z. (,)n sait que leb nunes d"Allejjuuit en
Dauphiaé , fournissen.1 ubfifuduimueut de ces |
|||||
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|
est
porté par l'affinage au titre
de onze deniers vingt- •
trois
grains. On a de tout temps arraché de* fosses"de
ç_e
district rie la mine de cuivre jaune et azurée ,H
du
l)Icu('i)eu!u ver! de
montagne. Quelquefois ces mines
Tiennent jusqu'à cinquante
livres de cuivre par quintal.
;;- .Ce
métal "y'est d'excellente qualité. Le plomb s'est
trouvé, à Sainte-MaTie-, en
chaux blanche et \erie;u),
%t,.minéralisé en
galène de toutes former Le cohall
-"cjû/on
relire Vie ces mines est de la meilleure espèce:
€ il est petit*
l'ordinaire' spéculaire. Enfin ou en retire
aussi de la bleiude,et Beaucoup
d'arsenic natif ou cobalt
testacée'(o). Le
rocher dans lequel tous ces:niinérais se
mulms
bruns et noirâtres, ires-riches en argent. Kn les considérant ■ _ -à. la loupe, on y voit très-sou vent'de
Tardent n-atit; quelquefois il s'y iiouvecn parties asjez■grautkv», pour
qu'on l'y--distingue mus peine à l'œil nu.
' ,
■
(1) C'est sans doute ce que les anciens
liisloiiens ont pus pour du
lapis huuli.
(2) -Je îr'îii pitrirt ttt tle nrmrs—é^ |i4tmt't Mandtcs et
vertes à Sainte-TViai ie. (
eiff.i <[ue les emieuv ont tirées de «ion temps .de
cette
.ville, .venoienl de la Croix-aus-mines en
L'irr-aine. Il est possible
r.éamnoins tyiv les tr;uau\ de
Sainte-Marie en aient produit ; c'est.
d'après M. Scha.»pflin que
je^les cite 'comme venant de
Sainie-Mctiie.
* ' C-tr^Ss^ant pruie aussi de
mines de plomb rougc.v--trouvée,* dans le
menu*
iwu ; mais je n'en ai vu ni à la-Croix ni à
Sainte-Marie.
(3) M. liuc'hoz (\hms son \\ allerius Lorrain ,
}) 2->), conspte au ''r.Qtubre des productions"aiétalliqûes de
la Lorraine , Je mercure et le
. . e -imtbredt- ?ainie-Marie
aux-niines .le ne satlu^-pas 'qu'on en ait jamais rencoiîtré de vestige, s oh du cote de- la
Lorraine , soii de celui de l'Alsace. Il Jaut que-la belle mine d'argent rouge
er\--*tavisée 1 (\u''|R
a îiiee a plnsienrs
lejjtises de SaiiiU^Mane-ni;*
nunes", et_ cir;n? la couleur
ressemble fort à'^ciie 4u t:«uibré-et-y.stallise, ail'-ïrKÎïnl- ru
t'iH'ur les
personnes tuû «voient donne ces îv^c'^'c-iiii'iiscV M .fine
lux/:.' M.
Citieltard a trouvé de la sicaMtc bîijnehe et'veriîàtrc dans sine5 tanière de pienes-à c^auv
aii-tlc>su> (ie*^ainie-
Mat".('■«■au>\(-mHj,<:s.
A '>%<■/ ses nu moires sur différentes
pailies des scuikcs
tt «sis, t. I j.
S:iri.ite, }K'g. \\\il).
' •
r.J
. ■■■" |
||
|
|
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|
( i-ï6).
= trouven!. est communément
grenu , compacte. gris et
c- rongeât re, et
formé d'un assemblage de grains de quart/.
et de fèid-spatîi, de la
grosseur d'une tète d'épingle,
intimement unis, qui présentent
au premier coup-d'œil
une masse uniforme :
quelquefois ce rocher est par- |
||
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|
semé de mica. |
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|
Dans le seizième siècle, trois
mille ouvriers suffi-soiehl à "peiné à l'exploitation des mines de
Sainte-Marie : lors de nia tournée, il y en avoit cent cinquante-un
(i) ; leur.nombre avoit été réduit jusqu'à cinquante , plusieurs années
auparavant
Toutes les mines connues du côté
de l'Alsace sous; le nom général de Sainte-Marie, sont situées dans les
territoires de la petite Lièvre, d'Eckericfer, de Fertru et de
Sainte-Marie. Cette ville est éloignée de sept mille - , . huit-cents
toises Ô. cPOrschwiller, de'cinq mille huit cents toises N. O. de
Ribeauviller, -et de dix mille toises O. de Schelestadt. Les vallées qui
renferment ces mines sont les suivantes , savoir:
.
LcVn-tliaï ou Le Lévertliaî ou
.vallon de ta petite Lièvre. Ce vallon/, vallon deia jh- qU\
a son ouverture clans la vallée de
Sainte-Marie, ^> au village ciL^kench ou Lvsçhene-, est situe a mine
quatre etnts toises au S. G. de Sainte-Marie ; il sëfer-'niihe.au
territoire du lion h om me ; sa longueur est d'environ une lieue
Les fosses sont placées au-dessus *
des rives du .Lébure , au-delà du
village de la pelUe-
' '
,
Lièvre. Celui-ci n'est éloigné d'Eckerich
que de neuf
4 cents toises.
■
. |
||
|
|
||
|
(i) \
oyez ci-<Ujssous à la fin de la description de
SaiiUe-Maric-es j à îa
niarginale Ouvriers. |
||
|
|
||
|
|
||
|
( lû>
)
0Le
Ranenihal ou .vallon de Phaunoux, qui a trois îr==.-==.-quarls de lieue de long, est au levant de
celui de la &i?u!|'-Maiit
,-.;•.
* - ■ .
ip 1
i
•
' a
u>.-limier.
petite l.icvre, auquel il est parallèle. Le
ruisseau qui
I arrose-nasse a 1(). de buint-rierre * et se réunit
au n , n,
!
\
vallon oc
Hnau
Lébure immédiatement au-dessous
d'KckericIi. Sebas- ,1OUX, tien Munster donne à cette gorge le nom. cîe
vieux Vallon cfEckirch. Xes
travaux qui y ('(.oient ou\erts eu i5Jo, temps auquel il ée ri voit ,
étoient ceux de Notre-Dame de
Froi-de-Fond e^ de Saint-Jacques.
Le
Zillerthal ou vallon de Surlatte, que Sébastien Zillcrthal ou Muijsier nomme Surbetz,
est-à-l'O. de Rauenllial , à ]'lllli'n du
Su(-six cents toises au S. E. du village de
Saint-Pierre. Les mines de ce vallon
ne° sont éfoiguées que de mille quatre cents toises de
Sainte-Marie*. On v cxpïohoit, • en kjoo, les miniers de Saint-Michel, du Vert-Bois,
de Saint-Georges, et de'la
Riche-d'argent'. . .".
Le val de Samt-Philippe,
qui aboutit à l'extrcmité fa Va! de Saint-plus méridionale--de. .la ville de Sainte* Marie ,
est-le ^"^l'P1'-vallon
de rrahegetz ou Prahéguer de Sébastien \!iiasft.T. et de Pigner. Le premier* de ces lusloiiehs
y com[)toit-de soiKlemps les fb.€ses= de Sain i-Phi lippe . de
Saint-3^-îartin , de la»Yigjiie-, des -Sapins \crls, du Mo/itarmon et de
SaTiiKGuillaume.
Enfin le Furtelbach, Vorlelbàch
ou vaîbn de Fertni. Furtrlbacii ou II selève au levant de la ville de Sainte-Marie, du" vaJ dd-Vrim.
nord au sud. Le ruisseau cjui
l'arrose tombe flans la vallée
de Sainte-Marie, au-dessus de l'église de Saint-Mathieu, à deux
cents toises au N. de IVxlrtîmjté septentrionale de la ville. Selon
Sébastien Miiusier, on~ y voyoit, en i5-5o, les travaux de
Sainf-Ciuillaume, deRumpapump, de Saint-Jean, du Furstcnbau
t du |
||
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(158)
= Huis-ferré, du Régal d'UIm,
de Saint-Martin, ries Trofs-"
Puits-Unis, du Four, du Saint-Sang, du Filon des
aux-iniucs.
a
*
Associes.
"■: ': "■■• J ' ■ •" ]:!-">:jue tontes les
mines de la petite Lièvre commu-
]:.'"''' J': -li-'iont avec ceMe.s du vallon de Phaunoîix. Ces
ch'ux
, ,_ •-' •■-':;-'.-> sont
sépaiée* par la grand..' montagne de Schu-
,-.■•■'.-. ,
. .„:-, :• a')(T::, (}ui comprend dans ses deux
pentes tous les
&■>• -;>-
ir;.v.'ï-i\ do Phaunoux et de la petite Lièvre. La
pente
du S
huienberg. dan» le dernier de ces vallons, s'étend
sur
trois heures, eu montant du NYE.'au S. O. On n'y
e\ploiioît, en 1700,
que la galerie su; érieure de Saint-
^
Nicolas, dont Pomerture est à une demi-lieue au-dessus
*■ (lu \ ilhigt-
d'Eckerich. Les travaux inférieurs du même
nom étoîent
comblés*
Filon ùvSaint-
QIX a. renconU'é le filon de Saint-Nicolas au moyen
1
u°;as"
d'une
petite traverse de deux toises, prise, du jour et
u'uet'Ul'u' à
mi-côte, sur une lente. Tes anciens avoient suivi
ce |
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ïi |
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filon dans la direction de neuf
heures septentrion, sur plus de cent toises de longueur ; ils i'avoient aussi tra-vaille dans
la direction de huit heures et demie méridien, par une galerie dont ou ignore la
longueur, et dans cette galerie iîs avoient;■ creusé, sur
T'iiclinaison du filon, deux foncées profondes de \ ircgHjuatre toises,
qui communiquoient aux travaux inférieurs ue Saint-Nicolas. Celte
inclinaison est de snixanî**-quinze à quatre-vingt degrés à Forient. A
deux ceuî douze toises du jour, le filon se" divise en âtnw
brauch'\«. On a lait en ce
point une cheminée ou puits ascendant de einq toises; et M.
Schreiher, ancien directeur de ces mines, s'est étendu sur le iilon du côté du
nord d'environ. vingt-cinq toises; il en a fait arracher de belle ruine
de |
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C 13"9 )
cuivre.
Ces deux veines se sont n'unies à \ ingt toiles <!u ])iiits. En
17o-j,oh suivoil , en retenant \ers ce
puit^. ^^nwv-^h.u!'-ce le de ces tieux veines nu ou naW'it noinl
attaquer en s en éloignant. On en tiroit diiv-;i uc ton nonne mnic
, , . deeuhre, niais il nl\
rt-stoit pins (jue deux toi.ses à exploiter [>our rejoindre le puits.
Lh
mine d'ar^eut
i;ri;.<4 (jiii pnnivnt du iiion de Sainl-Nir-nJ.js.
contiei-t poui' le moins neuf onces d'argent au fjuijîial. Le filon de' Saint-Nicolas a été considérablement
exploité par 1rs anci-'iis. au-i!es,s?Ks delà galerie princip.ile-
Ils oui 5-fji\i-, • à ti'ois cent cinquante toiles du jour, une
lvrih> qui U s ;i condmis au liit?n peJ"pei»*liculaire de la Treille,
parallèle à celui de
Saint-Nicolas, et (juils ont pniu>m\ i du côie" du nord, par des irasaux ascendans
peu élcudus. ( )n > a
trouvé, pai" inlenalles, cjuclcjne petite (juautiié de mine d'argent grise, contenant six à sept,
onces d'argent
aU"<j»inta!. V.n î~o>, on vtrearpoit un seul
ouvrier. On vott dans ces trava-ux trois foncées faijes
anciennement, et
proi.on<Je> ei^en^M'e --e \:n^î-^!\ t'w^. Leur sol communicjtKMl H sns k':-'<
ou\ r.'iuc^ de Sainf-(tiiillaume, qui dépendent du \alleu de
Phaunoux. Le Iiion de
Saiïil-NicolaH si- réunit a celui de ld Ivcillc. à quatre cent cinquante toi^e.s du
jour.
1! n'y a
dans le vallon de la pelife
Lièvre que les Mim-rr.ujmr.i fosses
d'Enirelsbouri: (pi: "-e trou\.-'iit plus êle\ées one ki
i'-i^fJslïouî^,.
■■■■?-■
i
i
s
celles de Saint-Nicolas . doni
elles' ne sont elf)ii;nées que de
cent, cinquante toises. Leur entrée se \a)i sur le chemin d'Eckerich au
H'onhi.mnie. nn en a t.Mrait ci-devant de Parlent natif . de la mine
d'argent rou^.(^ et vitreuse. On voit, par les amas de déblais
placés 'le &&, |
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_distance en distance, a diliereni.es élésations , sur une •
. « •<**"" j |
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===== étendue considérable, et
par les àlïaïsseiïiens dsi "1er-M-ancr ram ^ ]a surface de la
montagne, que les travaux |
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aux-mmes. Val de
la |
d'Engelsbourg ont été
très-vastes. Les anciens niineuis |
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|
, . i ■■ v"
regardent ce minier comme un des pins riches du pays. ■ Sou
ruinerai ordinaire étoit de la mine (l'argent grise dans du spath
calcaire. -L'entrée de la galerie d'écoulement de ces travaux, est,
connue nous l'avons dit, sur le -chemin d'Eckerich an Bonhomme. Tous les
autres travaux sont plus élevés , et les anciens mineurs assurent
qu'au-dessous dû sol'de cette galerie, il n'y a qu'une foncée de- cinq
toises au plus, au fond de laquelle le filon "étoit très-puissant ; il
avoit deux bons pouces de minerai massif et précieux, Depuis cinq" ans ou
trie les anciennes haldes ou amas de déblais-de FEngelsbourg . et on
traite avec bénéfice les matières qu'on en tire, à un .boccard établi
auprès des travaux inférieurs de Saint-Nicolas. A cent trente toises de
longueur , lagalerie.de FEngelsbourg ne comnnniiquoit pas encore au
sol des travaux supérieurs. Je pense qu'il seroit très-utile de la
relever, s'il est vrai qu'au-dessous. d'elle les travaux aient été aussi
peu considérables , et qu'on y ait laissé le filon aussi puissant
qifon me l'a assuré.
Mines d'agent Au-dessous des
mines de Saint-Nicolas sont celles 1- des Grosses-Haldes ( Gru.w-Bingvn
), qui ne doivent |
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. kiu«e- |eur
nQm qUaux prodigieux amas de décombres que Ion Bingen.
. , T „ ? t
,~\
voit a ta surface de la
montagne. On reconnoit par eux oue la direction du filon éfoit du S. au N.
Les anciens l'avoient attaqué par une gak-ric de traverse prise a
la moitié de la hauteur de la montagne, ils coupèrent ce filon à cent
cinquante toises du jour, /exploitèrent des
deux |
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( 161 )
deux côtés sur ce sol, et
firent aussi des travaux as- s^=_-.---:^-_™--cendans et des puits d'airage. Les vieux
mineurs pré- ^^nu-V^n^-tendent que ces fosses ont ete
épuisées depuis le sommet ue la
montagne jusqua sa base, ou lon a pratique une . . -autre galerie de traverse longue d'environ
-trois cent soixante toises. On diî que les fouilles n'ont pas été
poussées au-dessous du niveau de cette galerie inférieure , parce que
le filon y éioit devenu très-étroit. Les travaux supérieurs ont fourni beaucoup
de mine d'argent grise, et
sur-tout de la mine d'argent rouge.
Le filon des G rosses-Maldes
ineiinoit en sens contraire du filon du Ciraud-Sainl-Louis, qui a été
altaqué du côté du vallon de Phaunoux. Au point de réunion des deux fiions, ou a pratiqué une foncée qui
communique à une galerie des travaux de Saint Guillaume, que je
décrirai en rendant compte des mines
de ce \ailon.
En se rapprochant du village
dïxkerich, au-dessous r,airn> <!«•■ la des travaux précédens sur le
chemin de ce village au Leen.-Tasclu-. Bon-Homme, est la fosse de la
Leere-Tasche ( Pochc-r'ule ). Il y a en viron vingt ans -que M.
Schreiber, ancien directeur de ces.:mines , y fit attaquer, par une galerie,
une fente dirigée sur dix heures. Celle-ci t"étant trnmée stérile,
on a donné le nom de Poche-1,ide à ce travail. On y avançoit d'une tofoe par semaine, et
le u*a\ai! a été suivi au plus à cinijuante loises. On n*a {joint rencontré de filons dans
cette lecherche. il sort de relie galerie actuellement affaissée un^
tièb-grantle ijuaiuitê d'eau.
Au-dessous de oette fosse, et à
quatre cents Ioîm-s
M-^n;,^^! seulement du sillage d'Eckcrich, sont les travaux dt-
f;.; f.lîtl lli]lîi Gott Hilflt
Cîewiss , ce qui siguiiie : Dieu anlcta
Tarliv UL
X |
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—
certainement. Ces ouvrages consistent en une traverse te~ prise du jour, au moyen de
laquelle on a.rencontré à |
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.aux-iumes,
Lie |
quinze
toises, un filon dirigé sur une heure, dont la gangue-, de spath calcaire, étoit
-parsemée.de quelque |
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|
peu de
mine d'argent grise, qui ne .payait pas les frais \ d'extraction. On a exploité ce filon en
remontant jus-Xqû'à la hauteur de quarante-cinq toises. Il a été
coupé
pai; le filon de cobalt du
vallon de Phaunoux. Observation. J'aixjéja dit que je n'avois trouvé
d'autres mines en exploitâtic"mxdans le vallon de la petite
Lièvre ., que celles de Saint-Nicolas. Il n'y a'plus rien à espérer de
toutes ces mines "au-dessus du niveau des eaux ; les an-; ciens en ont
tout enlevé : mais ils n'ont que peu exploité au-dessous de ce même niveau , de sorte
qu'en prenant à Gott Hilllt GevvTss une galerie
d'écoulement dont le sol seroit au 'moins inférieur de douze toises aux
travaux de la Leere-Tasche, on
couperoit les liions qui <*""
pourroient se rencontrer entre ces deux
travaux , et
successivement tous ceux qui
peuvent exister enfre ces fosses inférieures et les fosses supérieures du
vallon de la petite Lièvre; on déltvreroit en même-temps celles-ci des eaux , et on se procurerait du champ
frais jusqu'à une profondeur
considérable.
Valînt»
tu- J'ai déjà observé que le revers.de la montagne eu • Ph;uin<m\. Schuienberg fàisoit partie
du Rauenthal ou vallon''de
Cartes J-: F.-jeu-
Phaunoux. et que les ouvertures des mines de ce vallon ?*;V n ' 6"
se trouvoient sur cette pente. Je parlerai de ces mines selon
Tordre dans lequel on rencontre leurs entrées en remontant le vallon de
Phauuoux , dont les pentes sont fort douces. La richesse de cette gor^e
confirme les observations de M. de
Trébra, qui s'accordent assez |
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( «63
) avec la nature des gîtes de
minerai des Vosges.* Le pre- =rr=-rrzr--~:
nrier
travail qu'on rencontre près de ToiiuTlure de ik>.....;il^1!-" |
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|
cette
gorge, est une galerie profonde destinée à mettre |
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|
à sec toutes les fosses que ce
\aiiou renferme. Kilo avoit ,,
.
l'ii.ii1-
été
conduite par les anciens à la distance de sent cents ,, , toises du jour , et donnoit l'écoulement
aux eaux de jum;r. toutes les mines don! je vais rendre compte.
\ compris la fosse de
découverte de Saint-Jacques. Cet!e galerie d'écoulement a été él-mçonnée jusqu'à
soixante toises de son entrée ;
les bois s'étanl j)ourris. e IL* s'est affaissée, et les eaux n'ont plus leur
cours. ( )n assure que les anciens n'ont pas fouillé à plus de
trois toi.H's au-dessous de
cette galerie découlement , et qu'ils ont laissé dans tout son .sol des variétés
précieuses de minerai
d'argent, et paiiieiil:èremeiH de la mine d'argent ronge. ]\ m'a paru de la plus grande
importance de relever cette
galerie, mais il faut v .substituer le /////-. nîïflvmvm au boisage. La pîerre
est"'abondante dans ce canton, et en comptant la toise de revêtement à lo
h\\, ou estimoiî que ce
travail coûteroit au plus i,joo liv.
Peu au-dessus de cette galerie
principale est celle de Mï.m Chrétien, qui a été puuiquée en partie sur
un iilon de ^'(:h cuivre, mais principalement sur un filon
d'argent et de cobalt. Son
entrée est dans une maison qu'a.voit lait construire ci-devant une compagnit^de
Strasbourg, qui iàisoil
fabriquer de l'azur (t). Il y avoit sur le niême filon tle cobalt deux galeries supérieures
à celie^ de
'l) •/(• ne --..i» si i\'A i<) mriiw , i\->M j-.uli1 NI. ."M ha1] f! in .J.iwN !i >< iia'jjfiiii . AKiii,! ii!iu»i«',i, (.»m. :. - jmi;. i
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Chrétien ; elles sont
encombrées* Celle de Chrétien, qui étoit fermée par une légère maçonnerie,
a été rouverte en 1780. Lorsque MM. Duhamel et Mallet
séjournèrent à Sainte-Marie-aux-Mines, et que j'y eus été annoncé,
nous ne pûmes pénétrer dans celte galerie qu'au travers de six pouces
d'eau , qui en recouvroit le sol à une distance considérable. Ce filon de
cobalt est dirigé sur dix heures et incliné à l'occident ; il conserve,
sans se déranger, cette direction et cette pente sur une longueur de plus
de deux cents toises. J'ai eu occasion d'observer qu'il traversoit toute
la montagne de Schu-lenberg, et qu'il coupoit le filon de Gbit Hilfft
Gèwiss du vallon de la petite Lièvre. On en a tiré beaucoup d'argent natif
et du cobalt spéculaire dans du spath calcaire. La galène de Chrétien a
plus de quatre cents toises ; le roc y est solide. Elle est souvent
inclinée et étroite, parce que la puissance du filon, sur lequel elle a
presque toujours été poussée, se réduit, en plusieurs endroits à quelques
lignes.
Au sol de cette galerie, à
soixante toises du jour, est une foncée de quinze toises d'où part une
extension de trente toises. A l'extrémité de cette extension est un second
puits auquel on'donne la même profondeur qu'au premier. Ainsi les travaux
les plus bas, où l'on assure qu'il subsiste six pouces de mine de cobalt
massive, sont inférieurs de trente toises au sol de la galerie
de Chrétien. Si on avoit pris de la galerie profonde du vallon de
Phaunoux , une traverse pour rencontrer ces ouvrages, on les au roi t
misa sec au moins jusqu'au dessous du sol de l'extension qui prend
naissance au premier puits. |
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(165)
Une veine de schiste pourri a coupé le
filon à deux =========
cent
-cinquante toises de l'entrée de la galerie de SamU'-Manc-Chrétien. Les anciens suivirent
infructueusement les deux
cotés de cette veine à une distance qu'on ne saurait déterminer, parce qu'ils remplirent
ces fouilles de décombres
aprc\s qu'ils eurent été ramenés sur le filon par une petite veine
très-tortueuse, latérale à cette veine de schiste pourri. En
continuant dans l'heure
l'entaille de la galerie de Chrétien, il rejoignirent aussi ce filon à quelques toises
au-delà de la veine qui l'a
voit coupé. Ils l'y retrouvèrent puissf nt de plusieurs pieds, le suivirent encore en
montant sur la longueur de cent
cinquante toises, et communiquèrent au jour par un puits. Dans les parties
les plus reculées de ces
travaux , le filon est dispersé et ses épontes ne s'appereoivent plus; cependant on voit
plusieurs filets de gangue
à'l'entaille. A la lin de 1780011 les jjwsoit suivre par deux - nnueure m mêaie temps
qu'on pous-soit sous de vieux
travaux une traverse dans laquelle il y avoit aussi un filon, mais il
étoit encore stérile.
Peu au-dessus du filon de
cobalt est l'entrée des tra- Minutie plomb vaux éboulés du
Grand-Saini-Louis, que j'ai cités en {>t
MW"X (lu
1
1
i'i 1 ;I /•-
11 1 1 s^
1 » irrand. St. Louis,
pariant au
mon.desGrossaB-Halde;>. Ou en tu oit de la galène riche en argent. Les anciens les ont
sni\is sur une longueur de .cent quarante toises ; ils y ont pratiqué deux
puitsxascendans de dix-huit toises; et au point de réunion avec |e filon des
Grosses-Ilaldes, ils ont fait une foncée quWommunique, ainsi que je
l'ai dit, dans les travaux de Sajnl-Guillaume (ij.
\
.
(1) Voyez ci-dessus , pag. 161,
\ |
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M in«» d'ars |
( 166 )
Ceux-ci se trouvent au-dessus de
la mine du Grand-Saint-Louis. Ils ont été exploités par les anciens,
longtemps avant la découverte de la poudre, mais non par
|
|||
|
-, ,,
., les Romains , confine. les personnes qui ne savent point 1 histoire de ces mines peuvent être
tentées de le-croire lorsqu'elles considèrent la manière dont ces travaux
ont été traités. Effectivement
la partie de cette galerie, ouverte par ues anciens pour entrcçjjans le
minier de Saint-Guillaume,
est^taillée dans le roc avec beau-epup tle swn. Elle a deux pieds et demi de
largeur? siV-^pi^ds d'élévation, renflée vers le
milieu, elle seter^* mine en
voûte ogive ; ■'ses * parois- sont très-unies , le roc ayant été par-tout travaillé et repiqué au
marteau. Cette galerie
rfétoit d'abord qu'une traverse d'environ vingt-cinq toises de longueur. A son
extrémité , on trouva un
filon de mine d'argent dans du spath calcaire, après qu'à la trentième toise
ou'eut-traversé et suivi de
quelques toises à droite et à gauche,"une veine de schiste pourri. Ce filon, auquel on a donné
le nom de Saint-Guillaume*,
est dirigé sur sept heures; H coupe les bancs de rocher qui inclinent de plus
de quatre-vingt degrés au
levant, et sont dirigés sur neuf heures. A soixante toises du jour on s'avisa, il y a
quatre ans, de rechercher-Je filon dans le sommet de la galerie. On
s'éleva de onze toises ,
et on s'étendit de sept toises sur la direction du filon. On l'y trouva superbe, et
on en tira une grande quantité de mine d'argent grise mêlée
d'argent natif. Les
anciens rencontrèrent, à soixante-dix toises du jour, une nouvelle fente dirigée
de l'E. h YO. ; elle traverse le fi!on; mais-il ne paroi! pas
qu'ils l'aient suivie.* Ils
creusèrent en ce point une foncée dont on ignore la
profondeur. |
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( 167
)
Après
s'être avancés de quatorze toises au-delà de cette fente, ils montèrent par deux
puits ascendans à la hauteur de vingt-trois a vingt-quatre
toises, et prirent des extensions
des deux côtés de ces puits. Ceux-ci aboutirent à la galerie de Saint-Pierre, que
les anciens avoient poussée
sur le même filon. Du milieu de cette dernière galerie s'élève un autre puits de
quinze toises qui va se rendre
dans les ti"avaux de (ïJurk-uuf!
A quatre-vingt-quatorze toises
du jour, les anciens creusèrent une foncée -de sept toises. Un Ta depuis
approfondie de cinq autres toises. Du sol de cette foncée part une extension de quinze toises, dans
laquelle on a trouvé-d'assez, bonne mine d'argent, mêlée de mine
d'argent rouge. Les eaux ont fait abandonner cette extension. Au sol
de la foncée le filon devient sa usage.
Les anciens ne s'étoient pas
bornés \ï soutier en ce point le soi cle la galerie*principale".-ils firent aussi dans son sommet des
travaux qui s'étendent à trente-^ roi s toises du côèé du nord , et à
vingt-deux toises de celui ; 'du midi, 011 ils-communiquent à la galerie
de Sainî-Pierrc , dont j'ai déjà
parle. Le filon n'y- pavoït pas les frais.
-
«
•
à
deux 'cents toises fin iour, une
nouvelle \eine tombe sur le
filon de Saint-Guillaume . sans néaumoins . Je couper; elle
renferme quelquefois du spath calcaire parsemé d'un.peu de
mine d'argent grise, ce qui a\-Mt salis doute déterminé
les anciens à la Muuv's-ur une longueur de deux
cents toises, jusque dans les m,;\,:i.\ de Suint-.lacques.
Cette \eine n'a pas e!e p!n^ pn-dïje-tive au-dessus des
.travaux des atïruns. M. Sclucilut \ • a fait de vaines
têntati\es.
"A* |
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» .
( 168
)
.-.' A cinq toises
au-delà de cette veine, il exisfe sur le Sainte-Marie- filon , dans le
sommet de la galerie , des travaux assez |
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|
au\-mmes. |
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|
étendus, qui sont actuellement
bouchés. On trouve au même point une foncée commencée par les anciens , et
continuée de nos jours, jusqu'à la profondeur de dix-huit toises , d'où on
s'est étendu au midi et au nord, par des travaux qui sont aussi comblés. A
deux cent soixante dix toises du jour, dans là galerie principale, le
filon se sépare en deux branches qui se réunissent à l'extrémité de la
deux cent soixante-dix-neuvième toiser Lors de ma visite trois mineurs
travailioient en ce point, en revenant du nord au sud, sur la veine
droite#que les anciens avoient laissée; on en tirait de
très-bonne mine d'ar^ gent grise.
Au peint de séparation de ces
branches, on s'est élevé dans le sommet par un-.puits ascendant, de sept
toises: de la partie supérieure du
puits, on a poussé une extension sur la branche gauche vers le
midi; on a fait au dessus de cette extension différens travaux qui se
communiquent par des petits puits ascendans dont le plus élevé a dix
toises. Le plus bas de ces petits puits ascendans , qui à 5 toises de
hauteur, prend naissance à 5 toises du commencement de l'extension;
et à son ouverture supérieure commence
un autre travail horizontal de 7 toises, à l'extrémité duquel
le fî-' Ion est coupé par une veine pourrie. C'est cette veine qui a donné
lieu à la longue galerie des Grosses-Haldes qui a plus de 1000 toises; car
on a suivi cette veine en revenant
vers le vallon de Phaunoux, pendant plus de 3oo toises, et sur près de 700 du
côté du vallon de la Petite
Lièvre où ces travaux ont une 10 \ ■"
"..'."' '
■ '.
issue |
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|||
|
issue au jour. Cette galerie
des Grosses haldes, est ira- : versé/? par le filon de St. Jacques,
environ à moitié de sa longueur du côté du valjon de la" Petite Lièvre,
( et à ce point elle monte tout-à-coup de 3 pieds.
Le filon de St. Guillaume est
totalement coupé au niveau de la galerie des Grosses haldes par la veine
que cette galerie suit; niais dans la galerie principale de St. Guillaume,
ce filon a été reconnu et poursuivi bien au-delà de cette veine. Reprenons
les détails des ouvrages de cette galerie.
Parvenu à trois cents toises du
jour, on voit une foncée de onze toises , du sol de laquelle on entre dans
une extension poussée de quarante toises vers le nord. Celle-ci aboutit à
un puits ascendant, qui, remontant à la galerie, communique à un second
puits ascendant placé au point où le filon de Saint-Guillaume se divise en
deux branches. °
En continuant à suivre la
galerie principale, on voit à la trois cent trentième toise, quelle filon
très-appauvri, se divise de nouveau en deux branches ; cdle de la gauche,
dirigée sur sept heures, disparut après avoir été suivie à la distance de neuf toises, et
ce travail fut recomblé aussitôt, La branche droite couroit
sur onze heures ; elle éloit stérile, on n'y trouva que du quartz compacte
et sauvage, sans vestige de minerai.
Enfin, à la distance de trois
cent soixante toises du jour, on rencontra dans la galerie principale de
Saint-Guillaume, un filon de mine de cuivre, dont les deux-parties
joignantes et partantes, dirigées toutes deux sur douze heures, sont à
onze toises l'une de l'autre. On ^JRmtw III.
Y |
lux-mines. |
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|
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|
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||
|
C
17° ) ============ n'a suivi que de quelques
toises les deux parties de ce
Sainte-Marie- filon
? et on a fait à l'extrémité de la plus reculée un puits
de deux a trois toises; mais on \\y reconnoissoit l'existence de la
mine de cuivre que par quelque peu . de vert de montagne.
*
A trente et quelques toises
au-dessus de l'ouverture de la vaste galerie principale, dont je viens de
décrire les travaux, se trouve une galerie supérieure, à lacjuelle on
reconnoît deux entrées, distantes tout au plus d'une toise et demie, et
qui se réunissent bientôt. On a joint le filon de Saint-Guillaume a trente
toises du jour; les anciens avoient fait sur le plan de cette galerie des
travaux étendus. On les a déblayés sur la longueur de cent toises , et à
soixante toises du jour on a creusé une foncée de sept toises, dans
laquelle s'est trouvée de la mine d'argent grise. Les terres accumulées à
l'entrée de ces travaux y retiennent les eaux qui les
noyent.
Mine d'argent Je terminerai
l'histoire du filon de Saint-Guillaume, deGlUck-auf. en
décrivant celui de Gliîck-auf, l'un de ses embran-chemens. Les anciens
Font suivi sur la hauteur, par une galerie de cent douze toises : dans le
soi de cette galerie, ils ont fait deux foncées, dont la plus basse
com-muniquoit dans les travaux de Saint-Guillaume, à la profondeur de
trente-deux toises. En poursuivant cette galerie de cinquante toises
au-delà du point où les anciens l'avoient laissée, on a retrouvé de rïos
jours de la mine d'argent grise; on Fa suivie dans le sommet de la
ga-lejâe"par un travail ascendant, et l'on est tombé sur un massif
considérable d'argent vierge, qui a valu près de 60,000 livres. Au-delà de
ce point, le filon contenoit toujours un peu de mine d'argent grise; mais
comme |
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( 171
)
on vit qu'elle ne devenoit pas
plus abondante flans.la galerie, quoiqu'on l'eût continuée cinquante
toises au-delà du lieu on étoit l'argent natif, on. abandonna les travaux
de Gliick-auf, au moment peut-être où l'on eut découvert de nouveaux
trésors.
Je passe à la description des
travaux qui commu- Mîm d'usi niquent au fiton de Saint-Jacques, et qui,
dans l'ordre l](' tuivu> que je me suis présent,
suivent ceux de Saint-Utiil- çt;xh(.f^iu
laume. Ces ouvrages sont ceux de
Gabe-Gotu>s,o\\ Don Don t!«- Dit de Dieu. On y a trouvé à
la cinquantième toise d'une galerie de traverse très-tortueuse, prise sur
une veine de schiste pourri, un filon dirigé sur neuf heures quatre
huitièmes. Sa gangue est du spath calcaire , mêlé de ' cristallisât ions
quartzeuses;ellerenfermequelquë.s traces de mine d'argent grise. Des
éboulemens empêchent de reconnoître les extensions que les anciens firent
sur ce filon à la gauche de la galerie. Quoiqu'il soit fort étroit, on l'a
suivi de nos jours de quelques toises à la droite de la galerie ; mais ou
en a bientôt perdu jusqu'à la-trace.
A six toises, au-delà de ce
filon, la veine de schiste se divise en deux branches, dont Tune, dirigée
sur cinq heures, a été exploitée sur la longueur de cinq toises, où elle a
disparu. L'autre, courant sur trois heures, aboutit après quelques toises
au point de jonction de deux filons, l'un de cuivre et l'autre d'argent.
Le premier , suivi sur trois heures méridien pendant vingt-cinq
toises , a voit donné beaucoup de mine de cuivre au commencement; mais sa
gangue,>qui d'ailleurs étoit un quartz d'une dureté extrême,
s'appauvrit, et on l'abandonna. |
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Les anciens avoient fait, à la
jonction des deux filons ,* Sainte-Marie- une foncée, dont on
ignore la profondeur, et en même-temps des travaux ascendans de sept
toises. A l'extrémité de ceux-ci, ils suivirent le filon sur sa
direction . pendant cinq toises.
Ils ne négligèrent pas le filon
d'argent : après l'avoir exploité pendant quinze toises, ils creusèrent
une autre foncée de deux toises , que les modernes ont encore
approfondie de trois. Le filon y é.tpit très-beau. Cette foncée se
trouvoit remplie d'eau en 1785. Les modernes ont continué la galerie sur
sept Heures quatre Imitiemes septentrion , direction du filon. Ils l'ont
trouvé très-* beau. Il a constamment du régule d'arsenic natif entre le
toit et sa gangue. Ce toit'est schisteux, la gangue est ;du spath
calcaire, mêlé de cristallisations quartzeuses. On y trouve des vestiges
de mine d'argent rouge, unie à la mine d'argent grise.
Mine d'argent Les travaux de
Saint-Jacques se trouvent au-dessus de bt. Jacques, destravaux du Don de
Dieu, il sont faits sur le filon d'argent, dont nous venons de parler. Les
anciens l'ont exploité sur toute la
hauteur de la montagne , mais f ils ont laissé des
entre-deux que les modernes enlèvent. En 1780. on prit un percement
presqu'au pied de la montagne, et
après un travail de dix toises, le filon se montra'renfermant'quelque peu
de mine d'argent grise. Quelques toises au-delà, il devint superbe
et très-.. - puissant. A ce point onta fait un travail
ascendant de neuf toises sur six heures quatre huitièmes : il avoit, à la
fin de 1786% onze toises ffe longueur ; à son extrémité le fîion se
divisoit en deux branches, qui, étant inclinées Fune vers Tau tre,
dévoient incessamment se réunir. |
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En redescendant à la première
galerie, on* observa que le filon, qui s'étoit perdu pendant quelques
loises, parce qu'à ce niveau on avoit passé dans \c rocher solide
entre les deux branches-dont nous avons parié , on observa, dis-je,
que le filon se retrouvoit à la réunion de ces deux branches. On voit ici
une Ibncée de neuf toises, dans laquelle le filon a deu^ pieds
d'épaisseur, et renferme beaucoup de mine d'argent grise; du sol de cette
foncée, on a poussé vers le nord une galerie de cinq toises, à la télé de
laquelle le filon est très-beau. Cette galerie doit communiquer après neuf
à dix toises, à la foncée faite sur ce filon, dans les travaux du Don de
Dieu. J'ai déjà observé qu'on avoit laissé le filqn très-beau dans celte
foncée qui est noyée.
Jusqu'à -la centième toise de la
première galerie dont j'ai fait mention, le filon de Saint-Jacques est de
tous ceux de Sainte-Marteleplus riche
en argent: c'est dans cette longueur ^uese trouve la majeure partie
des exploitations. Les anciens ont laissé clans les, fonds des massifs
considérables qu'on exploite aujourd'hui avec avantage. A la centième
toise, le filon de Saint-Jacques aboutit à un autre filon dirigé sur sept
heures, et incliné au S. de quatre-vingt et quelques degrés. Ce dernier
filon va joindre du côté de l'orient au-dessus de Saint-Guillaume, les
travaux de Saint-Pierre ; mais ceux que les anciens firent de ce côté sont
comblés du côté du couchant ; on s'étendit sur le filon à la longueur de
trente-six toises; on y creusa une foncée de sept toises, d'où l'on prit
une autre extension de neuf toises. En ce point le filon se perd dans la hauteur et dans la profondeur; à
trente-six |
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= toises de là s il reparoît
sur îa même direction ; et on Samte-Marie- pa
sm"vi pendant quatre - vinsçt - six .toises par une
seule galÇrie, dans laquelle il na ^fourni que par intervalles quelques
rognons de mine d'argent grise.
J'ai
remarqué que le premier travail du vallon de Phaunoux étoit une galerie profonde qui
donnoit l'écoulement aux eaux
de tous les ouvrages de ce vallon
et qu'elle se terminoit dans les fosses de Saint-Jacques. Le sol de cette galerie est au
moins à soixante-dix toises
au-dessous des travaux les • plus profonds de Saint-Jacques ; ri
est facile de juger de l'avantage
Immense qu'on trouverai t à la relever*, ainsi que je l'ai proposé
en la décrivant (i).
Le filon
de Saint - Nicolas passe du vallon de la petite Lièvre dans celui de Phaunoux,
au-dessus des travaux de Saint
- Jacques. Il seroit à désirer que la galerie profonde de Phaunoux, après
avoir été relevée , fût encore
continuée d'environ deux cents
toises depuis les travaux de Saint - Jacques , pour atteindre ceux de
Saint-Nicolas; on sait combien ces derniers ont été productifs du côté
opposé du Schulenberg.
Minedecuivre, Au-dessus des
mines de Saint-Jacques que nous |
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l'ar avons décrites, on voit
encore une galerie longue
eent, dite mine \
\
*•*.*•
*. i
i
b , . . cle deux cent
vingt toises , qui porte le nom de mine
supérieure de
o
7 T r
Saint-Jacques, supérieure de
Saint-Jacques ; on a pris cette galerie entre sept et huit heures sur la direction
du filon de cuivre de
Saint-Jacques, qui se trouve à la tête du travail, où il contient peu de
mine de cuivre
fi) Voyez ci-dessus, pag.
i63. |
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jaiîne , et beaucoup d'arsenic
argentifère dans une gangue schisteuse. On a creusé à la têïeThfela
galerie deux foncées , dont l'inférieure communique à -vingt-deux toises
de profondeur dans les travaux de Saint-Jacques. Quelques haldes peu
considérables qui se voient à la surface de la montagne, prouvent qu'on
n'a fait en celte partie que des travaux peu étendus.
Enfin , à son extrémité
supérieure, le vallon de Phau- M«»e noux se divise en deux gorges plus
petites. Les anciens \. commencèrent au bas de celle de ces gorges
qui porte le nom de Schald, un travail appelé Kieingruben-dinn. Us furent
déterminés à cet essai par l'indice d'une petite veine de schiste pourri
qui les conduisit effectivement à trois toises du jour , sur un filon
de mine d'argent ; celui-ci se divise en trois branches : celle de la
gauche n'offre, sur la longueur de quarante-cinq toises, que du schiste
friable; on Fa abandonnée, quoique ce
schiste se fût changé à son extrémité en spath calcaire. Il paroît
que la branche du milieu ne fut pas plus productive; les anciens, après
l'avoir peu suivie, en bouchèrent le
travail. La branche de la droite, la dernière des trois, aboutit
après une longueur de trois toises, à un filon qui la coupe et qu'on
suivit à quarante et quelques toises. A cette, distance, une autre filon
dirigé sur trois heures vint croiser le précédent ; la galerie ne fut pas
poussée plus loin : on suivit la troisième, branche sept toises „ au-delà
du premier de ces'filons ; on n'y trouva que du spath calcaire stérile et
peu épais. Les anciens ayoient creusé plusieurs puits sur l'un de ces
filons |
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\ '
( 176 )
====== dirigé sur
neuf heures; il paraît que ces travaux étoienl
Sainte-Marie- fàït$ sur la première
branche;
aux-mines.
<
'
,, ^ ,
Apres avoir rejipu. compte des mines du
vallon
Surlattc.
de Phaunoux, je vais
parler de celles du vallon de
Canes de VAca- Surlatte
ou Zillerthal qui est au revers de la montagne demie, n°. 163, du même nom, et qui
borde du côté de l'orient le ■
9\
vallon que nous quittons. Ces mines dévoient
être
Galerie des mises à sec par la
galerie des Princes, ou Fûrsten-slolîen , prise dans le vallon de
Phaunoux, à la naissance de la montagne de Surlatte. Cette galerie,
dirigée sur dix heures , a été poussée dans le roc vif et
conduite environ à deux cent vingt-cinq toises du jour. Pour
remplir le but qu'on s'est proposé et arriver jusque sous la fameuse mine
de plomb de Surlatte, que je vais décrire, il faudrait que cette galerie fût
poussée à mille trente-cinq toises du jour ; et dans
ce cas, il seroit indispensable de construire son entrée en
maçonnerie. H faudrait évaluer à 100 livres, la toise
de cet ouvrage , tant que le rocher conserverait la dureté qu'on lui
trouve à la tête du travail ; il est à présumer qu'il
changera de nature en se raprochant des différens filons que la galerie
couperait dans son prolongement.
Mine de plomb Les travaux faits
dans la partie la plus basse du vafion et argent dubas
ae Surlatte, sont ceux du bas Saint-Paul ; on les
trouve à un quart de lieue du village d'Eckerich, à la
droite du chemin qui conduit aux forêts de Surlatte,
Une galerie , dirigée sur douze heures méridien , entre
de trois ' cent quarante toises dans la montagne de Rochatte; à
cent quarante-deux toises du jour , elle a atteint un
filon de plomb. La galène qu'on en retire a du
spath
calcaire
![]() |
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"açe -jp |
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PLAN KT COUPE DE U M1NK DE
SURLATTK |
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f
calcaire pour gangue,
et tient quatorze onces d'argent ===== au quintal. Trois foncées ont été faites s»r
ce filon ; , "VaHi-o de
,
n ,
. ,,
Sainte-Marie- |
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maiS on en ignore la profondeur, parce qu elles
sont |
aux-niines. |
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toujours remplies d'eau ; à
trois cent cinquante toises du jour, la galerie fait un crochet sur six
heures, pour communiquer aux travaux du vieux Saint-Paul, et en faire
écouler les eaux. On assure que ce filon a été peu exploité, et qu'il
pourrait l'être avec avantage.
Plus haut, à la gauche du chemin
dont j'ai parlé et Travaux dit dans la montagne de Renbiron, sont les
travaux du 'taut Su PauL haut Saint-Paul.
M. Schreiber les poussa dans Tesi>é-rance qu'ils serviroient en partie
à procurer l'écoulement aux eaux des mines de plomb de Surlatte; il
se flattoit aussi qu'en suivant la veine de schiste pourri que les anciens avoient entamée par ces
travaux, il pourroit rencontrer de nouveaux filons avant d'arriver
à celui de Surlatte, que d'après sa direction cette veine devoit couper.
Ces travaux furent poussés jusqu'à la ... longueur de trois cent cinquante
toises; mais on fît la faute grossière d'abandonner la direction qu'on,
devoit suivre pour joindre le filon de Surlatte; et au lieu d'aller au
midi, on se dirigea du côté du- couchant; on traversa le vallon et on
entra dans la montagne de Rochatte.
Enfin il n'y a aujourd'hui en
exploitation dans cette Minedepîomb vallée, que^la grande mine de plomb de
Surlatte, dont et argent de les travaux sont presqu'à
l'extrémité du vallon du même SurlaUe-nom. Cette fameuse mine
avoit-d'abord été exploitée, puis.abandonnée par les anciens. On l'a
reprise depuis environ dix-huit ans. Quelques mineurs, qui avoient bonne
opinion de ces anciens travaux, en recherchèrent le filon à leurs
risques ; maïs dès qu'ils eurent fait
Partie 1IL
*Z |
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( 172 )
==--======= cette heureuse
découverte, la compagnie, qui exploi-
Vallce de toit les mines
de Sainte-Marie, s'en empara sans les indemniser de leurs frais, et les
congédia pour tout, |
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|
uux-mincs. |
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|
salaire. L'éparReur de ce filon
est souvent de plusieurs toises, et je doute qu'on ait encore atteint
ses'véritables parois : d'abord ce n'est que du schiste pourri et
long-temns stérile, mais ensuite il devient abondant en minerai ,
après helre divisé en deux branches aussi puissantes l'une que fautre ; on
les exploite parallèlement, et elles fournissent sans cesse de bonnes
matières sur une étendue qui excède 120 toises. Dans les fonds, le
filou tient du minerai bien avant sa division en deux branches. Cette mine
défraie aujourd'hui tous les travaux, que M. le prince des Deux-Ponts fait
faire à Sainte-Marie, et donne en outre 3 à 4.C00 livres de bénéfice par
an. MM. Duhamel et Mallet ont dressé le plan de la plus grande partie des
travaux qu'on-y a faits à la réserve des plus bas, qu'ils n'eurent pas le
temps de lever, parce que les neiges les forcèrent de quitter les
montagnes. Je joins ici ce plan, et l'explication.qu'ils en ont donnée
(1), |
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(t) A'A "A"'. Sinuosités de la galerie
principale. Celte galerie a été poussée sur un filon de schiste
pourri.
BB'. Filon de schiste , mêlé de
quartz , dirigé sur cinq heures et incliné ctu nord d'environ cinquante
degrés. Les anciens i'orrt suivi vers B' par une galerie de cinq toises;
ils l'abandonnèrent parce qu'il ne donnoit.aucun indice de
minerai.
C dC Galerieà cinquante-quatre
-toises du jour. Les anciens avoieni suivi un embranchement du lilon
principal qui vàI
divisé au point C et réuni
à C\
dd. Galerie de
traverse-de.-; anciens , qui 'aboutit à des travaux faits sur ÎVnibi-v.ichcinent de la
veine. C, qui sont actuellement ret oui blés en'pat lie.
DD'. Autre petite branche
également stérile, difigée sur deux |
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Il est
certain que si 1^ galerie profonde des Princes --•■-- ~-étoit continnée jusqu'aux (ravaux de
Swrlallc . !f icnnp Xi':
heures, iueiinauL au mml-c>t
«de ;-.»: --.nu le
ilt1;.1-11. : ci le a cic s. it i > ic {..<i ^.^.^.j^ lis anciens par mie galcriv de dix toises \ers
()'.
E M.
Galerie qu'on dit .-noir plus
de q'iîu/c inits (oi.;:\s do
longueur : et aboutir dciui
leva! de S.ii-ïI-Ishï 1 î]>jï<* ; elle paroit .uoii en'1 taillée dans le roc viî", sain apparence Je fente
ni tic îiinn *, mais il (si probable qu'elle a été I.tilo sur une ( rêvasse qui :>Y,l
p;'iduc peu de temps avant
d'arrhei au fijon de* ^ui \;\.tiv, cl que U*
ancien;, d.ms l'ispéraiicc
àï la retrouver, auront ])ouisui\i !e-'r galerie , par laquelle ilà auront coni mimique dans ces trn»
atix-rJ'IJc est en partie
recomblce,
F.
Branche du filon q-ie !e.i aiuieus ont sui\io pendant \imit-einq toises ; elle a sa direction sur
six heures ; elîe i'KÎine au noid. On dj trouve dans la galerie qu'une espèce de
terre grasse.
G'G.
Division du filon priucijnî
c.\ froLs branches; celle sur lvuit heures vers G , inclinant au midi, n'a e!é.
tàfée que de trois pieus ; celle à gauche, a}ani sa direefit):i sur
<lon\ heures \ers G', inclinant aussi au midi, n'a été suivie qu'à la
lon^.ue.ir de six toises }iar 1rs anciens. Ces trois branches ne contiennent que
du schisle pourri.
H'H.
Irilon de quartz de trois pouees d'épiïisseur, ayant sa
direction sur sept heures et
inclinant au midi-. On n'y a donné que quelques coups de poudre Mir la |.;ai:ch;-
\eis il'.
1.
Division du filon principal en deux Ijraticli'-s , l!\ï et IV qui si'
réunissent au point X. Pendant tout
cet intervalle, ces deux M'ines ont clé productives, et ce sont encore
celles qui sont en exploitation
aujourd'hui, et qui
fournissent abondamment du minéral. Au delà de leur réunion a «s X, le filon devient stérile. La \ eine KM à paiK h'.*,
vers le nord, a été un peu
plus travaillée que Faillie , tant en liatj(eut qu'en profondeur. Kilt* a quelquefois
quatre, cinq et jusqu'à-lmil pieds d'épaisseur de minéral massif. Sa
»aniiue est une loche mêlée de
beaucoup de stéafife: il t-'y (rotne quelques {'(nm^leniens ;
mais ils ne sont pas de longue durée, et le filon
.se rétablit bientôt clans :;a largeur. Depuis l'entrée de la ^alerie eu \
justju'.ui point 1 , les anciens n'ont travaille* que sur un filon
sléiile; on ne peut sVmpfihci d'admirer leur courage: en elTe! , il laut
avoir eu bien de Ja paiieuK pour l'avoir
suivi avec si peu d'apparence sur une longueur ci'en\ itou deux cent quatre-vin^i-di.\
loises.
TVI.
Sinuosités de la galerie faite dans la \eir.e de plomb à dioite ; elle est au même niveau que ]a guindé paierie d'écoulement
A.
C
Galerie supéiicurc. de h-.iit
toises de longue ir >eul
Z i; |
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( i8o.)
T~~r
\ allée de <stenclu àun temps
illimité, et que des siècles ne verroient
Sainte-Marie- __________.______!____=__________!_____________'
aux-mines.
^r<
I>u'ls »'si" aura quatre
toises de profondeur, par lequel on veut
parvenir dans la galerie
aboutissant à une autre galerie de traverse Z, qui communique à celle N,
faite sur l'autre veine en dessous de la -galerie principale.
XX'. Prolongement de la galerie
principale AA faite sur le filon. Elle se termine au jour au-delà de X',
sur l'autre revers de la montagne. Elle a plus de quatre-vingts
toises de longueur depuis le point X , ou se réunissent les deux branches.
Pendant tout ce travail on n'a trouvé qu'une veine de terre grasse très
puissante avec des embran-cheruens qu'on a suivis, et qui se sont réunis
au filon. Ces travaux ■
sont maintenant éboulés*.,,
I^es puits ou, les galeries,
exprimés dans la coupe ou profil, faits -sur la veine (S), sont marqués des mêmes lettres
que ceux du plan , de manière que la grande galerie, cotée A dans le plan,
est indiquée de même dans le profil. 11, qui désigne le point le plus bas,
le marque aussi dans le profil ; ainsi des autres.
-■ . A'A"A'". Grande galerie
d'écoulement sur la veine IMÂK de mine de plomb.
LL. Autre galerie supérieure à
cette dernière, faite par les anciens.
MM. Deux puits de neuf toises,
par lesquels on y monte.
NN. Galerie au-dessus de celle
À"'f sur la même branche , dans laquelle on descend par les puits 00 de
deux toises de profondeur, ea suivant l'inclinaison du filon.
P. Autre
galerie au-dessous de celle N, toujours sur le même filon , dans laquelle on descend par les puits
QQ de huit toises de profondeur.
RR. Galerie sur la même branche
où l'on manque d'air; on y descend par les puits S de onze toisas de
profondeur. C'est la plus basse des travaux faits sur ces deux veines qui
ont une pente différente, quoique du même côté ; il serottà désirer
qu'on fit les travaux nécessaires pour atteindre leur
réunion.
Y. Galerie sur le filon encore
stérile, faite par les anciens, au-dessus de la galerie principale, où l'on monte par
un puits de six toises; on ne eonnoît pas la hauteur de ces
travaux. Il semble que ce soit un puits, qui aurait été fait pour
tâter le filon dans la hauteur, où pour procurer de l'air.
La minière de'Surlatte
consiste, comme on le voit, en deux branches , donnant du minéral
depuis le point 1 jusqu'à celui K ; mais dans la profondeur, ce.filon
dévient productif avant ce point. |
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. point finir. Sans doute, et
MM. Duhamel et Mallet n'ont «=======
pas manqué d'en faire
l'observation, cette galerie Vallw de coûterait de très-fortes, sommes, si
onvouloit la pour- Samtt*;Mallc"
1 , uux-niincs.
suivre vigoureusement ; mais en
y mettant .seulement deux mineurs, elle avanceroit insensiblement, sans
que la dépense devînt onéreuse, et lorsqu'une plus grande afïiuence des
.eaux-exigerait qu'on la continuât avec promptitude, une bonne partie du
travail se trorryeri>it déjà faite. On peut estimer que son sol est de
120 toises plus bas que les travaux actuels delà mine de Surlatte. On trie
le minerai extrait des fosses de Surlatte sous une halle, pratiquée en
face de la galerie d'extraction. UiMMaarfie de ce minerai trié, est portée
à un boccard
:
voisj^Je la mine; mais la
portion la plus considérable est transportée au boccard des
fonderies.
Ion de Surlatte est suivi de
celui de Saint-Phi- Vallon de lippe, dansleqnel il n'y avoit lors de ma
visite d'autre Samt-Phihppe. travail qu'une traverse prise à 40 toises du
jour, dans Cj*/es a'e
rAcu" la galerie de Saint-Philippe, qu'on a déblayée
jusqu'à ,?7r\ " ' cette distance. Cette traverse qui se
pousse dans le roc vif, de l'Q. à
l'E., est destinée!M communiquer aux fosses du Cep-de-vignè,
de la mine en masse des Trois Rois et du filon de Traugott, dont je vais
parler. Les ouvrages du bas
Saiiît-Phi lippe, dont la galerie du même Mine deplomb nom fait partie., ont été poussés sur une
mine de plomb, ct argt>nt du bas à la
naissance du vallon; l'administration de M. le ^ain" " W* prince des
Deux-Ponts- y a fait prolonger jnscju*à 110 toises du jour, une galerie
que les anciens n'avoient ouverte c]ue de 7 toises. Elle suivoit un fiîon,
dirigé sur dix heures, incliné de 80
degrés à IX.)., et dont la gangue est très-friable. Lorsqu'on fut
parvenu dans cette |
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Vallée de (hncée de 4 toises,
où l'on trouva de la belle mine de
^iiine-i\ ane- p]omb
:d boccard; elle étoit seulement chargée de
beau-
au\-nunes.
*
•
'- ,
.
coup d arsenic. Du-soi de cette
foncée, on s est étendu de quelques toises vers le N. ; mais le filon est
devenu stérile, et s'est bientôt converti en une; simple fente. Il n'a
donné que de légers indices de minerai dans la galerie principale, et au
moment où il paroissoit s'améliorer , on a rencontré à la tête de la
galerie de vieux travaux, en partie éboulés.
Mme ck- plomb En mon tant le
vallon, on trouve, àrpeu-près au quart et argent de
(je ja nauteur
cie ja montagne la mine de plomb de
Tran-gott ; confiance en Dieu. Cette mine a été exploitée dans une
étendue cottsklé&iblë, par les anciens et les modernes. La direction
du filon qu'on a suivi est sur deux heures quatre huitièmes ; on
cherche à ie couper dans les fonds, par la traverse de la galerie du bas
Saint-Philippe, dont j'ai fait mention. On a attaqué le filon de Traugott
par une traverse, qui Ta coupé à 4S toises du jour': on s'est
étendu sur sa direction vers le midi, à une longueur semblable, et à cet
éloigneraient de la jonction de la traverse au filon , il s'est divisé en
deux branches.
L'une à gauche et à l'orient, a
été suivie par une galerie, dont on ignore la longueur, parce qu'elle est
en.partie écroulée, mais on la connoît sur une étendue de 000 toises. A 24
toises.au-dessus de cette longue galerie, les anciens eu a voient percé
une autre, qui communiquent à l'inférieure par des foncées, et qui
s'é-tendoit dans la mine de Suriaiic. ,
La branche droite et occidentale a été exploitée
sur |
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|
( 183 X
la longueur de 170 toises, et
on a fait plusieurs foncée.1 ->■---...... -
et puits
ascendans dans cet ouvrage. Les rmv.Vrne.s ^^<; «^* repris ces travaux, mais ne les ayant pas
trouves |
||||||
|
U-%:-
UÏMW.& |
||||||
|
productifs ils les
abandonnèrent.
Au-dessus des travaux de
Traugott, sont ceux des ;\;;iu■<•:•> )..n.s mines du
Cep-de-vigne; on n'y a fait qu'une galerie ei
;:l^";i1 i-'u-de peu de
longueur. Il n'y a point ici de liions encaissés; '(«J"ot"x
i^"t> c'est
de la galène plus, ou moins abondamment éparse dans un rocher
ferrugineux. Quelquefois ce même rocher n'en contient point du tout, c'est une mine
en masse ou stochvvrck : il en eut de même de celle
des Trois H ois.
Cette dernière est encore plus
élevée que Ja précédente, Mim^rf \mu\, et environ à mi-côte. Jl y a
dans cette partie une vieille l!
ar^'a( <i(s galerie, qui traverse la montagne de part
en part, et d'autres anciennes
et nouvelles galeries peu étendues, des puits affaissés, etc. Le minerai des
fosses,du Cop-de-vigne et des Trois Rois se réunit-il en fiions
dans les fonds? on le saura, si la
traverse du bas Saint-Philippe est continuée jusqu'au-dessous des
travaux.
Il y a, à
3 ou 400 pieds au-dessus des mines de Saint-Philippe, un banc de pierre à chaux
exploité en carrière. M.
Monnet en a donnéJ#"Coupe dans la soixante-unième feuille de ses cartes
minéralogiqucs.
Il ne me reste plus à parler
que des fosses du vallon Vallon de de
Fertru , qui renfermoit autrefois les mines d'argent
*('r'ru« et de plomb les plus
considérables de <*e district. En -iartes^i'^ca-1749
on en expfoi toit encore une partie avec beaucoup ^
r(
*
d'avantage; mais à
cette époque il y eut de si grandes eaux, qu'elles refluèrent dans l'immense
galerie profonde (ial<'rRI
Pro~
1 ,^
11
^
1 i • n
•
fonde
dcFertru.
de rertru : eues y renversèrent
lous ies bois cletaie, et ^jjnetj(.
. |
||||||
|
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||||||
|
ce travail si étendu devint
tout-à-coup inutile |
?.
Lej^aïi |
x vl
argent. |
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====== s'y accrurent,-, s'élevèrent dans tous les travaux
que la
\allée de galerie profonde desséchoit, et les
noyèrent.
Sainte-Marie-
i . i i r
i
i |
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tiux-mines. |
Cette galerie , la cler de tous
les travaux du vallon |
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de Fertru, a son entrée à la
tuilerie de Mongoute, près du Lébure, dans le ban de Saint-Biaise : après
avoir remonté le vallon de Fertru, jusqu'au-delà du village de ce nom,
elle se divise eh trois branches.
L'une qui suit le vallon s'étend
jusque dans la mine de Traugott du val de.Saint-Philippe et dessèche,
chemin faisant, les mines de Saint-Guillaume, de Léonard ou
Jhunpapump, de la Caroline et de Saint-Michel. La seconde branche
passe dans les travaux de la Porte-derfer et de Sainte-Bàrbe. La troisième
traverse le Banhwald, et délivre de ses eaux le filon correspondant
:à celui de Saint-Léonard, au côté opposé de la
gorge.
Suivant un rapport des maîtres
mineurs, du 19 avril 1766, la galerie profonde de Fertru a 4000 toises de
longueur. On estimoit qu'il y eu avoit eu iooo\de bôi- * sées, lesquelles
furent détruites par les eaux de 1749. Dans le rapport dont je viens de
parler, on disoit que, pour reprendre les travaux de Fertru, il étoit
indispensable de relever cette galerie; indépendamment de la grande
quantité de galène que cette exploitation n'a cessé de fournir, elle a
encore donné beaucoup d'argent natif, de mine d'argent rouge et-d'autres
minerais précieux : depuis que les fosses du vallon de Fertru furent
noyées, et jusqu'au moment où Ton découvrit le filon de plomb de Surlatte,
on se vit: obligé de tirer de Iâ'.Croix-aux-mines le plomb nécessaire à la
fonte des mines d'argent, ce qui rendoit alors les mines de Fertru
bien
plus |
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(.l85)
plus nécessaires à
l'exploitation de Sainte-Marie qu'elles ne lèsont aujourd'hui. Les bois
étant devenus trop chers Val lôc dans ce canton , il faudroit employer le
nuiraillement |
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aux"-)inni's, |
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|
pour relever les parties de la
galerie profonde qui sont écroulées. Soit qu'on fasse usage de fragmens de
rocher pour ce revêtement, soit qu'on se serve de brique, cette dépense
pourroit monter de 16 à 18000, suivant l'évaluation des gens du pays.
Les mineurs actuels de Sainte-Marie croient qu'il y a peu de champ
encore entier dans les fosses de Fertru. Us prétendent même qu'il y
existe deux foncées inférieures à la galerie profonde. Si cela est, il me
paroît surprenant, que dans le rapport déjà cité, on n'en ait pas
fait.mention, et que d'un commun accord on ait si positivement prononcé
qu'il étoi,t indispensable de remettre cette galerie en
état.
îl yàvoit autrefois à Fertru un
boccard et des lavoirs. Dans le village même sont des hakles considérables
qui proviennent dê% puits de Sainte-Catherine et de Saint-Léonard. Le
premier de ces puits est à la droite du chemin et communique à là galerie
profonde de Fertru. Il servoit de puits d'extraction à presque toutes les
fosses de ce vallon. L'autre est un peu au-dessus-et sur la gauche.
Indépendamment de ces puits , on a fait dans le.même emplacement une
galerie sur un filon de mine de plomb', dont on voit les affleuremens dans
la rivière. Il paroît que les anciens Font épuisé, ; car on a rencontré de
vieux travaux par plusieurs autres galeries qu'on a. faites pour
atteindre, le (ilon que l'on con-noissoit, par ces affleuremens , dans la
rivière.
Au-dessus de ces
fosses, près de la réunion d'un chemin de traverse à la chaussée, est un
autre iïlon f
Partie 11L
A a |
![]() |
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• ■ ■
(
186 )
11----------== de mine de plomb, dirigé de TE. à 1*0.,
sur lequel on
Vallée de a j^it
une rralerie actuellement écroulée. Ces travaux
Mainte-Marie-
, ,
r . ji-n^jr
portent le nom de mine de la
Porte-de-fer. |
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|
lomb
-^ll mi<^1 ae
ces muies » ea suivant le chemin de
traverse , on trouve les haldes
des travaux de la mine de plomb
d'Autruche qui, si Ton en croit la tradition , a été très-riche. Son filon éloit, ainsi que
le précédent, dirigé de l'E. à
l'O. On ne connoît plus aujourd'hui le point précis où étoit l'entrée de
ces travaux. Les haldes indiquent cependant l'espace dans lequel
cette entrée doit se trouver.
Mine d'argent En continuant de
suivre vers le S. O. le contour de
de l'Homme- Ja
montagne , on arrive à la mine d'argent de l'Homme-
mort"
mort. Le filon est dirigé du N. au S. ; à
peine apper-
çoit-on
encore quelque trace des travaux que les anciens y avoient poussés. Mine d'argent De petites haldes, plus
considérables autrefois , mais
du Saint-Sang, diminuées
peu-à-peu par les débordeniens de la rivière auprès de laquelle elles se trouvent, sont
les seuls indices qui
nous restent de la mine d'argent du Saint-Sang, située au midi et au-delà des mines
précédentes, •"'llyavoit une
galerie, mais elle est écroulée. Il paroît qu'elle donnoit-l'entrée à des travaux
considérables, puisqu'on avoit
établi vis-à-vis d'elle un boceard et des lavoirs. Mine du Four.
On n'a. guère plus de détails sur les travaux du Four-
à-oain.
à-pain..
Ils sont dans la montagne opposée à celle qui
renferme
les travaux précédens, et leur éloigneraient du point de la chaussée où le chemin de
traverse prend naissance, n'est
que de cinquante à soixante toises; en y arrive par un sentier qu'on trouve après
avoir |
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( i87
)
traversé la rivière près de la
galerie du Saint-Sang. Os ==* fouilles ont
vraisemblablement5été très-considérables,
Valk>(1 |
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||
|
car on avoit établi vis-à-vis
de leur entrée des fours ] . pour griller le minerai qui en
provenoit.
°
II y avoit en face de cette
galerie, de l'autre coté du Minerii-Cnkili. ruisseau, une mine de cobalt ;
son filon est dirigé du f S. au N., et sa gangue est un
spath calcaire blanc. La
t
montagne qui le renferme
termine au midi le vallon de Fertru.On n'y a fait qu'une galerie qui
communique par son sommet et par son sol à quelques ouvrages peu cten-.
dus. Il y a beaucoup d'eau et de vase dans cette galerie. On assure que la
mine de cobalt y étoit trop clairement éparse, et qu'elle ne pay-oit pas
les frais de l'exploitation.
En rentrant dans le chemin de
traverse dont j'ai ^aleric de Su-, parlé, et en le suivant pendant un
quart-d'heure par Barbe, un retour qu'il fait sur lui-même, presque
parallèlement à sa première direction , on trouve la galerie de
Sainte-Barbe : elle est à une élévation considérable, presqu'en face du
village de Fertru, dont la position est bien plus basse. Cette galerie
existe encore; elle étoil destinée à couper à son niveau les filons de la
Porte-de-fèr, de l'Autruche, de Saint-Léonard et de Sainte-Catherine. Il y
a trois cents pieds'du soj de celte galerie à celui de la galerie profonde
qui, cfcms la partie inférieure de cette montagne, coupoit les mêmes
filons.
On voit, par la description que
je viens de faire, le Réflexions, nombre, l'importance et l'étendue
desanciens travaux de Sainte-Marie-aux-Mines. Il est presqu'impossible que
peu d'hommes puissent arracher assez de minerai pour défrayer
à-la-fbis de la dépense du travail, de l'entretien des étançonnages
dans les puits.et les galeries, de celui âçs
A a ij |
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=====
boccards, des tournans, des canaux, des échelles, etc. Vallée de Aussi le petit nombre d'ouvriers
employés à cette ex-
Sainle-Marie- i •. A-
i .
. • ± ' »
± *i
*
-m* » ploitalion pendant un
certain temps, na-t-il pu empêcher la détérioration des travaux ,
qu'il étoit important de conserver ouverts. Quels avantages ne
retire-roit-on pas aujourd'hui du muraillement dans les fosses, si
les anciens l'eussent employé !
En résumant ce que je viens de
rapporter, on voit qu'en 178^ on prenoit du filon $argent de
Saint-Nicolas dans le val de la petite Lièvre ■* Quelques parties que
les anciens y avoient laissées, et qu'il séroit-utile de relever la
galerie de TEngelsbourg , parce qu'ils ne s'étoient enfoncés que de
quelques toises au-dessous de son sol, et que les minerais de ces travaux
étoïent très-riches. On voit qu'il n'y a plus rien à espérer des fosses du
vallon de la petite Lièvre au-dessus du niveau des eaux, mais qu'il
seroit possible de prendre, à la minière de Gott Hiifft Gewiss, une
galerie d'écoulement qui donnerait au moins douze toises de
profondeur dans du champ frais,
et qui mettrait à sec tous les travaux que les anciens ont faits
dans ce vallon. On voit encore que dans le vallon de Phaunoux il
con-yiendroit de relever la galerie profonde, et d'y faire usage du
muraillement. Les anciens ne s'étoient que très-peu enfoncés au-dessous de
son sol, dans lequel ils ont laissé du minerai précieux. La poursuite de
cette galerie auroit l'avantage inappréciable d'être à près de
soixante-dix toises de profondeur au-dessous des travaux les plus bas
de la-riche mine de Saint-Jacques. . Pour les travaux du vallon de
Surlatte, on se rappellera l'importante mine de plomb de Surlatte , qui
défrayoit |
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■ (
189 ) _ à elle
seule toutes les exploitations en activité dans
============:
Tannée 1780; et ce que nous
avons dit sur la conti- VaJ^ <*»■* nuation de la galerie des Pnnces ; on se
souviendra f. que le filon du vieux Saint-Paul n'a été que peu
exploité / par les anciens, et qu'il
peut l'être avec avantage. Jl n'y a que la continuation de la
galerie du bas Saint-Philippe qui puisse rendre productifs les
travaux du vallon de Saint-Philippe, en supposant que leurs minerais
épars se réunissent en un corps de filon dans les fonds. Enfin , si l'on
ajoute plus de foi au rapport que les officiers des mines firent le 19
avril 1766, qu'à l'opinion des mineurs actuels, il seroit indispensable de
relever la galerie profonde de Fertru,
et de la continuer, ce
qui ne pourroit avoir lieu qu'au moyen du muraillement, à cause de
la cherté actuelle des bois.
Dans le cours de la description
que je viens de faire Boceards a des mines de Sainte-Marie,
on a vu qu'il y avoit deux Javoirs-boccards ; l'un aux mines de
Saint-Nicolas , dans le vallon de Phaunoux ; l'autre près de la mine de
Surlatte, danj? le vallon de ce nom : mais les plus considérables sont
près des fonderies. 11 est inutile d'observer que le triage du minerai
précède l'opération du Uoccard et du lavage.
Les schlicks d'argent sont
portés directement au four- Fonte ou «•-neau à manche, et fondus en matte
qu'on casse en lîuttlon tîu »»»-petits morceaux. On
les grille au fourneau de réverbère avec les schlicks de plomb qui sont
soumis au grillage au même fourneau avant d'être exposés a la fonte
avec ces niattes d'argent auxquelles on les mêle. Le fourneau de réverbère
est chauffé avec des fagots de bois mort. On a éprouvé que ces fourneaux
dévoient |
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---------------être très^petits, et ne pas contenir plus de
vingt-cinq
o . a "I
\e quintaux de matière à la fois. Il convient même
de
bamte--Marie- *,
n en mettre que vingt. On
grille par semaine environ quatre-vingts quintaux de sehlick, pour
lesquels on consomme sept cents à sept cent cinquante fagots. Les
proportions du mélange qu'on ajoute à celui des schlicks de plomb et de
mattes d'argent, sont déterminées d'après la quantité de cuivre, de plomb
et d'argent, dont les essais ont démontré l'existence dans les
minerais ; ainsi l'addition de la litharge, des fonds de coupelles ,
des sco«es, varie selon les circonstances. La matte qui résulte de cette
fonte, indépendamment du plomb et œuvre qu'on en obtient, est
fondue de. nouveau dans un
fourneau d'évaporation chauffe, ainsi * que le fourneau de.
grillage , avec des fagots de bois mort. On garnit le #sol de
ce fourneau de brasque pesante à l'épaisseur de cinq pouces. On place
pardessus une couche de bois avec des charbons allumés, ensuite un
lit de matte , puis un autre
couche de bois, et ainsi alternativement jusqu'à ce qu'il y ait quinze
cents livres de mattes dans le fourneau. On ne fait agir les soufflets que
douze heures après que le fourneau a été mis à feu, et seulement lorsque
les matières sont devenues pâteuses. L'action des soufflets détermine la
fusion. Le fondeur écume la surface du bain au moyen d'un rabot, et fait
tomber les scories dans un bassin destiné à les recevoir. Il y en a un
second où coule la matière provenant des mattes fondues, et qui consiste
en plomb d'oeuvre et en mattes de cuivre tenant argent. L'opération
dure trois à quatre jours ; elle Consomme cinq cent cinquante à six
cents fagots. Cette |
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seconde matte passe de nouveau
au fourneau à manche avec des minerais de cuivre, des fonds de coupelle,
Vallée de de la litharge blanche et des scories. Il en résulte une
;lux_mjnes/ troisième matte, contenant du
cuivre tenant argent. Celle-ci, mise une troisième fois en fusion au
fourneau d'évaporation, en découle par une entaille pratiquée au bord de
la coupelle, et donne du cuivre noir tenant cinq onces d'argent au
quintal. Ce cuivre noir est rafraîchi au fourneau à manche, et la
matière qui provient de cette opération est portée au fourneau de liquation. Les gâteaux de cuivre qui
restent après la liquation sont remis de nouveau au fourneau de
réverbère, et bien garnis de charbon; ils y sont fondus et l'on en
obtient du cuivre rouge raffiné, dont on forme des rosettes, On ne
comploit, lors de ma visite, que sur vingt quintaux de cuivre raffiné par
an. Tout le plomb d'oeuvre obtenu dans les différentes opérations que
je viens de détailler, est porté au fourneau d'affinage. L'argent qui en
provient esta onze deniers douze grains, et on le porte par le raffinage à
onze deniers vingt-trois grains. Le fourneau allemand dont on se sert peut
contenir soixante-dix quintaux de plomb d'oeuvre; mais il est d'usage à
Sainte-Marie s de ne le charger que de trente-cinq à quarante
quintaux. Chaque affinage produit quinze à vingt marcs d'argenj:, de la
lïtharge blanche et rouge, et des fonds de coupelle dans les
proportions ordinaires. Chaque affinage consomme trois cent cinquante à
quatre cent vingt fagots.
Il faudroit avoir pu suivre
plus long-temps que je n'ai été à portée de le faire, les procédés des
fonderies |
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Vit liée dr Sainte
Marie-aiiK-mines. |
de Sainte-Marie-aux-Mines, pour
en apprécier tout le mérite ou en relever les défauts avec connoissance de
cause. Cependant , comme les minerais dVgent de Sainte-Marie tiennent une
portion considérable d'arsenic , il y a tout lieu de croire qu'on a
tort de les convertir en mattes , sans les faire passer d'avance au
grillage. En. effet, l'arsenic qui se dégage en très-grande
abondance, peut enlever avec lui des portions d'argent qui sont alors
absolument perdues ; peut-être même y a-t-il aussi déperdition en traitant
les premières mattes au fourneau d'évaporation. Il est difficile de ne pas
soupçonner qu'une portion de fin ne soit entraînée par cette
opération dans les scories.
Je joins ici un tableau des
fabrications et consommations des mines de Sainte-Marie, pour l'année
1784 et les trois premiers quartiers de 1785.
Lorsque je passai à ces mines,
à la fin de cette année, j'y trouvai employés les ouvriers suivâns :
savoir; un directeur à 700 livres; un maître mineur payé par jour 24 sous
; deux sous-maîtres 20 sous 6 deniers ; quarante mineurs travaillant à la
pierre à 18 sous 6 deniers; vingt manœuvres et coureurs de chien à 15 et
12 sous 6 défi. ; quatre mineurs charpentiers à 2TTsoïrs 6 deniers; quatre
maréchaux à 17 sous; quatre maîtres de lavoirs à
22 sous 6 deniers ; soixante-quatre laveurs et
laveuses à 5 sous 6 deniers;
trois maîtres fondeurs à 20 et
23 sous 3 deniers ; deux aides à 16 sous ;
trois grilleurs et attiseurs à
16 sous ; un mesureur de charbons à 18 sous; ensemble cent cinquante-une
personnes.
M. Je prince des Deux-Pents se
proposoit de demander à l'administration le cantonnement des forêts
de
Sainte-Marie, |
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|
Ouvriers |
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*
ETAT
î)es
produits des mines de Sainte-Marie-aux-mines pendant Tannée mil sept-cent
quatre-vingt-quatre, et les neuf premi. ♦
de mil sept-cent
quatre-vingt-cinq, et des matières consommées pour les
réduire. |
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s A V O I
E; |
![]() |
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SCHLlCK. DE PLOMB. |
SCKLICK D'ARGENT, (b) |
Fond
s de coupelle
et
litharge
blanche. |
LlTHARGE
Rouge, (e) |
Plomb |
C V IV R E |
A » G % NT |
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|
|
Poudre. |
B o i»s. |
Fàgôt |
||||||||||||||||
|
N NEES. |
Galène. |
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|
Mouillé. |
Sec |
Mouillé. |
Sec. |
Marchand. |
A tirer. |
Noir. |
Rosette, >de ceupelle. |
Fin. (d) |
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|
1784 |
Livres pcsanr 293224 189293 |
Livres pej,anî. |
Livres pesant. |
Livres pesant. |
Livres pcsar.t. 986OO.
71000 |
Livres pesant.
19n.5 ~
13280
i- |
Livres pesant. 1624 707 |
Livres pesant. 72 1 S7
497OO
\ |
Livres
pesant.
I477«5
■" 9175 |
Livres pesant.
n36 ^ |
Liyres pesant. 20B9 |
Marcs. Onces. 4OI 282
4 |
Marcs.
One. Gr.
382
362 2 9 |
Livres pesant. I 8oO I2O0 |
Cordes.. 16 |
Nombre. 484R0 44169 |
|||
|
3289: |
|||||||||||||||||||
|
164685 |
3^.5.5o |
||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
|
OT A V
X |
482^17 |
419790 |
87817 |
76442 |
160600 |
2331 |
121867 ■- |
3640 |
36o6 |
683 4 |
644 -a 9 |
3oco |
28 |
92649 |
|||||
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|
|||||||||||||||||||
|
) Les schlick de plomb .ne tiennent qu'une once,^ et^.même
une derni-once d'argent, et quarante à cinquante livres de
plomb.
) Le-.schlick d'argent de
Rauenthal tient deux onces et demie à trois onces d'argent, et cinq livres
de cuivre. Le schlick d'argent de Léverthal, quatre onces et demie à six
onces (Fargent y et cinq
) La" litharge rouge se vend
vingt-six livres le cent.
r |
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Le titre dé
l'argent fin est à onze deniers vingt-deux grains. |
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La banne de charbon a seize cuveaux , exigeant deux cordes
et demie à deux cordes trois quarts ; la corde de six pieds surirois et
demi de taille. |
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( 193
)
Sainte-Marie, la liberté de
prendre dans les magasins à
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F/fN~DE LA TROISIÈME PARTIE. |
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Partie III.
Bb |
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DESCRIPTION
DES MINES
ET
DES BOUCHES A FED DE LA BASSE ALSACE.
QUATRIÈME PARTIE. |
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|
J'abandonne
à regret l'histoire des belles mines,
Ancienne
(îont je viens de rendre compte, pour
parler de cellejs fabrique d'acier j avojent
ei3gagé m.
le baron
de Mackau d'Hiir-
de Dambach. l
,
,7 ri
r
tigheim
a établir une fabrique uacier de fusion, à Finstar de celles d'Allemagne. M". Basin,
correspondant de l'Académie royale des Siences, décrivit cette
Mines d'acier fabrication en
1737 (1). Ces mines, auxquelles-on a de Dambach. prodigué le nom démines d'acier,
se troiivoient entre Dambach
(2) et Bliensehwe.iller (3), villages situés au
(1) Traité sur l'acier
d'Alsace , ou l'Art de convertir le fer de fonte en acier. Strasbourg,
17.37.
(2) D'iversis lus metalli fodinis .accessit deriique fodina
chatybis circa Dam-bacum oppidulum, ad
Lebsru Vogesi yallis introitum è regione Seltstadii,
delec-ùssimi rerum metallicarum
indtig,iioris sagacitate nuper repertâ. Inventa est haud
ità ptldcm à ctL Gnuelio ,
profiss. physices argent, gleba et minera Dambacensi, ex quâ fe/mm sinecrutn sub
capillorum forma prodibat. Alsatiâ illustra'ta, tom. 1 , pag.
i3.
■'-
(3) La ville d'e Strasbourg a
découvert des indications de mine de
,
houille dans
la banlieue du village de Blienschweiller, où elle a
la |
||
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||
|
(19.?).. pied des Vosges, entre l'ouverture des
vallées de Liè\re ===r.=r==r====r=-3
et de Ville, environ à quatre mille toises.au N, N. O.
jM;m's
d'a(-'k'1
do Daitibiivi».
juridiction et la supériorité
territoriale. Klle a annonce à M. lo Contrôleur-général, par lettre du 7 septembre 1 ~8'à
, l'inloniion où clic étoif d'y faire faire de» recherches. M. Mathieu
de Vas Icres, qui s'est trouvé eu Alsace à cette époque , m'a remis
sur cette indicatio:i ,. les
détails que je transcris ici.
Ces évenfs de houille se voient
près du village de Fîlienschweiller auScheibenberg, l'une des
colline» avancées d'une des Vosges qui poite îe nom deOngusberg (peut-être
Ungersbei*) : elle
louche au midi le village
même de Blienschweiller , dont elle n'est pas éloignée de plus de cent
toises : elle tient à l'ouest à la montagne de Viiiseuberg, et ù
l'occident à celle de Berensprung. Ces indications, peu considérables
encore » méritent cependant, vu le grand nombre de circonstances qui
peuvent faire espérer un succès avantageux , qu'on y fasse une tentative
sérieuse. On n'a encore lait aucune fouille; une seule trouée de deux à
(rois pieds de profondeur, faite au hasard sur la pente de la colline, ne
mérite pas ce nom. Cependant l'on trouve déjà, à ce peu de profondeur
, unecouche de schiste noir, d'environ dix pouces d'épaisseur , et, au centre de cette couche, une \
eine d'un pouce de mulm t résiliable, dans lequel sont dissémim'cs
dvf. paicelies c'e chaihon. Ce petit travail est situé dans le ravin de
Blicuscluveillcr ; il est fait sur des couches de schiste , qui se
dirigent du sud au nord, et qui inclinent très-fortement à l'ouest. La
base de la montagne est de grès à gros grains, et le sommet de gianit. La
situation de cette mine, dans
la pioximité des houilles de la l,aye au revers des mêmes montagnes du
côté de \ ilié, e*l une
présomption très-favorable, et sa position réunit differens avantages pour
sou exploitation. Les forêts voisines, bien pourvues de boi.« ,
fouiniroient les bois d'etaie nécessaiies : la communication facile de ce
village avec îor- grandes routes qui n'en sont qu'à une demi-lieue, et pai
elles avec «!cs rivières navigables, offre , pour le transport des
charbons, des facilités que n'a pas la majeure partie des
exploitations.
La ville de Strasbourg est seigneur
haut-justicier, sans partage, de Blienschweiller: c'est donc à elle, comme
ancien état .d'Kmpire, et jouissant des droits régaliens attachés à la
supériorité territoriale, de disposer, sous l'agrément du ministre, de la
concession de cette exploitation. A un quart de lieue, au nord, et au
couchant de l'endroit,
Bb ij . |
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==- de Schelestadt (1), et à
mille quatre cents toises E. N. Mines d'acier £ ^e Sainte-Marie-aux-mincs.
M, Schœpflin a beau-
de Dambacli.
,
,
.
, , .
,
coup
vante ces mines; on pretendoit quon y avoit trouvé du fer natif. « M. Basin nous
apprend que celte « mine
rendoit cinquante pour cent de fonte, que les « filons en étoient larges de quatre à cinq
pieds, qu'on « leur trou voit
plus de vingt à trente toises de hau--« teur, qu'ils jetoient de tous côtés des
branches aussi «■ grossières
que le tronc, et qu'on les sûivoit par des ^
«
galeries. La mine , dit-il , est couleur d'ardoise,
«
enveloppée d'une terre grasse qui, dissoute dans « l'eau, lui donne une assez belle couleur
violet-brun. »' On la tiroit à
mi-côte de la montagne (2). Les verriers prennent encore aujourd'hui de la
manganèse à Dan|bach : c'étoit
elle sans doute qui teignoit l'eau de la couleur dont parle M.
Rasin.
où se présentent ces
indications , commencent à la vérité des juvis-tlictions étrangères ; mais
ce n'est pas dans ce sens que ni la colline, ni la mine qu'elle peut
contenir, s'étendent. La direction de cette dernière.s'annonce du couchant
au levant vers ÏNothalden et Zell. Toute la partie de la colline, dans la
quelle se prolongent les couches, est enclavée dans la jurisdiction de la
ville, et le dire des paysans vient à l'appui de mon opinion sur la
direction de ces couches. On retrouve, disent-ils , les mêmes indices de
mulm derrière Zell , et jusque vers le ruisseau qui sert de limite à la
jurisdiction du côté d'Eltenschweiler.
(1) A deux mille cent toises
,0. N. O. dans le territoire du village tle Châlenoîs , on voit dans un
pré marécageux une fontaine minérale, dont les vapeurs forment, sur les
parois de la cabane qu'on'a construite au-dessus de son bassin , des
cristaux efflorescens. L'eau qui en découle, et qu'on conduit par des
tuyaux à des bains, contient du
sulfate de soude, du muriate de soude , de la terre calcaire et de
la terre silkée avec un peu de pétrole ou autre substance bitu-mineusç.
Guéri n, dissert, de Fonnbus medic. Alsat'm, pag. ia et 14. ■■■■■•
(2) Basiri, toc. cit.-, pag. 4.5
et 46. |
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M. le baron de Mackau
d'Hlirtigheiirî obtint le 8 |
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avril 1737 des lettres-patentes
registrées au Conseil Mim*S(1'atH'r
souverain d Alsace le 2q
mai suivant (î), elles
portent permission à lui et: à ses ayant cau&e d'exploiter,
exclusivement à toutes autres
personnes, et à perpétuité, les mines d'acier en Alsace, et
accordent le titre de manufacture
royale d'acier à sa fabrique. Le 2 septembre 1742, il sortit
un arrêt du Conseil qui, en confirmant les lettres de concession
donnée» .à M. le baron deHurtigheim,
et la cession et rétrocession qui en ont été faites,ordonne
qu'elles seront exécutées, et que le sieur Gambs et ses associés jouiront du
bénéfice dés f mines
de Dambach dans l'étendue de trois lieues. Cet établissement qui
s'étoit bien annoncé ne se soutint pas, et il n'en reste plus que la
mémoire.
Avant de
me porter plus au N. ,. soit du côté de la Val deYilié. plaine, soit dans l'intérieur des Vosges, il
faut que je i\ïim>c]W<i<p.t, rende, compte des mines du val de Ville et
cKOrbeîs. <lJ" <oi)alt vi
L'ouverture du val
de Ville dans la plaine , n'est que °°itJ l' très-peu distante de
celle du val de Lièvre. M. Schœp- JéJie'
n7 ,^3. (lin rapporte que
l'on tiroil du val de Ville de l'argent fol.\5y, natif superficiel en feuilles, de la mine
de cobalt (2), et une sorte
d'opales (3) j mais il n'y a actuellement d'autres mines en exploitation dans cette vallée
que celles de charbon de la
Lave, en allemand Lach. Ce savant Mines dechar-en a aussi parlé (4). Je décrirai celles-ci
et donnerai une bon delà Laye. notice des autres
(1)
Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. 2, pag. 108.
(2)
Alsjtia illustrata^ tom. 1 , pag. f 1 et
12.
(3)
Jbid., pag.
i3.
(4)
Quin et carbonïbiis bhuminosis à
naturâpareùs Vo~esiis iurget, qui nuper in Vïlknâ voile detecti t rnagno cum
successu, per superiorem et inferiorem Je-vehuntur Alsaùam.
Schœpflin, ibidem, pag. 12. |
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C 198)
===== Je les ai vues à deux
époques assez éloignées l'une
de\ille. de l'autre. La
première date de 1769; je m'y rendis de
Sainte - Marie - aux - mines en
descendant à Lièvre et
prenant de là, droit au N. sur
Breitenau, à travers des
forêts de pins et de chênes et
des montagnes formées,
à la hauteur où je les ai
passées, de pierres de sable
rouge et de brèches de
cailloux. La seconde fois je me
' rendis à la Lave par leval.de
Ville avec MM. Duhamel
et
Maliet qui ont rédigé le rapport de cette seconde
visite.
Titres.
Par arrêt
du Conseil du 3o avril 1746, le baron de
Maekaud'HuVtigheim
obtint le privilège exclusif de fouiller les mines de charbon de terre du val
de Ville pendant trente années
(i-). MM. Eschenauer et Hey, négocians à Strasbourg, et M. Commart,
înspecteurgénéral des forêts d'Alsace* exploitoient ces mines en 1769,
comme ces-sionnaires de ce
privilège. Madame deChoiseul-Meuse, devenue seigneur du val de Ville, obtînt,
le 12 mars 1766, des lettres -
patentes registres le 26 juin de la .même année, portant pourelle et ses enfans,
le même privilège exclusif
d'exploiter les susdites mines aussi long-temps qu'il plairoit à Sa Majesté, et
à commencer seulement du
premier juillet 1776, époque à laquelle devoit expirer le privilège du baron de
Mackau (2).
(1) Voyez les édita,
ordonnances , arrêts et règlemens sur le fait des mines et minières de
France, pag. 381.
(2) Recueil d'ordonnances
d'Alsace, tom. 2, pag, 712. Acescause3,etdePavi.s de notre Conseil ,et de notre grâce
spéciale,
:
pleine puissance et autorité royale, nous avons
accordé par ces pré-
sentes , signées de notre main,
accordons à l'exposante le privilège exclusif de faire fouiller et
exploiter les mines de charbon, qui sont ' actuellement ouvertes en la
dite terre de Ville, et celles qui pourront |
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Enfin, par lettres-patentes du
premier avril 1775,accor: rr====^~s===
dées aux comtes de Choiseul,
seuls enfans et héritiers Val de
Viil<-
de
madame de Choiscui, le roi a approuvé les cession
et
transport qu'elle avoit faits
par acte du 27 juillet
1774,
du bénéfice au privilège porté èsdiles lettres
au
profit du sieur Commart, en restreignant cependant
la durée
dudit privilège à quinze années. M. Commart
paie
annuellement pour cette cession 2400 li\res à
M. de
Choisenl. Ce traité finira avec le privilège
1790.
'
Le village de la Laye est situé
dans un vallon lait rai . ■
du val de Ville, à seize cent cinquante toises O. de
-Dambach, et à mille quatre
cents . ises S. O. ihi bourg de Ville.
Les
mines de charbon de la Laye se. trouvent entre Travaux. deux bancs de grès, dans une croupe de
montagne {jeu élevée. On en a
poursuivi la couche sur \mc fom;ueur d'environ quatre-vitîgts toise*.. Le mulm
indicatif-du. .
![]() |
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l'être par la suite dans
l'étendue de la dite (erre,
pour, pas l'exposante, ses enfans, héritiers ou ayanl cause, les
l'aire valoir e» exploiter à leur profit, à commencer du premier juillet i~~& , jour auquel
finiront les trente années du privilège que nous avons ci-devant accordé
au dit sieur Mackau de Hurlijiheim , et ainsi continuer pendant et si
long-temps qu'il nous plaira, à Ja charge par l'exposante,.ses
enfans, héritiers et ayant cause d'indemniser les propriétaires des
terrains sur lesquels il sera fait t\v^ ouvertures, et qui pourront
être endommagés, soif par les voitures, soit par l'écoulement des
eaux ou autrement, pour raison de leur dite exploitation , et ce à dire
d'experts, dont les parties conviendront de gré à gré, ou qui seront
nommés d'office par le sieur Intendant et Commissaire départi en Alsace
,E et en outre de se conformer aux îèglemens déjà intervenus,
ou qui pourront intervenir dans la' suite , concernant l'exploitation des
mines de charbon de terre r. et notauitnet)] an
règlement du 14 janvier 1744. |
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( 200 )
=■ charbon se montrait par-tout
au jour sous la terre Valde\ilie. végétale,- et se soutenoit ainsi
jusqu'au roc vif sur une longueur de dix à douze toises, quelquefois même
de vingt ;^parvenu au roc "vif, il se convertissoit en
charbon.
Il y
avoit en 1769 trois fosses principales, celle de derrière, du milieu et du. devant, et on
exploitait par six galeries
avec vingt-huit ouvriers, tant mineurs que coureurs de chien et trieurs; chacun
de ces ouvriers gagnoit alors
io à 16 sous par jour. L'extraction mon-toit de deux à trois cents quintaux par
semaine: le charbon se vcndoit sur les lieux i5 à 16 sous le
quintal; on n'avoit alors
fait que quelques foncées approfondies de deux à trois toises tout au
plus. Le banc consiste en trois
couches distinctes et parallèles qui peuvent former ensemble
cinquante-quatre pouces de charbon. Les schistes qui les couvrent sont
remplis pour la plupart des
empreintes de végétaux décrites par M. Morand (i).
La plus basse de ces couches est
elle-même divisée en trois petits lits par des veines de grès, dont
l'épaisseur va de six à neuf pouces ; elle est presqu'entièrement
exploitée, et Ton étoit occupé à enlever encore quelques restes. Entre cette couche et la seconde,
se trouve un banc de grès de quinze à dix-huit pieds d'épaisseur,
et cette couche est encore séparée de la supérieure par un-dernier lit de
grès qui a depuis quatre jusqu'à six pieds. On a exploité la veine du
milieu sur sa direction et son inclinaison , au lieu de faire
à-îa-fois l'extraction des deux couches supérieures si peu
distantes
(1) Voyez l'art d'exploiter les mines de charbon , pag.
164.
l'une |
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( 201 )
;-/
l'une de l'autre. La plus
élevée *étoit autrefois négligée, =^=^===: et on la prenoit
séparément, maintenant on enlève à- ^ al <1(>
^ll]r' la-fois ce qui reste des ces deux veines ,
et il n'y a plus guère de charbon à prendre.
La montagne qui renferme cette
houille est, comme je viens de le dire , à une demi-lieue de Ville ; elle
ne tient que par un côté à la pente
septentrionale du vallon ; et de ce côté , un banc de grès coupe
totalement le charbon ; il est difficile de penser que la nature ait,
contre l'ordinaire, circonscrit cette substance dans des bornes aussi
étroites, et que Ton lie puisse plus
^.
trouver de charbon de terre dans
la profondeur , après avoir percé une certaine épaisseur de grès, ou dans
les montagnes latérales de l'un et de l'autre côté de ce vallon fort
resserré en cette partie. Des recherches faites sur les indications de
Bleton, étoient demeurées infructueuses; dautfes entreprises sur les idées
des mineurs n'ont pas eu plus de succès: elles étoient
insuffisantes; des puits de cinq à six toises, des
galeries
de dix-huit à vingt toises , ne
prouvent pas qu'il n'y \_
ait plus de charbon ni en
profondeur ni en largeur ; cependant il-y a lieu de croire qu'il ne s'en
trouverok pas vers le pied ou à raz du pied de cette montagne, parce que
le rocher y paroit de nature différente." Il n'y est plus stratifié, et
d'ailleurs, on voit qu'il y a eu une ancienne fouille sur des mines
d'argent en face du pied de la montagne où est le. charbon. Le prix de ce
combustible étoit monté depuis 1769 à 1700 de 10 sous le quintal à 24
sous, de manière que, rendu à Strasbourg, il revient à 02 sous. Il coûte à
Schclestadt 27 sous. Quarante-quatre ouvriers étoient employés dans
cette
TaipëTF:.
*
Ce |
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f -02
)
Forge de Ville. Par
lettres-patentes du 21 décembre 1683 (1 ), M. de Zurlauben avoit obtenu permission d'établir
des fourneaux et forges à
fer dans sa terre du val de Ville; ces lettres-patentes furent enregistrées au
Conseil souverain
d'Alsace, le 26 janvier 1604. Cette forge avoit été construite dans un
lieu nommé Neubourg (2), mais il n'en reste plus de
traces.
Vallon
d'Or- En remontant le ruisseau qui coule au pied de la beis-
montagne de la
Laye, on arrive à Orbeis ou Ûrbeis,
Cartes de vAca- village
du val de Ville* qui a été le centre de plusieurs demie, n°. i63, exp]ojtations
de mines métalliques. Plusieurs de ces
foi. «59- • r v ,. , ■ ■ ,
' , ... ,, .
mines indiquées sur les cartes
de I Académie, manquent sur les cartes minéralogiques de M. Monnet.
Titres. M. Gamper, qui avoit obtenu, le 5 octobre 1742, des
lettres-patentes registrées au Conseil souverain d'Alsace le 23 avril
1743 , portant permission d'exploiter les mines d'Oberehnheim , de Barr et
de Châtenois, et |
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(1) Recueil d'ordonnances
d'Alsace, tom. i ? pag. i36. (ï) Aisatia illustrata ,
toi». 2 , pag, 267. |
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( 203 )
dans Tétendue de trois lieues
aux environs ( i ), chercha, ===== en conséquence de ce titre, à relever
les mines d'Orbeis ; Val (1 il y fit travailler avec
perte pendant six ans. Les gens du
pays prétendent qu'il n'y a mal fait ses affaires que faute de
connoissanceet de bonne administration. Il est impossible de décider
quelque chose à cet égard, parce que ces mines sont toutes comblées. 'Fous
les bâtimens que M. Camper avoit fait construire ont été démolis. M. Pomel
de Schelestadt obtint, vers l'année 1780, une permission provisoire de les
exploiter: il s'associa mademoiselle Chasseur de la même ville , et
intéressa dans son entreprise M. G.alette, curé d'Orbeis. Ils firent
travailler environ treize mois dans le cours de 1780 et 1781 , et dépensèrent i5 à
16,000 livres pour déblayer cent quatre-vingts toises de galeries
et sept toises de puits. On ne travailla que très-peu dans le minerai
même.
Je passe à la notice de ces
mines (2), dont le curé d'Orbeis a conservé quelques états et de mauvais
plans.
A un gros quart de lieue au
levant du village d'Or- Minet beis,
sont les-mines de cuivre et argent de la montagne vi
<î'ai"^c'Ml
<lc
1 1 r> ,. 1 tv % \' /a
,
1
î;l
imminent'<!e
de la Goutte-du-MouIin. On ne
peut en parler que j Goutte-du-d'après les échantillons conservés par le
curé dOrbeis, Moulin, et ceux qu'on trouve encore sur les haldes. Le
minerai de cuivre s'y trouve dans le quartz, et celui d'argent gris dans
du spath calcaire, avec du schiste pour rocher latéral. Quelques-uns de
ces échantillons sont fort riches. |
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(i) Recueil d'ordonnances d'Alsace, tom. 2,
pag. 243. {%)
Elle est extraite du rapport fait à l'administration par
messieurs Duhamel et Maîlet,
sur les mines d'Alsace.
C c ij |
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( 204 )
=—.-_---------. îjne galerie commencée
par les anciens, et relevée par
\ al ne Aille. jcs dernières
exploitations-, une seconde galerie indiquée par un affaissement au midi de la
première sept ou huit toises
au-dessus, et encore un peu plus haut un puits, forment l'ensemble
des travaux faits dans ce lieu. Le filon, si ces galeries ont-été
poursuivies sur sa direction, paroit
être dirigé sur douze heures septentrion. Il seroit possible
que le puits eût été approfondi sur l'inclinaison du filon , si celui-ci
avoil eu sa pente occidentale. Il est sur douze heures relativement à la
galerie inférieure, et sur quatre heures et demie relativement à la
supérieure. Mine do cuivre Moins loin du village d'Orbeis, mais de même à
son
du châieau. du jcvan^ sont les anciennes mines de
cuivre du château
diêTé*
^U Chainp-Brècheté.
I-Cs affaissemens de puits et les
haldes considérables qu'on y
voit, prouvent que l'exploitation de ces mines a été fort vaste
autrefois. Ces tas de déblais
se dirigent des deux côtés de la montagne sur neuf heures méridien.
On a peine à découvrir dans le quartz' sauvage et souvent
cristallisé, dont sont formés ces décombres, quelques vestiges de
minerai. MM. Duhamel et Mallet, après bien des recherches, y ont
déterré un peu de mine cle cuivre. Le curé d'Orbeis avoit un échantillon
de mine de plomb qu'il prétendoit en
provenir. Il y a aussi, quelques haldes sur la même direction dans
la montagne de la Grande-Basse ; ce qui fait présumer que ces derniers
travaux pourraient avoir été faits sur
le même filon. Les eaux Mine de cuivre ont empêché la dernière
compagnie de les relever.
et de plomb de
.
-,
ri
mi
h/^.
i
i
, \ , Au nord et en race du
viliage. dOrbeis, sont les
la montagne des
o
'
Coites. - mines de cuivre et de plomb de la montagne des
Coites. |
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![]() |
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Les anciens avoient commencé à
les exploiter au sommet de la montagne, auprès d'un château ruiné, et
il ^al tîf>1>IÎ!'*-paraît, par les haldes, qmj le
filon avoit été suivi dans sa
direction sur onze heures septentrion. On y trouve aussi des
éboulemeiis de puits; l'inclinaison de ce filon est orientale, c'est ce qui a fait penser
aux mineurs du pays qu'il
passoit dans la montagne de la Goutte-Henri ; mais MM. Duhamel et Mallet observent
que cette conjecture est
contraire à la disposition ordinaire des filons de ce canton ,
qui sont presque perpen-diculaires,
tandis que leur rocher latéral est incliné, et il faudrait que celui-ci fût presque
couché, pour que la conjecture
des mineurs se réalisât. Le rocher de la montagne des Coites est
quartzeux , et incliné d'environ
quarante-cinq degrés vers le midi.
A
l'orient de la montagne des Coites, dans une Aline de plomb petite gorge fort étroite, bordée au levant
parla mon- <1(" Ia llOUtit"
tagne de la Goutte Henri, se
voit un filon de mine de. plomb
; les travaux qu'on y a faits ont pris le nom de celte montagne. Les anciens y avoient
pratiqué un puits de
quatre-vingts pieds, et à cent toises au-dessous une galerie qui communiquoit au puits à son
sol. M. Pomel a approfondi le
puits de dix pieds sur le filon même, et les échantillons trouvés sur les
haldes prouvent qu'on en
avoit tiré de la mine de plomb à boc-cai;d. La galène y étoit mêlée de bleinde,
eL avoit de la mine de fer
spathique pour gangue. Le rocher des parois, qui incline de soixante à
soixante-dix degrés au levant,
est un quartz micacé moins rude que celui
des
mines précédentes.
1
Aline
d argent
En se reportant au levant du
village d'Orbeis, on d/Apiingoutu-. |
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( 206 ) '
Val de
Ville, petite demi-lieue du village, une galerie fort courte et un puits peu profond près du jour, qu'on
dit avoir été fait pour couper un filon tenant du minerai
d'argent
gris.
Mïncdecuivre, La mine
de Saint-Nicolas est auprès des travaux plomb et argent d'Aptingoutte, à peu de
distance sur la droite du che-
ûv St. Nicolas. .
in
i- i •
min communal; son nlon, presque
perpendiculaire, est dirigé sur onze heures. Les anciens y avoienl fait
deux puits et une galerie; l'inférieur avoit quatre-vingts pieds de
profondeur; le supérieur, placé au midi du premier, ,
n'en avoit que trente. La galerie d'écoulement ,
prise
au nord des puits , étoit
longue d'environ quarante toises, et communiquoit dans le plus bas des
puits.à la profondeur de cinq toises seulement. M, ..Pomel a approfondi de
vingt pieds le puits inférieur, et l'on assure qu'il a laissé à son sol
dix-huit pouces de minerai très-riché en plomb et cuivre, dans une
gangue q^artzeuse. MM. Duhamel et Mallet observent, dans leur rapport., qu'ils ont trouvé dans la
halde de la mine de fer spathique et de la bleinde , et que
probablement des .matières semblables font partie de l'épaisseur
attribuée au minerai qu'on a laissé au sol des puits. Les anciens -avoient
adapté une machine hydraulique à ces travaux ; mais M, Pomel en faisoit
tirer les eaux à bras d'homme, MM. Duhamel et Mallet ont reconnu peu
au-delà de ces puits un filon de la même nature que celui de
Saint-Nicolas, puissant de plus d'un pied, ayant du quartz blanc pour
gangue et pouiC^arois un rocher mêlé de quartz et de mica ; et quoique sa
direction soit sur deux heures, ils ne croient .pas |
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impossible que ce soi lie même
filon de Saint-Nicolas, =--_-r.-- i-.-rr=«s ou un de ses einbranchemeus.
1! incline à TE. dVin iroff N iil (it ^ iîft'<
quatre-vingts degrés ;
[e rocher penche du même côté, mais seulement de quarante degrés.
Les-mêmes" ingénieurs ont
reconnu, à la distance de plusieurs (oises
; au midi des travaux de Saint-Nicolas, une
veine stérile de schiste
mêlé d\m pouce de quartz : son loit est du schiste plus solide, el son mur du
quartz; sa puissance est
de trois à quatre pieds, sa direction sur cinq , heures et demie, et son inclinaison de
quarante-cinq degrés nord.
Cette veine passe d'un côté dans la montagne d'Aptingoutte , et de l'autre dans
celle de la Goutte-Henry. MM.
Duhamel et Mallet pensent, avec vraisemblance, qu'il seroità propos de
poursuivre cette veine dans les
deux montagnes, pour y couper les différais filons qu'elles renferment, et
dont nous avons parlé; ce qui
peut-être aussi donnerait lieu à de nouvelles découvertes, puisqu'on pourroit
sonder ces montagnes.
A une demi-lieue plus loin, sur
le chemin de Lubine, Préiendue est la mine de la Porte-de-fer. La
tradition populaire mine fl>or
(il'ia
i,. -.
'
i? i . i
. r
Porte-dc-fti.
assure
que cetoit une mine dor dont les anciens fermèrent Feutrée par une porte de fer, c'est
de là que lui vient le nom
qu'elle conserve aujourd'hui. On y voit encore les traces de l'éboulement d'une
galerie.
Une
ancienne galerie, dont l'entrée est affaissée, se Mine de la voit environ à trois portées de fusil de
fégîise d'Or- Rouge"eau-beis, sur le bord du chemin communal qui
conduit aux mines de
Saint-Nicolas. Peut-être cette galerie a-t-elle été prise sur le filon que nous
avons dit avoir été attaqué par
les anciens au sommet, de la montagne |
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y
.
================= des CoItevS. Une eau martiale qui
coule de cette galerie,
Val de
Ville. ]m# fait donner le nom de la mine de
la Rôuge-eau. Mine d'an- Le curé
d'Orbeis nous a montré des échantillons de umoine de niine d'antimoine massive striée,
tirée de Charpc, vil-J
ialJ)0<
lage situé environ à
mille toises au nord d'Orbeis. On a
perdu
jusqu'à la tradition de l'exploitation de cette miné, ainsi que d'un grand nombre d'autres
fouilles faites par les anciens
dans le canton dprbeis. Les vivres, la main-d'œuvre et les bois sont
encore à bon - compte dans ce
pays, et le peu de travail qu'avoit fait dernièrement M. Pomel sur le minerai même,
lui avoit donné un produit suffisant. Malheureusement tous ses
fonds ont été consommés en
faux-frais , et à relever *
des
travaux pour parvenir aux endroits productifs. La
hauteur
clés montagnes est moyenne, et l'on peut y travailler en tout temps ; on y
trouveroit assez d'eau pour les machines. Il y a dans cette partie
des filons encore vierges ou très-peu
exploités. Il seroit donc à désirer qu'une compagnie puissante entreprît
de continuer cette exploitation. On ne sauroit trop souvent
répéter que si on astreignoit
les concessionnaires au murailleriient des geileries d'écoulement,
des pertes considérables
seroient épargnées aux entrepreneurs des mines, qui se livreroient bien plus
facilement à en reprendre l'exploitation.
Mine de fer de On tiroit
autrefois de Saales, village le plus reculé
Saales.
■
au yalde Ville, de la mine de fer
pour la forge-de
Rothau,
mais on n'y en fouille plus maintenant. Ce
village
est sur les frontières, de la Lorraine.
Ancienne ver- II y avoit une
verrerie au Hang,à mille huit cents
reneduHaEig.
|ojses au levant de Saales ; elle étoit encore en
activité
;
.,
lorsque |
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M.
ScliGgpflj-ti écrivoit son histoire d'Alsace (Y) ; mais =====-=. elle n'existe, plus. Les forges voisines
qui convertisse::! Val- c';' Vi!!> en charbon les bois des montagnes de ce
canton, ont trop renchéri le bois des BilleUcs qu'employoit cette !
verrerie. C'est auprès du Hang que
prend sa source la Briisch ,
rivière qui arrose-successivement le Ban de La liiu-.d.. la Roche, le Val de Schirmeck et celui de
Moutzig, qui ne forment qu'une seule et même vallée, l'une des
plus agréables de l'Alsace. Cette
rivière fait mouvoir dans son cours des usines considérables que
nous aurons occasion de décrire,
et si l'on en croit le" rapport de Roeslin (2) et de J. Boeckler (3),
elle cliarie des améthystes. J'y ai trouvé , au-dessous du
deuxième Jpont de Schirmeck,
des brèches de caillou susceptibles d'un assez beau
poli.
Le Ban
de la Roche ou Stcinthal va fixer pour Mines du quelques niomens notre attention. Ce petit
comté qui comIt"til>
Su>lf1-connue a
la partie septentrionale du val ae \ nie, est
dt,Jaj^x.ju>>
environné de montagnes
de pierre de sable rouge (4), Ctret jer icj-et dans toute son enceinte on ne rencontre
pas un dimie, n\ iû3, fragment de cette pierre. Ses montagnes
sont entière- iul- Moment-formées déroches granitiques. 11 me
seroit difficile de croire que
le granit dont le comté du Ban delà Roche est composé dans toute son étendue, et
qui pour ainsi dire marque ses
bornes, ne lût qu'un détritus d'anciens granits, qui en a reproduit de
nouveaux. Ce comte occupe
environ le milieu de la largeur de la
(1) Alsatia
illustrât*y tam. 2..,-pag. 202.
(2) Dcscriptlo mentis Vogesi, pag. 7.
(3)
Cynositra inater'nz medic, fom. % , part. 3,
pag. 871.
(4) Voyez ci-dessus, pag. 3 et
ô.
~ Partit W.
Dd |
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![]() |
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de la Roche-
. , , -,
,
, * A
T, .
■*.,
parmi
les plus hautes de toute cette chaîne. J ai dit que ces montagnes de granit étoient
environnées de %
toutes parts d'autres montagnes dont la masse entière,
>
ou du moins les parties élevées et les
sommets sont
formés de pierre de sable
rouge. Dans ' ce dernier cas les bases^ sdnt Composëës de schistes
ferrugineux, mêlés quelquefois de grosses masses de marbre , comme nous
aurons occasion de l'observer en parlant des environs de Schirmeck. Je
remarquerai que lu ne de ces montagnes de pierre de sable, appelée le
grand Donnon (i), ne le cède
pas en hauteur au champ du Feu, montagne de granit qui est vis-à-vis, dans
le comté du Ban de la Roche. Le sommet du Donnon est formé d'un banc
considérable de pierre de sable, divisé en plusieurs lits minces, qui
renferment beaucoup de galets (2). Un de ces\galets que j'ai détaché de la
plus haute sommité de cette montagne, porte une légère trace
d'or.
On ne voit pas d'où seraient
venus les détritus qui auroient produit un granit de seconde formation
dans le Ban de la Roche, puisqua une grande distance à la ronde, on ne
trouve p-jint de cette espèce de pierres, et |
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(1) Le Donnon est situé
au-delà de la rive gauche de la Briïsch dans la principauté de Salin ,
ferre d'Empire. Voyez la note ci-dessus, pag. 3.
(2) On trouve de ces
pierres, renfermant des galets, sur une grande partie des montagnes des
Vosges. M. Guettard les avoir, déjà remarquées au haut de la montagne
de Saverne, en 1763. Cette observation est, consignée dans un mémoire
qu'il lut, à cette époque, à
l'Aca-demie. |
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( 211 )
que la hauteur des montagnes de
ce Ban , ne permet
pas de croire que les montagnes
voisines, beaucoup ^omU'iili plus basses, aient
pu contribuer par leur destruction à la formation de ce granit du comté de
la Roche. Je serois presque tenté de rapporter à la même époque la
formation du granit, du schiste et de la pierre de sable dans ce canton,
et je crois avoir trouvé sur ces substances des indices sufjisans de leur
ancien séjour sous les eaux. Je dirai plus, il me semble prouvé que toutes
les hautes chaînes de montagnes ont été couvertes par les mers. Les
couches de sable durci renfermant des amas de galets, trouvées sur le
sommet le plus élevé d'une des plus hautes montagnes des Vosges; les
masses de marbre , remplies de corps marins, observées dans celles de
ces montagnes , dont la base est formé de schiste ; enfin les marques non
équivoques de fa formation clu granit par les eaux sur les plus hautes
cimes : tous ces faits, joints à plusieurs aunes petites observations,
qu'il est plus facile de faire que de décrire-, ne m'autorisent-ils
pas suffisamment à regarder comme certain ce que je viens d'avancer, clu
moins pour la contrée dont je parle. Au reste, le granit du Ban de la
Roche est si compacte, si ferme, et son grain si varié, qu'il est
impossible de le considérer comme un granit de seconde
formation.
Avant de passer à la description
dt's mines qui se trouvent dans les montagnes de ce comté, je vais
donner un extrait de quelques anciens renseignemens sur l'histoire de
leur exploitation.
On voit,
par une lettre de l'empereur Ferdinand, en date clu mois de mai i5o8, à Jean-Jacques
Voltz
Dd
ij |
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( 212 )
===== Diétrich deRathsamhausen,
alors seigneur du Ban de la Comté du Ban Roche, qu'il lui ordonne deJbien
accueillir des commis-
de la Roche.
.
...
..
,
-, . ., i
.
.
saires quil avoit nommes pour
la visite des mines, et de leur laisser visiter, sans empêchement, celles
de cette seigneurie. Rathsamhausen ne voulut point obéir. Les commissaires
s'en plaignirent dans une lettre du i5 juillet i558, et par une autre du
fç août de la même année, ils réitérèrent leurs plaintes,de ce que, par
ordre de Rathsamhausen, on leur refùsoit l'entrée des maisons et les
premières nécessités de la vie. Le 8 octobre suivant, la Chambre.des
finances pour la partie de l'Autriche supérieure, écrivit en vain à M» de
Rathsamhausen 4 pour le réprimander de n'avoir pas obéi aux
ordres des commissaires impériaux,-et d'avoir refusé du bois et des
logemens à ceux qui avoient ouvert des minières. Vers le commencement de
l'année |
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Georges-Jean, comte palatin du
Rhin, duc de Bavière, comte de Veklentz, obtint de l'archiduc Ferdinand
d'Autriche, la permission d'exploiter les mines du Ban de îa Roche.
Cette permission lui fut expédiée par le juge des mines de Sainte-Marie,
au nom de cet archiduc. Il avoit également obtenu, le 6 avril 1079, la
liberté d'exploiter les mines du comté de Hanau, situées en Alsace.
L'empereur écrivit à son vassal Jean-Frédéric de Rathsamhausen
Zumstein, et lui commanda de laisser travailler sans trouble les
mineurs dans le Ban de la Roche, et de leur faire donner la nourriture et
le logement pour de l'argent; il prélendoit en même temps le droit des
mines et celui de les concéder, en sa qualité de seigneur suzerain.
Rathsamhausen s'éleva contre cette prétention. Enfin, le 7 novembre
1-379? aPr^s de longs
débats7 |
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|
Farchiduc renonça à ce droit, et reconnut qu'il
appar-
fenoit à M. de Rathsamhausen, comme étant énoncé , „
,
*
.
i
n- • i n r ^ de la
Roche.
dans les anciennes lettres d
investiture de ce fier. Cette renonciation de l'empereur rendoit nul le
privilège que le comte de Veldentz tenoit de lui; mais ce dernier en
obtint un nouveau de M. de Rathsamhausen même, qui lui permit alors en son
nom d'exploiter les mines du Ban de
la Roche, en se réservant toutefois la dixme. Depuis ce temps les
seigneurs de cette terre ont été imperturbablement possesseurs de ce
droit, qui est aussi compris dans leurs lettres
d'investiture.
J'ai tiré de plusieurs anciennes
notices (i) sur les mines du
ban de la Roche , qui sont conservées, ainsi que les lettres précédentes
dans les archives de mon père, les renseignemens sirivans. » A
Rolhtiu, près du » lieu dit les Sapins verts, il y a cinq filons de mine «
de fer. Au-dessus deSoîhach, sur le nouveau chemin, » on indique de bonnes
mines de fer.
» A Roschhach ou Ranrue, il y a
de la mine noire, » mais qui n'est pas si bonne à affiner ; il faut
chercher * la mine pesante dans la profondeur, et non pas auprès * » du
jour. Si l'on y ajoute beaucoup de pierre à chaux, » on rend la mine
fusible , mais on obtient moins de » fonte-, et dlc est plus
difficile à être affinée. Les mi-» nières de Roschbach et de
Waldersbach paraissent » être construites sur le même filon , et l'on
pourroit en » espérer une exploitation intarissable. Le rocher y
est » noble et tendre, il conviendrait cTy établir une
galerie,
(i) Voici l'intitulé de ces
pièces : Bedcncken uber dus Stcint'uil. Berïckt, vom
ipte':. may1602. Vom BrgverwaltherMaendeîvon
Fïschbach. Ûbertricbcnes Project. Berkht, von 162$^
etc. |
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( 214 )
— » Ce filon est dirigé sur douze
heures.méridien, etc. |
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Comte du Ban „ \n \yxUt du
village de Schœneberg ou coule le petit
de iaRoche.
•
■» i
k n •
» ruisseau, il y a de belles
mines. «
Suivant un rapport daté de 1629
, et une note de-" i633, » il y avoit, à Schœneberg ou Belmont, un filon
»-de mine d'argent, dit de Sainte-Elisabeth; il se par-» tageoit en deux
veines au sol d'un puits, qui avoit » sept toises de profondeur. La
première étoit dirigée >* entre six et sept heures, et fournoit vers
cinq heures■■; » la seconde courait entre quatre et cjnq heures. Il y » a,
dans le bas de la vallée, des filons nobles , dont » le minerai a donné à.
l'essai du plomb et de l'argent. «
Selon les mémes.notices de 1602
et 1629, on expîoi-toit à Wildersbach des mines de cuivre. Le filon étoit
dirigé entre cinq et six heures : voici les termes de cette notice. » Les
dits filons, ainsi que celui qui est » près de la petite Maison,
s'étendent depuis l'ancienne » galerie
longue au travers de la vallée, du côté du » levant, et se joignent
dans les prés vers le moulin ? « le long du ruisseau, et après
s'être croisés vont ensuite » parallèlement dans mie autre montagne, du
côté de » TE. : on a cherché à exploiter ce fifon, en prenant » une
galerie sur une fissure ou séparation de rocher « de vingt-six toises.
Elle étoit dirigée entre cinq et » six heures. On y a coupé une veine de
matière en -> forme de-suie (1), de deux ou trois doigts
d'épais-» seur; à l'essai elle donne de l'argent, et s'étend entre » deux
et trois heures (2). «
à-
■ ^_______________________________________;____________\________________________________________________________________
(1)
Ctîoil sans doute une matière de la nature de celles dont il est lait mention ci-dessus, pag. Î04 et
i55.
(z) 11 résulte.de tous
ces rr.ust'igncmcns, que M. Schoepflin a été |
||
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|
e
Je passe à la description des
mines de ce comté. ==:==■— Immédiatement, derrière Rolliau , s'élève la
montagne ^<>»lle du qu'on appelle Chênut de
Rolliau , elle est boisée .sur toute-sa pente, qui est
médiocrement rapide. Les hêtres et les chênes en occupent le bas, taudis
que les hauteurs sont revêtues de superbes sapins.
C(^ttc montagne est
formée de granit, et des diverses Mir.es 'le fer espèces de roche, produites par les
différentes combi- fil1 f-hc-nui di> naisons des
subtances qui composent le granit, Elle s'élève entre deux vallées
latérales à pente douce, qui Ja bordent au N. N. O. et au S. O. C'est dans
ces vallées et auprès d'elles, que se rencontrent les filons les plus
étendus et les plus puissans. Les gîtes qui se trouvent dans les points
les plus éloignés de ces vallées latérales, ne se soutiennent que
très-rarement en profondeur et en longueur, se terminent en forme de coins
à Ja distance de quelques toises, el ne sont par conséquent
que des coureurs de gazon» quoiqu'ils se montrent au jour par de nombreux,
.affleuremens. *
Le filon des Huzzards, qui est
un filon principal du Mine de f« Chénot de Rothau, se trouve dans
le voisinage de la plus basse de ces vallées, dans laquelle passe la
Ro-thaine, et que l'on pourroît appeler la vallée de Neuwil-ler ou de
Naswiller, du nom des deux principaux villages qui y sont situés. Il
.est.dirige sur quatre heures quatre huitièmes septentrion, etde-là,
comfne ou peut le voir par les travaux, il traverse cette vallée
latérale,
induit en erreur, lorsqu'il a
(î\é à l'année 3723 l'époque de l'ouverture des mines de 1er de Roîhau. \
oyez Als.u'u illustrau, loin. 2 , pao. 206. Il est vrai que les
travail \ en Huent repris à cette époque, mais on voit qu'elles avoient
été exploitées Joug-temps auparavant. |
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auquel les mineurs du Ban de la
Roche ont donné le nom de minette. Comme on laisse subsister cette
minette , et qu'on n'attaque pas le filon jusqu'à la roche latérale
du toit, je ne la connois pas, mais selon toute apparence, elle est aussi
du granit. En générai, le mineur de Rothau appelle minette, une
mine pauvre, composée en grande partie de la roche des parois, et d'un
mélange de minerai de fer. Cette mine est ordinairement atii-rable à
l'aimant; souvent on diroit que c'est le rocher latéral, qui passe à
l'état d'une mauvaise mine de fer ; souvent aussi elle diffère fort peu de
la niine.de fer Plusieurs espèces de cette minette du Ban de la
Roche, ne soht, comme je l'ai déjà dit, qu'une sorte d'éméril, dont on
pourroit se servir pour aiguiser et pour polir. Les anciens a voient
exploité ce filon par le puits des Huzzards , dont je ne sais pas
exactement la profondeur, parce qu'il étoit presque entièrement comblé
lorsque je visitai cette mine. 11 y a quelques années que je fis prendre
au jour une traverse, qui atteignit le filon |
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à
soixante-cinq toises ; maintenant on le poursuit par ======
un
travail ascendant, et par aifférentes strosses. Comme Comtt'*
(]l1 lîan
le puits est a peine éloigne de
dix-sept a dix- huit toises
du point où l'on a atteint le
filon qu'on a déjà exploité -•"
à la suite de la traverse, par
une extension de dix toises,
à la rencontre du puits ,
celui-ci communiquera bientôt
avec cette extension. Environ à
six cents toises du puits
des Huzzards, il paraît qu'on a
fait des travaux sur le
même filon. A ce point, où il
se. trouve déjà éloigné du
vallon de la Rothaine, il se
partage en veines, qui se
réunissent ensuite dans un puits
profond de six toises.
Au sol de ce travail le filon
est puissant de quatre à cinq
pieds,
mais il consiste en grande partie en pyrite et
en schiste bleu jaspeux. 11
contient dans son toit huit
à dix pouces de belle mine de
fer, pareille à celle du
filon des Huzzards, auquel il
est semblable pour la nature
de son mur et par sa
direction.
Sur le devant de cette même
croupe, il y a encore Mine de fer de une seule minière, par laquelle on
s'est un peu avancé fet dans l'intérieur de la montagne. L'endroit où
elle, est située est appelé, par les habitans du Ban de la Roche, Coût elle ou Cotellc. Pour
atteindre son filon, on a percé du jour et du côté du midi une
traverse de vingt-six toises. Le
rocher, dans toute cette traverse, est sauvage et schisteux, Ce
travail a conduit sur deux veines. Celle qui pénètre dans le Chènot
est en grande partie stérile et
composée de minette et de schiste. L'autre, qui est vers la
Cot.elle, a dix-huit pouces de bon minerai. Un schiste tendre recouvre le
toit; mais on ne peut reconnoître le véritable mur, parce qu'il . est
revêtu d'une forte couche d'émeril. Dans cette
Partie IV.
E
e |
||
|
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||
|
|
||
|
( ai8 )
======= minette est éparse
un peu de mine de fer; on a de la
Comté du Ban
pcjne -d- distinguer à l'œil, dans
le minier, la roche
de lu Roche*
, .. ,,
. . , .
.
,
stérile
davec le minerai, mais en se servant du pom-
terolc (tf/f/ei.sni ),
il est facile de la reconnoître parce que le coup frappé sur le schiste le
blanchit, au lieu qu'il rougit le minerai. A chaque minière il y a une
cabane avec un banc à trier où
l'on sépare du rocher .■qui s'y trouve mêlé le minerai qui arrive au
jour, ou le conduit de là aux
fonderies sans être grillé.
Le minerai se paie à raison de
3 livres 16" sous jusqu'à 4
livres par eu veau (1).
On a
trouvé un grand nombre de coureurs de gazon au milieu et au sommet du Chénot, auxpoints
les plus éloignés des vallées latérales. Les mineurs les stsveut
pendant quelques semaines, et
les abandonnent lorsque le
minerai disparoît : leurs travaux ressemblent en quelques endroits à des taupinières. Le
minerai qui se trouve
immédiatement sous la terre végétale est ■■■caverneux et mêlé avec
du quartz et de la pyrite. Cette
dernière se trouve communément décomposée et convertie en ocre
rouge.
Vallon de Lorsqu'on s'approche
de la seconde vallée latérale, Minguette. nommée Mim;uetie, on retrouve,
le long de la rampe douce cîu Chénot
qui suit ce vallon , des gîtes de
minerais qui s'étendent
plus au.loin.
Mine de
fer On arrive d'abord aux travaux du Chénot de Mîn-du chénot de guette, ouest placé le second
filon principal de cette
^in^ueUt1.
"
i
,
• i
.
'■'.•■•
croupe de montagne; u se
partage en quatre veines |
||
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||
|
(s) Le
cuveau ou mesure de uiine couûeni , l'un dans l'autre ,.sept cent cinquante livres de
ruinerai... |
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|
( ûio )
parallèles %
e11îï toutes
seul. iK'i>î:v , mais
souiliVes de ■—~-m rites. On nc-n
exploite (aie n\ ux. Sur la droite . à ' " nîillc toises environ de Mmgnetle. est
un puits de quatorze ioises de prof ui-:îeur . on l'on a
pratique une extension longue
de dix toise:;. Le-; minerais qu'on vu
evlr.iit sou! bruns,
mêlés tic sable et d'argile
jaii!!>.\ Le toil (-1 le mur consistent en granit doux,
que les mineurs du
Bi\n de la Roche appellent i!c la pierre <K* sable. On v
\oit à peine
f{»el(|iKjs pai'tiruies de i::i«\i piè.-. du filon, oi! ce granit est beaucoup
|Ju:> deuv f:'ie lorsqu'il s'en éloigne. ! a secoiuie veine a été
c\j>loit<;e par une nouvelle galerie : eilo est puissante
dv dvux pieds, maïs le
minéral ne s'y soutient pas. Les anciens axoionl passe .sur ces travaux un
peu plus liant, par m e galerie dans laquelle ils aboient fàil six petites foncées, mais
jamais ils n'ont perct* les milieux stériles. Si Ton
con-tinuoit la galerie n(tu\ élit n;v nt conr^enccW* , cmi Ira-verseroit tous ces milieux, el l'on tireroit en même temps beaucoup de minerais Ici le
filon a de chaque côté des épontes bien marquées. Le \rai toil
est un granit doux et
mon en ])Ui(K\ Ou le reconnoilroit à peine pour tel, ai le rocher des parois n'en étoit
entièrement'composé; d'ailleurs ce loi t. souvent revêtu de minette Vouge, se laisse rarement
apercevoir. Le mur consiste en
un mélange très-lin de (juartz et de î'cld-spatli assez dur. dont le grain
devient prescju*in-visible
près de ce lilon. Le minerai est i»«uii;eâlre et schisteux, et il a la même direction qi:e
toutes Ich
veines du Chénot. On a
même j'àit à Mlnmielte. s'i»-ces veines ; un travail
superflu, qui ne vaul pas la [ue j'en fasse mention.
E e
ij |
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( 220 )
Je passe
maintenant aux mines situées dans la Comté du Ban
<,C)1^e fe Minguelte ou dans le second
vallon latéral. .
.
M s étend, entre deux pentes douces
du N. au b., en
Wallon de ,,,
A
.
,
, ,.
„
,
.
(o s
élevant environ dans la direction cloue heure et (U> f(r demie, ci
devient-un peu plus rapide vers le sommer. On y trouve une galerie dont la tête
est à présent éloignée du jour
de cent quarante toises. Elle a rencontré à treîUc-quaire toises environ, un
filon dont la direction est
presque parallèle à celle du vallon et qui est incliné vers l'ouest. On en a lire
un minerai de fer caverneux,
brun et noir. Une foncée d'une (oi.se |
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1 on en a arraché beaucoup de
minerai.
'Environ
à huit toises plus avant clans.la montagne, on a creusé une seconde foncée de la même
profondeur. Le filon dïsparôît
dans le toit au sommet de la galerie, maison le voit encore au sol
clans le mur, On a rencontré ici
de la mine de fer noire avec de l'hématite et des morceaux de mine de.fer sablonneuse
blanche (1). Un nid qui
s'est trouvé au sommet de cette galerie a donné du mulm noir et de la mine de fer
micacée de la même couleur; au
reste la galerie n'a pas "été poussée jusqu'au filon sur la même
heure, à cause de la dureté du rocher
; elle est tortueuse, de manière que l'on n'a atteint le filon principal qu'à cent douze
toises du jour. On s'est étendu sur ce filon du S. E. au N. O. par des
extensions. Dans la première,
qui va vers le Chénôt, le minerai ne s'est soutenu que sur une longueur de
quatre toises et à une
élévation de dix pieds au-dessus du sol de la galerie. 11 a été coupé en cet endroit
par un rocher
(i) Voyez ci-dessous, pag. a29. |
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■{ |
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pourri et savonneux. Le minerai
n'y étoït point pyri-teux, et le filon s'y trouvoit puissant de deux
pieds.. On l'a poursuivi à quatre toises au-delà ; il est encore
très-régulier ; une argile blanche et fine larme son toit et son mur. Il
est vraisemblable que si on eon-linuoil cette entaille , on trouverait
bientôt de la mine, car, d'après mes observations, les gîtes de mine de
1er, lorsqu'ils méritent le nom de liions, ce qui
n'est pas très-commun , ne restent point stériles sur de grandes
distances. H a été fait dans cette extension, à quatre toises de l'endroit
où Ton a atteint le principal filon , +me foneéerde dix-huit pieds de
-profondeur sur une longueur de vingt-quatre pieds. Elle a été creusée sur
des minerais massifs , dont la puissance n'étoit d'abord que d'un pouce,
mais qui s'est élevée jusqu'à deux pieds. Deux pompes à bras vidoient les
eaux de ce travail ; mais celles-ci devinrent si fortes que ce moyen fut
bientôt insuffisant. La-mine-est puissante de quatre pieds sur le solde
cette foncée; on la trouve bleue, massive comme de l'acier, et un peu
micacée. Par l'extension qui est dirigée vers le N. O. , du côté de
Remiancôte, on a poursuivi le filon sur le même sol dans une longueur de
trente toises ; il a continuellement conservé la .'même, direction et
inclinaison ainsi que ses épontes. A cette distance on a commencé urt
travail à échelon ou des'strosses. ascendantes qui.sent, pratiquées sur
une hauteur de cinquante'pieds. ATex-trémité de chacune de ces strosses V
on a suivi le filon par des entailles particulières, dont la supérieure a
été continuée sur une longueur de trente toises. Oira, contre mon avis,
abandonné l'inférieure. Les minerais |
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( 222, )
y sont
puissans de trois pieds, mais par-tout très-pyri-, ,
teux,
quelquefois même ce n'est autre chose que de la
de la Ruche.
.' *..
.}-
■ .
.
...
\
.
pynte. Si 1 on poursuivoit
cette entaille encore de vingt toises
environ , il est probable qu'on obtiendroiL de beaux minerais,
parce qu'il se- trouve au-devant deux puits dans le sol desquels on en
connoît dix-huit pouces. On ne voit au
toit une de la minet le'et du schiste pourri ; mais sur le même
mur on trouve à plusieurs reprises du quart/ compacte , et communément
aussi du granit mêlé de pétrosilex brun. 11 est facile de commencer à cinq toises au-dessous de ces
travaux une galerie par laquelle ils seroient délivrés des eaux qui
les inondent. J'aurais souhaité que Ton eût prolongé l'entaille de la galerie principale dans la
même direction sur laquelle on avoit traversé le filon-
principal, parce .que fouauroil coupé
par ce moyen et recherché |
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dans la
profondeur difFérens filons qui sont inclinés vers la vallée,
particulièrement ceux du. haut Bacpré, de Remiancôte et du Spatzberg, dont je ferai
bientôt mention. Plusieurs
ouvertures au jour ont 'déjà été faites sur ces filons, qiii ont
fourni à la fonderie de Rothau de
très-riches minerais. Il est ici très-compacte, rougeâtre, bleuâtre
et aciéreux, ayant le brillant-métallique.-On •■ a laissé ces mines
encore puissantes dans
toutes les foncées ; elles ont au moins dix-huit pouces et paroissoient , quand il
fallut abandonner les
travaux, devenir abondantes dans la profondeur, et s'y annohlir encore davantage.
Mes observations sur la première lettre de M. de'Trébra, sur
l'intérieur des montagnes (i),
concernent-la
minière
(i) Pag. S, 6 et 9. \ -.;■'■ |
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que je viens de décrire. Le
minerai qui en provient se ------ *^-~r--
. paie au mineur 4 livres le eu veau trié.
Comte du Ban
de hi Roche.
En montant au-dessus de.la
pente occidentale du ... , ,. ,
1
Mme dt* fer d<>
vallon latéral nommé Minguctte,
on parvient à Remian-côte, autre pente dans laquelle se trouvent
différentes exploitations. Les minerais y sont en grande partie compactes commode l'acier, bleuâtres, ayant
le brillant métallique, et mêlés de temps en temps avec du
feld-spath et un peu de quartz. Le principal filon de Remiancôte s'étend au travers de la croupe
de mon-tagne vers Minguetle, et c'est probablement le même filon de
pyrite que «celui de ce vallon ; on l'exploite par une galerie qui a quarante-huit
toises de longueur; il se dirige comme à Minguette. A remaille les
minerais étoient puissans de six à
huit pouces; niais au sol de la galerie je les ai vu épais de
dix-huit pouces en plu-sien, s endroits. Ils se soutiennentrfhns les foncées
qu'on a commencées.- Ce riche filonv qtri se couche
considérablement, renferme des
milieux de pyrites; son toit consiste en un mélange de quartz et de
feld-spath» et contient aussi
beaucoup de pyrite ; tantôt son mur est composé de granit mêlé (le pyrite et de
minette, tantôt il est
semblable au toit.
Environ cinq cents toises
au-xlessous de l'entrée de celte
galerie, on en a percé une nouvelle de vingt-cinq toises de long
sur le même filon. Il y a ici,
comme dans le travail supérieur, des milieux de pyrites compactes ,
dont la .puissance, s'élève jusqu'à six pieds. Quand on a traversé ces milieux , on trouve
que le minerai se -rétablit
derrière et devient abondant. Le toit offre', .de l'argile blanche et, un
rocher de granit»
![]() |
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( "4 )
doux et altéré. Au mur j'ai vu
du quartz, de la pyrite Comté du Ban et du véritable
granit. Le cuveau de minerai est payé aux mineurs 4 livres 10 sous. Sur
toute la pente de Remiancôte on voit des versures (1) de mine de
fer et de vieilles haldes jusque par-devant et vers le nord, où la
montagne s'approche de la vallée principale de Mine de Rt de la Briïsch. Les anciens
avoient commencé presqu'au Chaudron-pré. pjec| fe
ja montagne , dans le Chaudron-pré, diffé-rens
travaux. J'en ai fait poursuivre un jusqu'à soixante et quelques toises,
dans le dessein d'en faire une galerie profonde qui devoit couper les
filons de Min-
______________guette et de
RpmiancôtP- r.eh> galerie eût délivré des
eaux tous les travaux de ces
cantons. On auroit eu au-dessus d'elle une hauteur qui fèroit presque la
moitié de l'élévation totale de la .montagne. Celle-ci se seroit trouvée
ouverte à une profondeur où l'on n'a jamais fait
______________de véritables
recherches ; l'on auroit ainsi rendu cette
exploitation perpétuelle. En
effet on y trouvoit déjà quelques vestiges de minerais ; mais pendant mon
absence les mineurs se lassèrent de percer du rocher stérile ; ces
gens , incapables de sentir Ijitilité d'un ouvrage aussi capital, et
n'étant pas d'ailleurs accoutumés , à travailler pour leur compte aux
endroits où ils ne se croient point dans le voisinage d'un filon.ou sur le
filon même , ôtèrent aux employés de mon père toute espérance de
jamais rencontrer de filons avec cette galerie. On abandonna donc ce
travail, et on laissa Fojiverture de cette galerie se ruiner. Il en
coûterait peut-être beau-# coup aujourd'hui pour la relever et la
poursuivre. |
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(1) Voyez mes notes aux lettres de. Trébra, pag. 19, „
Sur |
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|
f "5 )
Sur la
hauteur, près du chemin, il y a plusieurs =*=—*=* haldcs dont les minières chômaient depuis
quelques (-'<»n.i.« <hi Ban années; la mine s'\>trouvoit d'un brun
noir, caver- tlr uu"thl'-neuse, de.temps en temps tout-â-fait noire,
compacte comme de l'acier,
avec le brillant métallique. Kilo étoit au toit et au mur d'un filon puissant
de d-nx pieds, avec de belles
lisières, et au milieu du Jilon on voyoit de la pyrite compacte. C'est cette
pyrite qui a occasionné la
cessation de ces travaux. La gangue étoit un schiste jaune quartzeux et pyrileux. Ce
filon est incliné, comme
tous ceux de Remiancôte, vers le nord, -par- conséquent -en-sens-
ûroTrt:tt'c/;!-S/miî» |
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rige
sur six heures. La mesure ou le cuveau des mines de Remiancôte étoit payé au mineur 4 livres
10 sols.
Je viens
maintenant aux mines les plus reculées de Mines de fer Remiancôte, à celles de Bacprê, où l'on voit
trois dcBacpre. travaux
diflerens , savoir, la galerie inférieure, la " moyenne et la supérieure,
toutes établies sur le même filon , qui est dirigé sur six heures;
l'inférieure est un peu
tortueuse, et elle n'a rencontré le filon qu'à la dixième toise. Le minerai de fer y
est rouge, puissant de
quatre à six pouces à l'entaille, tandis'que sur les ' stresses.on lui trouve une épaisseur de
douze pouces, ce qui fait
espérer que si l'entaille du sol étoit continuée les. minerais y deviendroient plus
puissans. Cette galerie
inférieure a quarante toises de long; son toit consiste en minette rouge et en schiste
sauvage bleu et jaspeux. Le
mur est composé d un mélange\rès-fin de quartz et de feld spath. La galerie du
milieu a cin-quante-huit toises de long: à l'en taille, le minerai est
puissant de dix à douze
pouces, pur et compacte* et. ---Partie IK.
'
Ff |
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J" ( 226 )
Comté du Ban sa puissance s'élève à dix-huit
pouces , mais le filon
Je la Roche. ,
\ e ^
*. r
• > • *.
1
■
•
s y
couche fortement. Le minerai et le mur y sont si durs qu'il est très-difficile de les
percer. Pour y faire un trou de
douze pouces il faut émousser quinze à dix-huit fleurets. On en arrache de la mine de
fer bleue et compacte comme de
l'acier. La galerie supérieure, nouvellement commencée, a six toises de
long sur le filon même; la
mine s'y trouve aussi riche que dans la précédente, et à l'entaille elle a douze
pouces d'épaisseur ; mais
elle n'y est pas aussi dure. Le toit et le
mur |
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sont
composés-de schiste jaspeux-médiocrement ferme. Ces trois galeries se trouvent éloignées
d'environ quatre toises Tune de l'autre. Galerie de Pour exploiter
ce filon encore^plus profondément,
Rouge-lordon.
Oll avojt commencé à Rouge-Iordon, au revers
de cette montagne , une galerie qui
avoit été très-bien indiquée par un maître mineur ; mais on a
pareillement abandonné ce
travail pendant mon absence. Le cuveau de minerai de Bacpré est
payé 5 livres au mineur. Mine de ferdu Des mines de Bacpré on vient
aux travaux du Spatz-
Spatzberg. berg, où
l'on a atteint, par une traverse de trente toises, le filon sur lequel a été faite une
extension de soixante-dix
toises de long; de là on a encore poussé dans le mur un travail d'environ dix toises
, où s'est rencontré beaucoup
de minerai riche et-caverneux. Le filon s'étend encore au-delà de l'entaille
de l'extension , mais l'ayant
trouvé stérile pendant trois pieds, et cet îVf
intervalle ne consistant qu'en
quartz, en roche jaspeuse
et en
pyrite, on n'a pas suivi plus loin ce filon. On a donq cessé ce travail pour recommencer une
traverse inférieure |
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à trente
pieds au-dessous, et à la cinquantième toise = seulement on a rencontré le filon, parce
que cette' ira- Omu-ôu Ban verse décrit beaucoup plus de sinuosités
que ne fait la 'u !a Roc!:c<
traverse supérieure. Sur
les deux extensions qui ont été pratiquées à droite et à gauche et suivies
chacune de quatre toises, les
minerais sont puissans de huit à dix pouces sur le niveau du sol de la
traverse ; ils sont enlevés au sommet. Cependant il y a lieu
dVspérer'qu'on trouveront des
mines riches et.abondantes , si on pro-longeoit les entailles supérieures
et inférieures. L'en- * trée
de ces traverses est vers le sud, et
i< |
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dirige vers le couchant sur
neuf heures. Le toit consiste en granit tendre et grossier, ou plutôt
en,sable de granit avec un peu de minette couleur de cendre. Le mur est
formé de quartz mêlé de pyrites, de schiste jaspeux, alternant avec du
granit grossier. Le cuveau de mine du Spatzberg_se paie 4 livres 10
sols.
A Fingoutte, près de Bacpré ,
on a nouvellement Minocïeferde relevé une ancienne galerie dont l'entaille
est à la dis- * tance de seize toises du jour. Ce filon y étoit puissant
de deux pieds; mais il consistait en grande partie en qnartz, minette et roc de sable granitique.
Il y a encore à la
vérité sur le mur quatre pouces de mine pure, mais comme cela ne paie pas les
frais, on ne prolonge pas la galerie, seulement on enlève le massif
que les anciens ont laissé. Ce' filon est le même que celui qu'on exploite
à Bacpré ; il a la même direction. Son minerai et le mur sont comme dans
la galerie inférieure; la seule différence qu'on remarque c'est que
le toit est composé ici de granit
tendre ou de pierre de sable granitique. Environ à trente toises de
celte |
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( 228 }
=====
galerie , le filon se partage en deux veines, comme on Comté du Ban peut le voir par les vieilles
haldes;,mais les modernes
de la Pvoclu-.
«
♦ ,
.
,, i i. i ,
nonl point encore établi de
travaux sur ces veines, quoique ce filon s'étende jusqu'à la foret de
Solbach , où l'on en a reconnu les affleuremens par les différens trous
que l'on y a faits.
Vallon de Dans la vallée
latérale qui s'étend plus loin vers l'O. Samt-Nicoîas. parallèlement à
celle de Minguette, et qui s'appelle la vallée de Saint-Nicolas , on a
fait autrefois • différens travaux, sur des mines qui étaient fort riches;
l'un d'eux Mine de fer de se trouvoit à l'endroit nommé la Pierre
taillée, vis-à-IaPierre-taillée, vls de Saint - Nicolas ;
on y avoit pratiqué différentes galeries et puits. Ces travaux ont tous
élé abandonnés eji i y85, quoiqu'on eût pu les soutenir à peu de
frais,. autant que je me le rappelle. On a ensuite pratiqué dans le
voisinage une galerie de'.quarante-deux toises sur un filon principal , et
par cette galerie , on a coupé à treize toises du jour une petite veine de
mine de fer bleue , mais qwi à l'entaille comme au sommet , s'est
terminée en forme de coin. A quatre toises plus loin on rencontra le filon
principal que je trouvai encore en exploitation, et conservant la plus
belle apparence. A l'entaille de la galerie et sur la première strosse, il
étoit puissant de dix-huit pouces , presque perpendiculaire et dirigé
vers le couchant sur neuf heures. Le toit montroit du granit sablonneux,
et le mur du quartz et du fclcî-spath rougeâlie. On en tiroit une
mine de fer.d'un brun rouge: le cuveau se .paie o livres au
mineur.
*
Minedeferdu En descendant de
Saint-Nicolas dans la gorge, v-inckler. on aVoit
anciennement exploité à Tendroit nommé |
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( 2*9 )
Wincîder, des mines dans une rochç mélangée de
— |
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quartz solide et de
feld-spath. On n'aperçoit plus dans Comté du Ban
cette
roche les particules de mica que renferme le
rocher,
éloigné du-filon. La mille de fcrefoit bleue,
compacte comme de l'acier, et
fort riche; mais la roche
se montrait trop sauvage-pour
qu'on pût,espérer d'y
trouver des filons soutenus ; on
avoit rencontré près
du jour
des minerais puissans de douze à dix-huit
pouces,
mais qui bientôt se rétrécissoient et se ter-
minoient
en coin. Le cuveau de cette mine est payé
4 livres 10 sous au
mineur.
La plus éloignée de toutes les
mines dont j'ai parlé jusqu'ici, n'est pas distante de Rothau de trois
quarts de lieue, et plusieurs sont à demi-lieue tout au plus: presque
toutes se trouvent situées dans le fînage de ce lieu. Quoique les autres,
villages de ce comté ne soient pas si riches en gîtes de mine de fer,
on y en trouve cependant qui méritent quelque attention.
Il y a
à Waldersbach , dans le village même, un filon Mine de fer de principal dont on a retiré autrefois une
mine de fer d'une espèce toute
particulière. Elle est d'un gris blanchâtre ou jaunâtre, d'une texture grenue,
sabloneuse au toucher, et-par son aspect terreux, ressemblante à de
la molasse: elle donne
beaucoup d'excellent fer. D'après l'analyse qu'en a faite M. Schreiber
directeur des mines cTAUemont,
elle perd 02 livres par quintal au grillage: elle y noircit et devient en grande partie
attirabJe à l'aimant. Fondue
dans un creuset brasqué avec du charbon ou des substances susceptibles
d'absorber l'air vital, avec
du verre et du borax piles . elle rend au quintal, 34 livres de fonte grise qui ne
casse qu'avec |
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( 230 )
:—-
de la Roche.
,
l
l
Un
paysan de Waldersbach avoit creusé dans le village une traverse de cinquante toises de
long , par laquelle il avoit
atteint ce filon et il étoit parvenu à obtenir dix-huit pouces de minéral à
l'entaille. Ce miné-rai étoît jaune et d'un brun noirâtre,
environné de beaucoup d'ocre
martiale; il se irou voit clans un rocher sablonneux. On s'est étendu des deux côtés sur
le filon à la distance de
plusieurs toises, et à main droite on a creusé une foncée où les eaux devenoient
trop abondantes pour qu'on
pût les épuiser à-.bras d'homme» J'ordonnai à ce. paysan de commencer
au-dessous de cette traverse, près d'un moulin qui est situé à cet
endroit, une galerie profonde qui,
dans le cas où l'inclinaison du filon serait demeurée la même,
devoit le rencontrer à la cent
douzième toise, et à dix toises perpendiculaires au-dessous du sol actuel.
Cette galerie avoit, à la fin
de 178S, cent cinq toises de long sur quatre pieds ^e large, et sept pieds de
haut; ainsi'elle n'étoit plus,
selon toute apparence éloignée du filon que de six à sept toises. Autant qu'il m'en
souvient, ces travaux ont été
abandonnés au moment même où ils promettoient une exploitation riche et
durable; il est vrai que ce
travail eût été coûteux ; car , pour le continuer , il eût fallu creuser un puits au-dessus
de l'église, autàttf pour
procurer de l'air aux mineurs dans la galerie profonde , qu'afin de pourvoir à
leur sûreté , parce que cette
minière sera toujours dangereuse, à cause de la force des eaux et du rocher
pourri qui s'y trouve. Le
filon s'étend sur trois heures, direction
dans |
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( 23! )
laquelle il est maintenant
exploité; maïs il ne la con-
, l ■,. .
i a ,
i
.
• i• tle
la Roche.
présente le jette de cote et
change aussi son inclinaison. A l'entaille de la galerie profonde ,
on avoit à. la fin de l'année 1785, de la pierre de sable solide et des
eaux très-fortes, ce qui étoit de très-bon augure. On voit par les
renseignemens cités plus haut, que les anciens avoient déjà pratiqué en ce
lieu une galerie profonde; et l'on ne peut douter que ce ne fût sur le
même filon, quoiqu'ils aient indiqué sa direction sur douze heures ; je
viens de montrer la cause de cette différence; car il n'est pas ici
question d'une direction principale , mais seulement d'une direction
locale et momentanée.
En remontant de Waldersbach à
Schœneberg , ou Mine de fer Belmont, on trouve aussi des traces d'un filon
de mine «le Belmont. de fer, et cela assez près du village, à cent pas
environ du chemin qui mène de
Rothau à Belmont: la seule roche, pour ainsi dire, qu'il y ait aux
environs de Belmont, est du granit solide. J'ai fait suivre les indices de
ce filon sur quelques toises dans du mica de fer compacte , attirable à
l'aimant „ et d'autres mines de fer
jaunes et brunes très - pauvres. La roche n'est pas devenue plus
tendre , et la mine sVst resserrée ; on a donc abandonné ce travail. Je
n'ai pu trouver à Belmont-aucune trace des filons de mine d'argent dont il
est parlé dans les anciens mémoires que j'ai cités plus haut.
Différentes veines dans
lesquelles on voit au jour des Mine de fer de mines de fer
bleues, métalliques, très-compactes et Wilde |
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■■ =■
( 2.32
)
ComteduBan trent dans une
petite gorge dépendante du fi nage, de Wiidersbach, et dont l'ouverture
est dans le vallon latéral delaRothaine et sur les pentes des montagnes,
au bas desquelles se trouve cette gorge. Ces pentes sont uniquement
formées de granit ou seulement de deux de ses parties constituantes
intimement mêlées. Les veines dont nous venons de parler n'ont
communément que deux à trois pouces ; mais quelquesfois elles
s'élèvent à la puissance d'un pied. La plus grande partie de ces veines
est dirigée sur six heures. Quelquefois il y a çà et là de la minette et
du granit sablonneux sur les parois de ces petits gîtes de minerai ; mais
en ces endroits les veines.paroissènt plus durables et plus riches.
C'est ce qui a lieu particulièrement à une minière située vis-à-vis de
l'emplacement de la vieille fonderie qui se trouvoit dans la gorge de
Wiidersbach. On s'étoit assuré de l'existence d'un filon en cet
endroit ; quatre strosses d'affieureurement assez éloignées les unes
des |
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|
(i) Je me suis souvent servi de ce mot dans le
cours de cet ouvrage, et comme il n'est pas très-usité-, et qu'il ne se
trouve- point dans les dictionnaires ordinaires, je joins ici une
note qu'un savant a bien voulu
me donner à son sujet.
.
Le mot d'Éponte , usité en
minéralogie, est un terme grec qui paroit formé de la préposition mi
, qui répond à sub super , et in des Latins ; et du
participe présent du verbe substantif ùfti , qui en grec répond au
sum des Latins, m , génitif «»ra? : de manière que la
préposition se composant avec le participe, le résultat sera t7tm ,
génitif ÈîTavroî^qui est dessus , dans ou dessous , et répondra au
substantif François couche intermédiaire. C'est ainsi que le mot
èpitkalame y chanson pour des nouveaux mariés, se
forme d'tT<, et de S-wa^sî,
lit nuptial.
autres. |
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( 233 )
autres. Le filon couroit sur trois
heures quatre hui- ^=r--- |
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||
|
tièmes; ainsi sa direction
n'étoit pas semblable à celle (-on»««; du H
des autres veines. J'espérais (jue.ee iilon, dont la roche (H
'*itK( '' latérale étoit douce, se mainticndroil
pendant un certain
temps dans la profondeur, elré\énemen( confirma mon attente. 11
renferme des minerais de la même espèce que les veines dont je parloîs
tout-â-l'heure. .
Dans le même finage, en
diflerens endroits, et prin- Min, .!• <•:,;, cipalemenl à Haulperheux,
on découvre au jour des <1(1 {ï"1**îj * * ' affieuremens du filon de mine de cuivre
dont il est. " fait mention dans les notices (j j que j'ai citées;
ils sont dirigés sur six heures. Près
du ullage de Neuwiller on voit
clans la même direction des ailleuremens de mine de cuivre, mais je
ne puis assurer positivement qu'ils soient une continuation du filon de
Wildersbach. On rencontra ce filon par
un (rou d'affleurement sur la hauteur de Wildersbach, au N.
de cette gorge,, en voulant faire'des recherches, sur un filon de
mi lie de fer; maïs on le
recouvritausitôt, parce qu'on ne cherchait pas de mine de cuivre. Les anciens
ont creusé un puits vers la partie septentrionale du
village, et Ton peut encore y voir
les restes d'une haIde,,On y trouve du quartz , de lamine de cuivre
en forme-de poix%,du. vert
de montagne, et du mica de fer. On a aussi rencontré ces mêmes
espèces de minerais -dans un puits fait à Neuwiller. Si on vouloit
entreprendre par la suite
-
quelque travail sur ce filon,
on pourroit, pour le chercher, prendre une traverse au.pied de la
iiï'ônlagne sur laquelle on a fait des ouvertures
d'aflîcurcnr.cni.
(0 Voyez ci-dessus, pau,. 214.
\
—Partie IF\
'
G e v |
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i)v la Roche. ,
. , , .
, , --V
a courir le ciiien-ci.a^Jngir. ' "
Différentes autresjmupes de fer
ftftirnissent du minerai aux forges de fCotîiau ; mais elles viennent des
terres de l'évéché et de la ville de Strasbourg, et non du comté
du Ban de la Roche. Nous en-parlerons incessamment.
Parmi le,grand nombre de mines
de fer que j'ai visitées en différentes parties de l'Europe, c'est encore
dans celles du Ban delà Boche que l'exploitai ion est la moins * vicieuse.
Comme elles se trouvent .pour la plupart sur des hauteurs, on peut pousser
sur le même filon plusieurs galeries les unes sous les autres, et par là
sortir commodément les rainerais avec les chiens. La roche s'y trouve
communément ferme, mais dans les endroits où elle est pourrie, on étaie
les travaux, quelquefois même avec trop de bois, parce que l'on en fournit
aux mineurs, des forêts du comté, autant qu'ils en demandent.
Cependant comme le bois renchérit de jour en jour, et qu'on peut
commodément le "flotter par la Brusch dans la plaine, on sera bientôt
forcé d'adopter le muraille-ment. On
ne peut encore espérer de voir faire des exploitations régulières
sur des filons de mine de fer. Sitôt que le minerai cesse, on abandonne
les entailles, et comme Ton ne veut percer aucun;milieu stérile, on avance
très-rarement dans la montagne, et beaucoup plus rarement encore
descend-on à une grande profondeur. L'abondance de la mine et le prix
des fers empêchent qu'on n'emploie dans ces exploitations les
grands moyens dont on est forcé de faire usage quand les travaux?
pénètrent dans les profondeurs. |
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( 200 )
On a plusieurs exemples de mines
de fer isouvécs •-•- ' -■■•■"-' :: dans du
granit; mais je pense qu'en peu dVndroils il
t-'iniU'( M t>n:i
s en rencontre aussi
généralement quau Ban de h\ Roche. C'est dans les montagnes calcaires
que les mines de fer sont les plus abondantes; elles y.forment
ordinairement de grands nids et
de grosses masses : mais
rarement y sont-elles en liions réglés comme quelques-uns de ceux que j'ai décrits dans
ce mémoire. En général les
filons de fer sont, très-minces dans les montagnes de granit.
•On
pourrait peut-être regarder la minette du Ban de la Roche, qui en vtlbt est une
espèce d euieril , comme un
mélange provenant du granit altéré et transformé, et qui s'est
intimement combiné avec une petite portion de mine de 1er. Le quartz qui
formoit une des parties
constituantes du granit avant sa décomposition, .seretrouve non altéré dans ce mélange, en
assez grande quantité. Le grain
de cette minette, qui est ordinairement fin., se rencontre aussi très-grossier
; et en se rappelant qu'il y
entre du quartz, on concevra aisément pourquoi elle fait feu au briquet et
raye le verre. On sait qu'en général l'émeril est mêlé de beaucoup
de mica , et qu'il se trouve
ordinairement avec des feïchtcui etgnifîstein ;dMïo\{-\\
dans les pays étrangers la
même origine que je suppose à cette minette?
Dans la description que nous
venons de faire des difFérens liions
du Ban de la Roche, on peut avoir " -' été''frappe de la variété de
leurs roches latérales, quoiqu'ils soient tous dans dus montagnes
granitiques simples ; mais ce qui donne lieu à une observation
plus digne d'attention encore,
c'est que le? proportions
G g
i; |
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=r=r=s=: des parties
constituantes de ces roches latérales varient
Comté du Ban subitement sur un
même filon; non-seulement elles
diffèrent du toit au mur, mais
elles changent aussi dans
les mêmes parois; enfin ces
diversités se multiplient à
de petites distances et sur
differens niveaux.
Fut -es et four- Les
forges et fourneau de Rothau sont situés dans nrauik'Rtithau.
|e comté du Ban de la Roche, à une lieue et demie N. du château
de la Roche, paroisse de Rothau. Ils appartiennent à M. le baron de
Dietrich, comte du Ban cle la Roche. Il existoit anciennement dans cette
terre une forge 'très-considérable avec toutes les usines en dépendantes ;
elfe fut abandonnée vers Je milieu du dix-septième siècle, à la suite des
longues guerres qui désolèrent l'Alsace, et par la mauvaise administration
des gens d'affaires des princes Palatins, qui possédoient alors ce
fîefrojal. M..d'Angervilliers, intendant d'Alsace , à qui le roi a
voit accordé, par lettres-patentes du mois d'août 1720, à titre de fief,
les terre et seigneurie du Ban de la Roche, demanda la permission
d'en rétablir les forges ; elle lui fut accordée par lettres-patentes du 3
avril 1724 (1), regislrées au conseil souverain d'Alsace le 24 du même
mois.
(t) Voici le dispositif de ces lettres patentes
: Pour ces'causes et autres ,
etc. lui avons permis ^à M. d'Angervilliers) de rétablir dans
ladite terre, fief et
seigneurie de Zumsiein , autrement la Pierre ou Ban de la Roche, îa forge qui y existoît
anciennement et toutes les
usines en dépendantes , eu tel endroit convenable qu'il jugera à
propos, pour en jouir par lui
ou ceux qui lui succéderont, de même que de ladite terre , .conformément aux
lettres d'investiture du mois
d'août 1720 , et aux baux , faits et à faire , comme aussi de couper les bois nécessaires, tant pour la
construction des bâtiuiens que
poui•l'établissement et entretien de ladite (orge ; faisant sa
Majesté défenses au
grand-maître et aux oiEciers de la maîtrise. |
||
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||
|
La
réputation dont jouissent les fers de Rothau a occasionné différentes contre/actions des
empreintes Comté «lu Ban dont
on ies marque. En conséquence M. le baron de tl('laPmhc-Dietrich a eu recours au conseil, qui a
rendu, sur sa requête, le 16
août dernier, l'arrêt que nous transcrivons ci-dessous , qui l'autorise à
marquer exclusivement
d\m poinçon distinct les fers de Rothau (1). Cet arrêt a été revêtu de lettres-patentes le
24 septembre suivant.
Le
fourneau de Rothau produit par année onze à
où lesditcs usines seront
rétablies de les troubler. Si donnons en mandement à nos a mes et féaux,
les gens tenant noire Conseil supérieur d'Alsace, séant à Colmar, que ces
présentes ils aient à faite
rogistrer, et du contenu en icelles, jouir et user, ledit sieur Bau\n
d'Angervilîiers, ses descendants mâles, nés et à naître en légitime
mariage; sa fille , ses
descendans mâles, aussi en légitime mariage ; de même que de ladite terre,
fief et" seigneurie, et conformément aux Lettres-Patentes du mois
d'août 1720, dans le cas et aux charge»--et cmiditkms y exprimées,
-pleinement et paisiblement, cessant et faisant cesser tous troubles
et empéchemens contraires, nonobstant tous édits , arrêts et
féglernens , auxquels nous avons dérogé et dérogeons par çesdites
présentes , pour ce regard seulement,
et sans tirer à conséquence, etc. Donné à Versailles, le 3 avril 1724, et
registre au Conseil souverain d'Alsace, le 24 du même
mois;
( i") Sur la requêle présensée
au Rot en son Conseil par Jean ,baron de Dietrich, comte du Ban de la
Roche; contenant qu'indépendamment des forges deJaegerthaî et de
Reiehshoffen , situées en Alsace, qui lut appartiennent, il est aussi
propriétaire de la forge de Rothau, située également dans la province
d'Alsace, dont les fers ,.comme ceux de Jaegerthaî et de ReichshotTen,
sont d'une qualité supérieure qui les fait préférer, même pour le service
des arsenaux de sa Majesté, aux fers des autres forges 5 que depuis
nombre, d'années , le Suppliant a adopté une marque qu'il fait
appliquer aux fers fabriqués dans jcs forges , afin que le public
puisse les distinguer de ceux des autres forges, laquelle marque est, pour
ceux de Jaegerihal et de' Reiehshoffen, un cercle imitant le
cor-de-chasse, et pour ceux de |
||
|
|
||
|
|
||
|
( 2.38 )
douze cents milliers de fer en
gueuses de quinze quin-Comte.duBan faux r/une
c]ans l'autre. Les douze cents milliers
con-
cîela Roche.
,
•
*n i
^
1
somment
environ cinq mille deux cents cuveaux de Mine.;.
mine, 4 raison de six cuveaux et demi par
gueuse.
Le
cuvcau de mine, qui a deux pieds de hauteur, dont le diamètre inférieur est de
vingt-quatre pouces, le
diamètre supérieur de dh^huit pouces un quart, ; "'..,' et qui pèse sept cent soixante livres ,
revient à j livres l'un
dans l'autre, si l'on'y comprend les pertes qu'on essuie constamment avec les
mineurs.
Rothau , une R; que plusieurs
particuliers, jaloux de la préférence qu'obtiennent les fers du Suppliant,
ayant imité sa marque, et l'ayant fait appliquer sur de mauvais fers, qui
se sont vendus dans le public, comme provenans des forges du Suppliant, il
auroit, pour faire cesser cet abus aussi nuisible au public qu'au
Suppliant, supplié Sa Majesté de *"
l'autoriser à continuer de faire marquer les fers
provenansdeses forgesde
Jaegerthâl et de Reichàhoîien
de ladiy^marqne en forme de cercle, et de faire défenses à (oùs maîtres de
forge» et autres de contrefaire ladite marque, à peine d'amende, ce que Sa
Majesté lui avoit accordé par arrêt de son Conseil du 7 juillet 1778,
confirmé par Lettres-Patentes du 12 août suivant f et enregistré au
Conseil souverain d'Alsace, le premier septembre de la même année 1778:
mais que le Suppliant ayant négligé de former dans sa requête la même
demande pour ses forges de Rothau , omission qui occasionne la
continuation du même abus pour les fers provenant de cette forge, lesquels
sont journellement contrefaits par l'application de leurs marques à des
fers fabriqués dans d'autres forges, c'est pour l'empêchera l'avenir que le Suppliant a recours à l'autorité de
Sa Majesté; Requérait
a CES causes le Suppliant qu'il plût à
Sa Majesté l'autoriser à continuer de marquer les fers provenans de ses
forges de Rothau, de la lettre R qui est leur marque , comme elle l'a
autorisé à le faire pour ceux de ses fers de Jaegerthal et de Reichshoffen
5 de faire très-expresses inhibitions et défenses à tous maîtres de
forges, marchands de fer, et autres part icul iers, de con trefaire ladife
marque, ni l'ajouter à aucune autre, sous peine de trois mille livres
d'amende , et de la confiscation au profit du Suppliant, des fers qui
auront été reconnus faussement marqués ; et pour l'exécution de l'arrêt
qui interviendra |
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( _î39 )
,
Les douze cents milliers de fonte exigent environ
huit cent soixante-dix bannes de charbon. 11 ne fàlloit
Comte du T
1
r
ii
a
''* 1 ■ t <!<*
l'i R(>( |f;r'
ei-devant pour former la banne
que quatre cordes <ic bois de six pieds de couche et de hauteur,
sur trois pieds et demi de
longueur; mais depuis qu'il faut tirer les charbons de la Lorraine au travers de
plusieurs hautes montagnes, ce qui occasionne un grand déchet, on
emploie, .cinq, cordes par banne (î). Elle est composée de dix cm eaux, cinq desquels se
mesurent raz, |
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sur la présente requête ,
ordonner que foules Lettres nécessaires seront en tant que de besoin
expédiées: et, pour justifier
du contenu en la présente requête, Je Suppliant produit l'arrêt du Conseil
d'Ktat , ci-dessus relaté, du 7 juillet 1778, ensemble les Lettres-Pal
entes i]u 13 août
suivant, et l'arrêt d'enregistrement du Conseil souverain d'Alsace du
premier septembre de la même année. Vu la requête signée Roux , avocat du
Suppliant, et les pièces \ énoncées et jointes ; ensemble l'avis du sieur
de la Galaizière, intendant et commissai.e départi en la province
d'Alsace, et celui du bureau du Commerce; Ouï le .rapport du sieur
Lambert,, conseiller d'fc'fat , et ordinaiie au Conseil royal des Finances
et du Commerce, contrôleur général des Finances: Le Roi en . son Conseil a autorisé et autorise
le sieur de Dietrieh à continuer de faire ma^uer de la Icflre Fv lvs fi-rs
pro-venans de ses forges de Rothau , situées en Alsace, à la charge que
ladite lettre R sera placée dans un cercle fait en forme de cor-de-chasse;
fait sa Majesté très-expresses inhibitions et défenses h tous maîtres de forges,
marchands de fer et autres particuliers de contrefaire ladite marque,
ni de l'ajouter à aucune autre, à .peine de 3ooo livres d'amende et de
confiscation, au profit du Suppliant, des fers qui seront reconnus avoir
été faussement marqués ; et teront sur le présent arrêt, si besoin est ,
toutes Lettres-Patentes expédiées. Fait au Conseil d'Etat du Roi , tenu à
Versailles le seize août mil sept cent quatre-vingt-huit.- Coiïafiomré.,
signé Beugertn\
(1) II faut prendre garde de ne
pas confondre ce que la capacité de la banne de charbon peut contenir de
bois en bûches ou cordes» a\e< la quantité de bois qu'il faut convertir
en chai bon pour rempli». cette même capacité. Une banne de Rothau
renferrwroit à peine utie corde et demie de bois. |
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====== et
cinq comble. Leur hauteur est de vingt-quatre
Comté du Ban pouces et demi,
leur diamètre supérieur de trente-neuf e d
or e' pouces et demi, et l'inférieur de
trente-huit, ce qui donne par eu veau seize pieds cubes et deux
tiers, et par conséquent cent
soixante-six pieds cubes et deux tiers à la banne, si on ne tenoit pas compte des
cuveaux qui se mesurent comble
: mais en les évaluant, la banne de Rothau a deux cent six pieds cubes et un
neuvième, ou ~~$, ce
qui fait ~ de plus que la banne des forges de la
basse-Alsace, qui ne contiennent que cent cinquante-neuf pieds
cubes.
Le
cuveau plein de charbon de sapin, pèse raz cent quatre-vingt livres, et comble deux cent
cinquante; ainsfehaque cuveau
est l'un dans l'autre du poids de deux cent quinze livres. Lorsque le
charbon consiste en un mélange
de bois de chêne et de hêtre, le cuveau s pèse raz deux cent
quarante-une libres, et comble trois cent vingt-sept, dont le terme moyen est
deux cent quatre-vingt-neuf]
#
Ateliers.
La forge de
Rothau est composée d'une grosse forge,
d'une plus petite et d'un
martinet; ces usines affinent, ainsi
qu'il a été dit, onze à douze cents quintaux de fonte. Tous
t;@SLateliers réunis, consomment environ seize cents bannes de charbon., dont une
très-petite portion seulement est tirée de la seigneurie; celles
qu'on achète au-dehors reviennent actuellement à plus de soixante livres chacune, et la cherté du bois
augmente journellement.
Le fer
de Rothau est de la première qualité ; il ne le cède à aucun autre. La manufacture des
armes blanches d'Alsace
s'en passe roi t difficilement, de même que
l'arsenal |
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( 241 )
l'arsenal de Strasbourg. Son
prix plus haut que celui de tous les autres fers voisins, de vingt livres
par millier, C'omU't!u Bau n
empêche pas les ouvriers en fer de le rechercher avec empressement, et de
s'estimer heureux d'en recevoir.
Il y a, tant aux mines qu'aux
fourneau, forges et mar- Om « ici-*. tinets, deux commis, dix-huit
ouvriers à gages, environ quinze forgerons payés au quintal à Raison de
îJsoIs pour le gros fer, et.onzê-sols-pour le fer martinet, et soixante
mineurs, comme nous l'avons dit ci-dessus (i). L'ensemble de la vente
amitieHer de cette forge peut ' Venteannuriie. monter à 18o,ooo iiv.
v
La forge de Rothau éprouve des
difficultés, pour uiJl$. s'approvisionner de
bois: ceux du Ban de la Hoche pou-
{,
vant être très-facilement
flottés pour Strasbourg, devien nent aujourd'hui trop précieux pour être
convertis eiJ charbons*-.HEhV-est obligée de s'en procurer
clans les ressorts des majtrise?Sx4ç Luncville et de Saint -Diez; mais
alors cette forge se trouve en concurrence avec celle de Framont, située
dans la principauté de Salm. Cette usine étrangère, à qui les arrêts du 3
2 mars 1722 et 18 février 1772 , interdisent les bois du royaume, jouit
des droits accordés au prince de Salin, par un ^autre arrêt du conseil du
mois de septembre 1772; lequel au vu delà convention du 21 décembre 1751,
entre ce prince et le roi de Pologne, ordonne Je rapport des arrêts
précédens, et permet en conséquence audit prince, de tirer
desTrois-Evêchés des bois pour sa principauté. Ainsi les
circonstances politiques oui contraint l'administration de laisser un
établissement étranger,
(1) Voyez ci-dessus, pag. 2.84.
Partie IV.
H h |
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enlever la matière première à
une fbrgç nationale et si Comté du Ban importante pour le service du roi,
par rapport à î'excel-
lenle
qualité de ses fers. La forge de Rothau est une 9 grande ressource pour* les iiabitans,
tfès-r pauvres,' du „
-
Bai* de
la Roche ;* d'ailleurs tout le produit de ses ,\;entes
\
reste dans le royaume ; au
contraire, la principauté de' ' Salm, étrangère à la France, profite seule
de l'avantage qu'elle obtient, en
fabricant à Framont des feM avec les bois du royaume dans un temps, ou la
pénurie de cette denrée commence à s'y faire sentir vivement. ._.-■'■ Dro^s.
Ce n'est pas seulement la
concurrence de la forge de t
Framont qui gêne celle de
Rothau, dans l'approvisionnement de ses charbons.On a vu que la banne
revenoit à 60 livres, que cette banne n'étôit pas une voiture d'une
grandeur déterminée, mais une mesure composée de dix cuveaux, dont j'ai
donne les dimensions et le poids. Ainsi les voitures peuvent contenir plus
ou moins d'une banne , et on ne'connaît, ce contenu qu'à leur arrivée à
Tusi ne, où Ton jauge le charbon f>ar eu veaux, et où Ton compte autant
de bannes qu'on livre de fois dix cuveaux. Il se perçoit sur les charbons,
à leur entrée en Alsace un droit de péage, qui, étoit autrefois de 6 sols
8 deniers par banne , en se rapportant à'la Jauge que je viens
d'indiquer.
Depuis un temps immémorial, ce
droit se payoit par les propriétaires des forges, sans que te perception
en eût jamais varié, lorsqu'en 1785^ le directeur des fermes de
Strasbourg imagina tout d'un coup de changer la nature de la perception usitée , et de
faire payer ce droit par voiture, au lieu de le percevoir par
banne, en évaluant la contenance de cette voiture au
quadruple |
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( 243 )■.
de ce qu'elle contient
effectivement (1). Il invoquoit —==^—^^ une ordonnance de M.
dlAngervilliers,-rendue contre- Comte du Ban
1.
,
.
.- ,.,
de la Boche.
.
dictoirement dans une
contestation particulière aux maîtres de-forge de la haute Alsace, et trui
n'avoit pour objet que les charbons que «ces derniers tirent dé la
Franche-(vomté(2). Cette ordonnance étant rendue con-tradictoirement; ne
pouvoit faire loi que pour Jc&.parties intéressées, et ne devoif pas "
s'appliquer-aux maîtres .' 7 L de forgej de la basse-Alsace , qur ne
tirent aucuns .charbon^ de .Franche-Comté ,(3); des motifs
particu-"'"• -<- c 'iiérs d'administration avoient détermine
Tordonnance % de M. d'Angervilliers; elle tendoit à empêcher la sortie. •
|
||||
|
'■i |
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|
des bois delà Franche-Comté
,x qui n'a p,as trop cie-.ceux qu'elle exploite
pour^l'aliment.de ses propres usines. . J\ pette innovation, de la
part du directeur cfes fertnes^, excita les réclamations des
propriétaires-des forges de la basse Alsace, dont les établisseiupns
alloicnt-être grevas de ce "surcroît d'impositions. Dans les mémoires
présentés à Mfele contrôleur-général a ce-su jet, ils observèrent que la
dimension des bannes n'avoit Jamais varié, que les cuveaux se trouvoient
toujours sur la place où le charbon se livre à la forge, et que par
conséquent les commis de la ferme pourraient très-aisément vérifier
les dimensions des cuveaux, chaque fois qu'ils le jugeroient à propos,
Enfin que, s'il étoit permis de
(1) Voyez l'histoire de
la même contestation à l'article des forges de Morvillars, pag. 28, et
sur-tout la note, pag. %'ài).^
(2) Cette ordonnance imposoit chaque voiture du
volume d*une. corde*à 6 sous 8
tlentiers.
(3) Le Baron de'Dietrîch,
seul propriétaire de forges en Basse-Alsace, ne peut par sa position tirer
ses charbons que de la Lorraine ou de rËmpire , et ceux, qu'il prend en
Lorraine , viennent des bois du Roi, dont la valeur a plus que doublé par
Ja cousommatioa qu'en font ces établissement
y---------
Hhij |
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,3 |
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|
C -44 )
==
supposer que les commis des forges von tussent en aiic;-l'iiiiHan nicnler
la contenance, ils ne" poinroient le (aire, sans ue la Rochi*. ^m.
jcs fournisseurs «"en aperçussent, et "sans que
l'ïu-^
teret de ces derniers ne les
engareât bientôt à dévoiler
cette înancçuvre. „ '"" ' *
Le propriétaire *des forges de
IIothau"proposa nommément de
paver à la ferme générale les droits dû roi, , d'après ses
registres-, donl il scroiL délivré; tm extrait signé de ses commis.qu'il
ferait assermenter a cet erïèl, l'exactitude de ces registres pomant être
vérifiée avec ceu\ (jui sont tenus*dans ses bureaux à
Strasbourg.
MV], les fî.-nr/iiTS-généraux
opposèrent'à ces offres un' nou\ eau mémoire au(»ueî M. le baron
cïcDiéîric.h a fourni '• ik* réulitim n. il se contenta
sctrlemc-nl dt- dire, ciiûivaui. .
ilenu'iUié (jiie les aHé^ations du préposé de la
ferme-i:<;ïîérak' éloient erronées . cl l<»s moyens cju'on avoit produits pour appuver ja perception du
droit nouveau sans aucune
forcj/, il espéroit que la'décision à inler-Aenir lui adjup;eroit
les cônclusioîis.' de sa dernière recjuc'te , par laquelle il demandoit ,
qu'avant de faire droit, il lut
procède en présence de commissaires-experts et géomètres-assermentés
par M. l'intendant, à ^ fa mesure cube un chariot
dVcbaltUsqui acquite le droit de 6
souy ci deniers, cl aussi à-la mesure cube de la banne, composée à
Rothau de dix grands ctiveaux
d'une /
moindre dimension ; oHVanl de
paver autant de fois
'
(> sous o den., cjue le volume (Tun
chariot d'éehalats oit
«
d'une corde de bois-se trou\eroil conienu
(kinn celui
"de la
banne aii^i (iéiermijié; a lie cnîtratio:} déviant: iixer cFune manière, invaria-ble fa
{]i,uïiie du droit, et prévenir par.la suite toute, espèce de
liiliirulfé. Il n'y a . point encore de décision
définitive surcette contestation. |
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|
Avant de continuer à nous
porter vers le nord par
=g
la vallée de Schirmeck, nous nous trouvons obligés de Comte
du lia»
■ , , f >
•
.
, do la
Rotin-.
reprendre dinérens objets
interessans qui se trouvent a l'E. du Ban de la Roche, cl sur lesquels
nous n'aurions plus occasion de
revenir , si nous n'en parlions dans ce moment.
Le premier de ces objets se
trouve auprès de la ville M«irtimi Aide Barr, dont la banlieue confine au
Ban de la Roche, r" du côte de YK. Les hahiians
de ce comté ont. avec
^ >
^,..-
^ a. nue , n . i(\J ,
celte
vlile (les rapports continuels : elle est située à joj. ^., neuf' mille huit cents loises E. de Roihau ,
à huit mille six cents toisosN.de Schelestadl, et à trois
quarts -de lieue N.~ E.
d'Amllau. L'usine dont je veux parler consiste en un martinet, qui appartient à
M. MicheJ Meckerl fils, marchand de fer à 'Barr, à qui il vient
d'être vendu par décret forcé.
Jean Dîébold qui en étoit le
propriétaire,^" fabriquoit des outils défera limitation de cmix de Slvrie et de Solir^en. C/ctoit des faux,
des faucilles, des• sciées . âv^ equcFrcs . des haches et
1 autres outils propres "aux charpentiers et menuisiers.
Diëboid a aussi voulu faire de
l'acier , maïs il iùi pas
e
.
réussi .-et s'est ruiné. Le propriétaire
actuel, si Ion en juge par la nature de son commerce, continuera, selon
tome apparence. d"v faire forger des
oulils denier.
Dans k- lîinU'e du village de
Miltrlbcrijîeim. attenant s>i»liMu,ir;iiti à la ville de Barr vers le sud, on ironve
i\u sable noir.
ra ibrteinciït altirable à l'aimant , qtibiqu'i! n'y
ah dans celte- partie ilvb
"Notées aucunes traces de volcans.
...
• i •/•■'■ i
•
■
-i
mines ti*1
Km
lecro'sdiAOïr faire um'1 o«»K'r\aiion c.ui me panait , , impr ■.•!,'«;;!*.' : en «'ivoil.
as.-Uîv à M. de Sivrv f i } (jîi'ii y
tj(. jian.
(i O'-'H i ■■ .'tiui; ■
lifitîii
'^-ii.'!;■., --iif U-« \ (.i-m.-T dt- 1*A 1-si.r;-, y: 'j.
9. |
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= avoit environ soixante ans que
des mines de fer, plomb Territoire de et
cuivre avoient été exploitées aux environs de
la
Barr
ville'de Barr; je puis certifier
qu*il n'en reste aucunes traces. Il faut remarquer cependant que les
lettres-patentes, accordées à M. Gamper en 1742 , et rapportées,plus
haut (1), lui accordoient le privilège de fouiller les mines de Barr (2),
et qu'il n'auroit pas fait comprendre ces mines dans sa concession ? s'il
n'eût eu des indices certains de leur existence.
Tourbe de Ni- En suivant la
route de Barr à Strasbourg, dans la plaine, hnheim, att-dehors-de la pente
orientale des Vosges, on 'trouve, à trois mille sept cents toises N. N. E.
de Barr, le village rîeNider-Ehnheim, qui appartient à MM. les barons
• de L^ndsperg. Je n'en fais mention ici que parce que son territoire, en
partie marécageux,fournit delà tourbe déjà connue du temps ou M. Schœpflin
(3) écrivoît. Nous observerons en passant qu'à trois mille cent toises au
S. E. de Nider-Ehnheim, sont les bains de Hohzbad, éloignas de Schelestadt
de quatre lieues, de Benfeld d'une lieue, et de deux lieues de Barr ; la
source, découverte vers le dixième siècle, est dans un puits profond
d'environ douze pieds; le sulfate de soude, le nitrate de potasse oti
iiître, le muriate de soude, le pétrole» « la terre calcaire et
silïcée sont les substances que ces eaux tiennent en dissolution
(4),
' (ï Pag. 2.02.
. •"" • ^ .
(2)
Si M- Gamper avoit tenté «3e fouiller des mines dans le territoire
de Barr ou la ville de
Strasbourg a la supériorité territoriale, son magistrat auroit sûrement
réclame ses droits ; aussi ne se souvient-on. pas que M. Gamper ait fait
quelques tentatives dans ce territoire. l
(3)
Alsaûa illustrata , Joro. 3 , pag
12..
{4) Guérîn ) dissertât, de Fonùbus medk, A'sa'.m^
pag» iS——17.
![]() |
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( H7 )
En se reportant deNider-Ehnheîm
Vers les Vosges, a ■*=== i'O., on arrive àOber-Ehnheim, ville dïstàrite
de quatre Mjncdefei d*O-cents
toisesN.de Bar, et de Nider-Ehiiheim de quinze
mm'
cents
toises. Le territoire de cette ville fournit aussi de la,, mine de fer au fourneau de Kothau.M.
Commarr, Indices demi le même
qui fait exploiter les mines de la Laye, a nés de charbon, entrepris,
d'après des indications données par Bieton » " quelques
recherches sur de foibles indices de mines de charbon, qui se trouvent dans la colline de
Bill, près d'Ober-Ehnheim. Il a fait percer dans le
grès dont cette colline est
formée, une galerie, qui a maintenant soixante-dix toises de longueur, et qui
décrit une court»* très-considérable. On y a troiné un schiste
onctueux qui s'enflamme quand
ii est bien sec, et du mulm noir interposé entre les couches de grès, mais
pas encore de
charbon.
Au-dessus de ce travail, et dans
la même colline, on on en a pratiqué un second, dirigé du S. au N., et qui
paroit avoir été entrepris sur
quelques taches noires et de
petites veines d'argile qui se trouvent dans le grès.
En remontant le même ruisseau
qui passe au travers Ma de la ville
d'Ooer-Ehnheim, à la distance de mille neuf
r<V;
"■vt r>
•
i
• -a s n î bJ«n< tics du
cents toises N. E.» est située
la petite vihe Qv Berscfi . Kï- . .• , dans
labanlieuede laquelle se trouxenne manufacture, ,-,,,.". ,• ,., autrefois
Furie des plus considérables de la province . à.mït, «-. i63, celle
d'armes blanches du KHngen-thal.
iJ. 55..
Elle est
placée dans un vallon étroit et fori agréable, sur le domaine du grand chapitre de ta
catlu'-Jraïe de Strasbourg, aune lieue delà ville d'Ober-Ehnheim, et à .six de Strastioiirg, sut un ruisseau
tiomniê Elut . |
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|
qui arrose toute cette gorge , dont la pente
est très-rapide. Cette manufacture a donné à la vallée dans laquelle elle
est située, le nom de KHngen-thal, qui, |
||||
|
q
en langue allemande signifie
Vallée des lames. L'établissement appartient en propre à Sa
Majesté, qui , jusqu'à ce moment, l'a affermé successivement à dif-férerrs
particuliers par bail de trente années. Cette manufacture fut établie
en 1700 par M, d'Anthez, gentilhomme de la province d'Alsace; il eu
obtint le- premier l'entreprise par arrêt du Conseil d'état, du 15 juillet
1730(1).
^
Elle a voit eu des commencement
'très-brillans, mais ellç étoit tombée dat^s le plus grand
discrédit pendant la dernière guerre d'Allemagne. M. le duc de Choiseul,
en arrivant au ministère, sentit l'importance d'avoir dans le royaume une
manufacture capable de fournir de bonnes armes à nos troupes. 11 donna en
conséquence les pkrs grands encouragemens à celle-ci pour la remettre
en vigueur. Il en fit rétablir les bâtimens qui tomboient en ruines, y ail
ira de nouveaux ouvriers de l'étranger, excita entre eux l'émulation par
des pensions et des gratifications annuelles , et favorisa son
commerce en lui accordant des franchises. Le succès répondit bientôt à ses
espérances, et M. Gau , directeur de cette manufacture , après \iugt
années-de soins et de travail," étoit parvenu à perfectionner sa
fabrication à un tel point, que la bonté de ses ouvrages
la |
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|
(l)
Ripa gLidiorurn fûbrica Ehnhemio inbas passuwn milllbxs d:s(.it,
qu-x vdili, ubi sua est,
nomtn communkavir. Fdbncu h-xc j.iko
t~ jo
rez;?s sub auspiclis extructa dt, ut ms:s,
ac'macesy papoues, quas Germama hu.usquc Galluz
ven-diJit'fhi eâ ftibricartniur.
ScKœpllia , Alsatia illuslrata^ tom, 2 , p. 407,
\
.
faisoit |
||||
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||
|
( 249
)
faisoit aller de pair avec celle de Solingen , établisse-
s=^=.---------
ment très-ancien du même genre,
qui est situé en Aile- m^uû-hm:^
magne, à six lieues de Cologne.
'V'11"1'
-V-""
On fait a présent au Klingenthal
toutes les bavon- ^uh^!, nettes, lames et montures de sabres nécessaires
pour les troupes, les outils à pionniers et tranchans pour le service de
l'artillerie, les outils et armes nécessaires à la marine, et enfin toutes
espèces -d'armes blanches à l'usage du public. •
Sa Majesté, pour s'assurer de la
bonté des ouvrages qui sortent de sa manufacture, y a établi des
inspecteurs, qu'elle choisit parmi MM. les officiers de soi» corps
royal d'artillerie, et des .contrôleurs qui sont tires des meilleurs
ouvriers de l'établissement."1 Leurs fonctions consistent à
suivre la fabrication , à examiner chaque pièce à mesure qu'elle sort des
mains de l'ouvrier, et quand
l'arme est entièrement finie, on la soumet, en présence des
officiers chargés de l'inspection de la manufacture, aune épreuve
très-forte, fixée par des règlemens pour chaque espèce d'armes ;
après que chaque arme a ainsi subi l'épreuve prescrite, elle, est examinée
de nouveau, et si l'on n'y découvre aucun défaut, l'officier inspecteur y
fait appliquer le poinçon de réception ; ceci n'a lieu qu'après que le
prix en a été payé aux différens ouvriers qui y ont travaillé. Les lames
pour le public sont aussi soumises à l'examen d'un contrôleur particulier,
qui leur fait subir une épreuve proportionnée à leur-force,, et-met son
pj)în-
4Ï cou de réception
sur celles qu'il juge de bonne qua-
',
lilè*. Au moyen de.ces précautions, on est assure" qu'il ne sort de
cette manufacture aucune lame qui ne soif. ___Partie IF
U |
||
|
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|
( 200 ),
du même
calibre , et qui n'ait été éprouvée avec la 1,Manura,cîur(-1
plus scrupuleuse attention.-■■■■
d armes blan- l
r ,
clifs tïu Kiir.- 'xs
matières que cette manufacture emploie pour îtfnihaL
sa fabrication sont ie charbon de bois
et,celui de pierre,
linn le fer. l'acier et le
cuivre ; elle consomme fort peu de |
||||
|
boi-î |
||||
|
n, chni-
cliar^0lî (Je bois,
qu'elle tire des forets qui l'environ-
cuivrVct ft-r"! nent
» ma*s elle"'emploie . beaucoup de charbon de pierre
; elle est obligée de faire venir de Saarbruck celui qui sert au raffinage
de l'acier; mais pour toutes les petites forges, qui font la plus grande
consommation, elle ne se sert que de la houille du val de Ville ( 1
), dont elle est éloignée de neuf lieues,
La forge de Rôthau, distante de
cinq lieues seulement de cette manufacture, lui fournit ses fers ,
qui sont, à cause de leur corps et de leur grande ductilité, les seuls de
la province qu'on puisse employer à ce genre de fabrication. Voici les
différentes dimensions de ces fers. On les distingue par neuf numéros,
dont le premier a quinze lignes de largeur sur quatre d'épaisseur; le
deuxième, treize lignes sur trois; le troisième, neuf lignes sur trois et
demi; le quatrième, vingt sur sept: le cinquième, trente-neuf sur six; le
sixième, vingt-neuf sur sept et demi; le septième, vingt sur dix-sept; le
huitième, vingt-huit sur dix; et le neuvième, dix-huit sur
sept,
A l'égard des aciers, cette
manufacture est obligée de hs acheter bruts dans la principauté de
Siégen en Allemagne, d'où la fabrique de Solingen (2) les
tire
(1) Voyez ci-dessus, pag.
197 et suivantes.
(2) So'iiî'^cn
s'approvisionne aussi d'acier brut, de gâteaux d'acier, ou suhl-kuchm
, à Btndor.T eu Thuringe. |
||||
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|
||
|
également; mais pour
être assuré de la boulé de leur ^—
L'emplacement des difïerens
ateliers de cet établisse- Au!;.V.-. ment a près d'une
demi-lieue de lojigueur ; on voit dans cet espace quatre réservoirs, huit
usines que l'eau fait mouvoir; savoir, deux martinets, un forêt et
cinq aiçuî-series, parmi lesquelles il y en a de deux étages; plus. trente-neuf bâtimens particuliers destinés
tant au service divin et aux logemens des personnes employées
dans la dite manufacture,
cjf^x petits ateliers; le tout appartenant à Sa M
uji\ste\-*fon-compris plusieurs bâtimens qui sont en propre aux omriers.
Les pierres qu'on emploie pour la construction des feux des
différentes forges du
Klingenthal , ainsi que les meules pour les aiguiseries , ne sont aulre chose
que de la pierre de sable
(i), dont toutes les .montagnes des
Vosges sont remplies; elles se tirent du vallon .-même, où la manufacture est
située.
La fabrication du Klineenthaî
montoit, année côm- vt.ntcnn<v.K mime, pour le compte du roi, de 12*0 à
140.0m livres. Celle pour le
public a été poussée , par an .. de 20 k 3o,ooo livres. La .manufacture employoit,
vu JTun, OmmU-^.
environ deux cents ouvriers de
toutes religions et de • différens pays; on y comptait en outre
six cents ha-bitans, mais le nombre en est diminué
depuis. Kilt*
(ï)
Celles pour les aiguiseries sont
très-fines, Xvy / p,»^. .'ï, 4, ."î 7 i5 et 198.
B |
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( 25% )
est
d'autant plus précieuse pour le royaume que sa Manufacture situation lui permet de tirer à
peu de frais par le Rhin
d'armes blan-
,
*.,
., .
. tt
ches du Klin- toutes
*es matières premières qui manquent en France, genthal.
et qu'elle est Tunique de son espèce dans le
royaume,
de sorte que si elle venoit à
tomber, les troupes seraient à la merci des fabricans de Solingen, et
obligées de recevoir toutes les lames, bonnes ou mauvaises, qu'il plaïroit
à ceux-ci de leur fournir, comme cela est arrivé dans les dernières
guerres. Le gouvernement pa-roît donc intéressé à donner la plus grande
attention pour entretenir dans cette manufacture l'émulation et les
règlemens par lesquels on peut, en assurant la bonté des armes qui en
sortent, maintenir ses ouvriers dans une honnête aisance, mère de
l'industrie. Des difficultés survenues entre M.'Gau, entrepreneur de la
manufacture, et MM. les officiers d'artillerie lui ont fait quitter cet
établissement , et on prétend que, depuis 1784 jusqu'à la fin de 1787, une
partie des meilleurs ouvriers s'est retirée de l'établissement, et que le
petit nombre de ceux qui sont restés n^attend qu'une occasion pour suivre
l'exemple des autres. J'ignore si ce fait est exact.
Avant la retraite de M. Gau, son
commerce étoit tellement florissant, que la franchise de vingt milliers
pesant, accordée par arrêt du Conseil , ne sufilsoit pas pour la totalité
de.la vente qui se laisoit aux marchands. On assure qu'aujourd'hui les
fournisseurs de Paris ne tirent plus de lames du Klingenthal. et aiment
mieux les prendre chez l'étranger, malgré les entraves que l'on y a mises.
Autrefois les contrôleurs pour le roi éloient chargés du contrôle des
lames de commerce, parce |
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(253) .
_
que Ton avbit senti que la vente
aux commerçans devoit
.
. .
d'armes bbai-
douvrages pour le roi, et que,
les usines apparie- ches du•
Kï;tl. nant à Sa Majesté, il étoit de son intérêt de
les sou- ; tenir. Le règlement du premier avril 1784 défend aux
contrôleurs pour le roi d'inspecter les lames de commerce, et à
l'entrepreneur d'en fabriquer sans l'agrément de l'inspecteur..>
quiJui Jîxe Jes ouvriers et les matières qu'il doit y employer. On croit
dans la province que cette disposition
La concurrence que M. Gau avoit
établie avoit fait tomber le prix des
lames de fabrique étrangère, de 33 livres 10 sols la douzaine a 12
livres 10 sols. Il avoit par conséquent diminué des deux tiers
l'exportation en argent que ce commerce faisoit -sortir du royaume;
cette concurrence n'existant plus, les fabriques étrangères ont déjà rehaussé leur
prix, qui, si Ton en croit les négocians , ne tardera pas à revenir
à l'ancien taux.
Du temps de M. Gau, les
bâtimens, quoiqu'ap-partenâns au roi, étoient à la charge de
l'entrepreneur , qui répondoit de la moins value résultante chaque
jour de leur usée, de manière qu'après trente années ils représentaient
toujours au Roi la même valeur intrinsèque. Ils, sont aujourd'hui
entretenus aux frais du Roi, et depuis que M. Gau en a quitté
Ten-treprise, il y a été versé des sommés considérables; la moins value
produite par l'usée journalière d'usines employées à des ouvrages de
force, est aujourd'hui à la charge du Roi, dont la propriété par
conséquent diminue chaque jour de valeur. |
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Je n'ai point parlé, à
l'article d'Ober-Ehnheim,du
Martinets à martinet de
Bachscheid , qui est situé dans le terri-cuivre du
Klin- • i
,.
-m
, •
. , > ai /r ■
"enthal
re de
cette ville, et qui appartient a M. Chsinger
de Strasbourg , parce que
j'aurai occasion d'en faire mention
(1) en rendant compte des étahlissemens de ce genre, que le même propriétaire possède
près de Strasbourg. Prétendue Une vieille tradition des ouvriers de
la manufacture
mine d'argent ^'armes du Klingenthal , située auprès des
bois de
des bois <le _ ,
,.;
, t
,
Bersch.
Bersch*, veut
quil y ait, dans les montagnes des envi-
'Cftu <u v Aca- rons
de cette manufacture, une riche mine d'argent;-
àémk,
n°, 163, on sent combien cette indication est vague,
liéan-
fol.
5p.
moins
elle est confirmée pat les lettres de concession
de M. Gamper.
Mine de fer des Enfin en nous
rapprochant des limites du Ban de bois de Bersch. ja
Kocjie et cje |^
vallée de la Briisch, nous trouvons dans les forets cjui dépendent de la ville
de Bersch, un filon de mine de fer puissant de trois à quatre
pieds, partagé par un coin de quartz
rougeâtre, ayant pour toit un
rocher sablontieux pourri et du quartz pour mur. Le minéral qu'on
en arrache est bleu, compacte et solide lorsque le fi ion se rétrécit,
mail» très-tendre, et se laissant couper comme de la molybdène lorsqu'il
devient plus puissant. Cette mine, qu'on commençoit à peine à exploiter
lorsque j'y passai , donnent au fourneau de Roihau,oùon la traitoitde la
fonte de la première qualité.
Indépendamment des mines de
fer que le Ban de la Roche, les territoires d'Oher-Ehuheim et de
Bersch fournissent au fourneau de Rot hais , on en tiroit
autrefois
(1) Voyez ci-dt'ssous, pag. 2.64. |
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pour cet
établissement de Saales,dans le val de Ville
et l'on
en prend encore dans les terres de i'évêché de ^aïl"» de
Strasbourg, attenantes
au comte du Ban de la hoche;
i3rusth_îlu!
J'ai dit
ci-devant fi) que le filon des
Puits des Huzzarrîs. passoit du Chenot
de Rothau à travers la demie, n . u.i\ vallée latérale, arrosée par la Rothaine,
ruisseau qui f«i. 5y. sépare
les terres de réveché d'avec le Ban de la Roche, et que ce filon se rendoil dans la montagne
du Bain- ■Mim-cU-fWc! bois,
dépendante de I'évêché, et située en face de celle Bik!li!Ht';-du
Chenot. La mine y est de la même nature, niais encore plus pauvre
que celle du Puits des Huzzards. Le
toit offre du schiste léger et de la minette noirâtre, et le mur du quartz et du schiste compacte.
J'ai trouvé , au sommet de cette montagne, des rochers considé-
O^i.x i! râbles de feld-spath et
de'-quartz-séparés ou réunis, <|Uatî/ ll l[ niais rarement confondus ensemble. Presque
toutes uam|K, s% ces grandes masses isoléesdèquariz s'élèvent
au-dessus de la (erre végétale
;Teur partie ■inférieure , qui est enterrée, se trouve communément cristallisée
eii prismes hexaèdres, opaques
et laiteux, qui ont avec leur pyramide Jusqu'à seize et dix-huit pouces de
longueur, avec des pans de
cinq à six pouces de largeur (2).
(1) Voyez ci-dessus, pag.
2i5.
(2) L'un de e es échantillons , que j*ai
transporté dans mou cabinet à Paris, offre tin groupe de cristaux de rot iie en prwm•?
licNacdrcs irréguliers. Les
cristaux , dont le plus gru:- a six j'outf!» de diaiticire surdix pouces de longueur, se sont
lbruic.-. .^ir .un gruiijie ci:- 't-lfl-^jî.'ïiîi cristallisé en prismes quadrangulaires
lec-Krigulaues, ti^nî 1rs .-:»iimi<Ms sont engagés dans les cristaux de rocîir ;
il paioit d'à {■ne.* un reste drempreiitte qu'un de ces prismes
de feld-spath a laisse dans .'<■ quart/ , qu'il étoit terminé par un
plan rhombuidal , oblicjue a i*a\c un j.i isme. Les cii.?tau\ de feld-spath ont Jusqu'à
un pence de diamefie-, u < ii jugeant par les traces'qu'on trouve à
!*in(ci:euï" de ce.- ti:.»iiu\ ùv roche, ils avaient au moins quatre pouces de
longueur. |
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.<r* |
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Vallée
de Schirmeck. |
A trois mille sept cents toises
à IX). de l'importante manufacture du Klingenthal, et dans la vallée de
Schirmeck., est la renardière de
Grendelbruch, située sur |
||
|
Renardière de in,-,-
. ••
1
11
j
Grendelbruch.
*a Ma£re, a une petite héue au-devant de
ia grande route de Grendelbruch,
bailliage de Moulzig. Elle est établie depuis environ cinquante ans sur
terres de Tévêché, et paie 6
livres de cours d'eau à Févêque de Strasbourg, qui a ci-devant permis d'en
faire l'établissement. M.
François Niahon en est le propriétaire.
Ateliers.
Elle est
composée d'un feu d'affinerie et d'un feu
de martinet. On y forge des fers
en barres, bandes de roues, tourillons et ^autres fers à l'usage des
meuniers; il s'y fait aussi beaucoup
d'enclumes de tout calibre pour
l'artillerie, des marteaux, fers à frappe, etc. On y consomme de la ferraille et de la vieille
fonte. La ferraille se paie 6
livres le quintal, et la vieille fonte 4 liv. 10 sous à 5
livres ; on compte un tiers de déchet.
Charbons.
La consommation en charbons monte à cent bannes, à raison de 5o livres la banne. Ils se
tirent des bois Vente annuelle
des communautés. La fabrication de cette renardière et ouvriers. va ^
cen|. miHjers de fè^ar ^an. Le
propriétaire travaille en personne avec dejjx de ses fils et
un.valet. Le prix du gros fer
est de io livres îo sols le quintal en gros, et î6 livres en détail. Le petit
fer se vend 20 livres.
L'exportation de la ferraille porte obstacle à l'activité de cette usine.
'
De
Grendelbruch à Schirmeck il y a trois mille neuf cents toises ; ce bourg, situé à IX). S. O.
de Grendelbruch , est
traversé par la Brtisch. Avant de faire mention de l'établissement qu'on y trouve,
nous passerons
îa |
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la
rivière et la vallée qu'elfe baigne, pour parler tks
-■■-•^••-—-----montagnes qui
occupent une partie du territoire de
y1*1»1 <* Sofeinneck. Au lieu detre granitiques, ces
montagnes sont schisteuses à
leur base et jusqu'à une hauteur assez considérable, quelquefois même le
schiste yst remplacé par du
véritable irapp (1) , comme je l'ai observé au Donnon ; on trouve, en différons
points de ces montagnes , des
masses de* marbre dont je parlerai incessamment, et c'est dans ces
parties schisteuses et
calcaires que gissent les minerais <Jl-
fer dont je vais donner la description.
Au-dessus""sont des brèches de
cailloux et de la pierre de sable rouge.
Les plus considérables de ces mines soni'si tuées à Mines
de |
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une lieue de Rothau, sur la
pente orientale de la eoree fî(> M,' de rramont,
qui porte particulièrement le nom de montagne de l'Evêché. Ici nous sommes
dans de la pierre à chaux ; aussi trouvons-nous au, lieu des filons du Ban
de la Rocîie, une masse ou banc entier, com~ posé-de grands rognons de
mine de fer de trois, quatre, six pieds et plus d'épaisseur, dans lequel
banc on a déjà poursuivi une galène de deux cent vingt-cinq toises,
.etpoussé dix extensions, dont on a extrait une pro-
\
digieuse quantité de minerai. Le
toit de cet amas de •mine est une pierre calcaire blanche et tendre, et
le
(i) Pendant l'impression île ce
volume , j'ai reçu de M. Hermanu, savant distingué et professeur en
médecine de l'université de Strasbourg, une lettre datée du i5
février 1788, par laquelle il me marque qu'il a fait, pendant l'été de
1787, une excursion pour herboriser dans le vallon deHaslach, l'un des
embranchemens de la vallée de Schirmeck, et qu'il y a trouvé des
montagnes, composées de mauvais porphyre et de trapp brun , e< qu'à
l'entrée du vallon il avoit ramassé un galet de quartz , mêlé d'aiguilles
de schoërl.
Partie. IV.
Kk |
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(258)
\aîke de ocreuse jaune, qui
"est assez souillée de terre pour exiger un lavage, et de la mine rouge et
noire un peu micacée ou ciamertttse, pour me servir de
l'expression des mineurs du* pays. La mine ocreuse est ordinairement
précédée par de l'argile et du sab'e jaunâtre, et celle de la seconde et
troisième espèce s'annonce communément par eje l'argile rouge et un \
muliu noir ou mincjbriilée, brand.
Ces mines ont été fouillées sur
difïërens sols. En 1780, on avoit commencé un puits à cinquante toises du
grand percement dans lequel on ?
atteint tout près du jour de très-bons minerais jaunes et
bleuâtres; il y a sur le percement même un puits de trente toises
perpendiculaires du jour au sol du percement ; il sert d'entrée aux mineurs, et en même temps à
l'extraction des matières. Celle-ci se fait dans ce puits par le
treuil à manivelles à deux hommes, et
par la galerie au
Ouvriers. moyen du chieji
hongrois. Il y a en tout huit ou-& vriers, à qui l'on paie 3 livres
par eu veau de mine. Lorsque j'y fus on glanoit encore, clans quelques
piliers de ce banc, la mine que
les anciens y avoient laissée.
Mine de fer Les bois de Wisch
et les autres terrains de cette corn-<k Wiseh. munauté, distante
deScbirmeck de deux mille sept cents toises N. E., renferment aussi des
gîtes de mine de fer; mais ce sont ici principalement des hématites rouges
ou sanguines, et de la mine rouge et bleuâtre, micacée ou clamereuse. Le
village de Wisch appartient à M. l'é-vêque de Strasbourg. On voit dans ces
bois un percement de trente toises, à l'extrémité du quel on avoit
fait |
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deux
strosses dans le sommet. Toute la galerie est dans : un terrain pourri, argileux et
calcaire, et par conséquent entièrement soutenue pur de la
charpente ; on ' n'y trouve
que des rognons : ils sont placés sur de la pierre à
chaux rude et du quartz ; un.terrain blanc et . savonneux les
recouvre- : lorsque ce toit ou cet (e couverture se trouve solide, le minerai est
très-mince; .s'il est mou, sa
puissance s'élève à deuvpieds.
. On avoit encore fait,à la
montagne de Passe-Labour, Mine <!r Ai Hc qui dépend aussi du village de Wisch , un
percement ' ^'■-f-'knur. de cent cinquante toises sur de la mine
pareille à la précédente, dont le rocher latéral, calcaire et argileux,
avoit beaucoup de rapport au luihriénwn (1) du Hartz,
et dans lequel s'étoit trouvée cette espèce de mine rouge micacée en stalactites pleines de tubes,
offrant dans leur cassure des étoiles concentriques et ressemblant
à de petits corps vermiculaires écailleux, remplis par la substance même du minéral,^ que}iû
-fait connoitre dans les Ecrits de la Société des (unis de la
nature de Berlin '2). Le filon du Passe-Labour éloit
ordinairement de deux à trois pouces, et s'élevoit rarement à l'épaisseur
de huit ou neuf. Souvent le terrain
qui traversent ce travail étoit pourri, le danger qui en résulloil,
et le peu d'abondance du minerai le
firent abandonner.
Il y a un autre travail ancien
au-dessous du précé- Mine de fer de la dent, pris sur de la minette, dans
laquelle étoii aussi ^a*^-de-k-N-c. de
la sanguine et de la miné micacée, qu'on auroil pu suivre en
faisant un percement dans la vallée de Ja Basse |
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(ï)
Voyez; les lettres de Trébra ; édition
iîançoise, pag. 27^* (2)
Tohi. 6 y pag.
365.
Kkij |
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( 260 )
Enfin aux Esagcs ou Fontaines,
au-dessous de Col-ban , on trouve aussi de la mine semblable, mais on ne
l'exploite pas actuellement. M. le comte d'Hérou-ville (1) parie de charbon de terre
da_ns.Je territoire de Wisch: je n'ai rencontré personne qui ait pu m'en
indiquer des vestiges.
Quelques-unes des niasses de
marbre des montagnes de févêché dont je viens de parler, sont exploitées
par Mt Parisot, prévôt du bourg de Schïrmeck , qui a établi-à
cet effet à Schirmeck même, sur la Brusch,,dès moulins et ateliers à scier
et à polir le marbre, dans lesquels il occupe un nombre considérable
d'ouvriers. Ce bourg n'est éloigné du Ban de la Roche que d'une
demi-lieue. Les marbres qu'on tire des montagnes de Schirmeck, sont de la
brèche violette bien mélangée, dont les pores sont serrés, avec taches
violettes, blanches, brunes, rouges, grises, bleues, vertes, jaunes
et couleur de chair ; du bleu turquin, du bleu c'e roi veiné d'aurore, de
blanc et de rouge , du blanc veiné de noir, du gris de souris, et du noir
veiné de blanc et de rouge. Ils renferment des entroques et des astroïtes.
Les carrières de ces marbres fournissent de grands blocs, sans fils
ni poils, et leur grain est très-fin : on en fabrique à Schirmeck des
autels, des baldaquins, des colonnes, des tabernacles, des lambris
d'église et de salons, etc. des dalles pour le pavé des sanctuaires et
chœurs, des cuves pour les fonds baptismaux, des bénitiers, tombes,
mausolées, cheminées, cuvettes, tabfes,tablettes, consoles et
mortiers, écritoires, vases, etc. M. le cardinal
(1) Anciens minéralogistes, toœ. 2, pag-
743. |
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![]() |
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de Rohan
y a fait faire la pyramide"dont il a orné le mausolée qu'il a* élevé à la mémoire de M.
le maréchal de Turenne, dans les terres de l'évêché situées en
Allemagne. Le propriétaire de ces ateliers paie une rétribu* tion de 4 fois par pied de marbre brut à M.
JVvéque de Strasbourg. Les
recoupes de ces marbres serxent ue cas-tine au fourneau
deRothau.
Nous
invitons-les voyageurs à descendre la vallée de Schïnneck ou de la Briisch . jusqu'à
Moutzîg, où elle débouche dans
la plaine ; la route de-là jusqu'à Strasbourg est, sans
interruption, riante et superbe: niais nous sommes forcés de nous en écarter
encore, et de nous porter au
couchant à près de dix mille toises .de cette,
vallée. |
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Là se
trouve le martinet d'AberschwilIer, situé dans |
M.ntinot
d*.\- |
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le comté de Dabo, à une forte
lieue N. E. de Saint-Qûirin : |
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|
Lottrn- |
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il a été
établi sans lettres-patentes, et paie 6 liv. pour
j>Us!
1-----4jrs d'eau au comte de Li n auge* Lepropriétaire
est > , . |
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|
Dominique
Limon , habitant de l'endroit ; ce martmet
av«E |
*fr |
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n*a qu'un seul feu, on y affine
de la ferraille, qui s'achète fol. sa depuis 4 liv. 10 sols jusqu'à 7 liv.
îo
sols. Les gros fers
s'y vendent i5 liv.; la verrerie de Lettenbach les
consomme; presque
tous.
Non loin de-là, dans lé* même
comte de Dabo, à-
VaUeV et
ver-
peu-près à deux mille cinq
cents toises N. E. de Saint- rerie du
Grand-
Quirin,
paroissed'Aberschwiiler, est située la verrerie ^en-thTl
S0Î"
du Grand-Soldat,
Soldaten-thal, dont l'établissement r
,
,
x'
Cartes Je l
Aca-
date du commencement de ce
siècle, et par conséquent demie, n°. 162, n*a pas été autorisé par
des lettres-patentes. Cette ver- à*l- 9& rerie appartient à cinq propriétaires, qui
tous y rési- o .^ dent; et elle occupe journellement
quarante personnes, ateliers. |
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|
( 262 )
Grand-Soldat. r , . - . .
,
.
. »
frères V ernion pour quatre
places, MM. Restignac pour deux places, M. Chatillon pour quatre, M.
Raspilier pour une, et MM. le Lin pour
une.
Cousoroma- Les cent à cent vingt
quintaux de terre à creuset, tjon eu n-ries, qU'ol1
emploie dans cette verrerie, y sont apportés de ai^»y sa »n>
yij|eRU0te5 pres
c]c Troyes en Champagne, et chaque quintal rendu sur
les lieux revient à 4 Iïv. 10 sous. Le sable se tire du voisinage de la
verrerie. La consommation en
salin se ppfte à mille quintaux, revenant l'un dans l'autre à 26 liv. : on y emploie aussi
un peu de Manganèse et cobaltet trente-cinq quintaux de manganèse.
Celle qu'on cobalt.
{jre çjg Rjoyrçofrne revient à 11 liv., et celle de la
forêt
Noire à 16 liv. La consommation
en bois est de mille cordes verrières de seize pieds de long sur quatre de
haut, et deux et demie de taille. La corde rendue sur Vente annuelle,
place, revient à-peu-près à 6 livres. La province consomme tout au
plus le quart de la fabrication (1) de cette verrerie, dont la vente monte
ensemble environ à 60,000 liv.
Les propriétaires de cette
verrerie avoient une affectation perpétuelle dans les forêts de Dabo, aux
quartiers de Streitwald, Cantzley, Wellerscheid, Lôr-sert, Fischbach , et
autres petits cantons cîrconvoisins, ce qui pouvoit faire un objet de trois
mille arpens. Ces propriétaires ayant été en procès avec M. le
comte de Dabo, pour divers objets, avoient donné à deux
de |
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|
(1) On paie 10 sous de sortie
d'Alsace pour cent pesant, et environ 3 livres de droit d'entrée en
France. |
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|
. ( 263 )
,
leurs associés, pouvoir
de transiger. On exigea pour ter- =====?=---miner qu'ils renonçassent au
bail cmphvt^*ttiquc; il est VaiJn- du arrivé de là qujil^ont perdu leur
a/leelation perpétuelle; <It>UK
"N>!< ■'*% de
manière qu'à la fin de la rcAolutio*), qui aura lieu dans trois ans, leur exploitation cessent.
11 n'y a dans-fès bois de
Linange-*Dabo que les coupes (ailes par cette verrerie qui soient en bon éiauet un
pourmit les recommencer.
Après avoir quitté la verrerie
de Soldaten-thal, on M.-minr» de trouve à quatre mille deux cents toises
N. C). de Sa\ erne '■' ^<l!t ^ °}1
le martinet de Neudorf, où
se fabriquent des outils ' *'U(O1 ' de fer de peu d'importance. Sur le
chemin de Wasse-Jonne, celui de
Kronenthal , ne mérite pas plus d'attention.
A pliks
de dix mille toises au N. d'Ober-Ehnlieim . indice de et à mille toises de Saverne, proche la ville
de YVasse- fli.-«i'>o»à-\Vas-ionne, on a trouvé dans les vignes, près du
vallon du iH'îontK< même nom, des petits
frajmieïis de chai'bou de terre , Cj
:cs
"f ' 't-" parmi des couches d argue noire ;
ces indices sont un- w,i.yj. médiatement sous la terre
végétale.
Wasselonne , où l'on trouve
aussi une source miné- Ville
de Suas-raie (î), appartient à la
ville de Strasbourg, qui a été
(i)Cestairx ne sont pas
médicinales, maïs il y en a à Sulfz, village situe à quatre mille toises
au S. S. E. de Wasselonne, à deux petites lieues de Molsheim et à quatre
de Strasbourg. La source se trouve dans un pré attenant la petite chapelle
de Saint-Amand auprès du village ; on y a établi des haiiw, connus sous le
nom de Siâ[%bad% bains de Sultz : ces eaux contiennent de
J'air, au carbonate de soude, de la terre caîcaife. du
sulfate de chaux, de la terre ferrugî-neuse^très-peu d'acide sulfurique,
et quelque peu de bitume , s'il est permis d'en juger par leur saveur et
par l'odeur qu'elles exilaient.
On trouve encore à quatre mille
sept cents toises, E. N. È. de Wasselonne, à droite et à quelques cents
pas de la route de Strasbourg |
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( 264
)
====
maintenue, par sa capitulation, dans tous les droits Strasbourg, dont e]le
jouissoit, comme ville souveraine; elle a par conséquent le droit des rrHnes à
Wasselonne.
Après
avoir fait ce circuit, nous nous transportons I? directement à Strasbourg , où nous
conduit la belle route de
Saverne, par Marmoutier et Wasselonne; elle a été nouvellement faite pour éviter la route
inontueuse du Kochersberg.
Dans la banlieue de cette capitale , d'oùlon compte jusqua Wasselonne
douze mille toises, Martinet à
existe un martinet à cuivre, qui appartient à M.
Œsin- |
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|
cuivre. |
n-er, négociant de cette ville, qui est aussi
propriétaire |
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d'une usine plus considérable du
même genre, située près de la manufacture d'armes blanches du
Khngen-thal, et que nous avons indiquée plus haut (i). Ces deux
fabriques consistent chacune en un feu, et les martinets nécessaires pour
fabriquer et donner la première façon aux cuivres rosettes, et en faire
des planches, barreaux, fonds plats, coupes, baquets, chaudières,
martinets, casseroles, bassinoires, tuyères de forges et autres ouvrages.
M. (Esinger fournit à l'arsenal de Strasbourg tout ce qui lui est nécessaire, et faîsolt
aussi des envois considérables à l'administration des poudres
et
k Saverne par le
Kochers>erg, àquatre lieues de cette dermère ville , ^t àtroU élément deStrasbourg, les eaux
à'A~*am. Le v.llage de ce nom est situé dan An petit vallon,
fermé au nord et au couchant llr te collines calcaires , remplies
de coquille., et renfermant des ^îleS diversement colorées, La
source coule en abondance d un pu, s à l'en rée du vilkge, et son eau
fournit au* hesoms des habrtans î'anâlvie chymique y montre la présence de
l'ac.de .ulfunque , du Wtume et du
carbonate de soude. Guérin, A Fvuèus m^c.
AU**.
pag. 9 à 11, 3o----33.
s, pag. 254.
-
salpêtres |
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( 263 )
salpêtres à Paris (1). Il
importoit une grande quantité -~~—~-— de cuivre dans le royaume,
pour les raffineries à sucre Si!ahi«»ur, d'Orléans et autres endroits pour les
chaudières des teinturiers et des brasseurs. Dans la dernière
guerre, il a fait de très-grosses livraisons à la marine royale.
.
M. Œsinger emploie et refond
tous les vieux cuivres de l'Alsace, de la Lorrame, des Evêchés, et en
partie de
la Franche-Comté.
___
v L'article il de l'arrêt du
Conseil du 19 décembre Droite 1704 ,
porte le plus grand pré|udice aux usines de M. Œsinger. Il
fixe 12 livres 10 sous de droits par quintal sur l'entrée des
cuivres ouvrés, soit en fonds ou en fourrures, soît en feuilles ou en
planches ; en ajoutant à ce droit principal les sous pour livre, chaque
quintal de cuivre se trouve assujetti à la perception de io' livres 1.5
sous. Cette imposition donne absolument l'exclusion à M. Œsinger, qui, pour environ cinquante
milliers, qu'il fkisoit ^tUrer ci-devant dans t royaume , n'étoit .
assujetti qu'à un premier droit de. 6 livres par quintal. 11 a présenté
plusieurs mémoires à l'administration « , pour obtenir la réduction de ce
droit: il y expose qu'il se trouve exclus de toute concurrence avec les
étrangers, qui font entrer des
cuivres "dans le royaume à beaucoup moins de frais que lui. En
effet les Suisses , notamment les Bâlois, ne paient que les droits de
domaine d'Alsace. Les Impériaux n'acquittent au bureau de Strasbourg
, pour les cuivres forgés ,.compris les
(1) Messieurs les directeurs des
poudres et salpêtres, ;inx
départ e-inens de Paris, de Saumur et de Nancy, attestent par des
certificats que, depuis dix et vingt ans, M. Œsmger leur Tait des
fournitures., dont ils ont tout Jieu d'être satisfaits, et je puis
certifier lu bouté des marchandises qu'il fait fabriquer.
,
PartieJV.
Ll |
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===== sous pour livre,
qu'un droit-de transit de dix sous par Strasbourg. Ctnt, et ils
ne paient rien au domaine; enfin les Anglois
sont encore plus favorisés, lorsque leurs expéditions se
font par un commissionnaire de cetle ville, et passent ainsi
avec acquit à caution simple. Pour empêcher que les cuivr*es forgés
de l'étranger n'entrent dans le royaume sous la dénomination des cuivres
d'Alsace, M.,Œsin-ger propose d'ajouter à toutes ses expéditions , un
certificat signé de lui, et contresigné par le directeur
des domaines de Strasbourg. Ce négociant, pour parvenir à faire
restreindre le droit imposé par l'arrêt de 1784, représente que les
propriétaires des fabriques d'indienne de la haute-Alsace ont vu
leurs réclamations accueillies, et qu'ils ont été exceptés des
prohibitions prononcées pour l'importation dans le royaume. II ajoute
qu'il est sujet du Roi, "et que si l'Alsace est réputée province étrangère, par rapport Éix cinq
grosses fermes , les manufactures de cette province doivent être
regardées comme nationales. |
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Faïences k
pot'les. |
Dans Strasbourg même , on fait
des poêles de |
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faïence qui s'envoient chez
l'étranger. M. Walther, bourgeois de cette ville, a monté pour cet objet
trois fours à cuire, un four à calcine, et un pour les couleurs. Il
consomme environ cent cordes de bois de sapin, à 18 livres. C'est de
Hagnenau, de Sufflenheim et de Dambach en haute-Alsace qu'il tire ses
argiles qui s'emploient en les mêlant avec du sable. Il consomme environ
cinq quintaux de plomb marchand, du prix de 11 à 36 livres, et
à-peu-près trois quintaux d'étain , à 1 20 livres le cent. Le produit de
cette manufacture ne vest monté en 1780, qu'à 3oo louis. M.
Walther> |
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Vente f |
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qui emploie dix oliviers,
poftrroit en occuper jusqu'à-----——
--* J
quarante, s'il avoit les fonds
nécessaires. Cependant la ^ia»)v-';»>
modicité de sa fabrication tient encore à une autre
Ou"u"u-' cause : ou ne fait usage que de
poêles de fonte dans une grande partie de l'Alsace et dans son
voisinage.
On trouve aussi à Strasbourg une
fonderie de do- Fondent- dr ches ; elle appartient à M. Edel, qui occupe
ordinaire- «l'« Usinent
deux compagnons et deux journaliers. Depuis 1770 jusqu'à 1779
inclusivement, il a été fondu en cloches la quantité de 71,633 livres,
pour lesquelles il a été fourni par les communautvs en vieilles cloches à
refondre 4^,770 livres; la consommation de nouvelle matière a donc été de
25,863 livres, ce qui fait pour un année 2,586 livjpepuis 1780 jusqu'à ito5, il açété fondu en
tout 38,625 livres,pour lesquelles il aété remis en vieilles Cloches
22,310 livres ; il reste pour la consommation de nouvelle matière
16,310 livres en six anfm.H faut observer <jtie les deux tiers de ces
cloches ont été fondus pour l'Allemagne, et qa'il y a encore en Alsace
d'autres établissement de ce genre; savoir, à Çolmar, Ribcauviller,
Saverne, Weissembourg, Landau, sans compter les fondeurs non établis dans
la province qui fondent les cloches dans les villages. Depuis l'amiéj 1770
jusqu'en 178*5, il a été fondu en cloches pour la ville de Strasbourg, y
compris celle dé"Saint-Thomas, pesant 7,225 livres, 8,687 h'vres de
matières, dont il faut déduire 8,408 livres en vieilles cloches, de sorie
qu'il n'y a que 2/5 livres "de,consommation pour seize années
(1).
(1) Fn
1706, il eu a éle! fondu une pour la cathédrale
de* Slnis-tjiii cloit
n-peu-près du même calibre que ceHr de 6t. Thomas.
L 1 ij |
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( 268 )
— Pour ces ouvrages, le maître suffit,
assisté d'un
Strasbourg, journalier. Pendant
quatre journées seulement, un plus grand nombre de bras est
nécessaire.JDeux jours avant de fondre, il faut enterrer les moules, et
quatre jours après la fonte, il faut déterrer et retirer les cloches de la
fosse. Ces deux opérations exigent les forces. de plusieurs hommes. Le
bois qu'on emploie pour fondre Ja matière, monte ordinairement à quatre
cordes, parce que les.-7,163 livres pour une année ordinaire , sont
fondues, à plusieurs reprises. Si l'opération se faisoit d'un même feu,
il-ne "faudrait qu'une corde
et
* ,
demie.
A Strasbourg le métal de cloche
est composé de cent parties de cuivre rouge et de vingt-cinq
d'étain d'Angleterre. Ordinairement avant de fondre les cloches, on
. . ' fait
l'alliage déjà nouvelle matière dans un creuset au
■feu de charbons animé par le soufflet; il en
faut pour cela et pour d'autres
petits ouvrages en bronze environ trente mesures par an: la mesure
comprend trois caisses carrées de
trois pieds de largeur sur dix-huit pouces de profondeur.
.
M. Didier, autre fondeur de
Strasbourg, ne se mêle pas de la fonte des cloches; les principaux objets
dont il s occupe, sont des ouvrages fins, coulés en sabie, ciselés et
dorés , et ornemens en bronze pour lesquels il emploie autant de
charbons et d'ouvriers que M. Édel.
Ancienne tré- Derrière le
polygone, à une forte lieue de Strasbourg, f
ne'
il avoit été établi par M. Bernard une tréfilerie qui
tiroit
ses fers des forges de la basse
Alsace, que nous décrirons incessamment; mais cet établisseiiieiït ne
s'est pas |
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soutenu^ et il a été
converti en un moulin à garance, -~~--—-^.~-qui se
trouve dans le canton nommé la Gantzan.
Strasbourg.
La route de Strasbourg à
Hagueriau offre un grand f,„,,■'„ ;i!;i!. nombre
de fours à sécher la garance: l'un des plus con- «ance. sidérabies se voit
près de l'ancien couvent de Stephans-feld, à un quart de lieue du village de
Brumath , distant de huit mille
huit cents toises N. de Strasbourg. Ce village lui-même
renferme beaucoup de ces ^ fours.
Il existoit autrefois à Brumath
un martinet peu MaViiuet de important, où l'Ai affînoit, comme à ceux dont
j'ai parlé dans le cours de cette description , de la vieille fonte et de
la ferraille : il est détruit depuis plusieurs années.
Il seroit naturel de faire
mention ici des terres à |
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faïencedu finage de
NiéderschrefFelsheim; ce village étant f!e porcelaine sur la route de Brumath à Haguenau, et à
deux mille Vn* '
"
'
«IJiaguenau en |
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neuf cents toises N. de Biumath
; mais comme nous Basse-AJs |
ace. |
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aurons occasion de le citer, en
décrivant les manufàc- Canes de, tures de Hagueuau, nous passons
tout de suite à cette i-m!c-> "*■ ville,
disjante de Brumath de six mille toises N. N. E., et "° ' ^'
de'Niéderschseffelsheim de trois mille cent toises N. E. Haguenau,
ainsi que ses environs, est, par sa situation, susceptible à tous égards,
de recevoir des établissemens . de commerce en tout genre. Conduits avec
l'économie, la sagesse et l'activité nécessaires, ils ne peuvent
manquer de devenir également avantageux au public, aux entrepreneurs
et aux nombreux habitans de ce canton. C'est à îfaguenau même, et-dans ses
environs, qu'a pris naissance la culture et l'importante préparation
tîc sarance de la garance : j'aurois dû'inscrire ici
le nombre de *""" îburs employés à sécher cette racine et le bois
qu'ils |
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consomment, mais cela varie suivant les récoltes :
il |
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Haguenau.
suf£t c|e ^\re
qU'j| v a ei] jes
années où il a été vendu pour plus de 1,800,000 liv. de
garances fabriquées en Alsace , et cette culture se seroit plus
constamment soutenue, si cette production n'étoit pas soumise .aux mêmes
droits d'entrée que les garances étrangères. Il arrive que la Hollande ,
dans les. années où la récolte des garances réussit chez elle, en envoie
en France une grande quantité , qui s'y répandent facilement par la Seine
.. la Loire , la Garonne, etc., tandis que celles d'Alsace, ne pouvant
être voiturées que par terre, demeurent invendues. L'établissement
que M. Hoffmann a créé à Haguenau et auprès* et qui depuis a passé en
d'autres mains, est des plus considérables.
Manufacture Feu M. Hannong
père, qui réunissoit toutes les con-3e porcelaine, nofssances, les talens,
le goût et l'expérience désirables pour la fabrication de la porcelaine et
de la faïence, fit son premier établissement à Haguenau, il y a cinquante
à soixante ans; il l'eût continué et étendu avec les plus grands succès,
si un refus, alors bien mal entendu de quelques faveurs et de quelques
exemptions , ne l'eût dégoûté de l'Alsace en général, comme de la ville de
Haguenau en particulier. Ses fils héritèrent de ses con-noîssances et même
de ses secrets ; mais ils ne furent pas assez heureux pour imiter leur
père dans sou économie et sa sagesse, et moins encore dans son goût,
qualités sans lesquelles aucune manufacture de cette espèce ne pourra
jamais prospérer. Quoi qu'il en soit, les évé-nemens fâcheux, qu'éprouva
le cadet des fils de M. Han-nong, qui avoit monté une manufacture
très-co-flpidé-rabie, ayant assuré sa chute prochaine ; feu M.
Anstaett, |
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qui avoit vraiment des taiens
naturels et des connoîs-
sances précieuses, acquises par
ses voyages et ses Haguenau. travaux dans différentes manufactures de
porcelaine , M. Anstaett, qui avoit été pendant plusieurs années, un des
principaux coopératenrs de la manufacture de Niédervillé, saisit le moment
critique où la manufacture de Hannong à Haguenau étoit en
fluctuation, et* ~ vint présenter le prpjet-de- fermer son établissement
en cette ville, à M. * Volet ,>chevalier de Saint-Louis, officier
retiré avec une ceftaîne^fortune, et à M. Barth, ancien contrôleur-général
des domaines et bois d'Alsace. Tous troisïîrent l'acquisition d'une maison
appartenante en toute propriété à des gentilshommes de cette ville, mais
sur laquelle il va une rente foncière de quarante florins, faisant
quatre-vingt livres tournois à titre de
\
fief, dont jouissent MM. les
barons de Krebs et consorts. Cette rente est non-rachetable, à moins que
de l'agrément du roi on ne puisse parvenir à la transférer sur un
autre fonds ou sur une communauté. MM. Volet et Barth fournirent,
indépendamment des hàtimens, tous les fonds nécessaires pour monter une
manufacture eu porcelaine et en faïence ; elle commençoit à rouler avec
avantage, lorsque plusieurs événemens fâcheux menacèrent d'une destruction
prochaine cet établissement naissant. M. Volet, déterminé par des
considérations personnelles, désira de quitter Haguenau . et par
conséquent de retirer ses fonds. M. Barth étoit décidé à retirer les siens
, dès que M. Volet ne continueroit plus à s'intéresser dans la
manufacture. Pour accorder
r
les intérêts divers , on vendit
le tout à feu M. Anstaett, c'est-à-dire remplacement, les bàtimens, les
moules |
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laguenau. |
et tous les ustensiles,
ensemble les marchandises fabriquées avec les approvisionnemens pour
la somme d'environ 60,000 livres. Ce marché venoit d'être conclu,
lorsque se fit la vente judiciaire des marchandises de Hannong : une
grande quantité de porcelaines et de faïences se vendit à bas prix dans
les environs; il en résulta dans le débit de M. Anstaett une stagnation
ruineuse, II ne lui fallut pas moins payer les intérêts du prix de son
acquisition, entretenir les ouvriers, et soutenir une très-nombreuse
famille : tant d'embarras et de chagrins le conduisirent au tpjiiheau, à
l'âge de cinquante ans. Il a laissé une femme et dix enfans, dont aucun
n'est encore établi; et pour surcroît d'infortunes, les inondations de
1778 et 1779» oji^jnon-seulement endommagé considérablement leurs
J^iKimens' :~ encore gâté des r chômer les fabrications pendant
plusieurs mois; cependant malgré tant de désastres la veuve continue
avec ses enfans à faire rouler, le mieux qu'elle peut, sa
manufacture.
Elle consiste, indépendamment
desappartemensd'habitation et des magasins de toute espèce , en
quatre grands fourneaux pour la faïence commune blanche, un fourneau à
calcine, un grand fourneau à porcelaine et deux moufles.
*
Cette manufacture consomme par
an, mille à douze cents cordes de bois de vieux chêne, cîe pin, de tremble
et autres bois blancs qu'elle tire des adjudications des coupes de la
forêt royale, et dont chaque corde livrée 9aux hangards-de la
manufacture, revient à-peu-près à 10 et 12 liv. Si la fabrication en
porcelaine devenoit plus
forte, |
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Ateliers. |
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Consommation en
bois. |
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![]() |
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:■■;■ ■.:■■. ; ;•
f
forte, et le débit seulement
égal à celui qji'avoît la ====™
flibrique de Hannong, la
consommation du bois aug- Hagufnau.
menteroit de deux tiers et
plus. Les propriétaires de
cette manufacture désireroient
obtenir, dea bontés du
Roi,
une affectation annuelle de 12 àj5oo cordes,
à un
prix modique, dans les cantons de la forêt de
Haguenau voisins de cette
ville.
La terre grise, pour la
fabrication de la faïence ordi- En t«w. naire, est tirée, de la banlieue
d'Haguenau, et le quintal livré à la manufacture revient de deux à
trois sols; elle en consomme à-peu-près mille à douze cents. Elle tire en
outre une terre rougeâtre de la banlieue de Niéderschceffelsheim, village
dépendant de la grande préfecture d'Haguenau (1), situé à cinq quarts de
lieue de cette ville: cette terre étant mélangée dans une proportion
connue avec la terre grise d'Haguenau, sert avec beaucoup de succès à la
fabrication d'une vaisselle de faïence qui résiste au feu. Le quintal de
la terre de Niéderschaeffelsheïm revient, livré à la manufacture, à 4 sols
environ : il s'en consomme deux cents à deux cent > cinquante quintaux
par an. Cette esuèce de faïence est due, dans ce pays, à l'industrie de
feu M. Ans.tae.tt.
On ne consomme point de salins à
cette fabrique, En sel. mais du sel
blanc ordinaire, tiré du magasin de'la Douane de la ville, où le
quintal coûte de douze à treize liv. Elle en emploie vingt-cinq à trente
quintaux par an. Le plâtre se prend aux carrières de vVallenhemi dans En
plâtre. les terres du comté de Hanau, bailliage de Bruinât h, distant de
quatre lieues d'Haguenau. Le chariot de pierre |
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(1) Voyez ci-dessus, pag. 269.
Partie IF.
Mm |
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(
V4)
—----------== à pîàtre brute,
livré aux ateliers de la manufacture, où
Kaguoiiau- ces
pierres sont ensuite cuites , pilées et préparées,
revient
à-peu-près à quinze livres ; ïLfaut environ
cinq chariots de ces pierres
par an. Ce sont des màr-
En nain et chauds de
Strasbourg qui fournissent Tétain, le plomb
p
O1UJ*
et
le minium : on n'use point de mine de plomb
grise à
la manufacture d'Haguenau. Le quintal d'étain
y
revient de 122 à 120 livres, et ou en consomme
vingt
cinq à trente quintaux par an. Le quintal de
;
plomb coûte 3o liv. ; on en emploie au moins
cent
vingt
quintaux. On ivy en consomme que dix à douze
de
minium, dont chacun coûte dix à douze sols. La
pierre
dont on forme l'émail de la faïence, est tirée de
Niédenvillé dans les
Evêchés, distant de quatorze à
quinze
lieues de Haguenau. Il en faut par an neuf à
% dix
voitures, dont chacune coûte 3o à 33 livres.
Ouvriers,
Cette manufacture
emploie une vingtaine d'artis-
tes , et une dixaine de
manœuvres. La veuve Anstéett veille à tout et répond aux magasins. De ses
dix enfans, les deux moins jeunes, l'un âgé de vingt et l'autre de dix-huit ans, conduisent les ouvriers, font
les dessins et préparent les couleurs ainsi que For , en quoi ils
réussissent très-bien, parce qu'ils
ont été instruits par leur père. Le fils aîné dirige
particulièrement les tourneurs ,
parmi lesquels il s'en trouve un fort habile. Il y a aussi à cette manufacture un
mouleur consommé, et un excellent peintre et doreur. Le second fils
de la veuve Anstœit s'adonne à la
peinture, et commence à avoir
des succès. Les mouleurs sont payés par pièces, le principal gagne
6 à 700 liv. par an ; il en est de môme dÉs tourneurs. Le premier peintre gagne
environ 8 à |
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\ -/-/■-
900 livres. Les autres beaucoup
moins. Les ouvriers == du second ordre sont pavés par semaine, à raison de
'*' 5, 6 et o livres. Les manœuvres , à raison de 4 livres
10 sous.
En revenant maintenant sur nos
pas, et nous por- Mines de fer tant au N. et au N. O. de Bruinât h, nous
tombons entrain*. dans une étendue de collines formées de dépôts limo-
O-tes&r «-neux et argileux que les mers ont ci-devant accumules
.., ,
0
'
fol.
yj.
au-devant des collines
calcaires des Vosges. C'est dans ces dépôts, qui succèdent aux galets
rôUlés de la plaine, que nous trouvons les mines de fer en grains (1) qui alimentent toutes les forges
d^la basse-Alsace et celle de Moderhausen en Lorraine.
Avant de lire la description
que je vais en donner,
11 faut voir les différens articles que M. de
Buflbn a insérés dans son
histoire des minéraux sur les mines de fer en grains erï général, sur leur
formation et leur propriété, la
manière de ies^ laver et de les traiter, sur leur produit , etc. Cette, partie .est
faite de main de maître
(2).
Les mines de fer en grains de la basse-Alsace
sont
jjjji nombre de celles que M. le ,Comte de
Buflbn
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